par Альтернативы Alternative, 1/6/2015.
Traduit par Marianne Dunlop
La
vague d’épurations qui a déferlé sur Odessa en avril-mai de cette
année a emporté avec elle un grand nombre de citoyens qui exprimaient à
voix haute leurs opinions. La liste complète des personnes arrêtées
n’est pas accessible au commun des mortels, la police ne communique pas
sur ce sujet. C’est pourquoi plusieurs semaines après les faits
continuent de remonter à la surface des détails choquants des sévices
infligés par la junte de Kiev aux dissidents. Une de ces victimes, dont
le nom n’apparaissait pas au départ, est un journaliste du site
d’opposition « Infocenter », Vitali Didenko.
En automne 2014, le rédacteur en chef du site « Infocenter » Yevguéni
Anokhine a été arrêté soi-disant pour avoir des liens avec des
terroristes, c’est-à-dire avec les Républiques de Donetsk et Lougansk.
Le SBU (services secrets ukrainiens) a découvert dans son ordinateur une
liste de gens pouvant faire l’objet d’un échange entre les républiques
populaires et l’Ukraine. Dans la mesure où les organes de police
n’avaient rien réussi à trouver de mieux comme motif de son arrestation,
ils ont été obligés de jouer les imbéciles et prétendre ignorer qu’un
journaliste a le droit de collecter ce genre d’information dans un but
professionnel. Au bout du compte, Anokhine a été échangé contre des
prisonniers des Forces Armées Ukrainiennes, et, ses papiers d’identité
confisqués, livré à la république de Lougansk, où il se trouve à ce
jour.Mais comme on sait, le régime instauré en Ukraine considère toute critique à son encontre comme du séparatisme, dès lors qu’elle ne s’appuie pas sur l’idéologie communément admise. Dans la mesure où « Infocenter » et Vitali Didenko en personne ont toujours rejeté le bandérisme [idéologie fasciste ukrainienne, revendiquant l'héritage du criminel de guerre Stepan Bandera], ils étaient des cibles idéales. Sentant la menace, Didenko avait déjà changé d’adresse à la fin de l’année dernière, et peu avant son arrestation, il avait encore déménagé. Mais le SBU a retrouvé sa trace et, faisant pression sur le propriétaire, a mis son appartement sur écoute (illégale), et à l’aube du 29 avril a débarqué avec un mandat d’arrêt. Didenko a tenté de s’enfuir et s’est jeté du troisième étage. Mal lui en a pris : il s’est cassé un bras et deux côtes, devenant une proie facile pour ses persécuteurs.