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vendredi 2 novembre 2012

Tapis rouge pour un criminel de guerre

Tapis rouge pour un criminel de guerre

Par ISM-France, 1-11-2012


François Hollande a donc reçu le premier ministre de l'Etat sioniste mercredi 31 octobre à l'Elysée. Lors de la conférence de presse qui a suivi leur rencontre, les deux dirigeants ont fait assaut d'amabilités, exprimant leurs convergences de vues, entre autres sur l'Iran. Un Iran doté de l'arme nucléaire "est une menace qui ne peut pas être acceptée par la France", a déclaré F. Hollande. "Nous avons fait voter plusieurs sanctions et nous sommes prêts à en faire voter d'autres, autant qu'il sera nécessaire. Nous voulons avoir des actes et des gestes concrets" apportant "la preuve qu'il y abandon de cette recherche" d'une arme nucléaire, a-t-il ajouté. Faut-il rappeler à F. Hollande que la véritable menace, c'est l'arme nucléaire que détient l'Etat sioniste belliqueux, qui contrairement à l'Iran, refuse toute inspection de ses installations par l'AIEA et n'a pas signé le Traité sur la non-prolifération des armes atomiques ?
En prévision des prochaines élections législatives que l'Etat sioniste organisera le 22 janvier 2012, Netanyahu est venu sans vergogne faire son cirque sur la reprise du "processus de paix" et des négociations avec les Palestiniens, insistant sur sa détermination de les ouvrir "sans conditions", accusant ainsi implicitement les Palestiniens d'être les empêcheurs de faire la paix puisque le président de l'Autorité palestinienne Abbas refuse, depuis 2010, de les reprendre tant que l'expansion de la colonisation en Cisjordanie occupée ne sera pas gelée.
"Je n'ai aucune condition (...). Si vous voulez tester cela, le président Hollande peut inviter le président (de l'Autorité palestinienne Mahmoud) Abbas à l'Elysée, je le rencontrerai là,", a dit B. Netanyahu lors du point de presse.
"Voilà une belle proposition,", s'est empressé de répondre F. Hollande. Faut-il lui rappeler la colonisation acharnée de la terre palestinienne et les centaines de colonies illégales en pleine expansion qui hébergent plus de 500.000 envahisseurs proliférant et prospérant sur les terres volées aux Palestiniens indigènes ? Faut-il lui rappeler que les Palestiniens vivent quotidiennement sous le joug d'une occupation militaire impitoyable ? Faut-il lui rappeler qu'il ne pourra pas y avoir de "processus de paix" tant que justice ne sera pas rendue aux Palestiniens ?

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B. Netanyahu et F. Hollande, lors d'un point presse commun, le 31 octobre 2012 (CHAMUSSY/SIPA)
Toujours en symbiose touchante avec le criminel sioniste qui, il y a à peine deux semaines, autorisait une énième attaque de la Bande de Gaza qui a fait 15 martyrs et des dizaines de blessés, et qui en aurait fait sûrement beaucoup plus sans la riposte courageuse de la résistance palestinienne, Hollande a apporté son soutien à Netanyahu en conseillant aux Palestiniens de ne pas "aller chercher à l'ONU ce qu'ils ne peuvent pas obtenir par la négociation", faisant référence à la requête de l'autorité palestinienne d'un statut d'Etat non-membre à l'Assemblée générale des Nations-Unies, qui lui permettrait d'engager des procédures contre l'entité sioniste à la Cour pénale internationale, par exemple. Faut-il lui rappeler qu'un peuple occupé n'a pas à négocier avec son occupant, mais à s'en débarrasser par tous les moyens à sa disposition jusqu'à reconquérir son droit à l'auto-détermination et à vivre, dignement et librement, sur sa propre terre ?
Aujourd'hui à Toulouse, F. Hollande accompagne B. Netanyahu à une cérémonie d'hommage aux victimes juives de Mohammed Merah. Faut-il lui rappeler qu'en mars dernier, à Toulouse et à Montauban, ce ne sont pas uniquement un enseignant et trois enfants franco-israéliens qui ont été tués, mais aussi Imad Ibn-Ziaten, Abel Chennouf et Mohamed Legouad (photos ci-dessous), tous trois français d'origine maghrébine ?

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Que Netanyahu ne veuille se recueillir que devant des victimes juives, soit. Qu'attendre de plus du dirigeant d'une petite entité coloniale qui s'acharne depuis plus de 60 ans au nettoyage ethnique d'un peuple indigène ? Mais que le Président français se prête à une instrumentalisation islamophobe téléguidée par un chef d'Etat étranger, c'est inacceptable. Et c'est un signe de plus qu'une partie de la gauche française reste gangrénée par l'idéologie colonialiste.
Les militants pro-palestiniens ont réagi dignement devant ces parades écœurantes. Des centaines de manifestants se sont rassemblées à Paris, Toulouse et Montauban, pour protester contre la visite du chef de l'entité raciste, génocidaire et illégitime et lui crier haut et fort qu'il n'est pas le bienvenu.

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Paris, Place de l'Opéra, mercredi 31 octobre
A Paris, les manifestants brandissant des drapeaux palestiniens ont scandé : "Netanyahu casse-toi, la Palestine n'est pas à toi", "Nous sommes tous des Palestiniens" et exigé la fin du blocus de Gaza et de la colonisation.
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A Toulouse, Place du Capitole
A Toulouse et à Montpellier, c'est aux cris de "Etat d'Israël Etat criminel, Hollande complice", "Sionistes racistes, c'est vous les terroristes" ou "Il doit finir le temps des colonies, Israël hors de Palestine" que les manifestants ont protesté contre la politique de l'Etat d'apartheid
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Place de la Comédie, à Montpellier

vendredi 28 septembre 2012

La pitrerie de Bibi en mondovision

Souvenez-vous: c'était le Le 5 février 2003, devant le Conseil de Sécurité de l'ONU. Colin Powell  projetait en mondivision sur grand écran les "preuves" sur l'existence d'armes de destruction massive en Irak. Preuves qui devaient s'avérer être des mensonges. Le bon général, après avoir demandé des explications à la CIA, qui l'aurait manipulé (sic...), a disparu des écrans du monde et sera rapidement oublié.

Comparez maintenant la performance de Powell, qui, au moins, avait de la gueule, avec la grotesque pitrerie de Bibi, qui a confondu l'Assemblée générale des Nations unies, censée représenter l'ensemble de l'espèce humaine, avec une salle de classe d'école maternelle sioniste. Illustration éclatante du mépris qu'ont les sionistes pour l'humanité.

Une telle pitrerie a de quoi rendre sympathique le petit Mahmoud, qui est vraiment d'un autre calibre.




lundi 4 juillet 2011

Le mariage à la grecque de Netanyahou

par Barak Ravid ברק רביד ? Haaretz, 1/7/2011. Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala
Netanyahou a investi au cours des 18 derniers mois dans les relations avec la Grèce. Il a gagné son pari : la Grèce vient de bloquer dans ses ports les bateaux de la Flottille pour Gaza.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou apparaît généralement comme trop “sûr de lui de dominateur”. Mais cette fois-ci, son arrogance semble quelque peu justifiée. Son investissement personnel dans les relations avec le  Premier ministre grec Georges Papandréou, au cours des 18 derniers mois, durant lesquels il a multiplié les liens diplomatiques avec ce pays européen plongé dans la crise, semble avoir porté le coup de grâce à la Flottille pour Gaza.
 
Dans un discours prononcé jeudi soir lors de la remise de diplômes de l'École des pilotes des forces aériennes israéliennes, Netanyahou a évoqué les efforts diplomatiques déployés pour empêcher la Flottille de Gaza de prendre la mer. Le seul dirigeant dont Netanyahou a mentionné le nom dans son discours a été celui du Grec Georges Papandréou.
 
La veille, le Premier ministre israélien s'était entretenu avec son homologue grec, le suppliant d'émettre un ordre pour interdire aux bateaux d'appareiller de Grèce vers la Bande de Gaza.

Contrairement à d’autres occasions dans le passé, Papandréou a répondu positivement, et un haut responsable israélien impliqué dans les pourparlers entre le Premier ministre grec et Netanyahou a déclaré qu'Israël savait dès jeudi après-midi que la Grèce prévoyait de bloquer le départ des bateaux depuis ses ports.
 
L’idylle entre Netanyahou et Papandréou a commencé en février 2010, lorsque les deux hommes se sont rencontrés par hasard au restaurant Pouchkine à Moscou. Netanyahou a profité de cette occasion pour discuter avec le Premier ministre grec de la position extrémiste de la Turquie  contre Israël et ils sont vite devenus amis.

Les deux dirigeants israélien et grec se sont parlé, depuis leur rencontre à Moscou, au moins une fois par semaine.

La Flottille turque pour Gaza de mai 2010 a provoqué de vives inquiétudes dans les rangs des services de renseignement et de l’armée en Grèce, qui ont commencé à faire pression sur le gouvernement pour qu'il renforce ses liens diplomatiques avec Israël. Papandréou s’est laissé facilement convaincre.
 
En juillet 2010, il est arrivé à Jérusalem, la première visite officielle d'un Premier ministre grec en Israël en 30 ans. Quelques semaines plus tard, Netanyahou s’est rendu à Athènes, et il a passé une journée entière avec Papandréou et d'autres responsables grecs sur une île voisine de la capitale.
Ile de Poros, 17 août 2010: Papandréou offrant une petite croisière à Netanyahou à bord d'une des trois vedettes  lance-missiles achetées par la Grèce à Israël six ans auparavant. Ces dames étaient aussi de la partie.

Des diplomates israéliens peuvent attester que l'amitié florissante entre les deux pays au cours des 18 derniers mois a été rien moins que spectaculaire. Les échanges de renseignements se sont intensifiés, les forces aériennes israélienne et grecque ont mené une série d’exercices communs et Netanyahou a demandé l'aide de Papandréou pour faire passer plusieurs messages au Président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.
 
Une bonne partie des discussions entre Netanyahou et Papandréou au cours des derniers mois, ont tourné autour de la grave crise financière que la Grèce subit actuellement. Netanyahou a récemment décidé de venir en aide à son nouvel ami lors d'une réunion de ministres des Affaires étrangères et de dirigeants européens, les suppliant de fournir une aide financière à la Grèce.

“Netanyahou est devenu le lobbyiste de la Grèce auprès de l'Union européenne”, dit un diplomate israélien.
 
Ces dernières semaines, lorsque les efforts pour empêcher le départ imminent de la Flottille pro-palestinienne pour Gaza ont atteint leur paroxysme, Netanyahou a récolté les fruits de son investissement dans les liens Israël-Grèce et son pari sur ce pays européen a payé.

Il a pu créer une alternative viable aux relations avec la Turquie sous plusieurs aspects, montrant à Erdogan qu'Israël n'hésitera pas à se rapprocher de son pire ennemi en Occident.

Et à l’heure de vérité, la Grèce s’est exécutée et a ordonné le blocage de tous les départs de ses ports vers Gaza. La décision de la Grèce, avec l'annonce de la Fondation d'aide humanitaire turque IHH qu'elle n'enverrait pas le Mavi Marmara, et la déclaration du Président de Chypre interdisant aux bateaux d'appareiller pour Gaza ont scellé le sort de la Flottille presque définitivement.
 
“Les organisateurs de la Flottille n'ont pas tenu compte du fait que la Grèce de juillet 2011 n'est pas celle de mai 2010”, dit un haut responsable israélien qui a travaillé intensivement, ces derniers mois, à  empêcher la mission de la Flottille pour Gaza d'avoir lieu.

“Aujourd'hui, c’est une autre Grèce à laquelle Israël a à faire”, ajoute-t-il. “Les organisateurs de la Flottille ne l'ont pas compris, et aujourd'hui ils en paient le prix”.

lundi 1 février 2010

La commémoration de l’Holocauste : une occasion en or pour la propagande israélienne

par גדעון לוי Gideon LEVY, 28/1/2010. Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original : Haaretz-Holocaust remembrance is a boon for Israeli propaganda
Das Holocaust-Gedenken ist ein Segen für Israels Propaganda

El recuerdo del Holocausto es un regalo para la propaganda israelí

Les grosses légumes d’Israël ont attaqué à l’aube sur un vaste front. Le Président en Allemagne, le Premier ministre, à la tête d’une énorme délégation, en Pologne, le ministre des Affaires étrangères en Hongrie et son adjoint en Slovaquie, le ministre de la Culture en France, le ministre de l’Information aux Nations unies, et même le député druze du Likoud à la Knesset, Ayoub Kara, en Italie. Ils sont tous partis faire des discours affligeants sur l’Holocauste.
Mercredi [27 janvier] était la Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'Holocauste , et on n’avait pas vu une telle campagne de relations publiques israéliennes depuis belle lurette. Le moment choisi pour ce rush inhabituel - jamais autant de ministres n’avaient été déployés simultanément à travers le monde - n’est pas fortuit : quand le monde parle de Goldstone, nous parlons d’Holocauste, comme pour brouiller les cartes. Quand le monde parle d’occupation, nous parlons de l’Iran, comme si nous voulions la lui faire oublier.
 Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu speaks in the former Nazi Death Camp Auschwitz Birkenau during solemn ceremonies  marking 65 years since the camp was liberated by the Red Army, Wednesday, Jan. 27, 2010, in Oswiecim, southern Poland. 
AP Photo

Netanyahou à Auschwitz
Ça ne sera pas d’un grand secours. La Journée internationale de commémoration de l’Holocauste est passée, les discours seront vite oubliés, et la déprimante réalité quotidienne restera. Israël n’en sortira pas avec une bonne mine, même après sa campagne de relations publiques.
La veille de son départ, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a parlé à Yad Vashem. « Il y a du mal dans le monde», a-t-il dit. « Le mal doit être étouffé dans l’œuf. » Certains « tentent de nier la vérité ». De grands mots, prononcés par la même personne qui, la veille seulement, pas vraiment dans le même souffle, avait prononcé de tout autres paroles, des paroles du mal, du mal véritable, du mal qui devrait être étouffé dans l’œuf, celui qu’Israël essaie de cacher.
Netanyahou parlait d’une nouvelle « politique d’immigration », une politique qui incarne le mal. Il a amalgamé avec malveillance, les travailleurs immigrés et les malheureux réfugiés – mettant en garde contre le danger qu’ils représentent pour Israël, en faisant baisser nos salaires, en nuisant à à notre sécurité, en faisant de nous un pays du tiers-monde et nous apportant de la drogue. Il soutenait avec ardeur notre ministre raciste de l’Intérieur, Eli Yishai, qui, a parlé des immigrés comme propagateurs de maladies telles que l’hépatite, la tuberculose, le Sida et Dieu sait quoi encore.
Aucun discours sur l’Holocauste n’effacera ces mots d’incitation à la haine et de diffamation à l’encontre des immigrés. Aucun discours de commémoration ne masquera la xénophobie qui a redressé la tête en Israël, et pas seulement à l’extrême-droite comme en Europe, mais à travers tout le gouvernement.
Nous avons un Premier ministre qui parle du mal mais qui érige une barrière pour empêcher les réfugiés de guerre de frapper à la porte d’Israël. Un Premier ministre qui parle du mal mais qui prend part au crime du blocus de Gaza, aujourd’hui dans sa quatrième année, laissant un million et demi de personnes dans des conditions honteuses. Le Premier ministre d’un pays dont les colons perpètrent des pogroms contre des Palestiniens innocents avec la devise « price tag » (« étiquette de prix »=le prix à payer), qui a aussi aussi une connotation historique horrible, mais contre lesquels l’Etat ne fait pratiquement rien.
C’est le Premier ministre d’un État qui arrête des centaines de manifestants de gauche qui se battent contre les injustices de l’occupation et la guerre à Gaza, alors qu’il pardonne en masse aux gens de droite qui ont manifesté contre le désengagement. Son discours d’hier, dans lequel Netanyahu a assimilé l’Iran fondamentaliste à l’Allemagne nazie, n’était que de la propagande de bas étage. Une vraie « banalisation de l’Holocauste ». L’Iran n’est pas l’Allemagne, Ahmadinejad n’est pas Hitler, et les mettre sur le même pied n’est pas moins faux que d’assimiler les soldats israéliens aux nazis.
L’Holocauste ne doit pas être oublié et il n’est pas nécessaire de le comparer avec quoi que ce soit d’autre. Israël doit participer aux efforts pour garder son souvenir vivant, mais pour cela, Israël doit présenter des mains propres, lavées du mal de leurs propres actes. Et il ne doit pas éveiller le soupçon qu’il utiliserait cyniquement la mémoire de l’Holocauste pour occulter et brouiller d’autres choses. Malheureusement, ce n’est pas le cas.
Comme cela aurait été magnifique si, à l’occasion de cette Journée internationale du souvenir, Israël avait pris le temps de faire son examen de conscience et de se demander, par exemple, comment il se fait que l’antisémitisme ait pu redresser la tête dans le monde, juste l’année écoulée, celle qui a suivi nos bombardements au phosphore blanc sur Gaza. Comme cela aurait été magnifique si, pour cette Journée internationale de commémoration de l’Holocauste, Netanyahou avait annoncé une nouvelle politique, une politique pour intégrer les réfugiés au lieu de les expulser, ou s’il avait levé le blocus de Gaza.
Mille discours contre l’antisémitisme n’éteindront pas les flammes allumées par l’opération Plomb durci, qui menacent non seulement Israël mais l’ensemble du monde juif. Aussi longtemps que Gaza restera sous blocus et qu’Israël s’enfoncera dans sa xénophobie institutionnalisée, le discours sur l’Holocauste restera creux. Aussi longtemps que le mal sera rampant, ici, chez nous, ni le monde ni nous-mêmes ne serons en mesure d’accepter les prêchi-prêcha que nous assénons aux autres, même s’ils les méritent.

jeudi 28 janvier 2010

L’intifada qui vient et l’inéluctable réconciliation (entre Hamas et Fatah)

par عبد الباري عطوانAbdelbari  ATWAN , 26/1/2010. Traduit par Tafsut Aït Baamrane, Tlaxcala

  الانتفاضة آتية والمصالحة حتمية
Le sénateur George Mitchell, envoyé spécial du président Obama pour le Moyen-Orient, a conclu son dernier voyage sans atteindre le but recherché : la possibilité d’une reprise des négociations entre l’Autorité palestinienne et le gouvernement israélien, qui était l’objectif principal de sa tournée.

Trois raisons principales ont conduit à l’échec de cette tournée de l’émissaire, rentré les mains vides à Washington :
1°- La déclaration par  Benjamin Netanyahou, Premier ministre israélien, de sa volonté de maintenir toutes les principales colonies juives de Cisjordanie et le contrôle total d’Israël sur la vallée du Jourdain, c’est-à-dire la frontière orientale d’un État palestinien, au cas où celui-ci verrait le jour suite à un accord entre les deux parties ;
2°- L’insistance du Président Abbas à ne retourner à la table de négociation qu’après un engagement de Netanayahou et de son gouvernement à geler les colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est occupée et  à établir des termes de référence et un calendrier précis pour des négociations bénéficiant de garanties internationales ;
3°- Le commentaire du président US Barack Obama, reconnaissant que son administration avait mal évalué les obstacles se dressant sur le chemin du processus de paix et que le rôle des USA était limité, du fait qu’il avait cédé aux pressions israéliennes en faveur d’un renoncement à l’exigence de gel des colonies, dont il avait auparavant dit que c’était une condition sine qua non de reprise du processus de paix.

L’échec officiellement déclaré du sénateur Mitchell signifie qu’un vide politique –certains parlent de rigidité – s’est créé et que  l’option arabe d’une solution pacifique s’est effondrée, l’initiative de paix arabe étant devenue caduque.

Jeu de cartes pour tuer le temps en période de vide politique
En haut à droite : Irak
En bas à droite : Palestine
En bas à gauche : Liban


Les expériences passées dans la région arabe et ailleurs nous enseignent que la nature a horreur du vide politique, qui ne fait pas long feu, des changements venant le combler d’une façon ou d’une autre. La région arabe, qui a vécu pendant environ 20 ans sur un processus de paix illusoire, ne peut pas s’en passer, parce que les régimes arabes ne veulent tout simplement pas penser à une alternative ou à un « plan B », comme c’est l’usage dans les pays civilisés.
L’Autorité palestinienne a évoqué, avec une « timidité extrême » l’éventualité de déclencher une intifada pacifique en Cisjordanie, c’est-à-dire d’ordonner des manifestations pacifiques, des protestations, des actions de désobéissance civile, avec peut-être un retour à « l’arme des pierres », s’inspirant ainsi de l’expérience de la première intifada qui a conduit l’Autorité palestinienne à s’installer à Ramallah il y a seize ans.
Si nous parlons de « timidité extrême », c’est que lorsque la première intifada avait éclaté il ya 22 ans, il n’existait pas d’ Autorité palestinienne financée par les donateurs internationaux, dont les forces police et de sécurité étaient supervisées le général US Dayton, sans parler des cartes de VIP pour les grandes personnalités. Il n’y avait alors ni gouvernement ni ministres, ni présidence installée à la Mouqataa.

Sur le personnage : Autorité palestinienne
Sur l’affiche Wanted : Paies de fonctionnaires

L’Autorité vit une crise sans précédent car son soutien à une nouvelle intifada pourrait signifier son autodissolution et ramener la  Cisjordanie à son état antérieur de territoire directement occupé par les forces israéliennes, sortant d’une occupation camouflée, et dont  l’occupation  israélienne prendrait la responsabilité de l’administration en totalité, se chargeant de procurer sécurité, eau, électricité, et santé aux trois millions de Palestiniens.

Le Président Abbas est actuellement confronté à la même conjoncture que le défunt président Arafat après l’échec des négociations de Camp David, immédiatement après son rejet de spressions US por qu’il accepte un compromis proposé par Bill Clinton, à une différence essentielle près : le Président Yasser Arafat, dès son retour, avait choisi, lui, d’opter pour la résistance, en créant les Brigades de Martyrs d’Al Aqsa et renforçant les liens avec le Hamas et le Jihad islamique et en envoyant des émissaires au Liban, en Iran et ailleurs, pour se procurer des armes.

Le Président Yasser Arafat a payé cher ce choix : blocus, isolement dans son QG à Ramallah pour finir en martyr empoisonné. Il prévoyait – que Dieu lui accorde miséricorde – cette fin honorable et il a eu ce qu’il voulait.

Nous ne savons pas jusqu’à quand  le Président Abbas campera sur sa position actuelle consistant à refuser de négocier si la  condition de gel des colonies n’est pas satisfaite. Les pressions arabes sur lui à cet égard sont plus fortes que celles des Usaméricains et de leurs alliés européens. Mais tout ce que ne savons – et il le sait, lui aussi, c’est que la probabilité de sa résiliation et de sa révocation figure déjà dans l’agenda de l’administration US et de ses alliés européens, et on ne serait pas surpris d’apprendre qu’ils ont se sont mis à la recherche d’un successeur dès qu’il eut annoncé qu’il ne se présenterait plus à l’élection présidentielle à venir. Madame Clinton lui avait alors répondu qu’elle n’était pas « peinée » de son départ et qu’elle était prête à poursuivre sa collaboration avec lui, quel que soit le nouveau poste qu’il occuperait.

La scène palestinienne est « triste » à tous les niveaux : le Président a dépassé  le terme de son mandat et il n’a pas l’intention de se présenter à la prochaine élection, dont nul ne sait quand elle aura lieu ; le Conseil législatif élu a aussi perdu toute légitimité, ayant dépassé la durée de sa législature et aucune élection ne se profilant à l’horizon pour le remplacer. Il en va de même pour toutes les instances de l’OLP, que ce soit le Conseil national, le Conseil  central ou le Comité exécutif.

Israël aussi vit un véritable dilemme : il est haï et condamné à l’échelle planétaire pour avoir commis des crimes de guerre à Gaza et le maintien de son blocus de Gaza n’a fait qu’envenimer les choses.  À cela s’ajoutent la détérioration de ses relations avec la Turquie et la fin des négociations avec la Syrie, accroissant son isolement régional, en plus de son isolement international. Netanyahou avait hâte de reprendre les négociations à ses propres conditions, non pour parvenir à un règlement mais pour gagner du temps, corriger l’mage d’Israël, atténuer la haine, prolonger la durée de vie de son gouvernement, fournir une couverture à la poursuite de l’implantation de colonies et avaler ce qui reste de Jérusalem-Est. Ses ambitions se sont évaporées, du moins pour le moment, et il doit chercher à son tour un moyen de sortir de l’impasse.

L’histoire nous enseigne également que le recours à la guerre est l’éternel choix de sortie de crise d’Israël. C’est ce qu’a fait Menahem Begin, face à l’intensification de la résistance au Liban, quand il a envahi ce pays à l’été 1982. C’est ce qu’a fait Barak, attaquant la bande de Gaza pour effacer sa défaite humiliante au Sud-Liban. C’est ce que pourrait faire Netanyahou dans les semaines ou les mois à venir : une nouvelle agression contre le Liban ou la Bande de Gaza ou les deux à la fois. Il est en ce moment en train de chercher les prétextes  et son gouvernement aura peut-être l’audace de les fabriquer ; un encouragement décisif à Netanyahou pourrait venir de l’appui arabe, qui est clair et net. On n’a pas entendu protester un seul État arabe, à l’exception de la Syrie, et demander la levée du blocus sur Gaza et l’arrêt de la construction du mur d’acier sur la frontière égyptienne afin d’’asphyxier un million et demi de Palestiniens. Ce dernier pourrait être un feu vert du gouvernement égyptien au gouvernement israélien, au cas où celui-ci enverrait ses chars à Gaza.

Le Président Moubarak n’avait jamais auparavant attaqué le Hamas avec une telle virulence comme il l’a fait dans son discours du Jour de la Police (sic) et on a même entendu certains dirigeants égyptiens menacer d’envahir et de détruire la Bande de Gaza en punition pour le meurtre d’un soldat égyptien à a frontière il y a trois semaines.

Ce qui nous conduit à penser qu’il existe un plan arabo-israélo-US de « solution finale » militaire de la « question de Gaza » (le pouvoir du Hamas), après l’échec de la politique consistant à affamer Gaza par le blocus, dans le but de voir les Gazaouis se retourner et se soulever contre le Hamas. En outre, le fait que la reconstruction des 60 000 logements détruits par l’agression de l’année dernière n’ait pas encore été entamée ne peut signifier qu’une chose : une entente pour laisser les choses en l’état dans l’attente de la « solution » militaire israélienne.

Une nouvelle attaque de la bande de Gaza ne sera pas facile et aggravera le dilemme israélien. La précédente agression n’a pas mis fin à « l’Autorité du Hamas », elle n’a pas provoqué de révolte contre celle-ci ni n’a fait disparaître la « culture de la résistance », mais a eu un effet contraire.

Le peuple de Gaza résistera à l’agression comme il l’a fait durant la précédente et il continuera la résistance si jamais les troupes israélienne décident de rester dans la Bande pour longtemps.
Des leçons ont été tirées de la dernière agression et sans doute assimilées : on s’en apercevra au cas où Netanyahou s’entêterait et passerait des menaces aux actes.
La réconciliation interpalestinienne est plus proche que jamais, surtout si Abbas maintient sa position et si le Fatah décide d’allumer la mèche de l’intifada pacifique en Cisjordanie, retirant son épingle du jeu des négociations absurdes et revenant à ses origines de chef de file de la résistance.

Le compte à rebours pour une telle réconciliation est, à notre avis enclenché ou il devrait l’être – sur une plateforme de résistance, qu’elle soit pacifique ou armée.

Ce serait la seule issue convenable et efficace.

vendredi 13 novembre 2009

Du fleuve à la mer

par Gilad Atzmon, 11/11/2009. Traduit par Fausto Giudice




Cessons une bonne fois pour toutes de nous bourrer le mou sur l'Amérique augmentant-la-pression-sur-Israël-pour-qu’il-gèle-les-colonies-en-Cisjordanie. Toute la fascination pour ce sujet est un pur produit des labos des docteurs folimage sionistes. Elle a pour but de détourner l'attention de la cause profonde du conflit: le vol de la Palestine et des Palestiniens au nom d'un «retour des Juifs à la maison». L'appel à arrêter les constructions israéliennes en Cisjordanie ne vise qu’à nous donner la fausse impression que le vol de la Palestine a commencé en 1967. Les faits sont connus de beaucoup d'entre nous, mais pas de tous. C’est en 1948 que la grande majorité des Palestiniens ont été expulsés de leurs villes, villages, champs et vergers.

Ce qui se présente comme une initiative de paix usaméricaine mettant la pression sur Israël pour qu’il mette un terme à son expansion en Cisjordanie est en fait un agenda promu par les sionistes au sein de l'administration usaméricaine qui se rendent compte, tout comme Sharon vers la fin (de sa carrière), que la seule chance pour l'État juif de survivre à la prochaine décennie, est de rétrécir aux dimensions d’un petit shtetl (ghetto). La solution à deux États est en effet le dernier effort pour maintenir en vie le sionisme.

Netanyahu est loin d'être stupide. Il comprend tout ça. Il sait que le rêve de son père du révisionniste sioniste de père (Benzion Mileikowsky alias Netanyahou, secrétaire de Ze'ev Jabotinsky) d’un «grand Eretz Israel» est inaccessible.

Haaretz rapporte aujourd'hui que le Premier ministre israélien, à Washington, a admis qu'il était résolu à la solution de «deux États vivant côte à côte». Toutefois, il a souligné que «le droit des réfugiés palestiniens à retourner dans leurs foyers dont ils ont été expulsés, ne serait pas mis sur la table. » Apparemment, un Premier ministre faucon israélien affronte délibérément le péché originel d'Israël à savoir l'expulsion de la grande majorité des Palestiniens. Toutefois, le fait qu'il insiste pour dire qu'il ne sera pas « mis sur la table » ne peut signifier qu’une chose : qu’il est déjà sur la table. "Ils", poursuit M. Netanyahu, "doivent abandonner le fantasme d’une invasion d’Israël par des réfugiés, renoncer aux revendications irrédentistes * sur le Néguev et la Galilée, et de déclarer sans équivoque que le conflit est bel et bien terminé ".

De toute évidence, M. Netanyahou exprime ici le souhait qui est partagé par la plupart sinon par tous les Israéliens. Ils rêvent tous d'ouvrir leurs yeux un beau matin, pour découvrir que tous les Goyim, les Palestiniens, les Arabes et les Musulmans viennent de quitter la région.

Je tiens à signaler à Netanyahu et à tous les Israéliens qui veulent bien l'entendre que cela ne va pas se passer comme ça. Autant une invasion de «réfugiés» palestiniens est un cauchemar ancré chez les Israélien, il est loin d'être un fantasme palestinien. C’est plutôt une réalité qui attend son heure. Israël a perdu sa chance de se réconcilier avec ses voisins. Il a échoué à régler son conflit avec le peuple autochtone de cette terre. Le sort d'Israël sera déterminé par les «faits sur le terrain» à savoir la démographie. En termes de réconciliation, Israël a passé la zone non-retour. Son sort est scellé. Une Palestine du fleuve à la mer n'est plus une question de 'si', mais plutôt une question de 'quand'.
Contrairement à la plupart des Israéliens qui rejettent la cause palestinienne, M. Netanyahou a admis aujourd'hui que les Palestiniens ont effectivement été expulsés. Pour la première fois les « revendications irrédentistes» des Palestiniens sont évoquées par un Premier ministre israélien. Et pourtant, M. Netanyahu et ses gens devraient cesser de se faire des illusions. Ce n'est pas seulement du Néguev et de la Galilée qu’il s’agit. Il s’agit en effet de chaque bout de terre entre le fleuve et la mer: Tel Aviv, Jérusalem, Haïfa, Beer Sheva et chaque village, verger, terrain, rivière et arbre entre les deux. La seule question qui reste ouverte est : combien de temps faudra-t-il pour que le Shekel s’effondre ? Combien de temps faudra-t-il aux Israéliens pour saisir qu'ils habitent sur des terres volées? Combien de temps faudra-t-il avant que les Israéliens se rendent compte que la bataille est perdue? Combien de temps faudra-t-il pour que les Israéliens intériorisent le fait évident qu'ils ont une fois de plus réussi à se placer sur le mauvais côté de leurs voisins?

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* Irrédentiste: quelqu’un qui prône la récupération culturelle et historique de son territoire.

mardi 25 août 2009

Il faut sauver Israël de son gouvernement

Helle Klein, rédactrice politique en chef du quotidien suédois Aftonbladet, revient une fois de plus sur le scandale des vols d'organes de Palestiniens et la campagne menée par le gouvernement Netanhyaou-Lieberman-Ya'alon contre la Suède, dans un éditorial daté du lundi 24 août 2009, qu'on peut lire en français ici.

lundi 15 juin 2009

Valse avec Bibi


par Gilad Atzmon, 15/6/2009. Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original : Palestine Think Tank-Waltz With Bibi


Une vieille blague israélienne :
Colon de droite : L'été prochain, on va expulser tous les Palos qui traînent encore dans notre pays.

Israélien de gauche : D'accord, mais assurez-vous bien que vous utiliserez des bus à air conditionné.


Le discours de Netanyahou aujourd'hui nous a montré une fois de plus que la polarité politique juive est un mythe, il n'existe rien de tel .

Discours de Netanyhaou, par Emad Hajjaj


Une fois que la soupe politique sioniste est prête à être servie, il n'y a aucune différence entre Benyamin Netanyahou et la soi-disant "gauche israéliénne".

Ils disent tous OUI à un État palestinien et NON au droit du retour, car tous ce qu'ils veulent, en réalité, c'est "l'État -pour-les-seuls-Juifs".

Il y a quelques mois nous npus demandions où était la "gauche" israélienne, si jamais rien de tel a existé. Maintenant, il faut bien nous demander où est la "droite".

De fait, tout ce que vous avez en Israël, ce sont des racistes enragés de droite. Des gens qui croient dans le bizarre droit des juifs de célébrer leurs apsirations nationales au détriment d'autrui.



Ils croient tous en l'isolement et en la ségrégation des juifs. Tout ce qu'ils veulent, c'est un ghetto juif blindé planté dans la Palestine historique. Ils veulent être entourés par de hauts murs de séparation. Ils se fichent éperdument de savoir s'il y a un État palestinien de l'autre côté de ces murs, pourvu qu'ils n'aient pas à le voir, à le sentir ou à l'entendre. Peu leur chaut d'un État palestinien pourvu qu'il nait pas la propriété de son ciel et qu'ils puissent continuer à lui pomper toute son eau.

Fait intéressant, dans cette histoire ils oublient tout simplementq u'ils ne sont pas seuls, qu'il y a aussi les Palestiniens.



Quelque part ils oublient que c'est en fait aux Palestiniens de dire s'ils accep^ent l'existence d'un État juif sur leur terre, sur leurs villes, villages, champs et vergers, le long de leurs rivières et de leurs côtes.

Franchement, je ne crois pas que cela arrivera jamais.

Il ya déjà un bon moment que l'État juif a atteint la zone de non-retour, sa désintégration est imminente. Et même Barack Obama ne sera pas en mesure de le sauver.



mercredi 20 mai 2009

Palestine/Israël : Le mirage des deux États

par Alan SABROSKY, 10/5/2009. Traduit par Marcel Charbonnier. Édité par Fausto Giudice, Tlaxcala.Original : The Two-State DelusionAlan Sabrosky, Docteur de l’ Université du Michigan, est vétéran du Corps des Marines des USA, où il a servi dix ans. Il est diplômé de l’US Army War College (Collègue de guerre de l’armée US).
Voici que le monde, une fois encore, est gratifié d’un énième round de cette mascarade appelée « processus de paix » israélo-palestinien…
Les « suspects habituels » prennent la pose, des annonces sont faites, des discours sont prononcés, des indices et des rumeurs autour d’un soi-disant « durcissement » de l’approche usaméricaine d’Israël font l’objet de fuites volontaires en direction de la presse. Nous sommes supposés penser que quelque chose de différent va arriver et que, comme le dit la vieille chanson populaire usaméricaine, « Les temps, y sont en train d’changer » [The times, they are a-changin’].
Mise en scène
Absurde. Tout ce cinéma me rappelle ce que l’armée soviétique, dans le temps, appelait une maskirovka, c’est-à-dire une sorte de mascarade stratégique complexe et bodybuildée, dans laquelle des acteurs très bien entraînés jouaient leur script devant un public absolument pas dupe et totalement impliqué, dont faisaient partie le chef du Conseil National de Sécurité américain et ses mémorandums « fuités ». Sans doute quelques mots un peu plus durs que ce qu’il avait l’habitude d’entendre ont-ils été dits à Netanyahou (ou d’autres Premiers ministres israéliens), mais ce n’était pas la première fois que ça arrivait.
L’ex-président Reagan était très pro-israélien, mais il avait été tellement ulcéré par l’invasion du Liban, en 1982, qu’il aurait (dit-on) engueulé le Premier ministre israélien de l’époque, Begin, et qu’il a déployé des Marines, avec un soutien naval, afin de bloquer l’avance des Israéliens autour de Beyrouth. Sans nous appesantir ici sur la manière dont l’intervention israélienne s’est conclue, rappelons qu’il y a eu des occasions où des Marines usaméricains et des militaires israéliens ont été au bord d’échanges de tirs à volonté, et plusieurs officiers de la Marine US, qui étaient présents là-bas, m’ont assuré qu’ils étaient totalement préparés à en découdre avec « Tsahal » si on le leur avait demandé, et que la Sixième Flotte avait des ordres permanents de se rendre sur le terrain des opérations au cas où cela se serait produit – vieux rappel de 1967, où elle avait dû rester les bras croisés face à une attaque aérienne israélienne délibérée contre le navire USS Liberty, qui avait abouti à plus de deux cents marins et Marines usaméricains blessés ou tués.
Aujourd’hui, cela serait totalement impossible, bien entendu, car, sinon, l’US Navy et le Corps des Marines auraient effectué une percée à travers le blocus israélien contre Gaza, et ils auraient mis rapidement un terme à l’agression israélienne d’il y a quelques mois. Mais ils ne l’ont pas fait, et le Président Obama ne les auraient pas envoyés mater Israël non plus, d’ailleurs – la plupart du reste du monde a été horrifié par la brutale agression israélienne, qui a tué plus de 1 400 Palestiniens et blessé plusieurs milliers d’entre eux, en majorité des femmes et des enfants, mais Obama se contente de parler de l’engagement immortel de l’Amérique à défendre « notre allié sûr, Israël », tandis que le Congrès US déclame son soutien au « pauvre, courageux petit Israël » (sic !) et continue à voter des aides de plusieurs milliards de dollars d’aide à ce pays. Ce qui va se passer ? Je vais vous le dire : il va y avoir des histoires, qui vont filtrer, n’en doutons pas, au sujet de conversations « amicales et franches » entre Obama & Netanyahou, après quoi, après avoir grommelé juste le temps nécessaire, Netanyahou va accepter à son corps défendant des négociations conduisant à une solution à deux États, il sera alors encensé en tant qu’ « homme de paix » (exactement comme Sharon ; vous voyez le genre ?). Ensuite, on laissera cette marmite mijoter et mijoter et mijoter, jusqu’à ce que tant Obama que Netanyahu quittent la scène.

Quels deux États ?
Soit dit en passant, ladite solution des deux États est un cadavre flottant entre deux eaux, et étant donné ce qu’est l’attitude d’Israël, elle l’a vraisemblablement toujours été, depuis l’origine. Pour qu’elle soit viable, trois conditions devraient impérativement être réunies. Primo : toutes les colonies israéliennes devraient avoir été démantelées en Cisjordanie, et les réfugiés palestiniens devraient avoir été autorisés à retourner chez eux, sans interférence israélienne. Cela n’est pas demain la veille. Secundo : un État palestinien viable aurait dû être suffisamment armé afin d’obliger Israël à y réfléchir à dix fois avant de procéder à une frappe militaire comme celle qu’il a lancée contre Gaza, où que ce soit. Et enfin, tertio : un État palestinien viable devrait avoir d’autres pays qui lui servent de garant militaire, en cas d’agression contre lui.

Un acteur clé

Regarder plus loin que le zombie politique des deux États requiert de vous que vous observiez les acteurs clés. Mis à part leur appauvrissement, leur séparation géographique et leur vulnérabilité, les seules cartes dont les Palestiniens disposent sont une volonté de persévérer et une égale volonté de mourir. L’Autorité palestinienne mort-née est à ce point inutile, et ses hauts dirigeants – qu’il s’agisse d’Arafat ou d’Abbas – ont été à ce point désastreux, que je n’arrive pas à trancher la question de savoir si elle et ils sont des créatures du Mossad, ou si elle et ils ont seulement été tolérés afin de s’assurer que rien de positif ne puisse jamais advenir.
Pour les Palestiniens, le Hamas est bien préférable, à l’évidence : c’est la raison pour laquelle il a remporté les élections, voici de cela quelques années, et c’est pour cette raison, surtout, que les lobbys israéliens, aux USA et ailleurs, ont fait de sa présence à des négociations quelque chose de rien moins qu’impensable
Israël est en lui-même un cas d’école fascinant illustrant le fait qu’un peuple acquiert bien souvent les pires habitudes de ses oppresseurs. En effet, l’attitude dominante dans la société israélienne voit les Arabes (de manière générale) et les Palestiniens (en particulier) exactement de la même manière dont leurs derniers oppresseurs considéraient les juifs.
Du point de vue israélien, il n’y a qu’une seule mouche dans le potage, qui est aussi, d’ailleurs, la seule chose dont quiconque voudrait trancher ce nœud gordien pourrait se servir, à savoir l’opinion publique usaméricaine.
Aujourd’hui, une large majorité d’Usaméricains soutiennent Israël, car ils ont été nourris depuis des dizaines d’années avec un régime constant de « victimisation » d’Israël face à la « barbarie » arabe. Mais ce soutien, comme nous disons, nous autres les Usaméricains, a « une largeur d’un kilomètre et une épaisseur d’un centimètre », et l’AIPAC & Cie le savent très bien, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils s’attèlent avec une telle énergie à filtrer ce que la plupart des Usaméricains voient, entendent et lisent sur la question du Moyen-Orient. Mais ce filtre commence à s’effilocher, et cela se traduit par des critiques croissantes à l’égard d’Israël et du soutien que lui apportent les USA. Crevez ce filtre israélien, faites en sorte que l’on parle, dans les foyers usaméricains, d’événements historiques tels que l’assaut aérien israélien contre l’USS Liberty et l’assassinat par l’armée israélienne d’une jeune femme usaméricaine, Rachel Corrie, faites-y pénétrer des images de Gaza ravagée par les bombes, et vous verrez que le monde commencera à changer – oui, le monde changera, car il le peut [Yes, it can !] Nous disposons d’ores et déjà des moyens technologiques pour faire cela