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lundi 23 juin 2014

Israël et la paix... des cimetières !

Destruction d'un cimetière musulman à Jérusalem
par  Yakoubîa Oum X, 22/6/2014
 
Depuis sa création, l’État d'Israël s'est efforcé de rayer de la carte de la Palestine toute trace historique des Palestiniens, changeant le nom des localités après les avoir rasées, expropriant les habitants légitimes de leurs maisons et de leur terres, et détruisant leurs plantations d'oliviers jusqu'à aujourd'hui.

 
Mais la dernière offensive en date est particulièrement violente, car elle touche cette fois au sacré ! Le cimetière de Mamilla -anciennement Ma'man Allah, à Jérusalem-Ouest- est en passe d'être entièrement détruit. Le gouvernement israélien et le Centre Simon Wiesenthal -institution spécialisée dans la chasse aux criminels nazis mais reconvertie comme machine de propagande israélienne- sont en effet en train d'y construire « Le Musée de la dignité humaine et de la tolérance ». La construction de cet édifice a déjà donné lieu à l'exhumation de centaines de tombes, et le sort des restes humains déterrés est à ce jour inconnu.
 
La profanation de mille autres sépultures est aussi prévue, pour étendre la surface de ce musée, érigé tel un temple pharaonique, à 400 m du mur d'enceinte de la vieille ville. Une scandaleuse interprétation de la dignité humaine et de la tolérance qui laisse paraître le mépris outrecuisant des Israéliens pour ces goys (non-juifs) de Palestiniens, doublée d'un prétexte fallacieux pour effacer toute trace de la présence millénaire des musulmans à Jérusalem ! Le pire, c'est que l'Unesco a donné tacitement son feu vert à ce projet, alors qu'Israël, comme les États-Unis, a cessé de lui payer sa contribution financière depuis 2011. Dix ans de campagne internationale pour la protection du cimetière de Mamilla foutus en l'air !
 
Un comble, car celui-ci devrait figurer au catalogue de l'Unesco comme patrimoine de l'humanité ! C'est en effet l'un des plus anciens cimetières musulmans, voire même un lieu saint, qui daterait du 7ème siècle, époque où des compagnons renommés du prophète Mohammad y furent enterrés. De
nombreux saints de la voie soufie, ainsi que des fonctionnaires, des universitaires et des notables appartenant aux grandes familles de Jérusalem y furent aussi inhumés au cours de ces mille dernières années. Les descendants de ces familles ont d'ailleurs interpellé les institutions internationales depuis 2010, au moment où les travaux du nouveau musée commençaient quasi-clandestinement. En vain jusqu'à ce jour !
 
Pourtant, déclaré historique en 1927 par le Conseil suprême musulman, le cimetière de Mamilla avait aussi été reconnu comme site d'antiquités par les autorités du Mandat britannique en 1944. Il était actif jusqu'en 1948. Mais lorsque, cette année-là, le nouvel État juif s'empara de la partie occidentale de Jérusalem, le cimetière est passé sous contrôle israélien. Comme d'autres propriétés de dotation islamiques -biens waqf- le cimetière de Mamilla fut volé par le Dépositaire pour les biens des Absents, une administration israélienne spécialisée dans la spoliation des biens des Palestiniens. Depuis, les autorités musulmanes n'ont pas été autorisées à veiller à son entretien, malgré leurs multiples recours devant les tribunaux.
Le cimetière fut mis ensuite sous la tutelle du ministère israélien des Affaires religieuse qui l'a reconnu comme étant « l'un des cimetières musulmans les plus renommés, avec ses soixante mille tombes de guerriers des armées de Saladin et ses nombreux savants musulmans », et s'était engagé à le protéger. Ainsi, en réponse à une enquête de l'Unesco effectuée en 1986 sur les projets d'urbanisme prévus déjà à l'époque sur le périmètre du cimetière, les autorités israéliennes avaient déclaré : « Il n'existe aucun projet de désacralisation du site et au contraire, ses tombes doivent être préservées ». Une déclaration fallacieuse masquant le fait que, dans le même temps, une grande partie du cimetière était en train d'être détruite !
 
Car malgré la reconnaissance officielle de son importance et son enregistrement par l'Autorité israélienne des antiquités, le cimetière de Mamilla n'a cessé d'être empiété par la construction de bâtiments, de parcs et même de parkings. En fait, le musée Simon Wiesenthal n'est que le dernier projet en date. Une vraie provocation d'Israël pour tous les Musulmans du monde et un mépris total du patrimoine de l'humanité !

Signez la pétition pour la protection du cimetière de Mamilla : http://www.mamillacampaign.org/sign_f.php
 

jeudi 27 août 2009

L’Irlande et la Dernière Croisade britannique pour reconquérir la Palestine


Un retour salutaire sur l'année 1917, celle de la Déclaration Balfour et de la "libération" par les Britanniques de Jérusalem, qui marque le démarrage sérieux du projet sioniste de colonisation. L'auteur irlandais Pat walsh analyse le rôle de l'aile sioniste de l'Église anglicane dans la msie en place de ce projet funeste et la soumission de la bourgeoisie "éclairée" irlandaise à ce projet.

"Palestine-Irlande: une seule lutte": le mouvement républicain irlandais s'identifie naturellement à la résistance palestinienne depuis les années 1960


Le 9 décembre 1917, il y a quatre-vingt dix ans ce mois ci, Jérusalem fut reprise par la Grande-Bretagne pour le compte de la chrétienté. Ceci fut considéré en Angleterre comme l'événement majeur de la guerre. Lloyd George imposa un embargo sur les informations pour reporters de presse, jusqu'à ce qu'il ait pu annoncer la nouvelle à la Chambre des Communes (à l'époque, le parlement était encore important). Pour fêter la « libération » de la ville sainte des Musulmans, après 730 ans [Salâh-uddîne, Saladin, avait libéré Jérusalem des Croisés en 1187, NdT], les cloches de l'Abbaye de Westminster sonnèrent pour la première fois depuis trois ans et elles furent suivies par des milliers d'autres dans toute l'Angleterre.
Le Général Allenby, le libérateur (l’occupant, NdT) de Jérusalem, et un descendant de Cromwell, déclara à Jérusalem que les croisades étaient terminées. Après l’avoir entendu, les Arabes, qui avaient été encouragés à combattre pour la Grande-Bretagne (en déclenchant la Révolution Arabe de juin 1916 contre les Turcs, NdT) et qui avaient vu les Britanniques comme des libérateurs, commencèrent à fuir. Et depuis ils ne cessent de fuir.
Le grand élan de triomphalisme chrétien produit par la prise de Jérusalem ne se limita pas à l'Angleterre. Voici comment The Irish News à Belfast présentait l’apothéose de la dernière Croisade, dans son éditorial du 11 Décembre 1917 :
« ‘Ton trône est tombé, ô Israël !’* Le pouvoir des Musulmans sur la « Terre Promise » est enfin tombé : nous pouvons supposer qu’avec l'entrée des troupes du Général Allenby à Jérusalem, on a pratiquement mis un terme au règne des Turcs sur la Palestine ... Quand la Terre Sainte aura été entièrement sauvée de la domination turque, qui la possèdera et l'administrera ?