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vendredi 19 juin 2015

Après l'opération coup de poing de la police italienne à Vintimille: des clichés abstraits, un racisme institutionnel concret

par Annamaria Rivera, 17/6/2015.
Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala
Il fallait s' attendre à ce que, comme toujours en Italie, la phase actuelle des migrations et des exodes - l'état d'urgence (l'emergenza), comme ils disent - soit décrite par les médias avec l'habituel  vocabulaire dégradé (ça oui, il l'est): "bivouac", pour désigner l'immobilisation forcée des réfugiés , chassés de partout, près des gares et autres lieux; «état de siège» pour décrire l'arrivée dans ces lieux de groupes de personnes (enfants compris) éprouvées, traumatisées, abandonnées à leur sort, ou traitées comme des animaux dans une cage ou des poissons d'aquarium (c'est le cas à Milan); «nettoyer» la gare, pour la libérer de ces présences indécentes et donc lui «redonner un peu de décence». Sans oublier le maire Pisapia*, qui laisse même échapper une variante du typique "Si vous les aimez tant, amenez-les chez vous", répondant à une journaliste: «Alors vous allez les héberger chez vous, à Sky? »


vendredi 24 avril 2015

Dénonçons le crime contre l’humanité commis contre les migrants

par Claude Calame, Le Monde, 8/4/2015
English  Exposing the crimes against humanity committed against migrants 
Plus de 3 400 migrants morts en Méditerranée en 2014, 300 dans la seule deuxième semaine de février 2015, tel est le dramatique bilan de la politique de fermeture des frontières menée par l’Union européenne (UE), de Ceuta et Melilla en face de Gibraltar, au fleuve Evros, en Grèce du Nord. La France n’échappe pas à cette politique d’érection de murs opposés à migrantes et migrants. Non pas en Méditerranée, mais à Calais.
http://tlaxcala-int.org/upload/gal_10041.jpg
Khalid Albaih, Soudan
Un récent rapport d’Human Rights Watch (HRW) vient de dénoncer les conditions de survie imposées aux quelque 3 000 migrants qui, à Calais et dans le Calaisis, attendent soit une opportunité de passer clandestinement en Angleterre, soit l’incertain résultat d’une demande d’asile déposée en France : au dénuement total dans une situation d’extrême précarité s’ajoutent répression et exactions policières, entre passages à tabac et attaques au gaz lacrymogène.

vendredi 18 octobre 2013

Lesbos/Grèce, la nouvelle “cage” pour migrants

par Migreurop, 17/10/2013
Migreurop, le Réseau Euro Meditérannéen pour les Droits de l’Homme (REMDH), Welcome 2 Europe, Jeunes sans Frontières (Jugendliche ohne Grenzen – JOG) et leurs amis afghans et membres, qui ont été détenus dans l’enfer de Pagani en 2009 et de retour à Lesbos ces derniers jours ont écrit ensemble un communiqué de presse sur l’ile de Lesvos et le centre nouvellement ouvert sur l’ile.
Les récentes tragédies à Lampedusa ont mis en lumière, une fois de plus, l’indifférence dominante de l’Union européenne face au sort des migrants. Aux portes de l’Europe, en Italie comme dans les îles grecques, les migrants sont sujets à des contrôles arbitraires aux frontières, et à des mesures sécuritaires qui mettent leurs vies en danger.
Ces derniers jours, plus de 80 migrants ont réussi à gagner l’île de Lesbos, malgré les nombreux refoulements qui ont lieu en Mer Egée. Ces femmes, ces enfants et ces hommes, qui fuient des pays dévastés, des régimes dictatoriaux ou d’insupportables conditions socio-économiques, sont victimes de violences et de l’indifférence des autorités grecques et européennes. En l’absence d’une réglementation claire, la police et les garde-côtes laissent les survivants de ces dangereuses traversées dans des limbes juridiques, sans aucune forme de protection, de soins et d’information.
Les migrants qui arrivent sur l’île de Lesbos doivent s’enregistrer afin de pouvoir ensuite quitter l’île. Néanmoins, l’enregistrement ne se déroule généralement qu’après leur arrestation et leur détention dans un nouvel établissement près du village de Moria. Ouvert le 25 septembre 2013, ce centre de détention, décrit officiellement comme un “centre de premier accueil”, est de facto un centre fermé, entouré de barrières et de fil barbelé. Il devrait par la suite également comprendre 600 places pour l’enfermement sur de plus longues périodes. La police locale, assistée par l’agence européenne Frontex, est responsable de l’identification des migrants, mais aussi des recherches d’informations sur les routes migratoires empruntées. Ces procédures ne signifient pas pour autant que les migrants accèdent à une protection, elles constituent en revanche des stratégies de contrôle, de surveillance et de dissuasion supplémentaires. Demander l’asile est actuellement impossible.
En 2009, des habitants de Lesbos, des migrants et des réseaux de militants internationaux ont réussi à faire fermer le vieux centre de détention de l’île, situé dans la zone industrielle de Pagani. Pagani est devenu le symbole des conditions inhumaines de détention, un Guantanamo dans la mer Egée. Trois ans plus tard, les militants locaux ont ouvert “Pikpa”, un village de solidarité auto-organisé où des centaines de réfugiés ont été accueillis. Cette expérience d’hospitalité réelle montre que l’enfermement n’est pas nécessaire.
http://w2eu.net/files/2010/09/dsc00932.jpg
Les personnes qui ont perdu la vie en mer Égée, comme ailleurs en mer Méditerranée, et celles qui sont détenues dans de véritables ”cages”, nous rappellent la violence du régime européen des frontières. Ces pratiques ne peuvent pourtant pas empêcher les personnes de se déplacer ; elles ne font que créer des trajectoires migratoires plus dangereuses.
Nous ne tolérons pas cette situation. L’exemple du centre d’accueil auto-organisé de Pipka à Lesbos, l’hospitalité de la population locale aux arrivants, prouve qu’il existe des alternatives à la militarisation du contrôle des frontières, aux refoulements et aux centres de détention. Cette alternative est basée sur la solidarité.
Ensemble, nous n’acceptons pas la détention de personnes en recherche de protection et de sécurité. Nous voulons les accueillir en Europe. Leur liberté de mouvement nous concerne tous. Nous n’accepterons jamais d’autres Pagani.
Source :

mardi 15 mai 2012

Cauchemar raciste à Taourirt

The Moroccan Association of Human Rights
( MAHRs )
TAOURIRT BRANCH
On Tuesday 24th April 2012, Taourirt ـ a city in the region of the East of Morocco - has known violent and inhuman arrestations among a number of Subsaharian immigrants and refugees .
Indeed, early in the morning while these immigrants were still sleeping in "the open-air "
next to the railway station , they were surprised and attacked by different types of police.
Hence, sixteen (16) immigrants were arrested while some others ran away. This
intervention which was observed by some members of the MAHRs has known a lot of
human right violations . The immigrants were humiliated, insulted and even beaten by the police. Worse than these, all the immigrants' properties (clothes, blankets, bags ,etc....) were burned, which is against all the national laws. The authorities even took some mobiles from these Subsaharians by force. All these violations and mistreatments were condemned by the people who were watching the "scene".

Late in the evening, 25 more immigrants were arrested and the whole 41 were transported to the frontier city Oujda from where they are usually deported to Algeria.
We have to mention here that usually the authorities try to make people believe that these immigrants are criminals, thieves, killers, ..... so as to legitimate their "hostile acts".
The MAHRs has tried to get official answers from the local responsibles about the reasons of the detentions, but in vain.

In the following day, the MAHRs -- Taourirt interviewed some immigrants who gave
shocking information about their daily life and the hostile treatments they endure.

To know more about it, please check these videos

ASSOCIATION MAROCAINE
DES DROITS HUMAINS
SECTION DE TAOURIRT

Le 24 Avril 2012, un bon matin pas comme les autres, prés de la gare de la ville de Taourirt, a vu des interventions sévères contre des réfugiés subsahariens. . Il y avait un grand nombre d'agents de la force publique, des policiers, et les auxiliaires d'autorités, ils ont surpris les Africains qui dormaient encore.
16 Subsahariens ont été arrêtés, par contre les autres ont pu s'enfuir pour un moment. Cette féroce intervention était d'une manière inhumaine et illégale, elle a violé toutes sortes de droits et de mœurs concernant les réfugiés. Les forces publiques en pleine rue et devant les passagers ont confisqué tous les bagages de ces réfugiés africains, ce qui a causé un état hystérique pour une victime qui criait pour avoir son téléphone portable qui lui a été pris de force.

La violence était une réponse pour n'importe qui voulait discuter ou négocier, et pour terminer les forces de l'ordre ont mis feu et brûlé les bagages des réfugiés devant les passagers témoins de cette sauvage intervention. La poursuite derrière ces Subsahariens a duré toute la journée et le soir 25 autres réfugiés ont été arrêtés .

Il faut signaler dans ce rapport que les autorités publiques essayent toujours de publier de fausses infos entre les citoyens pour donner la légalité à leurs interventions, comme dire que ce n'est qu'une bande de criminels et de voleurs et que si quelqu'un les aide il va être poursuivi en justice, ce qui provoque le racisme et la haine.

Et pour avoir plus de détails en ce qui concerne l'âge de ces réfugiés, le sexe, la nationalité, les membres de l'Association Marocaine des Droits Humaines ont contacté la police locale, mais elle était très discrète à  ce sujet. Ce n'est pas la première fois que les autorités emmènent ces Subsahariens et sans aucun jugement vers la frontière marocco-algériénne.
D'autre part, l'AMDH section de Taourirt à contacté des victimes et fait des interviews, qui montrent leurs souffrances du fait des autorités marocaines et la maltraitance puisqu'ils vivent en plein air.
Pour en savoir plus, regardez les vidéos de témoignages.




 
   
 

vendredi 30 mars 2012

Tunis, 30 mars 2012: sit-in des familles de disparus en mer devant l'ambassade d'Italie

Des familles de jeunes Tunisiens disparus en mer entre la Tunisie et l'Italie en mars 2011, accompagnées de nombreux amis tunisiens et italiens, se sont rassemblées ce matin 30 mars devant l'ambassade d'Italie à Tunis pour crier la question qu'elles posent depuis un an :"Où sont nos enfants?" Après plusieurs heures d'attente, une délégation a été reçue par une secrétaire administrative qui a prétendu que l'ambassadeur italien était absent de Tunis. Parallèlement, une manifestation avait lieu devant l'ambassade tunisienne à Rome(ascoltate qui).

Regardez les vidéos ici
 
 "Ouïn ouledna ?": Où sont nos enfants ?
 "D'une rive à l'autre : des vies qui comptent"
 "La Terre est à tout le monde"


"Nous voulons nos enfants, SVP" 

Une longue attente sans résultat

mercredi 1 février 2012

Les parents des disparus tunisiens : “Italiens, aidez-nous à retrouver nos enfants”

par Enrico Montalbano et Laura Verduci, il manifesto, 31/1/2012. Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original : I genitori degli scompars tunisini: "Italia, aiutaci a trovare i nostri figli"
 
Une délégation de parents de plus de deux cents jeunes Tunisiens partis vers l’Italie et ensuite disparus se trouve en Italie depuis samedi : “On veut comprendre”.
Une délégation de six personnes est arrivée de Tunisie en Italie le samedi 28 janvier. Ce sont les parents de quelques-uns de 200 jeunes Tunisiens partis en mars dernier sur quatre embarcations – le 1er mars, le 14 et deux autres le 29 – dont on a perdu toute trace. Certains d’entre eux ont téléphoné, disant être à peine arrivés ou réussir à voir la côte et les navires italiens. Puis, plus aucune nouvelle. Durant ces jours-là, il n’y a eu aucun avis de naufrage. Leurs parents manifestent depuis des mois en Tunisie pour demander qu’on leur donne des nouvelles plus sûres sur le sort de ces garçons. Le gouvernement tunisien a demandé au gouvernement italien de lui transmettre les empreintes digitales de toutes les personne identifiées comme tunisiennes et arrivées à cette période en Italie. Ces dernières semaines, d’importantes tractations sont en cours. Entretemps la délégation est venue en Italie avec l’intention de visiter certains centres de détention pour migrants, espérant retrouver des traces de leurs fils et frères.
La campagne "D'une rive à l'autre : des vies qui comptent-Où sont nos enfants ? " soutient l'appel des familles des Tunisiens perdus en mer dans les mois qui ont suivi la révolution.

Lisez l’ Appel pour les migrants tunisiens portés disparus

mercredi 21 décembre 2011

Pogroms et massacres racistes en Italie : une sombre actualité lourde de menaces

par Annamaria Rivera, 15/12/2011. Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala
En quelques jours, le ventre raciste de l'Italie a enfanté un pogrom raciste contre une communauté rom et un carnage de citoyens sénégalais accompli sur le mode du Ku Klux Klan.

Le premier événement s'est produit dans un quartier populaire par excellence, Le Vallette de Turin, le second entre la banlieue et le centre de Florence, une ville réputée tolérante, démocratique, civilisée par excellence. Les victimes du pogrom turinois ont été les boucs émissaires de toujours, ceux qui – à en croire les sondages et enquêtes – occupent le premier rang dans l'échelle de l'antipathie, du mépris et de la xénophobie.
En revanche, le massacre de Florence a frappé ceux qui, parmi les migrants, sont les plus «intégrés», acceptés, sinon aimés.
Dans les deux cas, l'information s'est comportée en fonction de cette compulsion de répétition, qui est l'une des caractéristiques du cercle vicieux du racisme italien. De fait, même un quotidien progressiste comme La Repubblica semblait dans un premier temps donner crédit à la fausse accusation de viol contre les Roms, concoctée par une jeune «pécheresse» au cerveau bourré de stéréotypes racistes (“ils puaient”, “il y en avait un qui avait une grosse cicatrice sur le visage” ...). Et ce n’est pas là l’exemple le plus scandaleux. La Stampa a fait bien pire. En fait, l’article de faits divers du 10 décembre,  signé par Massimiliano Peggio (le jeu de mots est involontaire – peggio signifie pire, NdT -), était titré : “Elle met en fuite deux Roms qui ont violé sa sœur. La victime avait seize ans: chasse aux agresseurs”.
Même face à une  violence meurtrière aussi ouvertement raciste que celle de Florence, un autre journal, La Nazione, n’a pas su résister à la tentation de parler de “règlement de comptes”.

Florence, 17 décembre 2011: manifestation contre le massacre

La presse grand public ne s’était pas comportée autrement après le massacre par la Camorra de six travailleurs sub-sahariens, commis en 2008 à Castelvolturno : les premiers articles de faits divers avaient tenté de suggérer la thèse d'un affrontement entre clans [sous-entendu mafieux, NdT] de différentes nationalités. En ce mois de septembre 2008, seule une minorité d'Italiens – les habituels antiracistes: intellectuels, militants, médias de niche – s’était alarmée pour l'escalade de violence raciste qui en quatre jours avait fait sept victimes, d'un bout à  l’autre de la péninsule: en plus du massacre de Castelvolturno, Abdul Guiebre, un Italien de dix-neuf ans de parents burkinabés, avait été assassiné à Milan.

Aujourd'hui, l'histoire se répète: les pogroms contre les Roms - au sens propre du terme, même si pour l'instant ils n’ont pas provoqué de morts – se produisent sur le même mode dans le Sud comme dans le le Nord de l'Italie, souvent dans des quartiers autrefois 'rouges' et ouvriers, souvent inspirés aussi par des intérêts économiques assez concrets. Aux Vallette la mèche symbolique qui a déclenché le feu réel du campement rom a été une accusation tirée du manuel du bon raciste antigitan.
La légende qui dans un autre quartier populaire, Ponticelli, à Naples, également en 2008, a servi de détonateur à une attaque raciste obligeant tous les Roms de la zone à fuir, était encore plus classique : la fille d'un camorriste avait accusé une Rom  de seize ans d’avoir tenté d’enlever son bébé. La pauvre fille fut condamnée plus tard à une peine sévère par des juges qui avaient peut-être aussi été élevés par des parents qui les menaçaient : «Ne fais pas le vilain, sinon les Gitans vont t’enlever !». Dans les deux cas le pogrom se déroule selon un scénario typique où le protagoniste est une foule en colère comprenant des petites familles, femmes et enfants inclus, selon ce que rapportent les médias.
Le massacre de Florence est plus ”anormal“, du moins dans le contexte italien. Et il menace de marquer un tournant dans les deux décennies jalonnées de crimes racistes qui commencent en 1989 avec l'assassinat de Jerry A. Masslo. Et pas seulement parce qu’il a été commis par un tueur, Gianluca Casseri, ouvertement raciste, nazi, négationniste, adhérent ou de toute façon fréquentateur habituel de la Casa Pound*, les «fascistes du troisième millénaire», trop souvent protégés et légitimés par la  droite «respectable», et dans certains même banalisés par les milieux de gauche. Ce qui rend ce massacre encore plus alarmant, c'est qu’il a été commis non pas dans un environnement marginal, dégradé, caractérisé par des conflits de voisinage, mais au cœur de Florence, avec froideur et détermination, sans aucune personnalisation des cibles, choisies simplement parce que “nègres” et donc bons à abattre comme du gibier.
Par ailleurs, entre l’ embuscade meurtrière de Place Dalmazia et la nouvelle tentative de massacre à San Lorenzo passent plus de deux heures: c'est seulement après que “les enquêteurs se lancent à la poursuite du meurtrier”, pour parler comme les journaux. Quelque chose de semblable est arrivé aux Vallette: la police est arrivée seulement après la fin du défilé et du pogrom. En aurait-il été de même si un "extracommunautaire", comme ils disent, s’était lancé dans une chasse aux blancs, armé d'un magnum 357? Ou si des "Tziganes" s’étaient mis en marche pour mettre le feu à un quartier aisé de Turin?
Gianluca Casseri et ses petits camarades de Casa Pound

Aujourd'hui, on essaie de faire passer Casseri pour un fou isolé, alors qu'en fait, il était un collaborateur régulier d'innombrables sites web et journaux en ligne, en compagnie de gros bonnets de la «pensée» d'extrême-droite. Parmi ces derniers, Gianfranco De Turris, connu pas tant comme un «spécialiste» de l'œuvre de Julius Evola, que comme rédacteur en chef culturel du journal radio de la  RAI. Il n’y a pas d’ entreprise ‘culturelle’ du tueur suicide (ou suicidé ?) qui ne voient les deux hommes associés.  Casseri et de Turris sont côte à côte dans le Centre d’études La Rune (qui a désormais, montrant peu de respect pour le défunt, effacé ses articles). L'échange de deux Tous deux échangent les rôles de conférencier et de modérateur dans de nombreux colloques et rencontres (voir, avant qu’ils la suppriment la page http://ko-kr.facebook.com/note.php?note_id=335652373875). Et l'un, de Turris, a écrit les préfaces ou présentations des œuvres de l'autre.


Gianfranco de Turris

Un fou isolé ? Qu’on nous explique alors comment il se fait qu’ un journaliste de la RAI ait fréquenté un tel fou, et que la RAI explique aux citoyens italiens pourquoi elle a (ou a eu pendant de nombreuses années) comme rédacteur en chef quelqu’un qui, en plus de commenter et de diffuser des merdes néo-nazies, avait des fréquentations aussi dangereuses. Casseri était entre autres un collaborateur actif du site Stormfront, avatar du Ku Klux Klan. La référence au style cagoulard du carnage florentin n’est donc nullement métaphorique.

Pour conclure : depuis de nombreuses années la soussignée tente de mettre en garde contre la soudure dangereuse qui s’est opérée en Italie entre racisme institutionnel et populaire, grâce à l’œuvre «pédagogique» menée par la Ligue du Nord ainsi que par des dirigeants et administrateurs de toute tendance, avec la complicité active d’une bonne partie des médias et la connivence, explicite ou implicite, d'une certaine élite. Aujourd'hui, il est évident que le cumul de paquets de sécurité, de lois et règlements visant à discriminer, inférioriser, harceler les immigrants et les Roms a également atteint son deuxième objectif: allumer les torches de foules furieuses et armer le bras de tueurs racistes. Avec l'avancée de la crise, du chômage et de la paupérisation des masses, de la désintégration sociale et du ressentiment collectif qui devient racisme, nous en verrons de plus en plus. A moins que le conflit social ne s’engage dans le bon chemin de la lutte contre les puissances financières et économiques responsables d'une telle catastrophe, et contre leurs cliques d’affairistes incrustées dans les institutions.

*CasaPound est un squat situé à Rome dans le quartier de l'Esquilino. Il est d'idéologie nationaliste-révolutionnaire et fasciste et tire son nom de l'écrivain Ezra Pound. Selon Gianluca Iannone, musicien du groupe Zetazeroalfa et animateur de la CasaPound, le mouvement compterait environ 2000 membres encartés et quelques dizaines de milliers de sympathisants. Il y a un deuxième squat nationaliste à Rome, Casa Montag.(NdT)
 

samedi 1 octobre 2011

Scusa Lampedusa

"Excuse-nous, Lampedusa". Images de la répression du mercredi 21 septembre contre les migrants enfermés à Lampedusa, qui a provoqué leur révolte et leur déportation, d'abord à bord de ferries puis de centres de rétention éparpillés sur le territoire italien, et vers la Tunisie pour les Tunisiens.

vendredi 30 septembre 2011

«Profondément attristé» : c'est tout ?

Minable : le mot s'impose pour qualifier la réaction du gouvernement tunisien à l'incendie de Pantin. Béji Caïd Essebsi, le Premier ministre transitaire (pardon, transitoire), se rendant lundi 3 octobre à Washington, passera par Paris. Serait-ce trop lui demander qu'il en profite pour transmettre au gouvernement français l'expression de la colère du peuple tunisien après ce nouvel "accident" dont les autorités françaises sont les responsables directs, elles qui forcent les migrants venus d'Italie à s'abriter dans des squats dangereux? Voici le communiqué officiel, morceau d'anthologie de la pleutrerie.

République Tunisienne
Ministère des Affaires Étrangères

Actualités


30.09.2011

Incendie d'un immeuble à Paris: 4 tunisiens parmi les victimes


Catégorie : Nation, Dernière minute

Le ministère des Affaires étrangères tunisien s'est dit jeudi «profondément attristé» à la suite de l'incendie déclenché mercredi dans un vieux bâtiment de la banlieue parisienne, faisant des victimes parmi lesquelles se trouvent des tunisiens.

"Nous avons reçu des informations concernant ce douloureux incident, faisant part de la présence de quatre personnes de nationalité tunisienne parmi les victimes", a indiqué un communiqué du ministère des Affaires étrangères, citant les autorités sécuritaires françaises.
Le ministère explique que la vérification de l'identité des victimes se poursuit bien qu'il soit difficile de reconnaître les victimes brûlées.
Des contacts seront établis avec les familles des victimes dès que les services consulaires tunisiens auraient des informations plus précises sur cet incident.
Trois jeunes tunisiens ont été, également, blessés dans cet incendie et se trouvent, actuellement, sous surveillance médicale. Des responsables du consulat tunisien à Pantin se sont rendus au chevet des victimes.
Neuf autres tunisiens, légèrement blessés, ont été hospitalisés. Ils ont quitté l'hôpital et ont été hébergés par la municipalité de Pantin.
Six personnes sont mortes, dont deux par asphyxie, dans l'incendie d'un bâtiment à Pantin, banlieue Nord-Est de Paris.
Aucune indication n'a été donnée sur l'origine de cet incendie qui serait dû, selon les autorités françaises, à une bougie mal éteinte.

Le 23 septembre 2011, les galères sont réapparues en Méditerranée...

Photo Gabriele del Grande
...et cela dans les ports de Palerme puis Porto Empedocle en Sicile et Cagliari en Sardaigne. La police italienne a réquisitionné trois ferries pour y détenir illégalement 900 migrants évacués de Lampedusa par avions gros porteurs militaires C 130, du même type que ceux que l'Italie est en train de vendre à la Tunisie, qui ne fera ainsi que creuser sa dette. Les ferries répondant aux noms de MOBY FANTASY, MOBY VINCENT et..AUDACIA sont ainsi les premières galères au sens propre du XXIème siècle : des prisons flottantes. De là, les nouveaux galériens sont déportés vers la Tunisie, d'où ils viennent. Au nom de "l'urgence migration", de la lutte contre le "tsunami humain", l'Italie de Berlusconi, avec l'approbation tacite de l'Union européenne, bafoue toutes les lois internationales et nationales en vigueur. La séquestration de personnes à bord de navires dans les eaux internationales est un crime - elle relève de la piraterie - puni par le code pénal italien par une peine de 10 à 20 ans de prison. Le même crime, commis dans les eaux terrotiriales nationales, relève "seulement" de l'enlèvement ou kidnapping ("sequestro di persone") et est puni par le même code par une peine de 1 à 10 ans de priison, s'il est commis abbusivement par des fonctionnaires. On ne va pas laisser faire.
FG

mercredi 28 septembre 2011

Après l'Italie et ses blessés, la France ramasse les morts parmi des migrants tunisiens de Lampedusa ! Qui s'en soucie ?

Personne !
par Mongi Hazgui, mercredi 28 septembre 2011
Le 21 septembre 2011 quelques 300 immigrés tunisiens ont manifesté  à Lampedusa contre leurs conditions d'accueil. Des heurts ont éclaté avec les forces de l'ordre. Colère également des habitants de l'île. Certains d'entre eux ont attaqué à coups de pierres les manifestants. On comptait déjà une douzaine de blessés. La police anti-émeute est intervenue à coups de matraques, et des immigrés tunisiens ont sauté d'une hauteur de 3 à 4 mètres, pour échapper aux coups. Des habitants en colère s’en sont aussi pris aux journalistes couvrant l’émeute, leur demandant de quitter l’île. Et les violences ont fait plusieurs blessés…Qu’a fait notre gouvernement (provisoire) ? Rien et rien.
Hier, un scénario plus dramatique, au moins six personnes ont péri dans l'incendie maîtrisé d'un squat de migrants tunisiens.  Le bâtiment abritait  aussi des migrants libyens et égyptiens, et devait être démoli, Environ une trentaine de personnes y vivaient.
Quand est-ce que notre gouvernement (encore provisoire) s’occupera-t-il sérieusement de nos compatriotes ?
J’appelle tous les Tunisiens vivant  en France et en Italie à se rassembler pour exiger la résolution par notre gouvernement de ce problème épineux dans lequel se sont retrouvés nos compatriotes. Toutes les initiatives dans ce sens seront la bienvenue. Bougez pour eux, SVP !

mardi 2 août 2011

Italie : révoltes logiques

Accrochages en Italie entre police et demandeurs d'asile
LEMONDE.FR avec AFP | 01.08.11 



Le 1er août 2011 à Bari.
Le 1er août 2011 à Bari.AFP/-

Des demandeurs d'asile ont bloqué pendant plusieurs heures, lundi 1er août, une route et une voie ferrée près d'un centre d'accueil de migrants à Bari, dans le sud de l'Italie, pour exiger le statut de réfugié, provoquant des affrontements avec les forces de l'ordre.
Le face-à-face a fait trente-cinq blessés, parmi lesquels figurent notamment des policiers et quelques passants ayant reçu des pierres jetées par les manifestants, qui s'en sont aussi pris avec leurs projectiles à un autobus qui passait à proximité.

Le 1er août 2011 à Bari.
Le 1er août 2011 à Bari.AFP/-

Les manifestants, au nombre de plusieurs centaines et pour certains armés de barres de fer, ont bloqué la voie ferrée avec de grosses pierres et allumé des feux le long de la voie. Une trentaine d'entre eux ont été arrêtés. Les demandeurs d'asile entendaient protester contre les lenteurs administratives retardant le traitement de leurs dossiers de demande du statut de réfugié.

"SANCTIONS"

La manifestation s'est achevée en début d'après-midi avec l'engagement écrit pris par le préfet adjoint de Bari (Pouilles) de répondre aux demandes formulées d'ici à mercredi, après une réunion qui aura lieu à Bari sous l'égide du secrétaire d'Etat à l'intérieur, Alfredo Mantovano. Celui-ci a par ailleurs demandé "des sanctions contre ceux qui seront reconnus responsables de ces actions".

Dans la soirée, d'autres accrochages ont eu lieu près d'un centre d'accueil situé à Isola Capo Rizzuto, en Calabre. Une trentaine de demandeurs d'asile qui manifestaient devant le centre ont été dispersés par les forces de l'ordre.

Plusieurs manifestations ont marqué ces dernières semaines les centres d'accueil pour migrants, remplis notamment de travailleurs africains ayant fui le conflit en Libye.

Sur le Net, des Italiens en révolte contre la "caste" politique
LEMONDE.FR avec AFP | 22.07.11



Le compte Twitter de Spider Truman, le "vengeur précaire" qui fait parler toute l'Italie.
Le compte Twitter de Spider Truman, le "vengeur précaire" qui fait parler toute l'Italie.Capture d'écran du compte Twitter de Spider Truman.

Depuis quelques semaines, un certain "Spider Truman", qui affirme avoir travaillé plusieurs années à la Chambre des députés italienne avant d'en être licencié, fait un tabac sur le Net en dévoilant les avantages des parlementaires.

Sa page Facebook est "aimée" par 341 800 internautes et le nombre de ses fans ne cesse de croître. Dans son blog "les secrets de la caste", il affirme que certains parlementaires se disent victimes de vols pour toucher l'assurance et vont jusqu'à s'envoyer des menaces de mort pour obtenir des gardes du corps.

Selon le blogueur anonyme, le Parlement emploie neuf coiffeurs payés 11 000 euros par mois. Une affirmation démentie par la Chambre des députés qui a indiqué qu'il n'y en avait que... sept touchant 2 400 euros alors que le salaire moyen en Italie ne dépasse pas 1 300 euros.

Ces révélations ont déclenché une révolte sur le Net. "Parasites et profiteurs !", tempête Valeria sur un blog. "Ils nous volent notre avenir", abonde Fausto tandis que Simon met en garde : "A leurs yeux, nous sommes 60 millions de marionnettes (...) mais il faut qu'ils soient prudents car 60 millions, cela fait beaucoup de gens, ils jouent avec le feu".

"Les politiciens ont des privilèges absurdes et des salaires exorbitants... C'est comme si on était revenu à la Grèce antique, avec les dieux sur le mont Olympe qui décident du sort de la plèbe. Il est temps que l'Italie se réveille et dise 'ça suffit !' à ces injustices", explique à l'AFP le blogueur Leonardo Monti, 21 ans.

"Ce dont nous avons besoin, c'est une bonne pendaison publique", n'hésite pas à dire mtmchat sur un blog. D'autres internautes sont en revanche plus fatalistes. "Nous sommes des moutons et nous méritons cela", lâche F. Rodi.

UNE RÉMUNÉRATION MENSUELLE DE 11 704 EUROS

Selon les médias, ces privilèges s'élèvent à plusieurs millions d'euros par an : voitures avec chauffeur, billets d'avion et de train, tickets de cinéma ou de théâtre, rabais au restaurant ou sur les frais de santé... Et la rémunération moyenne des parlementaires est de 11 704 euros par mois en Italie, soit deux fois plus que la moyenne européenne.

Pour Sergio Rizzo, auteur de La Caste, un best-seller sur les privilèges des parlementaires, les Italiens sont furieux car "dans un moment difficile sur le plan financier, les politiciens n'ont pas été trop durs avec leurs privilèges". Ils devraient "être attentifs à ce qui se passe sur Internet car c'est vraiment inquiétant", souligne-t-il.

Le chef du gouvernement, Silvio Berlusconi, n'a pas réagi directement aux critiques contre la "caste".
Le chef du gouvernement, Silvio Berlusconi, n'a pas réagi directement aux critiques contre la "caste".REUTERS/STRINGER/ITALY

Le plan d'austérité voté la semaine dernière prévoit une diminution du recours aux voitures de fonction et aux avions d'Etat et une baisse des retraites des parlementaires de plus de 90 000 euros bruts par an, comme pour les autres Italiens. Un projet de réforme réduisant le nombre de parlementaires doit par ailleurs être examiné vendredi en conseil des ministres.

En revanche, la réduction des salaires des politiciens au niveau moyen européen a été renvoyée après les prochaines élections, en 2013.

Le chef du gouvernement, Silvio Berlusconi, troisième homme le plus riche du pays, qui a fait sa carrière sur son image d'homme politique non conforme, n'a pas réagi directement aux critiques contre la "caste". Mais au sein de l'opposition et des milieux d'affaires, les appels se multiplient en faveur d'une véritable réduction de ces privilèges. "Il est inacceptable que tout le monde fasse des sacrifices sauf les politiques", a dénoncé la "patronne des patrons", Emma Marcegaglia.

La presse mondiale en parle

Italian MPs' salaries to be cut after public outcry in the wake of austerity measures (Mirror - UK)
http://www.mirror.co.uk/news/top-stories/2011/07/22/italian-mps-salaries-to-be-cut-after-public-outcry-in-the-wake-of-austerity-measures-115875-23287924/

Italian insider threatens Europe's greatest MPs' expenses scandal  (the indipendent - UK)http://www.independent.co.uk/news/world/europe/italian-insider-threatens-europes-greatest-mps-expenses-scandal-2315899.html

Italian MPs sent themselves bogus death threats to qualify for protection (Daily Telegraph - UK)
http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/italy/8652767/Italian-MPs-sent-themselves-bogus-death-threats-to-qualify-for-protection.html


Fenômeno de audiência em rede social italiana expõe os políticos (Correio - Brasil)http://correiodobrasil.com.br/fenomeno-de-audiencia-em-rede-social-italiana-expoe-os-politicos/270767/

Politicians avoid austerity, Italy enraged (Associated Press - USA)http://news.yahoo.com/politicians-avoid-austerity-italy-enraged-102346497.html

Perkbuster' slams Italian MPs (NZ Herald - Nuova Zelanda)http://www.nzherald.co.nz/world/news/article.cfm?c_id=2&objectid=10739599&ref=rss

Un topo en el Parlamento italiano denuncia en Facebook privilegios y despilfarro (Lavanguardia - ES)http://www.lavanguardia.com/internacional/20110719/54187616675/un-topo-en-el-parlamento-italiano-denuncia-en-facebook-privilegios-y-despilfarro.html

Italien: Privilegien-Blog wird zum Renner (Eurones - DE)http://de.euronews.net/2011/07/21/italien-privilegien-blog-wird-zum-renner/

Spider Truman, o bufo italiano que pôs o Parlamento em alvoroço (Publico - PT)
http://www.publico.pt/Mundo/spider-truman-o-bufo-italiano-que-pos-o-parlamento-em-alvoroco_1503853

18 Milliarden Euro für Dienstwagen (Berner Zeitung - CH)http://www.bernerzeitung.ch/ausland/europa/18-Milliarden-Euro-fuer-Dienstwagen/story/25696901

Καταχρήσεις βουλευτών αποκαλύπτει πρώην υπάλληλος της βουλής στην Ιταλία  (Otenet - Gr)http://www.otenet.gr/portal/portal/info/news/worldnews?media-type=html&user=anon&js_panename=worldnews&action=portlets.PsmlPortletAction&eventsubmit_doview=2993971

Volée de bois vert contre les abus des parlementaires italiens (Reuters - Fr)http://maghreb.msn.com/Actualites/Monde/Reuters/2011/July/7636809.aspx

Scandal over MP perks angers austerity-hit Italy (AFP - Usa)
http://news.yahoo.com/scandal-over-mp-perks-angers-austerity-hit-italy-043104538.html

Spider Truman : un Wikileaks italien qui dézingue la caste politique (Eitb - Fr)
http://www.eitb.com/infos/europe/detail/704383/spider-truman--wikileaks-italien-qui-dezingue-caste-politique/

samedi 18 juin 2011

Tunisie-France: micmac au 36 Botzaris

Micmac à l’ancien siège du parti de Ben Ali à Paris
Par BAPTISTE LE MAUX, WILLY LE DEVIN, Libération, 17/6/2011

Expulsions . Des migrants ont été délogés, hier, de l’immeuble abritant des archives convoitées de l’ex-président tunisien.

C’est un étrange ballet qui se déroule au 36 de la rue Botzaris, dans le XIXe arrondissement parisien, au siège de l’ancien Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti du despote tunisien déchu Zine el-Abidine Ben Ali. Hier encore, des migrants ont été délogés «du 36» 
Racket.
Mais l’imbroglio dure depuis déjà plusieurs semaines. Verrouillé et placé sous étroite surveillance après la révolution, le bâtiment est investi une première fois le 31 mai par une quarantaine de migrants arrivés de l’île italienne de Lampedusa, dont beaucoup vivent dans une extrême précarité. Problème, le bâtiment recèle de nombreuses archives du régime Ben Ali. D’après une source diplomatique, les documents entreposés concerneraient «les tout premiers cercles du RCD, tel Imed Trabelsi, neveu de Leïla Ben Ali, seconde épouse du président». S’y trouveraient également, selon la même source, des talons de chèques, des références de comptes bancaires dont les ressources émaneraient d’un racket organisé sur les salaires des fonctionnaires tunisiens, ainsi que des preuves de la complaisance des services français à l’égard de l’ancienne dictature.
Dans la nuit du 6 au 7 juin, une escouade d’une trentaine d’hommes prend possession des caves de Botzaris. Plusieurs sources militantes, associatives (notamment la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives), et policières identifient ces Tunisiens comme des proches de l’ancien pouvoir. Des rixes éclatent avec les migrants, du matériel est dégradé, et des documents sont dérobés. Dès le lendemain, la police française, déjà sur ordre de l’ambassade de Tunisie, charge et emmène tous les occupants de l’immeuble au commissariat de la rue Riquet. Relâchés, les migrants retournent «au 36» etentament des pourparlers avec l’ambassadeur pour transformer le lieu en centre d’accueil, placé sous l’égide d’associations communautaires.
Activiste.
Mais le ballet reprend de plus belle : on vient s’emparer, troquer ou monnayer des documents. Le dernier coup de théâtre - qui semble avoir motivé l’intervention policière d’hier - se déroule mercredi vers 18 heures 30. Une avocate parisienne anti Ben Ali, Soumaya Taboubi, ainsi qu’un dissident, Ali Gargouri, se présentent «au 36» au volant d’un monospace et emportent plusieurs milliers d’archives. Leur objectif ? Créer un comité de préservation des archives de la Tunisie qui rassemblera des avocats et des intellectuels. Contactée par Libération, Soumaya Taboubi est demeurée injoignable. Elle a toutefois confié à nos confrères d’Owni, «avoir placé les archives en lieu sûr afin de les remettre dès que possible aux justices française et tunisienne.»
 

Trente Tunisiens sur le carreau après leur expulsion de l'ancien siège du parti de Ben Ali

Par MATHIAS DESTAL, Libération, 17/6/2011

En attendant de voir leur situation se débloquer, ils ont pris leurs quartiers parisiens aux Buttes-Chaumont.

Les migrants tunisiens délogés de l'ancien local du RDC espèrent voir leur situation
Les migrants tunisiens délogés de l'ancien local du RDC espèrent voir leur situation régularisée. (Mathias Destal)
Il pleut. La trentaine de ressortissants tunisiens abrités sous les arbres du parc des Buttes-Chaumont attendent que des «amis» leur apportent des bâches pour se protéger des gouttes. Les regards sont fermés, les traits tirés.
Mercredi encore, ces migrants occupaient le 36 de la rue Botzaris, l'ancien siège parisien du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti de Ben Ali. Jusqu'à ce que les policiers les évacuent manu militari, jeudi à six heures du matin.
«C'est à nous ici, ça appartient aux Tunisiens», s'énerve Karim, 29 ans, arrivé en France il y a un mois. Adossé à un arbre, l'ancien peintre en bâtiment est tendu. «On n'a pas dormi depuis deux jours. La police ne nous laisse pas tranquille. Ils nous ont sorti du bâtiment à six heures du matin, mercredi. On s'est installé dans le parc. Ils sont revenus à 23 heures en passant pas la grille et nous ont gazé avec leurs lacrymogènes». Trois d'entre eux ont été amenés à l'hôpital. Dont deux mineurs.

«Secrets bien gardés»

Le 31 mai, le bâtiment avait été investi par une quarantaine de migrants  arrivés en France après la révolution qui a secoué leur pays en janvier. Mais le lieu était étroitement surveillé par la police qui les a délogés à plusieurs reprises. Le bâtiment recelait de nombreuses archives du régime de Ben Ali dont certaines pourraient révéler des secrets bien gardés.

La facade du 36 rue Botzaris. (M.D.)
Afin de trouver une solution pour les locataires du «36», une entrevue a eu lieu ce vendredi matin entre des représentants des Tunisiens et Elyes Ghariani, le chargé d'affaire de l'ambassade de Tunisie en France. L'objectif: trouver une solution pour la trentaine de clandestins qui n'ont toujours pas trouvé où dormir légalement. Les plus chanceux ont déjà été dirigés vers des gymnases aménagés pour accueillir les réfugiés tunisiens.
«Nous avons essayé de trouver une solution pour qu'ils ne dorment pas dans la rue ce soir» explique Amira Yahyaoui, la fille de Moktar Yahyaoui (un opposant à Ben Ali en Tunisie), présente à la réunion au côté d'Ali Garghouri «L'ambassadeur a appelé la mairie de Paris qui nous a renvoyé vers France Terre d'asile.» Vendredi à 18 heures, l'association n'était pas en mesure de nous dire si une solution avait été trouvée pour les Tunisiens du «36».

«Centre de rétention»

L'autre point de la négociation a porté sur l'«aide au retour volontaire», qui est normalement de 2000 euros. L'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) ne propose pourtant aux réfugiés qu'une aide de 300 euros. Elle correspond à «l'aide humanitaire».

Photo: Zouaoui, arrivé en France il y a cinq mois. (M.D.)
«Certains sont prêts à repartir au bled s'ils peuvent avoir les 2000 euros, mais qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse de 300 euros?» s'indigne Zouaoui, lui aussi assis à la table des négociations vendredi matin. Le voyage jusqu'ici leur a déjà coûté enre 1200 et 1500 euros.
Et retourner au pays pour 2000 euros? Même ça, Zouaoui n'en veut pas. L'homme à la voix grave d'un fumeur de gitane est arrivé en France il y a cinq mois. Malgré un séjour de «dix jours au centre de rétention de Bobigny», il garde l'espoir de régulariser sa situation en France. «On est 23000 Tunisiens à être venu en France. C'est pas facile de trouver un logement et du travail dans ces conditions mais ça va venir. Je galérais là-bas. Je peux bien galérer un peu ici.» En Tunisie, le salaire ne dépasse pas, dit-il, 300 dinars tunisiens par mois, soit 152 euros. «Une misère.» Alors, en attendant que leur situation s'éclaircisse, les Tunisiens des Buttes-Chaumont restent «perdus, comme ils disent, dans le vent et les nuages». 

Des citoyens français campent avec les migrants à #Botzaris36

Ce billet est une contribution d’un collectif d’activistes suite à une initiative lancé par Paul Da Silva (http://www.paulds.fr/).
Je relaie ce billet par solidarité avec le mouvement qui s’active en France pour une cause d’une importance majeure pour les Tunisiens.
#Botzaris36
Nous avons besoin de votre aide dans le parc des Buttes Chaumont, il nous faut :
  • Des draps, duvets, sacs de couchages et couver
  • A manger et à boire (pas d’alcool)- Des vêtements
  • Des cigarettes
  • Du nécessaire d’hygiène
  • Des bâches ou même des sacs poubelle grande contenance
  • De quoi produire de l’électricité
  • Des citoyens qui trouvent que ce qui se passe n’est pas normal!
  • Des journalistes !!
  • … Nous n’avons rien et avons besoin de tout, la mairie elle ne fait rien!
L’histoire que je vais vous raconter ici met en place une trentaine de jeunes Tunisiens ayant fait le périple depuis leur pays jusqu’à Paris, deux citoyens français et toute une myriade de politiques qui ont clables à nous autres humains désirables sur le sol français, et de subir (presque)  les  mêmes conditions qu’eux. Tout ce que nous vivons nous le publions en  direct sur Twitter, au fur et à mesure de la journée et en marquant  de  brèves pauses pour aller recharger les batteries. Du matin au soir,  et  même pendant la nuit où nous allons (et avons déjà commencé) camper  avec  ces gens (par ailleurs formidables) dans le parc qui est  actuellement  leur seul refuge.
La  problématique est la suivante :
Hier près d’une centaine de Tunisiens  qui occupaient illégalement un local affilié au RCD (l’ancien parti du «  président » déchu Ben Ali) faute d’avoir ailleurs où aller ont été  expulsés et ce sans qu’aucune solution de logement ou d’aide de quelque  ordre que ce soit ne leur soit proposée. Cette expulsion a pour raison  la présence de documents compromettants (pour les politiques tunisiens  comme français) dans le local en question et la peur de les en voir  sortir et révélés à la presse ou utilisés en justice…
La  question qui se pose est alors : qu’est ce que l’on fait lorsque l’on  est simple citoyen et que l’on voit ainsi les droits de l’Homme (qui  s’appliquent à tous les humains et pas uniquement aux franco-français  jusqu’à preuve du contraire) foulés au pied pour protéger quelques  politiciens ayant de toutes façons ouvertement pratiqué la complaisance  depuis plus de vingt ans avec un régime qui lui-même, déjà, opprimait sa  population. Comment se battre pour que des humains, composés de chair,  d’os, et de pas mal d’autres choses soient reconnus en tant que tels et  pas juste en tant qu’indésirables ou que potentiels dangers pour des  bouts de papiers et des disques durs (dont certains ont de toutes façons  déjà été extraits) ?
La  seule solution que nous avons trouvé est la suivante :
Puisque la  chair, l’os, et tout le reste ne suffisent pas, nous allons y rajouter  ce que les Hommes politiques aiment plus que cela : des cartes  d’électeurs, des citoyens français…
Je   vais essayer de publier un papier comme celui-ci tous les jours, en   espérant que la fatigue ne m’emporte pas trop, lors de courtes pauses   dédiées à cela dans notre rythme de réfugiés.
Comprenez   bien que nous préférerions chacun dormir chez nous et que les  Tunisiens  avec qui nous avons sympathisé soient traités correctement,  mais après  avoir contacté l’ambassade, la mairie de Paris, la mairie  de  l’arrondissement et la région Île de France sans qu’aucune solution  ne  soit proposée pour mieux loger les Tunisiens nous avons décidé   d’inverser la balance et de nous nous mettre au niveau de vie qu’on  leur  impose.
La journée d’hier fut riche en rebondissement, laissez moi vous la raconter.Alors   que j’avais prévu de passer la journée sur un salon (Pas Sage en Seine), je suivais en simultané sur mon téléphones les nouvelles de   Botzaris (#Botzaris36) et lorsque j’ai vu qu’une plaque avait été posée sur le bâtiment maintenant vide de ses occupants
Ambassade de Tunisie « annexe »
#Botzaris36 - Ambassade de La Tunisie, Annexe
J’ai   eu peur que la situation ne dégénère et ai donc quitté le salon pour   retourner sur place. Arrivé vers 15 heures, tout le monde me salue et   m’accueille poliment. Nous discutons un peu avec tout le monde et   découvrons qu’une journaliste a enfin fait le déplacement et qu’elle  est  aussi intéressée par le sort des migrants et non uniquement par  celui  des documents. Nous discutons donc un certain temps, et résumons   notamment les épisodes de la nuit.
Aux alentours d’une heure du matin, alors que les Tunisiens étaient   endormis dans le parc, et que la mairie était au courant de cela, une   patrouille de police est arrivée les réveiller, lampe torche au poing.   Ceci a eu pour effet d’en agacer certains et la mayonnaise est   rapidement montée jusqu’à se transformer en gaz lacrymogène. Bilan : 3   mineurs à l’hôpital pour la nuit…
On   a aussi une information selon laquelle deux autres Tunisiens sont en garde à vue, ce qui est illégal pour un immigré en France depuis peu et   ne peut donc signifier que centre de rétention…  Dure nouvelle…
Nous nous retirons dans un café pour recharger les téléphones et parler plus calmement avec la journaliste. La discussion se passe bien, nous  lui  donnons tout ce que nous pouvons lui donner et la remercions très   chaleureusement d’être venue. Comprenez que seule la médiatisation de   l’affaire peut permettre de la débloquer autrement que dans un   affrontement contre-productif…
Tout   ce temps la pluie bat et nous trouvons abri sous les arbres du parc ou   sous une bâche que la sureté de Paris va nous demander d’enlever pour  ne  pas gâcher le paysage…
On passera sur les évènements de la vie quotidienne suivants, la galère à   s’organiser pour répartir les maigres ressources alimentaires, la  quête  pour décrocher un ballon pris dans la charpente d’une tonnelle  qui nous  sert aussi d’abri, …
Arrivent deux équipes de télévision : France 2 et France 3. Les   deux nous consultent directement, nous leur expliquons en détail ce  qui  se passe et l’équipe de France 3 essaye de rentrer (sous la caméra  de  France 2) et se fait bien entendu refouler. Partant de là et  sachant  qu’il n’y aura aucun document à diffuser à l’antenne, ils  partent…
A  l’opposé la journaliste de France 3 va effectuer un travail   considérable pendant au moins deux heures, discuter en arabe avec les Tunisiens sur place, filmer les tentatives de tractation des uns avec   les autres, jusqu’à ce que les vigiles décident de sortir et de donner   l’assaut sur les quelques jeunes présents ici, allant jusqu’à en  prendre  un à la gorge. La police ayant été vraisemblablement appelée  (elle  commence à bien connaître l’adresse je pense) elle arrive très  vite et  calme les vigiles. Dans le même temps nous expliquons aux  policiers la  situation. Ils sont très compréhensifs et nous demandent  juste d’arrêter  d’essayer de discuter avec les gardiens qui n’en ont  visiblement pas  envie.
Peu après et alors que la police est partie et que les vigiles sont   rentrés, ce sont deux voitures de la sécurité de la mairie de Paris que nous repérons stationnées en contrebas dans le parc. En courant on y   arrive vite, pour constater que les véhicules sont vides et que leurs   occupants ne sont visibles nul part. Nous remontons voir ce qui se  trame  en haut avant de redescendre à nouveau en courant en voyant le  nombre  des voitures doubler et leurs occupants bien présents pour le  coup.
Il s’avère en fait qu’ils ne souhaitaient que faire respecter le  règlement  et ainsi demander à ce que l’on ne consomme pas d’alcool dans  le parc  et que l’on range le drapeau tunisien. Ces consignes seront  respectées  et tout se fera dans la bonne entente des deux côtés…
Un des tunisiens avec lequel j’ai le plus discuté vient alors me voir et   me dit plein de gêne qu’il a faim et qu’ils n’ont presque plus rien à   manger. Je lance un appel sur Twitter qui restera malheureusement sans   réponse jusqu’à ce qu’un des soutiens que l’on connait bien revienne  les  bras chargés de pain et de nourriture à mettre dedans pour faire  des  sandwichs…
A nouveau nous voyons deux journalistes (c’est la première fois que nous   en voyons autant en si peu de temps) dans un café et en profitons pour   recharger les batteries des téléphones en discutant à la fois des   tunisiens, des documents et de notre démarche. L’un des journalistes va   rester avec nous une bonne partie de la soirée et partir très tard.
C’est   pendant que ce journaliste fait une prise d’image de l’autre côté de  la  grille du parc que les vigiles en profitent pour faire sortir une   camionnette de la cour du bâtiment. Personne n’a pu voir si elle était   chargée et/ou si elle transportait des gens. Elle n’est pas revenue à   l’heure où j’écris…
La Sureté de Paris viendra plus tard, vers 22h, nous demander de quitter   le parc pour la fermeture. Nous leur expliquons que cela est  impossible,  que personne ne posera de souci et que l’on souhaite être  enfermés dans  le parc. Ils finiront, à force de négociation, par  accepter.
Vers 23h/minuit nous décidons de rester avec Elisabeth et de passer la   nuit dans le parc. Elle sera agitée et si nous avons grappillé 10 minutes de sommeil chacun c’est un grand maximum. Dormir à même le sol   est très inconfortable, nous ne l’avions pas prévu (elle était en robe   et moi en veste de costume – que je peux d’ailleurs mettre à la   poubelle), il pleut par intermittence et les arbres ne nous protègent   que partiellement, il fait froid, …
J’essaye de dormir assis contre un   arbre, un de nos amis tunisien va insister pendant près de 20mn pour  que  je prenne sa place allongé : « vous êtes notre invité ! » –  j’aimerai  pouvoir lui répondre qu’eux sont les invités de la France !
A   4h20, pris par le froid nous allons marcher un peu et en passant aux   abords du 36 les chiens commencent à hurler. Dix minutes plus tard une   voiture de police est sur place… Une personne viendra finalement nous   parler, son visage nous est familier, ses questions sont orientées et  il  a l’air horriblement frais pour l’heure avancée de la nuit… De là  à  dire qu’il s’agirait d’un policier en civil comme il en circule nuit  et  jour à Botzaris…
A   6 heures et après avoir visité le parc presque vide et encore fermé   pendant le lever de soleil, nous allons recharger à nouveau les   batteries de nos téléphones – les nôtres sont bien à plat…
Les images sont reprises de fhimt.com
Source : nawaat

Pétition au Conseil Européen pour l’application de la protection temporaire aux migrants tunisiens

Suite à l’insurrection populaire qui a abouti à la fuite du président Ben Ali et à l’initiation d’un processus démocratique et constituant en Tunisie, près de 25 000 Tunisiens se sont embarqués vers l’Europe durant quelques semaines. La grande majorité était constituée de jeunes hommes originaires des régions sud-est de la Tunisie, ils sont aujourd'hui répartis en Europe, essentiellement en France et en Italie, où ils vivent dans des conditions déplorables et humiliantes.
Au regard des données démographiques européennes, des besoins de main d'œuvre étrangère déclarés et des volumes annuels constatés et attendus d’entrée d’étrangers dans le territoire de l’UE, l’arrivée de vingt cinq mille personnes en Europe peut être considérée comme dérisoire, mais pour le pays de provenance (10 millions d'habitant), cela constitue un déplacement massif de population.
Les régions dont ces migrants proviennent sont sujettes à une forte instabilité due à la désorganisation de l’administration et de la police, elles sont sinistrées économiquement en raison de l’arrêt des principales activités rémunératrices (commerce transfrontalier avec la Libye, tourisme) et fragilisées par l’arrivée d’un nombre important de réfugiés de Libye.
Le départ de ces milliers de migrants est donc la conséquence directe d’une véritable nécessité impérieuse qui a coïncidé avec un ensemble de conditions opportunes (désorganisation du contrôle des frontières, météo favorable…). Leur retour forcé dans le contexte actuel porterait incontestablement de graves préjudices à des milliers de familles ; il serait une menace sérieuse à la stabilité et à la sûreté de régions entières et un surcroît important de difficultés pour le processus fragile de démocratisation tunisien.
L'Europe a été, jusqu'aux derniers jours le principal soutien de la dictature du Général Zine-El-Abidine Ben Ali, aujourd'hui tous les gouvernements européens déclarent être solidaires du processus démocratique. Il faudrait plus que des déclarations pour que le peuple tunisien y accorde un quelconque crédit. L’arrivée de ces milliers de Tunisiens en quelques semaines en Europe correspond aux conditions d’applicabilité de la directive européenne 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001 relative à des normes minimales pour l'octroi d'une protection temporaire en cas d'afflux massif de personnes déplacées.
Nous demandons au Conseil Européen d'activer cette directive pour permettre à ces migrants de vivre dignement en Europe en attendant que la situation s'améliore en Tunisie.