Alliance zapatiste de libération sociale, fondée à Paris le 12 mars 1995 Liberté, justice, démocratie, partout et pour tous! التحالف الزباتي من أجل التحرر الاجتماعي تأسس بباريس في 12 مـــارس 1995. حرية، عدالة، ديمقراطية في كل مكان وللجميــــــع yekfibasta[at]gmail.com :للاتصال
vendredi 19 décembre 2014
Pièces d'échecs : Souvenir des Tupamaros
mardi 4 février 2014
Argentine : campagne pour l'acquittement des travailleurs du pétrole de Las Heras
Au cours de ce procès et dans le cadre de la défense, les avocats, qui eux-mêmes ont été menacés et sanctionnés, ont démontrés l’absence de preuves et l’innocence des travailleurs. La seule chose qui a été démontrée au cours du procès, c’est bien les tortures, les pressions et les vexations de la police à l’égard des travailleurs au cours des trois années d’emprisonnement qu’ils ont subies au cours desquelles les autorités ont essayé d’obtenir des “preuves”, une séquence qui ressemble à s’y méprendre à ce qui avait cours pendant la dernière dictature militaire. Nous dénonçons le Tribunal de Caleta Oliva qui a mené à bien ce procès et qui a condamné les travailleurs tout en validant des témoignages obtenus sous la torture. Le procureur en charge du dossier, Candia, a lui-même reconnu, sans jamais être inquiéter à ce propos, que mettre un sac sur la tête d’un homme et “lui coller quelques claques” ne peut être assimilé à de la torture.
Des centaines d’organisation de défense des droits de l’homme, d’organisations syndicales, sociales et politiques, ont dénoncé cet état de fait. C’est ce qui a poussé le Secrétariat de la Nation aux Droits de l’Homme a exiger du tribunal de Caleta Oliva un rapport sur ce procès construit de toutes pièces contre les travailleurs et émaillés de graves violations des droits de l’homme, à l’instar des tortures subies par les travailleurs et les menaces constantes qui ont visé les familles.
Les peines très dures prononcées sont l’une des attaques les plus graves contre les travailleurs depuis la fin de la dictature en 1983 et ne s’explique que par le fait que les travailleurs de Las Heras combattaient pour défendre leurs droits. Le seul objet de cette condamnation pour l’exemple est de dissuader les travailleurs d’affronter les grandes multinationales du pétrole et le grand patronat. Cette sentence serait un grave antécédent contre les militants de ce pays, mais représenterait également l’impunité pour ceux qui pensent pouvoir obtenir des “aveux” sous la torture, comme au cours de la dernière dictature.
Cette condamnation n’a pas été suivie de l’incarcération immédiate des travailleurs avant la confirmation de la sentence. Nous continuons par conséquent le combat pour faire toute la lumière sur cette affaire et imposer la justice, c’est-à-dire l’acquittement des camarades.
Au cours des premiers jours du mois de février, nous ferons appel de cette condamnation au Tribunal Supérieur de Rio Gallegos.
C’est en ce sens que nous exigeons l’acquittement immédiat et inconditionnel des travailleurs du pétrole de Las Heras.
Le Comité pour l’acquittement des ouvriers du pétrole de Las Heras vous propose de réaliser le 5 février, au même moment que la manifestation à Buenos Aires, des actions devant les ambassades et/ou consulats argentins dans tous les pays où il existe des organisations défendant la cause des travailleurs et des secteurs opprimés. Ce qui nous anime, c’est l’esprit et l’histoire de lutte et de solidarité du mouvement ouvrier international. Des actions de ce type et avec cette orientation seraient un grand soutien à notre campagne et pourraient permettre que sous la pression internationale, les tribunaux argentins se voient obligés de renoncer à la condamnation. Aucun ouvrier du pétrole en prison !
jeudi 16 janvier 2014
Adios compañero Adieu, camarade Juan Gelman
Une fleur voyageait dans mon sang.
Mon cœur était un violon.
on m'a aimé. Moi aussi
je me réjouissais : du printemps,
des mains jointes, de ce qui rend heureux.
Une fleur.
Un violon.)
JUAN
par Eduardo Galeano
Il y a quelques jours, parlant du Gros Soriano* et du Nègre Fontanarrosa*, j'ai dit, ou plutôt confirmé : -Parfois, le mort ment.
Et je le redis ici : la mort ment quand elle dit que juan gelman n'est plus.
Il continue à vivre dans tout ce que nous avons aimé, dans tout ce que nous avons lu, dans tout ce que nous avons entendu dans sa voix du plus profond de nos êtres.
Nous ne trouverons jamais de mots pour exprimer notre gratitude à l'homme qui fut multitude, celui qui fut nous-mêmes et continuera de l'être dans les paroles qu'il nous a laissées.
Roberto el Negro Fontanarrosa (Rosario, 26 nov. 1944 – ibídem, 19 juil. 2007), humoriste graphique et écrivain argentin.
Osvaldo Soriano (6 janv. 1943 – 29 janv. 1997), écrivain et journaliste argentin.
Adhérent du parti communiste à l’âge de 15 ans, il se rapprochera plus tard des péronistes de gauche, devenant membre du mouvement des Montoneros (qu’il quittera pour désaccords avec la direction). Il est obligé sous la dictature militaire (1976-1983), de s’exiler en Europe puis au Mexique, où il vivra jusqu'à sa disparition le 14 janvier 2014.
Juan Gelman a obtenu le Premio Nacional de Literatura argentin en 1997 et le Prix Juan Rulfo en 2000. Récemment, il a obtenu le prix Lezama Lima, en 2004 le prix Ramón López Velarde et en 2005 le prix Iberoamericano de Poesía Reina Sofía.
Créateur aux multiples facettes, de poésie mais aussi de prose, d’une pièce de théâtre, La junta luz (1982), et de deux opéras.
Gelman est aussi journaliste. Il publie régulièrement de nombreux articles dans Página/12, le quotidien de Buenos Aires et publiés sous le titre Prosa de prensa et Nueva prosa de prensa.
Il croit à la poesía casada con la poesía (poésie mariée avec la poésie) mais n'est pas indifférent au monde qui l'entoure et aux engagements nécessaires qu'il suscite. Il s'inspire autant des grands ancêtres latino-américains que des mystiques espagnols, de la tradition judéo-espagnole ou des poètes nord-américains. Ses thèmes sont, comme il dit, el amor, la revolución, el otoño, la muerte, la infancia y la poesía(l’amour, la révolution, l’automne, la mort, l’enfance et la poésie). Thèmes auxquels il faut ajouter celui de la mémoire.
L'intertextualité - et au sens large la transtextualité - est une des caractéristiques de son œuvre multiforme.Il écrit une poésie profondément humaniste et généreuse. Son dernier recueil País que fue será (2004) témoigne d'une espérance nouvelle en l'Argentine et le futur.
Les poèmes de Sydney West, Editions Créaphis, 1997
Lettres à ma mère, Editions Myriam Solal, 2002
Salaires de l'impie et autres poèmes, Editions Ecrits des Forges, Graphiti, 2002
L’Opération d'amour, NRF Gallimard, 2006
Philippe Friolet a consacré une étude à La poétique de Juan Gelman : une écriture à trois visages (L’Harmattan, 2006)
dimanche 28 août 2011
Les saqueos, c'est contagieux !-Arnaqueurs au grand jour, je vous présente les petits pillards nocturnes
Traductions disponibles : Português
Mais l’Angleterre n’est pas l’Amérique latine, et ses émeutes ne sont pas politiques, du moins c’est ce que l’on nous rabâche. En Angleterre, ce sont juste des gamins paumés qui profitent d’une situation pour s’emparer de ce qui ne leur appartient pas. Et la société britannique, nous dit Cameron, a horreur de ce genre de comportement.
Et ça, ce n’est pas de la politique, c’est de la physique.
samedi 16 janvier 2010
Les 5 Cubains sur le toit de l'Amérique
Original : “Los 5” en el techo de América
mardi 3 mars 2009
La condamnation d’Alfredo Astiz par la justice italienne est confirmée en cassation : prison à vie pour le tortionnaire argentin
par Gennaro CAROTENUTO, 27/2/2009. Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala
Cela semble être une réponse des juges à la frivolité de Silvio Berlusconi, qui, quelques jours auparavant, avait blagué sur les vols de la mort sous la dictature argentine* . Hier jeudi 26 février, la Cour de Cassation de Rome a confirmé la condamnation définitive à la réclusion à perpétuité pour Alfredo Astiz, assassin de trois citoyens italiens, Angela Maria Ajeta, Giovanni et Susanna Pecoraro, torturés et assassinés par le même Astiz. Celui-ce était à l’époque lieutenant de marine, connu sous le surnom d’ « Ange de la Mort », à l’ESMA, l’École de mécanique de la marine militaire argentine convertie en camp de concentration et d’extermination et aujourd’hui Musée de la mémoire.
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L'ESMA
Astiz a déjà été condamné à la prison à vie en France pour l’assassinat de deux religieuses, Alice Dumont et Léonie Duquet, lorsque l’Ange blond s’était infiltré dans le premier groupe des Mères de la Place de Mai, qui se réunissait à l’Église de Santa Cruz à Buenos Aires, se faisant passer pour le frère d’une disparue, séquestrant, torturant et assassinant douze personnes. Il est actuellement enfermé en Argentine dans l’attente de son procès**.
Il était en outre l’un des collaborateurs les plus proches de l’amiral Massera, dans le système des vols de la mort, où les prisonniers politiques, après avoir été torturés, étaient jetés vivants dans l’Océan Atlantique.
Dans son réquisitoire final, le substitut du Procureur général de la Cour de Cassation, Luigi Ciampoli, a requis et obtenu la confirmation de la condamnation à la perpétuité pour Astiz, déjà condamné le 24 avril dernier par la Cour d’Assises de Rome pour « la férocité inhumaine documentée par des faits et des témoignages », en même temps que Jorge Eduardo Acosta, Antonio Vanek et Jorge Raul Vildoza, qui n’ont pas fait appel de leur condamnation.
Angela Maria Ajeta était la mère d’un dirigeant de la Jeunesse Péroniste Dante Gullo, d’origine calabraise et tant la Région Calabre que la Province de Cosenza et et l’État italien s’étaient constitués partie civile dans le procès. Elle avait été capturée, torturée et assassinée pour exercer un chantage sur son fils.
Giovanni Pecoraro n’était pas non plus un guérillero mais un simple entrepreneur du bâtiment. Sa faute avait été de vouloir rencontrer sa fille Susanna, elle aussi militante de la Jeunesse Péroniste, une organisation non armée, tout comme 95% des 30 000 disparus, qui n’appartenaient pas à organisations de guérilla. Susanna, enceinte, fut exécutée après avoir donné naissance à une fille, dont la trace n’a été retrouvée qu’en 2007 par les Grands-mères de Mai, l’organisation qui s ‘occupe de retrouver les enfants de disparus que les militaires ont fait disparaître à leur tour en les faisant adopter.
Pour la défense d’Astiz, aucune de ces personnes n’est morte mais elles ont simplement fait disparaître leurs propres traces.
On attend maintenant une confirmation de la demande d’extradition d’Astiz par la justice italienne. Courageux pour ce qui était de trahir les mères, torturer des hommes entravés et des femmes enceintes et les jeter ensuite dans l’Océan avec les vols de la mort – ceux sur lesquels plaisante Silvio Berlusconi (membre de la loge P2 tout comme l’amiral Massera) -, Astiz s’est aussi rendu célèbre pour avoir été le premier officier argentin à se rendre à l’armée britannique durant la guerre des Malouines (Falklands) en 1983. Pendant que des centaines de jeunes appelés se faisaient massacrer ou mouraient de froid, lui ne tira pas un seul coup de feu.
NdT :
*Au Palais des Sports de Cagliari, Berlusconi, répondant à ceux qui l’accusaient d’être un dictateur, a fait une blague sur la dictature argentine, disant des prisonniers politiques jetés dans le Rio de la Plata depuis des avions par leurs tortionnaires : “Ils les emmenaient en avion avec un ballon…Ils ouvraient la porte et, s’il faisait beau, ils les envoyaient jouer dehors. »
** À notre connaissance, Astiz a été remis en liberté en décembre 2008.
Alfredo Astiz
Alfredo Astiz naît le 17 novembre 1950. Lieutenant de frégate affecté à l’École Mécanique de la Marine (ESMA), il est chargé d’un groupe d’infiltration. Très vite, il tentera de noyauter le groupe des Mères de la Pace de Mai sous le nom de Gustavo Niño, prétextant un frère disparu.
En décembre 1977, Astiz est impliqué dans la disparition de deux sœurs françaises, Sœur Alice Domon et Sœur Léonie Duquet, dont les corps ne seront jamais retrouvés.
En 1978, il est en France sous le nom d’Alberto Escudero, où il est chargé d’infiltrer les milieux réfugiés argentins.
En juin 1979, il est nommé attaché naval adjoint en Afrique du Sud.
Lors de la Guerre des Malouines entre l’Argentine et l’Angleterre, il est responsable de l’île principale de Géorgie, et signera l’acte de reddition le 10 juin 1982. Il sera fait prisonnier par les Anglais.
Le 22 décembre 1987, Alfredo Astiz est promu capitaine de corvette.
En janvier 1998, le Président Carlos Menem signe le décret destituant l’officier en raison d’une attitude irresponsable ayant entraîné une très grave situation affectant le prestige de la marine, ainsi que d’autres institutions.
En 1985, la France lance un mandat d’arrêt international contre l’« Angle blond », dans l’affaire concernant Soeur Alice Domon et Soeur Léonie Duquet, enlevées les 8 et 10 décembre 1977. En l'absence de convention d'extradition entre la France et l’Argentine, Astiz reste toutefois en Argentine.
En 1987, en Argentine, s’ouvre finalement au Tribunal Fédéral de Buenos Aires le procès concernant les deux religieuses. La plainte concerne 21 officiers et sous-officiers de la Marine, dont Alfredo Astiz. Seize témoins comparaissent mais tous sont d’anciens militants Montoneros, une organisation appartenant à la guérilla sous la dictature. Ils seront qualifiés de “partisans” et leurs témoignages ne seront pas pris en compte. L’Ange blond ressort libre du procès, acquitté pour faute de preuves.
Le 20 octobre 1989, la France annonce le procès par contumace d’Alfredo Astiz, pour son implication dans les disparitions des deux religieuses. La Chambre d’accusation de Paris renvoie Astiz, accusé de complicité d’arrestations illégales et de séquestration de personnes avec tortures corporelles, devant la Cour d’Assises. Le 16 mars 1990, le procès s’ouvre devant la Cour d’Assises de Paris. Astiz est condamné à la prison à perpétuité. Par cette condamnation, la France “emprisonne” Astiz en Argentine, car tout pays engagé par une convention d’extradition avec la France peut désormais l’arrêter.
En juillet 2001, puis en novembre de la même année, sont lancés deux mandats d'arrêt internationaux contre Alfredo Astiz. Le premier dans une affaire italienne (l’enlèvement de Angela Maria Aieta, Juan Pecoraro et sa fille Susanna), et le second par la justice suédoise (l’enlèvement et le meurtre de Dagmar Hagelin). Les deux demandes seront rejetées quelques mois plus tard.
En juillet 2003, encore une fois, Astiz est arrêté chez lui, à Mar del Plata. Le même jour est abrogé le décret argentin interdisant l’extradition. La France demande le surlendemain son extradition. Début septembre, Astiz est remis en liberté, pour être réarrêté le 16. L’Argentine refuse l’extradition vers la France le 23 septembre 2003. Astiz ressort, encore une fois, libre.
Source : Trial Watch
Lire Tristan Mendès France, Gueule d’ange , sur l’ex-tortionnaire argentin Alfredo Astiz, éditions Favre, 2003
Source : VOLI DELLA MORTE E DESAPARECIDOS : A ROMA ERGASTOLO PER L’ANGELO DELLA MORTE
samedi 18 octobre 2008
L’heure a sonné pour la Banque du Sud
Le moment est venu d’approfondir le processus d’intégration. Ce doit être la réponse latino-américaine à la crise, pour renforcer les systèmes financiers des pays de l’Unasul (União das Nações Sul-americanas, Unasul en portugais, Unasur en espagnol, traité de libre échange et commerce, dont le projet est né en 2004 à Cuzco, au Pérou, lors d’un sommet régional, appelé d’abord C.A.S.A. – Communauté Sud-Américaine des Nations - puis baptisé de son nouveau nom lors du sommet sur l’énergie au Venezuela en 2008, avant la signature officielle du traité constitutif en mai 2008 à Brasilia par dix pays membres, Argentine, Brésil, Bolivie, Chili, Colombie, Equateur, Paraguay, Pérou, Uruguay, Venezuela, NdT ).
L’Unasul devrait d’urgence convoquer un sommet exceptionnel pour débattre sur la façon dont les pays du continent peuvent réagir face à la crise internationale. Il n’y a pas d’autre issue que celle de l’approfondissement des processus d’intégration, afin de diminuer la vulnérabilité et les risques de la région du fait de cette crise, née dans le centre du capitalisme et qui vise à faire payer par les pauvres de chaque pays et les pays de la périphérie du système le coût des remèdes de cheval que ces gouvernements centraux entendent administrer.
Un certain nombre de postulats qui font consensus exigent que notre continent renforce ses mécanismes de défense face à la crise internationale. Celle-ci constitue très clairement le résultat de la fièvre spéculative des pays du centre du système, des USA en particulier. La dérégulation financière est à l’origine de cette gigantesque bulle spéculative. En déréglementant – suivant les préceptes du FMI, de l’OMC et de la Banque Mondiale – l’hégémonie rapide du capital financier sous sa forme spéculative a été favorisée, en même temps que la libre circulation des capitaux a été encouragée.
Les conséquences sont visibles. Les pays qui sont parties prenantes des processus d’intégration régionale en Amérique Latine se trouvent moins exposés à la crise, parce qu’ils ont pu développer le commerce et les échanges entre eux et ont su diversifier leurs relations internationales. Il importe maintenant d’effectuer de nouveaux pas en avant, afin de ne pas être les victimes passives de la crise internationale.
Le moment est venu d’avancer et d’approfondir le processus d’intégration. Il est temps d’avancer dans la construction de la Banque du Sud, vers l’objectif de la création d’une monnaie unique régionale, d’une Banque Centrale unique, de mécanismes de contrôle de la circulation du capital financier, de protection des marchés intérieurs, d’aller vers des politiques économiques communes, de développer des projets d’intégration industrielle et technologique, d’élaborer un plan de développement régional.
Telle doit être la réponse latino-américaine à la crise, en renforçant les mécanismes d’intégration, la diversification des relations internationales, par le développement de la consommation des marchés intérieurs, en accentuant la coordination des systèmes bancaires et financiers des pays de l’Unasul.
Les pays centres du capitalisme, responsables de l’exportation des politiques de libre-échange et de libre circulation des capitaux, veulent avant tout nous impliquer dans leurs remèdes, qui consistent simplement à injecter du capital en grande quantité afin de sauver un système en faillite, sans introduire de modifications fondamentales dans les politiques qui sont à l’origine de la gigantesque crise actuelle.
Il nous faut formuler notre propre réponse qui, au plan international, doit promouvoir des formes de régulation de la circulation du capital financier – la taxation de ces mouvements de capitaux, ainsi que le propose ATTAC, comme un impôt citoyen destiné à financer des politiques sociales -, de contrôle du système financier par les États, de pénalisation des responsables des processus spéculatifs ayant conduit à la crise actuelle.
Rien ne saurait se substituer à nos propres alternatives qui, en cohérence avec ce qu’a représenté le processus d’intégration régionale, doivent faire de celui-ci notre forme de défense et d’action autonome face à un système financier international en faillite. Aller de l’avant dans la construction d’un monde multipolaire, politiquement comme économiquement, signifie s’engager dans la construction de la Banque du Sud, disposant de ses propres réserves, de sa monnaie unique et d’une Banque Centrale.
Il n’est plus supportable de voir nos réserves toujours à la merci des banques du Nord, il est grand temps que ce soient elles qui financent directement notre développement, sous notre contrôle. C’est pourquoi il nous faut en même temps renforcer toutes les formes d’intégration du développement régional.
Sinon nous risquons d’être, encore une fois, les victimes des solutions des propres responsables de la crise, qui s’entêtent à vouloir socialiser les pertes d’un système basé sur la privatisation des bénéfices. Il est patent que nous ne saurions accorder aucune confiance aux suppôts d’un système financier international fondé sur ce qu’ils nomment la “libre circulation des capitaux”.
L’heure a sonné pour la Banque du Sud, il est temps d’approfondir et de consolider tous les mécanismes d’intégration régionale, afin d’empêcher qu’ils exportent leur crise, et de faire prévaloir le développement régional sur les ruines du néo-libéralisme et de l’hégémonie impériale usaméricaine.
États |
| Membres de la CAN² |
| Bolivie |
| Colombie |
| Equateur |
| Pérou |
| Membres du MERCOSUL¹ |
| Argentine |
| Brésil |
| Paraguay |
| Uruguay |
| Venezuela |
| Autres pays |
| Chili¹² |
| Guyana³ |
| Surinam³ |
| Membres Observateurs |
| Рanama |
| Mexique |
¹ considérés comme membres associés de la CAN.
² considérés comme membres associés du MERCOSUL.
³ ne sont pas encore inclus dans la communauté.
- C.A.N. : Communauté Andine des Nations
- Mercosul Ou Mercosur : Marché Commun du Sud de l’Amérique
Source : A hora do Banco do Sul
Article original publié le 14/10/2008
Sur l'auteur
Traduit par Pedro Da Nóbrega, révisé par Fausto Giudice, Tlaxcala
mercredi 1 octobre 2008
Comment échapper à la vraie-fausse monnaie de singe : les clubs de troc en Argentine
par Jorge ALDAO
En ces temps de “crise financière mondiale”, l’expérience argentine s’avère très instructive.
En Argentine, le recours aux « clubs de troc » a trouvé son origine dans la réaction à la l’application de la politique économique des années 90, qu’un Ministre des Relations Extérieures du gouvernement de ce pays avait définie comme étant une « relation charnelle avec les USA » (et évidemment, avec le FMI).
Ces “relations charnelles” avaient généré un déclin économique et social qui déboucha sur une crise et sur la chute du gouvernement élu du président Fernando De la Rúa en décembre 2001.
Cette situation complexe avait obligé Adolfo Rodríguez Saa, premier des 4 présidents, qui se sont succédés en 11 jours dans ces circonstances particulières, à déclarer le pays en cessation de paiement de la dette extérieure.
Le défilé de 4 présidents en l’espace de 11 jours, donne une idée de la décomposition institutionnelle du pays, accompagnée de mesures comme le « corralito » (le gouvernement empêchant les retraits bancaires afin d’éviter les « corridas bancaires »), la généralisation du non-paiement des prêts hypothécaires, les pillages dans les banlieues de Buenos Aires, des « cacerolazos » [manifestation bruyante au moyen de casseroles, de bassines, etc. sur lesquelles les protestataires frappent violemment] de plus en plus fréquents organisées par les épargnants contre les banques, le blocage des routes et des rues par des « piquetes » (piquets de chômeurs), et la manifestation qui dégénéra avec de nombreux morts au milieu de l’historique Plaza de Mayo [Place de Mai], poussant De la Rúa à renoncer à la présidence.
C’est donc bien avant, pendant la décennie des années 90 et jusqu’à 2002, que nous autres Argentins avons vécu et subi ce que le monde développé est en train de subir aujourd’hui avec la crise financière mondiale, car l’Argentine avait déjà une économie virtuellement dollarisée, il n’y avait ni argent ni crédit et un taux de chômage très élevé.
Mais finalement, ce fut un avantage, comme ce le fut pour la Russie lorsque sa crise économique avait abouti à une cessation de paiement de la dette souveraine de ce pays.
Car dans les deux cas, le fait d’avoir d’extrêmes difficultés à recourir au financement extérieur, a forcé les deux pays à sortir de la crise en usant de leur ressources intérieures, ce qui pour l’Argentine, signifie aujourd’hui un montant relativement bas de la dette extérieure (bien que la dette intérieure soit élevée).
C’est pour cela qu’après 2002, lorsque l’Argentine est entrée dans une étape de forte croissance avec une diminution du chômage (stimulée par la hausse des prix des produits de première consommation] les « clubs de troc » ont perdu l’importance qu’ils avaient eu dans les périodesments les plus critiques.
Et même si aujourd’hui, ils connaissent un certain regain, ce n’est pas dû à la crise financière mondiale et à ses conséquences pour l’Argentine (qui parvient à les amortir) mais plutôt à cause du gouvernement pseudo-progressiste de Cristina Fernández de Kirchner, qui recule sur le secteur économique et privilégie, plus que son époux, (l’ex-président Néstor Kirchner) « l’option préférentielle pour les plus riches » (pour paraphraser le Concile Vatican II et la Théologie de la Libération) et les grandes entreprises à qui elle verse toutes sortes d’aides et de subventions.
De toute façon, l’expérience argentine des « clubs de troc » garde toute sa valeur pour les habitants des pays dans lesquels circule la « monnaie de singe »(dinero trucho*) ; en Argentine on parle de « cuasimonedas », « presque-monnaies » (les tickets utilisés par certaines entreprises pour payer une partie du salaire font partie de ces cuasimonedas). Dans les pays frappés par taux élevé du chômage dont les familles manquent de liquidités, les « clubs de troc » ont toute leur utilité.
Dans cette expérience de lutte, il est bon de rappeler une autre remarquable facette ; lorsque la classe moyenne s’aperçut que son épargne et ses dépôts bancaires étaient en train d ‘être confisqués, c’est dans la rue qu’elle descendit manifester en frappant sur des casseroles et en faisant coïncider ses actions avec les manifestations des piqueteros chômeurs autour d’un même slogan « piquet et casserole, un seul combat» ("piquete y cacerola, la lucha es una sola")
Mais cette « romance » entre, d’un côté, la classe moyenne spoliée par les banques et de l’autre les ouvriers sans emploi à cause des délocalisations des usines, n’a guère duré. Dès lors que les caceroleros étaient parvenus à récupérer leur épargne, leur slogan unitaire fut oublié. Ils se sont retournés contre les piqueteros en se plaignant qu’ils barraient les routes et empêchaient la libre circulation. Oubliée aussi, la violence de la part de cette classe moyenne - lorsque le gouvernement avait inventé le « corralito » - déferlant contre les banques et leurs employés ; (Ils en étaient arrivés au point de frapper et de cracher à la figure des employés des banques qui ne pouvaient faire autrement que de leur refuser le paiement de leur épargne. La destruction des façades de certaines banques faisait également partie de leur violence).
Les clubs de troc
En Argentine, c’est en 1995 que les clubs de troc prennent formellement naissance, lorsqu’un groupe de personnes (qui depuis un certain temps déjà, se réunissaient au sujet des problèmes écologiques dans leur zone, située à Bernal, une commune de la banlieue de Buenos Aires) décida de prendre à bras le corps le problème du chômage qui excluait, de facto, leurs voisins, du marché formel, par manque de revenus leur permettant de subsister.
Cette exclusion provoquée par le chômage brutal n’était pas seulement la conséquence de la délocalisation, vers le Brésil ou la Chine, des usines argentines, mais également de l’implantation à grande échelle des chaînes de supermarchés qui achetaient massivement leurs produits à l’extérieur, acculant à la fermeture les petits commerces qui achetaient et vendaient des produits du pays.
En outre, la situation de la population s’aggravait – même celle qui travaillait dans les administrations provinciales et municipales – puisque la politique économique avait déjà privé de finances ces administrations locales qui avaient pallié leur défaillance, en émettant des « bons de dette publique » avec lesquels ils s’acquittaient d’une partie des salaires mensuels déjà très bas, des employés publics.
Cependant, beaucoup de commerces n’acceptaient pas cette « cuasimonedas » (avec ces noms curieux de produits telluriques, tels les« Patacones », « Quebrachos » et « Federales » ou des noms techniques comme « Lecop », « Lecor », « Bocanfor », « Bocades » etc…) de la part de la population à faibles revenus qui souffrait de manques sérieux, vu que ces bons représentaient jusqu’à 30% de la monnaie en circulation dans le pays, mais bien qu’ils étaient acceptés avec prudence dans la province qui les avaient émis, ils étaient refusés dans le reste de l’Argentine.
Face à cette situation – que les créateurs du Club appelaient compétence darwinienne – ils ont imaginé une association de pronsommateurs (« prosumidores »), c'est-à-dire des producteurs consommateurs, une idée attribuée à Alvin Toffler.
Pourtant, de ce concept, pronsommateurs, ils éliminaient l’aspect néocapitaliste qui se nourrit en profitant des avantages de la mondialisation et du développement cybernétique pour que les consommateurs soient, en même temps, les collaborateurs dans la conception ou la production, avec en retour, des miettes pour leur travail, et les plus grands bénéfices pour ceux qui détiennent le contrôle du processus.
Les fondateurs des clubs de troc rappelaient cette phrase d’Henry Ford « si je ne paye pas correctement mes employés, peu d’entre eux pourront acheter mes voitures ». Ils signalaient qu’un employeur se faisait une idée fausse, s’il remplaçait 100 ouvriers par un système industriel robotisé sans comprendre que si tous les industriels agissaient de même, cela engendrait des millions de chômeurs, et que marché pour les produits de ces entreprises disparaîtrait, puisque personne ne pourrait acheter leur production.
Autrement dit, à l’origine du Club de Troc, il y a la conception écologique de l’équilibre entre la nature et l’être humain qui ensuite s’applique à une conception de l’économie dans laquelle on cherche l’équilibre entre producteurs et consommateurs.
Les clubs du troc n’ont aucune affiliation politique ni religieuse, ils fonctionnent seulement sur la base de membres pronsommateurs.
De plus, leur organisation structurelle est horizontale, sans hiérarchie ni permanents payés, chaque pronsommateurs a le droit d’entrer et de sortir du club comme il le désire. Il suffit que chacun respecte l’un des douze principes du Réseau Global du Troc, à savoir la rotation permanente des rôles et des fonctions afin de diminuer les risques de bureaucratisation.
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