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lundi 14 mars 2016

Putsch im Luxushotel: Libysche »Einheitsregierung« inthronisiert
Putsch depuis des hôtels de luxe : le "gouvernement d'union nationale" libyen intronisé

Knut Mellenthin
Putsch im Luxushotel: Libysche »Einheitsregierung« inthronisiert
Seit über einem Jahr drängen EU und USA auf die Bildung einer libyschen »Regierung der nationalen Einheit«. Ihre erste Aufgabe soll ein Hilferuf an die NATO sein, um deren militärisches Eingreifen zu rechtfertigen. Aber ...
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Putsch depuis des hôtels de luxe : le "gouvernement d'union nationale" libyen intronisé 
Depuis plus d'un an, l'Union européenne et les USA  font pression pour la formation d'un "gouvernement d'union nationale" en Libye. Sa première tâche serait de lancer un appel à l'aide à l'OTAN pour justifier ...
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http://tlaxcala-int.org/upload/gal_13013.jpg
Martin Kobler et Khalifa Haftar


 


jeudi 10 mars 2016

L’olio di oliva tunisino e la guerra neocoloniale in Libia
L'huile d'olive tunisienne et la guerre néocoloniale en Libye
El aceite de oliva tunecino y la guerra neocolonial en Libia

Annamaria Rivera
L’olio di oliva tunisino e la guerra neocoloniale in Libia -
Strani sussulti d’interesse per la sorte della Tunisia vanno manifestandosi da qualche tempo in alcuni ambienti italiani e sul versante dell’Unione europea. Il 25 febbraio scorso, il Parlamento europeo ha approvato una risoluzione per l’aumento delle quote di esportazione dell’olio d’oliva tunisino verso il mercato dell’UE, “al fine di sostenere la ripresa della Tunisia dall’attuale periodo di difficoltà”.
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L'huile d'olive tunisienne et la guerre néocoloniale en Libye
Des étranges élans d'intérêt pour le sort de la Tunisie se manifestent depuis un certain temps dans certains milieux italiens et du côté de l'Union européenne. Le 25 février, le Parlement européen a approuvé une résolution en faveur de l'augmentation des quotas d'importation d'huile d'olive tunisienne sur le marché de l'UE, "afin de soutenir la reprise de la Tunisie dans l'actuelle période difficile ".
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El aceite de oliva tunecino y la guerra neocolonial en Libia Los extraños impulsos de interés por la suerte de Túnez se manifiestan desde hace algún tiempo en algunos círculos italianos y del lado de la Unión Europea. El 25 de febrero, el Parlamento Europeo aprobó una resolución en favor del  aumento de las cuotas de importación del aceite de oliva tunecino en el mercado de la UE, « con objeto de asistir a la economía tunecina, muy golpeada por los ataques terroristas de 2015».Leer más 

mercredi 14 octobre 2015

Les crimes globaux du capital et la guerre contre les migrants



par Antonio Mazzeo
Les images qui resteront de l'été 2015 seront celles qui illustrent les crimes globaux de l'Europe du capital et des profits, des droits violés et déniés, de l'apartheid et des discriminations. Les raids aériens ... Lire la suite
space is green
 

mercredi 29 avril 2015

Pourquoi l'Italie ne s'intéresse pas aux Italiens assassinés par des drones US
Sigonella, capitale mondiale de la guerre robotisée

par Antonio Mazzeo, 27/4/2015. Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala 
Original: Perché all’Italia non interessa degli italiani assassinati dai droni
Ce sont des victimes collatérales, inconscientes et innocentes, de l'énième acte d'une guerre unilatérale. Il ne s'agit plus d'armées contre armées, mais de robots tueurs contre des hommes, des femmes, des enfants. Le coopérant sicilien Giovanni Lo Porto, honteusement ignoré par la politique avec un grand P, les institutions et l'ensemble du Parlement italien, a été brutalement assassiné au Pakistan dans l'un des innombrables bombardements déclenchés par les essaims de drones US.
 
"Il s'est agi d'une erreur tragique et fatale de nos alliés américains, reconnue par le président Obama, mais la mort de Lo Porto et d'un deuxième otage, l'Américain Warren Weinstein, est de l'entière responsabilité des terroristes, contre lesquels nous confirmons l'engagement de l'Italie" : tel a été le commentaires pour solde de tout compte du ministre des Affaires étrangères Paolo Gentiloni. Aucune culpabilité donc des agents de la CIA qui ont ordonné l'attaque, aucune responsabilité politique de ceux qui, à Washington – en violation du droit international - ont encouragé et légitimé l'utilisation de drones, dans une escalade infernale vers la déshumanisation totale des conflits.

jeudi 23 août 2012

Le reality show du Pentagone

par Manlio Dinucci, 21/8/2012. Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala

Traductions disponibles : English  Español 
Les commandos se jettent en mer du haut d’un hélicoptère et, arrivés sur la rive en zodiac, ils éliminent les ennemis avec leurs fusils d’assaut, minent un dépôt, qui explose tandis qu’ils repartent, agrippés à l’hélicoptère. Ceux qui accomplissent l’action ne sont pas des Marines ou des Navy Seals (forces spéciales de la marine de guerre), mais des acteurs, des chanteurs, des champions sportifs ou hommes d’affaires connus.
Recrutés par la chaîne US NBC pour le reality show "Stars Earn Stripes" ["Des stars récoltent des galons", jeu de mots avec "Stars and Stripes", "des étoiles et des bandes3, nom de l'hymne national US, NdT], ils sont entraînés et accompagnés dans l’action par d'authentiques  membres de commandos, dont des Bérets Verts. 

Le but du show, précise la NBC, est de rendre hommage à "nos héros" qui reviennent des guerres, en montrant "quelles incroyables missions ils accomplissent dans la réalité". Chaque concurrent participe contre une somme d’argent, qu’il offre à une association de bienfaisance pour militaires, poussant ainsi les téléspectateurs à contribuer de leur poche. Mais ce qui rend unique ce show est son exceptionnel meneur de jeu : le général Wesley Clark, ex-Commandant suprême des forces alliées en Europe de 1997 à 2000.  C’est lui qui planifie les missions des concurrents, les guide et les juge. Et il ne manque pas d'’expérience : c’est lui qui a planifié et commandé la guerre contre la Yougoslavie. 

Une fois à la retraite, Clark a écrit des livres et donné des cours sur la manière de "mener et gagner la guerre moderne", sur la base de celle de 1999.  Ce fut la première guerre menée par l’OTAN dans ses 50 ans d’histoire, explique Clark, pour "mettre fin à l’épuration ethnique de Milosevic contre les Albanais du Kosovo". Une guerre dans laquelle "l’Amérique a fourni la direction et a choisi les objectifs à frapper". Mais le Pentagone la transforma en "guerre de l'OTAN", en impliquant ses alliés qui effectuèrent 60% des attaques aériennes. 

C'est ainsi que Wesley Clark décrit le palimpseste d’un autre reality show, bien plus important que celui de la NBC, et que le Pentagone diffuse en mondovision pour faire prendre les vessies pour des lanternes, en camouflant les causes et les buts de la guerre. 

Ce scénario s’en tient à deux règles : focaliser l’attention de l’opinion publique sur l’ennemi numéro un du moment (Milosevic, Ben Laden, Saddam Hussein, Kadhafi, Assad, Ahmadinejad) en montrant comme il est dangereux, et comme  l’intervention militaire  est juste et urgente; mouiller les alliés, mais faire en sorte que les USA aient toujours la direction des opérations.

Dans le reality show de la guerre, il est permis de fabriquer des "preuves" contre les ennemis : comme celles présentées à l’ONU par le secrétaire d’Etat Colin Powell, le 5 février 2003, pour démontrer que l’Irak possédait des armes biologiques de destruction massive. "Preuves" dont Powell lui-même a admis plus tard la fausseté, demandant à la CIA et au Pentagone d’expliquer pourquoi ils lui avaient fourni des "informations inexactes".

Mais désormais le reality show de la guerre est passé à de nouveaux épisodes : on accuse maintenant  l’Iran de vouloir fabriquer des armes nucléaires (en passant sous silence le fait qu’Israël en possède depuis des décennies, et les tient pointées contre l’Iran et d’autres pays). Des émissions populaires comme « Stars Earn Stripes » contribuent aussi à alimenter l’idée de l’ennemi et de la nécessité de se défendre.

Wesley Clark pourrait réaliser une version italienne de l'émission en recrutant un comparse exceptionnel : Massimo D’Alema, qui en 1999, quand il était Premier ministre, a mis les bases et les forces armées italiennes aux ordres du futur animateur du reality show « Stars Earn Stripes ».

mardi 20 septembre 2011

La Libye, le chaos et nous

par Santiago Alba Rico, 20/9/2011. Traduit par Fausto Giudice
La dernière semaine d'août, après l'entrée des rebelles à Tripoli, un cri de soulagement et de joie a éclaté dans le monde arabe. Au Yémen et en  Syrie les manifestations populaire contre les dictatures d'Ali Saleh et Bachar Al Assad se sont multipliées et intensifiées à la lumière de cette victoire que tous les peuples de la région vivaient comme la  leur. En Tunisie,  les 22 et 23 août, des réfugiés libyens et des citoyens  tunisiens ont  célébré la chute de Kadhafi  dans les rues de la capitale, mais aussi à Sfax, Gabès et Djerba. Même les partis de gauche se sont joints à la célébration. Ainsi, le Parti communiste des ouvriers de Tunisie, d’ Hamma Hammami, un des opposants les plus persécutés par le régime de Ben Ali, a diffusé le 24 août une déclaration félicitant "le peuple frère de Libye pour sa victoire sur le régime despotique et corrompu de Kadhafi, en espérant que désormais le peuple libyen pourra décider de son propre destin, récupérer ses libertés et ses droits et construire un système politique fondé sur la souveraineté qui lui permet te de reconstruire son pays, de mobiliser ses richesses  au profit de tous les citoyens et d'établir des profondes relations fraternelles avec les peuples voisins. " Au cours des six derniers mois, dans toutes les capitales arabes où les gens protestaient contre les dictateurs locaux, souvent au péril de leur vie, on a organisé des manifestations de solidarité avec le peuple libyen ; que cela nous plaise ou non, alors qu’il s’agit de l'une des régions les plus anti-impérialistes du monde, il n'y a eu aucune protestation contre l'intervention de l'OTAN.

Ces derniers mois, j'ai parfois eu l'impression que tandis que la droite colonise et bombarde le monde arabe, la gauche (une partie de la gauche européenne et latino-américaine) lui explique quand, comment et de qui il doit se libérer. Je ne vais pas entrer dans la polémique très vive  qui a fracturé le camp anti-impérialiste ;  je veux juste remarquer que le seul endroit où cette polémique n’a pas eu lieu  a été curieusement celui où les événements sont survenus. Alors que la gauche occidentale échangeait des gnons à propos de d'intervention de l'OTAN, les peuples arabes, accompagnés par une gauche régionale que  ni l'Europe ou l'Amérique latine n’ont écoutée, se sont consacrés à lutter contre les dictatures avec des moyens et dans des conditions qu’aucune analyse marxiste n’aurait prévu ni même souhaité. Le fait est que les puissances occidentales ne s’étaient  pas non plus attendues à ce qui s’est passé ni ne l’avaient souhaité  et le résultat de leur improvisation bâclée, aussi hypocrite que diligente, est encore une inconnue.

Une des erreurs dans l'analyse schématique d'un secteur de la gauche occidentale (aussi occidentale en cela que le sont les bombes de l’Alliance atlantique) a consisté à attirer l'attention sur les intérêts euro-usaméricains en Libye, comme si ces intérêts n’avaient pas été assurés sous Kadhafi et comme si, de toute manière, une intervention était la conséquence nécessaire d’une énumération d’intérêts. On n’intervient pas où et quand on veut, mais où et quand on peut. Les intérêts motivent sans doute une intervention militaire, mais ne la rendent pas forcément possible. Dans le cas de la Libye, à mon avis, ce sont deux facteurs qui l’ont rendue possible.

La première est qu'il s’agissait, comme l'ont immédiatement  reconnu les peuples et les gauches  arabes, d’une cause juste. La révolte populaire qui a commencé à Benghazi et a avorté dans le quartier de Fachloum  à Tripoli le 17 Février, était le prolongement, avec une égale légitimité et spontanéité, des révolutions en Tunisie et en Égypte. Jean-Paul Sartre a écrit en 1972 que " le pouvoir utilise la vérité quand il n’y a  pas de meilleur mensonge." Dans ce cas, aucun mensonge n’était mieux que la vérité elle-même:  le "tyran monstrueux" était un monstrueux tyran et les "rebelles libyens" étaient réellement des rebelles libyens. L’Occident utilisant la vérité pour sa propagande, la gauche schématique - très loin ou avec peu de connaissance de la région -, est tombée  dans le piège et s’est mise à répéter candidement face à celle-ci, un tas de mensonges et de demi-vérités, offrant à ceux qui bombardaient une cause juste et assumant l’ignominie  de défendre une injustice.

Le deuxième facteur a trait à l'isolement du régime Kadhafi. Mis à part le Nicaragua et le Venezuela, très éloignés de la scène, les seuls amis qu’avait Kadhafi dans le monde étaient quelques dictateurs africains et quelques impérialistes occidentaux. Une fois qu’il eut été abandonnée par ces derniers, aucun État  ayant un poids géostratégique - ni la Ligue arabe, ni la Chine ni la Russie – n’allait opposer de résistance à l'intervention de l'OTAN. Contrairement à ce qui se passe pour la Syrie, un nœud d’équilibres très sensibles dans lequel Bachar Al Assad vend la «stabilité» tous azimuts tout en tuant impunément des milliers de révolutionnaires, Kadhafi et son régime ne représentaient rien dans la région. Au contraire, tous les intérêts, y compris politiques, le rendaient vulnérable: plus que le pétrole, il faut compter parmi les facteurs déclencheurs de l’ intervention de l'OTAN les pressions de l'Arabie Saoudite sur les USA, très réticents à une intervention, et l' occasion pour la France de retrouver du prestige dans son  " arrière-cour " naturelle, l'Afrique du Nord, après la claque prise en Tunisie et en Egypte, où le soutien à Ben Ali et Moubarak (avec le scandale des vacances payées de ses ministres) avait mis Sarkozy complètement hors jeu.

L'autre erreur commises par certains secteurs de la gauche a à voir précisément avec leur schématisme ou plutôt, leur monisme. Les peuples et les  gauches arabes, risquant leur vie sur le terrain, ont compris d’emblée l'impossibilité d'échapper à l'inconfort d'analyse s’ils voulaient renverser leurs dictateurs. Ils ont su qu’il fallait affirmer de nombreux faits en même temps, dont certains contradictoires entre eux.  Dans le cas de la Libye, ces cinq ou six faits sont les suivants: Kadhafi est un dictateur, la révolte libyenne  est populaire,  légitime et spontanée ; elle  est immédiatement infiltrée par des opportunistes, des libéraux pro-occidentaux et des islamistes ;  l'intervention de l’OTAN n’a jamais eu d’objectif humanitaire, l'intervention de l'OTAN a sauvé des vies ; l'intervention de l'OTAN a provoqué  la mort de civils ; l'intervention de l'OTAN menace de transformer la Libye en un protectorat occidental. Que faisons-nous de tout  ça? Nous pouvons laisser de côté la realpolitik pour  aller au réalisme et  tenter d'analyser les nouveaux rapports de forces dans le contexte d'un monde arabe en plein  processus de transformation. Ou bien nous pouvons affirmer Un Seul Fait – monisme - et soumettre tous les autres à la cravache négationniste.  Ainsi, si nous parlons seulement de l'intervention de l'OTAN, avec ses crimes et ses menaces, nous sommes immédiatement contraints par une logique symétrique qui nous éloigne toujours plus de la réalité, de nier le caractère dictatorial de Kadhafi et d’affirmer, au contraire, son potentiel émancipateur et anti-impérialiste ; à nier le droit et la spontanéité de la révolte libyenne et affirmer, par ailleurs, sa dépendance mercenaire d'une conspiration occidentale. L'inconvénient de cet exercice de monisme est qu’il  laisse de côté précisément les données qui comptent le plus pour les peuples et les gauches arabes et devraient être le plus importantes pour les  anti-impérialistes du monde : l'injustice d'un tyran et la revendication de  justice du peuple libyen.
Le  monisme simplifie les choses là où elles sont très-très-compliquées. L’OTAN elle-même est consciente de cette complexité, comme en témoigne le fait que, comme l’a rappelé Gilbert Achcar,  elle a bombardé très peu la Libye, en vue de prolonger la guerre et d’essayer de gérer une défaite du régime sans vraiment rompre avec lui ; c’est-à-dire le contraire de ce que demandait  le peuple libyen. Le conflit entre l'OTAN et une partie des rebelles est manifeste, comme il l’est entre les rebelles et le groupe dirigeant  du CNT. Nous avons entendu ces derniers jours les dénonciations très agressives, visant à la fois les USA et l’ Angleterre, Mustafa Abdoul-Jalil et Jibril Mahmoud, et émanant d’ Abdelhakim Belhaj et Ismaïl  Salabi, les commandants rebelles liés à l'islamisme militant. Comme en Tunisie et en Égypte, les islamistes sont bien organisés et ont une  force, mais ce ne sont pas eux qui ont initié les révoltes. Il est très triste de voir tout d'un coup certains secteurs de la gauche rejoindre le chœur de la «guerre contre le terrorisme» et de la «menace d'Al Qaïda », alors que les révolutions arabes ont révélé que ce courant avait une influence très faible  sur la jeunesse arabe. Quelles que soient ou qu’aient été les relation entre Al Qaïda et le Groupe combattant islamique libyen, les déclarations publiques de ses dirigeants en faveur d’ un "État civil" et d’une "véritable démocratie",  très peu crédibles,  démontrent une grande connaissance du courant principal à l’œuvre  dans la région aujourd'hui. Les gens de gauche devront peut-être se faire à l’idée  que le monde arabe va inévitablement être gouverné par l'Islamisme dans les années à venir  - si on l’avait laissé gouverner il y a 20 ans, aujourd’hui il s’en serait libéré - mais la visite triomphale d’ Erdogan en Égypte, Tunisie et Libye indique que l'Islamisme ne sera  plus celui du djihad et des attentats-suicide,  comme on le voulait dans l'UE et aux USA, mais un «islamisme démocratique», dont les  limite, de toute manière, se révéleront aussi rapidement aux yeux d'un population excédentaire de jeunes de plus en plus intégrée dans les  réseaux d'information mondiaux.

Quoiqu’il en soit, la gauche, qui n’a ni armes ni argent,  devrait oser parler seulement après avoir imaginé ce qu’elle en aurait fait, si elle en avait eu – des armes et de l’argent.  Les aurait-elles donnés à Kadhafi ? Ou bien aux rebelles, anticipant ce qu’a fait l'OTAN? Ce que la gauche occidentale doit savoir, c’est qu’en soutenant  Kadhafi, elle ne soutient pas Chávez (contrepoint démocratique du tyran  libyen, malgré ses déclarations absurdes), mais Aznar et Berlusconi, et, pire encore, Ben Ali et Moubarak. La gauche arabe, très réaliste, sait ce qu’aurait signifié une victoire de Kadhafi pour le printemps arabe toujours en cours. N'oublions pas que Kadhafi a soutenu le dictateur tunisien après son départ, a menacé son peuple et a cherché à déstabiliser ses  nouvelles institutions pour remettre la famille Trabelsi au pouvoir jusqu'à ce que, justement, la révolte  populaire libyenne du 17 Février fasse échouer tous ses plans. L'étouffement par le sang et le feu de la révolte libyenne aurait mis en péril les acquis révolutionnaires de la Tunisie et de l'Égypte,  encouragé une répression encore plus grande au Yémen et en Syrie et congelé toutes les protestations qui refleurissent  au Maroc, en Jordanie et à Bahreïn. On ne peut pas –vraiment pas – être en même temps en faveur des révolutions arabes et de Kadhafi. Paradoxalement, ceux qui soutiennent Kadhafi  appuient sans s’en rendre compte l’offensive contre-révolutionnaire de l'OTAN en Afrique du Nord.

Peut-être faut-il préférer un ordre mauvais, pourvu qu’il soit invincible, à un désordre ambigu dans lequel il existe une possibilité de vaincre, même si c’est à long terme ; peut-être eût-il été préférable que ce lourdaud de Mohamed Bouazizi  ne s’immole pas, mettant le feu à toute la région, nous qui étions si tranquilles ; peut-être aurions-nous préféré que les peuples arabes ne se soulèvent pas s’ils ne sont pas  capables d’être marxistes et si à la fin, cela ne sert à rien ou seulement à ce que l’Islam règne ou qu’une poignée d’humiliés et d’offensés respirent un peu. Mais ce n’est pas nous qui décidons. Ce qui est sûr, c’ est que les peuples arabes, y compris celui de Libye, ont décidé de se débarrasser des dictatures les plus longues sur la planète, "dégelant" une région du monde pétrifiée depuis la Première Guerre mondiale et condamnée encore et toujours à servir des intérêts étrangers ; et en  décidant cela, ils l’ont remise dans le « courant central de l’histoire ». Bien sûr, on peut se laisser aller à éprouver des nostalgies de la guerre froide ; on peut se rassurer en voyant des conspirations des méchants habituels de toujours,  en s’épargnant ainsi l’effort de se rapprocher de nos semblables sur le terrain et d’analyser soigneusement les nouveaux acteurs qui interviennent sur la scène du monde. On peut faire des discours au lieu de faire de la politique, et faire des remontrances aux Arabes au lieu d’apprendre d’eux.  Ou bien alors on peut essayer d’être solidaires des peuples qui en ce moment essaient d’en finir avec une histoire ou d’en commencer une nouvelle ; avec ceux qui, comme en Syrie, au Yémen, à Bahreïn, essaient de secouer le joug de leurs dictateurs et avec ceux qui, comme en Tunisie, en Égypte et en Libye, doivent tenter de se libérer, dès maintenant, de diverses formes d’intervention étrangère.

lundi 29 août 2011

Guerre coloniale contre la Libye

par Stella Calloni استلا کالونی. Traduit par  Michèle Mialane, Tlaxcala
Original: Guerra colonial contra Libia
Traductions disponibles : Deutsch  فارسی 

La perversité avec laquelle les agences de presse usaméricaines et européennes et leurs valets de par le monde s'acharnent à qualifier les évènements libyens de « guerre civile » montre bien comment une intervention de type colonial contre un pays que les USA et leurs partenaires souhaitaient s’approprier pour diverses raisons a été transformée en une « rébellion » intérieure qu’il fallait soutenir pour des raisons « humanitaires ».
La vérité, c’est que le peuple libyen subit depuis la mi-mars les bombardements de l’OTAN sur un pays de 6 millions d’habitants, en grande partie désertique. Ces bombardements ont semé la mort et la destruction dans tout le pays pour aplanir la route devant les mercenaires qui ont été d’emblée le moteur de la prétendue « rébellion » du peuple libyen contre Kadhafi.
Il n’existe aucun cliché montrant cette « rébellion » populaire ni des prétendus « bombardements de son propre peuple par Kadhafi », « l’excuse » qui a justifié cette brutale intervention en plein XXIe siècle. Depuis, cette même population civile est massacrée par ses « protecteurs », qui détruisent également ses foyers, ses écoles, résidences médicalisées, laboratoires médicaux, universités et hôpitaux, couvrant en outre toute la zone d’uranium appauvri, une catastrophe écologique et humaine à venir.


Victoire des rebelles, par Patrick Chappatte - International Herald Tribune
La résolution 1973 de l’ONU votée le 17 mars de cette année, qui prétendait établir au-dessus de la Libye une zone d’exclusion aérienne n’avait en fait d’autre but que d’empêcher le gouvernement de cette nation souveraine de se défendre. Cette résolution a été adoptée sans audition préalable des observateurs directs.
Les agresseurs s’assuraient ainsi que la Libye ne pourrait employer de DCA. Et l’on peut parler de défaite morale si l’on songe que ce pays a résisté 6 mois aux bombardements de l’OTAN, prouvant ainsi que les prétendus « rebelles » n’existeraient pas sans l’OTAN.
Pour se faire une idée de l’ampleur des réalités que cachent les médias, il suffit de regarder une photo qui circulait durant ces dernières heures et publiée par certains médias. Elle montre de prétendus « opposants libyens », dont l’allure, les vêtements et les armes sont typiquement ceux des mercenaires que les puissances belligérantes ont fait entrer dans ces régions.

Les rebelles ont fêté, mardi après-midi, la prise du quartier général du dictateur libyen en saccageant les symboles du pouvoir déchu.
"Rebelles" prenant la pose pour une photo souvenir de  Sergey Ponomarev/AP (Associated Press) le mardi 23 août, devant le désormais mondialement célèbre bunker de Kadhafi

Pour pouvoir lancer et mener à bien leur intervention les USA et leurs alliés ont utilisé les médias du monde entier placés de fait sous leur contrôle militaire et sécuritaire. En l’occurrence ils ont également pu compter sur la collaboration intéressée ou désintéressée, mais parvenant au même but, de quelques journalistes ou intellectuels considérés comme « progressistes », qui ont été ainsi complices de cette intervention et du tissu de mensonges destiné à la justifier.
Pour pouvoir se justifier ils attendent désormais la victoire de l’OTAN qui permettra aux vainqueurs de répandre le conte des «effrayantes violations des droits humains » commises par le gouvernement libyen afin de cacher les exactions des mercenaires et troupes d’invasion. Comme ils l’ont fait en Afghanistan, en Irak et bien avant.
Ont-ils déjà oublié les Contras nicaraguayens qui à partir de leurs bases honduriennes ont attaqué le Nicaragua sandiniste, détruit des villages, massacré, torturé, violé femmes et es jeunes filles ? Ronald Reagan les appelait alors « combattants de la liberté. »
Donner le nom de « rebelles » aux troupes mercenaires sous commandement de la CIA et de ses alliés, c’est faire affront à tous les authentiques rebelles qui de par le monde luttent pour leur liberté.
Le peuple et le gouvernement libyens avaient non seulement le droit, mais le devoir de se défendre. Tout pays dans le monde victime d’une agression étrangère se doit de le faire.

Commentaire de la rédaction de la rubrique OUMMA  de Tlaxcala:
On trouve parmi ceux qui critiquement durement l'agression de l'OTAN contre la Libye, des défenseurs de théories conspirationnistes. Cet article est écrit dans cette perspective. Les articles de ce genre sont dignes d'attention étant donné que les médias occidentaux informent des événements en Libye à partir de leur propre point de vue. Mais la réalité des faits ne restera pas éternellement occultée. On verra bientôt clairement dans quelle mesure les forces combattant Kadhafi s'appuient sur le peuple libyen et jusqu'à quel point elles sont au service des intérêts de puissances étrangères.

mercredi 24 août 2011

La difficile chute tant annoncée de la maison K...: Le feuilleton continue

Lundi, on nous annonçait comme très imminente la chute définitive de la Maison Kadhafi et la libération totale de Tripoli: ce n'était plus qu'une "question d'heures".
Mardi, ce n'était plus qu'une "question de jours".
Mercredi, ce n'est plus qu'une "question de semaines".
On nous ment, on nous prend pour des cons.
Centre d'appel d'urgences du Pentagone (jeu de mots sur le n° 911, qui est le n° des appels d'urgence aux USA et le 11 Septembre, appelé Nine Eleven en usaméricain)
- La Libye? Ne quittez pas

Dessin de Stuart Carlson, USA


Victoire des rebelles, par Chappatte


Mais où se cache-t-il donc?
Aislin, The Montreal Gazette, Canada

Sur le missile: Mangez de l'interventionnisme libéral. Saddam a été remplacé par Kadhafi
Dave Brown, The Independent, Royaume-Uni






mardi 23 août 2011

Tripoliwood

Le film de série B projeté non-stop sur tous les écrans du monde a transformé Tripoli en concurrent sérieux de Hollywood et Bollywood. Trois images choisies par nos services de veille parmi les rushes de ce film qui pourrait s'appeler : La difficile chute tant annoncée de la maison K...

et la plus belle
Les rebelles ont fêté, mardi après-midi, la prise du quartier général du dictateur libyen en saccageant les symboles du pouvoir déchu.

La légende du Figaro dit : Les rebelles ont fêté, mardi après-midi, la prise du quartier général du dictateur libyen en saccageant les symboles du pouvoir déchu. Crédits photo : Sergey Ponomarev/AP
Notre commentaire: faute de trouver l'original, ils doivent se contenter de l'effigie. Appréciez leurs armes flambantes neuves, qu'ils ont reçu il y a quelques heures de leurs généreux sponsors et qui n'ont sans doute jamais servi. Appréciez aussi la diversité des looks de ces "rebelles" made in NATO. Question: combien ont-ils exigé du camarade Ponomarev pour prendre la pose? 50$ par tête, soit 350$ pour le groupe? Question: ont-ils établi une facture? Question : L'agence Associated Press prévoient-elle des salaires de figurants dans les notes de frais de ses photographes ?

lundi 22 août 2011

Le Super-Show de l'OTAN à Tripoli met la Bourse de Milan en joie

Alors que tous les médias de la planète nous ont matraqué depuis lundi matin la "libération imminente" de Tripoli et la "fin inéluctable"de la tribu Kadhafi, la Bourse de Milan a connu une envolée des actions des entreprises pétrolières, sidérurgiques et de construction présentes en Libye, à commencer par le pétrolier ENI et l'aciériste Ansaldo, dont les actions ont grimpé de 5 à 6%. En attendant, Papy Kadhafi continue à faire de la résistance, dans son désormais célèbre "bunker" (s'il y est toujours), que l'on peut voir ci-dessous:


Quant aux fameux "rebelles", à voir leur dégaine, je ne leur confierais ni mes petits-enfants à garder, ni mes économies, ni mon bulletin de vote, ni même mon canari. La Libye s'achemine vers un destin de Kosovo arabe, avec une bande de bandits pour la diriger, c'est-à-dire pour brader ses richesses , non pas au meilleur offrant, mais au moins-disant. On va appeler ça la "démocratie enfin (re)trouvée". Et si la démocratie républicaine est trop difficile à mettre en œuvre - comme en Irak ou en Afghanistan -, eh bien, le services de sa très gracieuse Majesté offriront au peuple libyen, sur un plateau de plastique made in China...l'héritier du trône Senoussi, qu'ils gardent au chaud du côté de Londres.Et BHL sera à son poste pour nous expliquer que c'est la seule solution raisonnable pour ces Bédouins.


jeudi 14 avril 2011

L'intervention occidentale en Libye en passe de provoquer une "somalisation" du pays

Par Atlasaltern, 14/4/ 2011
L'intervention occidentale en Libye en passe de provoquer une "somalisation" du pays
Trois semaines de bombardements par les avions de combat britanniques, français et étatsuniens n'ont pour l'heure réussi qu'à instaurer une partition de fait entre une Tripolitaine (où les civils sont désormais armés) qui fait bloc derrière le colonel Kadhafi et une Cyrénaïque où les insurgés peu aguerris n'ont pas pu remporter de succès militaires décisifs, malgré le soutien aérien occidental.

Officiellement les bombardiers étatsuniens ne participent plus aux actions directes sur la Libye depuis le 4 avril date du transfert du commandement à l'OTAN, mais ce retrait officiel ne serait en fait que partiel. Il laisse en tout cas sur le terrain une pénurie de bombardiers que la France voudrait combler en demandant aux 22 des 28 membres de l'OTAN hostiles à toute participation militaire de s'impliquer davantage.

Devant l'impasse militaire, les responsables états-uniens ne cachent plus leur crainte que la Libye devienne un "failed state", un "Etat manqué" à la somalienne, où s'infiltreront les extrémistes de tous bords. Déjà un millier de djihadistes auraient été recensés dans les rangs des insurgés de Benghazi soutenus par les Occidentaux selon un islamiste repenti Noman Benotman. L'amiral James G. Stavridis a confirmé leur présence devant le congrès des Eatts-Unis et le secrétaire général de l'OTAN Anders Fogh Rasmussen reconnaît qu'Al Qaida pourrait s'y renforcer encore davantage.

Foreign Policy et le Fund for Peace qui classent les pays suivant leur degré de stabilité viennent d'ajouter la Libye dans la liste des pays "à la limite" de l'instabilité durable - au même titre que le Mexique et l'Ukraine.

La guerre occidentale en Libye qui viole la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l'ONU votée uniquement dans le but de protéger les civils, est de plus en plus impopulaire dans le monde. Les cinq pays émergents du Brics (Brésil, Russie, Chine, Inde, Afrique du Sud) qui représentent plus de 40% de la population et 18% du PIB de la planète, réunis à Sanya en Chine, se sont prononcés aujourd'hui contre l'usage de la force en Libye. Dans les pays voisins de la Libye, l'opinion publique en Algérie et en Tunisie est hostile à l'opération militaire de l'OTAN.

Sur le terrain les conséquences de la guerre sont désastreuses. Alors que la Libye est le pays le plus riche d'Afrique du Nord, plus de la moitié de la population (3,5 millions d'habitants) pourrait nécessiter une aide humanitaire, et 500 000 personnes ont déjà fui le pays. Les Occidentaux accusent les forces de Kadhafi de tirer sur les populations civiles à Misrata qui est sur la ligne de front depuis plusieurs jours. Réciproquement il y a quinze jours une déclaration du porte parole du ministère russe des affaires étrangères Alexandre Loukachevitch mettait en cause des frappes effectuées par les Occidentaux sur des sites non-militaires à Tripoli, Tarhuna, Maâmura et pointait la mort de 48 civils (150 blessés), la destruction partielle d'un centre cardiologique, de routes et de ponts. Le bilan des pertes civiles reste opaque. Le gouvernement libyen en dénombre une centaine depuis le début des opérations, un chiffre vraisemblable et peut-être même sousestimé compte tenu du fait que les forces loyalistes sont disséminées dans les villes contrôlées par le gouvernement.

Au delà de ces effets immédiats, la guerre pourrait aussi générer une catastrophe à moyen terme dans l'ensemble de l'Afrique du Nord-Ouest. Selon le quotidien algérien El Watan, des centaines de jeunes Touaregs du Mali et d'Algérie se sont rendus ces derniers temps à Tripoli pour défendre le régime du colonel Kadhafi, attirés par la perspective d'avoir de l'argent et des armes. Parallèlement aux forces d'Al Qaida Maghreb venues soutenir les insurgés de Benghazi, ils sont un facteur préoccupant de dissémination du conflit dans tout le Sahara à moyen terme.

Les chances de trouver une sortie décente au bourbier libyen restent cependant minces,le Conseil national de transition de Benghazi posant toujours comme préalable à la paix la démission de Kadhafi.

jeudi 24 mars 2011

URGENT Paris : réunion de concertation sur la situation en Libye

A toutes les organisations françaises :
Réunion d'échanges et de concertations - 
vendredi 25 mars à 18h -
Bourse du travail de Paris - 

Par Arielle Denis et Pierre Villard, Co-Présidents du Mouvement de la Paix, 24/3/2011


Les évolutions de la situation en Libye sont inquiétantes

La volonté d'empêcher le massacre du peuple Libyen par son dictateur, n'autorise pas pour autant la communauté internationale à tomber dans le piège de la guerre et de l'intervention militaire. Pour l'instant c'est le risque d'enlisement et d'une guerre avec l'Otan qui se profile.
En vue d'échanger nos appréciations sur la situation et de proposer éventuellement les actions communes que nous jugerons utiles, nous vous invitons à une réunion de travail

Merci de faire parvenir toute expression de votre organisation sur le sujet.
NB : Nous vous remercions de confirmer votre participation auprès de Nadia Bennad au 01 40 12 71 31 ou national@mvtpaix.org

lundi 28 décembre 2009

Des prisons de la CIA découvertes en Lituanie

par Hans-Jürgen  FALKENHAGEN & Brigitte QUECK, 27/12/2009. Traduit par Michèle Mialane et édité par Fausto Giudice, Tlaxcala 

Original : In Litauen wurde die Existenz von CIA-Gefängnissen aufgedeckt
Une Commission d’enquête sur les prisons de la CIA,  instituée par le Parlement lituanien  (Seimas), part du principe que les services secrets lituaniens (VSD) étaient au courant de leur existence. Un fait est avéré : en Lituanie les conditions nécessaires ont été établies dans les années 2004-2005. À cette époque le VSD était de temps à autre un « État dans l’État ». Il faut «désormais y mettre fin» a déclaré Audronius Azubalis,  Président de la Commission parlementaire aux Affaires étrangères. Adamkus, alors Président de Lituanie, aurait été lui aussi au courant  selon un commentaire d’Audrius Baeiulis dans l’hebdomadaire « Veidas » (voir Gazeta wyborcza du 23/12/2009, Varsovie)


Et voici que Rolandas Paksas, l’ex-Président de Lituanie, a fait à ce sujet une révélation sensationnelle. Paksas est à l’heure actuelle député européen. Il avait été élu Président au second tour de janvier  2003 où il affrontait son prédécesseur Adamkus. «  Ma charge de Président m’a conduit à savoir qu’on souhaitait interner en Lituanie des personnes accusées de terrorisme», a déclaré Paksas.  Il déclare que Mecys Laurinkus, l’ex-dirigeant du Département de la Sûreté de l’État (VSD)  lui a demandé au printemps 2003 s’il était possible d’interner en Lituanie, sans le faire savoir officiellement, des personnes suspectées de terrorisme par les USA. Laurinkus laissait entendre qu’une réponse positive rendrait service aux partenaires étrangers. Des politiciens lituaniens frappaient alors à la porte de l’OTAN ; ils étaient nombreux à Vilnius à  déclarer que la Lituanie souhaitait en devenir membre et estimaient qu’il était nécessaire, pour accélérer le processus d’admission, de faire en direction du pays qui joue les premiers violons dans l’organisation -les USA- « un geste d’amitié ». Paksas déclare avoir néanmoins rejeté la proposition du chef des services secrets. Six mois plus tard éclatait le plus grand scandale politique de toute l’histoire lituanienne, qui entraîna la révocation de Paksas. À l’automne 2003, Mecys Laurinkus, de son « exil doré » au poste d’ambassadeur à Madrid, avait fait parvenir aux médias occidentaux  des informations compromettantes accusant Roland Paksas d’entretenir d’étroites relations avec l’oligarque russe Iouri Borissovitch. Paksas lui aurait conféré illégalement la nationalité lituanienne en échange du financement de sa campagne.

Mecys Laurinkus, chef du VSD (Services secrets lituaniens) de 1998 à 2004

En avril 2004, alors que la Lituanie fêtait son entrée dans l’OTAN, le Parlement lituanien vota une procédure d’impeachment à l’encontre du Président Paksas. Paksas fut contrait de démissionner. Et peu de temps après la prison secrète de la CIA fut ouverte à Antavilia, à 20 km de Vilnius. « Je pense que mon refus de principe d’ouvrir cette prison de la CIA est en relation directe avec ma chute », a déclaré Paksas lors d’une récente audition au Parlement lituanien. C’est aussi la version, par exemple, du journal « Russkij Berlin » dans sa rubrique Odna Chestaïa dans son numéro 51 de l’année 2009. L’article publié était de la plume de Vladimir Vodo et Alexander Reutov, du journal russe « Kommersant ».
 Selon certains experts, la procédure d’impeachment à l’encontre du Président Paksas a été fort utile aux USA. Premièrement beaucoup voyaient en Paksas un politicien pro-russe. Deuxièmement les services secrets Usaméricains avaient dû abandonner fin 2003 leur prison secrète dans la Pologne voisine. En effet la révélation de son existence avait déclenché un énorme scandale dans le pays et la CIA était donc à la  recherche d’une autre base du même type en Europe. En Lituanie le seul obstacle était cet empêcheur de tourner en rond de Paksas. Son départ supprimait l’obstacle. Les membres « frais émoulus » de l’OTAN, dont la Lituanie, étaient si reconnaissants aux  USA de les avoir aidés à y entrer qu’ils disaient amen à tout  ce que ceux-ci demandaient, selon le Général Richard Clarke, ex-conseiller en chef de George Bush pour la guerre contre le terrorisme (déclaration sur ABC News). «  Nous savions parfaitement que la CIA travaillait à Antavilia » a déclaré au Washington Post  Domas Grigaliunas, ex-officier des Services secrets lituaniens.

La réélection en juin 2004 de l’Américano-lituanien Adamkus au poste de Président a joué un rôle décisif dans l’affaire. Né en 1926 à Kaunas (Lituanie), Valdas Adamkus, fils d’un haut fonctionnaire lituanien, avait fui le pays avec ses parents  en 1944 vers l’Allemagne, devant l’avancée de l’Armée rouge. Après une formation militaire dans son propre pays, Adamkus y était revenu après un petit stage de perfectionnement chez les nazis. Il y a combattu l’Armée Rouge à Seda dans une unité lituanienne en octobre 1944 (au cours de l’Opération balte [14 sept.-24 nov. 1944]). Non sans avoir préalablement reçu de « hautes distinctions » de la main des nazis, Adamkus, après la défaite allemande dans les pays baltes, s’est réfugié une seconde fois en Allemagne où il aurait, paraît-il, poursuivi sa formation militaire dans la Wehrmacht. Plusieurs témoins dignes de foi affirment qu’il aurait été un gradé SS de haut rang. On n’en sait pas plus sur ses activités durant cette période.

Valdas Adamkus Photo DELFI
Après la guerre Adamkus a obtenu son Abitur (baccalauréat) au lycée lituanien du monastère de Rebdorf près d’Eichstätt, puis fait des études à l’Université Ludwig-Maximilian de Munich. Ensuite il a émigré aux USA (1949). Il y a travaillé dans les Services de renseignements militaires et a dirigé des organisations clandestines  lituaniennes. En 1960 il a obtenu un diplôme d’ingénieur de l’Institute of Technology de l’Illinois. Il a fait carrière dans l’Agence américaine pour l’environnement (EPA) tout en poursuivant son engagement dans le Mouvement indépendantiste lituanien. En 1997, après avoir pris sa retraite, il est rentré en Lituanie où il a été élu président une première fois en 1998. C’est lui qui a donné son accord à l’ouverture d’au moins une prison de la CIA sur le sol lituanien. Mais la Lituanie avait déjà été admise dans l’OTAN en « remerciement de ses efforts ».













La prison de la CIA occupait une villa d’aspect extérieur élégant, munie de cellules souterraines et d’une salle garnie de micros. Selon les informations dont on dispose, on y a également pratiqué la torture. La Présidente lituanienne en exercice, Dalia Grybauskaïté, et son gouvernement, ne déplorent cependant pas qu’il y ait eu en Lituanie une prison pratiquant la torture, mais « que le gouvernement d’alors n’en ait pas été informé ». Andreus Kubilius, le Premier ministre, s’est  déclaré profondément affecté que « quelqu’un ait pu installer en Lituanie des prisons dont le gouvernement ignorait tout.» L’une des conséquences en a été le rappel par la Présidente Dalia Grybauskaïté de Mecys Laurinkus, devenu ambassadeur lituanien en Géorgie.

Laurinkus a sûrement été, vu son expérience des services secrets, un « précieux » conseiller de l’Occident avant et pendant  la guerre russo-géorgienne d’août 2008.

mercredi 24 juin 2009

Présence de potassium-40 radioactif dans le sol serbe

Les retombées de la guerre criminelle de l'OTAN contre l'ex-Yougoslavie. À lire ici