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lundi 30 octobre 2023

“Ce qu’est en train de faire le Hamas, c’est copier le système vietnamien”
Entretien avec Ilich Ramírez Sánchez, alias Carlos

Depuis sa prison française, le commandant Carlos analyse la situation en Palestine

Propos recueillis par Fausto Giudice, Basta!, 5 janvier 2009
Version originale espagnole Entrevista con Ilich Ramírez Sánchez: “Lo que está haciendo Hamás es copiar el sistema vietnamita”

Versione italiana 
“Quello che sta facendo Hamas è copiare il sistema vietnamita”
Un’intervista a Ilich Ramírez Sánchez, alias Comandante Carlos, del 2009

Русская версия
Интервью с Ильичем Рамиресом Санчесом: «То, что делает Хамас, это копирует вьетнамскую систему»


Depuis la centrale de Poissy, en région parisienne, où il purge la quatorzième année de la peine de prison à vie à laquelle il a été condamné par la justice française après avoir été kidnappé par les services français au Soudan en 1994, Carlos, combattant actif de la résistance palestinienne pendant plus de deux décennies, suit avec attention l’évolution de la situation à Gaza. J’ai pu recueillir sa vision des choses dans une entrevue réalisée le 1er janvier, soit deux jours avant le déclenchement de l’offensive terrestre israélienne. Pour moi, Carlos est un personnage historique et il ne m’appartient pas de le juger, la justice française s’en est déjà chargée, à sa manière pour le moins contestable.-FG

« Bien creusé, vieille taupe ! »
Shakespeare, Hamlet, cité par Karl Marx (un autre barbu)

FG- Tu sais qu’ Ahmed Saadat vient d’être condamné à 30 ans de prison ?
IRS- Oui.

Quelle a été ta première réaction ?
Tout ça est un abus de pouvoir. C’est le résultat, premièrement, de la situation dans laquelle le Front populaire de Libération de la Palestine s’est mis en abandonnant la lutte armée à l’extérieur. Ahmed Saadat fait partie des gens de la résistance intérieure, je ne le connais pas, mais d’après ce que j’ai entendu, c’est un type magnifique et avant tout un révolutionnaire, c’est ce que j’ai entendu, et c’est pour ça que la répression contre lui a été si dure, alors que d’autres types du FPLP sont tranquilles, voyagent et font ce qu’ils veulent, et ils vivent en Palestine, non ? Il ya donc une bonne raison à tout ça. De toute façon, ce monsieur était là, premièrement c’est Arafat qui l’a emprisonné, deuxièmement il était sous les garde des britanniques et des Usaméricains, qui ensuite se sont retirés, et les Israéliens sont arrivés et l’ont arrêté dans sa prison en Palestine, à Jéricho. Donc, bon sang, un total manque de respect de la parole donnée de la part des gouvernements britannique et US, et des Israéliens il ne faut â s’attendre qu’ils respectent quoique ce soit, ils n’ont ni honneur ni parole, ce sont des criminels fascistes.

Dis donc, ma première réaction a été de faire un parallèle avec ton cas.
Oui, il y a des aspects comparables. Mais c’est différent, Dans mon cas ça a été une affaire d’argent Simplement, ils se sont adressés à un chef d’État, un responsable de là-bas (le Soudan, NdR), et ils lui donné de l’argent, ça n’a pas été une question politique, juste d’argent, d’argent. Ils nous ont tous vendus, moi, Oussama Ben Laden.

Ahmed Saadat, lors de son procès devant le tribunal militaire israélien d'Ofer en décembre 2008. Il a été réélu secrétaire général du FPLP en 2022

Et tu ne crois pas que ça a été le cas avec la Mouqata?
Non, non, non. Les petits accords qu’ils passent, ils ne les respectent jamais. Ces gens-là ne comprennent que le langage de la force, et c’est tout. Et le Front populaire s’est retiré objectivement de la lutte armée, sous l’influence des camarades soviétiques et sur les conseils du Parti communiste français, aussi d’autres partis communistes, mais surtout du PCF, ils ont abandonné la lutte internationale. Et la lutte internationale était la seule qui avait de l’importance pour une organisation comme le FPLP, qui avait pas mal d’appuis de masse, qui n’avait pas les capacités qu’avait par exemple le Fatah, en termes numériques, mais en qualité oui, il en avait.

Nous pouvions donc frapper fort, à l’intérieur et à l’extérieur et donc…J’en parlais avec Arafat il y a des années, et il reconnut qu’on ne pouvait plus rien faire à l’intérieur et que la seule chose que nous pouvions faire, c’était le FPLP et ses alliés. Donc… Ceci (la capture d’Ahmed Saadat, NdR), a été le résultat d’une bonne opération, l’exécution de ce criminel qui était ministre du Tourisme, un général en retraite qui avait assassiné – je vais te dire pourquoi ils l’ont exécuté – des camarades, il y a des années, qui avaient pris des otages dans un autobus. Ces camarades s’étaient finalement rendus et ils ont été exécutés sur ordre direct de ce général. Sur ses ordres, ils ont tué ces garçons. C’est pour cette raison qu’il a été exécuté à Jérusalem vingt ans plus tard. C’était il y a longtemps.

Ahmed Jibril (1938-2021)


N’oublie pas que le FPLP a été le premier à déclencher la lutte armée. ça n’a été personne d’autre. Bon, la première opération armée au nom de la résistance palestinienne a été menée par le FPLP-Commandement général d’Ahmed Jibril. Ils ont été les premiers, sous un autre nom, bien avant le Fatah. Et puis il y a autre chose : l politique d’abandon des prisonniers. Le FPLP n’a pas seulement abandonné la lutte armée, il a aussi abandonné les prisonniers, au sens de les libérer par la force. Le FPLP-CG, les gens d’Ahmed Jibril, a échangé des otages contre des prisonniers, il a pu ainsi libérer des milliers de prisonniers. Et maintenant, le Hezbollah a la même ligne. Mais malheureusement le FPLP, pour se faire inviter aux congrès des partis communistes en Europe occidentale, e à l’époque soviétique, a abandonné la lutte armée.
Maintenant, ils peuvent donc se permettre de frapper le Front populaire, de commettre des actions illégales contre Ahmed Saadat, mais contre les Israéliens, personne n'a rien fait. Les premiers responsables, ce sont les dirigeants du FPLP eux-mêmes. 

Wadi Haddad (1927-1978)

Mais explique-moi une chose : ils ont abandonné la lutte armée à cause de la disparition de l’URSS ?
Non, non, non, non. C’était avant. Il y avait Ponomarev, qui donnait toujours des conseils à Abu Ali Mustafa, qui était un type magnifique, un dirigeant – je l’ai bien connu – un type respectable. Mais il n’avait pas la profondeur qu’avait Wadi Hadad, qui se projetait, avec ce génie stratégique qu’il avait, et cette habileté pour les situations tactiques, nous avions des bons conseillers arabes, dont j’ai connu certains – et je ne vais pas parler d’eux, car certains sont encore en vie -,ils n’étaient pas forcément palestiniens, il y avait des militaires de carrière, des gens bien, et il y avait des gens de grande qualité qui se chargeaient des commandos, parmi lesquels je me trouvais. Tu comprends ? Et quand ces positions ont été abandonnées, bon, parfois il était…Wadi Haddad était un type de droite, mais sa ligne stratégique était correcte : il faut frapper l’ennemi de manière à ce qu’il ne se sente en sécurité nulle part. Aucun cadre, aucune responsable (sioniste, NdR) ne doit se sentir en sécurité dans aucun endroit au monde. Où qu’ils soient, il faut qu’ils soient angoissés. Et quand on a abandonné ça, on a perdu l’arme principale dont disposait la résistance palestinienne.


Les tunnels de Cu Chi au Sud-Vietnam s'étendaient sur 250 km de la banlieue de Saïgon à la frontière cambodgienne. Cauchemar de l'armée US, ils sont devenus l'attraction touristique souterraine n° 1 du monde, selon...CNN

Voyons maintenant la situation aujourd’hui à Gaza. J’ai parlé avec un militant du Hezbollah qui m’a dit que la situation n’était pas si mauvaise pour le Hamas, qui n’avait pas été atteint militairement, dont les forces étaient intactes, mais je ne sais pas ce qu’ils peuvent faire, car ils ne disposent pas de l’espace minimum dont le Hezbollah, au moins, disposait au sud-Liban, non ?
Écoute, je crois que ce que le Hamas est en train de faire, c’est copier le système vietnamien. Le Hamas n’a rien inventé. Ce qu’il a fait, c’est développer la question vietnamienne, avec les moyens que lui ont donné les frères, les camarades iraniens. Donc, quand ils (les Israéliens, NdR) ont envahi la dernière fois (le Liban, NdR), ils ont reçu un coup très dur, pace qu’ils n’étaient pas préparés à ce type de luttes souterraines au sud-Liban, ils bombardaient ici, ils attaquaient là, mais les autres sortaient de l’autre côté et les frappaient, les frappaient. Et c’est ce qui est en train de se passer à Gaza. Et je suis sûr qu’ils ont préparé…En réalité, il y a eu une provocation des Palestiniens contre les Israéliens à cette occasion. Dans quel sens ? Ils sont en train de les frapper, ou plutôt de les défier, avec de l’armement léger.

Parce qu’il faut savoir qu’une compagnie de garde-frontières israéliens a plus d’armement que toute la résistance palestinienne de Gaza. Et pourquoi cette provocaton permanente ? (…) Ce n’est pas gratuit. Ils ne sont pas fous. Les Frères musulmans sont des gens très sérieux. À part la question idéologique…Mais la Confrèrie des Frères musulmans, fondée dans les années 20 par Hassan El Banna au Caire est une organisation de structure, pas d’idéologie, léniniste – car du point de vue de classe, c’est une organisation petite-bourgeoise, qui représente les intérêts du souk, ce ne sont pas des révolutionnaires, ce sont des réformistes -, mais de structure léniniste
Et cela leur a permis de survivre à la pire répression qu’on puisse imaginer. Personne n’a été plus réprimé dans le monde arabe que les Frères musulmans, pas même les communistes. Personne n’a été plus réprimé, ni les Palestiniens ni personne d’autre. Et ces gens ont survécu, et ont grandi et se sont inscrits dans longue durée et ils ont été la base, tout comme le FPLP, d’où sont sortis tant d’autres organisations et mouvements dans le monde entier, qui se sont développées dans la lutte armée avec cette base d’expérience palestinienne ; tous les jihadistes qui luttent aujourd’hui, jusqu’en Afghanistan, ont leurs origines parmi les Frères musulmans. Le fait qu'ils ne soient pas d’accord avec Al Qaïda, avec ce type de stratégie et de tactiques qu’on appelle « terroristes » d’Al Qaïda ne veut pas dire que (je ne reconnaisse pas qu’) il y a une relation historique : le Docteur Al Zawahiri est un cadre important des Frères musulmans, Yasser Arafat était responsable des Frères musulmans, dans leur direction au Caire, au début des années 50. Et ça, il faut le reconnaître. La lutte des Frères musulmans en Syrie a été terrible, terrible : non seulement une répression brutale du régime syrien qui réussit presque à les exterminer, il y a eu des centaines et des centaines de frères syriens assassinés. Ces gens savent ce qu’ils font. Je crois que leur objectif est de provoque rune intervention terrestre des Israéliens, parce qu’à Gaza, à part la route principale, du côté de la page, de la zone côtière, il n’y a pas d’autre entrée, autrement dit il y a une ligne directe, la route principale…

…C’est une avenue….

Oui…

Oui, oui, c’est une avenue. Tu ne peux pas entrer avec un tank, à moins de détruire toutes les maisons, tu comprends ? Et là , ils vont les massacrer.

N’oublie pas que cette question est en réalité une leçon de l’expérience vietnamienne. Cette technique de s’enterrer, ce sont les Allemands de l’Est qui l’ont transmise. C’est par exemple comme ça qu’ils ont survécu à l’attaque des Forces libanaises à Tell Al Zaatar en 1976, tu te souviens?

Oui...

À Chatila, les souterrains n’ont pas été découverts par les Forces libanaises et les combattants du FPLP de Chatila ont survécu au massacre.

Ah bon ?
Ils étaient à Chatila, sous terre. À Sabra, il n’y avait pas de souterrains et ils ont été tués. C’est une expérience vietnamienne qui a été transmise par les Allemands de l’Est. Et je crois que les gens du Hamas, et pas seulement du Hamas, aussi du Jihad islamique, du Front populaire, mais il y aussi les gens du Fatah, parce que la majorité des gens du Fatah ne sont ni agents de la CIA ni corrompus ni voleurs. La majeure partie des gens du Fatah sont de purs Palestiniens. Le Hamas a gagné les élections. Qui a voté pour lui ? Les gens du Fatah ! Les chrétiens ont voté Hamas ! La majorité n’étaient pas des gens du Hamas, ils voulaient un gouvernement propre. Donc tous les combattants de Gaza, les gens bien, car il y a eu une petite guerre civile qui a liquidé les corrompus, y compris les gens des tribus, qui bien sûr sont armés, Tous ces gens-là vont aussi combattre. Ils (les Israéliens, NdR) sont en train de frapper pour écraser la population civile, mais les gens sont habitués à souffrir, malheureusement, et puis où iraient-ils ? L’important c’est que ça va avoir des répercussions internationales, pas pour Israël – eux ils se torchent le cul avec nous tous, Israël est un pays fondé sur le mensonge, sur la falsification historique…


Une vue d'un tunnel creusé par le Hezbollah près du moshav Zar'it dans le nord d'Israël près de la frontière libanaise le 10 juin 2019. Photo .Ilia Yefimovich / picture alliance via Getty Images 


Il y a un question : la deuxième guerre mondiale, la persécution des juifs est une des pages les plus noires de l’histoire contemporaine et l’on ne sait pas encore le nombre de victimes, mais des centaines de milliers de gens ont disparu, on ne sait pas encore exactement combien, parce qu’ils ne permettent pas qu’on fasse des recherches, qu’on fasse la liste des noms des victimes des persécutions nazies. Et ces gens, ces sionistes, qui sont en Israël, sont complices de cette persécution (…), ces gens sont racistes, contre les autres juifs, les juifs venus d’Iran, du Maroc, sont mal vus par les Blancs, les Ashkénazes, qui n’ont même pas une goutte de sang sémite (…)

La seule manière de faire, c’est celle de Saddam. Il ne faut pas oublier que c’est Saddam qui entretenait les Palestiniens de Gaza, surtout de Gaza. L’agression contre l’Irak est liée à Gaza. Il entretenait Gaza, tout l’argent qui affluait à Gaza…en fin de compte, aussi de l’Iran. Durant la première Intifada, le premier argent arrivé en Palestine, c’est l’Iran qui l’a envoyé à l’organisation d’Abou Nidal. Et Saddam a aussi donné beaucoup d’argent à la résistance.

De toute façon, les Palestiniens, maintenant vont bien sûr être frappés, mais ils ne seront pas écrasés. Et en fin de compte, c’est ne question internationale. Si des milliers de personnes descendent dans les rues de Paris et de Londres, les gens vont dire :bon sang, c’est un problème très grave, un crime contre l’humanité, des crimes de guerre permanents, quotidiens, ininterrompus, devant les caméras de télévision du monde entier, de CNN et Al Jazeera…

Ils vont donc frapper les responsables de la résistance palestinienne à Gaza, surtout les gens du Hamas, mais pas seulement eux, mais ils auront besoin d’entrer dans Gaza, pour des combats a corps à corps, et à ce moment-là, les Israéliens vont être en position de faiblesse, il va leur arriver la même chose qu’au sud-Liban, mais il va y avoir des milliers de morts civils palestiniens, naturellement. On verra bien. Ce qu’il y a de bien, pour les Palestiniens et pour la résistance arabe, c’est que les peuples arabes sont solidaires. Et le gouvernement traître égyptien va apparaître comme ce qu’il est. Pourquoi ferme-t-il la frontière ? Pourquoi ?

Tu sais qu’ils ont appelé Dahlan au Caire, non ?
Bon, on sait bien qui est Mohamed Dahlan, non? Mohamed Dahlan est l’homme des USA et de la CIA. Ouvertement, il ne s’en cache pas...

(…)

gaza strip tunnel

Un membre du  Jihad islamique marche dans un tunnel dans la bande de Gaza en 2022. Photo Mahmud Hams / AFP via Getty Images 

mardi 16 février 2010

Dubaï lance des mandats d'arrêt contre 11 Européens soupçonnés du meurtre de Mahmoud Al Mabhouh

par Al Quds Al Arabi, 16/2/2010
altLa police de Dubaï a lancé des mandats d'arrêt internationaux contre onze Européens, dont une femme,  soupçonnés d'avoir tué Mahmoud Abdel Raouf Al-Mabhouh le 20 janvier dernier sur le territoire de l'émirat.

Un commando de 11 membres, tous munis de passeports européens, est soupçonné d'avoir assassiné le commandant du Hamas retrouvé mort le mois dernier dans un hôtel de luxe de Dubaï, a annoncé lundi le chef de la police de Dubaï, sans impliquer directement Israël.

L’émirat du Golfe a diffusé les photos, les noms, nationalités et numéros de passeports des 11 suspects. Les informations fournies par le général Dahi Khalfan Tamim constituent les accusations les plus détaillées portées par les autorités de Dubaï depuis la découverte du corps de Mahmoud al-Mabhouh le 20 janvier dernier dans la chambre d'un hôtel de luxe proche de l'aéroport international de Dubaï.


Le défunt a été traqué dès son arrivée à l’aéroport de Dubaï le 19 janvier dernier et les membres du commando ont été déguisés en tennismans et se sont rendus à différents hôtels de la région pour faire diversion.

La police de Dubaï a arrêté deux Palestiniens accusés d’avoir fourni une aide logistique aux assassins.

Le commando est arrivé à Dubaï par groupes et l’a quitté en 24 heures, le crime n’a pas duré plus de 20 minutes depuis l’entrée de Mabhouh à l’hôtel jusqu’à ce que ses meurtriers quittent l’hôtel.

L’Etat des émrats refuse, par la voie Dahi Khalfan Tamim, que "son territoire soit utilisé pour régler des comptes quelles qu’en soient la nature, les causes et l’appartenance des éléments qui y sont impliqués".

Le mouvement Hamas a accusé les hommes du Mossad, le service du renseignement israélien, d'être derrière l'assassinat de Mahmoud al-Mabhouh, l'un des fondateurs de la branche armée du mouvement islamiste palestinien, les Brigades Ezzedine al-Qassam, et promis de venger sa mort.

D'après le général Tamim, il est possible que les "dirigeants de certains pays aient donné l'ordre à leurs agents du renseignement de tuer" ce leader du Hamas. Mais il n'a pas cité de pays.
Parmi les assassins présumés, six étaient munis de passeports britanniques, trois de passeports irlandais, un d'un passeport français et le dernier d'un passeport allemand, selon le chef de la police de Dubaï.

Il a décrit une opération hautement organisée, dont les auteurs avaient visiblement connaissance à l'avance des déplacements de la victime. Selon le général Tamim, les suspects ont réalisé toutes leurs dépenses en liquide et ont laissé des preuves derrière eux, mais il n'a pas donné de détails. Il a exhorté les pays liés aux assassins présumés à collaborer à l'enquête.

jeudi 28 janvier 2010

L’intifada qui vient et l’inéluctable réconciliation (entre Hamas et Fatah)

par عبد الباري عطوانAbdelbari  ATWAN , 26/1/2010. Traduit par Tafsut Aït Baamrane, Tlaxcala

  الانتفاضة آتية والمصالحة حتمية
Le sénateur George Mitchell, envoyé spécial du président Obama pour le Moyen-Orient, a conclu son dernier voyage sans atteindre le but recherché : la possibilité d’une reprise des négociations entre l’Autorité palestinienne et le gouvernement israélien, qui était l’objectif principal de sa tournée.

Trois raisons principales ont conduit à l’échec de cette tournée de l’émissaire, rentré les mains vides à Washington :
1°- La déclaration par  Benjamin Netanyahou, Premier ministre israélien, de sa volonté de maintenir toutes les principales colonies juives de Cisjordanie et le contrôle total d’Israël sur la vallée du Jourdain, c’est-à-dire la frontière orientale d’un État palestinien, au cas où celui-ci verrait le jour suite à un accord entre les deux parties ;
2°- L’insistance du Président Abbas à ne retourner à la table de négociation qu’après un engagement de Netanayahou et de son gouvernement à geler les colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est occupée et  à établir des termes de référence et un calendrier précis pour des négociations bénéficiant de garanties internationales ;
3°- Le commentaire du président US Barack Obama, reconnaissant que son administration avait mal évalué les obstacles se dressant sur le chemin du processus de paix et que le rôle des USA était limité, du fait qu’il avait cédé aux pressions israéliennes en faveur d’un renoncement à l’exigence de gel des colonies, dont il avait auparavant dit que c’était une condition sine qua non de reprise du processus de paix.

L’échec officiellement déclaré du sénateur Mitchell signifie qu’un vide politique –certains parlent de rigidité – s’est créé et que  l’option arabe d’une solution pacifique s’est effondrée, l’initiative de paix arabe étant devenue caduque.

Jeu de cartes pour tuer le temps en période de vide politique
En haut à droite : Irak
En bas à droite : Palestine
En bas à gauche : Liban


Les expériences passées dans la région arabe et ailleurs nous enseignent que la nature a horreur du vide politique, qui ne fait pas long feu, des changements venant le combler d’une façon ou d’une autre. La région arabe, qui a vécu pendant environ 20 ans sur un processus de paix illusoire, ne peut pas s’en passer, parce que les régimes arabes ne veulent tout simplement pas penser à une alternative ou à un « plan B », comme c’est l’usage dans les pays civilisés.
L’Autorité palestinienne a évoqué, avec une « timidité extrême » l’éventualité de déclencher une intifada pacifique en Cisjordanie, c’est-à-dire d’ordonner des manifestations pacifiques, des protestations, des actions de désobéissance civile, avec peut-être un retour à « l’arme des pierres », s’inspirant ainsi de l’expérience de la première intifada qui a conduit l’Autorité palestinienne à s’installer à Ramallah il y a seize ans.
Si nous parlons de « timidité extrême », c’est que lorsque la première intifada avait éclaté il ya 22 ans, il n’existait pas d’ Autorité palestinienne financée par les donateurs internationaux, dont les forces police et de sécurité étaient supervisées le général US Dayton, sans parler des cartes de VIP pour les grandes personnalités. Il n’y avait alors ni gouvernement ni ministres, ni présidence installée à la Mouqataa.

Sur le personnage : Autorité palestinienne
Sur l’affiche Wanted : Paies de fonctionnaires

L’Autorité vit une crise sans précédent car son soutien à une nouvelle intifada pourrait signifier son autodissolution et ramener la  Cisjordanie à son état antérieur de territoire directement occupé par les forces israéliennes, sortant d’une occupation camouflée, et dont  l’occupation  israélienne prendrait la responsabilité de l’administration en totalité, se chargeant de procurer sécurité, eau, électricité, et santé aux trois millions de Palestiniens.

Le Président Abbas est actuellement confronté à la même conjoncture que le défunt président Arafat après l’échec des négociations de Camp David, immédiatement après son rejet de spressions US por qu’il accepte un compromis proposé par Bill Clinton, à une différence essentielle près : le Président Yasser Arafat, dès son retour, avait choisi, lui, d’opter pour la résistance, en créant les Brigades de Martyrs d’Al Aqsa et renforçant les liens avec le Hamas et le Jihad islamique et en envoyant des émissaires au Liban, en Iran et ailleurs, pour se procurer des armes.

Le Président Yasser Arafat a payé cher ce choix : blocus, isolement dans son QG à Ramallah pour finir en martyr empoisonné. Il prévoyait – que Dieu lui accorde miséricorde – cette fin honorable et il a eu ce qu’il voulait.

Nous ne savons pas jusqu’à quand  le Président Abbas campera sur sa position actuelle consistant à refuser de négocier si la  condition de gel des colonies n’est pas satisfaite. Les pressions arabes sur lui à cet égard sont plus fortes que celles des Usaméricains et de leurs alliés européens. Mais tout ce que ne savons – et il le sait, lui aussi, c’est que la probabilité de sa résiliation et de sa révocation figure déjà dans l’agenda de l’administration US et de ses alliés européens, et on ne serait pas surpris d’apprendre qu’ils ont se sont mis à la recherche d’un successeur dès qu’il eut annoncé qu’il ne se présenterait plus à l’élection présidentielle à venir. Madame Clinton lui avait alors répondu qu’elle n’était pas « peinée » de son départ et qu’elle était prête à poursuivre sa collaboration avec lui, quel que soit le nouveau poste qu’il occuperait.

La scène palestinienne est « triste » à tous les niveaux : le Président a dépassé  le terme de son mandat et il n’a pas l’intention de se présenter à la prochaine élection, dont nul ne sait quand elle aura lieu ; le Conseil législatif élu a aussi perdu toute légitimité, ayant dépassé la durée de sa législature et aucune élection ne se profilant à l’horizon pour le remplacer. Il en va de même pour toutes les instances de l’OLP, que ce soit le Conseil national, le Conseil  central ou le Comité exécutif.

Israël aussi vit un véritable dilemme : il est haï et condamné à l’échelle planétaire pour avoir commis des crimes de guerre à Gaza et le maintien de son blocus de Gaza n’a fait qu’envenimer les choses.  À cela s’ajoutent la détérioration de ses relations avec la Turquie et la fin des négociations avec la Syrie, accroissant son isolement régional, en plus de son isolement international. Netanyahou avait hâte de reprendre les négociations à ses propres conditions, non pour parvenir à un règlement mais pour gagner du temps, corriger l’mage d’Israël, atténuer la haine, prolonger la durée de vie de son gouvernement, fournir une couverture à la poursuite de l’implantation de colonies et avaler ce qui reste de Jérusalem-Est. Ses ambitions se sont évaporées, du moins pour le moment, et il doit chercher à son tour un moyen de sortir de l’impasse.

L’histoire nous enseigne également que le recours à la guerre est l’éternel choix de sortie de crise d’Israël. C’est ce qu’a fait Menahem Begin, face à l’intensification de la résistance au Liban, quand il a envahi ce pays à l’été 1982. C’est ce qu’a fait Barak, attaquant la bande de Gaza pour effacer sa défaite humiliante au Sud-Liban. C’est ce que pourrait faire Netanyahou dans les semaines ou les mois à venir : une nouvelle agression contre le Liban ou la Bande de Gaza ou les deux à la fois. Il est en ce moment en train de chercher les prétextes  et son gouvernement aura peut-être l’audace de les fabriquer ; un encouragement décisif à Netanyahou pourrait venir de l’appui arabe, qui est clair et net. On n’a pas entendu protester un seul État arabe, à l’exception de la Syrie, et demander la levée du blocus sur Gaza et l’arrêt de la construction du mur d’acier sur la frontière égyptienne afin d’’asphyxier un million et demi de Palestiniens. Ce dernier pourrait être un feu vert du gouvernement égyptien au gouvernement israélien, au cas où celui-ci enverrait ses chars à Gaza.

Le Président Moubarak n’avait jamais auparavant attaqué le Hamas avec une telle virulence comme il l’a fait dans son discours du Jour de la Police (sic) et on a même entendu certains dirigeants égyptiens menacer d’envahir et de détruire la Bande de Gaza en punition pour le meurtre d’un soldat égyptien à a frontière il y a trois semaines.

Ce qui nous conduit à penser qu’il existe un plan arabo-israélo-US de « solution finale » militaire de la « question de Gaza » (le pouvoir du Hamas), après l’échec de la politique consistant à affamer Gaza par le blocus, dans le but de voir les Gazaouis se retourner et se soulever contre le Hamas. En outre, le fait que la reconstruction des 60 000 logements détruits par l’agression de l’année dernière n’ait pas encore été entamée ne peut signifier qu’une chose : une entente pour laisser les choses en l’état dans l’attente de la « solution » militaire israélienne.

Une nouvelle attaque de la bande de Gaza ne sera pas facile et aggravera le dilemme israélien. La précédente agression n’a pas mis fin à « l’Autorité du Hamas », elle n’a pas provoqué de révolte contre celle-ci ni n’a fait disparaître la « culture de la résistance », mais a eu un effet contraire.

Le peuple de Gaza résistera à l’agression comme il l’a fait durant la précédente et il continuera la résistance si jamais les troupes israélienne décident de rester dans la Bande pour longtemps.
Des leçons ont été tirées de la dernière agression et sans doute assimilées : on s’en apercevra au cas où Netanyahou s’entêterait et passerait des menaces aux actes.
La réconciliation interpalestinienne est plus proche que jamais, surtout si Abbas maintient sa position et si le Fatah décide d’allumer la mèche de l’intifada pacifique en Cisjordanie, retirant son épingle du jeu des négociations absurdes et revenant à ses origines de chef de file de la résistance.

Le compte à rebours pour une telle réconciliation est, à notre avis enclenché ou il devrait l’être – sur une plateforme de résistance, qu’elle soit pacifique ou armée.

Ce serait la seule issue convenable et efficace.

mardi 24 novembre 2009

Hamas : « Ils ne sont pas mauvais, ils sont juste dessinés comme ça»

Un article dans la série La Première Guerre mondiale des mots
par Mary RIZZO, 19/10/2009. Traduit par MR pour ISM






Dans nombre de pays occidentaux, certains partis ou mouvements politiques sont traités comme s'ils provenaient de la Lune ou étaient étrangers à toute collectivité territoriale. Leur existence au sein de la population est toujours connotée comme négative, transitoire, quelque chose qui aurait été créé dans une salle de réunion ou en coulisses, imposé à un public rustre incapable de faire la différence entre un vrai programme politique et une rhétorique creuse et simpliste. Ces partis ou mouvement sont dépeints comme s'ils ne s'adressaient qu'aux marges de sociétés démunies de tout organe démocratique « normal », et seraient donc des groupes délabrés qui ne représenteraient qu’un électorat minoritaire. Étant donné leur opposition aux partis préexistants, ils sont marqués d'une étiquette qui servira à les maintenir isolés des structures déjà à l'œuvre, tout ceci visant à détruire le parti ou mouvement visé par un travail de propagande plutôt que par une analyse de la réalité.

Toute une mythologie a été construite autour du mouvement palestinien de résistance (qui s'est transformé en parti) Hamas. Cette construction a acquis de fait une plus grande légitimité comme interprétation du Hamas que les faits eux-mêmes. Dans la plupart des médias occidentaux, qu'ils soient de gauche ou de droite, et dans quelques médias « modérés » des pays arabes, le nom même du parti est couplé à des termes comme « fondamentaliste », « radical », « terroriste ». De toute évidence, cela sert à créer un réflexe de peur qui empêchera que le mot soit évalué de façon critique et objective. L'auditeur identifiera immédiatement le Hamas avec une connotation négative, ce qui l’exemptera de sa responsabilité de comprendre qu'il s'agit d'une manipulation de la réalité. L'auditeur est censé accepter les affirmations que le Hamas est « anti-démocratique » et « fanatique ». C'est ensuite un jeu d'enfant de convaincre l'auditeur que le-Hamas-est-mauvais, qu'il est l'ennemi-de-tout-ce-que-nous représentons (à nos propres yeux la tolérance, la démocratie, en un mot la Bonté). Il devient alors possible d'étendre cette lecture à la conviction que des actions doivent être entreprises contre eux, qu'ils sont un « cancer dont il faut se débarrasser », comme l'a dit Noa, la pacifiste institutionnelle de service.

Comment éradique-t-on un cancer, une fois qu'il a été diagnostiqué ? Par l’ablation ou le bombardement. Pour traiter un cancer, on « bombarde » même les parties saines du corps avec des produits chimiques, en attendant de voir si, après la bataille, le corps conserve encore suffisamment de parties saines pour permettre que l'organisme continue d'exister. Une fois que vous avez mis dans la tête de millions de gens l'idée que la destruction est une bonne chose parce que l'ennemi ferait énormément de dégâts et de mal  si on lui permettait de continuer à  exister, vous pouvez estimer  que le risque de pousser l'organisme tout entier à sa tombe en l'affaiblissant considérablement vaut la peine d’être couru.

C’est un moyen de justifier des actions qu’ils ne voient eux-mêmes pas comme thérapeutiques mais qui sont une pure horreur.

Comment en est-on arrivé à ce que le monde se laisse ainsi berner et permette qu'Israël détruise Gaza pour « se débarrasser du Hamas » ? C’est très simple, et c'est toujours la même réponse : Israël et ses alliés font dans la désinformation.

Ceux qui gratteront légèrement sous les manchettes grandiloquentes des journaux découvriront quelques faits enfouis qui contrediront le titre manipulatoire, mais il n'y a pas beaucoup de gens qui iront aussi loin, étant donné qu'ils sont confrontés à quelque chose qui comporte un élément de vérité profondément enfoui.

Comme si cela n'était déjà pas suffisamment problématique, même les « progressistes » n’ont pas démérité pour rendre le Hamas intouchable. Ils peuvent aller jusqu'à l'accepter comme un « mouvement de résistance », mais ils ne permettront pas à leur parti-pris idéologique personnel de voir le Hamas comme une force de progrès pour l'avancement de son propre peuple. Peut-être par conviction, convenance ou même manque de recherche, ou par un aveuglement qui ne permet aucune variante au thème de la lutte des classes, où tout est « international » et où le même type de règles et d'idéaux sont considérés comme applicables et nécessaires à tous, allant, dans certains cas, jusqu'à « importer la démocratie » sous diverses formes plus ou moins agressives.

Ces gens, dont beaucoup sont armés de bonnes intentions, ont mâché, avalé et recrachent quelques-uns des mensonges éhontés et des distorsions qui font partie de la mythologie créée en Israël et en Occident principalement par les adversaires du Hamas,.

Quels sont les éléments constitutifs de cette mythologie ?


1) Le Hamas a été créé par le Mossad israélien.
2) Le Hamas représente une portion marginale des Palestiniens.
3) Le Hamas est devenu juste assez démocratique pour pouvoir obtenir une certaine légitimité pour ensuite s'emparer des Territoires palestiniens et les transformer en un État islamique.
4) Sa victoire aux élections n’a été rien de plus qu'un vote de protestation contre la corruption du Fatah.
5) Le Hamas est composé d'un tas d'analphabètes et ses électeurs se sont laissés entraîner par leur propre ignorance.
6) Le Hamas est un groupe fondamentaliste et donc inflexible et incapable de toute modification ou évolution. La Charte souvent citée est utilisée contre lui pour souligner qu'il n’est qu'un groupe radical, destructif, programmé pour  la Guerre Sainte.
7) Le Hamas ne cherche à faire aucun compromis avec les autres partis politiques ou factions palestiniens et est donc l’élément diviseur qui empêche l'unité du peuple.
8) Le Hamas œuvre à endoctriner son peuple avec une propagande haineuse, pour l'utiliser comme chair à canon.
9) Le Hamas est un groupe terroriste qui n'existe que grâce au financement de « régimes fondamentalistes »


Que le Hamas ne soit qu’un mouvement de résistance a été clairement démenti par les élections, mais cela semble être le postulat sur lequel les activistes peuvent se regrouper pour se permettre de le tolérer, tout en souhaitant sa disparition rapide. Il n’est alors pas considéré comme ayant un véritable héritage en tant que parti politique qui pourrait être comparé à ceux des « nations démocratiques » de la « communauté internationale », et ainsi, l’analyse peut rester à un niveau élémentaire se prêtant à des généralisations hâtives.

Je prie mes lecteurs de bien vouloir me pardonner tous ces guillemets, mais ces mots deviennent vraiment ironiques et vides de sens réel lorsqu'ils sont appliqués aux objets désignés par les docteurs ès-manipulation d'information, dont la tâche consiste à faire le jeu des puissances hégémoniques. Comment une poignée minoritaire de nations qui s'opposent systématiquement à la volonté du reste de la communauté mondiale à l'ONU peut-elle être considérée comme la « communauté internationale » ? C'est un club de garçons qui exclut pratiquement tout le monde. Comment un pays qui met aux affaires le candidat qui a obtenu le plus petit nombre de votes peut-il être appelé une « démocratie » ? C'est lorsque nous commençons à nous poser des questions sur nos propres fondements que nous pouvons détecter qu'il y a beaucoup de connivence à présenter toute opposition comme un ennemi étranger aux paradigmes qui nous paraissent être au cœur de nos attentes sur la façon d'instaurer un monde juste et équitable.

Il est temps de déconstruire quelques-uns de ces mythes en leur opposant des faits.

1) Le Hamas n'a pas été créé par le Mossad. Bien qu'Israël aime s'attribuer le mérite de bien des choses, celle-ci n'est pas de leur fait. L'Islam politique est présent en Palestine depuis le début des années 40, dans la Palestine mandataire, et le Hamas est né au sein des Frères Musulmans (Ikhwan), auxquels était officiellement affilié nombre de ses premiers dirigeants. C'est l'expérience de la condition de réfugiés qui a transformé le Hamas en un élément plus autonome, avec une base nationaliste particulière, résultat naturel de la situation humaine urgente et réelle de déplacements et de perte d’identité culturelle et nationale.
Ce groupe a eu des relations étroites avec la base égyptienne, et les premiers bureaux des Ikhwan en Palestine furent ouverts à Gaza en 1945, dirigés par un membre de l'une des plus importantes familles de la région, Cheikh Safer Al Shawwa. Pendant la première guerre arabo-israélienne, des volontaires islamistes ont renforcé les rangs, venant principalement de Jordanie et de Syrie, et ce soutien a montré aux réfugiés que les Ikhwan avait le courage de se défendre, même pendant la « guerre d'indépendance d'Israël ». Le nombre croissant de réfugiés a donné une identité et une motivation plus fortes au mouvement islamiste en Palestine. Par conséquent, dans la société civile et dans la population en général, il n'était nul besoin d'une motivation venant d'une autre source pour pouvoir faire ce serment : « Je jure d'être un bon Musulman dans la défense de l'Islam et de la terre perdue de Palestine. Je jure d'être un bon exemple pour la communauté et pour les autres. » Telles étaient les paroles prononcées par ceux qui juraient loyauté aux Ikhwan en Palestine (source : Beverly Milton Edwards, Islamic Politics in Palestine, p. 43). Les Ikhwan locaux avaient leur propre programme, défendre sa terre perdue. Le fanatisme, l'influence extérieure ou même la propagande n'étaient pas nécessaires.

Les réfugiés eux-mêmes étaient la preuve vivante des horreurs et de la souffrance de la déportation. L'identification comme partie d'un mouvement international fut concomitante à la reconnaissance de la particularité de l'expérience palestinienne. La création officielle (du Hamas), le 9 Décembre 1987, ne fut que l'aboutissement d'une organisation à l’œuvre depuis des décennies. La résistance islamique organisée fut ensuite utilisée lorsque la situation s'est précipitée de façon spectaculaire en 1967 et une nouvelle génération de réfugiés est née. Pour cette génération, le retour à l'Islam fut considéré comme une nécessité pour l'avenir moral et politique d'un peuple qui avait été littéralement détruit. Beaucoup voyaient la Nakba comme le résultat de la distanciation d'une société normale, la société palestinienne, dont les valeurs éthiques, religieuses, culturelles et traditionnelles avaient été dévastées par l'occupation, et la descente vers davantage de dégradation, de pauvreté, de privation des droits civiques et d'instabilité sociale étaient considérées non seulement comme le résultat de l'occupation, mais comme une partie de sa cause.

La « communauté internationale » n'est pas venue au secours de ces gens, le reste de l’Oumma  n'a pas pris part à leur lutte nationale, en grande partie parce qu'il n'était pas directement concerné, ou même interdit d'y participer. La douleur extrême et la honte de perdre son pays furent à l'époque un élément nouveau dans une région où la colonisation précédente avait évité d'expulser les habitants autochtones, et jeter dehors les usurpateurs n'était pas compliqué par la perte totale de racines et d'un territoire.

La base de la dimension formelle du Hamas était ainsi présente depuis des décennies avant sa naissance officielle. Pour fonctionner sous le joug de l'occupation, ces groupes organisés existants ont créé pour leur population des associations caritatives et de bienfaisance. Israël a toléré ces institutions dans les Territoires Occupés et leur a concédé quelques marges de manœuvre en leur octroyant des autorisations. Comme l'a dit le Général Yitzhak Sager dans un entretien avec le International Herald Tribune en 1981, le gouvernement israélien « […] a donné de l'argent que le gouverneur militaire a alloué aux mosquées […], les fonds ont été utilisés tant par les mosquées que par les écoles religieuses, dans le but de renforcer un projet qui pourrait s’opposer à celui de la gauche qui était favorable à l'OLP. » Si Israël a trouvé quelques motivations à s'impliquer, ce fut réellement dans le sens de « diviser pour mieux régner » ; un peu de tolérance, un peu de soutien économique aux diverses associations religieuses pour voir si une opposition aux nationalistes de l'OLP se développerait. Israël ne cherchait en fait que le moyen d'affaiblir l'OLP, qui jouissait d’un soutien certain en Occident, et les Israéliens n'ont ni fondé ni financé de manière significative important, ni influencé en aucune façon un mouvement qu'ils pourraient d'une manière ou d'une autre infiltrer ou contrôler. C'est de la pure mythologie. Pourquoi donner à Israël un crédit qui ne lui revient pas ?


2) Que Hamas ne représente qu'une partie marginale des Palestiniens est un autre mythe à déboulonner.

Il est bien entendu exact que tous les Palestiniens ne sont pas des réfugiés, de même qu'il est exact que la quasi-totalité des dirigeants du Hamas sont nés en exil ou qu'ils ont été soumis, à un moment donné, à l'expérience de l'expulsion et de la perte de leurs maisons et de leurs biens. Il s'agit de l'expérience palestinienne centrale, et il est vrai que même les (quelques) Palestiniens qui n'ont pas été déracinés s'identifient à la perte de leur identité culturelle et nationale, et tous savent que leurs aspirations nationales et la cohésion en tant que groupe ont été détruites par Israël. Ainsi, même un mouvement ou un parti qui a sa propre identité dans les camps de réfugiés et en exil ou dans ses racines religieuses, est reconnu comme un représentant intrinsèque, légitime et naturel des Palestiniens dans leur ensemble. Ils ont même obtenu un vote majoritaire dans des secteurs de Cisjordanie qui n'étaient pas considérés comme des bastions du Hamas, comme ils ont eu les voix de nombreuses zones chrétiennes.


3) Que le Hamas se soit « juste suffisamment démocratisé » pour pouvoir mettre son pied dans la porte, première étape pour imposer un État islamique sur l'ensemble de la Palestine est un mythe très largement répandu, en particulier dans les cercles progressistes qui ne reconnaissent pas la popularité du mouvement, ou qui ont un préjugé idéologique contre tout mouvement religieux. Il y a beaucoup à dire en faveur de la séparation de l'Église et de l'État, mais ce n'est évidemment pas un postulat qui peut être imposé de loin, et de plus, de nombreux niveaux de séparation sont à prendre en considération. Ceux qui souscrivent à l'argument que le « Hamas gagne du temps avant d'introduire la Charia » ont tendance à nier qu'une démocratie a certaines caractéristiques, et que ce n'est pas nécessairement synonyme de « laïcité ». Lorsque le mot « démocratie » est appliqué correctement, il a certaines caractéristiques que le Hamas réunit. Il jouit d'un consensus populaire. Il a une structure interne autonome et reconnue comme légitime par ses électeurs.

Il suit les règles des élections, réunissant les conditions de participation. Une fois élu, il assume son rôle au sein du système existant, n'a pas renversé ou organisé des coups d'État contre les structures établies. C'est un mouvement politique avec plusieurs factions (certaines d'entre elles armées, comme c'est le cas de nombreux partis dans des pays sous occupation, le Fatah inclus), avec une histoire et une organisation. Un large débat existe parmi ses membres, y compris ceux qui sont des prisonniers politiques, avant de prendre des décisions, et la majorité décide des actions à mener. Ce qui le différencie des partis que les Occidentaux connaissent, c’est que les dirigeants au plus haut niveau n'assument généralement pas des rôles d'administration. Ce qui est compréhensible dans un parti où de nombreux dirigeants sont systématiquement assassinés par Israël. Que le directeur politique actuel, Khaled Mechaal, soit obligé de vivre en exil après avoir été victime d'une tentative d'assassinat en dit plus sur cette situation anormale que beaucoup de mots.
flags suhaib salem

4) Que la victoire du Hamas aux élections du Conseil Législatif ne fut rien d'autre qu'un vote de protestation (encore une autre théorie favorite de la gauche) fut brillamment contredite par Paola Caridi dans son très bon livre (en dépit du sous-titre sensationnaliste), Hamas  Che cos'è e cosa vuole il movimento radicale palestinese (Hamas. Ce qu’est et veut le mouvement radical palestinien) , publié par Feltrinelli et disponible seulement en italien pour le moment.
Ci-dessous la traduction d'un certain nombre de paragraphes qui traitent de cette question.

« Il y a une raison politique précise pour laquelle la majorité des Palestiniens a voté pour le Hamas. C'est une raison qui a trait à la décision officielle prise par le mouvement islamique le 23 janvier 2005 (un an avant les élections législatives, NdT) : une trêve unilatérale, décidée avec le Jihad Islamique (qui l'a rompue à plusieurs reprises), qui transformait les paroles en actes : que ce serait la fin d'une saison d'attaques suicides lancées par le Hamas à l'intérieur d'Israël, dans les limites de l'armistice de 1949, en d'autres termes l'Israël à l'intérieur de la Ligne Verte. La fin des attaques suicides dans les villes israéliennes, mettant substantiellement fin à l'Intifada aussi comme choix participatif (du Hamas) est interprétée par la population palestinienne comme une proposition politique précise : une alternative à ceux qui l’avaient gouvernée et contrôlée, ayant l'hégémonie jusqu'à ce moment-là. Une proposition qui pose en même temps de nouvelles limites de facto à la stratégie de résistance du Hamas. Le mouvement islamiste n'a donc pas été choisi seulement pour protester contre la corruption, le favoritisme et l'inefficacité du Fatah, qui, en tant que parti, est souvent confondu avec l'Autorité Palestinienne. La corruption, le favoritisme et l'inefficacité qui sont liés, au moins du point de vue temporel, à l'échec des Accords d'Oslo et aux 'faits accomplis' réalisés par les Israéliens.
Les gens du Hamas ont été considérés comme des gens sérieux, qui ne s'étaient pas enrichis aux dépens de la population, et de fait, ils continuaient à vivre dans des quartiers normaux et dans les camps de réfugiés. » (Caridi, p. 171).


5) Une calomnie extrêmement insultante, souvent répétée, est que les partisans du Hamas et ses dirigeants sont une « bande d'analphabètes » ou de « fanatiques religieux ». Le constat que pratiquement tous les dirigeants du Hamas sont (ou furent, le passé est de rigueur étant donné le nombre d'assassinats) des diplômés de l'université dans des domaines allant de la médecine à la physique et au droit, de l'économie à la théologie, témoigne en lui-même que cette calomnie ne vise qu'à les salir et à les peindre comme des gens qui n'ont lu que des textes religieux et qui sont donc « sous-développés », comparés à d'autres mouvements. L'enseignement a toujours été l'un des piliers du Hamas et de son travail caritatif. Nul besoin de le dire aux Palestiniens, pour qui c'est une réalité ; dans beaucoup de cas, sans ce fondement, ils auraient été laissés pour compte dans ce domaine.

6) L’inflexibilité du Hamas est un autre mythe, évoqué en particulier lorsqu'on parle de la Charte de 1988 (Mithaq). Le Cheikh Hamed Bitauri, « autorité religieuse de Naplouse », président de l’Association des oulémas palestiniens, connu pour ses positions radicales, n'a aucun problème à confirmer que « la Charte n'est pas le Coran. Nous pouvons la modifier. Elle n'est que la synthèse des positions du mouvement islamiste dans ses relations avec les autres factions, et de sa politique. »

Aziz Dweik, fondateur de l'Institut de Géographie à l'Université de Naplouse, qui deviendra plus tard Président du Conseil Législatif Palestinien après les élections de 2006, et qui fut emprisonné dans les geôles israéliennes dès l'été de la même année, a même été plus loin, déclarant la nécessité politique et pragmatique de se distancier de la Mithaq de 1988 à Khaled Amayreh, journaliste palestinien sensible aux positions islamistes, à qui il a dit que « le Hamas ne resterait pas l'otage des slogans rhétoriques du passé comme celui de la 'destruction d'Israël'. » (Khalid Amayreh, "Hamas Debates the Future: Palestine's Islamic Resistance Movement Attempts to Reconcile Ideological Purity and Political Realism", in Conflicts Forum, Nov. 2007, p.4) (Caridi p. 90).

Haniyeh a mentionné en maintes occasions que la Charte avait été dépassée dans sa substance par d'autres documents officiels, dont le plus important est le Programme Électoral de la Liste « Changement et Réforme » (la liste sous laquelle le Hamas a participé aux élections). Ce programme est structuré comme un document qui va bien au-delà des besoins d'une campagne politique, selon le dirigeant du Hamas, et il indique la politique du mouvement. Il n'a pas été écrit dans le feu évolutionnaire de l'Intifada, et il reflète l'évolution du parti. Les changements ne sont pas idéologiques, mais plutôt de nature stratégique et politique. Les positions ont été réitérées tellement de fois lors d'interviews ou d'interventions publiques qu'il semble incroyable que la complexité et la maturité du Hamas ne soient pas évidents pour tout le monde. Il est clair que les membres du Hamas se consacrent toujours à la libération de la Palestine, mais ils tentent d'y parvenir par la réaffirmation des droits du peuple, sachant parfaitement qu'en tant que parti, le Hamas n'est pas équipé pour renverser l'occupation de façon pratique, ni pour détruire ce qu'ils reconnaissent comme une réalité.

Beaucoup d'entre nous, qui suivent les événements du Moyen-Orient, espèrent qu'ils ne cèderont pas au pragmatisme au point de reconnaître Israël non seulement comme une réalité, mais comme un « État juif ». Cependant, nous devons observer depuis les coulisses et évaluer les faits. La population de Palestine sera vigilante sur les droits qui auront été abandonnés, si cela arrive, et beaucoup d'entre nous croient que le dos au mur, ils ne capituleront pas et ils ne perdront pas ce qu'ils savent être à eux pour des raisons d'opportunité politique. Le Hamas, lui aussi, est conscient de ce fait.


7) Le Hamas a été beaucoup moins scissionniste que son homologue de principe, le Fatah.
Le « coup d'Etat » de Gaza, qui a choqué et attristé le monde, fut en réalité une mesure préventive pour déjouer la prise de pouvoir planifiée par les forces du Fatah fidèles à Dahlan (en collaboration avec Israël). Le fait que le Hamas soit le parti qui a obtenu la victoire, par son propre peuple, n'a jamais été reconnu par la « communauté internationale » qui avait néanmoins poussé à des élections et insisté sur le fait que c'était une nécessité pour les Palestiniens, parce que cette reconnaissance aurait accordé une légitimité à la résistance et serait devenue la politique au sein de l'organe de gouvernement ; le rejet des négociations avec Israël, considérées comme subalternes, et qui étaient la politique du Fatah, avait été officiellement approuvé par le peuple et cela n’aurait été qu'une question de temps avant que ce programme devienne politique de gouvernement.

Ainsi, toute mesure des « forces de sécurité » du Fatah pour s'emparer de Gaza était de fait un coup d'État. Mais en regardant en arrière des événements qui ont été alimentés par la désinformation, on peut dire que le bain de sang tragique entre Palestiniens a empêché le véritable renversement de la démocratie qui aurait eu lieu si Dahlan en avait eu la possibilité. Encore et encore, le Hamas a cherché à travailler avec le parti d'opposition ; ce que ce dernier ne pouvait tolérer, dans le vain espoir que l’avantage économique et politique dont l’a gratifié le « club de garçons » ( voir plus haut) lui permettrait de rester au pouvoir, même en l'absence d'un mandat populaire.


8) Il n'est pas nécessaire de faire de la propagande pour montrer aux Palestiniens, dans les territoires occupés et en exil, et même pour nombre d'entre eux à l'intérieur d'Israël, la destruction continue de leur civilisation et de leur peuple.
Blocus, bombardements, assassinats, guerres, check points, humiliations, restrictions, séparations des familles, emprisonnements et abus ne sont pas des incidents isolés, mais le pain quotidien de la vie palestinienne. Nul besoin d'inventer une rage contre un ennemi fantasmagorique. Il y en a un, bien réel, qui soumet les gens de tous âges et de toutes conditions à l'humiliation, à la privation et à la mort. Montrer un homme en costume de souris pour insister sur le fait que des enfants sont endoctrinés dans la haine peut très bien marcher sur des masses non informées, mais il suffit d'un coup d'œil à la réalité pour se rendre compte que Farfour (1) est la manière la plus douce pour qu’un enfant assimile qu'il ou elle est un prisonnier condamné à vie à souffrir de la manière la plus atroce, pour être né comme un être inférieur aux yeux des oppresseurs.


9) Le pire des diffamations contre le Hamas est celle qui consiste à faire de lui le symbole du mal : qu'il est un groupe terroriste, financé par des « États voyous de l'Axe du Mal ».
Ayant à l'esprit que leur financement est colossalement inférieur à l'ensemble de l' « aide militaire » et économique fournie officiellement à Israël par les USA, le Canada et beaucoup d'autres pays de la « communauté internationale », pourquoi le constat d'un financement étranger serait-il considéré comme inacceptable, alors que c'est simplement la manière dont Israël est maintenu à flot par des milliards de dollars annuels officiels, et Dieu seul sait combien d’autres financements affluent par les milliers d' « associations de bienfaisance » qui sont à peine plus que des couvertures pour l'immigration de masse en Israël, pour contrer la croissance arabe ?

Si le sionisme et ses organisations caritatives sont considérées comme légitimes et nobles, pourquoi les organisations islamiques sont-elles mises sur liste noire, et leurs donateurs traités comme s'ils finançaient le terrorisme ? Il y a là deux poids - deux mesures.

Que le Hamas ait rejeté les opérations terroristes contre des civils et l’ait fait au service d'une amélioration réaliste des conditions de vie de son peuple est un fait authentifié, corroboré par rien moins que le Service de la Recherche du Congrès des Etats-Unis, groupe d'experts qui propose sa vision conservatrice et amie d'Israël au Congrès, pour qu'elle devienne une politique.

En fait, dans le document coordonné par Jim Zanotti, « Israel and Hamas, Conflict in Gaza (2008-2009) », nous voyons que la « raison » invoquée pour l’attaque contre la Bande de Gaza, à savoir « la nettoyer du Hamas » et les roquettes tirées sur le territoire israélien, n'était rien d'autre qu'une excuse que l'Occident a bu avec délectation comme si c'était du jus de cerise. Il a été admis que les roquettes extrêmement rudimentaires n'avaient PAS été tirées par le Hamas, et de plus, le Hamas était considéré comme étant capable et désireux de mettre fin aux attaques. Il est significatif que les premières victimes des attaques israéliennes contre Gaza furent les forces régulières de police, qui venaient juste d'être formées, peut-être aussi dans ce but. Zanotti écrit :

« Pendant les cinq premiers mois, le cessez-le-feu a relativement bien tenu. Quelques roquettes ont été tirées sur Israël, et, progressivement, le Hamas est apparu comme de plus en plus capable et désireux de mettre fin aussi à ces attaques. Aucun mort israélien n'a été signalé (bien qu'il y ait eu des blessés et des dégâts matériels) et Israël s'est abstenu de représailles.
« Néanmoins, chaque partie a estimé que l'autre violait les termes d'un cessez-le-feu tacite. Le Hamas a demandé - sans succès – qu’Israël lève son blocus économique de Gaza, tandis que ‘Israël demandait –également sans succès - l'arrêt total des tirs de roquettes et des progrès quant à la libération du caporal israélien Gilad Shalit détenu par le Hamas.
« Israël a cité des tirs de roquettes sporadiques comme prétexte pour maintenir la fermeture des passages frontaliers et du port de mer de Gaza à pratiquement tout sauf aux fournitures humanitaires de base.
« Le Hamas, et d'autres dirigeants arabes, ainsi que quelques organisations internationales et non gouvernementales impliquées dans l'aide aux civils de Gaza se sont plaints qu'Israël revenait sur ses promesses en vertu de l'accord tacite de cessez-le-feu. »
Comme si cela ne suffisait pas, l'auteur, qui n'a certainement aucune sympathie pour le Hamas, fait des déclarations sur les suites de la guerre où même Israël admet que le Hamas n'était pas responsable des tirs de roquettes :
« Depuis le début du cessez-le-feu unilatéral d'Israël, le 18 janvier 2009, il y a eu environ 40 lancers sporadiques de roquettes sur le sud d'Israël, beaucoup moins que la moyenne quotidienne avant l'Opération Cast Lead. De plus, des responsables israéliens pensent que des groupes militants palestiniens plus petits, comme le Jihad Islamique et les Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa, et non le Hamas, ont tiré les roquettes, comme ils l'ont fait pendant le cessez-le-feu (bien qu'il soit possible que le Hamas ait facilité ou donné son accord à ces tirs tout en préservant ses possibilités de le nier). »

Ainsi, les Israéliens se sont servis de l'excuse de tirs de roquettes par le Hamas pour justifier son élimination (en détruisant la totalité de Gaza) par ce qu'ils ont appelé « des opérations militaires », mais le reste de l'humanité sait que ce fut une guerre, tout en sachant pertinemment que le Hamas n'avait ni lancé ni facilité les tirs des roquettes ; toutes les excuses qu'ils sortent de leur chapeau pour justifier leurs actions devraient d'ailleurs tomber dans l'oreille de sourds.

Les plaintes sur la contrebande d'armes par les plus rudimentaires des tunnels devraient être prises avec des pincettes lorsque nous voyons les crédits du Budget de la Défense pour le programme US-israélien de défense anti-missiles dans ce même Rapport au Congrès. Le Dôme de Fer, la Fronde de David et autre « aide militaire », qui coûtent au citoyen usaméricain des milliards de dollars, sont brièvement décrits.

Pour chaque container de cinq roquettes inefficaces qui est passé en contrebande par un tunnel, les USA envoient une pleine cargaison d'armes et des caisses de devises qu'Israël dépensera pour ses « besoins » militaires. Là aussi, le deux poids-deux mesures fait couler le sang innocent, en violation du droit international et au détriment de votre argent durement gagné. Là encore, extrait du Rapport du Congrès :

« Israël pourrait avoir utilisé des plates-formes d'armes et de munitions achetés aux USA dans ses opérations militaires à Gaza, dont, parmi d'autres, des avions F-15 et F-16, des hélicoptères Apache, et, selon des articles de presse israéliens, des mini-bombes GBU-39 guidées par GPS dont le 110ème Congrès a approuvé la vente suite à une notification de septembre 2008. »

De plus, toutes les trêves unilatérales entre Israël et le Hamas (demandées par le Hamas, pas par Israël) ont été violées, chaque fois par Israël. Dans de nombreux cas, par des incursions dans les Territoires Occupés, que le droit international interdit puisque les populations civiles (même si les colons sont partis, Gaza est maintenue sous siège par Israël) doivent être protégées par l'occupant, et non attaquées. Israël, en utilisant des armes et des avions fournis par les bonnes grâces du peuple des USA, a bombardé des rues où des cibles (des hommes politiques et religieux qu'Israël qualifie de « militants », si ce n'est pire) avaient été localisées, tuant de manière indiscriminée quiconque se trouvait à portée, y compris des enfants. Si ce n'est pas du terrorisme, c'est que ce mot n'a aucun sens.


Ce ne sont que quelques-uns des mythes en circulation. Ils représentent seulement une partie des mensonges, de la désinformation et de la propagande qui circulent sur l'un des principaux partis palestiniens, né de l'intérieur, se développant comme tous les partis le font, de la base, et légitimé par des élections équitables et légales.

Déconstruire ces mensonges est un devoir. Il n'est pas nécessaire d'être d'accord avec l'ensemble du programme du Hamas, mais il faut reconnaître qu’il est complètement différent de l'image produite par le carcan médiatique dans lequel il a été enfermé. Ce que dit Jessica Rabbit dans le film Qui veut la peau de Roger Rabbit  pourrait tout à-fait s'appliquer au Hamas : « Je ne suis pas mauvaise, je  suis juste dessinée comme ça. »

Note

(1) Farfour  (فرفور — papillon en arabe) est le nom d'un personnage de fiction apparaissant dans cinq épisodes (avril à juin 2007) de l'émission Les Pionniers de demain sur la chaîne de télévision Al-Aqsa TV, affiliée au mouvement palestinien Hamas. Farfour a les traits physiques de Mickey Mouse.
Créé par Hazim Al-Sha'arawi, directeur de Al-Aqsa TV, les Pionniers de demain est une émission destinée au public enfantin mais qui n'en est pas moins extrêmement politisée. Chaque émission dure une heure, pendant laquelle Saraa, une petite fille voilée d'un hijab répond aux appels téléphoniques d'autres enfants, accompagnée d'un adulte qui porte le costume de Farfour et parle avec une voix aigüe. Les enfants et Farfour chantent des chants patriotiques ou guerriers et déclament des slogans politiques, appelant notamment (…) à la fin de l'occupation de l'Irak par les forces américaines. L'émission a aussi un contenu religieux, pédagogique.
Dans l'émission du 27 juin 2007, Farfour est battu à mort par un homme noir représentant Israël, qui lui extorque des titres de propriété. La souris est alors déclarée martyr par Saraa. (…) (wikipedia)
           




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Source : Palestine Think Tank- Hamas – They’re not bad, they’re just drawn that way
Source de cette traduction :
http://www.ism-france.org/news/article.php?id=13020&type=analyse&lesujet=R%E9sistances
et www.recogniseresistance.net
Sur l’auteure

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jeudi 24 septembre 2009

Ken le Rouge interviewe Khaled le Vert


C’est une rencontre comme on les aime : l’ancien maire de Londres interviewe le leader du Hamas. Lisez l’interview ici !

lundi 23 mars 2009

Avec Israël, jamais il n’y aura de paix- Interview avec Khaled Meshaal, leader du Hamas en exil

par Gianni PERRELLI, L'Espresso, 26/2/2009. Traduit par Esteban G., révisé par Fausto Giudice, Tlaxcala


EXCLUSIF: Le leader du Hamas en exil s’exprime. Il annonce un conflit imminent, et cela parce que Tel Aviv, dit-il, n’est pas intéressé à écouter les raisons des Palestiniens. Et des USA, ne sont venus que des mots. Entretien avec Khaled Meshaal à Damas publié dans l’hebdomadaire italien L’Expresso.


Au nom de Dieu, clément et miséricordieux, j’aimerai poser la première question. Est-il possible qu’après la guerre de Gaza et notre résistance héroïque, Israël puisse continuer à ne pas comprendre que le processus de paix ne peut se passer du Hamas… ? Khaled Meshaal, leader du Hamas, exilé depuis plus de 40 ans, lance cette question avec un air de défi. En dépit des pertes importantes (la mort de 1400 Palestiniens), il revendique la victoire pour avoir amené les Israéliens à décider de retirer leurs troupes. Mais à court terme il ne se fait pas d’illusions. Avec Benjamin Netanyahou aux portes du nouveau gouvernement, in ne s’attend qu’à plus d’hostilités de la part d’Israël. Et ne nourrissant aucune expectative quant aux premiers pas de Barack Obama, il annonce la volonté de poursuivre sur le chemin de la force, « le seul langage que craint Israël et qui peut donner des résultats ».

Cette interview exclusive de l’Expresso, obtenue après des négociations compliquées entre Beyrouth et la capitale syrienne, est la première que Meshaal concède à la presse écrite après la guerre. Nous nous sommes réunis avec lui dans un endroit archi-blindé de la banlieue de Damas, ou on nous a conduit dans une voiture aux vitres teintées. Devant le portail, des militants armés avec des kalashnikov. Des mesures de sécurité imposées par le nombre important de dirigeants du mouvement éliminés par Israël (45). Le chef, en costume gris et sans cravate, se montre très cordial et relax. Il conserve tout le temps le flegme, dans une conversation qu’il entame en parlant de Netanyahou, qui a été chargé de former le nouveau gouvernement, le même chef de gouvernement qui avait envoyé des gens du Mossad à Amman en 1997 pour l’empoisonner. "C’est Netanyahou qui avait commandité mon assassinat manqué, mais il est surtout responsable, comme le reste des chefs de gouvernement israéliens, d’avoir attenté à la vie de tout le peuple palestinien. Entre les positions du Likoud, de Kadima et des tracaillistes, il n’y a que des nuances, pas de différences de fond. Depuis 60 ans il n’y a pas eu un seul gouvernement israélien qui n’ait pas commis de crime contre nous. Il est préférable d’affronter un leadership conservateur, qui poursuit clairement son but, que l’hypocrisie des travaillistes, qui feignent de s’engager dans le processus de paix mais qui sont ceux qui, lorsqu’ils gouvernaient, ont construit la majorité des colonies en Cisjordanie."

Mais si le Hamas n’ouvre pas le dialogue avec Netanyahou, n’allons-nous pas vers une autre guerre?


Nous ne sommes pas préoccupés par une nouvelle guerre. Jamais notre peuple ne sera vaincu et jamais il ne se rendra. Le défi nous donne des forces, car eux ont peur de mourir, pas nous. La paix ne sera possible que lorsqu’il y aura une volonté internationale qui fera pression en faveur de nos droits. L’objectif reste toujours la création d’un État palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale, le retour des Israéliens aux frontières antérieures à la guerre de 67 et le droit au retour des réfugiés. Nous ne pouvons pas accepter moins que cela. Est-ce qu’il y a eu un seul gouvernement d’Israël qui ait considéré comme juste de prendre en considération nos aspirations ? Ils disent toujours non à tout et font semblant d’être intéressés à une solution. Alors, que reste-il à négocier ?


L’État hébreu se confronte avec ANP et le Fatah. Comment le Hamas peut-il espérer qu’il y ait de la compréhension s’il continue à lancer des roquettes sur Israël ?


C’est une bonne question qui me donne l’opportunité d’éclaircir pour quelle raison la trêve de six mois n’a pas été prolongée après être arrivée à échéance en décembre. Israël s’était engagé à mettre fin au siège et à ouvrir les passages aux frontières. Il n’a respecté aucun de ces engagements. Ils veulent nous asphyxier, nous reléguer dans un « bantoustan ». Comment peut-on parler de trêve lorsque l’on se trouve en état de siège ? Pour garantir sa sécurité, Israël s’obstine dans l’erreur de parier sur la défaite militaire de notre peuple. J’ai étudié la physique et je suis convaincu que la Loi de Newton peut être appliquée également aux relations politiques : à chaque action correspond une réaction égale et contraire. Lorsque l’agression s’arrêtera, notre résistance s’arrêtera aussi. Mais si portes restent toujours fermées, la seule issue, et j’insiste, c’est la lutte.


Ce qui vous laisse isolés.


Le monde devra bien finir un jour par ouvrir les yeux. La communauté internationale ne voit toujours que nos roquettes en ignorant leurs F-16 et leurs bombes au phosphore. Israël profite de l’appui a priori des Usaméricains, du peu de crédibilité accordé à l’ONU, fragilisée par les pressions de Washington, et de la nébulosité totale de l’Europe, qui e montre inerte ou timide. Comment est-il possible qu’autant de leaders européens restent impassibles alors que las valeurs de bases de la démocratie - liberté, droits humains- sont piétinées? Comment est-il possible qu’ils ne se rendent pas compte qu’avec une force populaire comme le Hamas on ne peut pas ne pas négocier ?


Mais avec Obama le tableau est en train de changer.


Nous l’espérons tous. Mais il faut un changement substantiel. Obama parle avec un langage nouveau, mais je ne sais pas si cela suffira. C’est une politique nouvelle qui est nécessaire.


Si vous pouviez rencontrer Obama, que lui diriez-vous?


Le rencontrer ? Mais il ne m’a même pas rayé de la liste des terroristes ! Mais il est certain que s’il ne traite pas avec le Hamas, Obama n’ira pas loin non plus. De toute façon, je l’inviterais à considérer la possibilité d’une volte-face. On ne peut pas s’aligner sur Israël en ignorant les droits des autres peuples. Ce changement d’approche ne serait pas seulement bénéfique pour la Palestine, mais pour tout le Moyen-Orient et même pour les USA, qui sont parties prenante au conflit et, si la perspective de paix s’évanouit, ils seront les premiers à y perdre. Malheureusement, les premiers signes ne sont pas très encourageants. Le sénateur John Kerry, en visite à Gaza, a été choqué par la destruction, mais il a insisté sur le droit d’Israël à se défendre.


Comment le nier? Israël paye depuis de très nombreuses années un énorme tribut de sang innocent. D’abord avec les attentats suicides, maintenant avec le tir des roquettes, même si au cours de la dernière guerre il y a eu une énorme disproportion entre vos pertes et les leurs.


Nous ne sommes pas les sanguinaires qu’ils dépeignent. Nous ne voulons pas de victimes innocentes, ni des leurs ni des nôtres. Mais la question palestinienne s’est transformée en une grave pathologie. Et celui qui tente de diagnostiquer les causes avec honnêteté, n’aura d’autre solution que de reconnaître que l’occupation est le premier facteur. Nous, la seule chose que nous pouvons faire, c’est réagir.


La communauté internationale prêterait plus d’attention à vos revendications si vous reconnaissiez Israël.


Après la barbarie de la récente guerre, croyez-vous que ce soit le bon moment ? Israël jouit de trop de reconnaissances. Celui qui doit être reconnu est le peuple palestinien.


Il y en a qui disent qu’après la guerre de Gaza, une partie des gens tournent le dos au Hamas.


Je peux vous assurer que notre popularité à significativement augmenté à Gaza, en Cisjordanie et dans tout le monde arabe. Nous ne nous sentons pas isolés. Et nous ne sommes pas non plus enfermés dans un ghetto. Les USA nous ont étiquetés créatures de l’Iran ou de la Syrie. Nous connaissons bien ces instruments pour nous dénigrer. Mais nous considérons que les USA ne sont pas un juge impartial. Nous laissons les portes grandes ouvertes à celui qui veut nous aider. Et nous demandons à nos opposants qu’ils nous disent avec qui ils ont l’intention de négocier la paix, puisqu’ils ne veulent pas légitimer le Hamas, qui est parvenu au pouvoir grâce à des élections démocratiques.


Dans les territoires, il y en a qui vous reprochent d’avoir perdu le contact avec la Palestine. Le groupe qui dirige le Hamas serait depuis trop longtemps en exil.


Oui, il y en a qui l’insinuent. Mais ce n’est rien d’autre qu’une spéculation. Nous sommes tous les fils de la Palestine. Moi, je ne peux retourner à cause de l’occupation. Et à mon image, tous les dirigeants de l’OLP ont du vivre beaucoup d’années en exil, pas par choix, mais parce qu’ils y étaient contraints e forcés.


À Gaza il y a toujours l’incertitude. Olmert subordonne la trêve à la libération du soldat Shalit.


La requête avait déjà irrité les médiateurs égyptiens et elle a été catégoriquement rejetée. Olmert est un hypocrite. C’est seulement maintenant qu’il se souvient de son soldat. Nous n’acceptons pas de chantages. Nous sommes en faveur de la libération, mais seulement en échange avec des prisonniers palestiniens, qui sont au nombre de 12.000, y compris des enfants, des vieux et des malades.


Si Marwan Barghouti était libéré, l’objectif de la réconciliation serait-il plus facile à atteindre ?


Nous espérons qu’ils le libèrent. Mais personne ne peut résumer à soi tout seul toute une cause.


Aussi à l’intérieur de la galaxie palestinienne il y a besoin de détente. Est-il possible que le Hamas et le Fatah plus modéré puissent de nouveau s’entendre ?


Les divergences peuvent être dépassées, à condition que quelques règles soient respectées. Il est nécessaire que les frères du Fatah respectent les résultats des urnes. Et puis consolider les bases de la démocratie à l’intérieur de l’Autorité Palestinienne. Le principe indéfectible à suivre est que tous nous défendions en premier lieu les intérêts des Palestiniens. Il faut établir que nos forces de l’ordre soient au service de la sécurité de la Palestine et non – comme c’est le cas sous la houlette du général usaméricain Keith Dayton – de celle d’Israël.


mardi 20 janvier 2009

La dernière arme secrète d'Israël

par Ayman El Kayman, 20/1/2009

Peres, Livni, Olmert, Barak, sans oublier l’inénarrable Olivier Rafkowitz, chargé des relations publiques francophone de Tsahal : chaque fois qu’ils prononcent ce mot, ils ont l’air d’expectorer, de cracher un gros mot.
Ils ne disent jamais « Hamas », mais « Khamas », remplaçant le « H » par un « kh », équivalent de la jota espagnole. Hamas, acronyme de harakat al-muqâwama al-'islâmiya (حركة المقاومة الإسلامية) - mouvement de la résistance islamique - s’écrit avec un « h », ح en arabe, mais dans leur bouche, le ح devient خ .

Or, khamas, en hébreu moderne, veut dire « vol, spoliation»!

Ainsi donc, le message subliminal qui sort de la bouche du moindre porte-parole de l’État-voyou, chaque fois qu’il parle du « khamas », est d’emblée négatif, aussi bien pour les oreilles hébreues que pour les oreilles arabes, puisque, en arabe, la lettre « khâ » exprime la …merde. Une mère de famille dit à son enfant : « ne touche pas ça, c’est khâ ». Ainsi pour tout Arabe, le ministre égyptien des Affaires étrnagères mérite bien son nom puisqu’il s’appelle Abul Gheith (littéralement le père de la merde).
Ce choix délibéré de la part des Grands Linguistes Israéliens est d’autant plus pervers que le « Chet » (ח), la huitième lettre de l’alphabet hébreu, représente traditionnellement la lumière et la vie. Mais il ne faut s’étonner de rien de la part de chefs qui ont choisi le shabbat de la Hannoukah – la Fête des Lumières - pour déclencher leur opération « plomb jeté » (et non pas « plomb durci », comme on s’obstine à nous le répéter) sur Gaza.
La question que je me pose est celle-ci : les correspondants et envoyés spéciaux des médias audiovisuels occidentaux en Israël, qui reprennent presque tous cette prononciation israélienne de « khamas » sont-ils conscients qu’ils se font complices de l’utilisation d’une ALSDM (arme linguistique secrète de destruction massive) ?
Les juristes internationaux devraient de toute urgence se pencher sur la notion de crime de guerre linguistique.
Ayman El Kayman, enquêteur de l’AIEL (Agence internationale de l’énergie linguistique)
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
...et à mardi prochain !