Alliance zapatiste de libération sociale, fondée à Paris le 12 mars 1995 Liberté, justice, démocratie, partout et pour tous!
التحالف الزباتي من أجل التحرر الاجتماعي تأسس بباريس في 12 مـــارس 1995.
حرية، عدالة، ديمقراطية في كل مكان وللجميــــــع
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Le lundi 23 janvier 2012 avait été
marqué en Tunisie par une série d'agressions barbares ciblant des
avocats, des journalistes et des universitaires venus soutenir en marge
d'un procès inquisitoire contre une chaîne de télé la liberté de
création et d'expression. Ce jour-là, une foule d'islamistes
embrigadés par les cheikhs du fascisme religieux s'est rameutée à Tunis
autour du tribunal qui jugeait Nessma TV et son directeur -pour la
diffusion de Persépolis. Aux yeux des prisonniers de la pensée unique,
ce film iranien est impie et le directeur de Nessma TV, "apologiste de
l'art impie", mérite le bûcher. Pour rappel, ce procès de la honte
répondait à une poursuite judiciaire engagée par des soi-disant avocats,
une centaine de ceux qui portent indûment la robe de la profession,
d'obédience nahdhaouie. Il rappelle à juste titre la Hisba remise au
goût du jour en Égypte, une censure religieuse draconienne dirigée
contre tout ce qui s'appelle création artistique et littéraire, toute
œuvre s'écartant des passages cloutés islamistes. A leur sortie de
l'audience, plus d'un de l'élite éclairée tunisienne engagée contre
l'importation de la Hisba en Tunisie se sont vus conspuer, subir
insultes et crachats, agresser physiquement, menacer de mort et de
lynchage par la foule fanatisée, qui ressuscitait ce jour-là les
tristement célèbres scènes de la sainte inquisition chrétienne du Moyen
âge. Invité le soir même au plateau de Nessma TV, feu Chokri Belaïd prononce cet inoubliable réquisitoire, énergique et accablant, contre
"les ennemis jurés de l'intelligence tunisienne." Le présent
document audio-visuel du plus haut intérêt mérite d'être consulté et
partagé sur les réseaux sociaux, les blogs et tout ce qui s'apparente
aux pages de contre-pouvoir médiatique par tous les défenseurs de la
démocratie et du progrès. A. Amri 12 février 2013
NDLR Basta!: Les fanatisés ne sont pas les seuls ennemis de l'intelligence tunisienne. Il faut poser la question : qui manipule qui ?
Original:“Il popolo vuole una nuova rivoluzione”. La Tunisia dopo l’assassinio di Chokri Belaid Comme
presque toujours quand il s'agit de pays majoritairement arabophones,
les médias italiens se distinguent, à quelques exceptions près, par leur
négligence et ignorance. Ils en ont fait preuve une nouvelle fois à
l'occasion de l'assassinat politique de Chokri Belaïd, un avocat engagé
dans la défense des droits humains, dirigeant politique sans poil sur la
langue, franc-parler, figure charismatique de l'opposition tunisienne
de gauche.
Sur l'avenue Bourguiba de Tunis le 6 février 2013 (FETHI BELAID / AFP)
Dans un entrefilet venu d'on ne sait où, le 6 Février, comme un seul
homme, les journaux grand public, du Corriere della Sera à La
Repubblica, en passant par le Huffington Post et d'autres, ont décrit
Belaïd comme dirigeant politique de Nida Tounes, c'est-àdire le parti
néo-bourguibiste fondée par Béji Caïd Essebsi, trois fois ministre puis
président de la Chambre à l'époque de Bourguiba, et enfin chef du
deuxième gouvernement de transition post-révolution. Dans l'édition en
ligne de du même 6 février, La Repubblica a défini Belaid non seulement
comme le principal dirigeant de Nida Tounes, mais aussi, et en même
temps comme le chef d'un parti qui n'existe pas, le "Parti unifié
nationaliste démocrate" (http://www.repubblica.it/esteri/2013/02/06/news/tunisia_ucciso_leader_opposizione-52047984/?ref=HRER3-1).
Encore plus sublime le Corriere della Sera, sans aucun rectificatif
explicite, se contente dans l'édition du jour suivant de déplacer
l'étiquette "Nida Tounes" de la victime vers son agresseur présumé: http://www.corriere.it/esteri/13_febbraio_07/belaid-tunista-arrestato-autista_cc932df8-712e-11e2-9be5-7db8936d7164.shtml.
Photo Malek Khadhraoui | www.nawaat.org
L'auteure de ces lignes a eu l'honneur de connaître Chokri Belaïd
au Palais des Congrès de Tunis du 24 avril 2011, lors de l'assemblée qui
a vu l'unification entre deux formations, qui se définissent comme
marxistes-léninistes et panarabistes, nées des luttes des années 70 : Le
Watad - MPD (Mouvement des patriotes démocrates) et Parti du travail
patriotique et démocratique (PTPD). De cette fusion est né le Parti des
patriotes démocrates unifié, dont Belaïd était secrétaire général. Ce
parti a ensuite rejoint le Front populaire (Al Jabha Chaâbia), une coalition di partis d'extrême-gauche comparables à Syriza en Grèce.
Peut-être l'attribution de Belaïd à Nida Tounes a-t-elle été dictée
par le désir inconscient de délayer la biographie du «martyr»,
d'occulter son appartenance à la gauche radicale d'inspiration marxiste,
de cacher le fait que c'est grâce à celle-ci qu'aujourd'hui la
dangereuse impasse institutionnelle que traverse la Tunisie a reçu une
secousse et que les masses populaires avec la «société civile» - ont
repris les rues comme protagonistes. Ce que sont sont leurs sentiments
et leurs aspirations est bien illustré par l'un des slogans scandés lors
des manifestations spontanées qui ont traversé presque tout le pays
après la mort de Belaïd: "Le peuple veut une nouvelle révolution".
C'est vrai: une deuxième révolution serait nécessaire. En fait, e
fossé entre le pays officiel et le pays réel ne pourrait pas être plus
profond :, en particulier le pays des masses défavorisées et
abandonnées à leur sort de marginalisation, de chômage, de précarité, de
pauvreté, de manque de protection sociale. De ce côté, deux ans plus
tard, rien n'a changé après la révolution du 14 Janvier. Au contraire,
les problèmes économiques et sociaux déjà graves et les profondes
disparités régionales ont été exacerbés par la fuite des entrepreneurs
et des capitaux étrangers, l'effondrement du tourisme, l'augmentation
vertigineuse du chômage et du coût de la vie, l'inertie et
l'inconsistance des gouvernements provisoires, en particulier le dernier
en date.
Sur le plan des appareils judiciaire et répressif, les changements
sont également à peine visibles. Il suffit de prendre en compte les
nombreux procès pour délits d'opinion, conclus parfois par des
condamnations plutôt lourdes, sans parler de la violence et de
l'arbitraire avec lesquels la police réprime les manifestations et
surtout les révoltes spontanées, qui sont une donnée endémique et
irréductible du panorama social tunisien. Pour reprendre les termes de
Fausto Giudice, éditeur à Tunis et observateur attentif, on pourrait se
hasarder à dire, synthétiquement, que le véritable pouvoir est toujours
en place, à savoir "la mafia affairiste-bureaucratico-policière" du
régime benaliste, "dont quelques piliers se sont faits pousser une
barbe". De leur côté, "les piliers barbus" et leurs serviteurs –
salafistes jihadistes et prédicateurs wahhabites engraissés à coups de
pétrodollars – ont pu jusqu'à présent jouir de l'indulgence d'Ennahdha,
le parti islamiste "modéré" qui domine la coalition gouvernementale
actuelle. Ajoutons que les nouveaux dirigeants des institutions n'ont
pas la force et la capacité de se soustraire aux injonctions des
puissants organismes internationaux qui dictent les règles de l'économie
néolibérale, et pas seulement de celle-ci.
Photo Malek Khadhraoui | www.nawaat.org
Par complicité, négligence ou inconsistance, Ennhadha a fini par
faciliter l'escalade de la violence politique qui a abouti à
l'assassinat de Chokri Belaïd, probablement commis par des assassins
professionnels. Belaïd lui-même avait dénoncé cette violence à plusieurs
reprises, avait pointé le danger qu'elle représentait pour le sort de
la transition. Belaïd, non pas par un don prophétiques mais par
clairvoyance politique, avait parfaitement prédit l'envolée
spectaculaire du cycle d'attaques préméditées contre des dirigeants et
des sièges de l'opposition.
Une étape de cette escalade a été l'assassinat d'un dirigeant local
de Nida Tounes à Tataouine le 18 octobre dernier : Lotfi Naqdh a été
lynché à mort lynché à coups de barre de fer et de marteau par une des
tristement célèbres "Ligues de protection de la révolution", milices
armées au service d'Ennahdha (ou d'une de ses factions). En ce qui
concerne les étapes les plus récentes, les premiers jours de février on a
enregistré six agressions en 48 heures, toutes commises par les mêmes
milices, épaulées parfois par des groupes salafistes djihadistes. À ce
triste décompte, il faut ajouter les agressions contre les journalistes :
pour ne citer que le plus récent, Nabil Hajri, de Zitouna TV, a été
grièvement blessé par balle blanche. On peut craindre que ce funeste
catalogue ne se conclue pas avec la mort de Belaïd : l'UGTT, la
principale centrale syndicale, a rapporté que depuis deux jours elle
reçoit des menaces de mort contre son Secrétaire général Hocine Abassi
et son fils.
Photo Emine Mtiraoui | nawaat.org
La grande et puissante réponse populaire à l'assassinat de Belaïd a
rendu possible à l'opposition de gauche de proposer le retrait de ses
représentants de la Constituante, d'exiger la démission du gouvernement
provisoire dirigé par Hamadi Jebali, et d'appeler à une grève générale
pour la journée de funérailles de l'illustre victime, appels repris par
le reste de l'opposition et, fait plutôt relevant, par l'UGTT elle-même.
Jebali a immédiatement réagi en proposant un gouvernement de
technocrates pour mener la période de transition jusqu'aux élections,
mais il est loin d'être certain que son parti lui apporte un soutien
unanime. Abdelhamid Jelassi, vice-président et porte-parole d'Ennahdha, a
déjà déclaré que le parti désapprouve la proposition.
Compte tenu du contexte que nous venons de tracer, toute prévision
est risquée, et tout aussi infondés sont aussi bien l'optimisme naïf de
certains commentateurs tunisiens qui crient à la victoire de la rue et
du tournant que le pessimisme intéressé des prophètes de malheur
occidentaux qui évoquent la guerre civile. La seule chose qui est
certaine, c'est que les rues et les places tunisiennes continueront de
résonner des slogans des foules de manifestants demandant du travail et
du pain, la liberté et la justice sociale, l'égalité et la dignité. Pour
les faire taire, il ne servira à rien d'intensifier les tirs de gaz
lacrymogènes et de chevrotines.
PS : Dimanche 10 février de 10 à 14 h, aura lieu à
Rome un sit-in devant l'ambassade de Tunisie (via Asmara 7), pour
condamner l'assassinat de Chokri Belaïd et exprimer la solidarité avec
sa famille et ses camarades, et avec les manifestants en Tunisie.
Ce matin à 8 heures moins le quart, j'étais au balcon et j'ai vu une voiture en face de chez lui, je n'ai pas fait attention, une voiture de location pour M. Chokri, qui était en bas de son immeuble, avec un chauffeur. Mon balcon était en position de profil par rapport à la voiture, donc je pouvais voir le chauffeur. Je n'ai pas vu ce qu'il avait comme vêtements, j'ai pas prêté attention à ce qui se passait, à un certain moment j'ai vu quelqu'un qui discutait avec le chauffeur, qui est venu le saluer, je ne sais pas ce qu'il lui disait. j'ai l'impression qu'il lui a passé un message - 5 ou 10 secondes - et il est reparti.
C'est une impression, pas une accusation, un constat. Il était arrivé par une rue et il est reparti par une autre. Après, comme me l'a dit une fille qui travaille dans l'immeuble, pour entrer tu as besoin d'un code, et elle n'avait pas le code, c'est Choukri qui lui a ouvert. Elle est rentrée et lui est sorti et le concierge est rentré aussi dans l'immeuble. La fille l'a vu rentrer dans sa loge et il a refermé sa porte à clé. Entremps, j'ai vu M. Chokri qui sortait de l'immeuble, il a ouvert la porte de la voiture et il a voulu la refermer, elle est restée à moitié ouverte, et quelqu'un est arrivé vers lui, il ne venait pas de loin, il n'avait pas une démarche naturelle, il avait juste une marche hâtive, une démarche pressée et les mains abaissées. Je n'avais pas remarqué l'arme. Je regardais tout ça sans faire attention. M. Chokri, j'ai l'habitude de le voir monter dans la voiture avec chauffeur, les gens font des allers-retours, 8 h. du matin c'est pas très tôt, il y a du mouvement dans la rue, le mouvement ne m'a pas dérangée. A un certain moment, le type s'est arrêté devant lui, il a plongé sa main et il a sorti son arme. Il a tiré en premier lieu sur la vitre de la voiture...
-Qui était fermée...
-Oui, elle était fermée. D'ailleurs les experts pourront déterminer si la balle a été tirée de l'intérieur ou de l'extérieur. il a tiré le premier coup sur la vitre. Le premier coup, c'était uen seule balle, le deuxième coup, c'était une sorte de rafale, quatre balles, c'est pas une arme automatique, c'est une arme normale, mais le deuxième coup, c'était plusieurs fois, avec un intervalle très court...
-Le premier coup, c'était pour briser la vitre, les suivants pour tuer...
-Exactement, le premier coup pour casser la vitre, les autres étaient dirigés vers la victime (...) C'est alors que j'ai commencé à regarder attentivement le chauffeur et l'assassin. Le chauffeur n'a pas bougé d'un centimètre, il n'a pas été touché, il n'avait pas l'air gêné. Le réflexe humain de base aurait été de sortir de la voiture, de courir chercher du secours, mais il n'a eu aucune réaction, il n'a pas bougé d'un centimètre. Puis j'ai vu une Vespa, ce n,'était pas une 103 comme on a dit, mais une moto du genre Vespa, couleur bleue ou noire, mais très foncée, qui l'attendait depuis le début, à l'arrêt, je l'avais remarquée, elle était arrêté au bout de l'immeuble qui est perpendiculaire au nôtre...D'après le bruit de démarrage du moteur, elle était en marche, quand l'autre est arrivé et il a enfourché la moto, elle est partie immédiatement. Elle n'est pas partie par la même rue, elle est sortie par la route qui traverse le bloc en face de chez nous, qui est cachée par des arbres. Il a fait le tour et il a disparu. Je ne pouvais plus le voir. Je n'ai pas pu voir vers où il est parti.
-Tu étais sous le choc...
-Quand l'horreur s'est produite, je n'ai pas eu le temps de faire quoi que ce soit, ni d'appeler ni autre, j'étais paralysée. La première réaction que j'ai eue, ça a été quand les gens ont commencé à crier, après les coups de feu, la sortie des voisins et les cris de terreur. Les voisins ont commencé à pousser des cris, les hommes criiaient, les femmes criaient. J'ai commencé à paniquer, je ne savais pas par quoi commencer, appeler la police, les médias ou ma famille ? J'ai préféré d'abord ne rien dire à mes parents. Mon père s'était levé pour regarder quand il a entendu les coups de feu, comme tout le monde, parce que personne n'a vu la scène depuis le début...
- Parle-nous de l'intervention des forces de sécurité: est-ce qu'elle a été rapide ? Est-ce qu'ils ont sécurisé la scène du crime ? Est-ce qu'ils ont fait leur travail ?
- Heureusement, on a la chance d'avoir un service d'ambulances juste à côté. Les ambulanciers et brancardiers sont arrivés immédiatement, ça a été rapide. La police a mis 20-25 minutes pour arriver, ils ont délimité la scène de crime, il y avait les experts, ils ont examiné la voiture, la direction du sang, si la cartouche était venue de l'intérieur ou de l'extérieur. Les experts ont fait leur travail, peut-être qu'ils ont tardé parce que l'information a tardé à leur arriver.
-Tu as été interrogée à Gorjani, comment ça s'est passé ? Il y a des choses que tu peux dire, d'autres que tu ne peux pas dire ?
-Effectivement, j'ai été interrogée, j'ai fait ma déposition...
-Quand est-ce que tu es sortie de l'interrogatoire à Gorjani ?
- Très tard, à 10 heures et demie du soir.
- Qu'est-ce que tu peux dire, qu'est-ce que tu ne peux pas dire ?
- Ce n'était pas que des paroles, c'était du sérieux, un interrogatoire formel/officiel (rasmi). Toutes mes paroles étaient notées et prises en compte. Il fallait que je fasse attention, je voulais apporter de la lumière sur l'assassinat de M. Choukri mais je ne voulais pas porter de tort à des innocents. Déjà, avant de commencer à dire ce que j'ai vu, j'ai voulu dire que je ne reviendrais pas sur mes déclarations et que je n'ai dit que ce que j'ai vu, je suis absolument sûre et archi-sûre de ce que j'ai vu.
La première chose que j'ai fait le matin, ça a été de parler aux médias, avant de parler à la police, parce que je ne voulais pas d'une affaire Lotfi Naghed bis. Il est mort d'une crise cardiaque etc. Deuxièmement, pendant l'interrogatoire, j'ai été confrontée au concierge de l'immeuble - moi je suis au quatrième étage, M. Chokri au premier - et au chauffeur. Ils ont essayé de le questioner et de détourner les questions parce qu'ils connaissaient déjà les réponses. Ils avaient les relevés de ses appels téléphoniques, ils savaient pertinemment qui l'a appelé et qui il a appelé, et ce qu'il lui a dit. Quand ils l'ont interrogé, il a menti, sur les appels qu'il a reçus. Ils l'ont questionné sur l'homme qui était venu parler avec lui le matin, il a nié, il a dit je ne sais pas, je ne suis pas au courant. Puis il a dit qu'est-ce qui se passe, je ne sais plus ce que j'ai dit. Il ne pouvait pas avoir oublié, ça s'était passé le matin même, pas l'année dernière. "Est-ce que tu te souviens de quelqu'un qui t'a parlé ce matin, quand tu attendais dans la voiture ?"
-Est-ce que tu sais quelque chose sur lui ? Est-ce que tu l'avais vu avant, venir chercher M. Chokri le matin ?
-D'après lui, il appelait M. Chokri "camarade", ils étaient du même parti. ça n'a pas été vérifié, je n'ai pas été informée que l'histoire est vraie, non...
-L'événement auquel tu as assisté, c'est un assassinat politique ? Qu'est-ce que tu peux dire de ton vécu, entre les interviews aux médias et l'interrogatoire policier ? Ton impression, ton analyse ? Quel est le message de Nadia la personne ?
- Tout ce que je peux dire, c'est que Nadia la journaliste était complètemenht absente. Mon comportement de ce matin n'a pas du tout été celui d'une journaliste. Une journaliste n'aurait pas réagi comme ça, elle aurait plutôt cherché à connaître la vérité, à se saisir d'une caméra et à descendre filmer, au moins la première scène que j'ai filmée, ça a été la scène de l'ambulance, mes mains ne pouvaient rien saisir avant ça. Je ne pouvais même pas parler, j'étais tétanisée, M. Chokri étant un ami...(ici la vidéo s'interrompt)
Source : Emine Mtiraoui, Nawaat, 6/2/2013. Traduit par Tafsut Ait Baamrane, Tlaxcala