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samedi 20 août 2011

A écouter : Monde arabe et révolutions populaires

Les Rencontres de Pétrarque
Emmanuel Laurentin
Monde arabe et révolutions populaires
France-Culture
20.08.2011 - 19:00
Depuis plusieurs décennies, de nombreux intellectuels européens avaient diagnostiqué un ennui démocratique propre à saper les fondements de la citoyenneté. Curieusement c’est de là où on l’attendait le moins qu’un désir de démocratie s’est manifesté en plein coeur de l’hiver dernier. Des foules populaires ont choisi, en Tunisie, en Égypte, mais aussi en Syrie ou à Bahrein, de s’élever contre leurs dirigeants, et de redonner vie à la notion de révolution populaire. Qu’y a-t-il à apprendre de ceux qui ne sont pas fatigués de la démocratie ? Face aux sondages d’opinion et aux jugements des experts, le peuple soulevé, au sens du XIXe siècle, pourrait-il avoir le dernier mot ?
Avec :
Fethi Benslama
Fethi Benslama est un psychanalyste tunisien de langue française, professeur à l’Université Paris VII où il dirige l’UFR de Sciences humaines cliniques. Il est notamment l’auteur de La psychanalyse à l’épreuve de l’islam (Flammarion, 2002) et du très récen Soudain la révolution! De la Tunisie au monde arabe : la signification d’un soulèvement (Éd. Denoël, 2011).
Leyla Dakhli
Leyla Dakhli est agrégée et docteure en histoire, spécialiste du Moyen-Orient contemporain, et chercheure associée au Collège de France. Elle a soutenu en 2003 une thèse sur les intellectuels syro-libanais dans la première moitié du vingtième siècle, qui a été publiée sous le titre : Une génération d’intellectuels arabes (Karthala, 2009).
Vincent Geisser
Chercheur CNRS à l’Institut Français du Proche Orient (IFPO), Vincent Geisser est sociologue et politologue. Spécialiste de la sociologie politique de la Tunisie, il s’intéresse également aux conditions d’intégration des populations musulmanes immigrées en France. Auteur de nombreux essais, dont notamment La nouvelle islamophobie (La Découverte, 2003), il vient de publier : Dictateurs en sursis, la revanche des peuples arabes (Éditions de l’Atelier, 2011).
Benjamin Stora
Benjamin Stora est un historien français né à Constantine, professeur des universités et enseignant à Paris XIII. Ses recherches portent sur l’histoire du Maghreb contemporain, l’Algérie coloniale et l’immigration en France. Auteur de nombreux ouvrages, notamment sur les enjeux de mémoire autour de la guerre d’Algérie, il a publié dernièrement Le 89 arabe, réflexions sur les révolutions en cours, dialogue avec Edwy Plenel, (Éd Stock, 2011).
à écouter ici
source : www.festivalradiofrancemontpellier.com


NDLR Basta!: En écoutant cette émission, nous avons noté une petite erreur commise par Leyla Dakhli à propos de l'un des slogans des révolutionnaires tunisiens en janvier 2011: "Vous pouvez nous tirer dessus, nous sommes déjà morts". Elle déclare que ce slogan vient de Palestine. Faux! C'est à l'origine un slogan zapatiste mexicain ("Vous ne pouvez pas nous tuer parce que nous sommes déjà morts"), qui a fait son chemin jusque dans la Tunisie profonde, en passant par l'Algérie, où l'AZLS l'avait fait connaître par la diffusion de son journal Basta! à la fin des années 1990. Ce slogan est apparu sur une banderole confectionnée par un groupe de militants de Béjaïa ouvrant la grande marche de Tizi Ouzou du printemps 2001 et s'est ensuite rapidement diffusé. La députée européenne Hélène Flautre écrivait dans son rapport de juin 2011 :
"22 mai 2001, à Tizi Ouzou
Comment repartir d’Algérie sans essayer, sans écouter, les acteurs de ces manifestations quotidiennes ? Comment ne pas avoir envie de transgresser le protocole de la visite officielle pour aller à la rencontre de ces manifestants, "vus à la télé " derrière ces calicots tragiques sur lesquels ils écrivent " vous ne pouvez pas nous tuer, nous sommes déjà morts " ?
 Sans parler de ce livre relatant le Printemps kabyle de 2001 et paru en 2002

lundi 28 février 2011

El Général et l'hymne rap de la révolution du Maghreb et du Machrek : rencontre avec le rappeur tunisien

par Vivienne Walt, TIME Magazine, 15/2/2011. Traduit par Chloé Meier, édité par Fausto Giudice, Tlaxcala.
English original: El Général and the Rap Anthem of the Mideast Revolution
Le barde de la vague révolutionnaire qui déferle sur le monde arabe n'a que 21 ans. Bien bâti, cheveux coupés à la dernière mode, sourire d'une grande douceur, entouré d'une barbe et d'une moustache naissantes, El Général s'emploie à cultiver une apparence de dur, mais garde des manières presque innocentes et s'exprime paisiblement. Sur une photo de sa page Facebook, il porte un bomber marron, dont la manche est couverte du drapeau tunisien, et tient un pistolet, le doigt sur la gâchette. Hamada Ben Amor, de son vrai nom, est un bon garçon, qu'on aimerait bien avoir pour fils. Cadet d'une famille de quatre enfants, il vit encore chez ses parents, avec l’un de ses frères, à Sfax, à trois heures de voiture de Tunis. Sa mère gère une librairie et son père travaille dans le domaine de la santé, au service d'urgence d'un hôpital. Ils font partie de la classe moyenne tunisienne.
El Général, par William Daniels pour  TIMES

El Général a commencé à rapper à 18 ans, en 2008. "La première chanson que j'ai écrite s'intitule Malesh? (Pourquoi ?). C'était une grande question. Pourquoi la corruption? Pourquoi les voleurs? Pourquoi la violence? J'étais contre le régime parce que la corruption sautait aux yeux." El Général se dit fortement influencé par Tupac Shakur, même si celui-ci est décédé lorsqu'il n'avait que six ans. "Le rap de Tupac était révolutionnaire. Quand je suis devenu rappeur, je ne recherchais pas l'amour. Je voulais rapper pour le bien des gens." A 18 ans, il a également écrit Sidi Rais ("Monsieur le Président"), sa première chanson sur Ben Ali. "C'était un appel lancé au président pour qu'il lutte contre la corruption. Je croyais encore qu'il pouvait faire quelque chose; j'ai compris plus tard qu'il était lui-même impliqué."

Cette chanson était une sorte de prélude à celle qui allait devenir l'hymne de la Révolution de jasmin et des manifestants de la place Tahrir, au Caire: Rais Lebled (Rais el-Bled, qui signifie le président du pays, inversé à la manière du rap). Le thème reste le même : "La corruption était partout. Dans la rue, tu voyais des policiers manquer de respect envers des citoyens. Au tribunal, il suffisait de payer les juges pour être acquitté; les pauvres étaient jetés en prison. Les petits commerçants étaient exploités par des requins liés au président. Mes parents ont tous les deux un bon boulot. Nous ne sommes pas pauvres, mais j'ai vu de très nombreux amis subir des injustices."
El Général a été interdit de concerts, de production de disques et de radio en Tunisie — alors qu'en Europe, il a fait de nombreux adeptes grâce à ses passages sur des radios rock telles que la station française NovaFM. A propos de la censure sous le régime Ben Ali, il explique: "Dès que quelqu'un entreprenait des démarches pour organiser un concert et que mon nom figurait sur le programme, le gouvernement refusait d'accorder les autorisations. Ils disaient que mes chansons parlaient de politique et que j'avais mauvaise réputation. La censure et les interdictions m'ont empêché de donner des concerts ou de faire des disques". Dès lors, il s'est tourné vers les médias sociaux. "J'ai utilisé ma page personnelle Facebook pour me faire connaître. Un ami a filmé mes chansons sur une petite caméra vidéo et un autre les a éditées et postées sur YouTube."
En décembre 2010, El Général enregistre Rais Lebled et le met en ligne sur YouTube. Téléchargé des milliers de fois, ce titre devient l'hymne des protestations, qui viennent de débuter. Les manifestants en scandent les paroles dans la rue: "Président du pays, ton peuple se meurt / Les gens se nourrissent dans les poubelles / Regarde ce qui se passe / La misère est partout / Je parle sans crainte / Mais je sais ce qui m'attend / Je vois l'injustice partout". C'est avec cette chanson qu'El Général se fait connaître — notamment des services secrets. "Mon téléphone portable a été mis sur écoute et mon compte Facebook bloqué." A la même période, le 17 décembre, un jeune marchand de fruits et légumes s'immole par le feu. C'est un tournant. El Général écrit une nouvelle chanson, Touns bledna (Tunisie, notre pays), sur l'essor du mouvement de protestation.

Pour la police secrète, Touns bledna est la goutte de trop. Le 24 décembre, à cinq heures du matin, elle fait irruption chez El Général, à Sfax et le traîne au siège de la Sûreté nationale. Peu après, une équipe d'interrogateurs arrive de Tunis pour le transférer à la capitale, où il est placé en isolement au Service de sécurité présidentiel et interrogé pendant des heures sur ses relations politiques. "Ils m'ont insulté pendant 24 heures. De la torture morale. Ils me demandaient qui était derrière moi et à quel parti j'appartenais."
Cette arrestation déclenche une énorme réaction publique. De toutes parts, les manifestants commencent à lancer des slogans pour sa libération. Ben Ali lui-même ainsi que le détesté ministre de l'Intérieur appellent la police à enquêter sur la détention d’El Général. Celle-ci prend alors la mesure de la célébrité gagnée par le rappeur. "Ils ont compris que j'étais un artiste connu et ont changé d'attitude. Ils m'ont demandé poliment de ne plus rien chanter sur le président et sa famille, en échange de quoi ils me relâcheraient." Hamada Ben Amor reste enfermé dans une cellule, menottes aux mains, pendant trois jours. A l'extérieur, la pression pour sa libération se fait de plus en plus forte. "C'est à ce moment que j'ai capté que mes actes avaient une immense portée et qu'ils étaient dangereux. La police a été bombardée d'appels concernant ma détention. Dès que je n'ai plus eu peur, j'ai ressenti une grande fierté. Je me suis senti comme un VIP." Ce qu'il était.
Trois jours plus tard, il est ramené chez lui, à Sfax, et libéré sur le seuil de la maison de ses parents. La police le traite avec les égards réservés aux stars, le félicitant même de sa libération. "La première chose que je voulais, c'était de voir ma mère et de vérifier qu'elle allait bien", confie-t-il. 
Ce n'est qu'à sa libération qu'El Général découvre que Rais Lebled est devenu l'hymne de la rue. Par la suite, après le 25 janvier, la chanson est reprise au Caire et en particulier par les manifestants de la place Tahrir. "J'ai reçu énormément de messages de jeunes Égyptiens qui me demandaient de venir la chanter sur la place, mais je n'avais pas de passeport, ni de visa." Il écrit alors un nouveau rap Vive la Tunisie!, qui rend hommage aux personnes tuées lors de la Révolution de jasmin et salue le programme de liberté en Égypte, en Algérie, en Libye et au Maroc. Le morceau se termine par un appel lancé au président qui remportera les prochaines élections : "Prends soin de la Tunisie".

Avec le renversement – pour l'heure – de deux autocrates, El Général s'est vu propulsé sur la scène professionnelle du rap.  Il affiche déjà complet pour ses premiers concerts, à Lyon, les 16 et 17 mars, et à Marseille plus tard le même mois. Le regard que portent ses parents sur le rap s'est transformé. "Avant la révolution, ils voulaient que j'oublie la musique. Ils disaient que c'était dangereux, qu'ils avaient vraiment peur pour moi. Maintenant, ils sont fiers. Ils m'encouragent à continuer et à servir le pays."

Page Facebook   d'El Général

dimanche 27 février 2011

"Survivre aux changements si brutaux et ne pas avoir peur..." : Sarkozy part en guerre contre la révolution arabe


Allocution radiotélévisée du Président sur la situation internationale 
Palais de l'Élysée - Dimanche 27 février 2011
Verbatim commenté


[Garde à vous ! Fixe !] Mes chers compatriotes, 

A peine la plus grave crise économique et financière depuis la deuxième guerre mondiale semble-t-elle s'estomper [il faut dire ça aux Irlandais et aux Grecs], à peine l'Europe a-t-elle dominé la crise de l'euro [il faut dire ça aux Irlandais et aux Grecs] que, de l'autre côté de la Méditerranée, se produit un immense bouleversement. Certains peuples arabes [que je ne nommerai pas] prennent leur destin en main, renversant des régimes qui, après avoir été, au temps de la décolonisation, les instruments de leur émancipation avaient fini par devenir ceux de leur servitude [eh oui, c’est partout pareil]. Ces régimes, tous les États occidentaux et tous les gouvernements français qui se sont succédés depuis la fin des colonies ont entretenu avec eux des relations économiques, diplomatiques et politiques, malgré leur caractère autoritaire parce qu'ils apparaissaient aux yeux de tous [tous ?] comme des remparts contre l'extrémisme religieux, le fondamentalisme et le terrorisme. 

Mais voici qu'à l'initiative des peuples s'esquisse une autre voie. En opposant la démocratie et la liberté à toutes les formes de dictature, ces révolutions arabes ouvrent une ère nouvelle dans nos relations avec ces pays dont nous sommes si proches par l'histoire et par la géographie. Ce changement est historique. Nous ne devons pas en avoir peur [j’essaye de me convaincre moi-même : vas-y Nico, n’aie pas peur]. Il porte en lui une formidable espérance car il s'est accompli au nom des valeurs qui nous sont les plus chères, celles des droits de l'homme et de la démocratie [ouf]. Pour la première fois dans l'histoire, elles peuvent triompher sur toutes les rives de la Méditerranée [bref, c’est nous qu’on a gagné, nananan]. Nous ne devons avoir qu'un seul but : accompagner, soutenir, aider les peuples qui ont choisi d'être libres [eh oui, les pôvres, ils savent pas y faire tout seuls]. Entre l'ingérence qui ne serait pas acceptée [eh oui, faut s’y faire] et l'indifférence qui serait une faute morale et stratégique [c’est pas beau et c’est contre-productif], il nous faut tout faire pour que l'espérance qui vient de naître ne meure pas car le sort de ces mouvements est encore incertain. Si toutes les bonnes volontés ne s'unissent pas pour les faire réussir, ils peuvent aussi bien sombrer dans la violence et déboucher sur des dictatures pires encore que les précédentes [ah ah, allez, les gars du monde, donnez-vous la main pour empêcher les méchants barbus que les dictatures tenaient en laisse de prendre le pouvoir]. 

Nous savons ce que pourraient être les conséquences de telles tragédies [lesquelles ? les “dictatures pires encore que les précédentes” ?] sur des flux migratoires devenus incontrôlables [eh oui, on est train de perdre nos garde-frontières l’un après l’autre] et sur le terrorisme [eh oui, on est train de perdre nos garde-chiourmes l’un après l’autre]. C'est toute l'Europe alors qui serait en première ligne [bref, la guerre]. Nous avons donc le devoir d'agir avec une ambition qui soit à la dimension des événements historiques que nous vivons [Napoléon : “Soldats, du haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent”]. C'est pourquoi la France a demandé que le Conseil européen se réunisse pour que l'Europe adopte une stratégie commune [c’est vrai que jusqu’ici, chacun a grenouillé tout seul dans son coin] face à la crise libyenne dont les conséquences pourraient être très lourdes pour la stabilité de toute la région [c’est sûr que Kadhafi est un sacré garant de stabilité]. De même l'Europe doit se doter sans tarder de nouveaux outils pour promouvoir l'éducation et la formation de la jeunesse de ces pays du Sud de la Méditerranée [faut les dresser, ces sauvageons], imaginer une politique économique et commerciale pour favoriser la croissance de ces jeunes démocraties qui veulent naître [bref, “investir dans la démocratie”, selon le slogan le bourgeoisie tunisienne]. 

L'Union pour la Méditerranée [nous y voilà], fondée à l'initiative de la France le 13 juillet 2008, doit permettre à tous les peuples de la Méditerranée de bâtir enfin une destinée commune [eh oui, c’est que jusqu’ici elle était conçue pour bâtir une destinée séparée]. Le moment est venu de refonder cette Union à la lumière des événements considérables que nous vivons. La France fera des propositions en ce sens à ses partenaires [On va la rebaptiser : Union démocratique et populaire pour la Méditerranée].

Mon devoir de Président de la République est d'expliquer les enjeux de l'avenir mais tout autant de protéger le présent des Français. C'est pourquoi, avec le Premier Ministre François Fillon, nous avons décidé de réorganiser les ministères qui concernent notre diplomatie et notre sécurité. 

Alain Juppé, ancien Premier ministre, homme d'expérience qui a déjà exercé ces fonctions avec une réussite unanimement reconnue sera Ministre des Affaires étrangères [j’envoie MAM se dorer au soleil à Tabarka, mais je garde POP, son chéri]. Pour le remplacer au ministère de la Défense, j'ai choisi Gérard Longuet, lui aussi homme d'expérience [ça, c’est sûr, lui, c’est un vrai guerrier, il a faits ses classes à Occident]. J'ai souhaité dans le même temps confier la responsabilité de ministre de l'Intérieur et de l'Immigration [Brice Hortefeux ? c’est qui, ça ?] à Claude Guéant qui m'a accompagné depuis neuf ans dans toutes les responsabilités que j'ai exercées, en particulier au ministère de l'Intérieur dont il connaît tous les rouages et dont il a occupé tous les postes de responsabilité [bref, mon âme damnée devient mon éminence noire]. 

Ainsi les fonctions régaliennes de l'État se trouveront-elles préparées à affronter les événements à venir dont nul ne peut prévoir le déroulement [faut être prêt à la guerre, les mecs]. 

Mes chers compatriotes, c'est mon devoir de prendre les décisions qui s'imposent quand les circonstances l'exigent. Je connais vos attentes qui sont grandes à juste titre. Je me suis engagé à moderniser la France pour que notre modèle survive à tous les changements si brutaux de ce début du XXIème Siècle. Pour obtenir les résultats que vous attendez et que nous obtiendrons, je me dois de ne faire prévaloir aucune autre considération que le souci de l'efficacité et de l'intérêt général dans le choix de ceux auxquels sont confiées les plus hautes responsabilités de l'État [bref, aiguisons nos couteaux, ça va saigner]. 

Dans ces circonstances si troublées [cause pour toi] la nécessité du rassemblement de tous les Français autour de nos valeurs républicaines est plus nécessaire que jamais. La peur [j’essaye encore de me convaincre moi-même : vas-y Nico, n’aie pas peur], l'affrontement, l'exclusion n'ont jamais permis de préparer l'avenir, au plan international comme au plan national [bref, nous ferons la guerre et nous appellerons ça la paix]. A l'inverse le refus de voir les réalités en face exacerbe les tensions. 

Mes chers Compatriotes, vous pouvez compter sur ma détermination et sur mon engagement [engagez-vous, rengagez-vous, qu’ils disaient].

Vive la République [rompez, soldats]

vendredi 25 février 2011

Arrêtez le massacre en Libye !

Cyber @ction 396

Des centaines de manifestants se font massacrer en Libye
Les violences ont fait au moins 640 morts, soit plus du double du bilan officiel de 300 morts, a annoncé hier la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme. Mais un médecin français tout juste rentré de Benghazi a cependant estimé, hier, sur Lepoint.fr que les affrontements dans cette ville avaient fait « plus de 2.000 morts ».
Nous vous invitons à exprimer votre volonté de voir l'escalade de la violence s'arrêter.
Texte de la pétition
Monsieur le Président,
Nous demandons aux représentants de la communauté internationale de prendre toutes les mesures (gels d'avoirs, interdictions de visa et possibilité de poursuites contre des dirigeants du régime, arrêt des importations d'hydrocarbures en provenance de Libye et des négociations en cours concernant l'accord-cadre de coopération et de partenariat UE-Libye,notamment dans le domaine de l'immigration, établissement d'une zone d'exclusion aérienne,....) propres à faire cesser les massacres entrepris par un régime dirigé par un homme dérangé et dangereux selon l'expression du ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn.
Veuillez recevoir, Monsieur, les salutations d'un citoyen attaché à la Paix dans le monde.
 signer en ligne

mercredi 23 février 2011

Un peuple insurgé : la libération de Tobrouk en photos

"Dégage, dégage, le peuple veut la liberté. Ben Ali et Hosni t'attendent"

 Fraternisation civils insurgés - militaires
 Les femmes ne sont pas en reste
 Armes récupérées sur les forces de répression
 Beaucoup de militaires ont fraternisé avec les insurgés

 Les munitions utilisées contre les manifestants par les sbires de Kadhafi
 "Révolution du 17  février, nous vivons fièrement et mourons honorablement, nous donnerons nos vies pour notre pays"
 Un missile abandonné par les forces kadhafistes

 "Jeunesse de Libye, Révolution du 17 février"
La jeunesse de Tobrouk dit qu'elle ne fera jamais marche arrière

Libye : Tobrouk, une ville libérée qui retient son souffle

par Cécile Hennion
LEMONDE | 23.02.11
 
Des jeunes dans les rue de Tobrouk, mardi 22 février. Depuis sept jours, la ville n'est plus sous le contrôle du régime. Ici,  l'armée a fraternisé avec la rébellion.
Des jeunes dans les rue de Tobrouk, mardi 22 février. Depuis sept jours, la ville n'est plus sous le contrôle du régime. Ici, l'armée a fraternisé avec la rébellion.
Photo Asmaa Waguih / Reuters


Tobrouk (est de la Libye) Envoyée spéciale - Depuis sept jours, Tobrouk se réveille aux sons de sa nouvelle radio. Une radio libre, comme l'est depuis le 17 février cette ville de Cyrénaïque, la grande province libyenne qui jouxte l'Egypte. Sur les ondes de "Tobrouk libérée", ce mercredi 23 février, la parole se déchaîne une nouvelle fois. Les auditeurs se succèdent pour déclamer des odes à cette révolution encore neuve, ou pour accabler le colonel Mouammar Kadhafi de blagues assassines.
Le Guide est assimilé à un âne, à un Hitler oriental. Le discours prononcé la veille par le dirigeant menaçant, prêt à se battre "jusqu'à la dernière goutte" de son sang, n'a pas ébranlé la détermination des révolutionnaires. Mardi soir, l'écran géant sur lequel étaient retransmises les diatribes du colonel Kadhafi, au centre de la ville, a été bombardé de chaussures – l'expression la plus forte du mépris dans la culture arabe – ainsi que d'ordures. Les cris ont fusé : "Il nous prend pour ses esclaves !" ; "Il s'adresse à nous comme à des étrangers !" La cassure semble définitive entre la population de l'est du pays et le dictateur au pouvoir depuis 1969, même si une éventuelle contre-attaque est ouvertement redoutée.
A Tobrouk, ce mercredi, la plupart des magasins restent fermés. Cette ville plutôt pauvre semble vivre sur ses réserves.
Jusqu’au mardi 22 février, l’accès à la Libye par l’Egypte était bloqué par l’armée égyptienne. Au poste de frontière de Salloum, des dizaines de milliers de travailleurs expatriés égyptiens se pressaient pour regagner leur pays. Côté égyptien, des médecins volontaires attendaient de pouvoir accéder à la Libye pour y acheminer des médicaments. En milieu de journée, quelques journalistes occidentaux ont été autorisés à franchir la frontière. Ils ont été accueillis dans la liesse par des Libyens espérant enfin sortir du huis clos dans lequel était contenu leur soulèvement depuis plus d’une semaine.
Les jours précédents, les rebelles n’avaient en effet eu d’autre recours que de faire passer en Egypte, mais aussi en Tunisie, à l’ouest du pays, de petites vidéos enregistrées sur des téléphones portables témoignant de leur révolte. "C’est la première fois qu’on voit la presse avec plaisir. Pendant quarante ans, il n’y avait ici que la peur, nous voulons changer ça. A cause de Kadhafi, les Libyens ont eu, pendant des années, une image de terroristes et d’ignorants, cela aussi nous voulons le changer", explique un rebelle.
Tout le long de la route côtière qui conduit à Tobrouk, à une centaine de kilomètres à l’ouest de la frontière, la sécurité est désormais assurée par des civils en armes, revêtus de tenues disparates prises aux militaires. Les journalistes étrangers sont pris en charge par des taxis qui refusent le moindre dédommagement. Les forces de l’ordre officielles ont disparu, y compris des sites de bataille de la Deuxième Guerre mondiale réputés dangereux compte tenu des munitions que l’on peut encore y trouver.
 
Au centre de Tobrouk libéré, 22 février 2011 Photo Asmaa Waguih / Reuters

PORTRAITS PIÉTINÉS
Les symboles du régime ont été systématiquement détruits. Les portraits du colonel Kadhafi ont été piétinés ou affublés de moustaches ou de bandeaux de pirate. Des monuments à la gloire du Livre vert, bible de la révolution libyenne, ont été détruits au marteau. Tous les drapeaux officiels libyens, un rectangle uni de couleur verte, ont été remplacés par des oriflammes comportant trois bandes horizontales, rouge, noir et vert : le drapeau de l’indépendance de 1951.
A Tobrouk, lors des premières heures du soulèvement, l’armée a refusé de tirer sur les manifestants. Elle s’est retirée de la ville avant de fraterniser avec la rébellion. Les responsables du Comité populaire, créé en lieu et place des comités révolutionnaires du régime, assurent disposer de beaucoup d’armes légères mais de peu de munitions. Des collectes ont été organisées par les principaux chefs tribaux pour tenter d’éviter le chaos.
Au cœur de la ville, la place de la Jamahiriya (Etat des masses) a été rebaptisée du nom d’une victime du régime, Mahdi Elias, un étudiant pendu en 1984 au retour d’un séjour aux Etats-Unis, au plus fort de la crise entre Washington et Tripoli. Fathi Faraj, un ingénieur en pétrochimie, se montre intarissable : "Je pourrais vous parler des jours entiers de ce que nous avons subi, nous autres Libyens. Quand Saïf Al-Islam a émergé il y a cinq ans avec des idées de réformes, nous lui avons donné une chance même si nous pensions qu’il était trop jeune pour prendre la suite de son père. Il a montré son vrai visage, le visage immonde de celui qui cherche à diviser pour régner. C’est la méthode de son père. C’est ce que ce dernier essaie de faire en nous menaçant d’une guerre civile."
Tobrouk libérée, comme Ajdabiya et Benghazi, retient son souffle. Selon certaines informations, impossibles à vérifier, environ mille hommes munis d’armes légères seraient partis de Beida, entre Tobrouk et Benghazi, en direction de Tripoli. Les nouvelles de Benghazi, deuxième ville du pays, plus à l’ouest, inquiètent. Il est question de ripostes des forces restées loyales au colonel Kadhafi. Joint par téléphone, le docteur Ahmad Ben Tahr de l’hôpital Jalal, évoque le nombre de trois cents morts en cinq jours, groupés dans la cour faute de place à la morgue, et celui de deux mille blessés. "Dans deux jours, assure-t-il, nous manquerons d’antibiotiques."
Dans cette ville où des mercenaires africains, en provenance du Tchad, du Niger et du Nigeria sont tombés aux mains des rebelles, de nombreux prisonniers ont été découverts dans les bases militaires désormais désertes. "Nous ne sommes pas encore en sécurité, explique un membre du Comité de Tobrouk, nous redoutons des bombardements aériens. Nous sommes prêts à libérer le pays de nos mains nues, mais les Nations unies doivent imposer une zone d’exclusion aérienne."

Les slogans sont les mêmes qu'en Tunisie et en Égypte: "Kadhafi dégage!", "Nous pouvons vivre de pain et d 'eau mais pas avec Kadhafi"

TOBROUK, 23 FÉVRIER 2011AP Photos
  1. A Libyan protester protests against Libyan Leader Moammar Gadhafi, in Tobruk, Libya, on Wednesday, Feb. 23, 2011. Heavy gunfire broke out in Tripoli as forces loyal to Moammar Gadhafi tightened their grip on the Libyan capital while anti-government... 
     
  2. Libyan protesters stand on the rooftop of a burned police station, during a demonstration against their Libyan Leader Moammar Gadhafi, in Tobruk, Libya, Wednesday Feb. 23, 2011. Heavy gunfire broke out in Tripoli as forces loyal to Gadhafi tightened... 
     
  3. Libyan protesters stand flash V signs as they shout slogans against their Libyan Leader Moammar Gadhafi during a demonstration, in Tobruk, Libya, on Wednesday Feb. 23, 2011. Heavy gunfire broke out in Tripoli as forces loyal to Moammar Gadhafi tightened... 
     
  4. Libyan boys holds signs against their Libyan Leader Moammar Gadhafi during a demonstration, in Tobruk, Libya, on Wednesday, Feb. 23, 2011. Heavy gunfire broke out in Tripoli as forces loyal to Moammar Gadhafi tightened their grip on the Libyan capital... 
     

Libye : Les dessins de Carlos Latuff ليبيا:كاريكاتورية من كارلوس لطوف







Libye : Albayda, Benghazi, Tobrouk, Ajdabiya, Darnah et Zuwarah libérées

Toutes les villes côtières de l'Est de la Libye et la plus grande partie de la Cyrénaïque sont désormais libérées; À l'Ouest, la ville de Zuwarah, à 58 km de la frontière tunisienne, est aussi tombée aux mains des forces populaires soulevées contre la dictature.

Kadhafi fragilisé (euphémisme)

Notre ami René Naba écrit en date du 22 février 2011:
La défection des deux derniers membres du groupe des «officiers libres» libyens, artisan du renversement de la Monarchie, en 1969, fragilise considérablement le pouvoir du Colonel Mouammar al-Kadhafi, déjà en butte à la rébellion d’une fraction des provinces libyennes, dans l’épreuve de force qui oppose le clan Kadhafi à la population depuis près d’une semaine.
Mahjoob

Le colonel Abdel Moneïm Al Houni, représentant de la Libye auprès de la Ligue arabe au Caire, a annoncé dimanche 20 février son ralliement à «la révolution populaire» et sa détermination à porter le combat à Tripoli, le centre névralgique du pays, dans une démarche de défiance contre les abus de son ancien compagnon d’armes.
M. Al Houni a été l’un des mobilisateurs de la grande manifestation qui se déroule depuis lundi dans la capitale libyenne. Dans des déclarations à la presse arabe, le dissident a annoncé la mise sous résidence surveillée d’un autre compagnon d’armes de Kadhafi, le général Abou Bakr Jaber Younes, inamovible commandant en chef de l’armée depuis trente ans. Deux pilotes qui se sont réfugiés à Malte ont par ailleurs accusé le colonel Kadhafi d’avoir passé par les armes des pilotes récalcitrants à bombarder la population.
Sur fond de démission collective du corps diplomatique libyen, notamment des représentants libyens en poste aux États-Unis, aux Nations Unies, en Indonésie et en Chine, la disparition d’un autre proche collaborateur de Kadhafi pose la question de la capacité de survie du régime.
M. Abdel Rahman Chalgham, ambassadeur de Libye aux Nations Unies, est en effet porté disparu depuis dimanche, sans qu’il ait été possible de savoir s’il s’agit d’une désertion de poste, d’un enlèvement par les hommes du clan Kadhafi ou plus simplement d’un ralliement à la contestation populaire.
M. Chalgham, ancien ministre des Affaires étrangères et ancien ambassadeur à Rome, a été l’un des artisans du rapprochement entre la Libye et les pays occidentaux, le négociateur de l’accord accordant cinq milliards de dollars à la Libye par l’Union Européenne en vue de lutter conte l’immigration clandestine africaine à destination de l’Europe.
Dans cette épreuve de force avec ses opposants, Le Colonel Kadhafi est handicapé par le bouleversement de la géo-stratégie régionale, avec la chute de ses deux alliés naturels, Hosni Mouabark (Egypte) et Zine El Abidine Ben ALI? et l’absence d’un clair et ferme soutien d’un quelconque pays arabes.
Au terme d’une semaine de contestation, ci-joint un bref descriptif de l’état des lieux de la configuration tribale et de la lutte de pouvoir en Libye:
La zone rebelle:
Benghazi, la grande ville portuaire de l’Est du pays, zone la plus proche de Égypte, d’où le coup d’État des officiers libres a été annoncée le 1er septembre 1969, chef 6ieu du grand résistant libyen à l’occupation italienne, a la première fait sécession. Sa’adi, le 4ème fils de Kadhafi, ancien footballeur en Italie, aurait chargé de la mater.
La région orientale du pays, (Benghazi et Al-Bayda) n’a jamais été soumise à Kadhafi. L’É,mirat de Barka, qui s’étend de la frontière égyptienne au Golfe de Syrte est demeuré fidèle aux traditions de la dynastie senoussie, particulièrement Al Bayda, La Blanche, ville des 250 000 habitants, au cœur du Djebel El Akhdar, La Montagne Verte,  qui est à égale distance à vol d’oiseau (800 km) de Tripoli et d’Alexandrie, mais est plus proche par la route de la métropole égyptienne que de la capitale libyenne. Son nom était Al Zaouiya Al Bayda, La Confrérie blanche, du nom du siège de la confrérie senoussie, qui domine la ville. Elle mérite aussi son nom par les abondantes chutes de neige qui la recouvrent en hiver. Vendredi 18 février 2011, Al Bayda aurait été libérée du régime kadhafiste, et la population, appuyée par la police locale, y aurait pris le pouvoir, au terme d’affrontements qui auraient fait près de 108 tués du côté des contestataires.
La zone loyaliste :
Le centre du pays, autour de Syrte, abritenles deux grandes tribus qui se sont partagés le pouvoir sous l’ère post-monarchique: Al Kazazafa (la tribu de Kadhafi) et Al Moukarfa (la tribu d’origine d’un des membres du groupe des officiers libres, artisan du coup d’État, le commandant Al Moukreif. Objet de l’attention de Kadhafi et cible d’une expédition punitive l’aviation américaine, dans la décennie 1980, pour châtier Kadhafi de son soutien au terrorisme, la zone centrale devrait constituer l’un des points fort du régime.
Bien que généralement loyaliste, la configuration tribale de la zone qui comporte douze tribus parait partagée entre loyalistes et contestataires. Les tribus Wazen, Kaba, al Badr, Tiji, selon des informations recueillies de source arabe en relation avec l’opposition libyenne, ont gagné le camp de la contestation et ne demeurent en lice en faveur de Kadhafi que sa propre tribu Al Kazazafa et son alliée al Moukarfa.
La région capitale qui va de Tripoli à Ghadamès, dans la zone frontalière méridionale. Elle abrite les tribus de Zentane et Ourfala, ralliées à la révolution populaire. Une 3ème tribu , la Mayaniya, est demeurée fidèle à Kadhafi.
La zone du Fezzan, elle, a, dès le début des troubles, tranché en faveur de la contestation. Zone frontalière du Mali, du Tchad, du Niger, le trafic à destination de ces pays a été fermé. Abritant la vile de Sebha, base arrière de la guerre du Tchad, dans la décennie 1980, la zone a beaucoup souffert des hostilités et des variations d’humeur du colonel Kadhafi dans sa politique à l’égard de la main d’œuvre africaine.
Au vu de ce tableau, la bataille décisive devrait se porter sur le contrôle de l‘agglomération de Tripoli, qui abrite la caserne d’al Aziziya, la résidence officielle du Colonel Mouammar Kadhafi.
Un tournant pourrait être pris dans ce conflit avec la grève de l‘industrie pétrolière, poumon du régime, où le boycott des produits pétroliers par l’Europe.
La Libye exporte 80% de son pétrole vers l’Europe, qui a considérablement participé au renflouement politique du dictateur avec sa réception officielle notamment en France par le président Nicolas Sarkozy, en décembre 2007.

mardi 22 février 2011

Le discours surréaliste du "martyr" Kadhafi : "Je suis prêt à me battre jusqu'à la dernière goutte de [votre] sang"

Une semaine après le début de la révolte matée dans le sang, le colonel Mouammar Kadhafi s'exprime enfin.

Le "guide de la révolution", comme il se décrit, a fait un discours fleuve à la télévision libyenne depuis un bâtiment éventré qui semble être son ancienne résidence à Tripoli, bombardée par les Etats-Unis dans les années 1980 et laissée depuis telle quelle en signe de défiance, précise LeFigaro.fr.Se disant prêt à "mourir en martyr", Mouammar Kadhafi a prévenu qu'il se "battrait jusqu’à la dernière goutte de [son] sang".
Fidèle à son image mégalomaniaque, le chef d'État libyen a multiplié les formules à la 3e personne du singulier faisant de lui un quasi surhomme. "Mouammar Kadhafi n'est pas un président et n'est pas un être normal contre qui on peut mener des manifestations", a déclaré la colonel. "Mouammar Kadhafi n'a pas de poste officiel pour qu'il en démissionne. Mouammar Kadhafi est le chef de la révolution, synonyme de sacrifices jusqu'à la fin des jours. C'est mon pays, celui de mes parents et des ancêtres".
Passablement énervé, il a menacé les opposants au régime. "Nous n'avons pas encore utilisé la force", a déclaré Mouammar Kadhafi alors que les affrontements en Libye auraient fait au moins 200 morts. Expliquant que les manifestants armés sont "passibles de la peine de mort", il a menacé les "rebelles" de Benghazi, coeur de la contestation, d'une riposte "similaire à Tiananmen (en Chine) et Fallouja (en Irak)".
Un discours long (plus d'une heure) et décousu où le colonel a alterné diatribes et interminables moments de silence.
Brandissant le "Livre vert", recueil de ses pensées publié dans les années 1970 et qui sert de Constitution au pays, le colonel a longuement énuméré les crimes passibles de la peine de mort pour effrayer ses opposants qu'il a (notamment) qualifiés de "bactéries" et de "drogués".
Mouammar Kadhafi a aussi appelé ses partisans à sortir dans les rues dès mercredi pour s'attaquer aux opposants, dans ce qui ressemble à un appel à la guerre civile, selon LeMonde.fr. "Tous les jeunes doivent créer demain les comités de défense de la révolution: ils protègeront les routes, les ponts, les aéroports. Tout le monde doit prendre le contrôle de la rue, le peuple libyen doit prendre le contrôle de la Libye, nous allons leur montrer ce qu'est une révolution populaire", a ajouté Kadhafi.
Promettant des réformes sans toutefois les détailler, le colonel a assuré : "Je n'ai pas d'argent, tout ce que je veux, c'est la prospérité de la Libye".