Démêler un
écheveau comme celui de la gestion européenne de la crise est devenu
toujours plus difficile. Et l'exercice consistant à la raconter est
devenu encore plus difficile. Je m'explique.
La mise en place de la nouvelle Commission n'a rien changé à
l'approche par les sommets européenne du thème de l'austérité. Aucun des
nouveaux commissaires n'a jusqu'ici soufflé mot sur la nécessité de
revoir les protocoles rigides du pacte budgétaire en vigueur, et encore
moins d'examiner l'hypothèse - à ce jour la plus sérieuse – d'une
restructuration de la dette. En revanche, on a droit à un flot de
paroles sur la croissance, l'investissement et l'emploi, un véritable
déluge. On a l'impression d'être plongés dans un scénario orwellien, où
une forme très sophistiquée de novlangue masque systématiquement,
scientifiquement, de formules inappropriées des choix (et des non-choix)
qui vont dans la direction opposée à celle officiellement déclarée.
De Draghi à Juncker, en passant par les comparses qui peuplent la scène politique nationale dans les pays membres, on n'en finit plus de gloser sur le caractère intenable de «la rigueur comme fin en soi», sur la nécessité de «relancer l'économie», de «créer de nouveaux emplois », alors que, dans la pratique, on reste retranchés, et subordonnés, dans la défense à outrance de l'actuelle gouvernance communautaire, dont l'essence fondamentale et indécrottable réside justement dans la rigueur et la surveillance pointilleuse des budgets publics.
De Draghi à Juncker, en passant par les comparses qui peuplent la scène politique nationale dans les pays membres, on n'en finit plus de gloser sur le caractère intenable de «la rigueur comme fin en soi», sur la nécessité de «relancer l'économie», de «créer de nouveaux emplois », alors que, dans la pratique, on reste retranchés, et subordonnés, dans la défense à outrance de l'actuelle gouvernance communautaire, dont l'essence fondamentale et indécrottable réside justement dans la rigueur et la surveillance pointilleuse des budgets publics.