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dimanche 9 décembre 2012

Des cartouches made in Italy utilisées pour la chasse au gibier humain en Tunisie

par Annamaria Rivera, 7/12/2012.  Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala  
"Nobel Sport Italia produit et assemble tous les composants (…) pour réaliser des cartouches d'excellente qualité aussi bien pour la chasse que pour le tir. La production de ces matières premières, les composants ainsi qu'un système unique de chargement garantissent la fiabilité des cartouches NSI, qui sont proposées depuis toujours aux chasseurs et aux tireurs du monde entier" (sic).
"Du producteur au consommateur" : NSI revendique fièrement avoir produit plus de 3,4 milliards de cartouches
C'est ce qu'on peut lire sur le site ouèbe de l'entreprise italienne NSI – dont le siège social est à Milan et l'usine à San Giuliano Terme, dans la province de Pise, en Toscane. La publicité pour ses cartouches "d'excellente qualité" vient d'avoir une sinistre confirmation fin novembre à Siliana, en Tunisie, où ces produits made in Italy ont pu démontrer toute leur "fiabilité". Les policiers qui les ont tirées ont blessé presque 300 manifestants et en ont aveuglé une vingtaine. Parmi les blessés graves, David Thomson, correspondant de France 24, qui se trouvait dans la foule canardée par la police : malgré une opération, il garde quarante billes de plomb enkystées à une telle profondeur dans son corps qu'il a été impossible de les extraire. L'implication de NSI dans cette sinistre affaire est prouvée non seulement par les témoignages mais aussi par les photos : la marque de fabrique de Nobel Sport Italia apparaît sur les tubes des cartouches à chevrotines. Ne pouvant démentir, l'entreprise aurait affirmé que c'est sans doute une armurerie italienne qui les a fournies à la police tunisienne, après les avoir remplies de plombs. Vous imaginez ça ? L'armurerie au coin de la rue commerçant avec le ministère de l'Intérieur tunisienne.
 
Ce n'est pas la première fois que les forces de l'ordre tunisiennes tirent sur des manifestants avec des fusils de chasse chargés de chevrotines. Elles l'avaient déjà fait les 12 et 13 juin derniers, au cours de la vague de violences et de heurts qui avaient impliqué des salafistes et des jeunes des quartiers populaires. Les projectiles meurtriers made in Italy avaient alors blessé de nombreuses personnes et tué un jeune à Sousse. Non contents de ce premier exercice, les agents de la Garde nationale ont à nouveau tiré des chevrotines fin octobre à Douar Hicher, dans la banlieue de Tunis, tuant l'imam adjoint et le muezzin de la mosquée locale. A cette occasion un officier avait déclaré pour se justifier que toutes les casernes de la Garde nationale disposent de ces armes pour tuer les chiens errants. Ce qui en dit long sur la continuité entre la violence contre les animaux et celle contre les humains. Inutile d'aller chercher Horkheimer et Adorno. Il suffit de laisser parler la réalité. Et de rappeler que les agences touristiques recommandent justement la petite ville de Siliana pour un séjour relaxant de chasse au sanglier, qui requiert justement ce type de munitions.
 

 
Bref, après les péans à la gloire de la "révolution du jasmin", c'est la vérité des rapports de marché et des relations de classe et de pouvoir qui fait irruption sur les deux rives de la Méditerranée. Dans la même période où, à Siliana, les forces spciéles se lirvaient à la chasse au gibier humain – les déshérités d'une des régions du pays le splus pauvres et abandonnées, malgré la révolution -, "notre" moinistre de 'lIntérieur, l'ineffable Cancellieri, remettait à son homologue tunisien deux vedettes flambantes neuves pour la chasse aux "clandestins". Chasse qui peut être rendue plus efficace, si besoin est, par les projectiles made in Italy. D'ailleurs –ça ne s'invente pas -, NSI propose même une collection de cartouches appelées…"Migration" [on reconnaît bien là le mauvais esprit de notre auteure : ces cartouches sont destinées aux oiseaux migrateurs, NdT].
 


Pour ce qui est des relations de classe et de pouvoir, rien n'a changé en Tunisie après la fin de la dictature benalienne, si ce n'est que les déshérités n'ont plus peur, se révoltent ouvertement et affrontent courageusement la répression. Ce sont les mêmes protagonistes de l'insurrection populaire qui a renversé le régime, déclenchée par les régions les plus pauvres et historiquement les plus combatives du pays. Siliana appartient à une zone qui battait déjà dans les années passées les records de taux de pauvreté, de déshérence sociale et de manque de travail, surtout pour les jeunes de formation moyenne ou élevée. Aujourd'hui que le taux moyen national de chômage approche les 20%, tandis que les revenus du tourisme ont baissé de 33% et les investissements étrangers de 27%, on peut imaginer à quel point le désespoir social, la désillusion et la rage contre les nouveaux gouvernants sont répandus et profonds.
 

 
Cette fois-ci, c'est toute la population de Siliana qui s'est mise en grève générale et à réussi à résister pendant quatre jours – du 27 au 30 novembre -, malgré une répression très dure. Cela a été rendu possible par le soutien décisif apporté par l'UGTT, l'historique centrale syndicale qui continue à payer son opposition toujours plus nette au gouvernement et son soutien aux revendications sociales avec des provocations et des attaques contre ses sièges organisées par les soi-disant Comités de protection de la révolution. C'est le nom sous lequel se cachent les milices d'Ennahdha, le parti islamiste qui domine le gouvernement et l'Assemblée constituante. Un nom qui sonne comme une blague, surtout après la mort, suite à une agression, de Lotfi Naqdh, secrétaire de l'Union des agriculteurs de Tataouine et coordinateur régional du parti Nida Tounes, le parti centriste, laïc et nationaliste que les sondages électoraux donnent comme le plus dangereux concurrent du parti islamiste.
 
Tunis, 1/12/2012: "La justice est moins chère que les balles"
Les manifestants de Siliana demandaient la démission du wali (préfet/gouverneur) local, un plan de développement socio-économique pour la région, la fin de la répression des manifestations et la libération des 13 personnes arrêtées durant les protestations d'avril 2011 et croupissant en prison sans jugement. Le ministère de l'Intérieur a confié la réponse à ces revendications aux forces spéciales. Celles-ci, après les habituels tirs copieux de "lacrymogènes" (en réalité des grenades de gaz asphyxiants CS, produites en Pennsylvanie et interdites par les conventions internationales), ont truffé les manifestants de plombs à coups de lupara. Il est utile de rappeler que cette arme [fusil de chasse à double canon scié, arme favorite de la mafia sicilienne, NdT] doit son nom au fait qu'elle était utilisée pour chasser les loups, avec des cartouches farcies de billes de plomb. Ce qui confirme une nouvelle fois que les cruautés infligées aux autres créatures finissent tôt ou tard par servir de modèle aux brutalités envers les humains. Une bonne raison pour considérer les producteurs et marchands d'armes, même celles destinées "seulement" à la chasse et au tir, au moins comme instigateurs de la violence. Nobel, tu parles…
Au catalogue de NSI : munitions pour les forces de l'ordre
 

mardi 16 août 2011

Tunis : lacrymos et matraques contre manifestants. En plein Ramadan, tolérance zéro pour la contestation

7 mois après le 14 janvier, toujours les mêmes flics, les mêmes matraques, les mêmes lacrymos. "Nous changerons tout pour que rien ne change".
Un jeune homme,
Anis Ben Ali Bou Omrani a trouvé la mort rue Farhat Hached dans des circonstances qui restent à élucider: selon les uns, il se serait précipité du balcon de l'appartement de sa sœur, selon les autres, il aurait été atteint par un tir de grenade lacrymogène.L'enquête suit son cours, chaotique comme tout le reste.
REUTERS/ZOUBEIR SOUISSI
La Tunisie a vécu une journée de colère, lundi 15 août, contre le gouvernement provisoire de Béji Caïd Essebsi, entre marche syndicale autorisée et manifestation dispersée à coups de gaz lacrymogènes par la police dans le centre de la capitale. Une troisième manifestation s'est déroulée sans incident devant le palais de justice, non loin de la Kasbah, qui avait abrité de longs sit-in dans la foulée de la chute du régime de Ben Ali, le 14 janvier.


Quels que soient l'endroit ou l'appartenance, les protestataires ont exprimé leur colère contre les autorités de transition, certains appelant à la chute du gouvernement de Béji Caïd Essebsi.
La police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser une manifestation au cœur de Tunis et a chargé des manifestants qui tentaient de se regrouper sur l'avenue de Carthage, dans le centre de la capitale, dans l'après-midi. Le porte-parole du ministère de l'intérieur a indiqué à l'Agence France-Presse (AFP) que la police avait chargé "lorsqu'un des manifestants a jeté une bombe lacrymogène dans sa direction".

 Les premiers protestataires, qui avaient commencé à se rassembler en fin de matinée sur l'artère centrale Habib-Bourguiba, ont été empêchés de progresser vers le ministère de l'intérieur, une dizaine de blindés de la police en barrant l'accès.
Des colonnes de fumée s'élevaient de la place Ibn-Khaldoun, devant la cathédrale, jusqu'à la porte de France, à l'entrée de la médina, alors que des manifestants criaient "Nouvelle révolution", "Ministère de l'intérieur terroriste", "Le peuple veut la chute du système", "Fidèles à l'âme de nos martyrs". Repoussés sur la place d'accès à la médina, des jeunes manifestants se sont heurtés à la police, lui jetant toutes sortes de projectiles. Des commerçants et marchands ambulants pris par surprise ont déserté dans la panique.
Au même moment, la marche de protestation autorisée rassemblait sans incident deux mille Tunisiens, selon la police, à l'appel de l'Union générale tunisienne de travail (UGTT, unique centrale syndicale sous Ben Ali) sous le slogan : "Fidèles aux âmes des martyrs et pour la réalisation des objectifs de la révolution."
Défilant sur l'artère Mohamed-V, périphérique du centre, et encadrés par un important dispositif policier, les protestataires ont crié "Indépendance à la justice","Purge des magistrats et avocats corrompus", "Tunisie libre, les voleurs dehors","Le peuple veut le départ du gouvernement" ou encore "Le peuple ne doit plus êtrehumilié", dénonçant le gouvernement de transition de Béji Caïd Essebsi et le cherté du coût de la vie en plein ramadan.
Des représentants du parti islamiste Ennahda et d'autres formations politiques ont participé à cette marche de l'UGTT, y compris d'anciens membres du gouvernement de transition. "Il est capital que la magistrature soit indépendante, nous devons résoudre nos problèmes pour réussir l'élection" d'une constituante le 23 octobre, a déclaré à l'AFP l'ancien ministre des transports, Yassine Brahim, qui a intégré un nouveau parti politique.
"Militons pour une égalité réelle entre l'homme et la femme", "Peuple révolte-toi contre les résidus de l'ancien régime", "Economie nationale au service du peuple", pouvait-on lire sur des banderoles blanc et rouge, les couleurs nationales.
Lors du soulèvement du 14 janvier qui devait balayer le régime de Ben Ali, l'UGTT a joué un rôle de premier plan dans les régions. Certains de ses dirigeants se joints brièvement au gouvernement de transition. La centrale se pose en gardien contre"toute récupération du mouvement révolutionnaire".
English


Manifestations dans d'autres villes
Sidi Bouzid
Feriana

Redeyef

Béja
Bizerte
Sfax
Kairouan

Gafsa


et maintenant, la ...
Version du ministère de l'Intérieur sur les incidents survenus lundi à l'avenue Habib Bourguiba à Tunis

Mercredi, 17 Août 2011
-01042011cotedivoire«Environ 300 personnes se sont rassemblées, lundi, devant le siège du ministère, scandant des slogans hostiles aux forces de sécurité sur les lieux et proférant des injures à leur encontre», a précisé le ministère de l'Intérieur dans un communiqué rendu public mardi.
Entre-temps, ajoute le ministère, un des manifestants a enflammé une «grenade à main de ga », ce qui a provoqué un état de panique chez les manifestants qui se sont dispersés dans toutes les directions, faisant remarquer que la grenade utilisée est parmi les équipements volés lors des attaques précédentes commises contre les services de sécurité.
Selon le même communiqué, certains manifestants ont lancé des pierres sur les agents de sécurité et vandalisé des biens publics et privés, ce qui a nécessité  l'intervention des unités de sécurité pour les disperser. sans commentaires...
Principale organisatrice de cette manifestation, l'Union générale tunisienne du travail (UGTT) a stigmatisé, mardi, dans un communiqué, l'intervention musclée des unités de sécurité et leur agressivité excessive envers les manifestants qui revendiquaient, principalement, une justice équitable, l'accélération du jugement des symboles de la corruption et l'application de l'amnistie générale.  Dans des communiqués similaires, plusieurs partis politiques rejettent l'usage de la force contre les participants à des manifestations pacifiques, même si elles n'ont pas été autorisées, réaffirmant leur attachement à la liberté d'expression et de manifester pacifiquement.
Source:TAP

samedi 8 janvier 2011

Tunisie : Déclaration de l'UGTT

La commission administrative nationale de l’Union Générale Tunisienne du Travail a publié une déclaration suite à sa réunion du 4 janvier 2011 consacrée à l’examen de la situation après les événements survenus dans les régions de Sidi Bouzid et de Kasserine, et dans d’autres régions du pays.
Tunis, le 4 Janvier 2011
Réunis le 4 janvier 2011, sous la présidence du Camarade Abdesslem JRAD, Secrétaire Général,
Après avoir examiné les événements douloureux qu’on connus les régions de Sidi Bouzid, Kasserine et certaines autres régions, événements faisant suite à des mouvements spontanés des populations dont le point de départ est la revendication du droit au travail,
- Conscients du rôle national et social de l’UGTT et sa contribution dans l’élaboration de meilleures perspectives de développement dans le pays,
1/- Les membres de la commission administrative nationale mettent en relief les différentes déclarations syndicales et la déclaration du Bureau exécutif datée du 28 décembre 2010 relatifs aux conceptions, principes et fondements du développement durable tels que stipulés dans les motions des instances syndicales de décision, à l’échelle centrale, régionale et sectorielle. Ces principes et recommandations se rapportant à l’emploi et aux relations professionnelles ont été élaborés par l’UGTT suite à des séminaires et sur la base d’études réalisées par ses différents départements, et appellent à un modèle de développement qui répond aux besoins essentiels, se fonde sur l’égalité et l’équilibre entre les régions et dans lequel il incombe à l’Etat et au secteur public d’assumer leur fonction d’investisseurs dès lors que le secteur privé se défait de s’implanter dans ces régions prioritaires en dépit des avantages financiers, fiscaux et sociaux dont il bénéficie,
2/- Expriment leur solidarité avec les populations de Sidi Bouzid et avec l’ensemble des régions intérieures dans leur revendication légitime d’un meilleur vécu et d’un modèle de développement garantissant l’égalité des chances, le droit à un travail décent et d’opportunités d’embauche qui leur procurent un revenu stable à même de leur permettre de subvenir à leurs besoins. Ils appellent également à une intervention urgente en vue de réparer les dégâts matériels occasionnés dans la région de Sidi Bouzid,
3/- Soulignent la nécessité d’accorder aux représentants de l’UGTT la qualité de membres permanents au sein des conseils régionaux de l’emploi et des commissions locales de l’emploi et renouvellent leur demande de création d’une caisse d’assurance chômage qui protège les travailleurs licenciés à la suite de la perte de leurs postes d’emploi résultant des transformations économiques dont l’aspect le plus saillant est la politique de privatisation des entreprises publiques,
4/- Expriment leur mécontentement face au blocus des locaux des unions régionales et locales de l’UGTT et face aux affrontements violents dont les syndicalistes locaux et régionaux ont été la cible suite à leur mouvement pacifique de soutien,
5/- Appellent à la libération des personnes arrêtées, à l’annulation des poursuites à leur encontre ainsi qu’à la levée du blocus sécuritaire à Sidi Bouzid et dans les autres régions et au recours au dialogue en tant que mécanisme approprié dans le traitement de toutes formes de mouvements,
6/- Expriment leur solidarité avec les familles des victimes et demandent d’engager des poursuites à l’encontre de toute personne dont la culpabilité aura été établie dans la mort des victimes innocentes,
7/- Soutiennent les avocats et l’ensemble des composantes de la société civile qui ont été solidaires avec les habitants de Sidi Bouzid dans leur mouvement spontané revendiquant l’amélioration de leur niveau de vie et la création de projets sociaux dans la région de manière à leur garantir une vie décente,
8/- Expriment leur mécontentement face à l’absence d’informations nationales et de couverture médiatique des événements, ce qui a conduit à un déficit informationnel, appellent à une refonte du paysage médiatique national de manière à donner une information pertinente et objective dans le traitement des questions politiques, économiques et sociales,
Dans ce cadre, les membres de la commission administrative nationale appellent également à identifier, par le biais d’une information crédible et transparente, les aspects de mauvaise gestion et de mettre à nu et les pratiques qui sont en contradiction flagrante avec les valeurs de justice, de liberté et d’égalité et qui violent les droits civils, les droits de l’homme et affectent les institutions de la société civile.
9/- Appellent à des réformes politiques fondées sur la promotion de la démocratie et la consolidation des libertés ainsi que la dynamisation du rôle de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme en tant qu’acquis national important eu égard à sa mission de consacrer l’Etat de droit et des institutions et soulignent la nécessité de permettre à la Ligue de tenir son Congrès dans le cadre du respect de son autonomie de décision,
10/- Considèrent que la négociation constitue un droit légitime à l’échelle tant internationale que nationale et que le droit de grève est au centre des droits et libertés syndicaux. Ils appellent aussi l’autorité de tutelle d’engager un dialogue sérieux et constructif avec les syndicats de l’enseignement et de l’éducation et des autres secteurs s’y rattachant, de donner des réponses favorables à leurs revendications décidées par leurs commissions administratives respectives de manière à instaurer un climat social stable tout en réaffirmant l’importance du dialogue social pour circonscrire les problèmes.
Ils demandent, enfin, de rétablir les travailleurs licenciés du bassin minier dans leur droit en les réinsérant dans leurs postes de travail et ce pour éradiquer tout facteur nuisible à la paix sociale.
Vive l’Union Générale Tunisienne du Travail
Libre, démocratique et militante
Abdessalem JRAD
Secrétaire Général
NDLR Basta! 
Si on lit bien ce texte, entre les lignes de la langue de bois, il est fort intéressant. La direction de la centrale syndicale, totalement inféodée au régime benaliesque, fait de la résistance ! Ce n'est pas étonnant : les opportunistes qui la composent savent bien que la base est en colère et en lutte - plusieurs unions régionales, à commencer par celle de Sidi Bouzid, préparent une grève générale pour le 12 janvier  et des événements comme ceux décrits ci-dessous par un militant de Sfax ont eu lieu dans toute le pays depuis deux semaine- et ils sont bien obligés de naviguer entre leur patron véritable - le patriarche de Carthage - et leurs "patrons" théoriques, à savoir leurs affiliés. Bref, ils se préparent à se maintenir dans leurs fauteuils pour ne pas sombrer corps et biens dans le tsunami qui emportera leur boss, d'ici peu. Ce n'est plus qu'une question de semaines, ou même de jours.

Message reçu le dimanche 2 janvier 2011, traduit de l'arabe (voir texte en arabe ci-dessous):
Rassemblement du 2 janvier 2011 devant le siège du syndicat régional de l'UGTT à Sfax
Un rassemblement de travailleurs et de jeunes a eu lieu ce matin devant le siège du syndicat régional de Sfax pour soutenir les habitants de Sidi Bouzid dans leur vaillante intifada contre le pouvoir répressif dictatorial hostile aux droits des travailleurs et des opprimés. Les protestataires ont scandé de nombreux slogans.
Et malgré le nombre relativement important des manifestants, le secrétaire général du syndicat régional a refusé de prendre la tête d'une manifestation reprochant aux personnes rassemblées d'avoir ignoré ses consignes. Des éléments à sa solde ont scandé des slogans conformes à la propagande du régime.
Les manifestants ont répondu par d'autres slogans tels que : « Victimes du soulèvement de Rdayef manifestez votre solidarité! », « Le mouvement continue et les collabos dehors !», « A bas le tortionnaire du peuple !», « A bas le parti du destour !», « le droit de manifester est notre droit!», « le droit à l'expression est notre droit! »
Des manifestants ont pris la parole pour dénoncer la répression des protestataires par les forces de la police mobilisées contre les mouvements populaires et ces forces ont été effectivement mobilisées en grand nombre dans les rues proches du siège du syndicat régional de façon à encercler de façon étroite les protestataires.
Interpellations :
6 jeunes étudiants immédiatement ont été interpellés après ce rassemblement et ont été aussitôt relâchés après le contrôle de leurs identités. Il s'agit de : Adel Zouidi, Ouahid Abbas, Ayman Tahri, Hassan Fadel, Naziha Msayhiya et Fatma Meftah.
Signé : Un syndicaliste à Sfax
Original
تجمع عمالي وشبابي أمام الإتحاد بصفاقس والبيروقراطية وأذنابها تفكّ التعبئة وتجهض المسيرة
par Sfax Syndicaliste, dimanche 2 janvier 2011,
تجمع عمالي وشبابي أمام الإتحاد بصفاقس والبيروقراطية وأذنابها تفكّ التعبئة وتجهض المسيرة
انعقد تجمع عمالي وشبابي أمام مقرّ الإتحاد الجهوي للشغل بصفاقس صبيحة اليوم الأحد 02 جانفي 2011 لأجل مؤازرة أهالي سيدي بوزيد في انتفاضتهم الباسلة في وجه سلطة القمع الديكتاتورية المعادية لمصالح الكادحين والمسحوقين. وقد رفع الحاضرون العديد من الشعارات.
ورغم الحضور الهام نسبيا فقد رفض الكاتب العام للإتحاد الجهوي الخروج في مسيرة متوعّدا الحاضرين إن هم خالفوا تعليماته مستعينا في ذلك بزمرة من مرتزقة التصفوية عملت على تخريب التجمع وحرف التحرّك عن وجهته النضالية مردّدة بعض الشعارات التي تلتقي مع أبواق السلطة الناعقة.
وقد ردّ الحاضرون عن ذلك بعديد الشعارات من أهمّها أهل الرديف يا ضحية ويني الوقفة العمالية, المسيرة مستمرّة والقوادة على برّة, يسقط جلاد الشعب, يسقط حزب الدستور, حقّ التظاهر واجب حق التعبير واجب,....
كما ندّد الحاضرون بالقمع الذي تمارسه قوات النظام ضدّ المحتجين وبالمحاصرة البوليسية المضروبة على التحرّكات الشعبية, وقد تواجدت اليوم بكثافة في الأنهج والشوارع المؤدية إلى مقرّ الإتحاد وضربت حصارا شديدا على المحتجين.
إيقاف: تمّ ايقاف 6 من الشباب الطلابي وسط المدينة بصفاقس شاركوا في التجمع العمالي الشبابي وذلك مباشرة بعد انتهاء التجمع. وتمّ إطلاق سراحهم في الحال بعد تسجيل أسمائهم وهوياتهم. وهم الطلبة: عادل الزويدي, وحيد عبّاس, أيمن الطاهري, حسان فاضل, نزيهة مسايحية وفاطمة مفتاح.
بقلم: نقابي صفاقس