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mercredi 17 décembre 2008

Hassan Id Abdellah est mort - Il a lutté jusqu'au bout pour le droits des paysans pauvres

Hassan Id Abdellah, fondateur du mouvement des paysans pauvres atour du barrage d’Aoulouz, dans la province de Taroudant , est mort le 16 décembre 2008 des suites d'une longue maladie. Nous proposons de lire ou de relire une interview qu’il avait donnée à son camarade de combat Amal Lahoucine en novembre 2006.

« Je suis prêt à militer jusqu'à la mort pour les biens publics » : Entretien avec le paysan pauvre militant Hassan Id Abdallah (village de Tasdermt, province de Taroudant, région du Souss Massa Drâa, Maroc)
Propos recueillis par Amal Lahoucine, novembre 2006

Hassan Id Abdallah est un paysan pauvre militant. Il habitait au douar Tasdermt (mot amazigh signifiant Porte), situé à l’entrée de la vallée d'Ouzioua. Il est parmi les fondateurs de l'association Ifghelen (signifiant espace réservé aux troupeaux du village) constituée en 1997. Ifghelen est aussi le nom de l’endroit où le barrage Aoulouz est construit.
Hassan est aussi membre fondateur du syndicat des paysans pauvres d'Aoulouz. Il vit aujourd'hui dans le nouveau village, Tisrass, créé après la destruction de Tasdermt, où il s’est installé avec sa famille, après l'évacuation par le barrage.
Dans son ancien village, la famille Id Abdallah avait une belle maison située au pied d'une montagne dominant la vallée d'Ouzioua. Aujourd'hui, seuls demeurent les souvenirs de cette ancienne et belle Tasdermt. Voici ce que m’a déclaré Hassan.


Il nous parle tout d’abord de sa maison dans l'ancienne Tasdermt.
« Je suis prêt à militer jusqu'à la mort pour les biens publics d'Ouzioua malgré ma maladie qui m'oblige à être hospitalisé à l'hôpital Mokhtar Soussi à Taroudant depuis mercredi dernier. Tasdermt, mon village natal, fait désormais partie du passé passé, mais son souvenir ne peut pas me quitter, je me rappelle tous les détails, comme si c’était aujourd'hui. Notre belle maison au pied de la montagne, à la porte de la vallée d'Ouzioua Tasdermt (qui signifié aussi, la place et le rôle social d'un homme dans la société) au bord de la rivière d'Ouzioua, qui coule sans arrêt pendant les quatre saisons.
Notre nouvelle maison, dont les travaux se sont terminés en 1986, a une superficie de 360 mètres carrés, elle est construite en pierres et béton, elle est constituée de deux étages et comprend 12 pièces avec cuisine traditionnelle, toilettes et cour plus un espace pour nos animaux. Le remboursement de tous ces biens plus 70 arbres fruitiers divers est de 7777 Euro. Au moment de l'évacuation obligatoire, j'avais refusé de quitter notre maison sans ouvrir un dossier juridique pour justifier de la valeur exacte d'un remboursement légal. C’était la seule maison qui restait debout à Tasdermt face au bulldozer qui avait tous détruit dans notre village. Les champs et récoltes avaient été rasés par ce bulldozer, pour détruire les traces du vol commis au moment du recensement des biens des paysans pauvres.
J'avais envoyé des lettres de protestation aux responsables locaux et nationaux en demandant une expertise de nos biens. Un expert de la province était enfin arrivé, pour faire son travail. Cela se passait dans les années de plomb, c'était en 1988. Mais rien n'a été réglé.
Tout le fruit de mes activités agricoles à Tasdermt et de celles de mon frère, ouvrier émigré en France depuis les années soixante, a été perdu, massacré pour bâtir le capitalisme. » Puis Hassan nous parle des inondations au moment du recensement des terres des paysans évacués. « La deuxième chose qui reste choquante dans ma mémoire est le rasage des terres près de la rivière par les inondations de 1987, avant le recensement de nos champs. La rivière avait rasé une quantité importante des champs des paysans pauvres, sans aucun secours de la part du régime marocain.
Ce qui est important à signaler ici, c’est que la carte topographique qui va être utilisée pour le recensement des champs avait été déjà faite avant les inondations. La question que posaient les paysans pauvres était : ‘au compte de qui ces terres perdues par les inondations sont-elles recensées ?’
Il faut savoir à ce niveau qu'il y avait une liste de personnes qui avaient de relations directes ou indirectes avec le régime marocain et qui ont été bénéficiares, alors que, légalement, elles ne possédaient aucun bien dans la région. Il faut aussi savoir que des paysans pauvres sont spoliés de leurs biens sans obtenir aucun remboursement et que certains attendent toujours l'exécution des décisions du tribunal administratif d'Agadir. Je suis parmi ceux qui attendent l'ouverture de dossiers de violations graves des droits économiques. »

Hassan aborde ensuite la lutte des paysans pour conserver ce qui leur restait de terres bours (terme amazigh désignant les terres irriguées uniquement par les pluies), et la situation du nouveau village.
« Cette question est apparue après l'évacuation pour cause de barrage, qui a été suivie par un faible remboursement, trois fois rien. Nous avions un bour très important à un kilomètre du barrage, c’était le seul espace qui restait pour s'installer au début des années 1990. On a recommencé à zéro, il fallait bâtir une maison qui n'est plus comme celle qu'on avait perdu au barrage, il fallait creuser un puits pour avoir l'eau pour la construction de la maison, l'eau potable et l'irrigation du potager à côté de la maison.
Nous avons du alors affronter les agent des Eaux et Forêts qui venaient planter des eucalyptus, pour bien obliger les paysans pauvres à quitter le lieu. C’était un vrai combat contre les responsables des Eaux et Forêts, qui voulaient limiter notre territoire et massacrer notre forêt d'arganiers. À chaque fois qu'ils plantaient des eucalyptus, je venais les couper et détruire les bornages qu'ils avaient tracés.
Tout cela était un combat solitaire, nous étions dépourvus d'organisation, dans un monde de paysans pauvres déracinés de leur terre natale, dans la torture des années noires. Enfin, on a posé la première pierre d'un nouvelle commune qui a été baptisée appelée Tisrass (mot amazigh signifie les positions). Alors s’est ouverte une nouvelle page de lutte, cette fois-ci contre le président de la nouvelle commune, fils d’un comprador et agent des autorités coloniales. Après ma rencontre avec le camarade Amal Lahoucine en 1995, j’ai pris la voie du militantisme : nous avons déposé notre dossier auprès de l'AMDH (Association marocaine des droits de l’homme) à Taroudant, puis nous avons constitué l'association Ifghelen en 1997 et le syndicat des paysans en 2001. »

La constitution de l'association Ifghelen
« Après nous être installés dans notre nouvelle Tasdermt et avoir déposé notre dossier au bureau de l'AMDH à Taroudant, deux choses restaient à régler. La première était de s'organiser dans une association paysanne. Une assemblée d'un nombre limité de paysans pauvres, qui avaient une expérience de lutte pour leurs droits, a été organisée dans la maison de Lhaj Mohamed en avril 1997 sous la présidence du camarade Amal Lahoucine. Nous avions lutté au niveau local et national, envoyé des lettres de protestation au gouverneur de Taroudant et aux ministres de l'Intérieur et de l'Équipement, des lettres de demande de soutien aux partis politiques et députés de la province et enfin nous avions déposé un recours judiciaire au tribunal administratif à Agadir.
Une association paysanne était donc constituée le 27 avril 1997, sur la suggestion des militants de l'AMDH (Association marocaine des droits de l’homme) à Taroudant. Les autorités à Aoulouz ont refusé de la reconnaître et nous donner le reçu de dépôt du dossier. À l'époque, créer une association de paysans pauvres dans la zone du barrage d’Aoulouz n'était pas possible. La politique des barrages était une chose sacrée sous Hassan II, ce qui explique l'impossibilité de l'intervention des partis politiques parlementaires dans ce dossier. Nous avons donc engagé une autre lutte pour le droit de nous organiser après avoir déposé le dossier de l'association auprès du procureur de Taroudant.
Le reçu de dépôt du tribunal permis de gérer les affaires administratives internes sans avoir la possibilité d'organiser des activités publiques. Cette situation a duré trois ans ; en mars 2000 nous avons enfin eu le reçu de dépôt du dossier de l'association des autorités d’Aoulouz.Notre première activité publique a eu lieu en avril 2000 : nous avons organisé une rencontre du militant marxiste marocain Abraham Serfaty avec la société civile d'Aoulouz sur le thème « militantisme est développement des paysans pauvres à Taroudant.
Au cours de cette rencontre, quatre points de repère pour le militantisme dans le Souss ont été donnés par le camarade Abraham. Le premier était la lutte pour le droit à la terre, contre la violation des terres collectives des paysans pauvres par les grands propriétaires. Le deuxième était la lutte pour le droit à l'eau, contre le massacre de la nappe phréatique au Souss par le surpompage dans les domaines des grands propriétaires. Le troisième était la protection de l'arganier, mis en en danger par l'implantation des agrumes dans le Souss. Le quatrième était le développement de la culture et de la langue amazigh, marginalisées par le régime marocain. Pour cela, le militant Abraham proposait de travailler sur deux fronts pour bien s'organiser, le premier était l'association Ifghelen et le deuxième devait être un syndicat des paysans. Après cette rencontre, l'association a continué la lutte pour le droit des paysans pauvres d'Ouzioua à leurs biens. Le premier travail concernait les dossiers déposés au tribunal administratif d’Agadir, pour l'exécution de ses décisions qui a traîné trois ans ; en 2004, les indemnisations ont commencé à être versées. Malgré le montant très faible de ces indemnités, beaucoup de dossiers sont encore en souffrance. Parmi ces dossiers, celui de notre maison, sur lequel le tribunal n’a toujours pas pris de décision à ce jour. Je ne comprends pas pourquoi le pouvoir marocain parle de démocratie et droits de l'homme, alors qu’il n’a pas le courage de régler les problèmes des paysans pauvres d'Ouzioua ? »

La constitution du syndicat des paysans
« Il fallait accélérer la lutte, à chaque période qui passait les problèmes se multipliaient et la création d'un syndicat paysan devenait nécessaire. Nous avons déclenché une nouvelle lutte pour le reste des terres des paysans des sept douars évacués à cause du barrage. En 2001, le président de la commune de Tisrass avait essayé d'occuper 121 hectares de terres de paysans pauvres, en falsifiant des documents avec l'aide des autorités et des Eaux et Forêts de Taroudant. Nous avons détecté le problème et quand les responsables du Cadastre de Taroudant ont essayé de borner ces terres, ils ont été arrêtés par les paysans pauvres. Il y a eu une alerte générale : une assemblé a été organisée à la salle communale d'Aoulouz avec l'appui des militants de la Voie démocratique de Taroudant. À la fin de la réunion, le bureau syndical des paysans était constitué, son premier dossier était l'organisation de la lutte contre le président de la commune de Tisrass. Une plainte était déposée chez le procureur et le chef du Cadastre à Taroudant pour arrêter le bornage de ces terres. »

Pourquoi le président de la commune avait-il décidé d'occuper ces terres ?
« C'est très simple : le régime marocain était convaincu que, devant notre lutte pour le reste de nos terres, il n'avait que ce moyen pour mobiliser ses alliés afin de réaliser le reste de son programme d'évacuation. L’idée générale derrière cette affaire était d'ouvrir la voie à une occupation de ces terres par les grands propriétaires qui avaient des visées sur les vastes forêts d'Ouzioua. Un ex-responsable à la Province de Taroudant , responsable de toutes les violations graves des droits des paysans au barrage d’Aoulouz, a ainsi occupé 20 hectares près du barrage de la même façon : en falsifiant des documents sur lesquels il a mis le nom de son fils. Aujourd'hui, il lance un avis de vente pour trouver un acheteur pour cette terre, qui se trouve à côté de la ferme du président (=maire) de la commune de Tisrass.Le 26 janvier 2003 le syndicat, l'association Ifghelen et association ATTAC de Taroudant avaient organisé un sit-in devant le siège de la commune de Tisrass. Les paysans pauvres étaient bien organisés. Aux élections de 2003, les paysans pauvres ils mis en échec Monsieur le Président en choisissant une équipe constituée de certains membres actifs de l'association et du syndicat. M. le président a été mis hors jeu. Mais il n’a pas arrêté ses manœuvres pour autant cette année, : il vient de sortir un autre document falsifié pour essayer d'occupé le village tout entier. Cet homme a passé ses deux mandats à la tête de la commune à falsifier des documents. Son rôle dans le conseil communal est de compléter la mission du régime marocain, qui vise l'exploitation exclusive sans limites des ressources naturelles du Souss. Pour cela, après la construction du barrage d’Aoulouz et l'évacuation des paysans pauvres de sept douars, le régime avait divisé la commune d’Ouzioua et créé celle de Tisrass, pour diviser encore plus la communauté d'Ouzioua, pour ouvrir encore une nouvelle page de souffrance des paysans pauvres autour du barrage Mokhtar Soussi. »

dimanche 30 novembre 2008

نضال فلاحي تفرزازات من أجل الماء/La lutte pour l’eau des paysans de Tafarzazat

Demande de solidarité avec les paysans pauvres d'Aoulouz

Envoyer une lettre de protestation aux :

Ministre de l'intérieur
fax : ++ 212 37766861 ou ++ 212 37767404
Wali d'Agadir
fax :++ 212 28840249
Gouverneur de Taroudant
fax : ++ 212 28852018
Le syndicat des paysans organise un sit-in illimité devant la wilaya d'Agadir le 1er décembre 2008 à partir de 10h du matin

Llamamiento de solidaridad con los campesinos pobres de Aoulouz
Envien cartas de protesta a:
Ministro de Interior
Fax: ++ 212 37766861 o ++ 212 37767404
Wali de Agadir
Fax : ++ 212 28840249
Gobernador de Taroudant
Fax : ++ 212 28852018
El sindicato de campesinos organiza una sentada indefinida ante la wilaya de Agadir el 1 de diciembre de 2008 a partir de las 10 h de la mañana

Version française après l'original arabe
Los campesinos de la saguia* de Tafarzazat, cerca de Aoulouz organizan una sentada ante la sede del Gobierno de Taroudant


الإتحاد المغربي للشغل
تارودانت في : 06/11/2008
الجامعة الوطنية للقطاع الفلاحي
نقابة فلاحي أولوز

فلاحو ساقية تفرزازات بأولوز
يعتصمون أمام عمالة تارودانت

يعاني الفلاحون الفقراء بأولوز من مخلفات الإقطاع الذي ما زال يستغل الأرض و الماء و
الإنسان في غياب شبه تام لفعل السلطات ، فبعد بناء سد أولوز في نهاية الثمانينات من القرن 20 نضب عدد من العيون في سافلته إلا ثلاثة منها التي تتغذى على تسربات السد ، و من بين هذه العيون الحية ساقية تفرزازت التي تشرف على أراضي 12 دوارا و أهمها زاوية سي القرشي و تركانت و تيملت و تزمورت القريبة من مركز أولوز ، و بدأت معاناة الفلاحين الصغار و الفقراء بعد بناء السد خاصة و أن ساقية تبومهاوت المجاورة لساقية تفرزات قد نضبت بعد حجز المياه بحقينة سد أولوز ، و للخروج من ورطته عمل المكتب الجهوي للإستثمار الفلاحي تم تأسيس جمعية مستخدمي المياه للإغراض الزراعية بأولوز من أجل تدبير الأزمة ، و قد تم تأسيسها سنة 2001 في جو من الرعب الممارس ضد الفلاحين الصغار و الفقراء بساقية تفرزازت الرافضين لهذه الجمعية حيث طوقت القوات المساعدة مقر الجماعة لمنع أي تعبير عن الرفض و قمع كل محاولة انتفاضة ، فكان لتأسيس الجمعية قسرا و استيلاء الإقطاع عليها أثر كبير في حرمان مجموعة من الفلاحين الصغار و الفقراء من الإستفادة من مياه الري ، الشيء الذي دفع بعض هؤلاء إلى اللجوء إلى العدالة من أجل إنصافهم و بقي باقي الفلاحين العاجزين عن الدفاع عن حقوقهم أمام القضاء ينتظرون ما ستؤول إليه المحاكمة ، و كانت السنوات الأولى لتأسيس الجمعية طبيعية بالنسبة لفلاحي ساقية تفرزازات رغم المستحقات المفروضة عليهم و المتجلية في 15 درهما للساعة من الماء الصالح للري ، مع العلم أن ثلاثة سواقي تعطي 8 صبيبات كل 24 ساعة على مدار السنة دون انقطاع و دون مصاريف تذكر حيث العيون كلها على حساب تسربات سد أولوز بمعنى أزيد من 2500 درهم يوميا أي ما يناهز 100 مليون سنتيم كل سنة.
و منذ خمس سنوات و فلاحي ساقية تفرزات يعانون من الحيف الممارس ضدهم نتيجة مواقفهم السياسية بعدما عمل رئيس الجمعية على معاقبتهم على مواقفهم منذ انتخابات 2003 ، و ذلك بحرمانهم من مياه ساقية تفرزازات التي يعمل على تحويلها إلى ساقية تبومهاوت لصالح بعض أعوانه الذين يدعمونه بالمجلس القروي ، و وصلت معاناة فلاحي تفرزازت مداها خلال الموسم الفلاحي 2007/2008 عندما منعهم الرئيس من الحق الطبيعي في الماء الصالح للري فارضا عليهم جفافا مصطنعا جعل أراضيهم قاحلة ، و ذهبت محاصيلهم هذه السنة أدراج الرياح و لم ينعموا بحبة قمح و لا حبة زيتون و أشرفت أشجار الزيتون على الموت المحقق و لم يبق أمام هؤلاء إلا الإنتفاضة ضد الإقطاع ، فالتحقوا بنقابة فلاحي أولوز في مارس 2008 بعدما استنفدوا كل محاولات التفاوض مع الرئيس عن طريق السلطات بأولوز العاجزة عن إيجاد حل عادل ينصفهم أمام قوة الإقطاع ، و فتحت النقابة الحوار مع السلطات بتارودانت بحضور ممثلي وزارة الفلاحة و التجهيز و وكالة الماء بسوس ماسة لأزيد من 8 أشهر دون أن تصل إلى حل يذكر ، و خلال هذه السنة صدر حكم ضد الجمعية لصالح بعض الفلاحين المتضررين و الذي بلغ 117 مليون سنتيم و تم تنفيذه و حجز جميع ممتلكات الجمعية بما فيها حسابها البنكي الذي بلغ 4 ملايين سنتيم ، و في ظل المشاكل العويصة التي تعانيها الجمعية و التي تعبر عن إفلاسها قام الرئيس بعقد الجمع العام التجديدي يوم 22 يونيو 2008 لإطفاء الشرعية على الخروقات التي طالت الجمعية.
و قد نظمت نقابة فلاحي أولوز عدة احتجاجات ضد رئيس الجمعية كان أولها الوقفة الإحتجاجية أمام قيادة أولوز في 09 أبريل 2008 و اليوم التضامني مع فلاحي تفرزازت يوم 18 ماي 2008 الذي حضره مراسلو الجرائد و الجمعية المغربية لحقوق الإنسان و الأحزاب السياسية و تم الإطلاع على معاناة الفلاحين بساقية تفرزازات و الوقفة الإحتجاجية الثانية أمام مقر الجماعة في حين انعقاد الجمع العام التجديدي يوم 22 يونيو 2008 بعد إعلان انسحاب فلاحي تفرزازت من الجمعية ، و رغم ما شاب الجمع العام من خروقات خاصة إغراقه بمجموعة من معاوني الرئبس الذين لا علاقة لهم بالفلاحة من قريب أو من بعيد و التقرير المالي المغشوش بفائض بلغ 4 ملايين سنتيم ؟ مع العلم أن مداخيل الجمعية طيلة 8 سنوات تفوق 700 مليون سنتيم دون أن تكون لها مصاريف تذكر إلا بناء معصرة الزيتون ب 40 مليون حسب التقرير المالي و مستحقات أجر 4 مستخدمين مكلفين بتوزيع المياه حسب أهواء الرئيس الذي يتحكم في كل شيء داخل الجمعية و الجماعة و أراضي أولوز ، رغم كل هذه الخروقات و تحذير النقابة للسلطات قامت هذه الإخيرة بمنح وصل الإيداع التجديدي للرئيس لتزكية شرعية خروقاته ، و قام فلاحو تفرزازات بتأسس جمعية تفرزازت للماء الصالح للري بعد إعلام السلطات و المكتب الجهوي للإستثمار الفلاحي و مندوبية التجهيز و وكالة الماء بسوس ماسة الذين قاطعوا الإجتماع و ووجهت جمعيتهم برفض السلطات بسليم وصل الإيداع لها.
و دخلت النقابة في حوارات مارطونية مع السلطات و الفلاحة و التجهيز و وكالة الماء لمدة شهرين خلص فيها المجتمعون إلى أن جمعية أولوز لمستخدمي المياه للأغراض الزراعية قد أفلست ، و أنه يجب حلها و تأسيس ثلاث جمعيات على ثلاث سواقي و من بينها ساقية تفرزازت و حددت بداية شتنبر 2008 لتنفيد هذا الوعد ، إلا أن السلطات بأولوز و معها ممثلي الوزارات و الوكالة عجزوا أمام الإقطاع على تنفيذ وعودهم ، و دخلت النقابة في حوار مباشر مع عمالة تارودانت بعد زيارة كل من مندوبية التجهيز و المكتب الجهوي للإستثمار الفلاحي و وقوف 36 فلاحا أمام مقر العمالة للتعبير عن احتجاجهم يوم 11 شتنبر 2008 الذين تم استقبال لجنتهم النقابية ، و التي دخلت في لقاءات عديدة مع رئيس ديوان عامل الإقليم من أجل إصدار قرار في حق الجمعية لإنصاف فلاحي ساقية تفرزازت و كان أخر لقاء يوم 23 أكتوبر 2008 و الذي تم فيه وعد بتحديد لقاء في الأسبوع المقبل ، و قد طال انتظار الفلاحين في ظل دخول عام فلاحي جديد تنتظرهم فيه أعمال شاقة و مهام جسام خاصة و هم يعيشون متوترين جراء الحيف الذي لحقهم و الإستفزازات التي يتعرضون لها يوميا من طرف العصابات التابعة للرئيس ، مع العلم أن هؤلاء وضعوا لائحة للفلاحين المستهدفين بالمتابعات القضائية كان على رأسها الفلاح محمد زريط الذي تم اتهامه ظلما بسرقة مياه ساقية تبومهاوت التي تم تحويل مياه تفرزازت إليها لإشباع حاجيات الموالون للرئيس في إحدى الجمعيات بجماعة الفيض ، و قد تم اعتقال الفلاح محمد زريط من طرف النيابة العامة بتارودانت يوم 14 يوليوز 2008 و الزج به في السجن 10 أيام و محاكمته و إطلاق سراحه بعد إثبات براءته ، هذا الفعل/القمع الذي أحدث الرعب في نفوس فلاحي تفرزازات زاد من تأجيج الأوضاع في أوساط الفلاحين ، و لم يبق أمامهم إلا التعبير عن غضبهم و النزول إلى تارودانت للإعتصام أمام مقر العمالة يوم 04 نونبر 2008 و تمت مؤازرتهم من طرف الجمعية المغربية لحقوق الإنسان و النقابات و الأحزاب و المناضلين ، و قد قضى 60 فلاحا ليلة باردة أمام مقر العمالة مطالبين باستقبال عامل الإقليم الذي استقبل لجنتهم يوم 05 نونبر 2008 على الساعة الواحدة زوالا ، و تم عرض مشاكلهم و مطالبهم و بعد الإستماع إليهم من طرف العامل تم تحديد يوم 20 نونبر 2008 بأولوز لحسم الفصل بين فلاحي تفرزازت و رئيس جمعية مستخدمي المياه الصالحة للزراعة بأولوز .
و كان المطلب الوحيد للفلاحين الصغار و الفقراء بساقية تفرزازت هو إستقلالهم عن هذه الجمعية المفلسة و تمتيعهم بحقهم في التنظيم المشروع في جمعيتهم المستقلة لتسيير شؤونهم بأنفسم.

عن مكتب النقابة
UMT - Union marocaine du travail
Fédération nationale du secteur agricole Syndicat agricole d’Aoulouz
Taroudant, 06.11.2008
Les paysans de la Saguia* de Tafarzazat, près d’Aoulouz en sit-in devant le gouvernorat de Taroudant

Les paysans pauvres d’Aoulouz souffrent des survivances du féodalisme qui continue d’exploiter les terres, l'eau et les hommes en l'absence quasi-totale de réaction des autorités, depuis la construction du barrage d’Aoulouz à la fin des années 80.De nombreuses sources au pied du barrage se sont épuisées, seules en subsistent trois, qui bénéficient de fuites du barrage. La source Tafarzazat alimente douze douars, dont les plus importants sont Zaouiat Si Korchi, Targant, Timelt et Tazmourt, le plus proche du centre d’Aoulouz.
La souffrance des paysans pauvres a commencé après la construction du barrage, qui a provoqué l’assèchement de la Saguia de Taboumahaout, la plus proche de la Saguia de Tafarzazat.
Afin de sortir de ce pétrin, le Bureau régional du développement agricole a créé en 2001 une association d’usagers d'eau spécifique aux agriculteurs du secteur d’Aoulouz pour gérer la crise, dans un climat de terreur à l’encontre des paysans pauvres de la Saguia de Tafarzazat, qui ont refusé de rejoindre cette association.
À ce moment-là, les Forces auxiliaires ont encerclé le siège de la commune pour interdire toute expression de refus, réprimer toute dissidence et prévenir un soulèvement.Cette association n’était pas destinée à tout le monde : les nouveaux féodaux lui ont mis le grappin dessus, empêchant les pauvres d’utiliser cette eau pour l’irrigation. Cela a poussé certains paysans à se tourner vers la justice pour obtenir réparation. La masse des paysans pauvres a attendu les résultats de la procédure judiciaire.
Dans les premières années d’existence de l’association, on trouvait normal l'usage de l'eau malgré la somme exorbitante demandée, soit 15 Dirhams de l’heure, sachant qu'il y a 8 débits des trois sources toutes les 24 heures, et cela toute l’année. Soit 2500 dirhams par jour, environ 100 millions de centimes par an.
Depuis 5 ans, les paysans de la Saguia de Tafarzazat souffrent de l’injustice à leur encontre, à cause de leurs opinions politiques. Le maire les a punis pour leurs positions lors des élections de 2003, les privant de l'eau de la saguia, la détournant vers la Saguia de Taboumahaout, où ses alliés l’ont soutenu. Un sommet a été atteint au cours de la saison agricole 2007/2008, lorsque le maire a refusé le droit naturel à l'eau pour l'irrigation, provoquant l’assèchement des récoltes. Ne pouvant plus récolter un seul grain de blé ni une seule olive – et leurs oliviers menacés de mourir – il ne restait plus aux paysans qu’à se soulever contre le féodalisme. C’est alors, en mars 2008, qu’ils ont rejoint le syndicat agricole d’Aoulouz, après avoir épuisé les tentatives de dialogue avec le maire, les autorités se montrant incapables de trouver une solution équitable, face au poids du féodalisme.
L’UMT a ouvert un dialogue avec les autorités de Taroudant en présence de représentants du Ministère de l'Agriculture et de l’Équipement et de l’Agence de l’Eau du Sous Massa-Drâa. 8 mois de discussions n’ont abouti à rien.
Un jugement a condamné l’Association d’usagers à verser 1,17 millions de dirhams aux paysans victimes des privations d’eau et à la saisie de ses biens, dont son compte bancaire, sur lequel se trouvaient seulement 40 mille dirhams.
Face à la faillite de l’association, son président – le maire-adjoint et frère du maire – a convoqué une assemblée générale le 22 Juin 2008 pour renouveler la direction, afin de donner une légitimité aux violations subies par l’association.
Le syndicat des paysans d'Aoulouz a organisé plusieurs manifestations contre le maire d’Aoulouz et son frère le président de l'association, la première devant la sous-préfecture le 9 avril 2008, puis une journée de solidarité avec les paysans de Tafarzazat le 18 Mai 2008, à laquelle ont participé plusieurs journalistes, l'Association marocaine des droits de l'homme et des partis politiques, qui ont pu voir de leurs propres yeux la souffrance des paysans de Tafarzazat. La manifestation suivante a eu lieu le 22 Juin devant la mairie, durant l’assemblée générale fantoche convoquée par le président, où les paysans se sont retirés de l’association.
L’association a encaissé en 8 ans environ 700 millions de centimes, dont seuls 40 ont été investis dans un pressoir à olives. Le reste s’est envolé. Le président a favorisé dans les attributions d’eau des utilisateurs de ses amis, qui ne sont même pas des paysans.
Malgré tout cela, le président de l’association a été reconduit dans ses fonctions par les autorités.Les paysans pauvres de Tafarzazat ont alors créé leur propre association pour l’eau et l’irrigation. Ils en ont informé les autorités, le bureau régional du développement agricole, les services de l’Équipement et l’Agence de l’eau régionale. Mais ils n’ont pas le récepissé de déclaration de leur association. L’UMT a alors engagé des discussions avec les autorités pendant deux mois. Conclusion : la faillite de l’association d’usagers a été constatée, il faut la dissoudre et créer trois associations, une par saguia. Le mois de septembre 2008 a été choisi pour mettre en œuvre cette décision. Les autorités d’Aoulouz et les responsables des trois services gouvernementaux n’ont rien pu faire face aux féodaux. Le syndicat a donc engagé un dialogue direct avec l’adminisration provinciale de Taroudant, tandis qu’à l’extérieur, 36 paysans faisaient un sit-in le 11 Septembre. Leurs délégués syndicaux ont été reçus à plusieurs reprises par le chef de cabinet du gouverneur, demandant que celui-ci prenne un arrêté de dissolution de l’association fantoche.
Lors de la dernière réunion le 23 Octobre 2008, la province a promis une date de rencontre pour la semaine suivante. Puis plus rien. Comme on était au début de la nouvelle année agricole, les paysans, déjà stressés, éprouvaient une grande angoisse, entretenue par les menaces de la milice à la solde du président, qui ont dressé une liste de paysans contre lesquels engager des poursuites judiciaires. En tête de cette liste, Mohamed Zorrit, injustement accusé de voler de l'eau de la Saguia Taboumahaout. Il a été arrêté à Taroudant le 14 Juillet 2008,il a passé 10 jours en prison puis il a été relaxé, après que son innocence a été prouvée.Cet acte répressif a semé la terreur chez les paysans de Tafarzazat, ce qui a enflammé la situation. Il ne leur restait plus qu’à exprimer leur colère. Ils ont donc tenu un sit-in devant la province de Taroudant le 4 Novembre 2008, soutenus par l'Association marocaine des droits de l'homme, les syndicats, les partis politiques et les militants. 60 paysans ont passé une nuit froide devant la province, demandant à être reçus par le gouverneur, qui les a enfin reçus le 5 Novembre à 13 heures. Ils ont exposé leurs problèmes et leurs revendications. La date du 20 Novembre été convenue pour régler le différent entre les paysans de Tafarzazat et le président de l’association d’usagers de l’eau.
Leur seule revendication était de pouvoir être indépendants de cette association en faillite et de pouvoir gérer leurs affaires eux-mêmes à travers leur propre association.
Signé : Le Bureau de l'UMT
* Saguia : canal
Traduit par Tafsut Aït Baamrane,
Tlaxcala










URL : http://www.tlaxcala.es/detail_artistes.asp?lg=es&reference=230