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lundi 14 mars 2016

Putsch im Luxushotel: Libysche »Einheitsregierung« inthronisiert
Putsch depuis des hôtels de luxe : le "gouvernement d'union nationale" libyen intronisé

Knut Mellenthin
Putsch im Luxushotel: Libysche »Einheitsregierung« inthronisiert
Seit über einem Jahr drängen EU und USA auf die Bildung einer libyschen »Regierung der nationalen Einheit«. Ihre erste Aufgabe soll ein Hilferuf an die NATO sein, um deren militärisches Eingreifen zu rechtfertigen. Aber ...
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Putsch depuis des hôtels de luxe : le "gouvernement d'union nationale" libyen intronisé 
Depuis plus d'un an, l'Union européenne et les USA  font pression pour la formation d'un "gouvernement d'union nationale" en Libye. Sa première tâche serait de lancer un appel à l'aide à l'OTAN pour justifier ...
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Martin Kobler et Khalifa Haftar


 


vendredi 5 février 2016

Ukraine : les masques de la révolution
Le film qui expose une vérité toute nue

Sans eux, la révolution ukrainienne n’aurait jamais triomphé.
En février 2014, des groupes paramilitaires ont affronté la police au coeur de Kiev et ont fait fuir le président Yanoukovitch. Ils ont installé un nouveau gouvernement.
Dans le récit médiatique communément admis, ils ont été présentés comme les héros de la révolution. Ils étaient du bon côté de la barricade. En fait, il s’agissait de corps francs d’extrême droite, désormais lourdement armés.
Ils s’appellent Secteur Droit, Azov ou Svoboda. Ils ont créé de véritables armées parallèles, largement incontrôlées. A Odessa, en mai 2014, ils ont commis un massacre de masse sans être sanctionnés. 45 personnes brûlées vives. Un massacre passé sous le radar.
Comment a-t-il pu nous échapper ? Pourquoi les démocraties occidentales n’ont-elles pas fait entendre leur voix ?
Sans doute parce que les milices nationalistes ukrainiennes jouaient les soldats supplétifs dans une guerre beaucoup plus large. La révolution ukrainienne a été soutenue massivement par la diplomatie américaine.
Dans la nouvelle guerre froide Russie-USA, l’Ukraine est un pion décisif dans une stratégie de contention de Poutine.
« Les masques de la révolution », de Paul Moreira, explore cette zone restée aveugle.
Auteur Paul Moreira
Réalisation Paul Moreira
Producteur Luc Hermann
Image Pedro Brito da Fonseca
Montage Tal Zana
Journaliste Tetiana Pryvashko
Durée 52'
Distribution internationale Java films
Sélectionné hors-compétition dans la catégorie Grand reportage et Investigation – Création française au FIPA – projection en avant-première le mercredi 20 janvier à 19h15 au cinéma le Royal à Biarritz

mercredi 23 décembre 2015

Aux États-Désunis d'Amérikkke, les pauvres sont plombés, au sens propre

Yanan Wang
USA : À Flint, dans le Michigan, il y a tellement de plomb dans le sang des enfants qu’un état d’urgence a été déclaré
Pendant des mois, des parents inquiets, à Flint, dans le Michigan, se sont rendus en grand nombre aux cabinets de leurs pédiatres. Leur enfant tenu par la main ou dans les bras, ils avaient tous la même question : leurs enfants ...
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Terrence McCoy
 La vie de Freddie Gray : un exemple des effets de la peinture au plomb sur les Noirs pauvres aux USA
BALTIMORE - La maison où la vie de Freddie Gray a changé pour toujours se trouve au bout d'une longue ligne de maisons en rangée abandonnées dans l'un des quartiers les plus pauvres de cette ville. L'intérieur de cette ...
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Baltimore, USA : Comment se faire des millions sur le dos des Noirs pauvres atteints de saturnisme 
BALTIMORE - La lettre est arrivée en avril, un méli-mélo de chiffres et de mots étranges. Cela ne l'a pas alarmée tout de suite. La plupart des lettres sont pour elle des énigmes frustrantes qu' elle ne peut ...
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jeudi 10 décembre 2015

Joe Hill, in memoriam
Ne perdez pas de temps dans le deuil, organisez-vous !

par FG, 10/12/2015
Nous sommes  impardonnables : nous avons raté le centenaire de l'exécution de Joe Hill, le 19 novembre 1915, à Salt Lake City. Comme Malcolm X, Patrice Lumumba, Che Guevara ou Thomas Sankara, il est mort, assassiné par l'ennemi de classe, à moins de 40 ans, exactement à 36 ans, fusillé par un peloton d'exécution.  Mais il n'est jamais trop tard pour bien faire et je m'en vais donc raconter cette page épique, tragique et sanglante de l'histoire de la classe ouvrière des Amériques, ces hommes et ces femmes qui avaient fui la vieille Europe à la recherche du paradis sur terre et tombèrent dans l'enfer du capitalisme le plus meurtrier de l'histoire.
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Un enfant du fer
Joel Emmanuel Hägglund est né le 7 octobre 1879 à Gävle, dans le centre de la Suède, une région appelée le Gästrikland, terre du fer et de la chaux, qui ont été exploités depuis le XIVème siècle. Son père Olof, fils de paysan, est conducteur de locomotive sur la ligne Gävle-Falun. La famille est religieuse –waldenströmienne, c'est-à-dire appartenant à l'Église missionnaire suédoise, une scission de l'Église luthérienne officielle créée par un pasteur excommunié, PP Waldenström, fort active dans les milieux ouvriers, attirés par son accent mis sur la liberté individuelle - et musicale. Joel apprend très tôt à jouer du  violon, du banjo, de la guitare, du piano, de l'harmonica et sur l'orgue construite par son père; il commence à composer des chansons, inspirées des psaumes chantés par les adolescentes de l'Armée du Salut, dans les jupes desquelles il est tout le temps fourré.  
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La veuve Hägglund et ses six enfants  vers 1890
La situation de la famille change dramatiquement avec la mort du père en 1887, à 41 ans, lors d'une opération suite à un accident du travail lors d'une fausse manœuvre. Entraîné par une locomotive, Olof souffrit d'hémorragies internes pendant un an avant d'être opéré et de ne pas se réveiller de l'anesthésie. La mère, dont la pension de veuve des chemins de fer est bien maigre -225 couronnes par an, soit le quart d'un revenu ouvrier de l'époque -, et les six enfants en vie (sur les neuf qu'elle a eus) doivent se retrousser les manches et la machine à tisser fabriquée par Olof tourne à plein régime.  Certains soirs, il n'y a rien à manger et les enfants se couchent dans le froid glacial de l'hiver, ventre vide et mitaines aux mains, faute de chauffage.

mardi 23 juin 2015

Rencontre de générations : D'Angelo et Bobby Seale parlent des mouvements noirs d'hier et d'aujourd'hui

par Dan Hyman, The New York Times, 19/6/2015. Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original: D’Angelo and Bobby Seale on the Past and Future of Political Protest

Bobby Seale a co-fondé le Black Panther Party. La star de Rythm and Blues D'Angelo prend position sur l'injustice raciale dans son nouvel album. Tous deux se sont rencontrés à Oakland, en Californie. Photo de Zackary Canepari pour le New York Times.
 Oakland, Californie. - Au début de juin, avant la fusillade à Charleston, Caroline du Sud, le chanteur de RnB D'Angelo se tenait sous l'auvent rouge sang de la boulangerie It’s All Good, regardant dans la fenêtre de l'immeuble qui a servi de premier bureau au Parti des Panthères Noires. Autre lieu de la tournée du souvenir, sous un réverbère de la Septième Avenue, où se tenait le groupe pour sa première action de surveillance de la police.

mercredi 3 juin 2015

Nation Dalit! : l'art peut-il démanteler le système séculaire des castes ?

par Sanjena Sathian संजना सथिान, 14/4/2015. Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original: Dalit Nation! Can Art Dismantle a Centuries-Old System?

On a retrouvé  la tante nue et morte. Les hommes avaient déposé le haut de son salwar kameez* dans une rivière, où il dérivait, doucement. Juste avant, ils avaient violé et tué aussi la mère. Et avant cela, une bande de voisins et de camarades de classe avait attaqué l'adolescente sur le chemin de l'école. Elle avait 15 ans. C'était tout simplement parce qu'elles étaient des femmes et qu'elles passaient par là. L'exposition à l'agression semblait inscrite dans la lignée de la famille.
Il y a trop d'histoires de femmes de ce genre en Inde, comme toute personne suivant  les infos le sait bien. Mais ce qui est moins discuté que l'épidémie de viols c'est histoire sous-jacente - celle des basses castes en Inde. C'est le discours de base de l'artiviste Thenmozhi ("Thayn-MO-ri") Soundararajan, qui a entendu toute sa vie des milliers d'histoires horribles comme celle-là. "La caste", dit-elle, "est appliquée à travers nos corps". L'artiste multimédia prend des photos, écrit, produit et réalise des documentaires, est curatrice d'expositions d'art publiques et organise des actions de guérilla de protestation (pour ne nommer que quelques activités) ... comme une sorte de performances artistiques. Toutes sont basées sur des expériences de femmes indiennes des basses castes.
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jeudi 7 mai 2015

8 Mai : La victoire sur le fascisme, 70 ans après

Ce 8 mai marque le 70ème anniversaire de la victoire des peuples du monde sur le fascisme et le nazisme, et en particulier la victoire du peuple soviétique sur l'Allemagne, décisive dans cette geste  historique. Dans les conditions politiques, économiques et sociales actuelles sur le plan mondial, cet anniversaire revêt une signification particulière, étant donné les menaces constantes contre la paix représentées par le capitalisme collectif , US en tête, et la possibilité réelle d'un nouveau conflit militaire de dimensions planétaires, qui serait le dernier auquel l'humanité se livrerait.
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La Seconde Guerre mondiale n'a pas pour seuls responsables les fascistes allemands, italiens et japonais, qui, souhaitant un nouveau partage du monde, déchaînèrent la tragédie guerrière la plus terrible de l'histoire; il est également nécessaire de souligner la responsabilité manifeste des impérialistes anglais, US et français dans le déclenchement de la guerre. Leurs gouvernements avaient encouragé et autorisé le réarmement de l'Allemagne; Ils occultèrent la croissance rapide de ses forces armées et invoquèrent une soi-disant neutralité supposée face aux agressions fascistes contre l'Éthiopie en 1935, l'Espagne en 1936, l'Autriche et la Tchécoslovaquie en 1938 et la Pologne en 1939.

mercredi 29 avril 2015

Pourquoi l'Italie ne s'intéresse pas aux Italiens assassinés par des drones US
Sigonella, capitale mondiale de la guerre robotisée

par Antonio Mazzeo, 27/4/2015. Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala 
Original: Perché all’Italia non interessa degli italiani assassinati dai droni
Ce sont des victimes collatérales, inconscientes et innocentes, de l'énième acte d'une guerre unilatérale. Il ne s'agit plus d'armées contre armées, mais de robots tueurs contre des hommes, des femmes, des enfants. Le coopérant sicilien Giovanni Lo Porto, honteusement ignoré par la politique avec un grand P, les institutions et l'ensemble du Parlement italien, a été brutalement assassiné au Pakistan dans l'un des innombrables bombardements déclenchés par les essaims de drones US.
 
"Il s'est agi d'une erreur tragique et fatale de nos alliés américains, reconnue par le président Obama, mais la mort de Lo Porto et d'un deuxième otage, l'Américain Warren Weinstein, est de l'entière responsabilité des terroristes, contre lesquels nous confirmons l'engagement de l'Italie" : tel a été le commentaires pour solde de tout compte du ministre des Affaires étrangères Paolo Gentiloni. Aucune culpabilité donc des agents de la CIA qui ont ordonné l'attaque, aucune responsabilité politique de ceux qui, à Washington – en violation du droit international - ont encouragé et légitimé l'utilisation de drones, dans une escalade infernale vers la déshumanisation totale des conflits.

samedi 21 février 2015

Malcolm X avait raison sur les USA

par Chris Hedges, Truthdig, 1/2/2015.Traduit par  Nicolas Casaux, édité par  Fausto Giudice
Original: Malcolm X Was Right About US-America

NEW-YORK  — Malcolm X, contrairement à Martin Luther King, ne pensait pas que l’Amérique ait une conscience. Pour lui, il n’y avait pas de grande contradiction entre les nobles idéaux de la nation — une imposture à ses yeux — et l’échec à rendre justice aux noirs. Il avait compris, peut-être mieux que King, les mécanismes inhérents à l’empire. Il n’espérait pas des dirigeants de l’empire qu’ils se reconnectent à la bonté en eux afin de construire un pays débarrassé de l’injustice et de l’exploitation. Il expliquait que depuis l’arrivée du premier bateau d’esclaves jusqu’à l’apparition de notre vaste archipel de prisons et de nos sordides colonies intérieures, où les pauvres sont piégés et maltraités, l’empire US était inexorablement hostile à ceux que Frantz Fanon appelait les « damnés de la terre ». Cela, et Malcolm en était conscient, ne changerait pas tant que l’empire ne serait pas détruit.
« Il est impossible que le capitalisme survive, premièrement parce que le système capitaliste a un besoin perpétuel de sang à sucer », disait Malcolm. « Le capitalisme était un aigle, c’est maintenant un vautour. Il était assez puissant pour sucer le sang de n’importe qui, des forts comme des faibles. Mais aujourd’hui il est devenu plus couard, comme le vautour, et il ne peut plus sucer que le sang des faibles. À mesure que les nations du monde se libèrent, le capitalisme a moins de victimes potentielles à sucer, et il s’affaiblit. Ce n’est qu’une question de temps avant l’effondrement complet. »
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King obtint une victoire légale à travers le mouvement des droits civiques, comme le montre le nouveau film « Selma ». Mais il échoua à faire naitre la justice économique, et à détourner l’appétit vorace de la machine de guerre qu’il savait pertinemment responsable des abus de l’empire sur les opprimés à l'intérieur comme à l'extérieur du pays. Et 50 ans après l’assassinat de Malcolm X à l’Audubon Ballroom de Harlem par des tueurs à gages de la Nation de L’Islam, il apparait clairement que c'était lui, et pas Martin Luther King, qui avait raison. Il savait quelle nation nous sommes. Les humains peuvent se racheter. Pas les empires. Notre refus de regarder en face la vérité sur l’empire, de nous attaquer à la multitude de ses crimes et de ses atrocités, a fait naître le cauchemar que Malcolm avait prédit. Et à mesure que l’ère numérique et la société post-lettrée implantent une amnésie historique terrifiante, ces crimes sont effacés aussi vite qu’ils sont commis.
 

mardi 6 janvier 2015

La Tunisie, place forte US en Méditerranée

par Antonio Mazzeo, 6/1/2015
Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original : Tunisia roccaforte Usa nel Mediterraneo
Quatre ans après le début du Printemps arabe, l'armée US renforce le partenariat avec un allié historique en Afrique du Nord pour contrer la pénétration du "terrorisme" islamique radical en Méditerranée. C'est la Tunisie, un pays en grave crise sociale et économique de longue durée, mais qui, grâce à Washington, a lancé un programme extrêmement coûteux de réarmement et de renforcement de son dispositif militaire.

Ces derniers jours, la Defense Security Cooperation Agency, l’Agence US de coopération en matière de défense et de sécurité - a approuvé la vente au gouvernement tunisien de douze hélicoptères de combat et de transport tactique Sikorsky UH-60M "Black Hawk", pour un coût de 700 millions de dollars qui inclut un soutien en matière de formation et technico-logistique du personnel tunisien. Ces hélicoptères peuvent transporter jusqu'à onze militaires à la fois et seront armés de mitrailleuses M134  7,62 de 51 mm. GAU-19.50 BMG 12,7 à 99 mm, des  roquettes à guidage laser et des missiles "Hellfire". La Tunisie a également demandé à Washington une série d'équipements pour les "Black Hawk" : moteurs, systèmes de positionnement global et de planification des missions aériennes,  de systèmes radio VHF (Très Haute Fréquence), UHF (Ultra Haute Fréquence) et pour la transmission satellites, du matériel et des systèmes de détection de missiles,etc.

jeudi 1 janvier 2015

Le rapport d'autopsie révèle que les policiers qui ont tué Ezell Ford à Los Angeles lui ont tiré dans le dos

par Andrew Emett*, NationofChange, 1/1/2015. Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala
Ezell Ford est l'une d'au moins 16 personnes noires non armées tuées par la police en 2014. Alors que les agents prétendent que Ford avait tenté d'attraper une de leurs armes, le rapport d'autopsie étaie-t-il leur histoire?
 Sous la pression du maire de Los Angeles, la LAPD a finalement rendu public le rapport d'autopsie sur Ezell Ford. Selon le rapport, un officier de la LAPD a tiré sur Ford, le touchant au bras droit et au côté droit tandis qu'un second policier lui a tiré dans le dos à bout portant. Bien que les officiers affirment Ford a essayé de saisir une de leurs armes, les témoins ne corroborent pas leur version. À environ 20h10 le 11 août, les agents Sharlton Wampler et Antonio Villegas, de l'Unité locale de chasse aux gangs de la LAPD ont vu Ford marchant sur le trottoir et ont décidé de procéder à une interpellation de contrôle. Selon un communiqué de presse de la LAPD, Wampler et Villegas sont sortis de leur véhicule et ont tenté de parler à Ford, qui a continué à marcher tout en cachant ses mains. Quand les policiers se sont approchés de Ford, il aurait attrapé l'un d'eux et une lutte se serait ensuivie.

mardi 16 décembre 2014

La bataille pour le Mexique


par John M. Ackerman, 15/12/2014. Traduit par  Fausto Giudice, TlaxcalaOriginal: La batalla por México

À la mémoire de Vicente Leñero, Anayeli Bautista*et Erika Kassandra,
graines de la seconde révolution mexicaine

Le mouvement qui a émergé suite à la disparition et au massacre des étudiants d'Ayotzinapa a d'énormes implications mondiales et historiques. La bataille pour les ressources naturelles, la culture millénaire et le système politique mexicains constitue une épreuve de force à la fois pour l'oligarchie mondiale et son appareil répressif et pour la mobilisation citoyenne mondiale pour la paix, l'environnement et la justice. Il est de la responsabilité de tous les Mexicains à l'intérieur et à l'extérieur du pays, ainsi que des citoyens concernés à travers le monde de mettre leur grain de sable pour assurer que la crise actuelle ne débouche pas sur une renaissance du fascisme mondial et, au contraire, ouvre la voie à la libération humaine.

"1808-1936 :de nouveau pour l'indépendance de l'Espagne", affiche de l'artiste espagnol Renau (1907-1982)
Le Mexique joue aujourd'hui un rôle similaire à celui de l'Espagne pendant la guerre civile de 1936-1939. Le résultat tragique de ce conflit a ouvert la voie au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Cinq mois seulement après que le général Francisco Franco eut proclamé sa victoire sur les forces républicaines en 1939, réalisée avec le soutien de l'Allemagne nazie, Adolf Hitler envahit la Pologne. Par la suite le nombre de personnes exterminées chaque jour dans les "camps de concentration" du Troisième Reich devait se multiplier exponentiellement.

dimanche 30 novembre 2014

La fin de la démocratie mexicaine

par  John M. Ackerman, 2611/2014. Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala

Avec l'aide de l'administration Obama, Peña Nieto est en train de remodeler brutalement la société mexicaine


Mexico, 5 novembre 2014: manifestation sur l'avenue Reforma pour demander justice pour les 43 étudiants disparus d' Ayotzinapa Photo Miguel Tovar / LatinContent / Getty Images

Avant même l'enlèvement tragique de 43 étudiants de l'École normale rurale d' Ayotzinapa le 26 septembre dernier, le président du Mexique Enrique Peña Nieto était déjà au bord du gouffre. Son programme de réforme néolibérale, la répression systématique des protestations et sa poigne de fer pour contrôler les médias avaient fait de lui le président le plus impopulaire de l'histoire récente du Mexique.
L'énorme agitation qui a éclaté ces derniers jours concerne donc non seulement la criminalité et la violence, mais aussi le pouvoir social et la politique démocratique. Et ce qui est en jeu dans la bataille d'aujourd'hui pour le Mexique n'est pas seulement l'avenir de paix et de prospérité pour ceux qui vivent au sud du Rio Grande, mais aussi la démocratie et la justice au nord de la frontière.

Avant d'entrer en fonction le 1er décembre 2012, Peña Nieto a publié une tribune dans le Washington Post dans laquelle il essayait de dissiper les inquiétudes au sujet de ses liens intimes avec la vieille garde la plus corrompue et arriérée de l' autoritaire Parti révolutionnaire institutionnel, qui a gouverné le pays de 1929 à 2000. Il encourageait les observateurs à oublier le passé du parti et à plutôt regarder son «plan pour ouvrir le secteur de l'énergie du Mexique à l'investissement privé, national et étranger."



Promulgation de la "réforme de l'énergie", ouvrant la voie à la privatisation du secteur de l'énergie


Écrivant à la veille de sa première rencontre avec le président Barack Obama à Washington, Peña Nieto affirmait que de telles réformes "contribueraient à garantir l'indépendance énergétique US-américaine", car "le Mexique détient le cinquième plus grande réserve de gaz de schiste dans le monde, en plus d'importantes réserves de pétrole en eau profonde et un énorme potentiel dans les énergies renouvelables ".


Obama, l'armée US et le Congrès ont accepté avec empressement le pacte faustien de Peña Nieto. Ils allaient soutenir aveuglément sa présidence en échange d'une action rapide pour réformer le statut de l'énergie.
Au cours des deux dernières années, les deux parties ont tenu loyalement leurs engagements. En décembre 2013, Peña Nieto a fait passer en force la réforme historique de l'article 27 de la constitution qui a mis fin au monopole de l'État sur l'industrie pétrolière et a ouvert les vannes à la spéculation et aux vastes investissements privés par des géants internationaux du pétrole. La majorité des Mexicains a catégoriquement rejeté ces réformes, mais ils ont été écrasés par le rouleau compresseur du Congrès national et ces réformes ont été adoptées par une majorité des parlements des États en seulement 10 jours, sans débat et en violation flagrante du processus démocratique.

-T'as du pétrole ?

-T'as une réforme de l'immigration ?
Cette action légale rapide autorisant le transfert de la rente pétrolière publique au secteur privé accomplissait les rêves les plus fous de Washington. Les USA ont poussé en vain pendant des années sans succès à réaliser des réformes similaires dans l'Irak occupé. Mais au Mexique, un président loyal et corrompu s'est avéré être beaucoup plus efficace que l'occupation militaire directe.Sans surprise, la plus grande partie de la presse internationale a applaudi vigoureusement la réforme pétrolière. "Alors que l'économie du Venezuela implose et que la croissance du Brésil stagne, le Mexique est en train de devenir le producteur latino-américain de pétrole à surveiller - et un modèle de la façon dont la démocratie peut servir un pays en développement", écrivait le Washington Post dans un éditorial. Le Financial Times proclamait avec enthousiasme que "le vote historique du Mexique en faveur de l'ouverture de son secteur pétrolier et gazier à l'investissement privé, après 75 ans sous le joug de l'État, est un coup de maître politique pour Enrique Peña Nieto." Et le magazine Forbes a fait valoir que bien que le président précédent Felipe Calderón "ait peut-être poussé à des réformes réelles du pétrole, c'est Peña Nieto qui entrera dans les livres d'histoire ".
Depuis que Peña Nieto a pris le pouvoir, le gouvernement US n'a pas émis une seule condamnation de la corruption ou des violations des droits humains au Mexique. Ceci dans un contexte dans lequel les principales organisations internationales telles que Human Rights Watch, Article 19 et des dizaines d'ONG locales ont documenté une augmentation scandaleuse dans la répression de la contestation et de la violence contre la presse sous l'actuelle administration.
La réponse molle du gouvernement US au massacre d'étudiants du 26 septembre fait partie d'une tendance plus large à regarder ailleurs.


-Question : est-il temps de mettre fin à la guerre de/contre la guerre ?

-Réponse unanime : NON !



Mais le gouvernement US ne s'est pas contenté de reste sur le banc de touche. Il a également renforcé son implication directe dans la guerre contre/de la drogue au Mexique. Le Congrès a affecté des milliards de dollars au financement de l'appareil mexicain de sécurité du gouvernement mexicain au cours des dernières années. Les autorités mexicaines et US ont mis en place des centres d'intégration d'élite à travers le pays pour partager des informations de renseignement. Et le Wall Street Journal vient de révéler que des agents US revêtent des uniformes militaires mexicains pour participer directement à des missions spéciales, comme la récente arrestation de Joaquín «El Chapo» Guzmán, le puissant chef du cartel de Sinaloa.
Maintenant que la légitimité de l'administration Peña Nieto s'écroule comme un château de cartes, ce qui a été nettement symbolisé par l'autodafé public d'un énorme effigie de lui sur la place du Zócalo, au centre de Mexico, jeudi dernier, la question que tout le monde se pose est de savoir si le gouvernement US va continuer à se battre jusqu'au bout pour défendre Peña Nieto ou s'il y a encore dans l'establishment politique US des marges de manœuvre en faveur de la paix et de la démocratie au sud du Rio Grande.
Les mesures prises récemment par les autorités mexicaines indiquent qu'elles continueront d'avoir le soutien indéfectible de Washington.
Selon plusieurs témoins, pendant les énormes manifestations du 20 novembre à Mexico, des provocateurs encagoulés ont lancé des cocktails Molotov sur la police, puis ont assisté tranquillement au malmenage indistinct des journalistes et des observateurs des droits humains et à l'arrestation d'étudiants innocents détenus. Peña Nieto a immédiatement fait inculper 11 étudiants pour crimes graves fédéraux - terrorisme, crime organisé et conspiration - et les a fait enfermer dans des prisons de haute sécurité à des centaines de kilomètres de la capitale.


Et ce dimanche, le puissant secrétaire mexicain d'État à la Marine, le général Francisco Soberón Vidal, a fait une démonstration sans précédent d'activisme politique en déclarant publiquement que les forces armées ne sont pas seulement engagées dans la lutter contre la criminalité organisée et le trafic de drogue, mais sont également prêtes à intervenir en soutien du projet politique néolibéral de Peña Nieto pour "faire bouger le Mexique." Des câbles de WikiLeaks et des rapports indépendants ont révélé que le gouvernement US est particulièrement proche des Marines mexicains, qui ont ses préférences devant toutes les autres institutions de maintien de l'ordre.
Si la situation continue sur la voie tracée, le Mexique pourrait bientôt suivre le chemin du Pérou au cours de l'auto-coup d'État (autogolpe) d'Alberto Fujimori en 1992 – sous les yeux de l'administration Obama. À moins que les citoyens US ne se lèvent en soutien et en solidarité avec leurs voisins mexicains, le pays pourrait devenir la proie d'une nouvelle guerre sale soutenue par les USA contre les étudiants et les militants, similaire à la répression durant les années 1970 et 1980, qui a coûté des centaines de milliers de vies au Guatemala, au Salvador, au Nicaragua et au Honduras. Il est encore temps d'agir avant que l'Amérique du Nord d'aujourd'hui devienne une copie de l'Amérique centrale d'il y a 30 à 40 ans.


Lors d'une cérémonie au Palais National à Mexico, le jeudi 27 novembre 2014, Enrique Peña Nieto a annoncé un nouveau plan anti-crime qui prévoit l'introduction d'une carte d'identité nationale, donne au Congrès le pouvoir de dissoudre l'administration municipale corrompue et de mettre les forces de police locales – souvent corrompues - sous le contrôle des gouvernements des 31  États du pays (qui, eux, évidemment ne sont pas du tout corrompus). Le plan se concentrera d'abord sur quatre des États les plus troublés du Mexique : Guerrero, Michoacán, Jalisco et Tamaulipas. Photo Eduardo Verdugo/AP

samedi 19 avril 2014

160 ans après : vers une nouvelle guerre de Crimée ?

par Fausto Giudice, écrit le 3 mars/escrito el 3 de marzo de 2014
Roger Fenton, Le Zouave blessé/El Zuavo herido, 1855


à la dérive de périphérie à périphérie
Lettres de Tunis

160 ans après : vers une nouvelle guerre de Crimée ?

Medellín, Colombie, avril 2014

Ma première chronique est consacrée aux événements d'Ukraine, qui focalisent l'attention de l'Europe et du monde méditerranéen depuis plusieurs semaines. Actuellement l'Empire se livre à des opérations de déstabilisation de grande envergure, simultanément au Venezuela et en Ukraine, qui ne peuvent faire oublier qu'il a échoué dans ses plans en Irak, en Afghanistan et en Syrie.



Le coup d'État "soft" qui a destitué le président ukrainien Yanoukovitch le 22 février dernier a mis en route un mécanisme infernal qui risque de déboucher sur une nouvelle guerre dont le premier champ de bataille pourrait être la péninsule de Crimée. Le 27 mars 1854, la France, le Royaume-Uni et l'Empire ottoman déclaraient la guerre à l'Empire russe. Ces "alliés" allaient être rejoints un an plus tard par le Royaume de Sardaigne. L'épisode le plus spectaculaire et le plus sanglant de cette guerre fut le siège par les "alliés" de la ville de Sébastopol tenue par les forces russes. Il dura 332 jours et fit environ 250 000 morts des deux côtés. La guerre de Crimée fut la première guerre "moderne" dans plusieurs sens : elle fut fortement médiatisée, notamment par des photographes anglais "embarqués", et elle vit naître le droit humanitaire de guerre, autrement dit une tentative de rendre la guerre plus "humaine". Le Traité de Paris mettant fin à la guerre est signé le 30 mars 1856 : il déclare la neutralité de la mer Noire, y interdit la navigation aux navires de guerre ainsi que la construction de fortifications et, en même temps proclame le principe de la liberté des détroits. Sont visés en premier lieu le détroit des Dardanelles et celui du Bosphore, qui permettent le passage de la mer Noire vers la Méditerranée. Mais cette liberté ne s'applique qu'aux bateaux civils. La flotte de guerre russe se retrouve ainsi enfermée dans la mer Noire.

La Crimée, occupée et colonisée par l'Empire russe à partir de 1774, est aujourd'hui une république autonome faisant partie de l'Ukraine, où la ville de Sébastopol jouit d'un statut particulier, avec son arsenal et son port militaire loués à la Russie jusqu'en 2042. 60% des habitants sont de langue et de culture russe, 24% de langue ukrainienne et 12% sont des Tatars, turcophones et musulmans. La majorité de la population semble avoir pris position contre la destitution du président Yanoukovitch et être plutôt favorable au maintien de relations étroites avec la Russie, voire à une réincorporation dans la Fédération de Russie. La prise de contrôle par des forces russes et/ou pro-russes des principaux points d'accès à la péninsule et des lieux stratégiques comme l'aéroport de Simferopol a suscité une tempête, de Kiev à Washington, en passant par Varsovie et Bruxelles. Le spectre de l'occupation de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie le 21 août 1968 rôde évidemment dans les esprits.

Sur la place de l'Indépendance à Kiev, les orateurs se succèdent pour appeler les Ukrainiens à se battre pour la "liberté" de la "nation ukrainienne". Mais peu semblent prêts à aller se battre éventuellement contre les forces spéciales de l'armée russe. L'armée ukrainienne est réduite à un squelette amorphe et les nouveaux leaders issus du coup d'État du 22 février ne semblent pas très enthousiastes à l'idée d'une guerre avec la Russie. Le boxeur Vitali Klitchko, du parti UDAR, qui est parrainé et "conseillé" par l'Allemagne et la Pologne, a même proposé de négocier avec Moscou. Et Angela Merkel lui a emboîté le pas, proposant la création d'un "groupe de contact" pour entamer "un dialogue politique" en Ukraine. Proposition aussitôt acceptée par Vladimir Poutine.

 Quant au chef de la marine ukrainienne, l'amiral Denis Berezovski, à peine nommé, il a tout simplement fait allégeance aux autorités de la république autonome de Crimée, autant dire à la Russie, ce pour quoi il a été destitué par Kiev, qui envisage de le juger pour "haute trahison"…

Les Ukrainiens, une fois de plus, payent un prix élevé pour leur situation géographique et leur histoire tragique. Ils se retrouvent au cœur d'une nouvelle Guerre froide ou plutôt d'un simulacre de Guerre froide, car ni les USA ni la Russie n'ont vraiment les moyens de s'y livrer et les Européens, à commencer par les Allemands, les Polonais et les Français ne semblent pas très enthousiastes à l'idée de s'y engouffrer. Les Polonais frémissent déjà à l'idée de devoir accueillir des flots de réfugiés ukrainiens sur leur territoire, ce dont évidemment on se préoccupe peu à Washington.

L'objectif principal de Washington est de casser toute velléité d'autonomie européenne par rapport à sa volonté de "total control" planétaire : contrôle des ressources, des marchés, des sociétés. Donc, pas question de tolérer une once de "gaullisme-adenauerisme" de la part des Français et des Allemands, et encore moins des Polonais ou des Baltes. L'objectif des Européens est beaucoup plus prosaïque : ils sont désormais dépendants du gaz russe, qui assure entre un quart et un tiers de leurs besoins. Et ce gaz transite par l'Ukraine. Si Moscou ferme le robinet, l'Europe de l'Ouest meurt de froid, tout simplement. Et quant à associer l'Ukraine à l'Union européenne, Bruxelles ne se sent pas vraiment prête à injecter les milliards nécessaires pour "mettre à niveau" un pays mis à plat par 20 ans d'indépendance, qui ont été 20 ans de corruption, de casse et de pillage par les nouveaux oligarques.

Il n'y aura donc sans doute pas de nouvelle Guerre de Crimée sur le terrain, mais seulement dans l'espace virtuel. Et la "nation ukrainienne" va continuer pendant longtemps encore à n'exister que dans le monde virtuel et imaginaire de nationalistes en retard d'un siècle et demi. Comme le dit Brecht, "
L’homme veut avoir du pain, oui,/Il veut pouvoir manger tous les jours./Du pain et pas de mots ronflants, /Du pain et pas de discours. ".

L'auteur est journaliste, traducteur, écrivain et éditeur. Il vit à Tunis. Il rêve depuis longtemps au jour où il pourra aller boire un rhum au Parque del Obrero d'Itagüi, à la périphérie de Medellín

Patinando de periferia a periferia
Cartas desde Túnez
160 Años después: ¿hacia una nueva guerra de Crimea?

Medellín, Colombia, Abril de 2014

Mi primera columna está dedicada a los acontecimientos en Ucrania, que centran la atención de Europa y del mundo Mediterráneo desde hace varias semanas. Actualmente el Imperio realiza  operaciones  de desestabilización a gran escala, simultáneamente en Venezuela y en Ucrania, operaciones estas que no puede hacernos olvidar que ha fracasado en sus planes en Irak, Afganistán y Siria.



El golpe de Estado “ soft “ (blando) que depuso al Presidente de Ucrania, Yanoukovitch el 22 de febrero último ha puesto en marcha un mecanismo infernal que podría dar lugar a una nueva guerra cuyo primer campo de batalla podría ser la península de Crimea. El 27 de marzo de 1854, Francia, el Reino Unido y del Imperio Otomano declararon la guerra al imperio ruso. A estos "aliados" se les unirían un año más tarde el Reino de Cerdeña. El episodio más dramático y más sangriento de la guerra fue el asedio de los "aliados" a la ciudad de Sebastopol en poder de las fuerzas rusas. Duró 332 días y causó alrededor de 250 000 muertes en ambos lados. La Guerra de Crimea fue la primera guerra "moderna" en varios sentidos: fue muy publicitada, en particular por los fotógrafos británicos "incrustados", y ella vio nacer el derecho humanitario de la guerra, es decir, un intento de hacer la guerra "humanitaria " El 30 de marzo 1856: se firmó el Tratado de Paris, poniendo fin a la guerra: declara la neutralidad del Mar Negro, que prohíbe la navegación a los buques de guerra, así como la construcción de muros y, al mismo tiempo proclama el principio de la libertad de los estrechos. Se trata en primer lugar de los Dardanelos y el Bósforo, que permite el paso del Mar Negro al Mediterráneo. Pero esta libertad sólo se aplica a los buques civiles. La flota de guerra rusa  por lo tanto se encuentra bloqueada en el Mar Negro.



Crimea, ocupada y colonizada por el imperio ruso en 1774, es hoy  una parte de la República Autónoma de Ucrania, en donde la ciudad de Sebastopol tiene un estatus especial con su arsenal y su puerto militar arrendado a Rusia hasta el 2042. El 60% de los habitantes son de lengua y cultura rusa, el 24% del Ucraniano y el 12% son tártaros, turcos y musulmanes. La mayoría de la población parece haber tomado posición contra la destitución del presidente Yanukovich y ser más bien favorables a mantener lazos estrechos  con Rusia, e incluso una reincorporación en la Federación Rusa. La toma del poder por las fuerzas rusas y / o pro rusas de los principales puntos de acceso  a la península y a los lugares estratégicos como el aeropuerto de Simferopol ha suscitado una tormenta, de Kiev a Washington pasando  por  Varsovia y Bruselas. El espectro de la ocupación de Checoslovaquia por las tropas del Pacto de Varsovia el 21 de agosto 1968esta evidentemente en las  mentes.
En la Plaza de la independencia de Kiev, los oradores  se suceden para llamar a los ucranianos a luchar por la "libertad" de la "nación ucraniana". Pero al parecer son pocos los que están dispuestos a luchar contra las fuerzas especiales del ejército ruso. El ejército ucraniano esta reducido a un esqueleto Amorfo y los nuevos líderes procedentes del golpe de Estado del 22 de febrero no parecen muy entusiasmados con la idea de una guerra con la Federación de Rusia El boxeador Vitali Klitchko, del partido UDAR, que es patrocinado y "aconsejado" por Alemania y Polonia, incluso ha propuesto negociar con Moscú. Y Angela Merkel ha seguido su ejemplo, proponiendo la creación de un "grupo de contacto" para entablar un "diálogo político" en Ucrania. Propuesta aceptada inmediatamente por Vladimir Poutine.

En cuanto al recién nombrado  jefe de la marina ucraniana, Almirante Denis Berezovsky, simplemente  declaró su  lealtad al gobierno  autónomo de Crimea, es decir a favor  de la Federación de Rusia, por  lo que fue destituido por Kiev, que prevé juzgarlo por  "alta traición"…

Los ucranianos, una vez más, pagan un alto precio por su ubicación geográfica y su trágica historia. Se encuentran en el corazón de una nueva guerra fría o más bien de un simulacro de la guerra fría, porque ni Estados Unidos ni Rusia tienen realmente los medios de lanzarse y los europeos, empezando por los alemanes, los poloneses y los franceses no parecen muy entusiasmados con la idea de dar el paso. Los poloneses tiemblan ya ante la idea de tener que acoger a las oleadas de refugiados ucranianos en su territorio, lo que obviamente preocupa poco a Washington.

El principal objetivo de Washington es romper cualquier intento de autonomía europea en relación con su compromiso de "control total" mundial: control de los recursos, los mercados, las empresas. Por lo tanto, no se puede tolerar ni una onza de "Gaullismo-adenauerisme" por parte de los franceses y los alemanes y aún menos de los poloneses o  los baltos.  El objetivo de los europeos es mucho más básico: son ahora dependientes del gas ruso, que garantiza entre un cuarto y un tercio de sus necesidades. Y este gas transita por Ucrania. Si Moscú cierra la válvula, sencillamente la Europa occidental muere de frío. Y en cuanto a asociar a Ucrania a la Unión Europea, Bruselas no se sienten verdaderamente dispuesta a inyectar los millones  necesarios para "actualizar" un país aplastado por 20 años de independencia,  que fueron 20 años de corrupción , de destrucción y de saqueo por los nuevos oligarcas.

No habrá sin duda en el terreno  una nueva Guerra de Crimea, solamente en el espacio virtual. Y la "nación ucraniana" va a seguir durante mucho tiempo a existiendo solamente en el mundo virtual e  imaginario de nacionalistas atrasados en un siglo y medio. Como dice Brecht, "el hombre quiere tener PAN, sí/ desea poder comer todos los días. / PAN y no palabras altisonantes, / PAN y no discursos. ".

El autor es periodista, traductor, escritor y editor. Vive en Túnez. Sueña desde hace mucho tiempo con el  día en que podrá ir a beber ron en el Parque del Obrero de Itagüí

NdT :  Tanto de Gaulle como Adenauer fueron protagonistas de la coexistencia pacífica con la Unión Soviética

Traducido por María Piedad Ossaba