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vendredi 6 avril 2012

Le testament de Dimitris Christoulias Η διαθήκη του Δημήτρη Χριστούλια El testamento de Dimitris Christoulias

Version española El testamento de Dimitris Christoulias http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=7120
Dimitris Christoulias, un pharmacien retraité de 77 ans, s'est donné la mort mercredi matin en se tirant une balle dans la tête sur la place Syntagma (de la Constitution) à Athènes, où il avait participé au long sit-in des indignèEs grecQUEs l'année dernière. Avant de tirer il a crié «Je n'en peux plus, je ne veux pas laisser de dettes à mes enfants!». Dans la poche de son manteau, il avait laissé cette lettre :

«Le gouvernement (..) a réduit littéralement à néant mes possibilités de survie, qui étaient fondées sur une retraite honorable pour laquelle j'ai payé seul (sans contribution de l'État) (toute ma vie). Étant parvenu à un âge qui ne me donne pas la possibilité d'une réaction dynamique (sans pour autant exclure que si un Grec attrapait une kalachnikov je n'aurais pas été le second), je ne trouve pas d'autre solution qu'une fin digne, avant que je ne commence à chercher dans les poubelles pour me nourrir. Je pense qu'un jour les jeunes sans avenir prendront les armes et qu'ils pendront les traîtres sur la place Syntagma, comme les Italiens ont fait avec Mussolini en 1945 (sur la place Loreto de Milan).»
L'arbre devant lequel Dimitris s'est suicidé est devenu un lieu de recueillement et de ralliement
Ce suicide d'un retraité n'est pas le premier en Grèce, où les retraités sont parmi les plus durement frappés par la thérapie de choc imposée par Bruxelles. Mais c'est le plus spectaculaire à ce jour. Il a rappelé aux Grecs une autre action d'éclat : le 19 septembre 1970 Kostas Georgakis, un étudiant en biologie de 22 ans, s'était immolé par le feu sur la place Matteotti de Gènes, en Italie, pour protester contre la dictature des colonels.
Alors que les auto-immolations au Maghreb, au Machrek et en Afrique noire qui se sont succédées en séries après celle de Mohamed Bouazizi à Sidi Bouzid le 17 décembre 2011, étaient le fait principalement de jeunes, la vague de suicides par le feu en Europe du Sud concerne surtout des retraités ou des personnes de plus de 50 ans. Mardi, c'est une retraitée italienne de 78 ans qui s'était suicidée suite à l'abaissement de sa retraite de 800 à 600 €.

dimanche 20 février 2011

Un Sénégalais s'immole par le feu en face du palais présidentiel

par Rukmini Callimachi, Associated Press, Dakar, Sénégal

Un homme qui s'est immolé par le feu en face du palais présidentiel du Sénégal, vendredi, a succombé à ses blessures quelques heures après avoir commis cet acte désespéré, le dernier à survenir sur le continent africain.
Des témoins ont affirmé que l'homme se trouvait sur le trottoir lorsqu'il s'est aspergé d'un liquide inflammable - probablement du diluant à peinture ou de l'essence.
On ignore toujours pourquoi il a posé ce geste, mais selon Abdoulaye Loum, qui a été témoin de l'incident, l'homme tenait un morceau de papier dans ses mains lorsqu'il s'est immolé.
L'homme s'est ensuite effondré au sol et a été transporté à un hôpital situé à proximité afin d'être traité pour ses brûlures. Sa mort a été annoncée par voie de communiqué sur les ondes de la télévision nationale.
Selon une station radiophonique privée, l'homme serait un soldat et il portait son uniforme au moment où les événements sont survenus.
Au cours des dernières semaines, des gestes semblables ont été posés en Égypte, en Algérie et en Mauritanie, pays frontalier du Sénégal.
Le soulèvement populaire qui a mené à la démission du président tunisien, Zine El Abidine Ben Ali, a d'ailleurs été déclenché par un jeune  de 26 ans qui s'est immolé par le feu en décembre. La tendance s'est ensuite répandue dans le nord de l'Afrique et au Moyen-Orient.
Le Sénégal est une nation musulmane modérée et l'un des pays les plus démocratiques de la région. Mais depuis un certain temps, le coût de la vie a monté en flèche et la population semble s'opposer à l'intention du président, Abdoulaye Wade, de se présenter pour un troisième mandat. L'influence grandissante du fils du président Wade suscite également la colère au sein de la population.
D'après un câble diplomatique publié par WikiLeaks, le père et le fils semblent «ouvrir la voie à une dynastie présidentielle».

dimanche 23 janvier 2011

6 nouvelles immolations par le feu, du Maroc à la Palestine

Bilan du vendredi 21 et samedi 22 janvier 2011
Arabie saoudite
Un homme de 65 ans s'est immolé dans sa maison, dans un village de la région de Jazzan, au Sud du royaume, à la frontière avec le Yémen. Il est mort à l'hôpital. Émigré yéménite en Saoudie, il ne parvenait pas  obtenir la nationalité saoudienne. Le Grand Mufti d'Arabie saoudite, Cheikh Abdellatif Ben Abdallah Al Cheikh a déclaré :"Attention ! Il est interdit à un Musulman de se donner la mort, même si ses conditions de vie sont dures. S'immoler par le feu est un crime grave, un péché capital. Il vaut mieux faire preuve de patience, faire travailler sa raison, se rendre utile et faire preuve de courage." Le Mufti a critiqué "ceux qui font du tapage autour de ces pratiques" d'auto-immolation. Les gens qui s'immolent ont "une foi et un esprit défaillants". L'imam Cheikh Saleh Ben Mohamed Aal, de la mosquée Al Haram, a demandé aux Musulmans malheureux de se tourner vers Dieu et d'accepter leur destin, au lieu de se précipiter dans ce crime contre la religion que constitue le suicide. "L'être humain est un don divin, il ne s'est pas créé lui-même et ne peut donc pas disposer de sa vie."
Maroc
3 cas, à Smara,  à Beni Mellal et à Casablanca. Un Sahraoui revenu de Tindouf à Smara, a tenté de s'immoler dans cette ville, mais la police est intervenue avant qu'il prenne feu. À Beni Mellal, un homme de 41 ans, auquel les autorités avaient promis l'autorisation d'ouvrir un garage, sans remplir leur promesse. Vendredi, à Casablanca, troisième tentative, à cause d'un conflit d'héritage non réglé (pour régler ce genre de conflits, il faut avoir les moyens de graisser la patte des magistrats)
Soudan
Amin Moussa El Amin,  25 ans, ouvrier du bâtiment originaire du Darfour, s'est immolé sur le marché d'Omdurman. On ne connaît pas ses motivations. En soins intensifs à l'hôpital d'Omdurman. La police a prétendu qu'il était ivre, ce qu'ont démenti les médecins. Ces derniers jours, des accrochages ont eu lieu entre la police et des étudiants qui manifestaient pour demander la libération de Hassan El Tourabi, arrêté en début de semaine pour avoir dit que les Soudanais devaient suivre l'exemple des Tunisiens.
Palestine
C'est le premier cas connu en Palestine. Un habitant de Naplouse, 42 ans, s'est immolé devant les bureau d'un juge de paix, pour protester contre le fait qu'il n'avait plus un sou. Les policiers se sont portés à son secours et l'ont emmené chez le mouhafedh (préfet/gouverneur).

samedi 22 janvier 2011

Le dessin du jour كاريكاتير اليوم

HiC, El Watan, Algérie

Algérie : Trop de morts ou pas assez ?

par Adlène Meddi, éditorial, El Watan, Algérie, 21/1/2010

En un an et demi, plus d’une trentaine de suicides ou de tentatives pour des raisons sociales ont été rapportées par la presse. L’émeute s’individualise, le corps social affiche ses injustices dans les corps tout court. Cela peut se graduer à partir d’une brûlure de cigarette sur le bras ou la main, la fameuse kiyya – chez les plus jeunes mais aussi les prisonniers – jusqu’à l’extrême : le suicide, sous toutes ses formes. Mais avant, il y a des formules transitoires de dénonciation en passant par son propre corps. Il y a par exemple cette incroyable réaction relayée par les journaux l’année dernière : dans deux cas à l’est du pays, et en pleine audience de tribunal, un homme s’est intégralement déshabillé, dernier recours pour prouver son désarroi face à la hogra ! Ou encore ces cas de prisonniers algériens en Ukraine ou en Libye qui se sont cousus les lèvres pour protester contre leur abandon par leur consulat en 2009 ! Il y a aussi les automutilations sur les lieux publics, comme ce fut le cas d’un chômeur à l’APC de Sidi M’hamed à Alger l’année dernière.

Des hommes, mais aussi des femmes – exclues des listes du logement social ou d’embauche – passent à l’acte, beaucoup plus en avalant des médicaments ou en sautant du balcon. L’autre donne est le «suicide en groupe» : on l’a vu la semaine écoulée avec ces harraga à Annaba qui ont tenté d’incendier leur embarcation à la vue des gardes-côtes ou, plus fréquemment, des tentatives d’immolation par le feu du père avec ses enfants (Chlef en octobre 2009, Alger en juillet 2010...). Les psychiatres consultés par El Watan Week-end évoquent l’effritement du lien social, mais surtout la remontée des traumatismes non-dits des années 1990. La douleur nationale éclate en autant de scarifications sur les individus qui n’ont pu verbaliser l’horreur, la hogra. Les années 1990 ne sont pas encore digérées. Alors nous y voilà : noyés harraga, victimes des manifestations en Kabylie, suicidés, immolés, sacrifiés… trop de morts ou pas assez ?

Maroc : interdiction de vendre de l'essence aux piétons

Diaspora Saharaui, 21 /1/ 2011



Le régime marocain a ordonné à tous ses agents d'autorité de descendre sur le terrain et parcourir toutes les stations de vente de carburant pour annoncer la nouvelle directive : "La loi interdit la vente d'essence à toute personne qui n'est pas véhiculée ou n'a pas de moto" par crainte de voir les Marocains s'immoler par le feu, ainsi que pour mener un contrôle strict des prix des carburants.
immolation en Inde

La nouvelle a été annoncée par le journal marocain arabophone "Assabah" qui ajoute que d'autres directives ont été données aux autorités et responsables des administrations de montrer de la prudence dans leur attitude envers les citoyens, éviter la provocation et essayer de résoudre les problèmes des citoyens avec le moindre coût possible et éviter de créer des problèmes avec les vendeurs ambulants.
Le journal ajoute que les services de sécurité ont reçu l'ordre de serrer l'étau sur la vente des drogues, les pilules en particulier, étant donné que ses consommateurs peuvent se donner à l'immolation.
D'autre part, un Sahraoui de la ville de Smara, au Sahara Occidental occupé par le Maroc, s'est immolé aujourd'hui par le feu après avoir perdu tout espoir de voir ses droits sociaux se réaliser.
Le citoyen Mohamed Lamine Ould Salek, né en 1971, marié et père de 3 enfants s'est immolé devant le siège marocain de la Province de Smara d'où il a été conduit à l'hôpital de la ville pour ensuite disparaître enlevé par les services de sécurité marocains.
Ces immolations ne sont hélas pas exceptionnelles au Maroc. 
 En 2001 des diplômés chômeurs handicapés moteurs et aveugles, sauvagement tabassés à chacun de leur sit-in pour obtenir un emploi, après une très longue grève de la faim , avaient fixé une date pour s'immoler collectivement par le feu. Ils ont été "sauvés" d'extrême justesse par d'officielles promesses d'emploi qui n'ont jamais été tenues . Par la suite, au fil des années,  il y a eu de nombreux cas de tentatives de suicides de diplômés chômeurs : immolations par le feu, défenestrations, aspersions d'acide, etc.
Mais la presse internationale n'en parle pas, ces actes de désespoir qui risquent de ternir l'image du Maroc, passent inaperçus au-delà des frontières ...(NDLR SOLIDMAR)

vendredi 21 janvier 2011

L’Algérie va importer 30 millions d’extincteurs

par Chawki Amari, Chronique Point Zéro, El Watan, 19/1/2011

Comme une traînée de feu, les immolations se poursuivent à un rythme stupéfiant, comme si les Algériens découvraient l’efficacité de cette spectaculaire forme de contestation et l’utilisaient naturellement, comme on utilise une barque pour partir. A tel point que les autorités ont ouvert des enquêtes et que même le président de la République aurait demandé un rapport détaillé sur ce phénomène. Hier, c’est une femme, la première, qui a tenté de s’immoler par le feu pour un logement, à Sidi Bel Abbès. Comment peut-on en arriver là ? En Tunisie, il y a eu un cas, en Mauritanie, un cas, deux cas en Égypte, et en Algérie, on en est déjà à 8 cas, individuels, 28 si l’on ajoute la tentative collective de ces harraga interceptés par les gardes-côtes à Annaba, qui ont préféré s’asperger de mazout et s’allumer plutôt que d’être attrapés.

Phénomène de mode médiatique ou parce que l’essence n’est pas chère, comme l’a cruellement souligné un farouche opposant aux sacrifices sans lendemain, il faut s’interroger sur cette extraordinaire vitesse de propagation de la méthode, comme si tout le monde s’était donné le mot. Si dans la majeure partie des cas, les tentatives ne se sont pas soldées par la mort, il faudra bien se pencher sur cet étrange peuple, ces Algériens et Algériennes, avec leur rapport avec la mort si particulier et ce sens du panache si déroutant, qui ont font toujours plus que les autres ; pour le nombre de morts dans une guerre d’indépendance, ils sont premiers. Pour le nombre de morts dus au terrorisme, ils sont premiers. Pour le nombre d’émeutes, ils sont premiers et pour le nombre d’immolations par le feu, ils sont d’ores et déjà premiers, avec une bonne longueur d’avance sur tous les autres. On imagine déjà la réponse du gouvernement. Après l’obligation d’avoir un extincteur dans sa voiture, il va obliger tous les piétons à en porter un sur le dos.
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