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mardi 22 avril 2014

Les bons, le brut et les truands - Brève mise au point sur la situation actuelle au Venezuela

Par , et , mouvements, 15/4/2014
Après le triomphe apparent du chavisme aux élections municipales du 9 décembre, la guerre politique intermittente qui a ponctué ces 15 années de « Révolution bolivarienne » – elle-même consécutive à une décennie de guerre sociale – occupe à nouveau le devant de la scène : des dizaines de milliers de manifestants et émeutiers réclament depuis bientôt deux mois la « sortie » du président Nicolás Maduro. La marche de Caracas du 12 février, au carrefour des mobilisations étudiantes « contre l'insécurité » initiées à San Cristóbal et des appels à « incendier la rue » lancés par la frange la plus réactionnaire de l'opposition le 23 janvier (date symbolique de la naissance de la démocratie en 1958)ii, a inauguré un cycle d'assassinats et de représailles débouchant sur l'arrestation d'un des leaders et de deux maires de la coalition d’opposition (MUDiii), en sus de l'occupation militaire de deux régions frontalières de la Colombie. Qu'y a-t-il derrière les stéréotypes croisés d'une opposition « fasciste » aux prises avec un pouvoir d'État « castro-communiste » ? Qui sont les manifestants ? Que fait le gouvernement ? Sur fond de crise économique et de violences politiques et sociales qui semblent combler des chroniqueurs pressés d'enterrer une énième « révolution ratée », et alors que se profile une médiation internationale (avec l'UNASUR et le Vatican), voici un panorama de la situation en trois temps, en contre-points des principaux poncifs circulant de part et d'autre.

« Un coup d'État se trame » vs. « le chavisme assassine des manifestants pacifiques »

L’opposition vénézuélienne est hétérogène et divisée sur la stratégie à suivre, en présence d'un mouvement dispersé et centrifuge. D’un côté, le dirigeant du parti Voluntad Popular Leopoldo López, la députée de Caracas María Corina Machado et le maire du Grand Caracas Antonio Ledezma sont devenues les figures politiques les plus médiatisées des protestations, en invoquant d'emblée « la sortie » de Maduro. De l'autre, le candidat unique de la MUD aux présidentielles d’octobre 2012 et avril 2013, Henrique Capriles Radonsky, a répété que croire que Nicolás Maduro pouvait quitter la présidence sous la seule pression des manifestants était « une grande erreur » et que tout changement institutionnel devait passer par la voie électorale. Or la Constitution imposerait d’attendre 2016 pour un potentiel référendum révocatoire, dans l’hypothèse où l’opposition réunirait les signatures d’un cinquième des électeurs inscrits.

La tentation de l'affrontement demeurant latente, les velléités insurrectionnelles de cette opposition ne doivent pas être minorées mais appréciées à leur juste valeur. La violence des actions de rue – les guarimbas, des barricades dans des quartiers essentiellement résidentiels et aisés, tenus par des maires d’opposition –, menées à la fois en marge et en lieu et place des manifestations, fait clairement écho aux postures guerrières des « faucons », aux États-Unis ou en Colombie (autour de l’ex-président Álvaro Uribe). S'il s'en désolidarise, Capriles, affaibli par la défaite de la MUD aux municipales, a également refusé l'invitation à la Conférence pour la Paix, convoquée par Maduro pour enrayer la spirale de la violence, et réclame la libération inconditionnelle de ses homologues, mais aussi d'Iván Simonovis, ex-commissaire impliqué dans le coup d'État (avorté) contre Chávez d'avril 2002iv. Lire la suite

jeudi 21 mars 2013

L’Amérique latine dit adieu à Hugo Chávez

par Maurice Lemoine, Le Monde diplomatique, 12 mars 2013
« En dépit des discours sur l’unité de l’Amérique latine, le chavisme a nui à l’intégration régionale », affirme Paulo A. Paranagua dans « Le Monde » du 7 mars. Une assertion à comparer aux témoignages et réactions des différentes figures politiques latino-américaines suite à la mort du commandante Hugo Chávez, le 5 mars dernier…
Antigua-et-Barbuda (membre de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique ; ALBA)
« La contribution de Chávez au développement d’Antigua-et-Barbuda et des Caraïbes en général ne sera jamais oubliée. Les Caraïbes ont une dette de gratitude envers le Venezuela pour avoir partagé avec elles un fils de la terre, dont l’imposante présence physique n’avait d’égale que l’intelligence exceptionnelle et la compassion. »
Winston Baldwin, premier ministre.
Argentine
« C’est le meilleur ami qu’a eu l’Argentine lorsque personne ne nous tendait la main. (...) Les hommes comme Chávez ne meurent jamais. Il vit et il vivra dans chaque vénézuélien et vénézuélienne qui ont cessé d’être invisibles et sont devenus protagonistes [de leur histoire]. Cet homme leur a ouvert l’esprit. Personne ne pourra le leur refermer, jamais. Avant de repartir [en Argentine], je me suis approchée et, sans le regarder, j’ai touché le drapeau posé sur le cercueil. (...) Ne vous l’ai-je pas dit : Chávez est vivant. Pour toujours. »
Cristina Fernández de Kirchner, présidente.
Bolivie
« Nous sommes blessés par le décès du frère, du compagnon Hugo Chávez, mon frère solidaire, mon compagnon révolutionnaire, latino-américain qui a lutté pour la “grande patrie” comme le fit Simón Bolívar en donnant sa vie pour la libération du peuple vénézuélien. Je regrette de dire que les oligarchies impériales sont sûrement en train de faire la fête, que les médias et l’opposition à Chávez ont démontré leur inhumanité, leur incapacité de respecter un patient et un peuple qui souffrent. Mais, tant pis, le plus important est que nous luttons pour cette libération pour laquelle a lutté Chávez. Et les peuples qui luttent pour leur liberté sont aujourd’hui unis : c’est le plus important. Chávez demeurera présent dans toutes les régions du monde, parmi tous les mouvements sociaux, pour accompagner ces grands processus de changement, de construction de l’égalité, après tant d’années de soumission et de pillage. »
Evo Morales, président.
Brésil
« Le gouvernement brésilien n’était pas toujours entièrement d’accord avec le président Chávez (...) mais [celui-ci] laissera un vide dans le cœur de l’histoire et dans les luttes de l’Amérique latine. Je le regrette en tant que présidente et en tant que personne qui avait une grande tendresse pour lui. »
Dilma Rousseff, présidente.
« C’est avec beaucoup de tristesse que j’ai reçu la nouvelle du décès du président Hugo Chávez. Je suis fier de l’avoir côtoyé et d’avoir travaillé avec lui pour l’intégration de l’Amérique latine et pour un monde plus juste.  Compañero Chávez : si tu n’existais pas, tu devrais naître à nouveau parce que le monde a besoin de dirigeants comme toi ! »
Luiz Inácio Lula da Silva, ex-président.
Chili
« J’ai eu l’honneur de travailler avec le président Chávez à la création de la première communauté qui regroupe tous les Etats d’Amérique latine et des Caraïbes [la Celac] et à travers laquelle il a montré un véritable engagement en faveur de l’intégration latino-américaine. »
Sebastián Piñera, président.
Colombie
« L’obsession qui nous unissait, et qui a été la base de notre relation, était la paix de la Colombie et de la région. Si nous avons avancé dans un processus solide de paix, avec des progrès clairs et concrets, des avancées comme jamais il n’y en avait eu avec la guérilla des FARC [Forces armées révolutionnaires de Colombie], c’est aussi grâce au dévouement et à l’engagement sans limites du président Chávez et du gouvernement vénézuélien. (...) Il disait que c’est ce que voulait Bolivar, et il avait raison. »
Juan Manuel Santos, président.
Costa Rica
« Je ne suis pas venue [aux funérailles] pour donner mon avis sur l’organisation de la succession au président Chávez. Notre présence est une marque de solidarité, de tendresse et d’estime pour le peuple vénézuélien en ce moment de douleur. »
Laura Chinchilla, présidente.
Cuba
« Le président Chávez est parti invaincu, est parti invincible, est parti victorieux et cela, personne ne pourra le lui enlever, c’est gravé dans l’histoire, dans l’histoire de son pays, de notre pays, des Caraïbes, de toute l’Amérique latine et de bien d’autres parties du monde. »
Raúl Castro, président.
La Dominique (membre de l’ALBA)
« Je décrète le deuil national à la Dominique. Avec Chávez, nous avons perdu un grand collègue, un père, un frère et un ami. »
Roosevelt Skerrit, premier ministre.
Equateur
« Hugo Chávez est mort pour la vie de son Venezuela adoré, de l’Amérique latine, d’une planète plus humaine et, pour cette raison, on ne peut dire qu’il est mort, il demeure plus vivant que jamais.
Le fait qu’un visionnaire aussi solidaire puisse être transformé en criminel donne une idée de la dictature médiatique en Occident. Nous, nous devons continuer à lutter pour cette Amérique latine en pleine libération. L’histoire donnera sa vraie place, sa vraie dimension à Hugo Chávez. »
Rafael Correa, président.
Guatemala
« Nous, les latino-américains, nous devons reconnaître que le président Chávez n’a pas été un chef d’Etat quelconque ; il a réussi à fonder l’ALBA, il a impulsé [l’accord pétrolier solidaire] Petrocaribe, la Communauté des Etats latino-américains et des Caraïbes [Celac] et il a représenté le socialisme du XXIe siècle (...) Il a toujours été disposé à aider le Guatemala. »
Otto Pérez Molina, président.
Haïti
« Le Président Chávez était un grand ami d’Haïti. Plus qu’un ami, il était un frère pour nous. C’est avec beaucoup de respect que je m’incline devant la dépouille mortelle de ce grand homme. Il n’a jamais raté une occasion d’exprimer sa solidarité en faveur du peuple haïtien, dans ses situations les plus délicates. A travers le programme Petrocaribe, divers chantiers de développement durable ont démarré, des centaines de projets sont en cours d’exécution grâce à la coopération vénézuélienne. »
Michel Martelly, président.
Honduras
« Le président Chávez a été un leader extraordinaire, qui a lutté pour l’union des peuples latino-américains (...) Avec sa mort, l’Amérique latine perd un bon exemple et un homme qui a lutté pour l’inclusion sociale ; jamais le peuple vénézuélien n’en avait connu une comme celle dont il jouit aujourd’hui et ceci est un processus irréversible. »
Porfirio Lobo, président.
« Sa mort ne doit pas être vue comme un échec, mais comme une source d’inspiration pour tous les latino-américains qui luttent pour les principes et les valeurs éternelles (...) Chávez a été comme un frère qui a tendu la main au Honduras, entre autres à travers l’ALBA, en matière d’aliments, de réforme agraire, d’énergie grâce à Petrocaribe, et de solidarité. Bien peu de fois, dans l’histoire de ce pays, a-t-on vu quelqu’un d’aussi désintéressé et généreux que le leader vénézuélien. »
Manuel Zelaya, président renversé par un coup d’Etat le 28 juin 2009.
Mexique
« Devant la perte sensible d’un de ses chefs d’Etat, nous sommes venus, au nom du peuple du Mexique, exprimer nos condoléances ainsi que notre affection et notre solidarité au peuple vénézuélien. »
Enrique Peña Nieto, président.
Nicaragua
« Nous nous sentons plus engagés que jamais, nous sommes une seule famille, la famille vénézuélienne, la famille nicaraguayenne, la famille latino-américaine, la famille de la planète terre, nous sommes une seule famille, et le comandante Chávez a inspiré cette famille en direction de la solidarité, en direction de l’amour, en direction de la paix et, à partir d’aujourd’hui, il nous accompagnera dans ces luttes que nous allons continuer à mener. »
Daniel Ortega, président.
Panamá
« Il ne me reste qu’à présenter mes sincères condoléances à la famille d’Hugo Chávez. »
Ricardo Martinelli, président.
Paraguay
« Hugo Chávez appartient au patrimoine de l’Amérique latine et de la Caraïbe. Malgré son absence, la révolution bolivarienne est entre de bonnes mains, car elle est entre les mains du peuple vénézuélien qui, aujourd’hui, garantit les changements dans cette patrie. »
Fernando Lugo, président renversé par un coup d’Etat le 22 juin 2012.
Pérou
« Parler du président Chávez, c’est parler du futur, parce qu’il poursuivait le rêve de l’unité latino-américaine. Il a laissé un esprit libertaire aux prochaines générations. »
Ollanta Humala, président.
République dominicaine
« S’il fallait rebaptiser Hugo Chávez avec un nouveau nom, celui-ci serait Solidarité. »
Danilo Medina, président.
Saint-Vincent-et-les-Grenadines (membre de l’ALBA)
« C’est le Titan de l’Amérique latine et de la Caraïbe, un phare, une lumière brillante qui nous a illuminé dans notre recherche de la justice, de la paix, de la démocratie et de l’élévation de l’humanité, spécialement celle des pauvres, des défavorisés et des marginalisés. Sans lui, il n’y aurait pas eu Petrocaribe, ni l’ALBA, ni la Celac, ni, dans tous les domaines, les programmes bilatéraux. »
Ralph Gonsalves, premier ministre.
Salvador
« La mort de celui qui a été l’un des leaders latino-américains les plus forts et les plus populaires produira sans doute un vide politique, mais, surtout, dans le cœur des Vénézuéliens et des Vénézuéliennes. »
Mauricio Funes, président.
« Chávez est dans le cœur des peuples de son pays, de l’Amérique latine et de la Caraïbe. Le Venezuela a aujourd’hui une grande responsabilité, car il est le phare qui illumine l’Amérique latine et le monde. Il n’y a pas de marche arrière pour le Venezuela ; la voie à suivre est d’approfondir les grandes transformations révolutionnaires engagées par Chávez. »
Salvador Sánchez, vice-président.
Uruguay
« On regrette toujours la mort, mais quand il s’agit d’un militant de première ligne, de quelqu’un que j’ai un jour défini comme “le gouvernant le plus généreux que j’aie jamais connu”, la douleur a une autre dimension. »
« Ce qui restera vivant est la cause de Chávez. L’essentiel. Une œuvre d’intégration. Et nous allons continuer à suivre ce chemin, avec ses contradictions, ses marches et ses contre-marches. Mais il n’y aura aucune personnalité, à court terme, pour jouer le rôle symbolique [de Chávez] parce que, lorsque tombe un très grand arbre, il laisse un vide gigantesque. Il y a des hommes qui symbolisent des causes. Pour l’heure, la cause demeure et nous avons perdu le symbole (...) Mais le capital accumulé, débordant de richesse, permettra de dépasser ce moment. »
José Mujica, président.
Venezuela
Depuis son décès le 5 mars jusqu’au jour de ses obsèques, le 8, des centaines de milliers de Vénézuéliens, tristes, affectés, voire désespérés, mais vêtus de rouge et entonnant souvent des chants révolutionnaires, ont défilé dans Caracas et devant sa dépouille pour rendre hommage au comandante. « Pour me recueillir vingt secondes devant son cercueil, témoigne Mme Nelly Rivas, depuis Caracas, j’ai fait neuf heures de queue. D’autres ont attendu deux jours. Ce matin, mes frères y sont allés et ont dû rebrousser chemin : tout était paralysé par des files d’attentes interminables de gens qui, avec toute la patience du monde, étaient disposés à attendre le temps qu’il faudrait pour lui faire leurs ultimes adieux. [1] »
A Paris, le 8 mars, jour des obsèques, interrogé dans les studios de BFM TV par le présentateur du journal qu’étonnaient ces files pouvant atteindre trois kilomètres, pour un caudillo attaqué sans répit par tous les médias, le journaliste « spécialiste du Venezuela » François-Xavier Freland fit une réponse qui restera dans les annales : « Oh, vous savez, dans cette foule, il y a beaucoup de curieux... »

La nouvelle géographie de l’intégration Retour à la table des matières

  • Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA).
    Née le 14 décembre 2004, à La Havane, à l’instigation des présidents Hugo Chávez et Fidel Castro (sous le nom d’« Alternative bolivarienne pour les peuples de notre Amérique »), l’ALBA a pour objectif de développer un mode d’intégration distinct du modèle économique néolibéral. Prônant la coopération, la solidarité, la complémentarité et le respect des souverainetés nationales, le duo initial Cuba-Venezuela a été rejoint par la Bolivie (2006), le Nicaragua (2007), le Honduras et l’île caribéenne de la Dominique (2008). Devenue ALBA/TCP (Traité de commerce des peuples) à l’initiative du président bolivien Evo Morales, puis « Alliance » bolivarienne en 2008, elle a reçu l’adhésion de l’Equateur, de Saint-Vincent-et-les-Grenadines ainsi que d’Antigua-et-Barbuda. Lors de son sommet de Caracas (4 et 5 février 2012), elle a accueilli Sainte-Lucie et le Surinam, qui disposent désormais d’un statut d’invités spéciaux, et Haïti (observateur depuis 2007) de celui d’invité permanent. Le Honduras s’en est pour sa part retiré après le coup d’Etat de 2009 contre le président Manuel Zelaya.
  • Petrocaribe
    Né le 29 juin 2005 à Puerto la Cruz (Venezuela), cet accord de coopération énergétique a initialement regroupé quatorze pays des Caraïbes et de l’Amérique centrale à qui, indépendamment de la couleur de leurs gouvernements, le Venezuela s’est engagé à livrer du pétrole à prix préférentiels et avec d’importantes facilités de paiement. L’initiative compte actuellement dix-huit membres : Antigua et Barbuda, les Bahamas, le Belize, Cuba, la Dominique, la Grenade, le Guatemala, le Guyana, Haïti, la Jamaïque, le Nicaragua, la République dominicaine, Saint-Christophe-et-Niévès, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, le Surinam et, bien sûr, le Venezuela (expulsé après le renversement du président Manuel Zelaya, le Honduras a manifesté le souhait de réintégrer l’organisation).
  • Union des nations sud-américaines (Unasur)
    Le 18 décembre 2004, durant le IIIe sommet sud-américain réuni à Cuzco (Pérou), les président des douze pays de la région ont signé la « Déclaration de Cuzco » à travers laquelle ils ont décidé de fonder une communauté des nations. Après deux autres réunions tenues en 2006 à Cochabamba (Bolivie) et en 2007 dans l’île de Margarita (Venezuela), le traité constitutif de l’Unasur a été signé à Brasilia, le 23 mai 2008, avant d’entrer en vigueur le 11 mars 2011 à Quito (Equateur). Première organisation régionale à s’être explicitement émancipée de l’influence des Etats-Unis, elle regroupe l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, l’Equateur, le Guyana, le Paraguay, le Pérou, le Surinam, l’Uruguay et le Venezuela.
  • Communauté des Etats latino-américains et caraïbes (Celac)
    Créée les 2 et 3 décembre 2011 à Caracas, l’organisation regroupe l’ensemble des Etats de la région, à l’exception du Canada et des Etats-Unis, et entend implicitement contrebalancer, sinon remplacer à terme, l’Organisation des Etats latino-américains (OEA) traditionnellement dominée par Washington. Le Paraguay en a été exclu après le coup d’Etat de 2012 contre le président Fernando Lugo et, signe d’une indépendance affirmée, elle est actuellement présidée par Cuba.
  • Banque du Sud
    La Banque du Sud est née officiellement le 26 septembre 2009 à travers la signature de sa convention constitutive par l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, l’Equateur, le Paraguay, l’Uruguay et le Venezuela. Elle a pour objectif d’accorder des crédits aux pays membres de l’Unasur pour financer leurs développements économique, social et environnemental.
  • Conseil de défense sud-américain
    Dans le cadre de l’Unasur, cette organisation d’échange d’informations militaires née le 9 mars 2009 regroupe l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, la Colombie, le Chili, l’Equateur, le Guyana, le Paraguay, le Pérou, le Surinam, l’Uruguay et le Venezuela.
Sources :
Sur le web : VenezuelaInfos, Resumen latinoamericano, BBC Mundo, Alba TV, MAXImini.com, Prensa latina.
Médias : GTC Radio (Saint George ; la Grenade), RCN (Bogotá), Secrétariat de communication sociale de la présidence du Guatemala, El Heraldo (Tegucigalpa), Tiempo (Tegucigalpa), Granma (La Havane), Milenio (Mexico), Pagina 2 (Buenos Aires).

mercredi 6 mars 2013

Adieu Comandante: Honneur et Gloire à Hugo Chávez !


Hugo Rafael Chávez Frías (Sabaneta, 28-7-1954, Caracas, 5-3-2013)
L'ALBA pleure, par Juan Kalvellido, Tlaxcala







Avant, ils ne pouvaient pas te battre, maintenant tu es invincible ! par Juan Kalvellido, Tlaxcala





dimanche 28 octobre 2012

VENEZUELA-Corruption et insécurité: des défis stratégiques pour la Révolution Bolivarienne

par  Jaime Jiménez , 11/10/2012. Traduit par  Pascale Cognet, édité par  Fausto Giudice, Tlaxcala 
Le 7 octobre 2012, les gens honorables et progressistes de la planète ont poussé un soupir de soulagement: Chávez a gagné les élections au Venezuela. Joie et  jubilation pour beaucoup d’entre nous, Latino-Américains, que sa victoire touche directement.
L'importance géopolitique de ce régime a obligé la droite de tout acabit à tenter de créer un climat de défaite pour le candidat Hugo Chávez : ils se sont ridiculisés, mais ce n’est pas ce qui les gêne. En revanche ce qui les empêche de dormir, c’est que la principale réserve pétrolière du monde ne soit pas aux mains des multinationales mais dans celles d’un peuple souverain, que les richesses du pays soient investies dans les dépenses sociales au moment où ce qui prévaut à notre époque, c’est que ce soit la main invisible des marchés qui offre les services élémentaires aux citoyens. Cette fameuse richesse et ce mauvais exemple empêchent les « maîtres » du monde de dormir.
 
Les résultats de la gestion bolivarienne sont irréfutables. Son système électoral, en avance et efficient, fait envie à plus d’un pays du premier monde, et il semble difficile de le changer : les moyens de communication proches du capital  ne voient là que dictature, caudillisme et populisme, sur la base d’arguties fallacieuses.
 
Cependant, au nom de la défense de la révolution bolivarienne au Venezuela, il est nécessaire d’en examiner quelques aspects, qui pourraient, si on les négligeait, faire échouer un projet aussi important.
Sur un mur du Venezuela : "Révolution sans corruption"
La révolution : la part de réalité et la part d'utopie
Le régime politique bolivarien a joué le rôle qui est celui de l’Etat quand il faut garantir les droits humains de ses citoyens par le biais de la dépense publique. Cela, dans l’actualité et en Amérique Latine (Notre Amérique) on l’avait oublié car le néolibéralisme a transformé  ces obligations de l’État en un commerce.
 
En même temps, on a élevé l’organisation politique à un haut niveau politique, ce qui se traduit par une participation sans précédent de ceux qui n’étaient considérés que comme des statistiques et, le plus souvent comme un instrument pratique quand il s’agissait de légitimer électoralement les bourreaux.
 
Cet interventionnisme de l’État dans toutes les sphères de la société, ajouté à l’organisation politique des plus défavorisés, donne l’impression d’un changement révolutionnaire, mais au sens strict, comme l’histoire le définit, ce n’est pas une révolution : « …la révolution est considérée avant tout, comme une transformation radicale des structures sociales et économiques, ou comme l’ascension au pouvoir d’une nouvelle classe sociale. »[i]
 
La révolution pourrait se comprendre comme un parcours, ou mieux encore comme un objectif, c’est dans ce sens que l'excellent programme de Chávez l’envisage: "Ne nous leurrons pas : la formation socioéconomique qui prévaut encore au Vénézuela est de caractère capitaliste et rentier." (p. 2)
 
C’est à dire que la bourgeoisie vénézuélienne est toujours au pouvoir. Elle a bien perdu le contrôle des principaux organes de direction de l’État, instrument clé pour se maintenir en tant que classe, mais dans les autres sphères de la vie sociale et politique elle continue à montrer sa capacité à défendre ses intérêts comme groupe social.
 
Avec la patience, qu’elle a dû acquérir de force, elle est entrain de ronger les bases de l’État bolivarien par le biais de la corruption, entre autres.
 
"Quand il volent l'Etat, c'est toi qu'ils volent"
La corruption : appropriation privée des biens publics
Il est clair qu'une une nouvelle conception de la dépense sociale s’est mise en place au Venezuela, que cela a induit une augmentation considérable du niveau de vie des citoyens, mais les rapports quotidiens entre le citoyen et l’administration publique se sont-ils modifiés pour autant ?
Quelle est l’ampleur, ne serait-ce qu’approximative de la corruption? Existe-t-il des données officielles? Il est certain que du temps de la droite, cette conduite  avait les coudées franches, mais cela ne peut être une référence pour nous.
 
Le problème c’est qu’avec la corruption, on est en plein paradoxe : pendant que l’État socialise des entreprises stratégiques, un réseau important d’individus s’empare du patrimoine public. Ce qui se donne d’une main, se reprend de l’autre. Ceci implique un mode de fonctionnement bourgeois dans l’État : ces mêmes fonctionnaires «  bolivariens » n’hésiteront pas à se vendre au plus offrant en temps de crise. Ils deviendront eux-mêmes la preuve irréfutable de l’inefficacité de l’État et le meilleur argument pour privatiser. Peu leur importera : les goûts pour la consommation n’ont pas d’idéologie, sauf celle de l’argent.
 
Ce qui est dangereux, c’est que la corruption  partage une zone grise avec la délinquance. Et là on s’aventure sur un terrain encore plus délicat.
L’insécurité : appropriation ou atteinte presque toujours violentes de biens juridiques à des fins lucratives ou de jouissance individuelle
Par bien juridique, on entend un élément essentiel à la vie sociale et individuelle protégé par le jus puniendi (droit pénal).Ce sont la vie et l’intégrité physique, la liberté, l’immunité et la liberté sexuelle, l’intimité, la propriété, l’honneur, etc…
 
Comment peut-on comprendre que des avancées si indiscutables dans la réduction de la pauvreté et l’augmentation du niveau de vie n’aient pu empêcher l’augmentation de la délinquance au Venezuela?
Les chiffres sont accablants. On a compté 7960 homicides en 2OO1, 13.080 en 2010 et 19.336 en 2011. «  En faisant le calcul exclusivement à partir des données incomplètes du registre officiel, on a un taux de 60 victimes pour 100.000 habitants. Il convient de rappeler que selon les noirmes des organismes des Nations Unies, à partir d’un taux supérieur à 10 homicides pour 100.000 habitants, on parle d’épidémie, par conséquent nous pouvons conclure que le Venezuela connaît une épidémie très grave d’homicides »[ii].
 
Sans parler des vols, larcins, extorsions, délits contre la liberté sexuelle, etc…Mais où sont les corps et forces de sécurité de l’Etat ? Nous nous souvenons tous des agents de la Police Métropolitaine de Caracas couverts par des véhicules anti-émeutes tirant sur le peuple lors du coup d’État de 2002 et appuyant les putschistes.
 
Au milieu des délinquants, des policiers corrompus, en plus de  la connivence de plus d’un fonctionnaire vénal, pour la plus grande joie et avec le bénédiction de la bourgeoisie, le peuple vénézuélien voit son projet de vie s’évaporer entre le guichet d’une administration et les rues de sa ville.
"Si tu voles, tu ne gouvernes pas : pas une once de corruption aux postes de commande. Signé : Diorection générale du peuple" - Affiche des Indignés d'Espagne, Madrid, avril 2013
Le temps de l'ordre révolutionnaire est venu
Si l’on compare le programme de Chávez à celui de Capriles, la différence est stupéfiante. Le premier est organisé, cohérent : une proposition de nation, un plan complet de développement alternatif. En revanche, celui de Capriles, une série de concepts et de phrases creuses qui promettent des objectifs qui ont déjà été atteints au cours du processus bolivarien, mais avec une vertu : quand il s’agit de parler de sécurité, le message en est simple et efficace - « Nous nous engageons avec toi. Nous prenons l’engagement que toi et les tiens vous vous sentirez tranquilles et en sécurité. Sans peurs, sans craintes, sans angoisses. Tolérance Zéro pour la violence, le crime et l’impunité ». (p. 22)
 
Beaucoup de Vénézuéliens honorables en ont assez de la délinquance et de la corruption. Ils réclament une main de fer : Quel que soit la couleur idéologique de l’Etat au pouvoir. La bourgeoisie criera au loup, car aujourd’hui ils arrêtent les gosses dans la rue, demain ils iront les chercher, eux qui sont une classe sociale qui aime être en marge de la loi.
 
Les résultats électoraux sont le reflet de cette situation et il y a de quoi s’inquiéter. Lors des élections présidentielles de 2006, les votes anti-Chávez ont totalisé 4.321.072 et ceux pour Chávez 7.309.080. En 2012, 8.135.192 ont voté pour Chávez et 6.498.776 pour Capriles.[iii]
 
Les Bolivariens ont progressé de 800.000 voix mais la droite  a augmenté de plus de deux millions. Il faut mener une réflexion en profondeur. Il est temps que le pouvoir populaire se montre dans les bureaux et dans les quartiers. Il faut en finir avec ce pouvoir parallèle composé par la bourgeoisie, les délinquants et les corrompus, ou alors ce sont eux qui vont en finir avec ce qui reste de révolution, et leur main ne tremblera pas au moment de défendre « leurs penchants pour la consommation ».
 
Un État de droite présidé par Álvaro Uribe, allié aux secteurs du narcotrafic, porté aux nues par l’oligarchie, avec l’assentiment des USA et par le biais du terrorisme d’Etat a fait miroiter l’illusion de la sécurité aux yeux des colombiens : pendant un certain temps, on n’attaquait pas les gens dans les villes et ils n’étaient pas séquestrés sur les routes quand ils allaient se promener. Cela a duré le temps que les inégalités sociales aberrantes  l’ont rendu possible, mais cela lui a suffi, entre autres, pour gouverner pendant huit ans (2002-2010). Il y encore des gens du peuple qui en ont la nostalgie...
 
Simón Bolívar a donné l’exemple: « Décret du 18 mars 1824 faisant état des récompenses aux dénonciateurs de contrebande. Art 3. Tout employé des Douanes, des contributions, de la Capitainerie des ports ou secteur des finances publiques qui participerait à des fraudes commises à son encontre, qu’il intervienne comme acteur principal, ou qu’il ait connaissance de la fraude et ne la dénonce pas, se verra soumis à la peine capitale qui sera appliquée de façon irrévocable. » [iv]
 
La décision est entre les mains du peuple vénézuélien, mais plus particulièrement de ses dirigeants, de ses organisations politiques et sociales, de ses institutions. Ou bien, ils livrent la douloureuse bataille maintenant que les conditions sont favorables, ou ils remettent à plus tard la décision, sous des prétextes éclectiques venant probablement de ceux qui touchent des profits conséquents : ils prendront le risque dans l’avenir d’une terrible confrontation, allez savoir dans quelles conditions.
 
Notes
[i]  Guerra, François-Xavier, Modernité et Indépendances. Essais sur les révolutions hispaniques. Éditions Fondo de Cultura Económica et Mapfre. México, 1992. pg. 12
 

vendredi 29 janvier 2010

Le Washington Post "fait s’effondrer" la Révolution Bolivarienne

Cet article du Post est un concentré parfait de l’idéologie, de la thématique et du vocabulaire qu’utilisent Le Monde ou Libération dans leur campagne permanente contre le "socialisme du XXIème siècle" de Chavez
par Rafael RICO RÍOS, 28/1/2010. Traduit par Thierry Deronne, pour www.larevolucionvive.org.ve
Original :
Venezuela: The Washington Post "derrumba" la Revolución Bolivariana
Le 25 janvier 2010, The Washington Post a publié l’article “Comment s’effondre la révolution de Hugo Chávez” signé par Jackson Diehl, éditorialiste et spécialiste de l’analyse internationale. Cet article est publié juste avant le terrible tempête médiatique déclenchée par l’affaire des chaines de télévision. Dommage pour cet auteur qui aurait pu y trouver quelque argument supplémentaire dans sa tentative volontariste de faire s’écrouler des révolutions.
La première phrase de son analyse est sans appel : "Hugo Chávez et son socialisme du 21ème siècle ont échoué et roulent vers l’abîme.
Face à une telle affirmation on ne peut s’attendre qu’à des révélations transcendentales et indiscutables de la part de l’analyste.
Cependant, nous sommes habitués à la presse commerciale et à ce genre d’analystes et nous trouvons rapidement ce à quoi nous nous attendions.
L’auteur dévoile rapidement sa position politique : “Au Honduras, sept mois de crise déclenchée par un client de Chávez créant une rupture de l’ordre constitutionnel, s’achèvent sur un accord qui l’enverra en exil après qu’un nouveau président élu démocratiquement a prêté serment comme président.”
Ce qui ne mérite aucun commentaire.
L’article aborde ensuite la crise économique, toujours fondamentale pour la presse commerciale. “Le Venezuela est secoué par la récession , l’inflation á deux chiffres, et le possible effondrement du réseau électrique national.” Et ajoute que pendant ce temps, “une élection présidentielle au Chili, économie la plus prospère de la région, a produit la première victoire d’un candidat de la droite”. Typique comparaison entre deux systèmes en lutte depuis quelques années.
Nous ne comprenons donc pas à quelle économie prospère se refère l’auteur. J’imagine qu’il se réfère á l’économie prospère pour les néo-libéraux, à savoir pour les riches et grands entrepreneurs internationaux, qui au Chili peuvent faire et défaire en toute “liberté”, sans s’inquiéter des injustices et des misères que provoque leur modèle de développement. Le gouvernement bolivarien a atteint, en pleine crise globale, la plus grande baisse de l’indice d’inégalité de toute l’Amérique Latine, l’indice Gini, qui descend à 0,41.
Comme toujours notre analyste avisé évoque le thème des Droits de l’Homme : “Piñera a ainsi offert à Washington une occasion d’élever la voix sur les violations des droits de l’homme au Venezuela.”
Voici le dirigeant le plus autorisé pour parler des Droits de l’Homme : Piñera. Dirigeant du parti de la droite chilienne, cette droite assise sur l’héritage d’excellentes réussites en matière de Droits de l’Homme comme 35.000 persones victimes de violations des Droits de l’Homme - 28 mille torturés, 2.279 exécutés et 1.248 qui restent disparus.
L’auteur insiste sur le Honduras, parle des élections illégales et affirme que “Le résultat est une victoire pour les États-Unis qui furent pratiquement le seul pays à appuyer une élection démocratique alors que la situation était au point mort. Honduras marque la fin de la croisade de Chávez pour exporter sa révolution vers d’autres pays”.
Nous voyons que pour l’auteur, dans le cas du Honduras, peu importent les Droits de l’Homme. Que le Honduras a subi un coup d’État militaire avec perquisitions illégales, arrestations massives, exécutions extrajudiciaires, fermeture de médias, cela indiffère l’auteur. Ce qui importe est de mettre un terme à la croisade de Chavez.
Haití ne fait qu’agrandir le trou de Chavez. Face au monde, les États-Unis commandent une opération humanitaire massive et les Haïtiens encouragent l’arrivée des Marines nord-américains.” Même la tragédie d’un tremblement de terre est une raison de plus pour justifier l’argument selon lequel Chavez est fini. Il est difficile de suivre sa logique, si tant est qu’elle existe. Ni les coups d’État, ni les disparitions, ni les tortures, ni les assassinats, ni les tremblements de terre, ni la faim, ni la souffrance. La seule chose qui semble importer à l’analyste c’est la défaite de Chávez.
Il revient à l’économie : “L’économie vénézuélienne est entrée dans une profonde récession et continue à plonger tandis que le reste de l’Amérique Latine se récupère. Les économistes prédisent que l’inflation pourrait s’élever à 60 pour cent dans les prochains mois.”
Nous savons qui sont ces économistes qui prédisent une inflation de 60% et l’écroulement de l’économie, et nous imaginons que ce sont les mêmes qui annoncent fréquemment depuis dix ans la chute du gouvernement Chávez pour faillite économique alors que dans la dernière décade, le Venezuela a atteint les meilleurs chiffres économiques des dernières décades, dont l’inflation la plus basse.
En se référant à Haiti et au rôle déplacé de Chávez il ajoute que celui-ci “a même affirmé que la Marine des États-Unis a provoqué le tremblement de terre avec une nouvelle arme secrète.” Cette affirmation il l’a tirée d’un article d’opinion repris d’un certain “Patria Grande” et repris notamment par une chaîne de télévision publique vénézuélienne. J’imagine que suivant la même logique, toutes les opinions qui s’expriment dans une télévision publique nord-américaine devront être attribuées à Obama.
Comme on pouvait s’y attendre depuis le début du texte, il fallait citer une enquête. “... Les indices d’approbation de Chávez ont continué à s’effondrer : il est tombé sous les 50 pour cent au Venezuela et à 34 pour cent dans le reste de la région.
On ignore à quelles enquêtes se réfère l’auteur. Ce 34% d’appui dans le reste de la région est intéressant si on prend en compte la campagne médiatique internationale. Cependant au Chili il n’y a pas eu de vote pour que les chiliens élisent le président du Venezuela. Ce qui importe, ce sont les élections nationales et jusqu’il y a deux semaines les enquêtes les plus sérieuses du pays confèrent un haut pourcentage de popularité (autour de 60%) à Hugo Chávez, suffisant pour gagner aisément les prochaines élections présidentielles.
De toutes manières, c’est au peuple vénézuélien que revient le dernier mot, bien que l’analyste du Washington Post ne semble pas croire beaucoup en lui, et jusqu’à l’heure actuelle Chávez a gagné clairement toutes les élections auxquelles il s’est présenté comme candidat. L’analyse se conclut par une brillante affirmation : “... le point d’inflexion dans la bataille entre populisme autoritaire et démocratie libérale en Amérique Latine est passé – et Chavez a perdu.”
Sans arguments ... et sans commentaires.

jeudi 28 janvier 2010

El Pais baillonne Chavez

Venezuela: RCTV appuie la solution militaire pour en finir avec Chavez
par Rafael RICO RÍOS, 27/1/2010. Traduit par Grégoire Souchay pour http://www.larevolucionvive.org.ve
Une fois de plus, le journal espagnol El País nous donne une leçon de journalisme de qualité avec son éditorial du 26 janvier, intitulé “Chávez Amordaza.” (Chavez censure). Cet éditorial marque la ligne idéologique d’un journal et dans le cas présent, il définit très clairement la position du média vis-à-vis du processus vénézuelien
El País critique la suspension temporaire de 6 chaines de télévision au Venezuela. American Network, America TV, Momentum, RCTV, Ritmo Son et TV Chile, sont suspendues jusqu’à ce qu’elles acceptent de respecter les lois en vigueur. Les points soulignés par El País correspondent parfaitement avec ce qui se diffuse internationalement dans les médias commerciaux.
L’éditorial s’ouvre en affirmant que “le gouvernement vénézuelien a définitivement coupé le signal au canal de télévision”. Or la suspension de la possibilité d’émettre de ces six chaines n’est pas définitive. Il n’y a aucune déclaration de la part des responsables de cette mesure qui indique qu’elle sera définitive, au contraire il s’agit d’une suspension temporaire. Cela a été dit et redit par la Commission Nationale des Telecommunications, CONATEL (équivalent du CSA) et les compagnies de cable elles-mêmes ont insisté en ce sens auprés des chaînes privées. Ce n’est donc en rien une suspension définitive comme le clame l’article.
Les chaines suspendues, qui avaient parfaitement connaissance du cadre juridique qu’elles étaient dans l’obligation de respecter, doivent se présenter devant la CONATEL pour s’enregistrer comme production nationale audiovisuelle et ainsi réunir les conditions requises par la Loi de responsabilité Sociale pour la Radio et la Télévision (Resorte). Elle pourront dès lors immédiatement recommencer à émettre. C’est donc une mesure de réajustement vis-à-vis des lois vénézueliennes. Le canal TV Chile, par exemple, voit son signal déjà en cours de rétablissement
Cependant, dans ce spectacle, Radio Caracas Television ( RCTV) a un autre objectif : créer de l’agitation dans des rues. Il faut rappeler que RCTV a participé activement au coup d’Etat du 11 avril 2002, et à d’autres tentatives de déstabilisation ces dernières années. Son objectif semble être de se victimiser, de maintenir la situation de conflit dans la rue, et de créer de la violence. Le 26 janvier, la mort de deux étudiants dans la ville de Mérida a été confirmée, l’un d’entre eux était membre du Parti Socialiste Unifié du Venezuela, et manifestait pour appuyer les mesures du gouvernement.
El País continue en expliquant que “Caracas accentue sa politique visant à faire taire les médias d’information critiques”. Depuis que Chávez gouverne, aucun média de communication ne s’est vu interdire pour avoir été critique. Dans le cas en question de RCTV en 2007, c’est la concession pour émettre sur le canal hertzien public qui est arrivée à terme. La chaîne a été transférée vers le réseau câblé et satellite. En 2007, le même journal répétait à l’envie que RCTV avait été fermée. Dans ce cas, si la chaine a été fermée en 2007, comme le claironnaient les grands médias, qu’est-ce qui est fermé aujourd’hui par le gouvernement ?
El País insiste également sur la question de la répression : “ce n’est pas la première fois que des voix discordantes sont supprimées” ... “en aout passé, Caracas à muselé trente autres stations de radio qui supposément n’auraient pas renouvelée leur concession administrative”. En août 2008 les concessions de diffusion pour 34 radios sur les plus de 800 existantes au niveau national ont été révoquées. Ces stations furent fermées, non pas pour des raisons politiques, mais parce qu’elles refusaient de respecter la Loi Organique des Télécommunications. Certaines d’entre elles n’étaient même pas d’opposition, toutes les stations du pays ayant été inspectées en application de la loi et certaines d’entre elles présentaient des irrégularités.
Celles-ci eurent un délai de plusieurs mois pour régulariser leur situation, et finalement, celles qui n’y avaient pas remédié ont été fermées. Ces mesures sont habituelles dans tous les pays, les stations qui ne respectent pas la loi sont suspendues. Certaines d’entre elles, héritées de père en fils, dans la totale illégalité, appartenaient à des entrepreneurs de l’opposition qui, une fois de plus, ont profité de l’application de la loi pour générer des troubles et accuser le gouvernement d’attaquer la liberté d’expression. La mise à jour des ondes permet d’ailleurs de libérer certaines fréquences pour les médias associatifs, qui connaissent un boom depuis leur légalisation par le gouvernement bolivarien et de poursuivre ainsi la démocratisation du "latifundio radio-électrique".
El País, dans son éditorial, cite que “la commission inter-américaine des droits humains considère la mesure comme une attente aux garanties constitutionnelles et ajoute que les chaines fermées n’ont pas eu la possibilité de se défendre devant une autorité impartiale.” Nous ne savons pas à quoi il est fait allusion par “se défendre devant une autorité impartiale”. La CONATEL est l’organisme public qui régule les télécommunications au Venezuela et ses portes sont ouvertes pour que ces chaines présentent les pré-requis édictés par la Loi Resorte et rétablissent leur diffusion. Diosdado Cabello, président de la CONATEL l’a répétée une fois encore : “le signal est resté ouvert pour les autres télévisions qui ont été établies comme productions nationales, la loi est la même pour tout le monde. Nous avons tous les mêmes droits et devoirs”
L’éditorial accuse également Chavez du fait de ses politiques économiques : “Chavez opère un contrôle des prix, la fermeture de centaines de commerces et menace d’expropriation. Tout un arsenal antidémocratique”. Certaines entrepreneurs vénézueliens ont profité des rumeurs des conséquences de la dévaluation de la monnaie pour augmenter leurs prix de leurs produits sans justification, jusqu’à + 300%, pour spéculer et d’enrichir. Si prendre des mesures pour contrôler la spéculation, l’augmentation des prix et les monopolisations est antidémocratique, qu’est-ce que El País considère comme démocratique ? Appuyer les entrepreneurs qui trichent, qui volent et pratiquent l’usure ?
Finalement, il est affirmé que “Radio Caracas Télévision International refuse de transmettre les discours doctrinaires du président”. Parmi les normes non respectées par ces canaux, y compris RCTV l’on trouve : non transmission des allocutions présidentielles (pas uniquement les directs), non diffusion de l’hymne national, non annonce du type de production, des éléments de langage, santé, sexe et violence, la diffusion de plus de deux heures de séries pour adultes aux horaires pour enfants. Ce n’est donc pas seulement pour ne pas transmettre, lorsque ceci est envisagé, les discours du président.
Le plus préoccupant est un fait qui n’a pas été publié par la presse commerciale internationale, les déclarations de Noel Álvarez, président de la Fédérations des Chambres et Associations de Commerce et de Production du Venezuela, Fedecamaras (équivalent du MEDEF).
Le 21 janvier, sur RCTV, la chaine défendue par ces médias pour son caractère si démocratique, Noel Álvarez déclare que la solution pour en finir avec Chavez est la “solution militaire” (heureusement qu’il n’a pas dit la solution finale ...), avec la réaction enthousiaste du journaliste-intervieweur vedette de RCTV, Miguel Ángel Rodríguez, qui applaudit triomphalement à cette idée de la “solution militaire”.
Évidemment, El País ne le mentionne pas. Serait-ce parce que ce journal défend également la solution militaire ?
Ce type d’éditorial est un exemple de la position de El País vis-à-vis de Chavez. Jour après jour, il bombarde de manière maladive, à la limite de la paranoïa, une kyrielle d’articles contre le président Chavez. Il devient urgent de se demander : s’ils pense tout cela d’un président élu par plus de 60% de la population vénézuelienne, alors que pensent-ils des millions de sympathisants qui appuient le président Chavez ? La réponse semble être claire : il les méprise.
Demi-vérités, déformation, mensonge, insultes, manipulation, toute un vocabulaire utilisé pour s’en prendre quotidiennement au Président Chavez. Et en réalité, ce qu’à l’air d’oublier ce média, peut être parce qu’il a perdu tout principe démocratique, c’est qu’au fond tout cela représente l’indifférence pour la décision des électeurs vénézueliens. Une fois encore, El País méprise le peuple vénézuélien.

Vidéo des déclarations de Noel Álvarez sur RCTV où il demande une “solution militaire, à partir de 1 min 40 

mercredi 3 juin 2009

L'opposant vénézuélien Leopoldo López en visite à Londres : ça sent le fascisme !

par Romain MIGUS
Original:
¡Leopoldo López de visita en londres: huele a fascismo!
L'ancien maire de la commune de Chacao, Leopoldo López arrivera à Londres à la fin de ce mois de mai, il est également l’un des principaux dirigeants du parti dit « social-démocrate » Un Nuevo Tiempo [Un Nouveau Temps], fondé et dirigé par Manuel Rosales, qui a fui la justice vénézuélienne [il est au Pérou, NdE]. Il sera accompagné par Luis Giusti, ancien président de PDVSA [société pétrolière d’État, NdE], ancien membre de l'équipe de direction de la pétrolière privée Shell et membre des laboratoires d'idées Council on Foreign Relations et Center for Strategic and International Studies.
Ces chefs de file de la contre-révolution ont été invités par l'École de Commerce de Londres pour participer à un forum où assisteront également plusieurs représentants d'entreprises multinationales et l'ancien président du Chili, Ricardo Lagos. Le thème du forum : « Amérique latine : la croissance se poursuit en période de turbulences » nous indique, de fait, l'orientation du débat…
Quelques jours plus tard, le 3 juin, López et Giusti participeront, au Parlement britannique, à un forum sur « la persécution politique au Venezuela ». Cet événement est organisé par la Henry Jackson Society et le
Comité de Solidarité avec les Persécutés Politiques au Venezuela.

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