Affichage des articles dont le libellé est Honduras. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Honduras. Afficher tous les articles

vendredi 5 février 2010

L’empire contre-attaque

par Victor FLORES OLEA, La Jornada, 1/2/2010. Traduit par  Gérard Jugant, édité par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original :
El imperio contrataca

On a célébré l’effort des pays latino-américains qui « prennent leurs distances » de l’empire, cherchant de nouvelles voies vers un développement qui soit indépendant et distinct, et authentiquement démocratique, sans se limiter à répéter la démocratie usaméricaine, captive des grands intérêts économiques qui mettent sous leur coupe les institutions du pays.
L’histoire de nos peuples a exigé cette distance et même une une rupture: depuis les pratiques d’exploitation dans le style de la United Fruit Company, jusqu’aux nouvelles formes de domination des systèmes financiers, en passant par l’horreur des dictatures militaires.
La distance a aussi commencé à se construire par de nouvelles institutions. Les principales: l’Union des Nations Sud-Américaines (Unasur), l’Alternative Bolivarienne pour les Amériques (Alba), la Banco del Sur, qui cherchent l’autonomie politique et économique de nos pays, surtout dans le sud, et à s’éloigner de la domination du Consensus de Washington, du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque Mondiale (BM).
Mais l’empire ne tolère aucune dissidence dans ce qu’il prétend être sa “zone naturelle” d’influence (son “arrière-cour”). Il y a beaucoup de signaux qui l’indiquent. Bien sûr que face aux profonds processus sociaux et démocratiques qu’a vécu une bonne partie de l’Amérique latine dans les deux dernières décennies récentes, il n’est pas facile d’intervenir par le vieux mode des “coups d’état” du temps de la guerre froide. Aujourd’hui cette forme d’intervention paraît exclue; néanmoins, il est clair qu’il n’est pas acceptable pour l’empire que la région se “soustraie” à sa domination, fut-ce par la voie de la décision populaire et démocratique de nos nations. Henry Kissinger, ce génocidaire qui obtint le Nobel de la Paix, a dit en se référant au Chili de Salvador Allende: “Il est inacceptable que le socialisme arrive au Chili, ce qui montre simplement l’irresponsabilité du peuple chilien”. La sentence demeure en vigueur pour les leaders de l’empire.
La Quatrième Flotte continue à exister et un traité international récent concède aux USA le droit d’installer sept bases militaires en Colombie: leurs militaires et civils ont le droit d’entrer et de sortir librement du pays, avec une quelconque pièce d’identité, sans passeport, et les Usaméricains résidant en Colombie ne peuvent être déférés devant les tribunaux civils ou militaires, quel que soit leur délit, et avec le plein droit de rentrer ou de sortir du pays toute cargaison sans contrôle des autorités: une véritable annexion et une réelle impunité.
Le blocus économique de Cuba demeure reste inchangé pour l’essentiel, malgré le vote massif année après année de l’Assemblée Générale des Nations Unies, exigeant qu’il soit levé (en 2009, la totalité des pays du monde, à l’exception des USA, d’Israël et de la Micronésie). Et voilà aujourd’hui l’occupation de fait de Haïti, en raison de la tragédie, par des milliers de marines. De toute évidence, l’occupation armée ne s’explique pas par des motifs de sécurité ou d’“aide humanitaire”, mais il s’agit clairement de s’assurer le contrôle territorial de la zone. En pratique, il s’agit d’une nouvelle base militaire usaméricaine qui n’abandonnera pas sa position.
Il y a deux modèles récents qui définissent le style de contre-attaque de l’empire: celui du Honduras, avec un coup militaire “légalisé” post factum, et celui du soutien politique et économique à l’ opposition de droite, comme cela s’est passé il y a à peine une semaine au Chili.
Allan McDonald, Tlaxcala
Dans le premier cas, il a été clair que l’appui aux putschistes “légaux” de Tegucigalpa, simplement par le fait que les USA n’ont jamais condamné clairement le coup, mais bien “laissé faire et passer” jusqu’à ce que se consolide pour eux une commode transition. Bien que d’innombrables pays latino-américains et européens aient retiré leur représentation diplomatique, le gouvernement d’Obama a su “dissimuler” et son silence tactique a permis la permanence de ce “coup” avec des prétendues bases juridiques et la consolidation d’un nouvel ordre “légal” dans ce pays.
Dans le cas des élections chiliennes le retour au Palais de la Moneda du pinochétisme le plus extrême semble proprement incroyable. Pour beaucoup, l’exemple de stabilité et de progrès était donné par la Concertation et par le socialisme chilien; nous voyons maintenant que le résultat des dernières élections doit être placé dans la colonne négative de la Concertation, puisque son abandon de toute perspective de réformes sociales profondes a favorisé le retour au pouvoir de l’extrême-droite. Bien sûr, le néolibéralisme continuait de manière rampante. Atilio Boron l’a dit: “ on préfère toujours l’original à la copie”.
Dans ces deux cas, par des voies différentes, mais avec le consentement de Washington, des régimes réformistes on été éliminés et c’est une régression pure et simple aux systèmes oligarchiques qui est imposée. La contre-attaque impériale d’aujourd’hui, contre le réformisme latino-américain, est un signal de très mauvais augure et est le motif principal de notre préoccupation.
Les pays qui ont avancé par le chemin de l’émancipation de l’empire, et plus encore ceux dont l’horizon est plus radical que le simple réformisme, constituent aujourd’hui la principale préoccupation latino-américaine. L’empire ne s’intéresse pas fortement à l’Amérique latine, disent certains probablement avec raison, puisqu’elle n’est pas en tête de ses ordres de priorité, mais cela ne signifie pas qu’il nous ait oublié dans son ambition de domination mondiale. Nous ne pouvons oublier que les yeux de l’aigle sont aussi posés dans son “arrière-cour”, ni que seules les luttes populaires et l’unité pourront arrêter ses ambitions sans frein.

lundi 2 novembre 2009

Honduras: une improbable solution


par Atilio BORÓN, 1/11/2009. Traduit par Gérard Jugant, révisé par Michèle Mialane et édité par Fausto Giudice, Tlaxcala 
Original: Honduras: una improbable solución

English:  An improbable solution
Sur l’auteur
La crise au Honduras est-elle résolue? Si une fenêtre d’opportunités s’est bien ouverte tout parait indiquer que l’optimisme n’est pas vraiment de mise. Il convient de rappeler ce que nous disions dans ces mêmes colonnes au moment du coup d’État: que Micheletti restera au pouvoir dans la mesure où il pourra compter sur l’appui, actif ou passif, de Washington. La Maison Blanche a attendu quatre mois pour comprendre le coût élevé d’un soutien à un régime putschiste dans la région. Pressée par les divers problèmes qu’elle affronte dans sa politique extérieure - notamment la rapide détérioration de la situation en Afghanistan et au Pakistan et l’embourbement de ses troupes en Irak- Obama a donné un coup de barre qui a décoiffé sa Secrétaire d’Etat Hillary Clinton, principal artisan de l’appui aux putschistes, en envoyant Thomas Shannon à Tegucigalpa avec pour mission de restaurer l’ordre dans sa tumultueuse arrière-cour. Peu après, Micheletti remisait ses fanfaronnades et acceptait docilement ce qu’il avait refusé jusque-là. Bien entendu, Shannon avait transmis peu auparavant l’impératif catégorique impérial. Pour adoucir le coup il a proclamé bien haut son admiration pour les deux leaders de la démocratie hondurienne: le putschiste et le destitué.

Zelaya propose un programme en trois points: sa réintégration dans ses fonctions, une loi d’amnistie et un gouvernement de réconciliation nationale. La première est du ressort du Congrès, le même organisme qui a approuvé avec enthousiasme le coup d’État et ne se prive pas d’insulter Zelaya et de le calomnier. Il faudra voir, mais ce ne sera pas simple. Amnistie, pour qui? Pour les fonctionnaires civils et militaires d’un gouvernement qui a violé les droits humains et toutes les libertés?  Ou Zelaya accepterait-il d’être amnistié pour des délits qu’il n’a pas commis, par exemple avoir eu l’audace de prétendre demander à son peuple s’il était d’accord pour convoquer une Assemblée constituante? Ceci pour ne rien dire de la troisième clause, intimement liée à la précédente. Dans les conditions actuelles, un gouvernement de réconciliation nationale ne serait-il pas en effet un passeport pour l’oubli, le refus de mémoire, l’impunité?

Un bilan sommaire de la crise et de son apparente résolution révèle que les putschistes peuvent se sentir satisfaits parce qu’ils préserveront leurs deux principaux objectifs: destituer Zelaya, bien qu’il doive assumer à nouveau sa charge pour les quelques mois qui restent jusqu’à la fin de son mandat; et avoir réussi à faire reconnaître par la communauté internationale les élections frauduleuses du 29 novembre, chose dont Shannon lui-même s’est charge. Quant à l’oligarchie hondurienne, elle échappe au danger d’une agression plus active  des USA en direction de ses propriétés et privilèges, ce qui aurait pu arriver si un accord n’était pas intervenu.  La possibilité d’un contrôle plus strict exercé par Washington sur ses actifs et fonds aux USA l’empêchait de trouver le sommeil, et l’intransigeance de Micheletti devenait une menace inutile pour ses intérêts.

Pour Zelaya le bilan s’avère beaucoup plus complexe, et c’est précisément ce qui assombrit le panorama hondurien. Sa réintégration ne change rien aux causes profondes du coup d’État. De plus, en pareil cas, ne confirmera-t-elle pas les résultats d’élections lourdement entachées de très graves irrégularités et dont la campagne s’est déroulée dans un climat de violence et de terreur imposé par les putschistes? Micheletti fait déjà retentir les tambours de guerre. A peine l’accord était-il conclu qu’il a déclaré à CNN en español qu’une fois revenu au pouvoir “Zelaya et les siens vont sûrement lancer une chasse aux sorcières. Seuls ceux qui ne connaissent pas Zelaya peuvent croire que cela n’ aura pas de suites”. Quelle sera la réponse de Zelaya au cas où il reviendrait au gouvernement: amnistier les putschistes, se réconcilier avec eux, tomber dans les bras de Micheletti ? Mais il est loin d’être l’acteur unique de ce drame: comment réagiront les héroïques militants qui ont risqué leur vie et leur intégrité physique pour défendre le gouvernement légitime?  Il y a eu beaucoup de morts et de blessés; de gens emprisonnés et humiliés: ces femmes et ces hommes qui sont descendus dans les rues du Honduras accepteront-ils l’oubli de tant de crimes et le pardon accordé à leurs assassins ? En outre, s’il est bien une leçon que les mouvements sociaux et les forces populaires ont tirée de ces quatre mois de résistance, c’est que s’ils s’organisent et mobilisent leurs forces ils peuvent avoir un impact beaucoup plus décisif qu’ils ne l’imaginaient auparavant . La crise leur a d’un seul coup enseigné qu’ils peuvent cesser d’être des objets de l’Histoire pour se transformer en sujets et protagonistes de celle-ci. Et pour cette raison, au-delà des retombées de cet accord, ils peuvent décider de poursuivre leurs luttes pour un Honduras différent, ce qui ne saurait être le fruit d’injustes amnisties et de réconciliations bâtardes.

mardi 27 octobre 2009

Vers un nouveau coup d’État en Amérique centrale ?

par Carlos TENA, 22/10/2009. Traduit par Salah Ahmine, révisé par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original: ¿Nuevo golpe en Centroamérica?

Il est extrêmement surprenant de voir, qu’alors qu’à peu de kilomètres de Managua, au Honduras, se maintient une dictature comme celle de Micheletti, la grande majorité des mas médias nicaraguayens (propriété d’une poignée de familles millionnaires) s’attaque depuis des années au gouvernement constitutionnel de Daniel Ortega. Les manipulations féroces et périodiques de la réalité orchestrées dans la presse écrite, radiophonique et télévisuelle, qui rappellent les campagnes subies par le président du Venezuela, Hugo Chávez, avant et après le Carmonazo [tentative de coup d’État d’avril 2002, NdE], n’ont pas cessé au Nicaragua depuis que Daniel Ortega a assumé la présidence en 2006, ou plus exactement le 10 janvier 2007.
Les disqualifications continues et les insultes de la part du complexe médiatique (à la seule exception de Radio Primerísima et Radio Ya), se sont accélérées dans le fond et dans la forme ces derniers jours, quand la Cour Suprême de Justice s’est prononcée sur la validité des arguments du leader sandiniste pour pouvoir se présenter aux prochaines élections. N’oublions pas que le président hondurien Zelaya a été renversé violemment par l’armée et ses adversaires politiques, qui ont justifié ce putsch par une prétention similaire, il y a seulement quelques semaines (28 Juin 2009), de la part du président constitutionnel.
Cet élément oblige les analystes à déduire, sans aucune crainte de se tromper, que l’Amérique Latine se trouve face à des coups d’États anti-démocratiques soft, moins sanglants que ceux qui ravagèrent le continent depuis le début du 20ème siècle jusque la moitié des années 80, dirigés et orchestrés, comme d’habitude, par le patronat le plus ultra-libéral (pour lequel les moyens de diffusion massive sont indispensables), et pouvant aujourd’hui compter sur la compréhension  des businessmen du secteur, comme le multimillionnaire mexicain Carlos Slim (ami intime de Monsieur X, autrement dit Felipe Gonzàlez), son collègue espagnol Juan Luis Cebrián, des intellectuels d’extrême-droite comme l’Hispano-anglo-péruvien Mario Vargas Llosa ou des Premiers ministres experts en prostituées de luxe, comme l’Italien Silvio Berlusconi.

Carlos Slim et Felipe González
Cette situation est la conséquence directe de la douceur avec laquelle la Maison Blanche traite le dictateur hondurien, qui se dégage facilement du double discours qu’utilisent le président Barak Obama et son éclatante Secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, ou de la tiédeur de l’OEA elle-même face à ce genre de rébellions militaires, dans lesquelles il y a juste à déplorer la mort de peu de citoyens (des provocateurs violents, selon El País), qui criaient dans les rues du Honduras pour le retour de la démocratie, mais loin des milliers d’arrestations et d’assassinats en masse subies durant des décennies par les populations du continent, commis avec la totale bénédiction des différents gouvernements US et de leurs armées, dont la participation et l’assistance militaire (torture inclue) se palpent encore dans des pays comme le Salvador, le Chili, le Paraguay, la Colombie, le Pérou, le Panamá, le Guatemala et d’autres.
Il paraît que Micheletti est bien vu à Washington, au FBI, à la CIA, au siège de PRISA et jusqu’au Vatican (épicentres d’influence sociale variable mais notoire), avec toutes les nuances qu’on peut présupposer. Et le plus curieux est que, quand on découvre les liens entre les putschistes et la délinquance commune, on fait ressortir au grand jour l’asile politique aux USA en leur faveur, comme dans le cas de l’ex-maire de Maracaibo Manuel Rosales, au Venezuela, directement impliqué dans une tentative d’assassinat contre Chávez, ou Luis Posada Carriles, responsable de l’explosion en plein vol d’un avion de Cubana de Aviación qui coûta la vie à 76 personnes, et qui aujourd’hui se promène tranquillement en Floride ; ou encore celui de Patricia Poleo, journaliste d’une chaîne de télévision à Caracas, accusée de l’assassinat du procureur Danilo Anderson.
J’espère que dans le cas des directeurs de journaux aussi connus au Nicaragua que ceux du Nuevo Diario ou de La Prensa, Danilo Aguirre et Jaime Chamorro, qui, respectivement, ont été ou sont en jugement et condamnés pour injures, ou escroquerie de millions, il ne se passera pas quelque chose du même genre. Aujourd’hui, couverts par leurs collègues de la soi-disant presse indépendante, ils clament leur innocence, tout en développant leur stratégie de harcèlement et de démolition médiatique du président Daniel Ortega, téléphonant à leurs associés espagnols, mexicains, chiliens, argentins ou français, pour qu’ils leur donnent un coup de main dans la stratégie de harcèlement et démolition de l’ennemi socialiste, si possible sans effusion de sang innocent. Les unes de ces gazettes brillent de titres répétant le mantra du dictateur Ortega, avec la même allégresse que leurs collègues espagnols appelant José María Aznar président.
 
Danilo Aguirre et Jaime Chamorro
Ils oublient, semble-t-il, qu’un vrai satrape aurait fermé d’un trait de plume ces journaux, radios et stations de télévision, qui continuent à égrener leur chapelet d’insultes et de défis, atteignant le sommet de la paranoïa médiatique quand, comme cette semaine, l’objectif n’est plus Ortega lui-même, mais les magistrats qui composent la Cour Suprême de Justice du pays.
Il n’est pas hasardeux d’affirmer que les deux dirigeants de journaux (Nuevo Diario et La Prensa) sont en train de chauffer la population, ou au moins de créer un dangereux bouillon de culture, pour rendre crédible et inévitable un putsch à la Micheletti, comptant bien sûr sur la bénédiction obligée et l’assentiment de l’église catholique nicaraguayenne (comme au Honduras), mais non sur celle de l’armée, à la différence de ses collègues honduriens, même si elle est bien loin de l’exemple des militaires vénézuéliens, boliviens, équatoriens ou cubains, dont la défense de la volonté populaire est admirable, si nous la comparons avec d’autres forces armées, y compris en Europe. Ces mots d’un chauffeur de taxi de Managua au signataire de ces lignes sont dans une certaine mesure tranquillisants : «Ici, ce qu’on a pu faire avec Zelaya ne peut pas se passer avec Ortega. Nous serions des milliers de citoyens, de camarades femmes, de travailleurs qui en plus possédons une bonne formation militaire, à descendre dans la rue pour défendre la démocratie, pour bloquer, comme à Caracas, un possible coup d ‘Etat ».
Qui a intérêt à ce que se répète l’histoire récente ? Les médias néolibéraux, l’OEA elle-même, la Maison Blanche ou la Communauté Européenne seront-ils disposés à condamner un nouveau coup d’État en Amérique Centrale, aussi peu sanglant soit-il, en brandissant un inexistant respect pour la légalité internationale, l’accomplissement des normes propres de leurs organisations respectives pour ce qui à trait à la défense de la démocratie, sachant que, dans le cas de l’OEA, jamais elle n’osa expulser de son sein des régimes génocides comme ceux qui massacrèrent l’Uruguay, le Brésil, l’Argentine, le Chili, le Paraguay, le Guatemala, le Salvador, etc. et qu’en plein 21ème siècle, elle ne sert qu’à organiser et parrainer des conversations entre les parties en conflit ? Est-il possible de croire en toute confiance que l’on puisse arriver à un accord entre partisans d’une dictature et démocrates convaincus, sans que ces derniers subissent une spectaculaire défaite ?
Peut-être que oui. L’Espagne l’a démontré en 1977, et on a vu ou ça l’a menée.

Madrid, 25 octobre 1977: signature des Pactes de la Moncloa pour la transition à la démocratie constitutionnelle. De g. à dr. Enrique Tierno Galván, Santiago Carrillo, José Maria Triginer, Joan Reventós, Felipe González, Juan Ajuriaguerra, Adolfo Suárez, Manuel Fraga Iribarne, Leopoldo Cavo Sotelo et Miguel Roca


samedi 17 octobre 2009

La double morale des libéraux : les cas du Honduras et de la Colombie

par Vicenç Navarro, 28/9/2009
Original : La doble moral de los liberales: los casos de Honduras y Colombia

La pensée libérale a toujours recouru à un discours qui met l’accent, en théorie, sur la défense des droits individuels comme raison de sa propre existence. Dans sa version économique, cette philosophie politique utilise ce cadre idéologique pour promouvoir la suprématie du marché, dans lequel l’individu consommateur est supposé définir les priorités de la société à travers sa consommation. De là découle –selon le credo libéral - la suprématie du marché sur l’Etat. Il n’est donc pas surprenant que ce soit le monde patronal qui ait fait la promotion la plus intense du libéralisme, présenté lui-même comme le grand défenseur des libertés individuelles.

L’expérience historique, néanmoins, montre que cette tradition libérale a rarement respecté ses postulats idéologiques de respect et de défense des libertés individuelles. Il est bien connu qu’une des principales sources de référence du libéralisme, l’économiste Milton Friedman, appuya la dictature du général Pinochet(voir Navarro, “La prensa liberal y Milton Friedman”, danswww.vnavarro.org, section économie politique). En Espagne nous connaissons bien cette incohérence libérale. Ce fut précisément un porte-parole très visible du libéralisme espagnol, le banquier Juan March qui, quand il vit que ses intérêts patronaux étaient affectés par les politiques publiques du gouvernement républicain démocratiquement élu, appuya le coup militaire de 1936 qui instaura une des dictatures les plus cruelles et sanglantes qu’a connu l’Europe au XXe siècle. Selon le professeur Edward Malefakis de l’Université Columbia à New York, pour chaque assassinat politique commis par Mussolini, le dictateur Franco en commit 30.000. En réalité, la Banque (qui était le pouvoir de fait promoteur du libéralisme en Espagne, fait qui continue aujourd’hui), fut le groupe de fait, dirigé par la Banque March, qui finança ledit coup d’Etat militaire. Il en alla de même en Catalogne avec un grand patron libéral de l’industrie catalane, Francesc Cambó, lequel appuya aussi fortement le coup militaire quand il vit que ses intérêts de classe étaient affectés par les politiques publiques du gouvernement républicain démocratiquement élu.
Une situation similaire est à l’origine du récent coup d’État militaire au Honduras qui a renversé un gouvernement démocratiquement élu. Les médias libéraux espagnols ont expliqué le putsch militaire en utilisant le même argument que celui des putschistes au Honduras pour le justifier, à savoir la nécessité d’empêcher que le président Zelaya modifie la Constitution pour se maintenir au pouvoir. Une voix proéminente de ce chœur libéral a été celle de Mario Vargas Llosa qui comme prévu, dans un article dans El Pais (El golpe de la burlas, 12.07.09), tout en étant critique quant aux formes, a défendu la destitution du président Zelaya, avec les mêmes arguments. Selon lui, il n’était pas permis que Zelaya se perpétue au pouvoir. Mario Vargas Llosa, tout comme la majorité des médias libéraux, ajouta que la destitution du mandataire était aussi une conséquence logique du manque d’appui au président Zelaya et de son impopularité élevée, citant des enquêtes dont j’ai montré dans un autre article qu’elles étaient clairement manipulées (Las falsedades sobre Honduras, Publico, 23.07.09).
Le putsch militaire au Honduras a entraîné une énorme répression contre les forces politiques qui appuyaient le président Zelaya, répression qui a impliqué la diminution substantielle des droits politiques et civils de la population hondurienne, avec la fermeture des médias opposés au nouveau gouvernement putschiste et la persécution de journalistes critiques du nouveau régime. Parmi les autres mesures répressives citons l’interruption de la fourniture d’électricité à des médias non favorables au nouveau gouvernement putschiste, la violente suppression de manifestations en faveur du président Zelaya, des assassinats et arrestations de leaders hostiles au gouvernement putschiste, des restrictions de mouvements de la population et de nombreuses autres mesures répressives qui sont à peine évoquées dans ces médias libéraux. Aucun d’ eux (je répète, pas un seul) n’a dénoncé cette répression. Et Mario Vargas Llosa, qui se présente comme un grand défenseur des droits individuels, s’est cantonné dans un silence assourdissant.



lundi 5 octobre 2009

En 1989, Lewis Amselem, l’actuel représentant des USA à l’OEA a couvert une affaire de torture, au Guatemala

par Jean-Guy ALLARD, 2/10/2009. Traduit par Pedro Da Nóbrega, édité par Fausto Giudice, Tlaxcala
Lewis Amselem, le chef de la délégation usaméricaine à l'Organisation des États américains (OEA), qui a qualifié d’“irresponsable” et “stupide” le retour dans son pays du Président hondurien Manuel Zelaya a fait l’objet d’une dénonciation, il y a quelques années, pour avoir couvert les individus, dont un de nationalité usaméricaine , qui avaient torturé et violé une religieuse usaméricaine au Guatemala.

Le 2 novembre 1989, Dianna Ortiz a été séquestrée, violentée et torturée par des membres des forces de sécurité du Guatemala encadrés par un citoyen usaméricain.

Depuis lors, Ortiz a tenté, sans relâche, d’obtenir du gouvernement des USA la réouverture des dossiers concernant toutes les victimes d’actes de violence au Guatemala, pendant la période des dictatures pro-US.

"Le retour du Président Zelaya au Honduras est irresponsable et stupide et ne sert ni les intérêts de son peuple ni ceux qui œuvrent au rétablissement pacifique de l’ordre démocratique au Honduras", a déclaré Lewis Amselem, avec l’arrogance caractéristique du représentant dûment mandaté des USA auprès de l’Organisation des États américains.

Amselem a séjourné au Guatemala en tant qu’“Attaché aux Droits de l’Homme” de l’ambassade des USA à l’époque du gouvernement de Vinicio Cerezo, une administration civile sous laquelle l’armée a réprimé de la manière la plus sauvage la guérilla. Cerezo a été critiqué pour son inertie face aux affaires de violations des droits de l’homme.

Comme par coïncidence, 1989 est l’année où l’agent de la CIA et terroriste d’origine cubaine Luis Posada Cariles se trouve au Guatemala sous une couverture de chef de la sécurité de l’entreprise téléphonique d’Etat Guatel. Le Président Vinicio Cerezo lui accordera des pouvoirs spéciaux qui le transformeront virtuellement en gangster. On lui attribue de nombreux assassinats, enlèvements, escroqueries et règlements de comptes.


Dianna Ortiz

UNE FOSSE PLEINE DE CADAVRES

Dianna Ortiz était sœur de la congrégation des Ursulines quand elle a décidé de se consacrer aux plus humbles et de se rendre en Amérique Centrale avec d’autres religieuses pour y être infirmière dans des petits villages indigènes. Elle a très vite été la cible de menaces anonymes l’accusant de complicité avec la guérilla et lui intimant de retourner dans son pays.

Selon son récit des faits intervenus ce jour de novembre 1989, deux hommes l’ont capturée dans le jardin d’un centre communautaire et l’ont emmenée à bord d’un véhicule de police banalisé jusqu’à l’Ancienne Ecole Polytechnique, une académie militaire de la ville de Guatemala.

Débute alors un effroyable interrogatoire où Dianna Ortiz subira plus de 100 brûlures de cigarettes et sera violée à répétition par ses bourreaux pour qu’elle identifie des “subversifs”. Les violences ont été telles qu’elle a fini par perdre connaissance.

Selon le rapport publié en 1996 par la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH), Dianna Ortiz “, ayant repris connaissance un moment, s’est rendue compte qu’elle avait les poignets attachés à un crochet au-dessus de sa tête. Il lui semblait être dans un patio. Elle a alors remarqué que plusieurs personnes déplaçaient une lourde dalle à l’étage. On l’a à ce moment-là jetée dans une fosse emplie de corps. Elle s’est de nouveau évanouie. Quand elle a repris conscience, elle gisait au sol et des hommes avaient recommencé à abuser d’elle sexuellement”.

L’interminable séance de torture a cessé lors de l’arrivée d’un individu, qui a affirmé s’appeler Alejandro, en lui expliquant qu’elle avait été prise pour une dirigeante de la guérilla nommée Verónica Ortiz Hernández. Alors qu’ “Alejandro” l’emmenait dans sa Jeep à la “maison d’un ami de l’ambassade”, Dianna s’est échappée en profitant d’un arrêt à un feu rouge.

UN RESIDU DES BUSH

Cette femme, déjà détruite par cette affreuse expérience, devra ensuite subir un véritable calvaire pendant les années suivantes.

Le ministre guatémaltèque de la Défense Hector Gramajo a affirmé publiquement que Dianna Ortiz avait forgé son histoire de toutes pièces, en y ajoutant des insultes et des insinuations outrageusess de nature sexuelle.

En enquêtant sur cette affaire, des reporters de la chaîne de télévision ABC News ont identifié la source de ces rumeurs infâmantes. Elles provenaient de l’Attaché aux Droits de l’Homme Lewis Amselem qui, questionné sur le sujet, a nié de façon véhémente toute implication.

Le Révérend Joseph Nangle de la Communauté de Saint François a révélé plus tard qu’Amselem avait évoqué devant lui le sujet, avec une grossièreté qui l’avait scandalisé.

D’autres confidences de personnes ayant eu des conversations à l’époque avec le diplomate US ont corroboré les déclarations de Nangle en ajoutant même qu’Amselem ne cessait de tenir des propos injurieux sur la présence de volontaires religieux dans les communautés indigènes du Guatemala.

Le 16 octobre 1996, la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme, se basant sur les informations présentées, sur son enquête et sur son analyse de l’affaire, a conclu à la véracité des déclarations de Dianna Ortiz et a condamné le gouvernement du Guatemala.

Malgré tout, les USA, leur ambassadeur Thomas F. Stroock et le fonctionnaire Amselem, qui n’ont cessé de faire obstruction à l’enquête, ne sont pas mentionnés dans le document.

En 1995, un tribunal usaméricain a condamné Hector Gramajo à payer 47 millions de dollars à Dianna Ortiz et à ses autres victimes.

Amselem est un diplomate qui a prospéré sous les administrations Bush et qui est resté comme résidu, à l’instar de bien d’autres éléments d’ultradroite, sous l’actuelle administration Obama.

samedi 3 octobre 2009

Tegucigalpa, ville de furie


par Allan McDONALD Traduit par Thierry Pignolet, édité par Fausto Giudice, Tlaxcala

Original : Tegucigalpa, la ciudad de la furia

Sur l’auteur




Le jour se lève.

J'ai traversé mes souvenirs d’un pas ferme et me suis arrêté au coin de l'histoire, sous le feu de couleur vert olive, pour que les chars d’assaut passent en trombe. Je me suis alors rappelé mon enfance de lumières perdues, quand je jouais à disséquer ce jardin de fleurs sous le regard lumineux et incandescent de Dieu, et j'ai revu mes figurines de plastique des céréales de Cornflakes, d'une époque révolue où jouer aux petits soldats était une joie de la vie. Aujourd’hui, c’est une angoisse de les voir en réalité, une horreur de voir leurs yeux effrayants de dévastation et leurs cuirasses de métal sur la poitrine -comme les animaux mythologiques d’une ère néolithique déjà vaincue par les paléontologues de la fin du monde.

La ville de Tegucigalpa est un camp de concentration, une ville minée par la haine, un gros village empêtré dans des bottes qui détruisent à chaque pas l’herbe de l’espérance, s’acharnant pour qu’elle ne repousse plus jamais. Même si la fleur de la résistance croît dans l'asphalte de leurs pas tordus.

Sur chaque trottoir, dans chaque rue, dans chaque allée s'engouffre avec force la lutte contre ces monstres de métal brillant, astiqués avec les chemises de misère de ce Honduras ; dans chaque carabine il y a la haine et l'utopie; dans chaque T-shirt vert il y a le corps du délit ; dans chaque regard il y a une larme d'amour pour libérer le pays d’orangs-outangs de contrefaçon, issus d'une jungle phosphorescente de vers luisants politiciens sans éclat.

Le feu passe au rouge, il est temps que s'arrêtent les caravanes de fer pourri et les dinosaures de la poubelle universelle de l'histoire, il est temps d'allumer cette lumière rouge de la dignité qui mettra fin à la fureur effrénée de cette écurie métallique qui écrase un espoir selon eux existant -car ils sont convaincus que tout le pays se résume à un M-16.

Mes figurines de plastique sont tombées dans le jardin et se sont perdues entre le tas de feuilles mortes et les tourbillons secs de l'hiver. Je cours chercher de l’aide chez mon papa. Ce sont mes seuls jouets et le vieux, qui lit un petit livre d'Honoré de Balzac, me chuchote à l'oreille, comme un secret d'État sans président : « Laisse-les là, le plastique fond au soleil du matin ».

Il fait jour.

Aube sur Tegucigalpa. Photo Enzo Gallardo

vendredi 25 septembre 2009

Honduras: le début de la fin ?

English: Honduras: The Beginning of the End?

Zelaya est déjà à Tegucigalpa et son entrée au Honduras, se moquant des « mesures de sécurité » frontalières, devrait marquer le début de la fin du régime putschiste. Cet espoir est fondé sur plusieurs raisons, exposées ci-dessous.

Premièrement, parce que les gorilles du Honduras et leurs instigateurs et protecteurs aux USA (principalement au Commandement Sud et au Département d’État) ont sous-estimé la massivité, l'intensité et la persévérance de la résistance populaire qui, jour après jour, sans faille, manifeste son opposition au coup d’Etat. En réalité, ce refus de taille n’était prévu par personne si on s’en tient à l’histoire contemporaine du Honduras. Mais le nouveau chemin choisi par Zelaya, sa réponse positive face aux demandes populaires longuement reportées et la réorientation de son insertion internationale dans le cadre de l’ALBA, a eu un effet pédagogique impressionnant et a déchaîné une réaction populaire inespérée.

Deuxièmement: le régime putschiste s'est montré incapable de briser son double isolement. Sur le front interne, il est devenu de plus en plus évident que sa base sociale se réduisait à l’oligarchie et à quelques groupes subordonnés à son hégémonie, dont les moyens de communication dominés sans contrepoids par le pouvoir du capital. De plus, le passage du temps, loin de débiliter la résistance populaire, a affaibli le soutien social au régime. 
Sur le plan international, l’isolement de Micheletti et de sa bande est quasi absolu, sauf de rares exceptions. Toute l’Amérique Latine et les Caraïbes ont retiré leurs ambassadeurs. De même plusieurs des pays les plus importants d’Europe. Même l’OEA a adopté une ligne dure à l’encontre du régime. Son soutien externe provenait presque uniquement des USA. Néanmoins, ce soutien a diminué avec le temps, depuis le refus de visas au corps diplomatique accrédité à Washington jusqu’à des mesures toujours plus exigeantes à l’encontre de Micheletti lui-même et de ses collaborateurs.

Troisièmement, parce que la politique ambigüe du gouvernement US - résultant d’une confrontation interne dans l’administration - a facilité le coup d’Etat qui a pu évoluer dans une direction contraire aux intérêts des usurpateurs. Certes, le rejet initial du coup d’Etat manifesté par Obama fut par la suite atténué et attiédi par son ancienne (et actuelle ?) rivale, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton. Mais le caractère rétrograde de Micheletti et de son entourage - qu’ils ne peuvent dissimuler - ainsi que l’interminable quantité d’insultes adressées à Obama chaque fois que la Maison Blanche exprimait une critique à Tegucigalpa, a lentement fait pencher la balance contre la Secrétaire d’État. Ce qui a créé une atmosphère croissante d'antagonisme dans les relations avec les putschistes.

Quatrièmement et enfin : le régime instauré le 28 juin constitue une sérieuse prise de tête pour Obama.


En premier lieu, il dément manifestement sa promesse de fonder une nouvelle relation entre les USA et les pays de l’hémisphère. Le soutien initial au putsch, clairement manifesté par la résistance obstinée de Washington à le caractériser comme un « coup d’Etat », la tiédeur de la réponse diplomatique et l’indifférence face aux graves violations des droits humains perpétrées par le régime de Tegucigalpa, tout cela a nui sérieusement à l’image qu’Obama voulait établir en Amérique Latine et dans les Caraïbes.

La continuation du régime putschiste ferait apparaître Obama comme un politicien irresponsable et démagogue ou, pire encore, comme quelqu’un d’incapable de contrôler ce que font et disent ses subordonnés au Pentagone, au Commandement Sud et au Département d’État. Ceci se rattache à une autre affaire, très importante et qui dépasse le cadre de la politique de l’hémisphère : sa crédibilité sur l’arène internationale. S'il s'avère impuissant à contrôler ce qui se passe dans son « arrière-cour », les gouvernants d’autres pays - spécialement la Chine, la Russie et l’Inde - auraient des raisons de suspecter qu’il ne pourra non plus contrôler les secteurs les plus belliqueux et réactionnaires des USA. Pour ceux-ci, les promesses du président d’encourager le multilatéralisme équivalent à une capitulation inconditionnelle face à leurs ennemis détestés.
Ceci est particulièrement grave dans une période où Obama négocie avec la Russie un nouvel accord pour réduire l’arsenal nucléaire des deux pays, ce dont Washington a besoin autant que Moscou, étant donné l’hémorragie économique produite par les guerres en Irak et Afghanistan et l’incontrôlable déficit fiscal usaméricain.
L’échec de cet accord aurait un coût économique énorme sur le budget public au moment où cet argent est nécessaire pour éloigner les risques d’un approfondissement de la crise économique qui a éclaté en 2008. Mais pour persuader les Russes que son plan de réduction d’armements est viable, il doit d’abord démontrer qu’il contrôle la situation et que ses faucons au Pentagone ne le lâcheront pas.
Chaque jour de plus avec Micheletti au pouvoir équivaut à un mois supplémentaire de conversations difficiles avec Medvedev et Putin pour les convaincre que ses promesses seront tenues. Parce que s’il ne peut maîtriser les siens au Honduras, pourra-t-il le faire lorsqu’il s’agira d’une question stratégique et vitale pour la sécurité nationale des USA ?

jeudi 24 septembre 2009

Bienvenido/Welcome/Bienvenue MEL! !ترحيب الرئيس زيلايا

Tegucigalpa, Honduras: Intifada الانتفاضة في تيغوسيغالبا ، عاصمة هندوراس
Jeudi 24/9/2009



















lundi 21 septembre 2009

Don Manuel est à Tegucigalpa



Manuel Zelaya, le président constitutionnel du Honduras, se trouve de retour dans la capitale de son pays depuis lundi 21 Septembre, 86 jours après en avoir été chassé par les gorilles putschistes, qui l'avaient mis en pyjamas dans un avion. Don Manuel, avec la complicité de Lula, président du Brésil, vient d'apporter une innovation originale à l'histoire de la diplomatie et du droit d'asile: normalement, les ambassades servent de refuges à des personnes persécutées qui cherchent à s'enfuir. Cette fois-ci, l'ambassade du Brésil dans la capitale hondurienne est appelée à jouer un nouveau rôle: celui de base d'appui pour la reconquête du pouvor légal et légitime par un président élu et renvers par un coup d'État. Zelaya, dans une ambassade entourée par ses smpathisants, a annoncé qu'il va entamer les négocations avec le gouvernement de facto issu du putsch. Décidément, l'Amérique latine n'en finit pas de surprendre le monde.

Carlos Latuff

jeudi 27 août 2009

HONDURAS : « La priorité c’est le retour à la démocratie»

Entretien exclusif avec ARISTIDES MEJIA CARRANZA, Vice-président de la République du Honduras en exil, à l’occasion d’une visite officielle en France
par Sébastien Madau, La Marseillaise, 27/8/2009

Aristides Mejia Carranza est vice-président de la République du Honduras en exil. Il est de passage en France pour rencontrer des membres du ministère français des Affaires étrangères et des responsables de l’Union européenne. Il a accordé un entretien exclusif à "La Marseillaise".

- Avez-vous pu entrer facilement sur le territoire français étant donné que le représentant d’Interpol au Honduras a demandé de vous faire arrêter, vous ainsi que d’autres ministres pour des faits de corruption ?

C’est exact, mais il n’a aucune légitimité. Au Honduras, Interpol est représenté par un policier aux ordres d’un pouvoir illégitime qui n’est pas reconnu. Les autorités françaises ont été averties de mon arrivée et vous voyez, je n’ai pas été arrêté. J’ai été reçu par le ministère des Affaires étrangères avec une escorte officielle.


- Quelles sont les dernières informations provenant du Honduras ?

La situation se dégrade de jour en jour. Chaque manifestation subit la répression et des arrestations. La Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH) rentre du Honduras où elle a recueilli des déclarations de victimes d’arrestations et d’agressions. Le danger c’est que plusieurs médias ont été fermés. Du coup, les gens ne savent pas à quel point leur pays est isolé, politiquement et économiquement.

Heureusement, les putschistes perdent certains de leurs soutiens. Depuis deux semaines par exemple, la classe moyenne descend aussi dans la rue alors qu’elle était restée silencieuse jusqu’à présent.

- Les Accords de San José, présentés par le médiateur Oscar Arias, président du Costa-Rica, sont-ils selon vous une base solide de dialogue ?

Pour nous, oui. Une délégation de l’Organisation des Etats Américains (OEA) est allée au Honduras pour rencontrer le Gouvernement putschiste et essayer de lui faire accepter ces accords. Nous verrons bien, même si je n’ai pas beaucoup d’espoirs. Le président Zelaya a estimé que ces accords assuraient une solution diplomatique. Mais le Gouvernement putschiste de Roberto Micheletti n’accepte pas la première condition : le retour au pouvoir sans condition de Manuel Zelaya.

Quant à la question de l’amnistie, ils disent qu’ils demanderont aux différents pouvoirs de l’Etat (Congrès, Cour Suprême…) de statuer mais cela n’a aucune chance d’aboutir car ces organes ont eux aussi activement participé au putsch.

- Le 24 juillet, le président Manuel Zelaya a franchi la frontière avant de revenir au Nicaragua. Pourquoi ne tente-t-il pas une nouvelle incursion ?

Cette action a été réalisée dans le but de ne pas laisser tomber la résistance intérieure hondurienne. Mais deux dangers sont rapidement apparus : l’arrestation et l’assassinat. Nous avons décidé de poursuivre par la voie diplomatique mais nous sommes conscients que ces négociations s’épuiseront s’il n’y a pas de résultats positifs rapides.

-Le président Zelaya est-il en relation directe avec cette résistance intérieure ?

Tout à fait. Le président possède de nombreux soutiens au sein du Parti Libéral (le parti de Micheletti et de Zelaya, NdR) en plus de personnalités indépendantes, d’intellectuels, de syndicats ou de partis de gauche. Cette diversité a peut-être un projet de société qui comporte des différences, mais elle s’est réunie pour le rejet des putschistes, le retour de Manuel Zelaya au pouvoir et le rétablissement de la démocratie.

-Les élections présidentielles prévues le 29 novembre peuvent-elles finalement résoudre la crise ?

Il faut que le président Zelaya soit réinstallé pour que la transition se fasse dans de bonnes conditions (les élections doivent avoir lieu en novembre 2009 et l’installation du nouveau président en janvier 2010. Manuel Zelaya ne pourra pas se présenter car le mandat présidentiel n’est pas renouvelable, ndr). Or, dans ces conditions, les élections n’ont aucune légitimité. D’abord parce que le candidat du Parti Libéral Elvin Santos fait partie de ceux qui ont participé au coup d’Etat. Ensuite parce que des candidats comme celui de gauche César Ham ont déjà été agressés.

Les conditions d’une vraie démocratie ne sont pas réunies pour ces élections. Il faudrait que le futur gouvernement soit libre de rassembler le peuple après les élections sur la question de la réconciliation nationale. C’est impossible à imaginer aujourd’hui.

-Le 28 juin, tout est parti du refus de l’armée d’installer une quatrième urne lors d’élections. Cette urne visait à consulter le peuple sur des réformes éventuelles. Cette consultation est-t-elle toujours d’actualité ?

La quatrième urne a été rejetée par les putschistes parce qu’ils ne veulent pas changer de système politique alors que les manifestants disent que c’est nécessaire. Le processus n’est pas mort. Au contraire, il est encore plus d’actualité. Mais aujourd’hui, ce n’est pas le plus important. Le plus important c’est le rétablissement de la démocratie, des élections dans de bonnes conditions et le départ des putschistes.

-Le Honduras est un petit pays, mais l’affaire a pris une énorme ampleur en Amérique latine.

Ce n’est pas uniquement un problème hondurien. Le risque c’est que notre pays devienne un mauvais précédent. Si le coup d’Etat du Honduras persiste, certains groupes pourront envisager de faire de même dans leur pays, si leur président ne leur plait pas. C’est pour cela qu’il faut en finir avec ce régime putschiste.

Le Honduras, ligne de front du combat pour la démocratie


par ATTAC FRANCE, 17/8/2009

Le coup d’Etat du 28 juin 2009 contre le président élu du Honduras, Manuel Zelaya, a fait de ce petit pays centraméricain la ligne de front du combat pour la démocratie en Amérique latine. Les putschistes civils et militaires, véritable concentré de l’oligarchie locale, sont en train d’installer une dictature dont la région a une tragique expérience : assassinats (déjà au moins une dizaine), disparitions, tortures - notamment par le sinistre Bataillon 3-16 créé par la CIA dans les années 1980 -, arrestations par milliers, contrôle absolu des médias, etc.
Pour exiger le retour à l’ordre constitutionnel, donc le rétablissement du président Zelaya dans ses fonctions, et face à l’intensification de la répression, les forces populaires regroupées dans le Front national de résistance ont adopté une stratégie d’actions non violentes. Des éléments provocateurs à la solde des putschistes tentent cependant de les dévoyer pour justifier les exactions de l’armée et de la police. Le courage des démocrates honduriens force l’admiration et le mouvement Attac leur témoigne sa totale solidarité.

Lire la suite

samedi 22 août 2009

Les stratégies de l’empire en Amérique latine

par Eduardo PAZ RADA, 20/8/2009

En dépit des fortes et importantes actions adoptées et des durs discours émis par les Nations Unies, l’Organisation des États Américains, les pays de la région en bloc ou individuellement face au coup d’Etat au Honduras, la stratégie des USA est en train de démontrer une haute efficacité après des années au cours desquelles ils paraissaient avoir perdu la capacité de manœuvre dans les décisions politiques sur le continent.
Non seulement parce que le président hondurien Manuel Zelaya lui-même, a mis entre les mains du gouvernement de Barack Obama les décisions déterminantes à prendre pour surmonter la crise, mais parce que les actions adoptées au niveau régional n’ont pu, jusqu’à présent, faire fléchir l’oligarchie hondurienne et les secteurs “durs” des Forces Armées. Il s’agit d’un clair signal que les luttes de libération nationale des peuples ne sont, ni ne seront simples et faciles étant donné que les structures de pouvoir économique et politique, sont en train de se recomposer à l’échelle nationale et internationale.



vendredi 21 août 2009

USA/Honduras, après

par Juan Gelman, 30/7/2009
Le premier coup d’Etat en Amérique latine depuis l’accession au pouvoir d’Obama a posé un problème complexe à La Maison Blanche : elle ne peut appuyer publiquement le coup, mais ne veut pas non plus que Zelaya se rapproche encore plus du Venezuela. Ainsi, elle procède à diverses manœuvres pour concilier les deux desseins : la première était de confier à l’OEA la responsabilité de négocier entre le déposé Zelaya et l’usurpateur Micheletti. La réponse, la condamnation unanime du coup et l’expulsion du Honduras de l’organisation, a bouleversé le Département d’Etat, qui déjà menace la possiable réélection de son secrétaire général, le Chilien Insulza. Le second scénario a consisté à confier la tâche à Oscar Arias (le président du Costa Rica, NdT), qui est extrêmement ami de tout ce qui est usaméricain à commencer par leurs gouvernements, quels qu’ils soient.
La proposition d’Arias, supervisée par le Département d’Etat, inclut le rétablissement de Zelaya, mais avec des conditions qui affaiblissent son mandat, fixées par les putschistes : aucun plébiscite sur la réforme de la Constitution, bien que le référendum envisagé par Zelaya n’était que consultatif, intégration des opposants à des postes-clés du cabinet, et au revoir au “communiste” Chávez. En d’autres termes, faire du déposé reposé une marionnette jusqu’aux élections de janvier prochain. Un communiqué des militaires putschistes a exprimé dimanche 26 juillet un appui au plan d'Arias, mais leur commandant en chef, le général Romeo Vásquez Velásquez, a déclaré à la BBC le lendemain qu’il ne permettrait pas la réinstallation de Zelaya.

vendredi 7 août 2009

samedi 18 juillet 2009

HONDURAS : Ils étaient au courant et ils ont donné un petit coup de main

par Juan GELMAN, 16/7/2009. Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original : Sabían y ayudaron un poquito



La Maison Blanche savait depuis des mois qu’un coup d’État se préparait au Honduras, mais aujourd’hui les porte-parole du Département d'Etat feignent une innocence surprise. L'actuel ambassadeur des USA à Tegucigalpa, Hugo Llorens, le sait très bien: le 12 Septembre 2008 , il est arrivé dans le pays, et neuf jours plus tard, le général aujourd’hui putschiste Romeo Vásquez déclarait à la station de radio HRN qu’on était venu lui demander de « virer le gouvernement du président Manuel Zelaya Rosales » (www.proceso.hn, 21-9-08). Il ajoutait : « Nous sommes une institution sérieuse et respectueuse, nous respectons donc M. le Président comme notre Commandant en chef et nous lui obéissons comme l’ordonne la loi. » Igualito Tout comme Pinochet avant de se soulever contre Salvador Allende. Toute ressemblance avec la réalité est à imputer à cette dernière.

Le 2 juin de cette année, Hillary Clinton est allée au Honduras pour participer à une réunion de l'OEA. Elle s’est entretenue avec Zelaya et lui a dit son désaccord avec le référendum que le président envisageait de mener en même temps que la prochaine élection présidentielle. Des fonctionnaires US ont indiqué qu’ils "ne pensaient pas que ce référendum soit constitutionnel " (The New York Times, 30-6-09). Six jours avant le coup, le journal La Prensa du Honduras a indiqué que l'ambassadeur Llorens a rencontré des politiciens influents et des dirigeants militaires « pour trouver une solution à la crise provoquée par le référendum » (www.laprensahn.com, 22-6-09 ). La "solution" trouvée est connue.

Il est difficile de supposer que les commandants militaires du Honduras, que le Pentagone a armés et formés à l'École des Amériques, qui a enseigné à de nombreux dictateurs d'Amérique latine comment s’y prendre, aient agi sans l'accord de leur mentor. En outre, les putschistes n’ont pas caché les raisons de leur acte : Zelaya était en train de trop se rapprocher de ce "communiste" de Chávez, le Vénézuélien le plus détesté par la Maison-Blanche : en juillet 2008, sous son mandat, le Honduras a adhéré à l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA), le nouvel «axe du mal» en Amérique latine. C’est trop, non?


Gervasio Umpiérrez,
Juventud Rebelde


Trop, oui, parce que le Honduras est un territoire stratégique pour le Pentagone, qui, à partir de la base de Soto Cano, où sont stationnés des effectifs de l'armée de l'air et de l'infanterie US, non seulement domine l'Amérique centrale, mais cette véritable enclave est fondamentale dans le schéma militaire US pour une région riche en ressources naturelles. Bien qu’il n’ait jamais touché aux intérêts des sociétés étrangères ou des maîtres locaux du pouvoir économique, Zelaya constituait un risque de "déstabilisation". Il convient de noter que le référendum sur l'opportunité ou non de convoquer une Assemblée constituante qui permettrait la réélection de Zelaya n'était pas contraignant. Personne n’a été gêné à Washington par la réforme constitutionnelle qui a permis en Colombie la réélection d' Álvaro Uribe, un grand allié des USA, qui n'a même pas été plébiscitée. Il ne faut mélanger les torchons et les serviettes.

Les putschistes honduriens sont ne sont pas présentables. Le Général Romero Vásquez Velasquez, démis par Zelaya, revenu pour faire un putsch en enlevant et en déportant le président, a été enfermé au pénitencier national en 1993 avec dix autres membres d'un gang accusé d'avoir volé 200 voitures de luxe (www. elheraldo.hn, 2-2-93). Il était alors major ; une fois général, c’est au vol d’un gouvernement élu dans les urnes qu’il se consacre. Un autre personnage tout aussi peu présentable est le ministre conseiller Billy Joya, qui ne fait pas honneur à son nom (ou peut-être que oui, c’est une question de point de vue) [joya=bijou en esp., NdT], a été chef de la division tactique du bataillon B3-16, l'escadron de la mort hondurien qui a torturé et fait «disparaître» de nombreuses personnes dans les années 80. « Le Licencié Arrazola » - l'un de ses surnoms -, est un expert en la matière : il a étudié les méthodes des dictatures au Chili et en Argentine (www.michelcollon.info, 7-7-09). Ses antécédents sont connus, et malgré cela – ou justement, à cause de cela -, il a été choisi pour faire partie du régime putschiste, tellement démocratique.

La répression continue au Honduras. Jeudi dernier a été arrêté le père d'Isis Murillo Obeid, 19 ans, tué par l'armée à l'aéroport de Tegucigalpa [le 5 juillet, NdT]: il avait eu idée saugrenue de réclamer publiquement justice pour son fils (www.wsws.org, 11 -7-09). Les sauveteurs de la démocratie ont expulsé les journalistes de l'Associated Press, fait disparaître des écrans la chaîne Canal 21 et des troupes armées ont occupé la chaîne Canal 36 (Miami Herald, 1-7-09). Il s'agit de la conception de la liberté de la presse qui caractérise les putschistes.


Liberté de la presse, Luiso, Artistas Gráficos contra el Golpe en Honduras © Luis María Ligarribay

La Maison Blanche réagit mollement à ce qu’elle a qualifié d’«acte illégal». Hillary refuse d'appeler cela un "coup d'Etat" parce que cela impliquerait automatiquement la fin de l'aide économique et militaire US au Honduras. Les pourparlers pour un règlement pacifique qui ont lieu au Costa Rica, où le président Oscar Arias fait office de médiateur à la demande d'Obama, sont une farce. Mais ils ont un aspect important : ils impliquent une reconnaissance officieuse du régime imposé par le putsch. Arias a déjà annoncé qu'il appellera "M. le Président" aussi bien le putschiste Micheletti que le président élu et destitué. Ça, c’est vraiment de l’impartialité.


Rolando Guerrero,
Juventud Rebelde

mercredi 8 juillet 2009

Magnifique peuple hondurien

L'auteur de ce dessin, Rúkleman Soto, fait un jeu de mots entre "Escuela" (École) et "Secuela" (Séquelle). Le maître demande à l'élève : Capitale du Honduras ? Réponse du gorille : Tegucigolpe (golpe signifie putsch). Le maître : Reçu! L'École des Amériques, créée en 1946 à Panamá par le Pentagone et rapatriée à Fort Benning, en Géorgie en 1984, où elle a été rebaptisée Institut de l'hémisphère occidental pour la sécurité et la coopération, a formé tous les militaires putschistes et tortionnaires qui ont sévi en Amérique latine depuis 55 ans, dans le long cycle de coups d'État inauguré par le renversement du président Arbenz au Guatemala en 1954. On croyait révolue l'ère des gorilles (c'est ainsi que les Latinos appellent les militaires putschistes). Ce n'est pas tout à fait le cas. Le premier coup d'État "new look" de l'ère Obama vient d'avoir lieu au Honduras. Son organisateur a été le général Romeo Vásquez, chef de l'État-Major conjoint, formé à l'École des Amériques, que le président Zelaya avait destitué le 24 juin pour avoir désobéi à ses ordres. Le 26 juin, il a été reconduit dans ses fonctions par la Cour Suprême, qui a appliqué une des ressources du droit, le recours en protection (amparo). C'est la caracéristique principale de ce putsch "new look" : il se pare de tous les attributs de la légalité et de la constitutionnalité. Mais personne n'est dupe. Et quand le peuple se lève, seuls lui répondent les fusils-mitrailleurs et les tanks, comme au bon vieux temps des Pinochet, Videla, Somoza et Stroessner.

Le Général Romeo Orlando Vásquez Velásquez, gorille en chef, organisateur du Jurassic Coup ("golpe jurásico”, comme l'a défini le journaliste cubain Fidel Díaz Castro).

Les salopards qui, le dimanche 28 juin, ont renversé le président élu Manuel Zelaya (appelé MEL par le peuple) et l'ont expédié en avion au Costa Rica,mettant à sa place l'entrepreneur Micheletti - aussitôt rebaptisté Pinochetti par le peuple - avec la bénédiction de la Conférence épiscopale, n'ont pas la tâche facile. C'est que nous ne sommes plus dans les sombres années 1970. Le peuple hondurien a à sa disposition Internet, Youtube, Twitter, et il dispose d'un réseau d'émigrés planétaire, avant tout l'importante diaspora qui vit aux USA et, par ses envois d'argent, constitue la première ressource du pays. Depuis le 28 juin, donc, le peuple hondurien offre une magnifique résistance aux gorilles. Il compte beaucoup d'alliés, à commencer par les peuples et gouvernements de Cuba, du Nicaragua, du Venezuela, d'Équateur, de Bolivie, d'Argentine, du Paraguay et d'Uruguay, bref l'écrasante majorité des pays membres de l'Organisation des États américains, sans compter l'ONU et l'UE. Reste un hic : la position officielle des USA et du Canada, exemplaire de jésuitisme et de double langage. il est évident pour tous que les putschistes, bons élèves de l'École des Amériques, ont reçu les conseils et l'appui tactique du Pentagone et de la CIA pour réaliser leur putsch dominical.
Questions à 1000 millions de dollars : Obama contrôle-t-il le Pentagone et la CIA ? Est-il sur la même longueur d'ondes qu'Hilary ? Va-t-il se décider à avoir le courage de reconnaître que ce qui s'est passé à Tegucigalpa le 28 juin est un coup d'État et donc appliquer la loi US, c'est-à-dire suspendre les relations diplomatiques, économiques, militaires et fnancières avec le Honduras tant que sa capitale méritera le surnom de Tegucigolpe ?













Mel Zelaya, El Presidente cantante/The Singing President/Le Président chanteur