vendredi 2 mars 2012

Colombie : Manifeste pour la paix, jusqu'à la dernière goutte de nos rêves

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Il existe dans le cœur de l'Amérique un refuge humain enlacé à trois cordillères, bercé par d'exubérantes vallées, des forêts touffues, et baigné par deux océans. Des sources et des fleuves impétueux convertissent ses terres en merveilles de fertilité, débouchant au sud dans l'Amazonie - ce qui convertit la Colombie en objet de grandes convoitises. Et c’est là que commence le martyre d'un peuple : dans la cartographie de la cupidité d'une poignée d'hommes. La Colombie, bien qu'elle ait tout pour rendre une vie digne possible à la totalité de ses 48 millions d'habitants, doit subir une élite qui perpétue la violence coloniale, ancrée dans un pouvoir local qui offre les richesses du pays au pouvoir transnational et condamne le peuple à une sanglante histoire de spoliations.
 
Nous avons déjà oublié combien de générations n'ont jamais connu un semblant de paix, ni de volonté des dirigeants pour permettre que cette terre héberge enfin, une démocratie réelle -non une pantomime macabre de rituels électoraux vidés de toute substance démocratique par l'extermination de l'opposition politique. À force de répression incessante pour étouffer tout germe de dignité, les gouvernants ont cherché à nous forcer à enfouir douloureusement nos cris d'humanité pétrifiée.
1. L’empathie sociale, premier pas vers une paix véritable
Nous avons décidé de conjuguer le sentiment de notre peuple à la première personne du pluriel, parce que nous sommes pluriels, et parce que nous faisons de l'empathie sociale le premier pas vers une véritable paix: le sentiment de notre peuple clame justice dans la voix de ses exilés, spoliés, appauvris, exclus, disparus, emprisonnés, muselés, torturés, assassinés. Et nous décidons d'être ‘nous-mêmes’ aussi avec nos prisonniers et nos morts, parce que si la violence d'une élite intolérante a cherché à effacer leurs idées et leurs rêves en les éliminant physiquement ou en les séparant de nous au moyen de méprisables grilles, en nous leur soif de justice et de dignité demeure vivante en nous. 
2. Terreur mise en place par les latifundistes au profit du grand capital
Nous sommes 68% de Colombiens à vivre dans la pauvreté, nous sommes huit millions à errer dans les rues dans l'indigence. Nous sommes plus de 5 millions à avoir été déplacés violemment par les forces de répression officielles ou paramilitaires qui collaborent fidèlement avec l’armée. Nous avons été soumis à la terreur mise en place par les latifundistesen faveur du grand capital transnational, au détriment de nos conditions de survie et de dignité, au détriment de la souveraineté alimentaire et de la paix. Les massacres, bombardements, aspersions et empoisonnements du sol et de l'eau provoquent nos marches endeuillées de déguerpissement forcé. Nous autres, les paysans, afro-descendants et indigènes qui avons essayé de vivre sur les terres de nos ancêtres, avons été exilés. Nous crevons de douleur, car la limite de résignation devant la souffrance a été dépassée. Lorsque nous protestons, nous subissons l'extermination, ou nous sommes soumis à l'ostracisme et au silence qu'impose la terreur d’État.
3. Ouvrir les espaces de tolérance à la revendication sociale pour parler de paix
Nous sommes huit mille prisonniers politiques dont tous les droits humains sont violés, huit mille prisonniers politiques qui crions au milieu de l'indifférence de cette société muselée et poussée à l'aliénation, qui crions, sous les tortures aberrantes, que la dignité ne s'arrache pas comme on arrache les ongles, que les grilles n'empêchent pas les rêves d'exister. L'institution carcérale, que nous dénonçons comme camp d'extermination de la revendication sociale, arrive même à nous refuser l'assistance médicale comme forme de torture, nous poussant à la mort. L'organisation sociale, la pensée critique, l'étude de l'histoire et de la société colombienne ont été proscrites. En tant que défenseurs des droits humains, syndicalistes, intellectuels critiques, artistes engagés avec leur environnement, environnementalistes, leaders communautaires ou paysans, nous sommes considérés,comme des criminels et des « terroristes ».
 
Nous sommes des défenseurs de la paix, et on nous fait taire car nous n’acceptons pas que des dizaines de milliers d'enfants meurent annuellement, en Colombie, de dénutrition, de manque d'eau potable et de maladies curables; car nous réclamons une éducation gratuite conçue pour la souveraineté ; car nous réclamons que la santé soit un droit et non une marchandise ; car nous élevons nos voix contre le pillage de nos ressources. L'État mène une guerre contre la pensée et l'empathie: les forces de l'ordre officielles ou paraétatiques nous assassinent sans que nous ayons même empoigné les armes. Une infinité de voix gisent dans les fosses communes, autant d'autres sont éparpillées sur le sol, entre les flaques de sang que laissent les tueurs à gages payés pour éliminer toute voix dissidente.
4. Guerre sale, la  guerre dont on ne parle pas
Nous autres civils, sommes en train d'être décimés par la guerre sale: le terrorisme d'État fait aussi partie de la guerre, cette partie que les médias de masse n’évoquent jamais et qui, pourtant, représente le flot le plus impétueux du bain de sang. La clé de la paix est d'exiger que cesse, de la part de l’État, la pratique de l'extermination de la participation politique civile, car lorsque cette participation politique se retrouve systématiquement mise à l’écart, les moyens de la revendication sociale deviennent armés.
 
Nous ne sommes pas “la démocratie la plus ancienne de l'Amérique Latine”, parce que nous ne l'avons pas connue. On nous oblige à nous taire pour être complices de la sanguinaire « Sécurité », qui n'est rien d'autre que celle nécessaire aux multinationales pour pratiquer le pillage sans avoir à écouter la juste revendication populaire ; une « sécurité » qui se traduit par la violation de la souveraineté alimentaire pour la majorité.
5. L'interventionnisme des USA, qui soutient la guerre, est un danger régional
Ceux-là mêmes qui ont changé une partie des Colombiens appauvris en chair à canon pour protéger les intérêts des multinationales et d'une minorité créole permettent l'installation de la menace impérialiste contre nos frères de la région. Nous avons été condamnés à renoncer à la souveraineté que nous avions héritée des campagnes de libération du XIXe siècle et nous assistons à l'installation de bases militaires US à partir desquelles s'imposent les doctrines d'anéantissement des droits humains et l'utilisation du narcotrafic comme outil supplémentaire de domination. En vertu de l'immunité qui leur est octroyée par l'État colombien, les USaméricains jouissent d'une impunité totale pour les crimes qu'ils peuvent commettre en Colombie. Les USA justifient leur interventionnisme au prétexte de la « lutte contre le narcotrafic » alors qu'en réalité celui-ci vient remplir leurs propres coffres et vient renforcer le gouvernement et ses structures narco-paramilitaires tout en criminalisant le paysan qui cultive la feuille de coca, tout en sachant que celle-ci n'est pas la cocaïne.
6. La paix, ce n'est pas dégrader l'opposant à l'extrême
Les gouvernants qui posent, exhibant des mains coupées, et qui partent en éclats de rire jubilatoires à côté de cadavres sont les mêmes qui veulent nous changer tous en partisans enthousiastes de l'extermination. Ce sont les mêmes qui ont fixé des tarifs à la vie, suscitant les mal nommés « faux positifs » qui ne sont rien d'autre que des assassinats de civils pour mettre en œuvre les montages militaro-médiatiques de la guerre psychologique : cela en utilisant les cadavres pour l'exhibitionnisme nécrophile qui cherche à dégrader l'opposant en le présentant dans des sacs noirs, comme des morceaux de viande. Nous disons que les Colombiennes et les Colombiens ne sont pas des morceaux de viande et nous dénonçons cette stratégie de la terreur d'État qui rend malade la société tout entière, en avilissant l'éthique.

On entend s'élever les clameurs des voix qui demandent la paix et la justice sociale pour le plus grand nombre : une paix qui doit naître du débat commun.
7. Une négociation politique, des changements structurels, une remise en question du modèle économique
La solution que réclame le peuple colombien est politique : mettre en œuvre des changements structurels de fond qui éliminent la situation de spoliation, d'inégalité et d'exclusion qui a donné lieu aux multiples formes de résistance. Il est urgent de réaliser une véritable réforme agraire, il est urgent que cesse la pratique de l'État d'exterminer l'opposition politique, il est urgent de démanteler la stratégie paramilitaire, d'arrêter de livrer le pays en concessions à des multinationales (des multinationales minières demandent aujourd’hui 40% du territoire), de mettre fin à la soumission à la botte US. Il s'agit de redessiner les bases du modèle de développement de la société colombienne : le fait qu’elle soit une économie dépendante, conçue comme un libre service, avec un développement endogène nul, est la racine de la guerre.
 
Il ne s'agit pas de négocier superficiellement ni de négocier des prébendes pour la « réinsertion » des insurgés, car cela ne conduirait qu'à réinsérer des milliers de femmes et d'hommes au sein du cauchemar de la faim qui s'accroît tous les jours dans les ceintures de misère des villes. Il ne s'agit pas non plus de négocier une « réinsertion » pour avaliser le fait qu'ensuite des milliers de « réinsérés » désarmés soient exterminés, comme cela s'est produit plus d'une fois dans l'histoire de la Colombie. Nous en appelons à la responsabilité sociale et historique : nous ne voulons pas cautionner un autre génocide monstrueux et nous ne pouvons pas non plus souhaiter que le paysan spolié se résigne à l'indignité.
8. Redéfinir les parties en conflit avec une vision intégrale, pour marcher vers la paix
La paix n'est pas un accord uniquement entre le gouvernement et la guérilla, parce que les parties prenantes dans ce conflit vont au-delà de cette définition étroite qui ne cherche qu'à enlever au conflit son caractère essentiellement social et économique : les parties prenantes c'est nous, tous les Colombiens ; nous considérons aussi que les multinationales qui bénéficient de la spoliation en fomentant des massacres et des déplacements de population sont partie prenante au conflit ; de même que les USA qui interviennent constamment dans nos affaires. L'un des points cruciaux du problème est le commerce gigantesque que le complexe militaro-industriel US et européen réalise avec le gouvernement colombien : l'achat d'engins de destruction est financé par le budget public et par une dette extérieure croissante que l'on fait supporter illégitimement au peuple colombien tout entier.
9. Pour la paix et la justice sociale jusqu'à la dernière goutte de nos rêves
Nous ne croyons pas à des accords qui se baseraient uniquement sur la remise des armes, parce que ce qui soutiendrait une paix véritable en Colombie ce serait que les rapaces renoncent à leur rapacité, cessent le saccage des ressources de la Colombie qui va de pair avec la spoliation et le génocide de sa population. Pour parvenir à la paix il faudrait que les latifundistes, les multinationales, l'institution militaire désactivent leur appareil paramilitaire ; et que cessent définitivement les machinations de la justice militaire et autres stratagèmes de la machinerie lugubre d'impunité qui perpétue l'horreur. Les dépenses militaires sont considérables : plus de 12 milliards de dollars par an ; pour parvenir à la paix, nous réclamons que cette somme soit investie dans la santé, l'éducation, le logement, le développement endogène.
 
Nous voulons pouvoir participer au débat politique large, à la construction sociale sans être assassinés ; nous voulons que cesse l'extermination de la revendication sociale, que les prisonniers politiques soient libérés, que cessent les disparitions forcées... Ce sont quelques pas à accomplir.
Notre intention est de les rapprocher du rêve d'un peuple qui, à force de terreur, a tardé à naître. Nous lançons un appel à l'opinion publique internationale pour qu'elle se solidarise avec le peuple colombien et qu'elle l'accompagne dans un processus de négociation politique du conflit social et armé. Nous considérons que le conflit est avant tout social et qu'il devient armé du fait de l'intolérance politique de l'État et que le principal facteur de poursuite de la guerre en Colombie est le maintien sous perfusion, par les USA, de l'appareil de l'État.
 
Au cœur de l'Amérique, au son des tambours, des flûtes, des accordéons, l'âme d'un peuple danse ; ce peuple préserve, dans la polychromie de sa peau, des millénaires d'histoire ; il conserve les savoirs cachés, susurrés par les forêts. Un peuple pleure sur les tombes éparpillées sous les latitudes silencieuses de son pays. Le cœur de la Colombie bat au rythme d'une géographie pleine de cascades chantantes, d'une multitude de nuances de vert ; elle se fait escarpements, elle s'étale, elle se cache dans ses forêts, elle plonge, abyssale et océanique ; rien en elle n'est avarice, elle est toute abondance ; son peuple réclame de pouvoir vivre dignement dans ce paradis que quelques-uns prétendent s'approprier : « pour la paix, jusqu'à la dernière goutte de nos rêves ! »
 
Février 2012, à partir de l'empathie essentielle, l'équipe de collaborateurs de La Pluma
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Premières signatures
Monde
Atilio A. Boron, politólogo argentino
Santiago Alba Rico, escritor, España
Franck Gaudichaud, Catedrático. Francia
Bernard Duterme, Sociólogo, director del Centro Tricontinental (CETRI) basado en Louvain-la-Neuve, Bélgica
Fausto Giudice, escritor y traductor. Miembro fundador de Tlaxcala, la red de traductores por la diversidad lingüística
Michel Collon, periodista, Bélgica
Luis Casado, escritor, Editor de Politika, Chile, colaborador de La Pluma
PAIZ (Partido de Izquierda) Chile
Salvador Muñoz Kochansky, Presidente PAIZ (Partido de Izquierda). Chile
Camilo Navarro, Sociólogo. Miembro Dirección PAIZ. Chile
Luis Alberto Jaqui Muñoz. Administrador Público. Universidad de Santiago de Chile (Ex UTE). Coordinador Nacional Estudiantil PAIZ (Partido de Izquierda). Chile
Silvia Cattori - Periodista suiza
Carlos Aznárez, periodista, director de Resumen Latinoamericano, Argentina
José Bustos, periodista argentino residente en Francia, colaborador de La Pluma
Manuel Talens, novelista, traductor y articulista, miembro fundador de Tlaxcala, la red de traductores por la diversidad lingüística.
Renán Vega Cantor, historiador. Profesor titular de la Universidad Pedagógica Nacional, de Bogotá, Colombia. Premio Libertador, Venezuela, 2008
Miguel Ángel Beltrán V., Profesor del Departamento de Sociología de la  Universidad Nacional de Colombia y perseguido político
Víctor Montoya, escritor boliviano
Carlos (Koldo) Campos Sagaseta de Ilúrdoz, Poeta, dramaturgo y columnista, Republica Dominicana
Ossaba, Artista Plástico, Colaborador de La Pluma. Francia
María Piedad Ossaba, periodista, directora de La Pluma. Francia
Lilliam Eugenia Gómez, Ph.D. Eco-Etología, IA. Colaboradora de La Pluma Colombia.
Álvaro Lopera, Ingeniero químico, Colaborador de La Pluma Colombia.
Juan Diego García, Doctor en Sociología, Colaborador de La Pluma. España
Marta Lucía Fernández, filósofa, Colaboradora de La Pluma. Colombia.
Jorge Eliécer Mejía Diez, abogado colombiano, colaborador de La Pluma. Bélgica
Lía Isabel Alvear. Ingeniera Agrónoma. Colaboradora de La Pluma. Colombia.
Rafael Enciso Patiño, Economista Investigador. Colaborador de La Pluma. Venezuela
Matiz, artista colombiano. Colaborador de La pluma. Bélgica
Éric Meyleuc poeta, escritor, hombre de teatro y militante sindical. Francia
Salvador López Arnal, colaborador de rebelión y El Viejo Topo.
Elio Ríos Serrano, médico, ambientalista y escritor. Maracaibo, Venezuela
Gilberto López y Rivas, Profesor-Investigador Instituto Nacional de Antropología e Historia, Cuernavaca, Morelos, México
Pedro Vianna, poeta, escritor, hombre de teatro y militante asociativo. Francia
Cristina Castello- Poeta y periodista argentina residente en Francia
André Chenet. Poeta y editor de revistas. Francia
Sandrine Féraud. Poeta. Francia
Cédric Rutter, periodista. Bélgica
David Acera Rodríguez, actor. Asturias (España)
Sinfo Fernández Navarro, Traductora Rebelion.org. Madrid
Susana Merino, Traductora Rebelión. Buenos Aires, Argentina
Agustín Velloso, profesor de la UNED. Madrid
Rosina Valcárcel, escritora, Lima, Perú
José Antonio Gutiérrez D. analista político solidario con los movimientos populares de Colombia
Carlos Casanueva Troncoso, secretario general Movimiento Continental Bolivariano 
Dick Emanuelsson, Reportero Suecia-Honduras
Mirian Emanuelsson, Reportera Suecia-Honduras
José Rouillon Delgado  Sociólogo-Educador Lima-Perú
Martín Almada, Defensor de los Derechos Humanos de Paraguay.
Graciela Rosenblum, presidenta Liga Argentina por los Derechos del Hombre, Argentina
Annalisa Melandri, periodista. Italia 
Sandra Marybel Sánchez, miembro del Colectivo de Periodistas por la Vida y la Libertad de Expresión. Honduras
Miguel Segovia Aparicio, Poeta; Barcelona, España
Badi Baltazar, escritor. Bélgica
Antón Gómez-Reino Varela, Tone. Activista social. Galicia
Winston Orrillo, Premio Nacional de Cultura del Perú
Azalea Robles, periodista, poeta.
Myriam Montoya, Poeta. Francia
Jaime Jiménez, abogado colombiano
Enrique Santiago Romero, abogado, ex director del CEAR. España
Hernando Calvo Ospina, periodista y escritor colombiano. Francia
 Ramón Chao, periodista y escritor gallego. Francia
Jaime Corena Parra, Físico, Ingeniero Industrial y Doctor en Didáctica de las Ciencias. Venezuela
Fernando Reyes U., Economista. Venezuela
Sergio Camargo, escritor y periodista colombiano. Francia
Colectivo Regional de apoyo a Vía Campesina y Salvación agropecuaria. Colombia
Campaña Permanente por la Libertad de lxs Prisionerxs Políticxs Colombianxs, Capítulo Cono Sur
Juan Cristóbal, poeta peruano y periodista
Cristóbal González Ramírez. Periodista y profesor universitario retirado  y pensionado. Colombia
Antonio Mazzeo, periodista, escritor, Italia 
Mario Casasús,  periodista, México
Mario Osava, Periodista, Brasil
Félix Orlando Giraldo Giraldo, Médico. Colombia
Polo Democrático Alternativo-Seccional Suiza.
ARLAC-Suiza
Mónica Alejandra Leyton Cortes .Estudiante; Miembro del Colectivo Soberanía y Naturaleza. Colombia
Eliecer Jiménez Julio-Periodista-Suiza
Ángela Peña Marín socióloga MsC en educación Ambiental, Colombia
Marta Eugenia Salazar Jaramillo, comunicadora social, Colombia
 Diana María Peña Economista, Colombia
Adolfo León Gómez; Economista; Colombia
Héctor Castro, abogado. Francia
 
Argentine
Aurora Tumanischwili Penelón, FeTERA FLORES (Federación de trabajadores de la energía de la República Argentina en CTA)
Guillermo López., FeTERA FLORES (Federación de trabajadores de la energía de la República Argentina en CTA)
Ingrid Storgen, Responsable del colectivo Amigos por La Paz en Colombia.
Marta Speroni, Militante por los DD.HH.
Igor Calvo, Militante de base del FNRP Honduras
Aline Castro, Red por ti América, Brasil.
María Rosa González, Comunicadora Social Alejandro Cabrera Britos, Delegado general, ATE, Senasa Martínez, Dilab en CTA
Carlos Guancirrosa, Agrupación Enrique Mosconi
Carlos Loza, Junta Interna de ATE, AGP (Asociación General de Puertos en la Central de Trabajadores de La Argentina, CTA)
Eduardo Espinosa (Asociación de Trabajadores del Estado, en CTA), Ministerio de Desarrollo Humano de la Provincia de Buenos Aires
Carina Maloberti, Consejo Directivo Nacional - ATE-CTA
Convocatoria por la Liberación Nacional y Social, Frente Sindical, Argentina:
Agrupación Martín Fierro ( Varela - Alte. Brown - Matanza - Mar del Platay Neuquen )
Agrupación "Germán Abdala" - ATE-Ministerio de Trabajo de la Nación,
Movimiento de Trabajadores Desocupados Flamarión-Rosario, Democracia Popular-Rosario, Comunidad Campesina de Tratagal-Salta, Biblioteca Popular Fernando Jara-Cipoletti-Río Negro, Unión de Trabajadores de la Provincia de Chubut.
Europe
RedHer Europa (Red europea de Hermanadas y Solidaridad con el pueblo colombiano)
Tribunal Internacional de Opinión Sur de Bolivar, Paris, Francia
La Confederación General del Trabajo del Estado Español (CGT).
Colectivo Coliche, La Rioja. España
El Comité de Solidaridad Internacionalista de Zaragoza. España
PASC Projet Accompagnement Solidarité Colombie. Canadá
CO.S.A.L. XIXÓN(Comité de Solidaridad con America Latina de Xixon)
ASSIA (Acción Social Sindical Internacionalista).Estado Español
Komite Internazionalistak de Euskal Herria-País Vasco
Comitato di Solidarietà con i Popoli del Latino America Carlos Fonseca (Italie)
Colectivo Iquique de la Universidad de Zaragoza. Estado español
Colombie
RedHer Colombia (Red de Hermandad y Solidaridad con Colombia)
Aca - Asociación Campesina De Antioquia
Acader - Asociación Campesina Para El Desarrollo Rural- Cauca
Afasba - Asociación De Familias Agromineras Del Sur De Bolívar y Bajo Cauca Antioqueño
Alianza De Mujeres De Cartagena: "Nelson Mándela"
Amar – Arauca
Ascatidar – Arauca
Asedar – Arauca
Asoagros - Asociación De Agrosembradores. Valle
Asociación Agroambiental Y Cultural De Taminango – Nariño
Asociación Agrominera Del Rio Saspí – Nariño
Asociación De Arrierros De La Montaña De Samaniego – Nariño
Asociación De Mujeres Y Familias Campesinas Sanpableñas - Cima Nariño
Asociación Movimiento Campesino De Cajibío – Cauca
Asociación Agroambiental Y Cultural De Arboleda – Nariño
Asojer – Arauca
Asonalca – Arauca
Asoproa – Antioquia
Cabildo Indígena del Sande Nariño
Cabildo Indígena de Betania Nariño
Cecucol - Centro Cultural Las Colinas. Valle
Ced Ins - Instituto Nacional Sindical
Cima - Comité De Integración Del Macizo Colombiano
Cisca - Comité De Integración Social Del Catatumbo
Cna – Choco
Cna - Coordinador Nacional Agrario
Cna Huila
Colectivo Icaria – Antioquia
Colectivo Orlando Zapata – Antioquia
Colectivo Soberanía Y Naturaleza
Colectivo Surcando Dignidad – Valle
Comité De Integración Del Galeras - Ciga Nariño
Confluencia De Mujeres Para La Acción Pública
Confluencia De Mujeres Para La Acción Pública – Antioquia
Confluencia De Mujeres Para La Acción Pública – Atlántico
Confluencia De Mujeres Para La Acción Pública – Centro
Confluencia De Mujeres Para La Acción Pública – Eje Cafetero
Confluencia De Mujeres Para La Acción Pública – Nororiente
Confluencia De Mujeres Para La Acción Pública – Suroccidente
Comité De Derechos Humanos De La Montaña De Samaniego – Nariño
Consejo Comunitario Del Remate Rio Telembi Nariño
Coordinador Nariñense Agrario
Corporación "Somos Mujer y Nación"
Corporación Aury Sará Marrugo
Corporación Jurídica Libertad – Medellín
Corporación Sembrar
Corporación Social Nuevo Día – Medellín
Cospacc - Corporación Social Para El Asesoramiento Y Capacitación Comunitaria
Cut  - Subdirectiva Arauca
Escuelas Agroambientales De La Unión – Nariño
F.C.S.P.P. - Fundación Comité De Solidaridad Con Los Presos Políticos
Fcspp - Seccional Valle
Fedeagromisbol - Federación Agrominera Del Sur De Bolívar
Fedejuntas – Arauca
Frente De Mujeres Populares De Bolívar
Fundación De D.H Joel Sierra – Arauca
Fundación Del Suroccidente Y Macizo Colombiano - Fundesuma Nariño
Fundación Territorios Por Vida Digna – Cauca
Fundación Tomas Moro –Sucre
Kavilando – Antioquia
Lanzas Y Letras – Huila
Movimiento De Mujeres De Los Pueblos De Nariño
Movimiento Juvenil De Nariño
Movimiento Juvenil Macizo Joven De Nariño
Mujeres Sobre Ruedas
Nomadesc - Asociación Para La Investigación y Acción Social
Organizaciones Sociales De Arauca
Periódico Periferia – Medellín
Pup – Poder y Unidad Popular
Proceso Nacional Identidad Estudiantil- Palmira
Proceso Nacional Identidad Estudiantil-Cali
Red  De Jóvenes Populares De Cartagena
Red De Agrosembradores De La Cordillera Nariñense
Red De Chigreros De Guachavez – Nariño
Red De Familias Lorenceñas "Las Gaviotas" – Nariño
Red Proyecto Sur - Huila
 
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jeudi 1 mars 2012

Ciao Lucio, adesso sei un angelo: adieu à Lucio Dalla

Le chanteur-auteur-compositeur Lucio Dalla vient de mourir à Montreux d'une crise cardiaque. Il avait 68 ans. C'était le plus doué, le plus chaleureux, le plus humouristique, le plus jazzy des chanteurs de la génération surgie dans les années 60. Il rejoint au paradis des artistes Fabrizio De André. Il avait percé avec sa chanson 4 Marzo 1943 (sa date de naissance) au Festival de San Remo de 1971. Les organisateurs du festival l'avaient contraint à changer le refrain.
4 Marzo 1943
Lucio Dalla
Parole: Paola Pallottino
Dice che era un bell'uomo
e veniva, veniva dal mare...
parlava un'altra lingua...
però sapeva amare;
e quel giorno lui prese mia madre
sopra un bel prato..
l'ora più dolce
prima di essere ammazzato.
Così lei restò sola nella stanza,
la stanza sul porto,
con l'unico vestito
ogni giorno più corto,
e benché non sapesse il nome
e neppure il paese
m'aspetto' come un dono d'amore
fino dal primo mese.
Compiva sedici anni quel giorno
la mia mamma,
le strofe di taverna
le cantò a ninna nanna!
e stringendomi al petto che sapeva
sapeva di mare
giocava a far la donna
col bimbo da fasciare.
E forse fu per gioco,
o forse per amore
che mi volle chiamare
come nostro signore.
Della sua breve vita, il ricordo,
il ricordo più grosso
e' tutto in questo nome
che io mi porto addosso.
Versione originale censurata:
E anche adesso che bestemmio
e bevo vino,
per ladri e puttane
sono Gesù Bambino
Versione “ufficiale”:
E ancora adesso che gioco a carte
e bevo vino
per la gente del porto
mi chiamo Gesù bambino.
E ancora adesso che gioco a carte
e bevo vino
per la gente del porto
mi chiamo Gesù bambino.

Se io fossi un angelo (Si j'étais un ange) (1985) à NY Madison Square Garden (Live1995)


Se io fossi un angelo
chissà cosa farei
alto, biondo, invisibile
che bello che sarei
e che coraggio avrei
sfruttandomi al massimo
è chiaro che volerei
zingaro libero
tutto il mondo girerei
andrei in Afganistan
e più giù in Sudafrica
a parlare con l'America
e se non mi abbattono
anche coi russi parlerei
angelo se io fossi un angelo
con lo sguardo biblico li fisserei
vi do due ore, due ore al massimo
poi sulla testa vi piscerei
sulle vostre belle fabbriche
di missili, di missili
se io fossi un angelo, non starei nelle processioni
nelle scatole dei presepi
starei seduto fumando una marlboro
al dolce fresco delle siepi
sarei un buon angelo, parlerei con Dio
gli ubbidirei amandolo a modo mio
gli parlerei a modo mio e gli direi
" Cosa vuoi tu da me tu"
" I potenti che mascalzoni e tu cosa fai li perdoni"
" ma allora sbagli anche tu"
ma poi non parlerei più
un angelo non sarei più un angelo
se con un calcio mi buttano giù
al massimo sarei un diavolo
e francamente questo non mi va
ma poi l'inferno cos'è
a parte il caldo che fa
non è poi diverso da qui
perché io sento che, son sicuro che
io so che gli angeli sono milioni di milioni
e che non li vedi nei cieli ma tra gli uomini
sono i più poveri e i più soli
quelli presi tra le reti
e se tra gli uomini nascesse un ancora Dio
gli ubbidirei amandolo a modo mio
a modo mio...


mercredi 29 février 2012

Chronique grecque de l’autogestion courante

 par Patrick Silberstein, 28/2/2012
http://www.autogestion.asso.fr/?p=1168#more-1168

Éleftherotypia, « Liberté d’expression », l’un des plus prestigieux journaux grecs, est en cessation de paiement depuis août 2011 (voir Un journal grec en autogestion !).). En grève illimitée depuis le 22 décembre 2001, les 800 salariés n’ont pas reçu le moindre salaire depuis sept mois. Plus de salaire, plus de boulot, plus de journal… Journalistes, techniciens, imprimeurs… sont sur le pavé. Il y a déjà plusieurs mois que l’Union européenne des journalistes, avertie de la situation, a exigé des propriétaires (X. K. Tegopoulos Inc.) qu’ils « prennent leurs responsabilités pour sauver ce journal historique ». La réponse a été celle de tous les propriétaires absentéistes… Cependant, la société, comme la nature, ayant horreur du vide, le vide a été rempli par l’initiative autogestionnaire des travailleurs du journal.
La société éditrice invoquant la loi sur les faillites pour ne pas payer les salaires dus, les salariés confrontés au mur de la « légalité » (se confondant ici totalement avec celui de l’argent) ont donc décidé de prendre les rênes du journal. Le premier numéro est paru le 15 février, le second le 25. Plus de 30000 exemplaires ont été vendus dans les kiosques. C’est, selon Marie Aphrodite Politi, journaliste « sans salaire » d’Elefitheropia, la « revanche des travailleurs » qui sont de retour sur la scène publique avec leur journal, malgré les embûches et les chausse-trappes semées par les propriétaires.
Les biens vacants appartiennent à la société
Pour Moisis Litsis, l’un des rédacteurs du journal, il était clair, dès le mois de novembre que les banques ne prêteraient pas le moindre euro aux propriétaires pour renflouer un journal mal réputé pour avoir critiqué de manière virulente le gouvernement. Cependant, si le positionnement politique de Éleftherotypia a pu jouer un rôle dans la décision de lui couper les vivres, la cause principale est ailleurs, plus grave, plus fondamentale : les banques n’accordent plus aucun crédit aux entreprises par peur du défaut de paiement. La direction n’avait donc pas d’autre proposition que de mettre la clé sous la porte et d’attendre des jours meilleurs. Et ils seront sans aucun doute nombreux les « chefs » d’entreprises à attendre une « embellie » en privant les travailleurs de ressources et en abandonnant les outils industriels et de service.
Si la situation du pays appelle des réponses sociales et politiques appropriées, Moisis Litsis regrette que « les syndicats dominants pensent encore la situation selon des schémas traditionnels (grèves, manifs, propagande, appels à des changements de politique économique et sociale…). Il n’y a, dit-il, ni coordination véritable ni réflexion sur le redémarrage de la production (ce qui est d’ailleurs difficile car en fait de production, beaucoup des entreprises grecques étaient des entreprises de commerce). Par exemple, les métallos de la Chaliburgia sont en grève depuis pratiquement trois mois contre les baisses de salaires et les licenciements 1. Ils contrôlent leur usine, mais ils se contentent d’organiser des manifestations et le mouvement de  solidarité mais n’envisagent pas de reprendre le travail pour le bien des travailleurs et de la société tout entière. »
Toujours selon Moisis Litsis, « l’autogestion est la seule solution ». Il n’y a pas d’alternative : « Étant donné la situation économique et financière du pays qui va de mal en pis, je n’entrevois pour notre journal aucune possibilité de retourner à une quelconque normalité. Je crois que de plus en plus de propriétaires vont abandonner leurs entreprises. Ils ne veulent pas y mettre le moindre sou de leur poche et préfèrent attendre de voir comment la crise grecque va évoluer. »



Un comité de rédaction du quotidien. Photo: Ek Prosopos, Eleftherotypias
L’autogestion c’est pas de la tarte !
Les travailleurs Éleftherotypia ont donc été confrontés à un dilemme : soit attendre une « solution industrielle » s’apparentant à l’arlésienne, soit se saisir de leur outil de travail  pour le « remettre en marche » afin que le peuple grec en lutte puisse disposer d’un journal « différent, critique, radical ». Éleftherotypia est donc réapparu dans les kiosques sous le titre de « Liberté d’expression des travailleurs ».
Si les salarié-es ne sont pas tous convaincus qu’il soit possible de trouver des « solutions en dehors de l’économie de marché », en prenant la décision de faire leur journal, les hommes et les femmes d’Éleftherotypia, ainsi que l’explique Moisis Litsis, ne se sont pas pour autant lancés dans une « expérimentation sociale ». Marie Aphrodite Politi parle, quant à elle d’une « sorte d’autogestion ». Ce qui est certain, c’est que dans la situation concrète qu’ils vivent, les travailleurs tentent tout simplement de répondre à une double nécessité : travailler et gagner (un peu) leur vie et agir pour préserver leur collectif de travail, leur outil de travail et peser sur la situation.
Financé par des participations militantes de toutes sortes et vendu 1 euro, le journal a été conçu et imprimé en dehors des installations d’Éleftherotypia car les lieux de travail ne sont pas occupés. Marie Aphrodite Politi indique ainsi que les ouvriers du livre de l’imprimerie du journal – qui est la propriété de la même société – « hésitent à occuper leurs ateliers et à s’engager dans la production du journal ». La situation s’est quelque peu modifiée depuis que Liberté d’expression des travailleurs est paru, les patrons ayant bloqué les accès et coupé l’électricité, le téléphone et Internet…
Au cours des semaines qui ont précédé la sortie du premier numéro, outre les assemblées générales, des groupes de travail séparés ont réuni journalistes, employés de bureau et imprimeurs afin de mieux réfléchir sur « les moyens de publier » Éleftherotypia, sur la « popularisation de la lutte » mais aussi pour que « ceux qui veulent continuer à travailler “normalement” puissent le faire ». Un problème des plus difficiles à résoudre, estime Moisis Litsis, est celui de l’implication d’autres métiers dans le processus de publication du journal. Les discussions portent aussi sur le type de journal à produire. Certains sont partisans de faire un journal de grève, voire un journal militant, d’autres, telle Marie Aphrodite Politi, veulent publier un journal engagé, mais un «  véritable journal avec ses rubriques habituelles : informations, politiques, sportives, culturelles, télé ». On trouve ainsi au sommaire du numéro 2 de Liberté d’expression des travailleurs un dossier consacré à la situation en Europe « Quo Vadis Europa », un entretien avec l’eurodéputé Daniel Cohn-Bendit, un autre avec Eric Olin Wright sur le Occupy Movement américain et de nombreux articles sur les événements courants en Grèce et dans le monde.
Quand Éric Toussaint, le président du CADTM évoque la situation générale du pays, il ne manque pas de souligner que si la résistance aux mesures de paupérisation imposées au peuple grec passe par de multiples canaux : «grèves générales, occupation des places publiques, manifestations de rue, résistance aux augmentations de tarif des services et des transports », il ne faut pas oublier « la relance de l’activité de certains services comme celui de l’hôpital de Kilkis en Macédoine ou le redémarrage […] du quotidien Eleftherotypia sous conduite des travailleurs ».

indignados, le film de Tony Gatlif, sort le 7 mars

Indignados
2012
de Tony Gatlif
avec Mamebetty Honoré Diallo, Fiona Monbet


Sortie en salles le 7 mars
Publié le 25/02/2012 à 06h00
Par pierre penin


Bayonne

« Pas indigné, horrifié ! »

Le réalisateur Tony Gatlif sera ce soir l'invité du cinéma l'Atalante, où il évoquera son nouveau film « Indignados ». Entretien avec ce « ciné-poète » insurgé.

Tony Gatlif se définit comme un témoin, acquis à la cause des plus faibles de ce monde.

Tony Gatlif se définit comme un témoin, acquis à la cause des plus faibles de ce monde. (photo martin bureau )

Avec « Indignados », son nouveau long-métrage, le réalisateur Tony Gatlif porte, encore et encore, son regard de « ciné-poète » sur l'injustice du monde. Le mouvement des Indignés en est le résultat bouillonnant et populaire mais à travers lui, ce sont les pauvres, les persécutés, les oubliés, pourchassés, damnés du libéralisme, qui importent au cinéaste. Il sera ce soir (lire par ailleurs) à Bayonne, invité du cinéma l'Atalante.
Pourquoi ce travail sur les Indignés ?
J'avais lu le livre d'Hessel, « Indignez-vous ! » (Indigènes éditions) et je sortais d'une année difficile avec le traitement fait aux Tziganes (1). J'avais envie moi aussi de voir les gens s'indigner, quand les CRS chassaient des gens des terrains vagues.
Diriez-vous que vous vous indignez depuis 30 ans, à travers vos films ?
Oui. Il y a une logique quand je vais vers les Indignés. Ça correspond à mon parcours. J'étais ''anar'' au départ. Quand un peuple se lève, je suis derrière. Mais je ne suis pas indigné aujourd'hui. Je suis horrifié par ce système d'injustice qui broie les êtres. Je crois que le vrai mot d'ordre doit être « occupy » ! Il faut occuper la Concorde, il faut occuper Bayonne !
Votre film mêle les révolutions arabes et le mouvement des Indignés : voyez-vous des ressorts communs ?
Les révolutions arabes sont nées contre des dictateurs. On ne peut pas vraiment parler de dictatures européennes, quoi qu'en Hongrie… En tout cas, pas la dictature d'un homme. Ici, le dictateur, c'est les banques. Voyez le diktat que subit la Grèce. J'y suis allé, j'ai vu et j'ai parlé avec des Grecs.
Ils ne veulent pas payer la dette mais leur gouvernement, qui a eu peur de son peuple et des banques, a reculé au moment d'interroger le peuple par référendum. C'est un constat terrible. Le système et les banques ont bâillonné le peuple. L'argent est le dictateur du monde.
Acceptez-vous d'être qualifié de « réalisateur politique » ?
Je ne fais pas de la politique. Je suis dans le social, dans l'humain. Disons que je suis obligé de faire de la politique, à mon corps défendant. Mais je préfère et préférerai toujours la poésie à la politique.
Vous vous dites « obligé » : le monde façonne votre œuvre et cela a quelque chose de viscéral…
Malheureusement, je ne peux pas faire mon métier sans aborder l'injustice du monde. Je ne peux pas être conscient du pouvoir de l'image et du cinéma sans l'employer à témoigner. Cette injustice me sidère, je ne peux pas m'en extraire.
La poésie peut être un bel instrument de politique…
Regardez Aragon ! La poésie peut soutenir le propos politique. Elle peut soutenir la lutte, être précieuse dans cette bagarre non violente contre l'injustice qui nous concerne tous. Mon film, je le considère comme un « ciné-poème ».
C'est-à-dire ?
Pas un film de propagande pour qui que ce soit. Je ne suis pas le porte-parole des Indignés. D'ailleurs, ce mot finit par sonner étrangement, un peu comme une marque et au final, ce mot finit par me gonfler. Je lui préfère celui d'insurgé. Insurgé, c'est bien.
« Indignados » flirte avec le documentaire sans en être vraiment un…
Mon film n'est pas une analyse. Je ne suis pas quelqu'un qui analyse. Par contre, je suis quelqu'un qui va voir la réalité et s'y confronte. Je montre ce que j'ai vu, ce que je connais. Je suis un témoin. Et je dis « attention ». Je donne un avertissement. Quand vous voyez de toutes l'Europe ou d'Afrique des gens venir travailler dans des champs en Espagne pour deux euros par jour… C'est une guerre, tout ça.
Quel regard portez-vous sur la campagne présidentielle ?
Les hommes et femmes qui s'y affrontent ont une énorme responsabilité car nous sommes d'abord dans une crise humaine. Celui qui devra gérer ce merdier devra être très fort et je doute que les grandes gueules soient les meilleurs pour ça.
Les grandes gueules, comme en Hongrie, vont nous mettre dans la catastrophe. Pour moi, celui qui viendra va devoir connaître le langage du peuple et lui parler sincèrement. C'est à ne pas confondre avec le populisme.
(1) Allusion au renforcement de la législation permettant le démantèlement de campements des communautés nomades, généralement d'Europe de l'est. Tony Gatlif a des racines gitanes, de par sa mère.

indignados fera l'ouverture du 14ème festival du film documentaire de Thessalonique, du 9 au 18 mars 2012

14ο Φεστιβάλ Ντοκιμαντέρ Θεσσαλονίκης –
Εικόνες του 21ου Αιώνα
9-18 Μαρτίου 2012

HIGHLIGHTS
Με την αντίστροφη μέτρηση για το 14ο Φεστιβάλ Ντοκιμαντέρ Θεσσαλονίκης – Εικόνες του 21ου Αιώνα να έχει ήδη ξεκινήσει, σας παρουσιάζουμε ορισμένα από τα highlights της φετινής διοργάνωσης:

 Ταινία έναρξης: Το πολυσυζητημένο ντοκιμαντέρ Indignados του Τόνι Γκάτλιφ, με θέμα το κίνημα των αγανακτισμένων, ανοίγει την αυλαία του 14ου ΦΝΘ. Με έμπνευση από το μπεστ σέλερ «Αγανακτήστε!» του Στεφάν Εσέλ και συνδυάζοντας μυθοπλασία και ντοκιμαντέρ, ο Γκάτλιφ αναδεικνύει την κοινωνική παθογένεια, το οικονομικό αδιέξοδο και το αβέβαιο πεπρωμένο της Ευρώπης. Οδηγός του, ένα σύμβολο-θύμα του καπιταλισμού: μια αφρικανή μετανάστρια που περιπλανιέται στην Ελλάδα, τη Γαλλία και την Ισπανία, και συναναστρέφεται με τους «αποκλεισμένους» της ευρωπαϊκής κοινότητας (μετανάστες, άστεγοι), αλλά και με τους αγανακτισμένους κάθε εθνικότητας, που διεκδικούν την ελπίδα για αλλαγή.

Καινοτομία Αγοράς
- Πρακτικός οδηγός για ντοκιμαντερίστες: Ποια βήματα πρέπει να ακολουθήσει ένας σκηνοθέτης για μια αποτελεσματική παρουσίαση της δουλειάς του σε ένα φεστιβάλ; Πόσο καθοριστικό είναι το πρώτο 10λέπτο ενός ντοκιμαντέρ για την τελική του επιλογή; Πώς γίνονται οι διαπραγματεύσεις με ένα κανάλι για την αγορά ενός ντοκιμαντέρ; Πώς ανοίγει ο δρόμος για ένα δημιουργό προς τις διεθνείς συμπαραγωγές και τις χρηματοδοτήσεις από τηλεοπτικούς σταθμούς; Η Αγορά του 14ου ΦΝΘ διοργανώνει μια σειρά συζητήσεων, στις οποίες, διακεκριμένοι επαγγελματίες του κινηματογραφικού χώρου, θα δώσουν χρηστικές πληροφορίες και πρακτικές συμβουλές στους έλληνες και ξένους ντοκιμαντερίστες. Τον «πρακτικό οδηγό» εγκαινιάζουν η διευθύντρια του Διεθνούς Φεστιβάλ Ντοκιμαντέρ του Άμστερνταμ Άλι Ντερκς, ο διανομέας Γιαν Ρόφεκαμπ, ο παραγωγός Πίτερ Γουιντόνικ και η υπεύθυνη αγοράς ξένου προγράμματος του ΣΚΑΙ Ελπίδα Καλλιντέρη. Οι ημίωρες συζητήσεις θα πραγματοποιηθούν από τις 13 έως τις 16 Μαρτίου, στην αίθουσα Excelsior του Electra Palace (17.30-18.00).

Έκθεση
: Στη φωτογραφική έκθεση «Urban Survivors», παρουσιάζονται συγκλονιστικά στιγμιότυπα ανθρώπων που ζουν σε παραγκουπόλεις στο Μπαγκλαντές, το Πακιστάν, την Αϊτή, τη Νότιο Αφρική και την Κένυα, τα οποία υπογράφουν φωτογράφοι του πρακτορείου NOOR. «Urban Survivors» τιτλοφορείται το διεθνές multimedia project των Γιατρών Χωρίς Σύνορα σε συνεργασία με το φωτογραφικό πρακτορείο ΝΟΟR και την εταιρεία Darjeeling Productions, το οποίο φέρνει στο φως τις κρίσιμες ανθρωπιστικές και ιατρικές ανάγκες των ανθρώπων που ζουν σε παραγκουπόλεις ανά τον κόσμο. Η έκθεση, η οποία αποτελεί συνδιοργάνωση του Φεστιβάλ Ντοκιμαντέρ Θεσσαλονίκης και των Γιατρών Χωρίς Σύνορα, με την υποστήριξη του Κρατικού Μουσείου Σύγχρονης Τέχνης και του Κέντρου Σύγχρονης Τέχνης Θεσσαλονίκης, θα φιλοξενηθεί στο Κέντρο Σύγχρονης Τέχνης Θεσσαλονίκης, Αποθήκη Β1, Λιμάνι. Διάρκεια: 11 - 18 Μαρτίου 2012.

H ταινία έναρξης εντάσσεται στην ενότητα Ανθρώπινα Δικαιώματα, και η έκθεση, εντάσσεται στις παράλληλες εκδηλώσεις, που, χρηματοδοτούνται μεταξύ άλλων δράσεων του 14ου ΦΝΘ, από την Ευρωπαϊκή Ένωση - Ευρωπαϊκό Ταμείο Περιφερειακής Ανάπτυξης, στο πλαίσιο του ΠΕΠ Κεντρικής Μακεδονίας 2007-2013.

dimanche 26 février 2012

Sauvons le peuple grec de ses sauveurs ! Sauvons le peuple grec de ses sauveurs ! Να σώσουμε τον ελληνικό λαό από τους σωτήρες του

Sauvons le peuple grec de ses sauveurs ! -
Au moment où un jeune Grec sur deux est au chômage, où 25 000 SDF errent dans les rues d’Athènes, où 30% de la population est tombée sous le seuil de pauvreté, où des milliers de familles sont ...

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Sauvés”, par  Dave Brown, The Independent

mardi 21 février 2012

À l’opinion publique internationale : la vérité sur la Grèce

par Mikis Theodorakis Μίκης Θεοδωράκης, 12/2/2012. Traduit par  Georgios Sgourdos Γιώργος Σγούρδος. Edité par  Guy Wagner  -  Fausto Giudice 
 
Cet appel a été lancé par Mikis Theodrakis le dimanche 12 février 2012, lors de la grande manifestation place Syntagma à Athènes, durant le débat parlementaire sur l'adoption du nouveau Mémorandum imposé par la troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne et FMI) à la Grèce. Lorsque Theodorakis, 86 ans, et Manolis Glézos, 90 ans, ont demandé aux policiers de l'uinité spéciale anti-émeutes MAT de pouvoir s'adresser à la foule depuis les marches du Parlement, la seule réponse de ces derniers a été un tir tendu de gaz lacrymogènes s'apparentant à une tentative de meurtre. Voilà comment on traite dans ce pays "entrokaïsé" des hommes qui, au Japon, seraient honorés comme "trésors nationaux vivants"-Tlaxcala
Gazés ! Theodorakis (en haut) et Glézos (en bas)


Un complot international est en cours, visant à mener à terme la destruction de mon pays. Les assaillants ont commencé en 1975, avec comme cible la culture grecque moderne, puis ils ont poursuivi la décomposition de notre histoire récente et de notre identité nationale et aujourd’hui ils essaient de nous exterminer physiquement par le chômage, la famine et la misère. Si le peuple grec ne se soulève pas pour les arrêter, le risque de disparition de la Grèce est bien réel. Je la vois arriver dans les dix prochaines années. Le seul élément qui va survivre de notre pays sera la mémoire de notre civilisation et de nos luttes pour la liberté.

Jusqu’en 2009, la situation économique de la Grèce n’avait rien de très grave. Les grandes plaies de notre économie étaient les dépenses immodérées pour l’achat du matériel de guerre et la corruption d’une partie du monde politique, financier et médiatique. Mais une part de responsabilité appartient aussi aux Etats étrangers, parmi eux l’Allemagne, la France, l’Angleterre et les USA qui gagnaient des milliards d’euros au dépens de notre richesse nationale par la vente annuelle de matériel de guerre. Ce saignement constant nous a écrasés et ne nous permettait plus d’aller de l’avant, alors qu’il était la source d’enrichissement d’autres pays. On peut dire la même chose pour le problème de la corruption. Par exemple, l’entreprise allemande Siemens avait une branche spéciale pour corrompre des Grecs, afin de mieux placer ses produits sur le marché grec. Ainsi le peuple grec a été victime de ce duo des prédateurs allemands et grecs qui s'enrichissaient au dépens de la Grèce.
Il est évident que ces deux grandes plaies auraient pu être évitées si les dirigeants des deux partis politiques pro-américains n’avaient pas été infiltrés par la corruption. Cette richesse, produit du travail du peuple grec, était ainsi drainée vers les coffres-forts de pays étrangers. Les politiciens ont essayé de compenser cette fuite d’argent par un recours à des emprunts excessifs qui résultaient en une dette publique de 300 milliards d’euros, soit 130% du PNB (Produit National Brut).
Par cette arnaque, les étrangers gagnaient doublement: d’une part, par la vente d'armes et de leurs produits et d'autre part, par les intérêts sur l'argent prêté au gouvernement (et non pas au peuple). Comme nous l'avons vu, le peuple grec était la principale victime dans les deux cas. Un seul exemple suffira pour vous convaincre: en 1986, Andreas Papandreou a emprunté un milliard de dollars à une banque d’un grand pays européen. Les intérêts de cet emprunt n’ont été remboursés qu’en 2010 et ils s’élevaient à 54 milliards d’euros.
L’année passée, M. Juncker a déclaré qu’il avait remarqué lui-même l’hémorragie financière massive de la Grèce qui était due aux dépenses excessives (et forcées) pour l'achat de matériel de guerre – de l'Allemagne et la France en particulier. Et il a conclu que ces vendeurs nous conduisaient à un désastre certain. Hélas, il a avoué qu'il n'a rien fait pour contrecarrer cela, afin de ne pas nuire aux intérêts des pays amis!
En 2008, la grande crise économique est arrivée en Europe. L’économie grecque n’a pas été épargnée. Cependant, le niveau de vie qui était jusque-là assez élevé (la Grèce se classait parmi les 30 pays les plus riches du monde), est resté pratiquement inchangé, malgré une augmentation de la dette publique. La dette publique ne se traduit pas nécessairement par une crise économique. La dette des grands pays tels que les États-Unis et l'Allemagne sont estimées à des milliers de milliards d’euros. Les facteurs déterminants sont la croissance économique et la production. Si ces deux facteurs sont positifs, il est possible d’emprunter auprès des grandes banques à un taux d'intérêt inférieur à 5%, jusqu'à ce que la crise soit passée.
En novembre 2009, au moment de l’arrivée de George Papandréou au pouvoir, nous étions exactement dans cette position. Pour faire comprendre ce que le peuple grec pense aujourd’hui de sa politique désastreuse, je cite deux chiffres: aux élections de 2009 le PASOK - le parti politique de G. Papandreou - a remporté 44% des voix. Aujourd'hui, les sondages ne lui donnent plus que 6%.
M. Papandréou aurait pu faire face à la crise économique (qui reflétait celle de l’Europe) avec des prêts de banques étrangères au taux habituel, c’est-à-dire inférieur à 5%. S'il l’avait fait, notre pays n’aurait pas eu de problème. Comme nous étions dans une phase de croissance économique, notre niveau de vie se serait amélioré.
Mais M. Papandréou avait déjà commencé sa conspiration contre le peuple grec en été 2009, lorsqu’il a rencontré secrètement M. Strauss-Kahn, dans le but de placer la Grèce sous la tutelle du FMI. Cette révélation a été faite par l’ancien directeur du FMI.
Pour y arriver, le tableau de la situation économique de notre pays devait être falsifié, afin que les banques étrangères aient peur et augmentent les taux d’intérêt de prêt à des montants prohibitifs. Cette opération onéreuse a commencé avec l’augmentation artificielle du déficit publique de 12% à 15% pour l’année 2009 [ Andreas Georgiou, président du conseil d’administration de l’Institut National de Statistique, ELSTAT, a subitement décidé en 2009, sans demander l’accord, ni informer son conseil d’administration, de comptabiliser dans le calcul du déficit public certains organismes et entreprises publiques qui ne l’avaient jamais été auparavant dans aucun autre pays européen, excepté la Norvège. L’objectif était de faire passer le déficit de la Grèce au-dessus de celui de l’Irlande (14%), afin que ce soit elle qui joue le rôle de maillon faible de l’Europe, NdT]
Pour ce forfait, le procureur M. Pepònis a déféré M. Papandréou et M. Papakonstantinou (ex-ministre des Finances) devant la justice, il y a 20 jours.
Ensuite, M. Papandréou et son ministre des Finances ont mené une campagne de discrédit pendant 5 mois, au cours de laquelle ils ont essayé de persuader les étrangers que la Grèce était, comme le Titanic, en train de couler, que les Grecs sont corrompus, paresseux et donc incapables de faire face aux besoins du pays. Après chacune de leurs déclarations, les taux d'intérêt montaient, afin que la Grèce ne puisse plus faire des emprunts et afin de donner un caractère de sauvetage à notre adhésion au FMI et à la Banque Centrale Européenne. En réalité, c'était le début de notre fin.
En mai 2010, un ministre, celui des Finances, a signé le fameux Mémorandum, c’est-à-dire notre soumission à nos prêteurs. D’après le droit grec, l'adoption d'un tel accord doit être soumise au parlement et être approuvée par les trois cinquièmes des députés. Donc, le Mémorandum et la Troïka qui nous gouvernent, fonctionnent illégalement - non seulement au regard du droit grec, mais aussi du droit européen.
Depuis lors, en supposant que notre parcours vers la mort soit représenté par un escalier de 20 marches, nous avons déjà parcouru plus de la moitié du chemin. Imaginez que le Mémorandum brade aux étrangers notre indépendance nationale et la propriété nationale, à savoir: nos ports, nos aéroports, le réseau routier, l’électricité, l’eau, toute les richesses naturelles (dans le sous-sol et sous-marines) etc. Ajoutez-y nos monuments historiques, comme l'Acropole, Delphes, Olympie, Epidaure et autres sites, une fois que nous avons renoncé à faire valoir nos droits.
La production a été freinée, le taux de chômage a grimpé à 18%, 800 000 magasins ont fermé, tout comme des milliers d’usines et des centaines d’artisans. Un total de 432 000 entreprises ont déposé leur bilan. Des dizaines de milliers de jeunes scientifiques quittent notre pays qui s'enfonce de plus en plus dans les ténèbres du Moyen Âge. Des milliers de personnes qui étaient aisées jusqu’à une date récente, sont maintenant à la recherche de nourriture dans les ordures et dorment sur le trottoir.
Entretemps, nous sommes censés vivre grâce à la générosité de nos prêteurs d’argent, les banques européennes et le FMI. En fait, l’intégralité du paquet de dizaines de milliards d’euros versé pour la Grèce, retourne à son expéditeur, tandis que nous sommes de plus en plus endettés à cause des intérêts insupportables. Et parce qu’il est nécessaire de maintenir en fonction l’Etat, les hôpitaux et les écoles, la Troïka charge la classe moyenne et inférieure de notre société de taxes exorbitantes qui mènent directement à la famine. La dernière fois que nous avons vécu une situation de famine généralisée dans notre pays était au début de l'occupation allemande, en 1941, avec près de 300 000 morts en six mois seulement. De nos jours, le spectre de la famine revient dans notre pays infortuné et calomnié.
Si vous pensez que l'occupation allemande nous a coûté un million de morts et la destruction complète de notre pays, comment pouvons-nous accepter, nous les Grecs, les menaces de Mme Merkel et l'intention des Allemands de nous imposer un nouveau Gauleiter, qui cette fois portera une cravate ?
La période de l'occupation allemande, de 1941 jusqu'à octobre 1944, prouve à quel point la Grèce est un pays riche, et à quel point les Grecs sont travailleurs et conscients (conscience du devoir de liberté et de l'amour pour la patrie).
Lorsque les SS et la famine tuaient un million de personnes et la Wehrmacht détruisait notre pays, confisquait toute la production agricole et l'or de nos banques, les Grecs ont pu survivre grâce à la création du Mouvement de Solidarité Nationale et d’une armée de partisans comptant 100 000 combattants, qui ont fixé 20 divisions allemandes dans notre pays.
En même temps, les Grecs ont survécu non seulement grâce à leur application au travail, mais aussi , dans des conditions d'occupation, grâce à un grand développement de l'art grec moderne, en particulier dans le domaine de la littérature et de la musique.
La Grèce a choisi la voie du sacrifice pour la liberté et la survie en même temps.
Nous avons été attaqués, nous avons répondu avec Solidarité et Résistance et nous avons survécu. Nous faisons maintenant exactement la même chose, avec la certitude que le peuple grec sera finalement vainqueur. Ce message est envoyé à Mme Merkel et M. Schäuble, en soulignant que je reste un ami du peuple allemand et un admirateur de sa grande contribution à la science, la philosophie, l'art et la musique en particulier. La meilleure preuve de cela est le fait que j’ai confié l’intégralité de mon œuvre musicale à deux éditeurs allemands, Schott et Breitkopf, qui sont parmi les plus grands éditeurs dans le monde, et ma collaboration avec eux est très amicale.
Ils menacent de nous expulser de l'Europe. S'ils ne veulent une fois pas de nous, c'est dix fois que nous ne voulons pas faire partie de l'Europe de Merkel – Sarkozy.
Aujourd'hui, dimanche 12 février, Manolis Glezos – le héros qui a arraché la croix gammée de l'Acropole, donnant ainsi le signal du début, non seulement de la résistance grecque, mais aussi de la résistance européenne contre Hitler – et moi-même nous nous préparons à participer à une manifestation à Athènes. Nos rues et nos places vont être remplies de centaines de milliers de personnes qui manifesteront leur colère contre le gouvernement et la Troïka.

J'ai entendu hier le Premier ministre-banquier dire, en s’adressant au peuple grec, que nous avons presque touché le fond. Mais qui nous a amené à ce point en deux ans? Ce sont les mêmes qui, au lieu d’être en prison, menacent les députés, afin qu’ils votent pour un nouveau Mémorandum pire que le premier, qui sera appliqué par les mêmes personnes qui nous ont amenés là où nous sommes. Pourquoi? Parce que c’est ce que le FMI et l’Eurogroupe nous obligent à faire, en nous menaçant, si nous n’obéissons pas, de faillite... Ici on joue au théâtre de l'absurde. Les cercles qui nous haïssent (grecs et étrangers) et qui sont les seuls responsables de la situation dramatique de notre pays, nous menacent et nous font du chantage, afin de pouvoir poursuivre leur œuvre destructrice, jusqu’à notre extinction définitive.


Au cours des siècles, nous avons survécu dans des conditions très difficiles. Il est certain que, non seulement les Grecs vont survivre, mais ils vont aussi revivre si on nous conduit de force à l'avant-dernière marche de l’escalier vers la mort.


A présent je consacre toutes mes forces à unir le peuple grec. J'essaie de le convaincre que la Troïka et le FMI ne sont pas une voie à sens unique. Qu'il y a une autre solution: changer l’orientation de notre nation. Se tourner vers la Russie pour une coopération économique et la formation de partenariats qui nous aideront à mettre en valeur la richesse de notre pays en des termes favorables à notre intérêt national.


Je propose de ne plus acheter du matériel militaire des Allemands et des Français. Nous allons tout faire pour que l'Allemagne nous paie les réparations de guerre dues. Ces réparations s'élèvent, avec les intérêts, à 500 milliards d’euros.


La seule force capable de faire ces changements révolutionnaires, c'est le peuple grec uni en un Front de Résistance et de Solidarité pour que la Troïka (FMI et banques européennes) soit chassée du pays. En parallèle, il faut considérer comme nuls et non avenus tous ses actes illégaux (prêts, dettes, intérêts, impôts, achats de la richesse publique). Bien sûr, leurs partenaires grecs – qui ont déjà été condamnés dans l'esprit de notre peuple en tant que traîtres –, doivent être punis.


Je suis entièrement concentré sur ce but (l'union du peuple en un Front) et je suis persuadé que nous l’atteindrons. Je me suis battu les armes à la main contre l'occupation hitlérienne. J'ai vu les cachots de la Gestapo. J’ai été condamné à mort par les Allemands et j’ai miraculeusement survécu. En 1967, j'ai fondé le PAM (Patriotikò Mètopo - Front patriotique), la première organisation de résistance contre la junte militaire. Je me suis battu dans la clandestinité. J'ai été arrêté et emprisonné dans l'“abattoir” de la police de la junte. Finalement, j'ai encore survécu.


Aujourd'hui, j’ai 87 ans, et il est très probable que je ne serai plus là le jour du sauvetage de ma patrie bien-aimée. Mais je vais mourir la conscience tranquille, parce que je continuerai jusqu’à la fin de faire mon devoir envers les idéaux de liberté et de droit.