Affichage des articles dont le libellé est Abdelfattah Al Sissi عبد الفتاح السيسي. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Abdelfattah Al Sissi عبد الفتاح السيسي. Afficher tous les articles

mercredi 10 février 2016

Giulio Regeni (1988-2016) est mort comme un Égyptien : kidnappé, torturé, achevé et jeté dans un fossé

Giulio Regeni, torturé à mort au Caire à 28 ans - Jean-Pierre Filiu
Giulio Regeni a fêté avec ses amis son vingt-huitième anniversaire le 15 janvier dernier dans cette ville du Caire qu’il aimait tant. Cet étudiant italien était en effet un passionné du monde et de la langue ...
Lire la suite
“L'Égypte doit enquêter sur tous les cas de disparitions forcées, de torture et de morts en détention, pas seulement sur celui de Giulio Regeniˮ
Lettre ouverte au président égyptien Abdelfattah al-Sissi
- Various Authors - Versch. Autoren - AA.VV. - Auteurs div.
En tant que membres de la communauté universitaire dont Giulio Regeni faisait partie, nous avons été profondément attristés d'apprendre sa mort. Notre communauté a été enrichie par sa pré ...
Lire la suite
In Egitto, la seconda vita dei sindacati indipendenti
L’ultimo reportage di Giulio Regeni
- Giulio Regeni (1988-2016)
Pubblichiamo qui l’articolo inviatoci da Giulio Regeni, e sollecitato via e-mail a metà gennaio, sui sindacati indipendenti in Egitto. Ci aveva chiesto di pubblicarlo con uno pseudonimo così come accaduto altre volte in passato. ...
  Continua a leggere
In Egypt, second life for independent trade unions
Giulio Regeni's last report
- Giulio Regeni (1988-2016)
Editors’ note: We publish posthumously this article by Giulio Regeni, an il manifesto contributor who was based in Cairo while researching his doctoral thesis. On Wednesday, his tortured body was discovered in a ditch in the city. Because independent ...
Read more 

samedi 7 juin 2014

Aujourd'hui, toute l’Égypte appartient aux militaires. Toute? Toute

par Bachir El Khoury بشير الخوري,Slate.fr, 4/6/2014


Il ne s’agit point d’un secret. Avec plus d'un million de membres, l'institution militaire égyptienne est la plus grande d’Afrique, et l'une des plus imposantes. Son poids n’est pas seulement militaire. L’armée en Égypte contrôle une partie importante de l’économie du pays. Et cela ne date pas d’hier.

Les généraux ont érigé un empire au cours des trente dernières années, constitué désormais de quelques 35 usines et entreprises, qu’ils ont dûment protégé contre la politique de libéralisation économique et les vagues de privatisation des années 1990 et 2000.

Cet empire, qui place l'Égypte dans une position ambivalente, à mi-chemin entre une économie socialiste et un modèle capitaliste, serait constitué de trois pôles principaux: le ministère de la Production militaire, l'Organisation arabe pour l'industrialisation, et l'Organisation nationale de services. Selon un article du centre Carnegie pour la paix, The Generals’ Secret: Egypt’s Ambivalent Market, les deux premiers piliers rassembleraient 19 usines et entreprises, dont 40 à 70% de la production est orientée vers le marché privé. Quant à la troisième entité, elle serait engagée dans la fabrication d'une large gamme de produits, dont des voitures de luxe, des couveuses, des bouteilles de gaz, ainsi que des produits alimentaires. Elle fournirait également des services tels que le nettoyage domestique et la gestion de stations-service.

Le Maréchal al-Sissi à l'Opéra du Caire en mars dernier
Cette nébuleuse s’est développée à partir de la fin des années 1970, à la suite des accords de paix de Camp David. L'armée avait alors commencé à investir dans plusieurs secteurs du pays, allant de l'agriculture à la construction de routes et de ponts, en passant par l'immobilier, les industries électroniques, les usines laitières et les fermes d'élevage.
http://www.egyptianmarathon.com/EgyptianMarathon/images/stories/sharm111.jpg
Les grands officiers ont également investi l'industrie du tourisme, via la construction et la gestion d’hôtels et de villages touristiques dans plusieurs sites, dont celui de Charm el-Cheikh; cette tendance s’était développée à l'époque du maréchal Abdel-Halim Abou Ghazala, ministre de la Défense à la fin du mandat d’Anouar el-Sadate et du début de l'ère Moubarak.
L’Armée possède également des restaurants, des terrains de football, ainsi que des hôpitaux et des centres de soins pour enfants. Elle joue aussi un rôle important dans le secteur agricole, avec plusieurs contrats conclus avec des investisseurs étrangers d'une valeur de centaines de millions de dollars. Aujourd’hui, cette économie «grise», dont les bilans ne sont soumis à aucun contrôle parlementaire ou audit indépendant, représenterait près du tiers du PIB du pays.
Des privilèges protégés par le pouvoir politique
Les intérêts économiques des militaires n’ont jamais été menacés par les régimes en place, même lorsque la pression extérieure montait pour l’application de certaines réformes-clés. Hosni Moubarak, lui-même un ancien militaire, a réussi à ménager la chèvre et le chou, se conformant à l'accord de 1992 de la Banque mondiale qui prévoyait notamment la privatisation à grande échelle d’entreprises publiques en contrepartie d’aides financières. L’ancien Rais avait toutefois veillé à ce que l’application de l’accord en question ne froisse pas les hommes d’affaires en habit militaire.
Ainsi, lorsque plus de 300 usines et entreprises publiques ont été privatisées au début des années 1990, les avoirs de l'armée sont restées intactes. Ce scénario s’est reproduit entre 2004 et 2011, lorsque le pays a connu une nouvelle vague de privatisations, à l’instigation des gouvernements formés par le cercle proche de Gamal Moubarak, homme d’affaires influent et fils du Rais. Aucune de la douzaine d’entreprises publiques concernées n’appartenait à des militaires, tandis que les hauts gradés de l’Armée étaient placés dans des postes-clés au sein de ces sociétés ou usines privatisées.
En parallèle, et dans un objectif clair de préserver les chasses gardées des bonnets militaires, tous les « réformateurs » ont été écartés du pouvoir durant l’ancien régime. Sitôt après sa nomination à la tête du ministère de la Défense par Moubarak, Youssef Sabri Abou Taleb fut destitué de son poste en 1991, après avoir promis de séparer l'armée de tous les projets non liés à la défense ou en concurrence avec le secteur privé et de lutter contre la corruption au sein de l’institution militaire. Ce dernier a été remplacé par Mohamed Hussein Tantawi, qui a refusé toutes les tentatives de mettre fin à l'empire économique de l'armée.
Les exceptions et «privilèges» sur le terrain existent également sur le papier.  En 2007, après quinze ans de réformes néolibérales, Moubarak a modifié la constitution pour supprimer des articles socialistes de Nasser, taillant toutefois avec beaucoup d’habileté les passages se rapportant à la privatisation du secteur public. Le contenu de l’article 4 de la Constitution, qui consacre le modèle économique libéral, fut atténué par des clauses stipulant la protection des entités publiques et des coopératives nationales. Au lendemain de la révolution de janvier 2011,  le Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui assurait le pouvoir par intérim, a intégralement copié cet article dans sa déclaration constitutionnelle postrévolutionnaire.
Pouvoir foncier et aides du Golfe
Ce rempart légal et politique a permis à l’armée d’étendre son influence au-delà du Caire. Celle-ci possède aussi de vastes étendues de terres sur l’ensemble du territoire. En 1997, un décret présidentiel lui a accordé le droit de gérer l'ensemble des terrains en friche. Selon certaines estimations, l'armée contrôlerait ainsi de facto près de 87% de la superficie du pays.
Egypt’s army chief Abdelfatah al-Seesi (right) meets with Arabtec Construction CEO Hasan Abdullah Ismaik on March 9 in Cairo
Al-Sissi avec le PDG d'Arabtec Construction Hasan Abdullah Ismaik le 9 mars dernier au Caire. Photo Forces armées égyptiennes/Anadolu Agency via Getty Images (sic)
Ce «pouvoir» foncier a conféré à l’armée le rôle d’acteur incontournable dans les projets immobiliers entrepris par des investisseurs locaux ou étrangers. En mars dernier, le géant émirati Arabtec Holding concluait un accord avec le ministère égyptien de la Défense pour la construction d’un million de logements, d’un montant global de 40 milliards de dollars. Le projet, destiné aux populations à faibles revenus, s’étend sur treize sites d’une superficie totale de 160 millions de mètres carrés, majoritairement détenus par l’armée.
Cette vague de mégaprojets profitant aux officiers a été dopée par l’aide des pays du Golfe, qui a culminé à plus de 12 milliards de dollars depuis la prise du pouvoir par l’armée. Au moins six gros contrats, d’une valeur totale de 1,5 milliard de dollars, ont été confiés à l’institution militaire et ses ramifications entre septembre et décembre dernier. Ce processus a non seulement été autorisé par le gouvernement égyptien, mais il a été activement facilité. Selon la loi égyptienne, les contrats sont accordés sur la base d’un appel d’offres, mais en novembre 2013, le président par intérim, Adly Mansour, a publié un décret autorisant les ministères à outrepasser la procédure habituelle en «cas d'urgence».
Le Canal de Suez et la destitution de Morsi
Autre cible de l’armée: le canal de Suez qui génère plusieurs milliards de dollars par an et dont le contrôle aurait constitué l’un des motifs de la destitution forcée de Mohamed Morsi par les militaires. En effet, ce dernier aurait décidé de lancer un vaste projet de développement de la zone du canal, avec le soutien du Qatar, sans impliquer l’armée de manière directe. Depuis son élection, le représentant de la confrérie musulmane avait pourtant pris garde, à l’instar de ses prédécesseurs, de ne pas marcher sur les plates-bandes de l’armée.
Mais les négociations avec les Qataris – présentées comme un enjeu de souveraineté politique et militaire par les anti-Morsi et déplaisant, par ailleurs, au concurrent saoudien du petit émirat gazier – furent perçues par les militaires comme le franchissement d’une ligne rouge. L’enjeu réel était davantage lié à la «souveraineté économique» d’un des sites les plus juteux sur le plan financier.
Preuve de cet intérêt, en janvier dernier, six mois après le «putsch» militaire contre Morsi, l'Autorité du Canal de Suez, dirigée par le vice-amiral Mohab Mamish —un ancien membre du conseil militaire qui a pris le pouvoir en Égypte après le départ de Moubarak— a nommé 14 entreprises éligibles à l’appel d’offres propre au plan directeur  du projet de développement du canal. Selon le Washington Post, seules trois sociétés n’auraient aucun lien avec l’armée égyptienne, tandis qu’au moins deux parmi celles sélectionnées entretiennent des relations étroites avec les militaires.
Arab Contractors (77 000 salariés, présente dans 29 pays) a son propre club sportif, Al Mokawloon
Il s’agit d’Arab Contractors, gérée pendant 11 ans par le Premier ministre proche de l'armée, Ibrahim Mahlab. Le conseil d'administration d’une autre compagnie, Maritime Research and Consultation Center, est en outre composé presque entièrement d'officiers militaires et est présidé par le ministre des Transports, ajoute le journal qui dénonce l’opacité concernant l’identité des autres compagnies préqualifiées.
Soutenue par les pays du Golfe, et confortée par l’élection d'Abdel Fattah al-Sissi, l’armée devrait ainsi confier, sans soucis majeurs, à une seule société le contrat du Canal de Suez en octobre prochain et étendre son pouvoir politique et économique à l’ensemble du pays. Non sans risque. En l’absence de respect des libertés et d’altération des fondements du pouvoir économique, le nouveau régime risque de faire face aux mêmes «perturbations» qui avaient mené au renversement de Hosni Moubarak.
Sur le même thème, lire L’armée et l’économie en Égypte, par Zeinab Abul-Magd

samedi 24 mai 2014

Sa Sainteté le Maréchal Abdelfattah Bonaparte قداسة المشير عبد الفتاح بونابارت

Wael Qandil وائل قنديل



يترجرج الجنرال الجديد في ثياب الجنرال القديم الميّت، يبدو الأمر فكاهيّاً ومضحكاً، وعبثيّاً أيضاً، بحجم المفارقة بين المأساة و الملهاة (المسخرة بتعبير كارل ماركس).
لقد جمعوا له عوادم الماضي الذي يبعثونه من قبره باعتباره اليقين والمجد، في محاولة كوميدية لصناعة أسطورة جديدة، تماماً، كما فعل تحالف "السيف والقلنسوة الكهنوتية" مع لويس بونابرات، قائد الانقلاب على قيم الثورة الفرنسية الأولى.

Abdelfattah Al-Sissi sera le probable vainqueur de la présidentielle de ces 26-27 mai. Malgré le mythe construit autour du personnage, cette élection perpétuera le règne de l’arbitraire et de la corruption.
Le maréchal [Abdelfattah Al-Sissi] flotte dans les habits de feu son prédécesseur Gamal Abdel Nasser [président nationaliste égyptien, 1956-1970]. L’impression de ridicule, et même d’absurde, est à la mesure de la distance qui sépare le drame de la farce, selon l’expression de Karl Marx. On ramasse les débris du passé pour les coller à Sissi en tant qu’emblèmes de gloire et faire de lui une nouvelle figure de légende.Lire la suite

dimanche 13 avril 2014

L'Égypte à marche forcée vers la Sissicratie !


par Rabha Attaf, 13 avril 2014 Grand reporter, spécialiste du Maghreb et du Moyen-Orient
Auteure de « 
Place Tahrir, une révolution inachevées », éditions workshop19, Tunis, 2012



C'est officiel depuis le 27 mars dernier. Investi par le Conseil Suprême des Forces armées, le maréchal al-Sissi est désormais candidat à la prochaine élection présidentielle dont le premier tour est annoncé pour les 26 et 27 mai prochains. Pas étonnant ! L'artisan du coup d'État militaire qui a destitué Mohamed Morsi, le 3 juillet 2013, n'a jamais caché sa volonté d'être aux commandes du pays. Il avait notamment transformé le référendum constitutionnel de janvier dernier en véritable plébiscite personnel, annonçant qu'il se présenterait « si le peuple le réclame ».


La propagande en faveur du Maréchal établit une filiation avec Nasser et Sadate, dont 61% des Égyptiens, ayant moins de 30 ans, n'ont pas connu les règnes, omettant sciemment Moubarak.

Surfant à la fois sur la sissimania matraquée par des médias complaisants, et surtout sur le climat de violence dans lequel l'Égypte s'enfonce au fil du temps, al-Sissi incarne désormais, pour les défenseurs du régime militaire, le héros de la lutte anti-terroriste, mais aussi le garant de la stabilité du pays pour ses soutiens occidentaux - dont la France et les USA qui viennent de rappeler leur attachement au « processus de transition en cours ». Autant dire que l'issue du prochain scrutin semble d'ores et déjà déterminée ! De quoi donner des ailes à « Sissi l'imperator » et lui garantir un score défiant toute concurrence !

 
Pour assurer la sécurité pendant le référendum, la police militaire égyptienne a été dotée de ces tenues évoquant irrésistiblement celles des personnages du jeu vidéo "Power Rangers". Coûtant chacune la modique somme de 1429 $, ces tenues de Ninjas rouges appelées XP Instructor Suit  sont produites par RedMan, une division de l'entreprise Macho Inc. , en Floride (USA)…