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lundi 4 janvier 2016

Quand la Chine explosera...

Deux articles sur l'énorme explosion sociale qui se prépare en Chine
Simone PieranniEn Chine, les travailleurs continuent à se battre
Selon l'ONG China Labour Bulletin  de Hong Kong, les grèves et les protestations à l'échelle nationale ont presque doublé au cours des 11 premiers mois de 2015 : 2 354 à comparer aux  1 207 dans la même période de 2014. Le ministère du Travail chinois a déclaré avoir accepté d'exercer une médiation pour 1 560 000 cas de contentieux de travail en 2014, comparés à 1,5 million en 2013. Lire la suite
Coco Feng - Jane Li - Echo Hui 
 Les “ filles d'usine” chinoises ont grandi et se mettent en grève
GUANGZHOU, Chine - Yang Liyan, une travailleuse migrante de 30 ans, dit qu'elle a pleuré deux fois l'année dernière. La première fois, c'était quand elle a pris son premier repas en prison, et la deuxième après sa libération, quand elle a raconté son épreuve à ses collègues au cours d'un dîner. Lire la suite


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mercredi 30 décembre 2015

Minqi Li, économiste chinois : “Dans les 10 ans qui viennent, un grand soulèvement de la classe ouvrière est très probable en Chine”

par Pablo Ampuero Ruiz 巴梓诺, China Files, 23/8/2012; Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala

Original: “Dentro de diez años es muy probable que haya un levantamiento a gran escala de la clase trabajadora en China”: economista chino Minqi Li


Le professeur et militant Minqi  Li (李 民 骐) est actuellement  la figure intellectuelle  la plus importante de la Nouvelle Gauche chinoise. Licencié en économie de l'Université de Beijing et docteur en économie de l'Université de Masachussetts à Amherst, Minqi Li est maintenant largement reconnu pour son travail sur l'économie politique et son livre The Rise of China and the Demise of the Capitalist System ( L'essor de la Chine et l'effondrement du système capitaliste). Chine Files a conversé avec lui sur sa vie, sa pensée économique et sa vision de la Chine d'aujourd'hui.
En 1989, il a participé aux protestations de la place Tiananmen menées par les étudiants et les intellectuels libéraux exigeant davantage de droits politiques et économiques. Pour son opposition à la politique du Parti communiste, un an plus tard il a été arrêté et détenu pendant deux ans, accusé de "propagande contre-révolutionnaire". Il a profité de son séjour en prison pour réfléchir sur la situation de la Chine et les possibilités de changement; c'est ainsi qu'il a découvert les textes de Marx, Engels et Lénine.

Minqi Li est connu pour son engagement militant en faveur de la lutte des travailleurs et de la cause du socialisme. Il est l'un des principaux dirigeants de la Nouvelle Gauche chinoise, qui a une vision critique plutôt positive sur la période maoïste et ne voit pas d'un bon œil le tournant néolibéral pris par le pays avec la politique de "réforme et ouverture». Parler avec Minqi Li, c'est entrer en contact avec une Chine qui n'apparaît pas dans la presse, et cela permet, grâce à une argumentation solide, de dévoiler le paradoxe entre la réussite économique actuelle du géant asiatique et le moment historique que vit le monde.

Vous avez étudié la gestion économique à l'Université de Beijing, où vous êtes devenu un adepte convaincu de l' "École de Chicago" (le néolibéralisme). Mais aujourd'hui, vous êtes un leader de la Nouvelle Gauche chinoise. Comment un tel changement a-t-il été possible?
J'étais étudiant de premier cycle en économie à l'Université de Beijing entre 1987 et 1990. Dans les années quatre-vingt, l'économie néolibérale s'était déjà emparée des principales universités en Chine. Nous avons été formés à croire que la propriété publique des moyens de production et la planification économique étaient intrinsèquement inefficaces et étaient responsables de l'arriération économique de la Chine. En particulier, les économistes faisaient valoir que le socialisme encourageait la paresse des travailleurs, qui vivaient de l'aide sociale et de la protection de l'État. Les entreprises publiques devaient être privatisées et les travailleurs feignants licenciés. Beaucoup d'étudiants, à cette époque en Chine, ont été attirés par le modèle capitaliste occidental, croyant que dans une économie capitaliste de marché libre, la liberté politique et la démocratie allaient fleurir.
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Un gréviste de la faim sur la place Tiananmen en mai 1989. Photo : Stuart Franklin / Magnum
Ironiquement, ce sont les travailleurs qui ont soutenu les étudiants pendant le mouvement pour la démocratie de 1989. Les travailleurs n'avaient pas réalisé que si les étudiants et les intellectuels libéraux avaient gagné, ils auraient mis en œuvre des programmes de privatisation style "thérapie de choc" et détruit des dizaines de millions d'emplois. D'autre part, les étudiants et les intellectuels libéraux avaient des doutes sur la mobilisation des travailleurs au moment critique du mouvement démocratique, en raison de leur méfiance instinctive vis-à-vis de la classe ouvrière. J'ai participé au mouvement démocratique de 1989.

En réfléchissant sur l'échec du mouvement, je suis parvenu à la conclusion que le mouvement démocratique ne pourrait pas réussir sans une mobilisation totale de la classe ouvrière. Mais une mobilisation des travailleurs aurait à tenir compte de leurs propres intérêts économiques et sociaux. Il semblait y avoir là une contradiction évidente entre les exigences de la démocratie et celles de l'économie capitaliste néolibérale. Je commençais à penser qu'il pourrait y avoir quelque chose d'utile dans la théorie marxiste et j'ai commencé à lire certains livres. Au début, j'ai lu principalement des écrits marxistes occidentaux modernes (GA Cohen, Paul Sweezy, Ernest Mandel). Pendant que j étais en prison (1990-1992), j'ai lu de nombreux textes de Marx, Engels, Lénine et Mao. À cette poque, je suis devenu un socialiste, marxiste et marxiste-léniniste. Aujourd'hui, je me considère comme un marxiste-léniniste-maoïste.

mardi 29 décembre 2015

Une crise économique mondiale Made in China?

par Minqi Li 李民骐, 20/10/2015. Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala

China and the 21st Century Crisis (La Chine et la crise 21e siècle) de Minqi Li est publié aujourd'hui (20 octobre 2015). Ici, il se penche sur les fondements de ce qui pourrait être le locus de la chute du capitalisme, et pourquoi cela pourrait arriver plus tôt que nous le pensons.

Plusieurs institutions économiques dominantes mettent en garde contre le risque de la crise économique mondiale à venir. Le 8 septembre, le Citi Group a publié un rapport de recherche, Is China Leading the World into Recession? (La  Chine est-elle en train de conduire le monde dans la récession?) écrit par Willem Buiter, économiste en chef de Citi. Le rapport avertit qu' "une récession mondiale à partir de 2016, menée par la Chine, est maintenant le scénario principal de notre équipe de Global Economics. L'incertitude demeure, mais la probabilité d'une réponse politique rapide et efficace semble diminuer".
Le 11 septembre, Daiwa Securities Group, la deuxième plus grande maison de courtage du Japon, a publié un rapport intitulé What Will Happen If China’s Economic Bubble Bursts (Ce qui arrivera si la bulle économique chinoise éclate). Le rapport de Daiwa fait valoir que le taux de croissance économique de la Chine va tomber à zéro, même dans le "scénario optimal". Toutefois, un «effondrement» de l'économie chinoise serait le «résultat le plus probable.» Dans ce cas, «si l'économie de la Chine, la deuxième plus grande dans le monde, deux fois la taille du Japon, devait tomber dans une telle situation de crise, l'effet serait plus que probablement de mettre l'économie mondiale en chute libre. Son impact pourrait être le pire que le monde ait jamais vu ».
Puis le 3 octobre, Lawrence Summers, l'ancien Secrétaire du Trésor US et conseiller économique du président Obama, a écrit un article intitulé "The Global Economy Is in Serious Danger" («L'économie mondiale est en grave péril»). L'article paraît à la fois sur le Financial Times et le Washington Post.
Il semble qu'un consensus se dessine de plus en plus sur le fait que l'économie capitaliste mondiale se rapproche rapidement de la prochaine crise. Du point de vue de la lutte de classe mondiale, la vraie question est de savoir quel rôle la prochaine crise économique joue dans la crise structurelle actuelle du capitalisme mondial (la troisième du genre «crise structurelle» après celles de 1914-1945 et de 1968-1989 ) et si oui ou non la crise structurelle actuelle peut être résolue dans le cadre historique du capitalisme.

Ni marche en avant, ni marche arrière
La Chine à l'ère des émeutes

par Chuǎng 闯, 21/12/2015. Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala
Rififi dans le  denim
L'histoire est désormais familière : un matin, au printemps de 2011, un marchand ambulant est harcelé et tabassé par la police. Ce soir-là, des rumeurs circulent sur Internet : le marchand serait mort. Des centaines de personnes se rassemblent dans les rues, rendus furieux par l'apparent assassinat. Ils brûlent des voitures, pillent les distributeurs automatiques et attaquent la police antiémeutes envoyées pour les disperser. Mais ils ne se dispersent pas. L'émeute se poursuit sur plusieurs jours, avec des milliers  de participants. Les journalistes qui viennent faire des reportages sur les événements sont bloqués par les forces de sécurité. La rumeur de l'insurrection se propage sur Internet même si le gouvernement utilise toutes ses ressources pour couper l'accès à l'information.

Malgré sa ressemblance frappante, ceci n'est pas l'histoire de Mohamed Bouazizi, le marchand ambulant tunisien, harcelé par la police, dont l'auto-immolation a déclenché le printemps arabe. Le héros de cette histoire était l Tang Xuecai ( ), un migrant du Sichuan dans la ville de Guangzhou. L'émeute [1] a eu lieu à Xintang, une des nombreuses zones industrielles du Delta de la Rivière des Perles, spécialisée, elle, dans le denim [2], la majorité des émeutiers étant eux-mêmes des travailleurs migrants dans les usines fabriquant des jeans pour l'exportation. Et, à la différence des émeutes et des grèves qui ont suivi la mort de Bouazizi en Tunisie, l'émeute de Xintang a finalement été écrasée quand la police a repris le contrôle du district, procédé à des arrestations en masse et a forcé la majorité des migrants à reprendre le travail.

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Xintang, 12 juin 2011
Mis à part cette comparaison, l'émeute de Xintang n'avait rien de particulièrement spécial. D'un point de vue purement quantitatif, des villes comme Guangzhou, Shenzhen et Dongguan dans le  Delta de la Rivière des Perles (DRP) vivent plus d'émeutes et  plus régulièrement que même Athènes. Si l'on ajoute les grèves, les blocus de routes et autres «incidents de masse» à la liste, les protestations chinoises surpassent régulièrement les tendances mondiales en ampleur et en gravité, surtout depuis que l'absence (ou l'épuisement) de recours juridiques tend à transformer ce qui pourrait être n'importe où ailleurs un piquet ou une protestation bénins en un soulèvement multi-usines risquant de détruire des millions de dollars de matériel. Pourtant, nous ne voyons pas souvent les avenues et les rues de Xintang comme nous voyons celles d'Athènes, jonchées de voitures brûlées tandis que la police  antiémeutes avance et que des essaims d'émeutiers se dispersent à la faible lueur dorée d'une enseigne McDonalds. Au lieu de cela, les images d'Athènes brûlant sont opposées à celles des paysages étincelants de gratte-ciels des villes côtières chinoises, entrecoupées de graphiques de productivité,  de rentabilité et de progrès tous à la hausse.

Mais sous ces graphiques, ces "incidents de masse" ont augmenté au cours de la dernière décennie. [3] Ce malaise en hausse est, en fait, reconnu par de nombreuses sources officielles, comme le Rapport annuel sur l'état de droit de la Chine (n ° 12). Recensant et classifiant les «incidents», ce rapport a également noté que près de 30% d'entre eux ont eu lieu dans la province de Guangdong, dans laquelle se trouve le DRP. [4] Mais beaucoup de ces rapports, dont celui-ci, ne prennent en compte qu'un petit nombre d'incidents de masse rapportés dans les grands médias et généralisent à partir de ce sous-ensemble. D'autres, comme la carte des grèves du China Labor Bulletin, collectent les rapports sur la toile chinoise d'une manière beaucoup plus systématique, mais les données remontent à quelques années seulement. [5] Leur carte est également volontairement focalisée sur les grèves, plutôt que sur tous les " incidents de masse ", et exclut donc souvent des formes de désordres qui sont initiés à l'extérieur du lieu de travail et ne prennent pas la forme de conflits du travail.

Les discussions sur les troubles chinois reposent trop souvent sur des sources partielles ou des tendances intuitivement «évidentes», allant souvent de pair avec des définitions restrictives. Mais pour discuter de ces phénomènes, il est essentiel d'élargir l'échelle de nos données. Au cours des dernières années une base de données d'agrégateur d'informations sans précédent, Global Data on Events, Language and Tone (GDELT), est devenue disponible, donnant accès à une énorme partie des bulletins d'information du monde, dans plus de 100 langues (avec l'agence de presse de l'État chinois Xinhua comme l'une de ses sources primaires de nouvelles) et codés pour différents types d' «événements», surtout de nature diplomatique, mais comprenant également une série de documents sur les remous politiques internes. [6] Ceci fournit une alternative aux données recueillies dans les rapports officiels ou extraites de médias sociaux chinois, pas tant pour remplacer ces sources mais comme un supplément comparatif. Bien que n'étant pas nécessairement plus digne de foi et plus précise dans les détails, elle peut fournir un contexte longitudinal, ce que les autres ne peuvent pas. [7] Une interrogation des données sur les émeutes en utilisant GDELT a montré une légère augmentation dans les émeutes à travers le monde depuis 1979, rendue plus significative par une diminution parallèle, et beaucoup plus importante, des grèves à l'échelle mondiale. [8] En utilisant les données GDELT, nous sommes maintenant en mesure de voir certains modèles de comparaison invisibles dans d'autres rapports. Néanmoins, les données GDELT sont également basées sur les bulletins d'informations, et donc sous-estiment presque certainement le nombre d'incidents de masse dans un pays comme la Chine, avec sa régulière censure des médias.
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samedi 29 octobre 2011

Crise de la dette: La Chine à la rescousse... sous conditions

Bas van der Scho
La zone euro recherche un soutien financier des pays émergents, notamment de la Chine. Une perspective redoutée par de nombreux Européens. Côté chinois, le Global Times affirme que tout accord se fera sur la base du donnant-donnant
Le 27 octobre, les responsables européens sont parvenus à un accord pour réduire la dette grecque. Ils attendent de pays riches en liquidités et extérieurs à l’UE qu’ils financent en partie leur plan de renflouement. La Chine, disposant de la plus grande réserve de devises étrangères, est aujourd’hui une cible prioritaire.
L’Europe développée se tourne vers la Chine en quête de liquidités. Ce qui en dérange plus d’un tant en Europe qu’en Chine. Certains Européens soutiennent que l’UE n’en est pas rendue au point de mendier auprès de Pékin. Apparemment, là-bas, beaucoup estiment que l’UE devrait réclamer des fonds à la Chine, sans pour autant lui proposer de contrepartie.
Le débat fait rage en Chine aussi
En Chine, les débats font rage. Beaucoup ne comprennent pas pourquoi la Chine devrait tendre la main à l’Europe, quand la ville de Wenzhou se trouve elle-même endettée.
Pékin et Bruxelles ne sont pas unis par des liens d’une amitié indéfectible au point de pouvoir tendre sans hésiter la main à l’autre dès qu’il traverse une crise. Les deux camps se livrent pour l’heure à des calculs. Un scénario encore compliqué par les opinions publiques – de part et d’autre, on trouve des analystes qui, au mépris du professionnalisme, préfèrent flatter les bas instincts d’un populisme hystérique.
Peut-être l’ampleur de la participation chinoise au plan de renflouement de la zone euro a-t-elle été décidée au nom de l’intérêt commun, tout en tenant compte de la méfiance mutuelle entre les deux parties.
La Chine ne peut se tenir à l’écart, puisque ses intérêts sont étroitement liés à l’Europe par la mondialisation. Mais d’un autre côté, la Chine ne va pas offrir une “grosse surprise” à l’Europe. Même les économies plus saines au sein de la zone euro répugnent à aider la Grèce. En tant qu’acteur extérieur, Pékin ne peut résoudre un problème que seuls les membres de la zone euro sont en mesure de régler.
Si l’UE tient vraiment à obtenir le financement de la Chine, elle doit envisager d’ouvrir davantage son marché aux produits chinois, tout en acceptant la position de la Chine en tant qu’économie de marché. Si Bruxelles estime qu’il ne vaut pas la peine de passer des “arrangements” de ce type, la Chine ne fera rien pour l’y contraindre.
L'Europe fait figure de pingre
Pour les Chinois, c’est faire preuve d’ignorance que d’établir un lien entre le plan de renflouement de la zone euro et la crise de la dette de Wenzhou. Le premier concerne l’usage que fait Pékin de sa réserve de devises étrangères, qui ne peut pas servir à sauver les entreprises abandonnées par des patrons en fuite à Wenzhou. En tant que puissance mondiale, la Chine devrait aider ceux qui ont été touchés par une crise ou une catastrophe. Les Chinois devraient comprendre qu’un pays qui ne se préoccupe que de ses intérêts en faisant fi de la moralité finira par être détesté.
Mais les Européens devraient, eux, s’interroger sur eux-mêmes au lieu de reprocher à la Chine de jouer les pingres. Ils rejettent le système chinois et ne veulent pas exporter de technologies en Chine. Chaque fois qu’une entreprise chinoise investit en Europe, l’opinion publique locale s’enflamme. Ils redoutent que la Chine n’en apprenne trop auprès d’eux et qu’elle n’ait ainsi encore plus de succès. Tout ce qu’ils veulent, c’est se reposer sur leurs anciens acquis tout en restant aux commandes.
Avec une telle mentalité, c’est l’Europe qui fait figure de pingre. Il ne faut pas trop politiser la participation chinoise au plan de renflouement de la zone euro. Elle devrait se dérouler dans un cadre civilisé, dont les règles tacites seraient claires pour les deux parties.
Point de vue
Une contrepartie cher payée
L'Europe "courtise le dragon" pour sauver la zone euro, titre Gazeta Wybrocza. Mais pour le quotidien polonais, cette aide ne pourra être reçue qu'au prix fort. "L'Europe met tous ses espoirs dans la Chine. Un pays qui détient le record mondial du nombre d'exécutions de peine capitale et qui envoie ses dissidents politiques dans des camps de travail. Un Etat qui persécute les Tibétains et le peuple ouïghour et qui censure l'Internet."
"Alors qu'ils comptent sur la Chine pour renforcer le FESF, les responsables européens devraient répondre à une question simple", écrit Gazeta Wybrocza. "S'ils prennent les milliards [de la Chine] pour sauver la Grèce ou l'Italie, auront-ils toujours le courage de condamner le non respect des droits de l'homme au Tibet ou dans le Xinjiang ? (...) L'Europe doit redouter que Pékin refuse de l'aider ou alors elle devra tout simplement se sentir un peu stupide car il n'est pas possible de demander de l'aide à quelqu'un tout en lui donnant des leçons de morale."
Source: Preseurop, The Global Times, Beijing,  le 28 octobre 2011

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mardi 29 juin 2010

Urumchi, un an déjà...

Le 5 juillet 2009, une manifestation pacifique des étudiants ouïghours dans la ville d’Urumchi, la capitale de la région ouïghoure, a été transformée en bain du sang par l’intervention violente de force de sécurité chinoise. Des nombreux témoignages auprès des organisations humanitaires et auprès des médias indiquent que l’armée a perpétré des mises à mort des manifestants.

Les autorités ont arrêté des milliers de personnes lors des événements de Juillet 2009. Un nombre incalculable d’Ouïghours ont disparus, y compris de jeunes adolescents. Au moins 24 Ouïghours ont été condamnés à mort par le Tribunal populaire intermédiaire d’Urumchi et plusieurs autres personnes ont été condamnées à des peines de mort avec sursis, des peines de prison à perpétuité et à différentes peines de prison. L’absence de toute procédure transparente a été dénoncée par les diverses ONG pour les Droits de l’Homme.

L'arrestation et condamnation non-transparente continue. Le Congrès Mondial Ouïghour et les organisations des Droits de l'Homme appellent l'ONU à une enquête internationale sur le massacre et arrestations. Il existe des inquiétudes légitimes que les Ouïghours détenus dans le cadre des incidents de Juillet 2009 ont été soumis à de cruelles tortures lors de leur détention.

Le Congrès Mondial Ouïghour, l'autorité suprême représentative des Ouïghours en exil, a décidé d'organiser cette première commémoration du massacre du 5 Juillet 2009, à Paris, dans la capitale de la France libre et démocratique.

Lieu : Place de Trocadéro Paris
L’heure : 13h-18h
Date : 04 Juillet 2010

Venez nombreux et diffusez ce message au maximum

Association des Ouïghours de France

dimanche 1 novembre 2009

Sang et argent dans les rues : Les affaires de la Chine avec la junte détestée de Camara en Guinée pourraient lui attirer des ennuis à brève échéance

par  AFRICA-ASIA CONFIDENTIAL, octobre 2009. Traduit par Isabelle Rousselot, édité par Fausto Giudice

Les responsables du ministère des Affaires étrangères de Pékin sont
en train de se désolidariser énergiquement d'un contrat minier de 7 milliards $ annoncé le 9 octobre, entre le régime de Guinée de plus en plus isolé et le Fonds International de Chine (CIF), basé à Hong-Kong. Sans un rapide jeu de jambes diplomatique, la Chine pourrait à nouveau se trouver clouée au pilori pour soutien financier à un régime meurtrier, cinq ans après qu'une campagne internationale avait commencé à faire pression sur Pékin pour ses liens militaires et financiers avec le régime soudanais et les massacres au Darfour.

Le Capitaine Moussa Dadis Camara

De nombreux observateurs sont sceptiques devant l'insistance du Ministère des affaires étrangères à nier les liens ou les arrangements financiers du CIF avec le gouvernement chinois. En Angola, le géant pétrolier étatique Sinopec, est l'associé majoritaire dans une co-entreprise avec Dayuan International Development, la maison mère du CIF. Les directeurs de Dayuan sont les bénéficiaires financiers de cette coopération de plusieurs milliards de dollars avec des entités gouvernementales africaines et chinoises.
Le 17 octobre, les dirigeants d'Afrique de l'Ouest ont imposé un embargo sur les ventes d’armes à la junte du capitaine Moussa Dadis Camara, pour le meurtre d'au moins 157 personnes lors de tirs des troupes gouvernementales sur des manifestants le 28 septembre dernier. La Cour Pénale internationale a indiqué qu’elle ouvrirait une enquête pour déterminer si ces attaques brutales pouvaient être qualifiées de crimes contre l'humanité. Ce qui fait suite à des sanctions annoncées par l'Union européenne et les USA, accompagnées de l'ouverture d'une enquête indépendante sur les crimes de Conakry par le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon.
Face à une pression croissante de l'étranger et localement, de la part des factions militaires rivales, la clique au pouvoir du Capitaine Camara a joué l'offensive en faisant annoncer au ministre des Mines, M. Mamoudou  Thiam, que le CIF souhaitait investir 7 à 9 milliards de $ dans des projets pétroliers et miniers en Guinée, ainsi que dans des projets de construction de routes, de chemins de fer et autres transports. Thiam l'a appelé le contrat du siècle. Le point était clair : les critiques de l'Europe et des USA n'ont pas d'importance puisque la Chine va remplacer les intérêts occidentaux en Guinée.
Cela aurait pu encore être un stratagème populaire il y a une dizaine d'années, mais aujourd'hui, la plupart des Guinéens sont aussi sceptiques sur les ambitions de la Chine pour leur pays qu'au sujet des intentions des Occidentaux. L'annonce du ministre Thiam sur le contrat avec la Chine a alimenté des inquiétudes au niveau local : en effet, il a indiqué que le gouvernement était en train de créer une co-entreprise qui formera une société minière appartenant à l'État guinéen, basée à Singapour, qui détiendra tous les droits sur toutes les mines et les réserves de gaz du pays, à l'exception de celles déjà exploitées dans le cadre de contrats déjà établis. On ne sait pas clairement comment le contrat du CIF affectera les nombreux contrats miniers qui sont réexaminés par le régime Camara.
La société d’État angolaise Sonangol et sa co-entreprise avec le CIF, China Sonangol International,, devraient aussi investir dans des projets en Guinée. Les négociateurs guinéens ont accepté la demande du CIF que l’accord incluse la plupart des ressources minérales, pétrolières te gazières encore inexploitées. Les représentants officiels des deux parties sont réticents à parler des détails précis, notamment les avances financières à court terme dont le régime a besoin pour survivre face aux sanctions.
Selon une source proche du dossier, le contrat avec le CIF a été proposé par Mamady Diaré, l'ambassadeur de Conakry à Pékin, en juin dernier (AAC Vol 2 No 11). Selon le protocole, que Africa-Asia Confidential a pu lire,  « Les parties (le CIF et la Guinée) souscriront au capital social de la société et exerceront leurs droits de vote et les autres pouvoirs de contrôle en relation avec la Société Sino-Guineenne de Développement'», indiquant que le capital de départ sera à 15 % contrôlé par la Guinée et à 75 % par le CIF. Les 10 % restants doivent être payés d'avance par le CIF, et pourront ensuite être achetés par le gouvernement guinéen au taux du marché afin d'augmenter ses parts à 25 %.
Un responsable du ministère des Mines qui s'oppose au contrat a indiqué : « le but est de mettre en place une grande société appelée la Guinea Development Corporation (GDC) Mining, Oil and Gas, qui aura un droit de premier refus sur les ressources qui ne sont pas exploitées par les sociétés minières. Cette société nationale aura des filiales (GDC Transport, etc.) qui se déploieront dans chaque secteur pour développer des infrastructures ou des entreprises.
L'accord daté du 12 juin stipule que « les parties sont d'accord pour s'engager, pendant la période d'exclusivité des discussions, à ne faire aucune autre négociation ni conclure de contrats ou d'accords avec un tiers sur des projets concurrents. » Cette clause, qui implique une option de premier refus, a rendu furieux certains responsables du ministère des Mines. « Cet accord est véreux ! Comment peut-on donner autant de pouvoirs à une prétendue société nationale qui n'est en fait pas contrôlée par la Guinée ? Pourquoi a-t-on décidé d'aller à Singapour pour signer une joint venture comme si c'était impossible de le faire à Conakry ? », a demandé une de nos sources.
Thiam, le ministre des Mines, qui est un ami proche du Capitaine Dadis, indique que le contrat a été signé par lui-même, le Ministre d'Etat chargé de la Construction, Boubacar Barry et le Ministre des finances, Mamadou Sandé, qui est également proche de Dadis.

Boubacar Barry, ministre de la Construction


Le ministre des Mines et de l'Énergie Mamoudou Thiam, ancien vice-Président de l' Union des Banques Suisses à New York


Le Capitaine Mamoudu Sandé, ministre à la Présidence chargé de l'Économie et des Finances


Thiam fait l'éloge du « partenariat stratégique » signé entre la Guinée et le CIF. « Il s'agit de créer une société minière nationale qui maintiendra les intérêts de l'État dans des projets existants et qui développera de nouveaux permis miniers, comme GEPetrol en Guinée-Équatoriale, Sonangol en Angola et Vale Doce à ses débuts, au Brésil. »
Les discussions ont commencé, a indiqué Thiam, sur des projets miniers et sur les travaux d'infrastructure nécessaires. « Les 7 milliards de $ seront financés par le CIF à travers les mêmes mécanismes utilisés pour les 11 milliards $ investis par les Chinois en Angola depuis 2005 : un mélange de leurs fonds propres, de lignes de crédit privées et de banques d'État chinoises, puis ensuite des banques internationales une fois le contrat signé », a déclaré Thiam.
Après l'annonce du contrat, la junte de Camara a promis l'installation d'une centrale thermique d'urgence de 30 MW, un service de métro aérien à Conakry et des commandes d'avions pour lancer une compagnie aérienne appelée Air Guinea International.
L'accord du 12 juin comprend une longue liste de courses :
  • une nouvelle centrale thermique et la réhabilitation des installations (75 millions $)
  • des projets d'eau à Badi (215 millions $) et des logements bon marché (250 millions $)
  • l'amélioration des réseaux électriques à Conakry, Tinkisso et Kinkon (30 millions $)
  • la construction de bureaux officiels à Koloma (650 millions $)
  • la construction d'une zone industrielle
  • des barrages à Foumi (350 millions $), à Cogon (350 millions $) et à Kaléta (290 millions $)
  • Air Guinea International (216 millions $), des services de bus urbains et ferroviaires ;
  • la voie ferrée du Trans-Guinéen pour évacuer le minerai des Monts Nimba et le développement d'un port intégré (coût estimé en 2003 :  4,1 milliards $).
D'autres projets figurant sur la liste du document-cadre comprennent des sociétés de pêche, de coton, de traitement agro-industriel, de ciment, de tourisme et de télécommunications. Si le projet CIF fonctionne, les sociétés chinoises contrôleront presque tous les secteurs productifs de l'économie. Pour rembourser les emprunts de plusieurs milliards de dollars promis par le CIF, la GDC devra développer ses permis miniers et les possibilités du pétrole et du gaz guinéens.
Il existe déjà des retards de financement : les 100 bus promis dans les 45 jours après la signature de l'accord du 12 juin et les avions dans les deux mois ne sont toujours pas arrivés. Une source de l’Initiative pour a Transparence dans les Industries extractives a indiqué à AAC que les paiements de 50 millions $ du CIF à la Guinée ont été bloqués il y a environ 2 mois, par BNP Paribas et Citibank pour cause de documentation insuffisante.
D'autre part, les voitures de luxe offertes par la Chine pour la célébration des 50 ans d'indépendance de la Guinée servent désormais de moyens de transport à la direction du CIF pour effectuer ses courses autour de Conakry.
Les directeurs de CIF et de China Sonangol ont transformé leurs lucratives affaires en Angola en un empire commercial mondial. Un accord pour l'achat par China Sonangol de 49 % d'Air Tanzania a été annoncé par la Tanzanie en août 2008 (AAC Vol 1 No 10) mais le projet ne semble pas avoir évolué depuis.


China Sonangol a commandé trois premiers  Airbus A318 en février 2007

Des projets sont également en cours pour que China Sonangol finance la rénovation de  l'aéroport international Julius Nyerere à Dar es Salaam. La direction d'Air Tanzania souhaite que China Sonangol soutienne un projet de 508 millions $ pour acheter neuf nouveaux avions et améliorer la formation et la technologie.
Il semble qu'en échange du versement de 21 millions $ pour qu'Air Tanzania développe sa flotte, China Sonangol aurait reçu trois permis de prospection pétrolière, une infraction par rapport aux procédures existantes. En janvier, la Tanzania Petroleum Development Corporation a révélé qu'elle avait attribué trois licences pour Rukwa à China Sonangol pour célébrer les relations naissantes entre la société et le gouvernement du Président Jakaya Kikwete. Les responsables de TPDC ont affirmé que ces licences datent d'un accord signé en 2007. Se présentant au gouvernement comme une société privée, China Sonangol a participé aux négociations avec la banque publique chinoise, la China Development Bank, afin de financer l'achat des 49 % d'Air Tanzania, ont indiqué des responsables en août 2008.

Le nouveau siège de CIF China Sonangol, à Luanda, Angola, septembre 2008. Photo Paulo Carvalho Costa

Petroci, la compagnie pétrolière nationale de Côte d'Ivoire est allée chercher les investissements chinois dans le secteur pétrolier et gazier. En 2009, Petroci a engagé des négociations avec China Sonangol et Sinopec, la société pétrolière d’État, au sujet de la construction d'une raffinerie et pour une prospection commune (AAC Vol 2 No 8). Et au Nigeria, China Sonangol a racheté les droits à la compagnie pétrolière, Devon, du bloc offshore OPL 256, en 2008, mais ne l'a pas encore exploré.
La maison-mère de CIF, Dayuan International Development et la banque portugaise Escom ont formé un partenariat avec la compagnie pétrolière nationale du Congo-Brazzaville, la Société Nationale des Pétroles du Congo, appelée SNPC Asia Holding, en 2005 avec pour objectif de vendre du pétrole congolais en Chine. On retrouve à sa tête Mmes Lo Fong Hung et Veronica Fung Yuen Kwan et des proches du Président Denis Sassou-Nguesso, Denis Gokana et Blaise Elenga.

 
Denis Gokana et Blaise Elenga



Source :  Blood and money in the streets

Tlaxcala remercie Africa-Asia Confidential pour l'avoir autorisé à publier ce texte et son original. les illustrations ont été ajoutées par Tlaxcala

Article original publié en octobre 2009


Sur l’auteur

Isabelle Rousselot et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, la traductrice, le réviseur et la source.

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samedi 18 juillet 2009

Solidarité avec les Ouïghours


L'Association des Ouïghours de France va lancer une deuxième manifestation à Paris à la Place de la République, samedi le 18 juillet 2009 à 12h00. L’ensemble de la communauté ouïghoure à Paris va se réunir, encore une fois, pour montrer leur solidarité avec les ouïghours du monde entier et leurs colères contre les injustices et politique discriminatoire de Pékin. Venez nombreux avec vos proches et vos amis pour soutenir et dire "CHINE: STOP AU MASSACRE DU PEUPLE OUÏGHOUR!".
L'heure : 12h00
Date : Le 18 Juillet 2009
Lieu de rassemblement : Place de la Repbublique (Métro: lignes 3, 5, 8, 9, 11; République)Itinéraire : Place de la République -- > Boulevard Voltaire --> Place de la Nation
Lieu final : Place de la Nation
Association des Ouïghours de France
http://www.ouighour.fr
email :
sos.ouighour@gmail.com


jeudi 9 juillet 2009

Le fantôme de Marx plane sur les émeutes en Chine

par JIAN JUNBO 简军波


SHANGHAI – Les violences qui, le week-end dernier, ont fait 156 morts et plus de 816 blessés à Urumqi, la capitale de la Région autonome ouïghoure du Xinjiang dans le nord-ouest de la Chine, est le dernier exemple des conflits croissants entre le groupe ethnique majoritaire des Han et les minorités ethniques.
Au cœur de l'escalade du problème il y a une politique désuète de la Chine à l’encontre de ses minorités ethniques - un ensemble de mesures marxistes qui désormais ne satisfont ni les Han, ni les minorités. Au fur et à mesure des progrès gargantuesques de l’économie chinoise, la vision de l’ancien dirigeant Mao Zedong d’une égalité politique et économique entre les Han et les non-Han a été progressivement sapée. On a pu en voir le résultat final dans les rues sanglantes d'Urumqi.