Original : El imperio contrataca
Alliance zapatiste de libération sociale, fondée à Paris le 12 mars 1995 Liberté, justice, démocratie, partout et pour tous! التحالف الزباتي من أجل التحرر الاجتماعي تأسس بباريس في 12 مـــارس 1995. حرية، عدالة، ديمقراطية في كل مكان وللجميــــــع yekfibasta[at]gmail.com :للاتصال
vendredi 5 février 2010
L’empire contre-attaque
Original : El imperio contrataca
lundi 2 novembre 2009
Honduras: une improbable solution
Original: Honduras: una improbable solución
Sur l’auteur
La crise au Honduras est-elle résolue? Si une fenêtre d’opportunités s’est bien ouverte tout parait indiquer que l’optimisme n’est pas vraiment de mise. Il convient de rappeler ce que nous disions dans ces mêmes colonnes au moment du coup d’État: que Micheletti restera au pouvoir dans la mesure où il pourra compter sur l’appui, actif ou passif, de Washington. La Maison Blanche a attendu quatre mois pour comprendre le coût élevé d’un soutien à un régime putschiste dans la région. Pressée par les divers problèmes qu’elle affronte dans sa politique extérieure - notamment la rapide détérioration de la situation en Afghanistan et au Pakistan et l’embourbement de ses troupes en Irak- Obama a donné un coup de barre qui a décoiffé sa Secrétaire d’Etat Hillary Clinton, principal artisan de l’appui aux putschistes, en envoyant Thomas Shannon à Tegucigalpa avec pour mission de restaurer l’ordre dans sa tumultueuse arrière-cour. Peu après, Micheletti remisait ses fanfaronnades et acceptait docilement ce qu’il avait refusé jusque-là. Bien entendu, Shannon avait transmis peu auparavant l’impératif catégorique impérial. Pour adoucir le coup il a proclamé bien haut son admiration pour les deux leaders de la démocratie hondurienne: le putschiste et le destitué.
mardi 27 octobre 2009
Vers un nouveau coup d’État en Amérique centrale ?
Original: ¿Nuevo golpe en Centroamérica?
Il est extrêmement surprenant de voir, qu’alors qu’à peu de kilomètres de Managua, au Honduras, se maintient une dictature comme celle de Micheletti, la grande majorité des mas médias nicaraguayens (propriété d’une poignée de familles millionnaires) s’attaque depuis des années au gouvernement constitutionnel de Daniel Ortega. Les manipulations féroces et périodiques de la réalité orchestrées dans la presse écrite, radiophonique et télévisuelle, qui rappellent les campagnes subies par le président du Venezuela, Hugo Chávez, avant et après le Carmonazo [tentative de coup d’État d’avril 2002, NdE], n’ont pas cessé au Nicaragua depuis que Daniel Ortega a assumé la présidence en 2006, ou plus exactement le 10 janvier 2007.
Carlos Slim et Felipe González
Danilo Aguirre et Jaime Chamorro
samedi 17 octobre 2009
La double morale des libéraux : les cas du Honduras et de la Colombie
La pensée libérale a toujours recouru à un discours qui met l’accent, en théorie, sur la défense des droits individuels comme raison de sa propre existence. Dans sa version économique, cette philosophie politique utilise ce cadre idéologique pour promouvoir la suprématie du marché, dans lequel l’individu consommateur est supposé définir les priorités de la société à travers sa consommation. De là découle –selon le credo libéral - la suprématie du marché sur l’Etat. Il n’est donc pas surprenant que ce soit le monde patronal qui ait fait la promotion la plus intense du libéralisme, présenté lui-même comme le grand défenseur des libertés individuelles.
Pais (El golpe de la burlas, 12.07.09), tout en étant critique quant aux formes, a défendu la destitution du président Zelaya, avec les mêmes arguments. Selon lui, il n’était pas permis que Zelaya se perpétue au pouvoir. Mario Vargas Llosa, tout comme la majorité des médias libéraux, ajouta que la destitution du mandataire était aussi une conséquence logique du manque d’appui au président Zelaya et de son impopularité élevée, citant des enquêtes dont j’ai montré dans un autre article qu’elles étaient clairement manipulées (Las falsedades sobre Honduras, Publico, 23.07.09).lundi 5 octobre 2009
En 1989, Lewis Amselem, l’actuel représentant des USA à l’OEA a couvert une affaire de torture, au Guatemala
Le 2 novembre 1989, Dianna Ortiz a été séquestrée, violentée et torturée par des membres des forces de sécurité du Guatemala encadrés par un citoyen usaméricain.
Depuis lors, Ortiz a tenté, sans relâche, d’obtenir du gouvernement des USA la réouverture des dossiers concernant toutes les victimes d’actes de violence au Guatemala, pendant la période des dictatures pro-US.
"Le retour du Président Zelaya au Honduras est irresponsable et stupide et ne sert ni les intérêts de son peuple ni ceux qui œuvrent au rétablissement pacifique de l’ordre démocratique au Honduras", a déclaré Lewis Amselem, avec l’arrogance caractéristique du représentant dûment mandaté des USA auprès de l’Organisation des États américains.
Amselem a séjourné au Guatemala en tant qu’“Attaché aux Droits de l’Homme” de l’ambassade des USA à l’époque du gouvernement de Vinicio Cerezo, une administration civile sous laquelle l’armée a réprimé de la manière la plus sauvage la guérilla. Cerezo a été critiqué pour son inertie face aux affaires de violations des droits de l’homme.
Comme par coïncidence, 1989 est l’année où l’agent de la CIA et terroriste d’origine cubaine Luis Posada Cariles se trouve au Guatemala sous une couverture de chef de la sécurité de l’entreprise téléphonique d’Etat Guatel. Le Président Vinicio Cerezo lui accordera des pouvoirs spéciaux qui le transformeront virtuellement en gangster. On lui attribue de nombreux assassinats, enlèvements, escroqueries et règlements de comptes.
Dianna Ortiz
UNE FOSSE PLEINE DE CADAVRES
Dianna Ortiz était sœur de la congrégation des Ursulines quand elle a décidé de se consacrer aux plus humbles et de se rendre en Amérique Centrale avec d’autres religieuses pour y être infirmière dans des petits villages indigènes. Elle a très vite été la cible de menaces anonymes l’accusant de complicité avec la guérilla et lui intimant de retourner dans son pays.
Selon son récit des faits intervenus ce jour de novembre 1989, deux hommes l’ont capturée dans le jardin d’un centre communautaire et l’ont emmenée à bord d’un véhicule de police banalisé jusqu’à l’Ancienne Ecole Polytechnique, une académie militaire de la ville de Guatemala.
Débute alors un effroyable interrogatoire où Dianna Ortiz subira plus de 100 brûlures de cigarettes et sera violée à répétition par ses bourreaux pour qu’elle identifie des “subversifs”. Les violences ont été telles qu’elle a fini par perdre connaissance.
Selon le rapport publié en 1996 par la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH), Dianna Ortiz “, ayant repris connaissance un moment, s’est rendue compte qu’elle avait les poignets attachés à un crochet au-dessus de sa tête. Il lui semblait être dans un patio. Elle a alors remarqué que plusieurs personnes déplaçaient une lourde dalle à l’étage. On l’a à ce moment-là jetée dans une fosse emplie de corps. Elle s’est de nouveau évanouie. Quand elle a repris conscience, elle gisait au sol et des hommes avaient recommencé à abuser d’elle sexuellement”.
L’interminable séance de torture a cessé lors de l’arrivée d’un individu, qui a affirmé s’appeler Alejandro, en lui expliquant qu’elle avait été prise pour une dirigeante de la guérilla nommée Verónica Ortiz Hernández. Alors qu’ “Alejandro” l’emmenait dans sa Jeep à la “maison d’un ami de l’ambassade”, Dianna s’est échappée en profitant d’un arrêt à un feu rouge.
UN RESIDU DES BUSH
Cette femme, déjà détruite par cette affreuse expérience, devra ensuite subir un véritable calvaire pendant les années suivantes.
Le ministre guatémaltèque de la Défense Hector Gramajo a affirmé publiquement que Dianna Ortiz avait forgé son histoire de toutes pièces, en y ajoutant des insultes et des insinuations outrageusess de nature sexuelle.
En enquêtant sur cette affaire, des reporters de la chaîne de télévision ABC News ont identifié la source de ces rumeurs infâmantes. Elles provenaient de l’Attaché aux Droits de l’Homme Lewis Amselem qui, questionné sur le sujet, a nié de façon véhémente toute implication.
Le Révérend Joseph Nangle de la Communauté de Saint François a révélé plus tard qu’Amselem avait évoqué devant lui le sujet, avec une grossièreté qui l’avait scandalisé.
D’autres confidences de personnes ayant eu des conversations à l’époque avec le diplomate US ont corroboré les déclarations de Nangle en ajoutant même qu’Amselem ne cessait de tenir des propos injurieux sur la présence de volontaires religieux dans les communautés indigènes du Guatemala.
Le 16 octobre 1996, la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme, se basant sur les informations présentées, sur son enquête et sur son analyse de l’affaire, a conclu à la véracité des déclarations de Dianna Ortiz et a condamné le gouvernement du Guatemala.
Malgré tout, les USA, leur ambassadeur Thomas F. Stroock et le fonctionnaire Amselem, qui n’ont cessé de faire obstruction à l’enquête, ne sont pas mentionnés dans le document.
En 1995, un tribunal usaméricain a condamné Hector Gramajo à payer 47 millions de dollars à Dianna Ortiz et à ses autres victimes.
Amselem est un diplomate qui a prospéré sous les administrations Bush et qui est resté comme résidu, à l’instar de bien d’autres éléments d’ultradroite, sous l’actuelle administration Obama.
samedi 3 octobre 2009
Tegucigalpa, ville de furie
par Allan McDONALD Traduit par Thierry Pignolet, édité par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original : Tegucigalpa, la ciudad de la furia
Sur l’auteur
Le jour se lève.
J'ai traversé mes souvenirs d’un pas ferme et me suis arrêté au coin de l'histoire, sous le feu de couleur vert olive, pour que les chars d’assaut passent en trombe. Je me suis alors rappelé mon enfance de lumières perdues, quand je jouais à disséquer ce jardin de fleurs sous le regard lumineux et incandescent de Dieu, et j'ai revu mes figurines de plastique des céréales de Cornflakes, d'une époque révolue où jouer aux petits soldats était une joie de la vie. Aujourd’hui, c’est une angoisse de les voir en réalité, une horreur de voir leurs yeux effrayants de dévastation et leurs cuirasses de métal sur la poitrine -comme les animaux mythologiques d’une ère néolithique déjà vaincue par les paléontologues de la fin du monde.
La ville de Tegucigalpa est un camp de concentration, une ville minée par la haine, un gros village empêtré dans des bottes qui détruisent à chaque pas l’herbe de l’espérance, s’acharnant pour qu’elle ne repousse plus jamais. Même si la fleur de la résistance croît dans l'asphalte de leurs pas tordus.
Sur chaque trottoir, dans chaque rue, dans chaque allée s'engouffre avec force la lutte contre ces monstres de métal brillant, astiqués avec les chemises de misère de ce Honduras ; dans chaque carabine il y a la haine et l'utopie; dans chaque T-shirt vert il y a le corps du délit ; dans chaque regard il y a une larme d'amour pour libérer le pays d’orangs-outangs de contrefaçon, issus d'une jungle phosphorescente de vers luisants politiciens sans éclat.
Le feu passe au rouge, il est temps que s'arrêtent les caravanes de fer pourri et les dinosaures de la poubelle universelle de l'histoire, il est temps d'allumer cette lumière rouge de la dignité qui mettra fin à la fureur effrénée de cette écurie métallique qui écrase un espoir selon eux existant -car ils sont convaincus que tout le pays se résume à un M-16.
Mes figurines de plastique sont tombées dans le jardin et se sont perdues entre le tas de feuilles mortes et les tourbillons secs de l'hiver. Je cours chercher de l’aide chez mon papa. Ce sont mes seuls jouets et le vieux, qui lit un petit livre d'Honoré de Balzac, me chuchote à l'oreille, comme un secret d'État sans président : « Laisse-les là, le plastique fond au soleil du matin ».
Il fait jour.
Aube sur Tegucigalpa. Photo Enzo Gallardo
vendredi 25 septembre 2009
Honduras: le début de la fin ?
Zelaya est déjà à Tegucigalpa et son entrée au Honduras, se moquant des « mesures de sécurité » frontalières, devrait marquer le début de la fin du régime putschiste. Cet espoir est fondé sur plusieurs raisons, exposées ci-dessous.
Premièrement, parce que les gorilles du Honduras et leurs instigateurs et protecteurs aux USA (principalement au Commandement Sud et au Département d’État) ont sous-estimé la massivité, l'intensité et la persévérance de la résistance populaire qui, jour après jour, sans faille, manifeste son opposition au coup d’Etat. En réalité, ce refus de taille n’était prévu par personne si on s’en tient à l’histoire contemporaine du Honduras. Mais le nouveau chemin choisi par Zelaya, sa réponse positive face aux demandes populaires longuement reportées et la réorientation de son insertion internationale dans le cadre de l’ALBA, a eu un effet pédagogique impressionnant et a déchaîné une réaction populaire inespérée.
Deuxièmement: le régime putschiste s'est montré incapable de briser son double isolement. Sur le front interne, il est devenu de plus en plus évident que sa base sociale se réduisait à l’oligarchie et à quelques groupes subordonnés à son hégémonie, dont les moyens de communication dominés sans contrepoids par le pouvoir du capital. De plus, le passage du temps, loin de débiliter la résistance populaire, a affaibli le soutien social au régime.
Sur le plan international, l’isolement de Micheletti et de sa bande est quasi absolu, sauf de rares exceptions. Toute l’Amérique Latine et les Caraïbes ont retiré leurs ambassadeurs. De même plusieurs des pays les plus importants d’Europe. Même l’OEA a adopté une ligne dure à l’encontre du régime. Son soutien externe provenait presque uniquement des USA. Néanmoins, ce soutien a diminué avec le temps, depuis le refus de visas au corps diplomatique accrédité à Washington jusqu’à des mesures toujours plus exigeantes à l’encontre de Micheletti lui-même et de ses collaborateurs.
Troisièmement, parce que la politique ambigüe du gouvernement US - résultant d’une confrontation interne dans l’administration - a facilité le coup d’Etat qui a pu évoluer dans une direction contraire aux intérêts des usurpateurs. Certes, le rejet initial du coup d’Etat manifesté par Obama fut par la suite atténué et attiédi par son ancienne (et actuelle ?) rivale, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton. Mais le caractère rétrograde de Micheletti et de son entourage - qu’ils ne peuvent dissimuler - ainsi que l’interminable quantité d’insultes adressées à Obama chaque fois que la Maison Blanche exprimait une critique à Tegucigalpa, a lentement fait pencher la balance contre la Secrétaire d’État. Ce qui a créé une atmosphère croissante d'antagonisme dans les relations avec les putschistes.
Quatrièmement et enfin : le régime instauré le 28 juin constitue une sérieuse prise de tête pour Obama.
En premier lieu, il dément manifestement sa promesse de fonder une nouvelle relation entre les USA et les pays de l’hémisphère. Le soutien initial au putsch, clairement manifesté par la résistance obstinée de Washington à le caractériser comme un « coup d’Etat », la tiédeur de la réponse diplomatique et l’indifférence face aux graves violations des droits humains perpétrées par le régime de Tegucigalpa, tout cela a nui sérieusement à l’image qu’Obama voulait établir en Amérique Latine et dans les Caraïbes.
La continuation du régime putschiste ferait apparaître Obama comme un politicien irresponsable et démagogue ou, pire encore, comme quelqu’un d’incapable de contrôler ce que font et disent ses subordonnés au Pentagone, au Commandement Sud et au Département d’État. Ceci se rattache à une autre affaire, très importante et qui dépasse le cadre de la politique de l’hémisphère : sa crédibilité sur l’arène internationale. S'il s'avère impuissant à contrôler ce qui se passe dans son « arrière-cour », les gouvernants d’autres pays - spécialement la Chine, la Russie et l’Inde - auraient des raisons de suspecter qu’il ne pourra non plus contrôler les secteurs les plus belliqueux et réactionnaires des USA. Pour ceux-ci, les promesses du président d’encourager le multilatéralisme équivalent à une capitulation inconditionnelle face à leurs ennemis détestés.
Ceci est particulièrement grave dans une période où Obama négocie avec la Russie un nouvel accord pour réduire l’arsenal nucléaire des deux pays, ce dont Washington a besoin autant que Moscou, étant donné l’hémorragie économique produite par les guerres en Irak et Afghanistan et l’incontrôlable déficit fiscal usaméricain.
L’échec de cet accord aurait un coût économique énorme sur le budget public au moment où cet argent est nécessaire pour éloigner les risques d’un approfondissement de la crise économique qui a éclaté en 2008. Mais pour persuader les Russes que son plan de réduction d’armements est viable, il doit d’abord démontrer qu’il contrôle la situation et que ses faucons au Pentagone ne le lâcheront pas.
Chaque jour de plus avec Micheletti au pouvoir équivaut à un mois supplémentaire de conversations difficiles avec Medvedev et Putin pour les convaincre que ses promesses seront tenues. Parce que s’il ne peut maîtriser les siens au Honduras, pourra-t-il le faire lorsqu’il s’agira d’une question stratégique et vitale pour la sécurité nationale des USA ?
jeudi 24 septembre 2009
Bienvenido/Welcome/Bienvenue MEL! !ترحيب الرئيس زيلايا
lundi 21 septembre 2009
Don Manuel est à Tegucigalpa
jeudi 27 août 2009
HONDURAS : « La priorité c’est le retour à la démocratie»
par Sébastien Madau, La Marseillaise, 27/8/2009
Aristides Mejia Carranza est vice-président de la République du Honduras en exil. Il est de passage en France pour rencontrer des membres du ministère français des Affaires étrangères et des responsables de l’Union européenne. Il a accordé un entretien exclusif à "La Marseillaise".
C’est exact, mais il n’a aucune légitimité. Au Honduras, Interpol est représenté par un policier aux ordres d’un pouvoir illégitime qui n’est pas reconnu. Les autorités françaises ont été averties de mon arrivée et vous voyez, je n’ai pas été arrêté. J’ai été reçu par le ministère des Affaires étrangères avec une escorte officielle.
- Quelles sont les dernières informations provenant du Honduras ?
La situation se dégrade de jour en jour. Chaque manifestation subit la répression et des arrestations. La Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH) rentre du Honduras où elle a recueilli des déclarations de victimes d’arrestations et d’agressions. Le danger c’est que plusieurs médias ont été fermés. Du coup, les gens ne savent pas à quel point leur pays est isolé, politiquement et économiquement.
Heureusement, les putschistes perdent certains de leurs soutiens. Depuis deux semaines par exemple, la classe moyenne descend aussi dans la rue alors qu’elle était restée silencieuse jusqu’à présent.
- Les Accords de San José, présentés par le médiateur Oscar Arias, président du Costa-Rica, sont-ils selon vous une base solide de dialogue ?
Pour nous, oui. Une délégation de l’Organisation des Etats Américains (OEA) est allée au Honduras pour rencontrer le Gouvernement putschiste et essayer de lui faire accepter ces accords. Nous verrons bien, même si je n’ai pas beaucoup d’espoirs. Le président Zelaya a estimé que ces accords assuraient une solution diplomatique. Mais le Gouvernement putschiste de Roberto Micheletti n’accepte pas la première condition : le retour au pouvoir sans condition de Manuel Zelaya.
Quant à la question de l’amnistie, ils disent qu’ils demanderont aux différents pouvoirs de l’Etat (Congrès, Cour Suprême…) de statuer mais cela n’a aucune chance d’aboutir car ces organes ont eux aussi activement participé au putsch.
- Le 24 juillet, le président Manuel Zelaya a franchi la frontière avant de revenir au Nicaragua. Pourquoi ne tente-t-il pas une nouvelle incursion ?
Cette action a été réalisée dans le but de ne pas laisser tomber la résistance intérieure hondurienne. Mais deux dangers sont rapidement apparus : l’arrestation et l’assassinat. Nous avons décidé de poursuivre par la voie diplomatique mais nous sommes conscients que ces négociations s’épuiseront s’il n’y a pas de résultats positifs rapides.
-Le président Zelaya est-il en relation directe avec cette résistance intérieure ?
Tout à fait. Le président possède de nombreux soutiens au sein du Parti Libéral (le parti de Micheletti et de Zelaya, NdR) en plus de personnalités indépendantes, d’intellectuels, de syndicats ou de partis de gauche. Cette diversité a peut-être un projet de société qui comporte des différences, mais elle s’est réunie pour le rejet des putschistes, le retour de Manuel Zelaya au pouvoir et le rétablissement de la démocratie.
-Les élections présidentielles prévues le 29 novembre peuvent-elles finalement résoudre la crise ?
Il faut que le président Zelaya soit réinstallé pour que la transition se fasse dans de bonnes conditions (les élections doivent avoir lieu en novembre 2009 et l’installation du nouveau président en janvier 2010. Manuel Zelaya ne pourra pas se présenter car le mandat présidentiel n’est pas renouvelable, ndr). Or, dans ces conditions, les élections n’ont aucune légitimité. D’abord parce que le candidat du Parti Libéral Elvin Santos fait partie de ceux qui ont participé au coup d’Etat. Ensuite parce que des candidats comme celui de gauche César Ham ont déjà été agressés.
Les conditions d’une vraie démocratie ne sont pas réunies pour ces élections. Il faudrait que le futur gouvernement soit libre de rassembler le peuple après les élections sur la question de la réconciliation nationale. C’est impossible à imaginer aujourd’hui.
-Le 28 juin, tout est parti du refus de l’armée d’installer une quatrième urne lors d’élections. Cette urne visait à consulter le peuple sur des réformes éventuelles. Cette consultation est-t-elle toujours d’actualité ?
La quatrième urne a été rejetée par les putschistes parce qu’ils ne veulent pas changer de système politique alors que les manifestants disent que c’est nécessaire. Le processus n’est pas mort. Au contraire, il est encore plus d’actualité. Mais aujourd’hui, ce n’est pas le plus important. Le plus important c’est le rétablissement de la démocratie, des élections dans de bonnes conditions et le départ des putschistes.
-Le Honduras est un petit pays, mais l’affaire a pris une énorme ampleur en Amérique latine.
Ce n’est pas uniquement un problème hondurien. Le risque c’est que notre pays devienne un mauvais précédent. Si le coup d’Etat du Honduras persiste, certains groupes pourront envisager de faire de même dans leur pays, si leur président ne leur plait pas. C’est pour cela qu’il faut en finir avec ce régime putschiste.
Le Honduras, ligne de front du combat pour la démocratie
Le coup d’Etat du 28 juin 2009 contre le président élu du Honduras, Manuel Zelaya, a fait de ce petit pays centraméricain la ligne de front du combat pour la démocratie en Amérique latine. Les putschistes civils et militaires, véritable concentré de l’oligarchie locale, sont en train d’installer une dictature dont la région a une tragique expérience : assassinats (déjà au moins une dizaine), disparitions, tortures - notamment par le sinistre Bataillon 3-16 créé par la CIA dans les années 1980 -, arrestations par milliers, contrôle absolu des médias, etc.
Pour exiger le retour à l’ordre constitutionnel, donc le rétablissement du président Zelaya dans ses fonctions, et face à l’intensification de la répression, les forces populaires regroupées dans le Front national de résistance ont adopté une stratégie d’actions non violentes. Des éléments provocateurs à la solde des putschistes tentent cependant de les dévoyer pour justifier les exactions de l’armée et de la police. Le courage des démocrates honduriens force l’admiration et le mouvement Attac leur témoigne sa totale solidarité.
samedi 22 août 2009
Les stratégies de l’empire en Amérique latine
En dépit des fortes et importantes actions adoptées et des durs discours émis par les Nations Unies, l’Organisation des États Américains, les pays de la région en bloc ou individuellement face au coup d’Etat au Honduras, la stratégie des USA est en train de démontrer une haute efficacité après des années au cours desquelles ils paraissaient avoir perdu la capacité de manœuvre dans les décisions politiques sur le continent.
Non seulement parce que le président hondurien Manuel Zelaya lui-même, a mis entre les mains du gouvernement de Barack Obama les décisions déterminantes à prendre pour surmonter la crise, mais parce que les actions adoptées au niveau régional n’ont pu, jusqu’à présent, faire fléchir l’oligarchie hondurienne et les secteurs “durs” des Forces Armées. Il s’agit d’un clair signal que les luttes de libération nationale des peuples ne sont, ni ne seront simples et faciles étant donné que les structures de pouvoir économique et politique, sont en train de se recomposer à l’échelle nationale et internationale.
vendredi 21 août 2009
USA/Honduras, après
Le premier coup d’Etat en Amérique latine depuis l’accession au pouvoir d’Obama a posé un problème complexe à La Maison Blanche : elle ne peut appuyer publiquement le coup, mais ne veut pas non plus que Zelaya se rapproche encore plus du Venezuela. Ainsi, elle procède à diverses manœuvres pour concilier les deux desseins : la première était de confier à l’OEA la responsabilité de négocier entre le déposé Zelaya et l’usurpateur Micheletti. La réponse, la condamnation unanime du coup et l’expulsion du Honduras de l’organisation, a bouleversé le Département d’Etat, qui déjà menace la possiable réélection de son secrétaire général, le Chilien Insulza. Le second scénario a consisté à confier la tâche à Oscar Arias (le président du Costa Rica, NdT), qui est extrêmement ami de tout ce qui est usaméricain à commencer par leurs gouvernements, quels qu’ils soient.
La proposition d’Arias, supervisée par le Département d’Etat, inclut le rétablissement de Zelaya, mais avec des conditions qui affaiblissent son mandat, fixées par les putschistes : aucun plébiscite sur la réforme de la Constitution, bien que le référendum envisagé par Zelaya n’était que consultatif, intégration des opposants à des postes-clés du cabinet, et au revoir au “communiste” Chávez. En d’autres termes, faire du déposé reposé une marionnette jusqu’aux élections de janvier prochain. Un communiqué des militaires putschistes a exprimé dimanche 26 juillet un appui au plan d'Arias, mais leur commandant en chef, le général Romeo Vásquez Velásquez, a déclaré à la BBC le lendemain qu’il ne permettrait pas la réinstallation de Zelaya.
vendredi 14 août 2009
René Andrés Pavón: Des commandos israéliens mettent leur expérience de Palestine et de Colombie au service des Forces Armées du Honduras
vendredi 7 août 2009
Honduras : la résistance continue
Nous sommes toutes le Honduras
samedi 18 juillet 2009
HONDURAS : Ils étaient au courant et ils ont donné un petit coup de main
Original : Sabían y ayudaron un poquito
La Maison Blanche savait depuis des mois qu’un coup d’État se préparait au Honduras, mais aujourd’hui les porte-parole du Département d'Etat feignent une innocence surprise. L'actuel ambassadeur des USA à Tegucigalpa, Hugo Llorens, le sait très bien: le 12 Septembre 2008 , il est arrivé dans le pays, et neuf jours plus tard, le général aujourd’hui putschiste Romeo Vásquez déclarait à la station de radio HRN qu’on était venu lui demander de « virer le gouvernement du président Manuel Zelaya Rosales » (www.proceso.hn, 21-9-08). Il ajoutait : « Nous sommes une institution sérieuse et respectueuse, nous respectons donc M. le Président comme notre Commandant en chef et nous lui obéissons comme l’ordonne la loi. » Igualito Tout comme Pinochet avant de se soulever contre Salvador Allende. Toute ressemblance avec la réalité est à imputer à cette dernière.
Le 2 juin de cette année, Hillary Clinton est allée au Honduras pour participer à une réunion de l'OEA. Elle s’est entretenue avec Zelaya et lui a dit son désaccord avec le référendum que le président envisageait de mener en même temps que la prochaine élection présidentielle. Des fonctionnaires US ont indiqué qu’ils "ne pensaient pas que ce référendum soit constitutionnel " (The New York Times, 30-6-09). Six jours avant le coup, le journal La Prensa du Honduras a indiqué que l'ambassadeur Llorens a rencontré des politiciens influents et des dirigeants militaires « pour trouver une solution à la crise provoquée par le référendum » (www.laprensahn.com, 22-6-09 ). La "solution" trouvée est connue.
Il est difficile de supposer que les commandants militaires du Honduras, que le Pentagone a armés et formés à l'École des Amériques, qui a enseigné à de nombreux dictateurs d'Amérique latine comment s’y prendre, aient agi sans l'accord de leur mentor. En outre, les putschistes n’ont pas caché les raisons de leur acte : Zelaya était en train de trop se rapprocher de ce "communiste" de Chávez, le Vénézuélien le plus détesté par la Maison-Blanche : en juillet 2008, sous son mandat, le Honduras a adhéré à l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA), le nouvel «axe du mal» en Amérique latine. C’est trop, non?
Gervasio Umpiérrez, Juventud Rebelde
Trop, oui, parce que le Honduras est un territoire stratégique pour le Pentagone, qui, à partir de la base de Soto Cano, où sont stationnés des effectifs de l'armée de l'air et de l'infanterie US, non seulement domine l'Amérique centrale, mais cette véritable enclave est fondamentale dans le schéma militaire US pour une région riche en ressources naturelles. Bien qu’il n’ait jamais touché aux intérêts des sociétés étrangères ou des maîtres locaux du pouvoir économique, Zelaya constituait un risque de "déstabilisation". Il convient de noter que le référendum sur l'opportunité ou non de convoquer une Assemblée constituante qui permettrait la réélection de Zelaya n'était pas contraignant. Personne n’a été gêné à Washington par la réforme constitutionnelle qui a permis en Colombie la réélection d' Álvaro Uribe, un grand allié des USA, qui n'a même pas été plébiscitée. Il ne faut mélanger les torchons et les serviettes.
Les putschistes honduriens sont ne sont pas présentables. Le Général Romero Vásquez Velasquez, démis par Zelaya, revenu pour faire un putsch en enlevant et en déportant le président, a été enfermé au pénitencier national en 1993 avec dix autres membres d'un gang accusé d'avoir volé 200 voitures de luxe (www. elheraldo.hn, 2-2-93). Il était alors major ; une fois général, c’est au vol d’un gouvernement élu dans les urnes qu’il se consacre. Un autre personnage tout aussi peu présentable est le ministre conseiller Billy Joya, qui ne fait pas honneur à son nom (ou peut-être que oui, c’est une question de point de vue) [joya=bijou en esp., NdT], a été chef de la division tactique du bataillon B3-16, l'escadron de la mort hondurien qui a torturé et fait «disparaître» de nombreuses personnes dans les années 80. « Le Licencié Arrazola » - l'un de ses surnoms -, est un expert en la matière : il a étudié les méthodes des dictatures au Chili et en Argentine (www.michelcollon.info, 7-7-09). Ses antécédents sont connus, et malgré cela – ou justement, à cause de cela -, il a été choisi pour faire partie du régime putschiste, tellement démocratique.
La répression continue au Honduras. Jeudi dernier a été arrêté le père d'Isis Murillo Obeid, 19 ans, tué par l'armée à l'aéroport de Tegucigalpa [le 5 juillet, NdT]: il avait eu idée saugrenue de réclamer publiquement justice pour son fils (www.wsws.org, 11 -7-09). Les sauveteurs de la démocratie ont expulsé les journalistes de l'Associated Press, fait disparaître des écrans la chaîne Canal 21 et des troupes armées ont occupé la chaîne Canal 36 (Miami Herald, 1-7-09). Il s'agit de la conception de la liberté de la presse qui caractérise les putschistes.

Liberté de la presse, Luiso
, Artistas Gráficos contra el Golpe en Honduras © Luis María LigarribayLa Maison Blanche réagit mollement à ce qu’elle a qualifié d’«acte illégal». Hillary refuse d'appeler cela un "coup d'Etat" parce que cela impliquerait automatiquement la fin de l'aide économique et militaire US au Honduras. Les pourparlers pour un règlement pacifique qui ont lieu au Costa Rica, où le président Oscar Arias fait office de médiateur à la demande d'Obama, sont une farce. Mais ils ont un aspect important : ils impliquent une reconnaissance officieuse du régime imposé par le putsch. Arias a déjà annoncé qu'il appellera "M. le Président" aussi bien le putschiste Micheletti que le président élu et destitué. Ça, c’est vraiment de l’impartialité.
Rolando Guerrero, Juventud Rebelde
mercredi 8 juillet 2009
Magnifique peuple hondurien
Questions à 1000 millions de dollars : Obama contrôle-t-il le Pentagone et la CIA ? Est-il sur la même longueur d'ondes qu'Hilary ? Va-t-il se décider à avoir le courage de reconnaître que ce qui s'est passé à Tegucigalpa le 28 juin est un coup d'État et donc appliquer la loi US, c'est-à-dire suspendre les relations diplomatiques, économiques, militaires et fnancières avec le Honduras tant que sa capitale méritera le surnom de Tegucigolpe ?
Tegucigalpa, 5/7/2009

Mel Zelaya, El Presidente cantante/The Singing President/Le Président chanteur