► François Hollande au Mémorial ACTe: appel pour une politique de réparation
Alliance zapatiste de libération sociale, fondée à Paris le 12 mars 1995 Liberté, justice, démocratie, partout et pour tous! التحالف الزباتي من أجل التحرر الاجتماعي تأسس بباريس في 12 مـــارس 1995. حرية، عدالة، ديمقراطية في كل مكان وللجميــــــع yekfibasta[at]gmail.com :للاتصال
lundi 11 mai 2015
Élie Domota : "On nous enfume : nous sommes dans la même situation d'apartheid qu'en 1848"
► François Hollande au Mémorial ACTe: appel pour une politique de réparation
jeudi 20 janvier 2011
Gwadloup : Itinéraire d'une pwofitasyon soutenue par l'Etat
“L ‘Etat respecte ses engagements” ?
Non, en réalité, plutôt qu’à une politique conséquente, les citoyens font face à un plan de communication qui table sur leur amnésie et leur bêtise supposées, qui parie sur leur apathie politique pour enterrer la contestation populaire portée par le LKP.
Les engagements pris par l’Etat
Grand parad, ti koul baton : des engagements, aucune application
L'évaluation de la pwofitasyon par l'Etat
L'évaluation de la pwofitasyon par les citoyens
[cliquer sur le tableau pour l'agrandir]
mercredi 14 octobre 2009
Journée internationale de soutien au Peuple haïtien et pour le retrait immédiat des troupes de la MINUSTAH
vendredi 10 avril 2009
Chroniques de la vie quotidienne dans la France sarkozyenne (Vol.II, N°11) - CONTRE-ENQUÊTE :
Jimmy Lautric a 32 ans. Depuis plus d'un mois-et-demi, il est cloué sur un lit d’hôpital après avoir été très sérieusement blessé par balle à la jambe, le soir où jacques Bino a été assassiné.
1° Quelques minutes de plus et il serait mort
Pointe-à-Pitre, le 17 février au soir, Jimmy et Jacques Bino sont tous deux dans la foule qui assiste au meeting que le LKP tient devant le Palais de la Mutualité.
Ils ne se connaissent pas. Alors qu’il rentre chez lui un peu plus tard par le boulevard Légitimus, Jimmy observe un attroupement sur le trottoir d’en face, devant la bijouterie « Tout l’or du monde ». Curieux, il traverse le boulevard et s’approche. Alors qu’il n’est qu’à une petite vingtaine de mètres de la bijouterie, il entend une détonation dans son dos. Une balle de gros calibre vient de lui traverser la cuisse. « J’ai paniqué, j’ai retraversé le boulevard Légitimus en courant et je me suis réfugié dans la cité Henri IV, où je connais beaucoup de monde. » Il ne sait pas encore que Jacques Bino a été abattu dans cette même cité quelques instants plus tôt. L’artère fémorale sectionnée, il perd beaucoup de sang et s’écroule quelques dizaines de mètres après avoir été touché. Ce sont des amis qui le reconnaissent et le ramassent. L’un d’eux approche aussitôt son scooter, ils le hissent sur la selle et le conduisent aux urgences où il est immédiatement pris en charge.Quelques minutes de plus et il serait mort. A son arrivée au CHU, Jimmy avait perdu quatre litres de sang et n’avait plus que quatre de tension. Un vrai miracle qu’il soit toujours en vie. Si ses amis avaient traîné ou s’ils avaient préféré appeler une ambulance, il reposerait, à cette heure-ci, six pieds sous terre, car rappelons qu’à Henri IV, les pompiers ne sont arrivés auprès de Bino que trois heures après qu‘ils ont été appelés au secours.
2° Le casse de la bijouterie
Malgré l’omerta qui pèse sur ce qui s’est passé ce soir-là, Chien Créole a retrouvé des témoins qui assistaient en simples spectateurs au casse de la bijouterie et qui ont accepté de témoigner sans me donner leur nom. Selon eux, profitant du fait que le boulevard était bloqué, des jeunes s’en sont pris au rideau de fer de la bijouterie. Ce n’était visiblement pas des professionnels et il leur a fallu près d’une heure et demi pour parvenir à leurs fins !
Ils essayaient de forcer le rideau avec un objet puis repartaient en chercher un autre; le tout sous le regard amusé d’une bonne centaine de badauds. « Ça se passait dans une ambiance bon enfant », me confiera un témoin.
Pendant ce temps-là, la police aurait essayé à plusieurs reprises d’accéder sur les lieux sans succès. Seule une ambulance du SAMU est parvenue à passer les barrages. Les pilleurs lui ont même fait de la place pour qu’elle tourne vers la cité Henri IV. Depuis un bon moment des échanges de coup de feu y avaient lieu entre des jeunes et des policiers de la BAC. Estimant que leur sécurité n’était pas assurée à l’intérieur, les urgentistes ont rebroussé chemin. La tentative d’incursion de ce véhicule du SAMU dans la cité donne à penser que Jacques Bino avait déjà été abattu depuis au moins une dizaine de minutes à ce moment-là.
3° Un commando que personne n’attendait
Quand enfin les casseurs improvisés ont réussi à éventrer le rideau de fer, certains se sont faufilés à l’intérieur. C’est alors qu’ils ressortaient les mains pleines qu’un premier coup de feu a retentit, certainement celui qui a atteint Jimmy à la cuisse, alors qu’il s’approchait. Tout le monde s’est retourné stupéfait et a découvert quatre hommes à moto, tous vêtus de noir de la tête au pied, armés de fusils à pompe. Un deuxième coup de feu a été tiré qui n’a pas fait de victime. Montrant beaucoup de sang-froid et de détermination, le commando a dépossédé les casseurs de leur butin, alors que les badauds se dispersaient, affolés, dans la nuit. Apparemment, ils n’auraient pas essayé de pénétrer dans la bijouterie; seuls semblaient les intéresser les objets déjà volés. Leur méfait commis, ils sont repartis à vive allure.
4° Une plainte déchirée
Jimmy reste sur la table d’opération pendant 6 longues heures, au cours desquelles les chirurgiens n’ont d’autres choix que de littéralement creuser en profondeur la chair à côté du tibia parce que certains muscles et nerfs sont morts qu’il faut retirer, sinon la jambe pourrait gangréner. Dès qu’il reprend connaissance, alors qu’il est encore à moitié dans les vapes, des policiers de la SRPJ demandent à l’entendre. Ils l’interrogent sur les circonstances de ce qui lui est arrivé et les liens éventuels qu’il pourrait avoir avec le pillage de la bijouterie. Suite à son insistance, les policiers enregistrent sa plainte à l’hôpital. Lorsque sa mère apprend que Jimmy a signé quelque chose alors qu’il subissait encore les effets de l’anesthésie, elle demande et obtient un récépissé de la plainte. Se produit alors quelque chose de peu commun. Le SRPJ reprend très vite contact avec elle et deux policiers la rejoignent au CHU où elle veille son fils. La plainte qu’il a déposée ne serait plus recevable, ils lui demandent de la déchirer. Finalement, c’est eux qui vont le faire. Le procureur, Jean-Michel Prêtre, interrogé par RFO sur ces méthodes pour le moins étonnantes, répondra confusément, que « s’ils sont avérés, les faits sont graves » sur la forme mais que sur le fond, il ne s’agit que d’un problème technique : le SRPJ n’était habilité à enquêter que sur l’affaire Bino.
5° Une extraordinaire coïncidence !!!
Maître Sarah Aristide, la jeune avocate qui représente Jimmy, ne partage pas l’analyse du procureur. Interrogée par Chien Créole, elle explique :
« Maître Ezelin, maître Chevry et moi-même considérons qu’il y a eu tentative de meurtre sur la personne de M. Lautric. Dès lors que la brigade criminelle se déplace, elle peut prendre en charge plusieurs affaires.
C’est le procureur qui détermine sa mission. A charge pour lui de leur dire d’enquêter aussi sur ce dossier. En tous cas, cette façon de faire n’est pas du tout ordinaire. » D’autant que les similitudes entre les deux affaires sont pour le moins troublantes. A ma connaissance, pendant les quarante quatre jours de grève générale, dont plusieurs ont été le théâtre de violences urbaines, les deux seuls cas de personnes touchées par des balles létales de gros calibre sont Jimmy et Jacques Bino. Par une extraordinaire coïncidence, ces deux personnes ont été touchées dans un périmètre de quelques dizaines de mètres à peine et à quelques dizaines de minutes d’intervalle semble-t-il. On ignore si la balle qui a traversé la cuisse de Jimmy était une brenneke, le calibre qui a tué Bino, et pour cause, la balle est ressortie. En revanche, lors d’une conférence de presse donnée le 27 février, à laquelle j’ai pu assister, le procureur de la République, lui-même, a déclaré que des douilles de brenneke, avaient été ramassées sur le boulevard Légitimus, le lendemain des faits. Or c’est précisément sur cette voie que Jimmy a été blessé. Il est donc pour le moins surprenant que le procureur ait choisi de séparer les deux affaires. Pire, le cas de Jimmy, à ma connaissance, n’a fait l’objet d’aucune enquête sérieuse, du moins pas avant qu’il ne soit médiatisé !
6° Des affaires qui disparaissent mystérieusement
En effet, après que la plainte déposée auprès de la SRPJ a été déchirée, il a fallu que la mère de Jimmy porte à nouveau plainte, cette fois auprès du commissariat de la police nationale, à Gambetta. A la suite de cette plainte, huit longs jours se sont écoulés sans que rien ne se passe. Ce n’est que lorsque RFO et France Antilles ont commencé à interroger le procureur, avant de révéler l’affaire que deux policiers, au neuvième jour, sont venus entendre Jimmy. Aucune expertise entre temps n’avait été ordonnée pour tenter de savoir s’il avait bien été victime d’une brenneke. Jimmy a juste su qu’il s’agissait d’une balle de gros calibre, comme la gravité de la blessure le laissait supposer. Or cette blessure a évolué, avec l’opération déjà ; à travers la cicatrisation qui a commencée, ensuite. Le type de poudre laissé sur le short de Jimmy et le diamètre de la perforation dans le tissu auraient peut-être pu donner de précieuses informations mais ce short a mystérieusement disparu. Le personnel du CHU a expliqué dans un premier temps à la mère de Jimmy qui demandait où étaient passées ses affaires, qu’ils les avaient gardées dans un endroit sûr, comme le prévoit la procédure pour les patients blessés par balle. Les affaires sont alors conservées afin d’être remises à la police. Or depuis, le short de Jimmy ainsi que son téléphone portable ou ses clés de maisons sont introuvables et aussi bien la police judiciaire, que la police nationale se défendent de les détenir; ils se renvoient la balle, si je puis dire. La femme qui était responsable des affaires au CHU, interrogée par la mère Jimmy, a affirmé à cette dernière avoir tout remis à des agents de la police nationale du commissariat de Gambetta.
7° S’en sortir
« Plus jeune j’ai fait des conneries, j’ai même fait de la prison. Ça m’a servi de leçon. Avant qu’on ne me tire dessus, j’avais un travail, j’y allais tous les matins. Je viens même de faire une formation pour être cariste: j‘avais trouvé quelque chose qui me plaisait. Tout ça ne s’est pas fait tout seul; j’ai fait des efforts. Aujourd’hui, on me tire dessus dans la rue, de dos, je ne sais même pas qui. Je ne récupérerai probablement jamais ma capacité à plier mon pied dans l’axe de ma jambe, les muscles releveurs ont été coupés. Je vais certainement devoir porter une atèle toute ma vie… Comme cariste, pour manipuler les engins, j’avais besoin de pouvoir plier mon pied ! Je ne sais pas ce que je vais faire maintenant.
En plus du trou laissé par la balle qui a littéralement traversé sa cuisse, voilà comment Jimmy est ressorti de la salle d'opération (photo Jimmy Lautric)
Ça fait un mois et demi que je croupis ici, je suis sous morphine mais certaines nuits, ma jambe me fait tellement mal que je n’arrive pas à dormir. Après ça, je vais devoir suivre une très longue rééducation». Son regard se perd dans ses pensées, Jimmy se referme.
8° Six questions qui dérangent
En conclusion, on peut dire que de nombreuses zones d’ombre demeurent dans l’affaire Bino comme dans l’affaire Lautric et la façon dont les enquêtes sont conduites soulèvent de nombreuses interrogations qu’on pourrait résumer ainsi :
1) Qui étaient les membres du commando qui a ouvert le feu sur Jimmy et frustré les pilleurs de la bijouterie "Tout l’or du monde" de leur butin ?
2) Les auteurs des coups de feu mortels contre Jacques Bino sont-ils effectivement les mêmes qui sont intervenus sur la bijouterie ?
3) Question en corollaire : pourquoi le procureur a-t’il choisi d’emblée de dissocier l’enquête sur Bino et celle sur Lautric, alors que les similitudes sont plus que troublantes : deux personnes blessées, dans un cas mortellement, par des balles de gros calibre, probablement des brennekes, dans un même périmètre et quasiment dans le même temps ?
4) Pourquoi le SRPJ a-t’il détruit avec tant d’empressement la plainte portée par Jimmy, refusant d’y donner suite et pourquoi la police nationale mettra-t’elle tant de temps pour l’auditionner ?
5) Où sont passées les affaires de Jimmy et surtout le short qui a été traversé par la balle et aurait pu apporter des éclaircissements dans cette affaire ?
6) Pourquoi depuis le courageux reportage de Lise Dolmart, journaliste à RFO, mettant en lumière ce qui est arrivé à Jimmy et dénonçant le fait que la plainte a été déchirée, la presse est-elle muette sur cette affaire ? Pourquoi se montre-t’elle si complaisante à l’égard des thèses du procureur et pourquoi aucun journaliste n’a-t’il osé relater l’intervention du commando ayant tiré sur la foule ce soir là (tout de même une centaine de personnes!)? Pressions, peur de représailles ou manque d’intérêt ?
Source : http://chien-creole.blogspot.com/2009/04/contre-enquete.html
jeudi 12 mars 2009
Gwadloup: ce qu'a vraiment dit Elie Domota
« Ces propos, il ne faut pas les retirer de leur contexte, premièrement.
Deuxièmement, ce ne sont pas du tout des propos racistes, mais des propos qui reflètent la réalité sociale, économique, culturelle, historique et sociologique de la Guadeloupe. Nier cet état de fait, aujourd’hui, je crois que c’est faire preuve de racisme à notre égard, nous les Guadeloupéens d’origine africaine et indienne.
Je crois qu’il ne faut pas nier que les rapports en Guadeloupe sont construits sur des rapports de classes et de race depuis 400 ans ; et ces rapports persistent.
Alors aujourd’hui, s’il faut aller les expliquer devant un tribunal, nous sommes sereins, nos avocats sont saisis de cette affaire là et nous sommes prêts. »
Source : http://ugtg.org/article_790.html
APPLICATION DE L’ACCORD BINO :
Nou ni fas annou on patwona pawtikilyewman réaksyonè ; é ki sèl biten i an tèt a yo sé té ké rétabli lèsklavaj. Nou ka di yo trè klewman nou pé ké arété. Nous sommes face à un patronat particulièrement réactionnaire ; et la seule chose qu’ils aient en tête ce serait de rétablir l’esclavage. Nous leur disons très clairement que nous n’abdiquerons pas.
An di pwéfé la sa o swè la : swa yo ké apliké akò la, swa yo ké kité la Gwadloup. É nou trè fewm asi sa Je l’ai dit au préfet ce soir : soit ils appliquent l’accord, soit ils quittent la Guadeloupe. Et nous sommes très fermes là dessus.
Nou pé ké lésé on bann béké rétabli lèsklavaj. Nous ne laisserons pas une bande de békés rétablir l’esclavage.
Ni on volonté manifès dè sewten gwan patwon dè rèsté kanpé adan pozisyon kè fanmi a yo té ni o sézyèm é disétyem syèk. Il y a une volonté manifeste de certains grands patrons de rester campés sur les positions qui ont été celles de leurs parents au seizième et dix septième siècles.
Yo té ka fè pwopozisyon dakò entewrpwofesyonel o non du MEDEF alò kè yo sav pewtinaman kè yo pa ni a fè sé propozisyon la sa. Ils faisaient des propositions d’accord salarial interprofessionel au nom du MEDEF, alors qu’ils savent pertinemment qu’ils n’ont pas à faire ce type de propositions.
Donk an ka pansé kè yo ké ni a réponn dè atitid a yo. Avoka an nou ja ka travay si dosyé la sa. Yo ké ni a réponn dè atitid a yo ki fè kè yo volontewman torpiyé lé négosiasyon, bloké lé négosiasyon alò kè stati a yo ka entewdi yo dè fè dé proposizyon a akò entewpwofésyonel. Donc je crois qu’ils auront à répondre de leur attitude. Nos avocats travaillent déjà sur ce dossier. Ils auront à répondre de leur attitude qui a fait qu’ils ont volontairement torpillé les négociations, bloqué les négociations ; alors que leur statut leur interdit de faire des propositions d’accord interprofessionnel.
Sa fasil dè kaché yo dèyè dot fédérasyon kon fédérasyon a misyé Vion, ou misyé Gadarkan pou yo pé di yo ké sinyé apwé. Men ni nom’ dè antrèpriz kè yo ka rèpwézanté é ki pa adan pon fédérasyon. Il est facile de se cacher derrière d’autres fédérations patronales comme les fédérations de monsieur VION, de monsieur GADDARKHAN... pour prétendre qu’ils signeront après. Mais il y a nombre d’entreprises qu’ils représentent et qui n’appartiennent à aucune Fédération.
Sété on mannèv pou fè diwé négosiasyon la ; é la, avoka an nou ka travay si dosyé la sa. Nou ké ni adan lé jou é simenn ka vini a mandé kont a ki dè dwa. C’était une manoeuvre pour faire durer les négociations ; et sur ce dossier-là, nos avocats travaillent. Nous aurons dans les jours et semaines qui viennent à demander des comptes.
APPEL AU BOYCOTT :
Fo pèp Gwadloup byen konpwann jodi la kè i ow dè kesyon kè nou ay fè komisyon a ka antrèpriz ki ka èspwaté gwadloupéyen. Il faut que le peuple guadeloupéen comprenne bien qu’il est aujourd’hui hors de question que nous allions faire des achats dans des entreprises qui exploitent les Guadeloupéens.
Tout lé antrèpwiz ki pa ka ba salaryé a yo dé san éro, nou ka mandé lé gwadloupéyen pa ay adan sé antrèpriz la sa. Toutes les entreprises ne donnant pas deux cents euros d’augmentation à leur salariés, nous demandons aux Guadeloupéens de ne pas s’y rendre.
Pa ay fè komisyon a Carrefour, pa ay fè komisyon a Match, pa ay fè komisyon a Cora. N’allez pas faire vos courses à Carrefour, n’allez pas faire vos courses à Match, n’allez pas faire vos courses à Cora.
Pa ay fè pon komisyon adan pon antrèpriz ki pa ka mèt an plas akò Bino. N’allez faire de courses dans aucune entreprise qui ne met pas en oeuvre l’accord Jacques BINO.
Fo nou komansé fonksyoné kon adan dot péyi : lè on moun pa’a poté’w, i ka tréné’w... é ben vou ou pa ka bay manjé. Sé sa pou nou fè an ti péyi la sa. Nous devons commencer à fonctionner comme dans d’autres pays : lorsque quelqu’un ne vous soutient pas, lorsqu’il vous traîne ; eh bien, vous à votre tour, vous ne l’engraissez pas. C’est ce que nous devons faire dans ce petit pays.
Maladi a pousé charyo an sant komewsyal klimatizé, fo nou fè yo komprann kè nou ja bon èvè sa. Il faut qu’on leur fasse comprendre qu’on en a assez de la pathologie consistant à pousser des chariots dans des centres commerciaux climatisés.
Gwadloup : Nous sommes tous « racisés »… Et par qui ?
par Ronald SELBONNE (wonal), 10/3/2009
Monsieur,
Je déclare solennellement, avec sagesse et avec recul : Swa yo ka apliké akor la , swa yo ka kité La gwadloup ; nou péké lésé on bann béké rétabli lèsklavaj.
Je vous demande donc « jantiman » de bien vouloir me mettre en examen directement, pas la peine de perdre votre temps avec une information judiciaire : j’avoue, oui nous sommes « racisés ».
Si dans la logique de votre cerveau-lent, il n’y a que cette conclusion que vous tirez de ces propos : la fréquentation des alizés n’arrive pas toujours à faire atteindre de hauts sommets, alors « frappez, frappez [1] » Monsieur le procureur.
Monsieur, puisque vous avez choisi la voie de la bouffonnerie et qu’Edouard Boulogne semble être votre muse (celui-là vrai « humaniste » atavique d’extrême-droite, émule de Charles Maurras déguisé en chrétien tendance Père Labat, expert en racisme… des autres), restons-y ! Et dans ce cas, je vous demande de mettre aussi en examen :
Jacques Chirac à propos du « bruit et des odeurs des immigrés » et aussi pour « l’Afrique n’est pas mûre pour la démocratie »
Nicolas Sarkozy, qui dans son discours de Dakar (26 juillet 2007) expliquait que « le drame est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire », et qui aussi s’était écrié : « la France on l’aime ou on la quitte ».
Christophe Barbier, l’éditorialiste du journal L’Express pour qu’il s’explique sur son concept « antiraciste » de « travailler à l’antillaise ».
Fréderic Lefebvre, porte-parole de l’UMP, détecteur automatique de « tontons macoutes » (tous les nègres se ressemblent n’est-ce pas ?)
Henri Guaino, conseiller spécial de Sarkozy quand il avoue (sûrement sous la pression de « tontons macoutes ») : « Dans ces territoires d’outre-mer, le partage des richesses n’est pas équitable, on est en face d’une économie de rente parfaitement organisée (...). Ce qui fait qu’une partie importante de la population subit une situation d’injustice qui n’est pas tolérable au sein de la République", allant même à évoquer "des formes d’exploitation et d’injustice qui ne sont pas acceptables au XXIe siècle.[…] Quand vous subissez l’injustice, vous avez plus de chances de réveiller le problème identitaire que si tout le monde se sent dans une République de citoyens égaux en droits, en dignité et en devoirs ». Ces propos ne sont-ils pas de nature à inciter à la haine contre ceux qui « organisent » cette « économie de rente » ?
Yves Jego pour avoir susurré à l’oreille du porte-parole du LKP : « Monsieur Domota, j’ai vu l’ensemble des chefs de service. J’ai vu qui décide et qui exécute. Il faut changer cela ! ». Et encore aux patrons « il faut cesser ces pratiques ancestrales » N’est-ce pas livrer à la vindicte populaire certains chefs de service ? Et le même Jego parti en guerre contre les « monopoles » et la « profitasyon » ? Que dites-vous : incitation à la haine des monopolistes, des « profitationistes » (néologisme employé par Jego !) et des « pratiqueurs ancestraux » ?
Edouard Boulogne (si vous n’êtes pas encore tombé sous son charme « capiteux » de pucelle joséphinienne - il va vous expliquer la métaphore !) : « Ce sont les africains qui nourrirent toutes les traites d’esclaves de par le monde, y compris la traite atlantique, qui concerne plus particulièrement les Antilles et l’Amérique. La colonisation, à partir de la deuxième moitié du 19è siècle porta un rude coup à cette honteuse et ancienne coutume qui.... réapparut avec la décolonisation dans les années 1960 » (9 mars 2007). Il va certainement s’empresser de supprimer ces propos sur son blog comme il a supprimé l’article très « chrétien antiraciste » : « Esclavage : éléments pour une mise à plat du phénomène [2] ». N’êtes-vous pas aussi gardien de la Loi Taubira ?
Et enfin, Jean-Michel Prêtre (vous le connaissez ?) pour avoir dit sur Canal 10, il y près de 5 mois : « quand je vais à Jarry et que je regarde en haut je ne vois que du blanc, quand je regarde dans les ateliers, je ne vois que du sombre ». Pourrez-vous, monsieur le procureur vous autosaisir contre vous-même pour incitation à la haine raciale des gens d’en « haut ».
Monsieur, puisque visiblement vous vous ennuyez, moi qui ne suis ni « chef de service », ni organisateur « d’économie de rente », en un mot moi, qui n’ai pas les moyens, je vous implore de lancer un avis de recherche à l’encontre :
Des criminels racistes (politiques, exécuteurs,..) qui ont massacré des dizaines de guadeloupéens en mai 1967 dans les rues de Pointe-à-Pitre et qui nous empêchent d’accéder aux archives portant sur ces événements.
De Sophie Vannier qui en février 1979 a arboré au lycée de Baimbridge un t-shirt avec le slogan : « je suis raciste, je n’aime pas les noirs ». Pour elle et pour ses amis, pas une seule minute d’information judiciaire. Un d’entre eux s’est même fait applaudir par des milliers de noirs guadeloupéens lors d’une récente course de voile.
De l’adjudant de gendarmerie Michel Maas [3] , responsable de la mort du jeune lycéen Charles Henri Salin le 18 novembre 1985, qui pour ce haut fait d’armes a eu pour « terrible sanction » de... monter en grade. Vous comprendrez aisément que cette aide historique nous sera très profitable car elle nous permettra d’entrevoir enfin une « entrée dans l’histoire » faisant ainsi honneur à votre président Sarkozy.
N’oubliez pas aussi, Monsieur le « prokirè » (Je suis obligé de vous donner des idées car je sens chez vous comme une tentation à « travailler à l’antillaise » !) de mettre en examen Messieurs Jego, Desforges, Fillon, Sarkozy pour parjure (accord du 8 février non respecté) et pour escroquerie intellectuelle (Jego dénonce le préambule de l’accord Bino signé pourtant en présence du préfet et des médiateurs).
S’il vous reste un peu de temps entre deux émissions de Canal 10, et si vous souhaitez vraiment entrer vous aussi dans l’histoire malgré la « torpeur tropicale », mettez Aimé Césaire en examen à titre posthume pour « incitation à la haine raciale » car c’est lui qui a prédit le « génocide par substitution ». Nous pourrons même vous donner un coup de main pour cette affaire-là, suivant la logique de Fréderic Lefebvre nous pratiquons aussi le Vaudou, alors soumettre un mort à la question, ce sera pour nous un jeu d’enfant, voire de « grands enfants ».
Pour finir, Monsieur je vous demande de bien vouloir respecter nos traditions car Vaval ne se promène jamais comme cela en plein carême (ayez la décence d’attendre au moins le jeudi-mi-carême !) et d’exiger de votre ministre de tutelle qu’il commence à construire des centaines de prisons pour accueillir tous ces « racistes » : vous ferez d’une pierre deux coups, vous vous débarrassez d’affreux « racistes » tout en permettant à de nombreux surveillants de prisons guadeloupéens exerçant en France d’obtenir leurs mutations.
Les Abymes, le 10 mars 2009
Ronald SELBONNE (wonal)
32 rue de la clinique
Les Abymes Guadeloupe
Notes
[1] NDLR : A une autre époque ( ?!), à l’entrée de l’ancien aéroport du Raizet, Wonal, jeune étudiant en sciences militant à l’UNEEG (Union Nationale des Elèves et Etudiants de Guadeloupe) et animateur de radyo tanbou, avait été sauvagement roué de coups de matraques et de coups de pieds par des blan-manblo-manj-nèg. Son crime ? Avoir été l’un des tous premiers à se rendre sur place pour protester contre la venue de Jean Marie LE PEN en Guadeloupe...
[2] NDLR : L’article supprimé du blog est tiré du livre édité par Guadeloupe 2000 : Esclavage : éléments pour une mise à plat du phénomène (Broché). A la page 10 on peut y lire ceci : "Qu’un maître ait pu fouetter son esclave au sang, pimenter les plaies, lui chauffer le dos, et lui faire faire crever les pustules par un chat, cela est possible [...]. On a vu pire dans les camps nazis et les goulags communistes. Mais que les maîtres aient ainsi agi quotidiennement, cela relève du délire."
[3] 18 novembre 2005-18 novembre 1985 : Il y a 20 ans, charles henri salin, jeune lycéen de baimbridge était assasiné par le gendarme michel maas, alors qu’il revenait d’une séance de cinéma. ce dernier a même gagné du galon après son départ précipité de guadeloupe...
Je me souviens des mensonges d’état : le procureur dupuy qui dès le lendemain décréta que le meurtre avait eu lieu à boissard alors que salin a été abattu à chauvel, histoire de salir l’image du jeune lycéen..
Je me souviens de la mobilisation des élèves et des lycéens dès le lendemain à l’appel de l’UNEEG ( union nationale des élèves et étudiants de la guadeloupe) et de la manifestation géante du jeudi 21 dans les rues de pointe-à-pitre( plus de 15 000 personnes !)...
Je me souviens aussi de la cabale judiciaire jusqu’à l’acquittement final de l’assassin, alors que le rapport balistique du professeur Ceccaldi précisait que Salin avait étté tué à moins d’1 mètre par une rafale dans le dos...
Que reste-t-il ? : amnésie, fast-food, blog porno et coca...et une génération, celle de Fouillole de l’époque surtout, qui a cru un moment en l’histoire... amnésie, fast-food, blog porno et coca... et une larme pour Salin ???
Wonal Selbonne, "Le Mot Phrasé", Novembre 2005
mercredi 11 mars 2009
Gwadloup : Contre-offensive (1)
Yves “speedy” Jégo, l’homme qui traverse l’Atlantique à la vitesse de la lumière des flashes des photographes, s’est ému des propos d’Elie Domota, le porte-parole du LKP,qui avait déclaré, le jeudi 5 mars, que les entreprises devraient appliquer l’accord Jacques Bino ou quitter la Guadeloupe et que le LKP ne laisserait pas “une bande de békés rétablir l’esclavage”.
Pour le secrétaire d’Etat aux confettis, il s’agit d’un “dérapage verbal inadmissible” et “quelle que soit l’intensité d’un conflit social, dire à une catégorie de la population, “faites ça ou partez” n’est évidemment pas acceptable. Il faut que chacun revienne à l’esprit républicain”.
On se souvient pourtant d’un ministre de la République qui, en 2006, avait repris le slogan de l’extrême droite “La France, tu l’aimes ou tu la quittes !” afin de mieux lancer sa campagne électorale pour les présidentielles et mieux rafler les voix de Jean-Marie Le Pen et de Philippe de Villiers.
On ne se souvient pas d’une quelconque réaction d’Yves Jégo, ni de l’ouverture d’une enquête judiciaire à l’encontre de Nicolas Sarkozy.
Les indignations sélectives d’un Yves Jégo, d’un Yves Thréard et d’autres sicaires n’auraient donc aucune importance si elles n’étaient appuyées par l’appareil d’Etat et qu’elles ne révélaient la contre-offensive qui se met, très lentement mais très sûrement, en place.
La meute des puissants a lancé la chasse et elle n’hésitera pas à tenter d’utiliser l’institution judiciaire selon un schéma très classique de répression des mouvements populaires dans les colonies françaises : après les massacres des 26 et 27 mai 1967, le procès des 18 militants guadeloupéens devant la Cour de sûreté de l’Etat ; après les émeutes de Cayenne en novembre 1996, l’arrestation des militants de l’UTG (Union des Travailleurs Guyanais), du MDES (Mouvement de Décolonisation et d’Emancipation Sociale) et du PNPG (Parti National Populaire Guyanais).
L’attaque contre Elie Domota n’est qu’un premier ballon d’essai ; les tentatives d’intimidation, de déstabilisation et les coups fourrés plus ou moins dissimulés se multiplieront dans les semaines et les mois à venir surtout si le gouvernement ne parvient pas à contrôler le déroulement et les conclusions des Etats Généraux décidés unilatéralement par le président français.
lundi 2 mars 2009
Gwadloup : Autour du meurtre de Jacques Bino
. Source : http://blog.lidejis.org/post/2009/03/02/Autour-du-meurtre-de-Jacques-BinoJaki était connu pour son engagement, son intelligence et son grand calme, à la fois par des anciens collègues qui l’ont connu lorsqu’il était en poste en France – en Seine Saint-Denis de 1989 à 1993 - et des camarades cégétistes qui ont eu l’occasion de travailler anlyanné avec le fondateur de la première section CGTG (CGT Guadeloupe) des impôts et membre du mouvement Akiyo.
A Paris aussi, à 7 000 km de la Guadeloupe, l’émotion était palpable. Rendre hommage à la mémoire de Jacques était aussi une manière pour les militants de la CGT de soutenir la lutte du peuple guadeloupéen et de dénoncer la volonté délibérée du gouvernement Fillon de pourrir le climat social plutôt que d’appuyer, par les moyens à sa disposition, les revendications de justice sociale des citoyens de la Guadeloupe.
L’excellent blog Chien créole de Frédéric “Trikess” Gircour, après avoir relaté l’arrestation – le 20 février – puis la libération de Patrice, un habitant de la cité Henri IV de Lapwent violemment interpelé à son domicile, interrogé et rapidement innocenté, continue de suivre les développements de l’enquête autour du meurtre de Jacques qui était un des membres du Lyannaj Kont Pwofitasyon.
Samedi 28 février, cinq nouveaux suspects ont été déférés au parquet. Le Chien créole a rencontré l’avocat du principal accusé – mais toujours présumé innocent – et a pu participer à la conférence de presse organisée par le procureur de la République au palais de justice de Lapwent. On retient de tout cela un sentiment très mitigé tant les faits semblent beaucoup plus embrouillés et bien plus flous que ceux annoncés, quelques heures après l’homicide dont a été victime Jacques Bino, par le ministère de l’intérieur.
D’une part le procureur a confirmé qu’il y avait bien, au moment où la voiture dans laquelle se trouvait Jacques Bino a tenté de faire demi-tour à un barrage, une fusillade entre des agents de la BAC et des jeunes émeutiers. Sans accuser les forces de police – elles sont, elles aussi, présumées innocentes jusqu’à preuve du contraire, le témoignage recueilli par Frédéric Gircour quelques heures après les faits (voir son billet du 18 février) affirme que le coup de feu qui a touché Jacques Bino au thorax ne venait pas du barrage. Cela ne permet pas, au stade actuel, d’accuser qui que ce soit ; en revanche, cela pourrait peut-être innocenter quelque coupable idéal jeté en pâture afin de clore l’enquête le plus rapidement possible, quitte à y sacrifier la vérité.
D’autre part, le principal suspect, qui s’est présenté de manière spontanée aux forces de police après avoir appris qu’il était recherché, n’a pas, après 48 heures de garde à vue – dont 24 heures sans voir sans avocat, reconnu les faits qui lui sont reprochés. La police scientifique aurait retrouvé à son domicile deux balles du même type que celles ayant mortellement touché Jacques Bino (des balles Brenneck de calibre 12 interdites à la vente en Guadeloupe depuis 2004 d’après Frédéric Gircour) mais pas l’arme ayant servi à tirer. Le suspect se serait débarrassé de son fusil à pompe mais pas des balles ?
Restent des témoignages “très précis” d’après le procureur. Il faut espérer qu’ils le soient plus que ceux ayant servi à saccager l’appartement de la grand-mère du jeune Patrice, cet étudiant en droit évoqué plus haut qui doit sa liberté au fait qu’il était en train de dialoguer sur MSN Messenger au moment des faits.
Il y a près de 42 ans, dans le contexte de la grève des ouvriers du bâtiment pour obtenir 2% d’augmentation, tombait un autre Jacques, Jacques Nestor, militant syndical et membre du GONG. Comme les 80 à 100 victimes des massacres de mai 1967, il n’a pas à ce jour obtenu justice. Jacques Bino, en tant que membre du LKP, en tant qu’héritier des luttes passées en pays Gwadloup, demandait justement à ce que soient poursuivis les responsables des massacres de mai 67 et à ce que réparation soit donnée aux victimes et à leurs ayant-droits. C’est à notre tour de demander à ce que les responsables les plus directs de la mort de Jaki soient poursuivis et condamnés. C’est à notre tour de veiller à ce que sa famille obtienne justice et protection.En France, le syndicat SNADGI-CGT centralise les dons pour venir en aide à Marie-Antoinette Datil, veuve de Jacques Bino, et à leur fils Cédric. Les chèques sont à adresser à l’ordre de SNADGI CGT SOLIDARITE en indiquant Solidarité Jacques Bino au dos et à envoyer à BS CGT – 263 rue de Paris – 93516 Montreuil Cedex.
A la Guadeloupe, contactez la CGTG – 4 Cité artisanale Bergevin – 97110 Pointe-à-Pitre – tél. : 0590 82 34 61.
mercredi 25 février 2009
Ansanm nou ka lité ! Ansanm nou ké gannyé !
Alex Lollia, 49 ans, professeur de philosophie appartenant à la mouvance trotskyste (GRS, IVème Internationale), est secrétaire général de la Centrale des Travailleurs Unis (CTU), un syndicat très actif au sein du LKP (lire ici son long entretien avec Frédéric Gircour, rédacteur de l’excellent blog chien créole). Il a été violemment tabassé par des gendarmes au Gosier, le lundi 16 février en soirée. Il raconte.AU PEUPLE MOBILISÉ !
Chers Camarades, du Centre Hospitalier de Pointe-à-Pitre, je vous adresse ces paroles pour vous rassurer sur mon état de santé. Je suis obligé de rester à l’hôpital puisque je souffre de lésions cervicales et de complications cardiaques consécutives à la violence des coups qui m’ont été portés par les forces de police. Ma date de sortie n’a pas encore été indiquée mais même si mon corps est atteint, mon esprit reste parfaitement intact et je pense que cette épreuve a encore augmenté ma lucidité et ma détermination.
J’étais comme beaucoup d’autres camarades en lutte sur le terrain et notre démarche était pacifique : c’est celle qui a été définie par le L.K.P.
Je suis un combattant aux mains nues ! Or en face de nous, les forces de police n’ont pas hésité à nous agresser sauvagement. Avec des camarades de l’U.G.T.G. et de la C.T.U., nous faisions tout pour calmer le jeu et encadrer les manifestants qui étaient pour la première fois venus nous apporter leur soutien. Nous avons vu tomber sur nous une véritable tornade de coups de matraque alors que nous avions déjà quitté les abords de la route nationale. Les « mamblos »1 nous ont pourchassés dans les ruelles de Belle-Plaine et même dans la mangrove, ils n’ont pas abandonné leur traque. C ‘est ainsi que j’ai compris qu’ils n’étaient pas seulement venus lever des barrages mais qu’ils étaient venus « casser du nègre » comme ils l’ont dit eux-mêmes. Ils m’ont encerclé et frappé. Je dois vous préciser ce qu’ils m’ont dit car je veux que vous compreniez à qui nous avons affaire. Lors que je recevais des coups de pieds
dans le ventre et que je me traînais par terre, voilà ce qu’ils m’ont dit :
« On a vu ta sale gueule à la télé, on va te la casser et tu ne pourras plus la montrer. On va vous casser sales nègres, chiens de nègres ! »
J’ai vu qu’ils traînaient par les cheveux, une femme du quartier qui manifestait son indignation lorsqu’ils m’ont frappé. Ma seule arme a été de crier, d’hurler ce qui a provoqué la colère des habitants du quartier. C’est comme cela que j’ai pu en réchapper. Je ne sais ce qui est advenu de cette dame et je lui envoie, de mon lit, mon salut militant. Je la remercie d’avoir eu le courage, elle qui m’a sauvé avec les voisins du quartier. On dit que les Guadeloupéens sont des lâches mais voilà un exemple d’engagement et de courage.
Je demande aux militants de resserrer les liens, de s’armer de courage, de renforcer la mobilisation. Il faut encore élargir nos rangs et approfondir notre combat. C’est toute la Guadeloupe qui est derrière nous. La victoire est à portée de mains. Nous avons écrit une belle page dans le combat pour l’émancipation : la liberté commence aujourd’hui !
Du fond de mon lit d’hôpital, je dis à tous mes frères :
« Ansanm nou ka lité ! Ansanm nou ké gannyé ! »
Alex LOLLIA / Pointe-à-Pitre, le 17 Février 2009
mardi 24 février 2009
La leçon guadeloupéenne/Lison gwadloup la

Ce que l'auteur de cette carte postale de 1920 appelle "Tam-Tam" est un typique gwoka, le même tambour guadeloupéen qui rythme la grève générale de 2009
Le 16 décembre 2008 : Manifestation dans les rues de Pointe à Pitre contre la vie chère à l’appel de 31 organisations syndicales, politiques et associatives. 7000 personnes défilent dans les rues de Pointe à Pitre. Le sous Préfet reçoit une délégation de 15 personnes et affirme qu’il n’a rien à dire sur les revendications qui lui sont présentées.Meeting devant la mairie de Pointe à Pitre, au cours duquel une analyse de la situation est présentée à la foule. Succès : unité du peuple guadeloupéen en marche.
Le 17 décembre 2008 : Manifestation à Basse Terre – 4000 personnes Refus du Préfet, occupé à un « chanté nwel », de recevoir les dirigeants des organisations.
Entre le 17 décembre 2008 et le 20 janvier 2009 : nombreuses réunions de préparation de la plate-forme de revendications de LIYANNAJ KONT PWOFITASYON (LKP).
Le 19 janvier : Grève illimitée des gérants de station service.
Le 20 janvier 2009 : Grève générale lancée à l’appel de toutes les organisations syndicales, membres du LKP – Nombreux piquets de grève dans les entreprises - Grande Manifestation dans les rues de Pointe à Pitre – 15 000 manifestants.
Le 21 janvier 2009 : Déboulé vers le Centre commercial MILENIS et l’Aéroport Pôle Caraïbe. Grande tension à l’aéroport où un millier de manifestants font face à 400 gendarmes pendant près de deux heures. Tous les services d’enregistrement de bagages sont occupés par les manifestants. Nombreux vols retardés.Le LKP demande l’ouverture de négociations globales avec l’Etat, le Conseil Général, le Conseil Régional et le patronat sur la base de sa plateforme de revendications.
Le 22 janvier 2009 : Invitation du Préfet à une table ronde. Refus du LKP qui réaffirme sa ferme volonté et sa disponibilité immédiate, pour l’ouverture de négociations globales. Il exhorte les travailleurs et le peuple de Guadeloupe, à poursuivre le mouvement de Grève Générale et à accentuer la mobilisation tou patou an Péyi la.
Le 23 janvier 2009 : Réponse à l’invitation du Préfet concernant l’ouverture de négociations globales entre toutes les parties. Les Présidents des conseils Régional et Général et de l’association des maires étant absents, les négociations ne seront pas ouvertes. Le LKP regagne Pointe à Pitre après un passage sur le piquet de grève des transporteurs de passagers devant le Conseil Général.
Le Samedi 24 janvier : Grand DEBOULE dans les rues de Pointe à Pitre – 25 000 manifestants.Invitation à des négociations avec toutes les parties à 16h30 au World Trade Center. Après des négociations ardues avec les forces de l’ordre pour se rendre devant le World Trade Center avec la foule, les échanges commencent effectivement à 18h00 en présence de toutes les parties, (Etat, Collectivités, Patronat et LKP). Discussion ouverte sur l’accord de méthode. Présence exceptionnelle de Canal 10 qui retransmet en léger différé.
Le dimanche 25 janvier : Gran Déboulé « MAS A KONSYANS » « MAS A PWOFITASYON » - 40 000 participants.
Le lundi 26 janvier : Reprise des négociations sur l’accord de méthode – Signature de l’accord de méthode proposé par le LKP. Les échanges sont retransmis en direct par RFO, Canal 10 et les radios.Le mardi 27 janvier : Discussion sur les points de la Plate-forme concernant le niveau et les conditions de vie. Révélations du LKP concernant les pratiques de la SARA. Les échanges sont retransmis en direct par RFO, Canal 10 et les radios.
Le Mercredi 28 janvier : Rupture des négociations par le Préfet après lecture d’un message du Secrétaire d’Etat Yves JEGO. Les échanges sont retransmis en direct par RFO, Canal 10 et les radios.Message d’Yves JEGOA insérer
Le jeudi 29 janvier : Groupes de débrayage qui parcourent Pointe à Pitre et sa périphérie.
Le vendredi 30 janvier : Gran déboulé dans les rues de Pointe à Pitre - 65 000 manifestants.
Le samedi 31 janvier : Concert de solidarité Dominik COCO, Admiral T, Iman, Sainsily, Timalo
Le dimanche 1er février : Gran Déboulé « MAS A KONSYANS » « MAS A PWOFITASYON »Arrivée d’Yves JEGO en Guadeloupe.
Le lundi 2 février : Groupes de débrayage qui parcourent Pointe à Pitre et sa périphérie.Rencontre Jeunesse Guadeloupéenne et LKP à LaKasa
Le mardi 3 février : Groupes de débrayage qui parcourent Pointe à Pitre et sa périphérie.
Le mercredi 4 février 2009 : 1ère rencontre avec Yves JEGO aux Affaires maritimes à Pointe à Pitre– Présentation de la plate-forme de revendications. Les échanges sont diffusés en direct par Radyo Tanbou.
Le jeudi 05 février 2009 : Reprise des négociations à Basse Terre. Yves JEGO demande le départ de la presse et des journalistes après les interventions liminaires.
Le vendredi 06 février 2009 : Poursuite des négociations
Le samedi 07 février 2009 : Déboulé à Basse Terre - 18 000 manifestants.13h00 : reprise des négociations sur la question des salaires. Négociations qui durent toute la nuit.A Pointe à Pitre : concert de soutien avec Patrick Saint Eloi, Simenn’ kontra, Smiley, Timalo, SOFT,...
Le dimanche 08 février 2009 : à 8h00 du matin, après 20 heures de négociations, un accord est trouvé sur les modalités de mise en œuvre de l’augmentation des salaires de 200 €. La partie patronale refuse de signer si cet accord n’est pas assorti d’un engagement formel de l’Etat confirmant sa contribution au financement de l’augmentation de salaire réclamée (cf déclaration d’Yves Jego du 28 janvier 2009). Un rendez-vous est pris à 16h00 afin de procéder à la signature de cet accord après réception de l’engagement de l’Etat.
Départ précipité d’Yves JEGO vers la France alors même que le LKP se rend à la réunion de 16h00 comme prévu à Basse Terre.
Le 09 février : Grand déboulé dans les rues de Basse Terre, Pointe à Pitre en Marie galante. Plus de 100 000 guadeloupéens dans les rues.
Le 10 février : Conseil interministériel à Paris sur la situation en Guadeloupe. François FILLON s’adresse à la nation en déclarant que l’Etat ne peut intervenir dans les relations sociales ni participer à l’augmentation des salaires. François FILLON invalide les engagement de l’État, présentés le 28 janvier par Yves JEGO.Retour d’Yves JEGO en Guadeloupe accompagné de deux médiateurs MM Bessières et Lopez.
Le 11 février : Reprise des négociations à Basse Terre concernant la question des salaires. LKP réclame que les discussions se poursuivent sur la mise en œuvre de l’accord convenu le dimanche 8 février 2009.
Le 12 février : Après avoir rencontré les six délégations patronales, les médiateurs constatent que leur mission est impossible. LKP considère qu’il ne peut s’agir de négociations sur les salaires puisque l’accord du dimanche 8 février est acquis. Il reste à l’Etat à s’entendre avec la partie patronale sur les modalités de financement. LKP ne peut dorénavant que discuter des conditions de mise en œuvre de l’accord. LKP attend une convocation à cet effet.
Vendredi 13 février : Le soir, devant le Palais de la Mutualité, diffusion du documentaire "Les derniers maîtres de la Martinique. Suivi du soutien d'artistes comiques de Guadeloupe.
Samedi 14 février : Le matin > "Happening" de plasticiens devant le Palais de la Mutualité. Vente de matériel médical à destination des handicapés.
L'après-midi : "Déboulé" au Moule et commémoration des travailleurs Guadeloupéens tués au Moule, le 14 février 1952.
Le soir : "Swaré léwòz" avec Akiyo Ka.
Dimanche 15 février : "Mas an konsyans" à Pointe- à - Pitre
Du 16 au 21 : Durcissement de la mobilistation, barrages.
Mardi 17 février : Décès par balle de Jacques BINO (employé des impôts, syndicaliste à la CGTG, membre du "Mouvman Kiltirèl AKIYO",...)
Jeudi 19 février : Rencontre entre les élus parlementaires d'Outre - Mer et le président de la République, Nicolas Sarkozy. Intervention télévisée du président.
Vendredi 20 février : Reprise des négociations entre les réprésentants syndicaux, les "socio-professionnels" et les médiateurs...
Samedi 21 février : Suspension des négociations, en vue d'une reprise le lundi 23. Le matin : Présentation au public, du corps de Jacques BINO au Palais de la Mutualité.
L'après - midi : Présentation du corps de Jacques BINO au Hall des sports de Petit - Canal.
Le soir : Veillée mortuaire de Jacques BINO à Petit - Canal.
Dimanche 22 février : L'après - midi > Enterrement de Jacques BINO.
lundi 23 février 2009
Gwadloup : Pétition contre le mensonge et la manipulation d'État
Pour obtenir satisfaction de la plateforme de revendications que le collectif Lyannaj Kont Pwofitasyon (LKP) avait publiée en décembre 2008, le peuple guadeloupéen s'est lancé dans une grève générale depuis le 20 janvier 2009.
Le samedi 24 janvier 2009, le LKP entame une série de négociations avec les organisations patronales autour de la première revendication portée par la plateforme : l'augmentation de la rémunération des salariés guadeloupéens.
Le mercredi 28 janvier, Yves Jégo, le secrétaire d'État à l'Outre-Mer, adresse un message, lu par le préfet de Guadeloupe et repris par l'ensemble des médias de l'archipel, afin d'inciter les représentants des employeurs à signer un accord pour l'augmentation des bas salaires. Jégo donne l'assurance "à toutes les entreprises de Guadeloupe qu'elles ne paieront aucune charge sociale sur tous les salaires jusqu'à 1,4 fois le SMIC" et insiste : "Dès qu'un accord sera trouvé entre partenaires sociaux sur cette question, je m'engage à ce qu'il soit mis en oeuvre par l'État ."
Le dimanche 1er février, le ministre atterrit en Guadeloupe pour gérer, en personne, les discussions entre le LKP et le patronnat guadeloupéen. À peine arrivé, Jégo claironne devant les micros et les caméras qu'il restera en Guadeloupe "tant que le conflit ne sera pas réglé".
C'est donc le mercredi 4 février 2009, sous la présidence du ministre que reprennent les négociations entre le LKP et les représentants des employeurs. Après une discussion qui dure toute la nuit du samedi 7 au dimanche 8 février, les syndicalistes et le patronat se mettent d'accord sur une augmentation de 200 € mensuels pour les travailleurs rémunérés en-dessous de 1,6 fois le SMIC. Cette revalorisation est garantie par le gouvernement français qui s'engage, comme l'a annoncé Yves Jégo une semaine auparavant, à réduire les cotisations sociales des entreprises guadeloupéennes. C'est le ministre en personne qui donne rendez-vous, pour l'après-midi même, à tous les participants aux négociations afin de signer l'accord à la préfecture de Basse-Terre.
C'est au moment où un accord a été trouvé que M. Jégo décide d'abandonner patrons, syndicats, représentants du peuple et, au-delà, la Guadeloupe toute entière pour rentrer en catimini à Paris. Le premier ministre François Fillon a ordonné à son ministre de l'Outre-Mer de rentrer au pas de course et de ne pas signer ce qu'il s'était pourtant engagé à signer.
Nul ne sait ce qui s'est dit entre les deux hommes, nul ne sait de quelle manière Fillon a recadré son subordonné. Tout ce que l'on sait, c'est que, le mercredi 11 février, les Guadeloupéens voient revenir un Yves Jégo, fidèle "voix de son maître", qui déclare que le gouvernement n'a jamais promis de garantir l'augmentation des salaires des travailleurs guadeloupéens par la baisse des cotisations sociales payées par les entreprises et que c'est aux partenaires sociaux de prendre, seuls, leurs responsabilités. La condition réclamée par les entrepreneurs guadeloupéens pour parvenir à un accord interprofessionnel est subitement effacée, les négociations sont ramenées à leur point de départ !
Après que les mensonges de M. Yves Jégo ont enlisé les discussions, le gouvernement français décide d'empoisonner encore un peu plus le climat social. Le lundi 16 février, des escadrons de gendarmes mobiles sont lâchés sur le pays : insultes racistes et passages à tabac pleuvent sur les Guadeloupéens.
C'est le jeu mortifère du gouvernement français qui a incendié l'ensemble des sections communales de la Guadeloupe. Ce sont les déclarations intempestives et contradictoires d'Yves Jégo qui ont amené au pourrissement des négociations pour l'amélioration des conditions d'existence de l'ensemble des citoyens guadeloupéens.
Par ces motifs et par respect pour le peuple guadeloupéen, nous demandons la démission immédiate d'Yves Jégo.
Ils peuvent tenter tout ce qu'ils veulent,
Nous boiterons mais nous ne tomberons jamais !



