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vendredi 15 mars 2013

La vallée de larmes : un classique du XXIème siècle classique du XXIème siècle

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Le premier roman d'Antonio Beltrán Hernández, auteur mexicain vivant entre Paris et Mexico et écrivant aussi bien en espagnol qu'en français, pourrait, par son intrigue, être un roman policier. Mais un roman policier (ou plutôt, un thriller linguistique) écrit par un disciple du grand Borges, tout aussi fasciné que son maître par les langues, de l'hébreu et de l'arabe au japonais et à l'islandais, en passant par le suédois, le sanskrit et le persan, langues que l'auteur a étudiées. Ce pourrait être un roman d'espionnage avec la CIA pour protagoniste.
Ce pourrait être un Bildungsroman (roman d'apprentissage), celui d'une jeune avocate de l’aristocratie chilienne qui déchire le voile de la vérité et déclare la guerre à la famille et à la classe au sein de laquelle elle a grandi.
Ce pourrait être un roman historique, puisqu'il revisite le XXème siècle et certaines de ses tragédies, des conséquences ultimes de la Seconde Guerre mondiale aux guerres néocoloniales du début de notre siècle. Ce pourrait être un roman philosophique, sur le thème de l'impunité et de la justice. Ce pourrait être un roman américain, puisqu'il se déroule en grande partie entre Santiago, Valparaiso, Chuquicamata, Buenos Aires, Mexico, Chicago et New York. Ce pourrait être un roman européen, puisqu'il se déroule aussi bien à Paris qu’à Uppsala, Lund, Bräkne-Hoby, Göttingen, Vienne et Berlin. Ce pourrait être un roman asiatique, puisqu'il nous promène dans l’Inde des Védas et du Mahâbhârata et nous emmène au Vietnam en guerre et dans le Japon de Kobe et Nagasaki.
Et ce pourrait être un roman gastronomique, puisqu'il nous fait découvrir quelques exquis mets mexicains et quelques breuvages non moins exquis. Ce pourrait être aussi un roman scientifique puisqu’il nous met en face de l’horreur atomique et psychopharmacologique et du bonheur des avancées technologiques et de la conquête de l’espace. Ce pourrait être, enfin, un roman théologique, sur le thème du Mal, de la Faute et de la Rédemption dans cette vallée de larmes où nous vivons.
La vallée de larmes, pour dire les choses simplement, est tout cela à la fois. Bref un texte appelé à devenir un "classique du XXIème siècle", destiné au public d'un monde définitivement réduit aux dimensions d'un village – on dit "globalisé" -, et dont la culture quotidienne est désormais un patchwork qui s'apparente à un costume d'Arlequin.
Toutes ces couleurs vont se mettre en mouvement, comme dans un disque de Newton, pour faire éclater devant nos yeux la vérité, une vérité, la vérité toute simple et banale – aussi évidente qu’invisible – perceptible uniquement depuis la banlieue du monde, cette cité perdue qui pour certains se trouve au-delà de l’infini.
Pour venir creuser davantage notre grande vallée, il vous sera permis de pleurer de douleur et d’émotion, mais aussi de bonheur. Et ce même bonheur vous permettra aussi, peut-être, de rire.

  • Antonio Beltrán Hernández La vallée de larmes Tragédie géopolitique à fin heureuse
    éditions
    workshop19, Tunis,  mars 2013
    ISBN 978-9938-862-04-1 15X21, 260 p.
    12 Dinars tunisiens 16 Euros 20 Francs suisses

Distribution Tunisie : AFRIQUE CULTURE 71 205 521
Diffusion France/Belgique/Suisse : L'OISEAU INDIGO
http://www.loiseauindigo.fr

Distribution France/Belgique : POLLEN-LITTÉRAL
http://www.pollen-diffusion.com

Distribution Suisse : SERVIDIS
http://www.servidis.ch

Reste du monde : contacter l’éditeur
éditions workshop19 Atelier tunisien de création 41 rue d’Iran, 1002 Tunis ++216 22 679 040   ++33 6 13 99 28 86
http://www.workshop19.info
http://www.facebook.com/editionsworkshop19
https://twitter.com/workshop19edit  @workshop19edit

Contacter l'éditeur contact[at]workshop19.info Contacter l'auteur abh[at]workshop19.info
Texte de 4 de couverture
Un roman ne se raconte pas, ne se résume pas, et encore moins celui que, cher lecteur, tu tiens entre les mains. Un roman ? Ou bien il se lit, et alors il peut laisser une marque indélébile dans l'esprit de son lecteur, ou bien il s'ignore, et alors il reste un mystère entier pour son non-lecteur. Contentons-nous de dire que l’auteur déteste connaître à l’avance l’histoire des films qu’il va voir, pourvu qu’il soit sûr que le film est bon.
Partons donc du principe que ce livre est bon et ne dévoilons donc pas son intrigue.  Tout est d’ailleurs contenu dans son titre et son sous-titre.  Le premier ne fait pas seulement référence au Salve Regina, mais aussi à l’épisode du même nom (Tåredalen) du film de Bergman « Scènes de la vie conjugale (Scener ur ett äktenskap) ».  Le sous-titre part d’une ferme conviction de l’auteur : les grands tragédiens, de Sophocle à Shakespeare, sont les précurseurs des bons thrillers. Et ce thriller linguistique vous mènera jusqu’au bout du bruit et de la fureur, de la guerre et de la paix, de la souffrance la plus extrême et, enfin, de la justice.

Antonio Beltrán Hernández n’a jamais été un militant politique.  Sa première passion était la science-fiction.  Il vivait dans la Lune et au-delà, il collectionnait toutes les coupures de journaux concernant la conquête de l’espace, il apprit l’alphabet cyrillique en déchiffrant les noms des cosmonautes dans un livre en édition quadrilingue, « космонавт и его родина   —  Le cosmonaute et sa patrie », pendant sa première adolescence il croyait que le monde finirait dans une conflagration nucléaire, et sa vocation définitive, le cinéma, lui fut inoculée par « 2001, l’odyssée de l’espace ».
Cependant, quelque chose changea en lui lorsqu’il lut la préface de Sartre à « Les Damnés de la Terre » de Frantz Fanon (…en le premier temps de la révolte, il faut tuer : abattre un Européen c'est faire d'une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre).  Puis « Cent ans de solitude » lui fit redécouvrir, par sa magie, l’univers de son Amérique.
Et Borges le transporta au-delà de l’infini.
Aujourd’hui, il n’est ni scientifique ni historien ni stratège ni linguiste, et sa carrière de directeur de la photographie de cinéma connaît des petits hauts et des grands bas. Mais il nous fera voyager, dans ces pages, à travers les arcanes de notre insaisissable vallée de larmes.
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dimanche 7 février 2010

« Les Étoiles de Sidi Moumen » un roman chaleureux et glaçant qu’on ne lâche pas… et qui ne vous lâche pas …

Par Marie-Jo Fressard, SOLIDMAR, 6/2/2010
L’écrivain marocain Mahi Binebine s’est imprégné pendant cinq ans de cet environnement fait de violence, de laideur, de boue, de poussière, d’ordures nauséabondes, mais aussi de chaleur humaine, de fraternité et de moments de franche rigolade, qui cohabitent dans l’un des plus misérables bidonvilles du Maroc : Sidi Moumen, pudiquement dissimulé aux yeux des étrangers derrière un mur de pisé, comme le sont tous les bidonvilles du prestigieux royaume.
En 2003 les photos de ce bidonville s’étalaient dans la presse, même –exceptionnellement -dans la presse française : voilà le terreau où s’ épanouissent les kamikazes, auteurs des attentats meurtriers dans les hôtels de luxe marocains.
Mahi Binebine en a fait un roman passionnant et terrifiant qui permet de comprendre pourquoi et comment une bande de « durs » a pu être insidieusement endoctrinée pour être amenée à docilement commettre l’irréparable : tirer sur le fil du gilet pour se faire exploser…
Les Étoiles de Sidi Moumen, c’est le nom de l’équipe de foot la plus redoutable et la plus gagnante des bidonvilles qui ceinturent Casablanca. L’histoire de cette équipe est racontée par Moh qui veut être appelé Yachine, comme son idole, au point de devenir Yachine, vivant et mort, sans regret d’avoir eu une courte vie « content d’être loin des tôles ondulées, du froid, des égouts éventrés et de tous les miasmes qui ont habité mon enfance »
Il nous parle de Yemma, sa mère, sévère et tendre, crainte et adorée par ses nombreux fils (elle a mis au monde 14 garçons en 14 ans, un record !), de son frère protecteur Hamid, capable de tuer pour le venger. Les morts « accidentels » sont enterrés dans la décharge. Personne ne s’en inquiète : tant de personnes quittent le bidonville sans prévenir…
Nous découvrons un à un les copains et leur vie de misère : le beau Nabil, fils de Tamou la prostituée,qui aura honte de sa mère « je suis un fils de pute ! », Fouad le seul qui est allé à l’école, Ali qui n’est noir que parce qu’il travaille dans le charbon, Khalil qui avait une vie plus facile « avant », et d’autres encore. Délinquance de survie : bagarres, vols, viols, drogue, sniffe, pédophilie… « Au commencement il y a eu la décharge et la colonie de garnements qui germait dessus. La religion du foot, les bagarres incessantes, les vols à l’étalage et les courses effrénées, les avatars de la débrouille, le haschich, la colle blanche et les errances qu’ils entraînent, la contrebande et les petits métiers, les coups à répétition qui pleuvent, les fugues et leurs rançons de viols et de maltraitance… Au milieu de tout ce chaos étincelait un joyau tombé du paradis : Ghislane, ma tendre et belle amie. On ne sait pas comment elle avait atterri à Sidi Moumen, mais elle détonnait dans notre décor. Une fausse note à l’envers.» Yachine en tomba éperdument amoureux.
Le feu mis un jour au commissariat de police les libéra du commissaire appelé « doberman » qui, heureusement pour lui n’était pas présent ce jour. « Le commissariat de police ne fut pas reconstruit, et nul n’en souffrit outre mesure. Les différends entre les gens se réglaient alors soit par la médiation des vieux, soit à coups de poing à la décharge. Mais la vie à Sidi Moumen reprit peinardement son petit bonhomme de chemin. »
Puis ce fut un jour la rencontre de Hamid avec Abou Zoubeïr, et le début de l’endoctrinement programmé qui petit à petit a gagné toute l’équipe. Et tout changea. Yemma se félicita d’abord du changement : Hamid, l’enfant terrible ne se droguait plus, il a trouvé du travail, il est devenu sérieux. « Mais il n’était plus là. (…)il ne rentrait qu’à l’heure du dîner. Morte aussi l’ambiance joyeuse qu’il avait l’habitude de répandre à table, les histoires rocambolesques qui faisaient tant rire Yemma. »
Fini le foot, finies les bagarres et les rigolades. Toute l’équipe est prise en main par Abou Zouheïr et ses amis à qui ils veulent ressembler. Ils se laissent pousser la barbe, font leurs cinq prières, parlent de la grandeur de Dieu autour d’eux …. Zouheïr et ses amis leur organisent des vacances dans le Moyen Atlas, à eux qui n’ont jamais dépassé le mur du bidonville. En pleine nature, près du beau lac Dayet Aoua, dans une ambiance tantôt joyeuse, tantôt pieuse, leur préparation au "départ" se peaufine, et bientôt, lorsqu’ils comprendront quelle sera leur " mission ", ils l’accepteront tout naturellement... 
Les Etoiles de Sidi Moumen, roman de Mahi Binebine, Flammarion, janvier 2010. 17, 10 €
Biographie de Mahi Binebine
Mahi Binebine, romancier, peintre et sculpteur marocain, est né en 1959 à Marrakech.
En 1980, il s' installe à Paris et fait des études de mathématiques qu'il enseigne durant huit ans.
Il est passionné de peinture et d'écriture.
Il passe 6 ans à New York, ses peintures et sculptures sont réunies au musée Solomon R. Guggenheim.
On peut voir se œuvres en différents lieux à travers le monde   : Biennale de Venise, Galerie Ott, Düsseldorf, Museum of Contemporary Art, Washington D.C (1998), Tinglado4 Mll de Costa, Tragone, Palais des Congrès, Grasse (2001), Société Générale Marocaine des Banques, Musée de Marrakech (2002)...
 Espace Bellville , Paris; Mohssem Culturel D'Asilah (2000), Musée de Marrakech (2003), Puerto de las Artes , Huelva; Borj Al Arabe Dubaï (2001)...
Mahi Binebine a publié plusieurs romans notamment : Le sommeil de l'esclave(1992) qui a reçu le prix Méditerranée , Cannibales (1999), L'écriture au tournant, Les Funérailles de lait (1994), L'Ombre du poète (1997), Pollens (2001) qui a obtenu le prix de l'Amitié Franco-Arabe ...
Il vit à Marrakech depuis 2002.
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