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mardi 22 avril 2014

Les bons, le brut et les truands - Brève mise au point sur la situation actuelle au Venezuela

Par , et , mouvements, 15/4/2014
Après le triomphe apparent du chavisme aux élections municipales du 9 décembre, la guerre politique intermittente qui a ponctué ces 15 années de « Révolution bolivarienne » – elle-même consécutive à une décennie de guerre sociale – occupe à nouveau le devant de la scène : des dizaines de milliers de manifestants et émeutiers réclament depuis bientôt deux mois la « sortie » du président Nicolás Maduro. La marche de Caracas du 12 février, au carrefour des mobilisations étudiantes « contre l'insécurité » initiées à San Cristóbal et des appels à « incendier la rue » lancés par la frange la plus réactionnaire de l'opposition le 23 janvier (date symbolique de la naissance de la démocratie en 1958)ii, a inauguré un cycle d'assassinats et de représailles débouchant sur l'arrestation d'un des leaders et de deux maires de la coalition d’opposition (MUDiii), en sus de l'occupation militaire de deux régions frontalières de la Colombie. Qu'y a-t-il derrière les stéréotypes croisés d'une opposition « fasciste » aux prises avec un pouvoir d'État « castro-communiste » ? Qui sont les manifestants ? Que fait le gouvernement ? Sur fond de crise économique et de violences politiques et sociales qui semblent combler des chroniqueurs pressés d'enterrer une énième « révolution ratée », et alors que se profile une médiation internationale (avec l'UNASUR et le Vatican), voici un panorama de la situation en trois temps, en contre-points des principaux poncifs circulant de part et d'autre.

« Un coup d'État se trame » vs. « le chavisme assassine des manifestants pacifiques »

L’opposition vénézuélienne est hétérogène et divisée sur la stratégie à suivre, en présence d'un mouvement dispersé et centrifuge. D’un côté, le dirigeant du parti Voluntad Popular Leopoldo López, la députée de Caracas María Corina Machado et le maire du Grand Caracas Antonio Ledezma sont devenues les figures politiques les plus médiatisées des protestations, en invoquant d'emblée « la sortie » de Maduro. De l'autre, le candidat unique de la MUD aux présidentielles d’octobre 2012 et avril 2013, Henrique Capriles Radonsky, a répété que croire que Nicolás Maduro pouvait quitter la présidence sous la seule pression des manifestants était « une grande erreur » et que tout changement institutionnel devait passer par la voie électorale. Or la Constitution imposerait d’attendre 2016 pour un potentiel référendum révocatoire, dans l’hypothèse où l’opposition réunirait les signatures d’un cinquième des électeurs inscrits.

La tentation de l'affrontement demeurant latente, les velléités insurrectionnelles de cette opposition ne doivent pas être minorées mais appréciées à leur juste valeur. La violence des actions de rue – les guarimbas, des barricades dans des quartiers essentiellement résidentiels et aisés, tenus par des maires d’opposition –, menées à la fois en marge et en lieu et place des manifestations, fait clairement écho aux postures guerrières des « faucons », aux États-Unis ou en Colombie (autour de l’ex-président Álvaro Uribe). S'il s'en désolidarise, Capriles, affaibli par la défaite de la MUD aux municipales, a également refusé l'invitation à la Conférence pour la Paix, convoquée par Maduro pour enrayer la spirale de la violence, et réclame la libération inconditionnelle de ses homologues, mais aussi d'Iván Simonovis, ex-commissaire impliqué dans le coup d'État (avorté) contre Chávez d'avril 2002iv. Lire la suite

jeudi 21 mars 2013

L’Amérique latine dit adieu à Hugo Chávez

par Maurice Lemoine, Le Monde diplomatique, 12 mars 2013
« En dépit des discours sur l’unité de l’Amérique latine, le chavisme a nui à l’intégration régionale », affirme Paulo A. Paranagua dans « Le Monde » du 7 mars. Une assertion à comparer aux témoignages et réactions des différentes figures politiques latino-américaines suite à la mort du commandante Hugo Chávez, le 5 mars dernier…
Antigua-et-Barbuda (membre de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique ; ALBA)
« La contribution de Chávez au développement d’Antigua-et-Barbuda et des Caraïbes en général ne sera jamais oubliée. Les Caraïbes ont une dette de gratitude envers le Venezuela pour avoir partagé avec elles un fils de la terre, dont l’imposante présence physique n’avait d’égale que l’intelligence exceptionnelle et la compassion. »
Winston Baldwin, premier ministre.
Argentine
« C’est le meilleur ami qu’a eu l’Argentine lorsque personne ne nous tendait la main. (...) Les hommes comme Chávez ne meurent jamais. Il vit et il vivra dans chaque vénézuélien et vénézuélienne qui ont cessé d’être invisibles et sont devenus protagonistes [de leur histoire]. Cet homme leur a ouvert l’esprit. Personne ne pourra le leur refermer, jamais. Avant de repartir [en Argentine], je me suis approchée et, sans le regarder, j’ai touché le drapeau posé sur le cercueil. (...) Ne vous l’ai-je pas dit : Chávez est vivant. Pour toujours. »
Cristina Fernández de Kirchner, présidente.
Bolivie
« Nous sommes blessés par le décès du frère, du compagnon Hugo Chávez, mon frère solidaire, mon compagnon révolutionnaire, latino-américain qui a lutté pour la “grande patrie” comme le fit Simón Bolívar en donnant sa vie pour la libération du peuple vénézuélien. Je regrette de dire que les oligarchies impériales sont sûrement en train de faire la fête, que les médias et l’opposition à Chávez ont démontré leur inhumanité, leur incapacité de respecter un patient et un peuple qui souffrent. Mais, tant pis, le plus important est que nous luttons pour cette libération pour laquelle a lutté Chávez. Et les peuples qui luttent pour leur liberté sont aujourd’hui unis : c’est le plus important. Chávez demeurera présent dans toutes les régions du monde, parmi tous les mouvements sociaux, pour accompagner ces grands processus de changement, de construction de l’égalité, après tant d’années de soumission et de pillage. »
Evo Morales, président.
Brésil
« Le gouvernement brésilien n’était pas toujours entièrement d’accord avec le président Chávez (...) mais [celui-ci] laissera un vide dans le cœur de l’histoire et dans les luttes de l’Amérique latine. Je le regrette en tant que présidente et en tant que personne qui avait une grande tendresse pour lui. »
Dilma Rousseff, présidente.
« C’est avec beaucoup de tristesse que j’ai reçu la nouvelle du décès du président Hugo Chávez. Je suis fier de l’avoir côtoyé et d’avoir travaillé avec lui pour l’intégration de l’Amérique latine et pour un monde plus juste.  Compañero Chávez : si tu n’existais pas, tu devrais naître à nouveau parce que le monde a besoin de dirigeants comme toi ! »
Luiz Inácio Lula da Silva, ex-président.
Chili
« J’ai eu l’honneur de travailler avec le président Chávez à la création de la première communauté qui regroupe tous les Etats d’Amérique latine et des Caraïbes [la Celac] et à travers laquelle il a montré un véritable engagement en faveur de l’intégration latino-américaine. »
Sebastián Piñera, président.
Colombie
« L’obsession qui nous unissait, et qui a été la base de notre relation, était la paix de la Colombie et de la région. Si nous avons avancé dans un processus solide de paix, avec des progrès clairs et concrets, des avancées comme jamais il n’y en avait eu avec la guérilla des FARC [Forces armées révolutionnaires de Colombie], c’est aussi grâce au dévouement et à l’engagement sans limites du président Chávez et du gouvernement vénézuélien. (...) Il disait que c’est ce que voulait Bolivar, et il avait raison. »
Juan Manuel Santos, président.
Costa Rica
« Je ne suis pas venue [aux funérailles] pour donner mon avis sur l’organisation de la succession au président Chávez. Notre présence est une marque de solidarité, de tendresse et d’estime pour le peuple vénézuélien en ce moment de douleur. »
Laura Chinchilla, présidente.
Cuba
« Le président Chávez est parti invaincu, est parti invincible, est parti victorieux et cela, personne ne pourra le lui enlever, c’est gravé dans l’histoire, dans l’histoire de son pays, de notre pays, des Caraïbes, de toute l’Amérique latine et de bien d’autres parties du monde. »
Raúl Castro, président.
La Dominique (membre de l’ALBA)
« Je décrète le deuil national à la Dominique. Avec Chávez, nous avons perdu un grand collègue, un père, un frère et un ami. »
Roosevelt Skerrit, premier ministre.
Equateur
« Hugo Chávez est mort pour la vie de son Venezuela adoré, de l’Amérique latine, d’une planète plus humaine et, pour cette raison, on ne peut dire qu’il est mort, il demeure plus vivant que jamais.
Le fait qu’un visionnaire aussi solidaire puisse être transformé en criminel donne une idée de la dictature médiatique en Occident. Nous, nous devons continuer à lutter pour cette Amérique latine en pleine libération. L’histoire donnera sa vraie place, sa vraie dimension à Hugo Chávez. »
Rafael Correa, président.
Guatemala
« Nous, les latino-américains, nous devons reconnaître que le président Chávez n’a pas été un chef d’Etat quelconque ; il a réussi à fonder l’ALBA, il a impulsé [l’accord pétrolier solidaire] Petrocaribe, la Communauté des Etats latino-américains et des Caraïbes [Celac] et il a représenté le socialisme du XXIe siècle (...) Il a toujours été disposé à aider le Guatemala. »
Otto Pérez Molina, président.
Haïti
« Le Président Chávez était un grand ami d’Haïti. Plus qu’un ami, il était un frère pour nous. C’est avec beaucoup de respect que je m’incline devant la dépouille mortelle de ce grand homme. Il n’a jamais raté une occasion d’exprimer sa solidarité en faveur du peuple haïtien, dans ses situations les plus délicates. A travers le programme Petrocaribe, divers chantiers de développement durable ont démarré, des centaines de projets sont en cours d’exécution grâce à la coopération vénézuélienne. »
Michel Martelly, président.
Honduras
« Le président Chávez a été un leader extraordinaire, qui a lutté pour l’union des peuples latino-américains (...) Avec sa mort, l’Amérique latine perd un bon exemple et un homme qui a lutté pour l’inclusion sociale ; jamais le peuple vénézuélien n’en avait connu une comme celle dont il jouit aujourd’hui et ceci est un processus irréversible. »
Porfirio Lobo, président.
« Sa mort ne doit pas être vue comme un échec, mais comme une source d’inspiration pour tous les latino-américains qui luttent pour les principes et les valeurs éternelles (...) Chávez a été comme un frère qui a tendu la main au Honduras, entre autres à travers l’ALBA, en matière d’aliments, de réforme agraire, d’énergie grâce à Petrocaribe, et de solidarité. Bien peu de fois, dans l’histoire de ce pays, a-t-on vu quelqu’un d’aussi désintéressé et généreux que le leader vénézuélien. »
Manuel Zelaya, président renversé par un coup d’Etat le 28 juin 2009.
Mexique
« Devant la perte sensible d’un de ses chefs d’Etat, nous sommes venus, au nom du peuple du Mexique, exprimer nos condoléances ainsi que notre affection et notre solidarité au peuple vénézuélien. »
Enrique Peña Nieto, président.
Nicaragua
« Nous nous sentons plus engagés que jamais, nous sommes une seule famille, la famille vénézuélienne, la famille nicaraguayenne, la famille latino-américaine, la famille de la planète terre, nous sommes une seule famille, et le comandante Chávez a inspiré cette famille en direction de la solidarité, en direction de l’amour, en direction de la paix et, à partir d’aujourd’hui, il nous accompagnera dans ces luttes que nous allons continuer à mener. »
Daniel Ortega, président.
Panamá
« Il ne me reste qu’à présenter mes sincères condoléances à la famille d’Hugo Chávez. »
Ricardo Martinelli, président.
Paraguay
« Hugo Chávez appartient au patrimoine de l’Amérique latine et de la Caraïbe. Malgré son absence, la révolution bolivarienne est entre de bonnes mains, car elle est entre les mains du peuple vénézuélien qui, aujourd’hui, garantit les changements dans cette patrie. »
Fernando Lugo, président renversé par un coup d’Etat le 22 juin 2012.
Pérou
« Parler du président Chávez, c’est parler du futur, parce qu’il poursuivait le rêve de l’unité latino-américaine. Il a laissé un esprit libertaire aux prochaines générations. »
Ollanta Humala, président.
République dominicaine
« S’il fallait rebaptiser Hugo Chávez avec un nouveau nom, celui-ci serait Solidarité. »
Danilo Medina, président.
Saint-Vincent-et-les-Grenadines (membre de l’ALBA)
« C’est le Titan de l’Amérique latine et de la Caraïbe, un phare, une lumière brillante qui nous a illuminé dans notre recherche de la justice, de la paix, de la démocratie et de l’élévation de l’humanité, spécialement celle des pauvres, des défavorisés et des marginalisés. Sans lui, il n’y aurait pas eu Petrocaribe, ni l’ALBA, ni la Celac, ni, dans tous les domaines, les programmes bilatéraux. »
Ralph Gonsalves, premier ministre.
Salvador
« La mort de celui qui a été l’un des leaders latino-américains les plus forts et les plus populaires produira sans doute un vide politique, mais, surtout, dans le cœur des Vénézuéliens et des Vénézuéliennes. »
Mauricio Funes, président.
« Chávez est dans le cœur des peuples de son pays, de l’Amérique latine et de la Caraïbe. Le Venezuela a aujourd’hui une grande responsabilité, car il est le phare qui illumine l’Amérique latine et le monde. Il n’y a pas de marche arrière pour le Venezuela ; la voie à suivre est d’approfondir les grandes transformations révolutionnaires engagées par Chávez. »
Salvador Sánchez, vice-président.
Uruguay
« On regrette toujours la mort, mais quand il s’agit d’un militant de première ligne, de quelqu’un que j’ai un jour défini comme “le gouvernant le plus généreux que j’aie jamais connu”, la douleur a une autre dimension. »
« Ce qui restera vivant est la cause de Chávez. L’essentiel. Une œuvre d’intégration. Et nous allons continuer à suivre ce chemin, avec ses contradictions, ses marches et ses contre-marches. Mais il n’y aura aucune personnalité, à court terme, pour jouer le rôle symbolique [de Chávez] parce que, lorsque tombe un très grand arbre, il laisse un vide gigantesque. Il y a des hommes qui symbolisent des causes. Pour l’heure, la cause demeure et nous avons perdu le symbole (...) Mais le capital accumulé, débordant de richesse, permettra de dépasser ce moment. »
José Mujica, président.
Venezuela
Depuis son décès le 5 mars jusqu’au jour de ses obsèques, le 8, des centaines de milliers de Vénézuéliens, tristes, affectés, voire désespérés, mais vêtus de rouge et entonnant souvent des chants révolutionnaires, ont défilé dans Caracas et devant sa dépouille pour rendre hommage au comandante. « Pour me recueillir vingt secondes devant son cercueil, témoigne Mme Nelly Rivas, depuis Caracas, j’ai fait neuf heures de queue. D’autres ont attendu deux jours. Ce matin, mes frères y sont allés et ont dû rebrousser chemin : tout était paralysé par des files d’attentes interminables de gens qui, avec toute la patience du monde, étaient disposés à attendre le temps qu’il faudrait pour lui faire leurs ultimes adieux. [1] »
A Paris, le 8 mars, jour des obsèques, interrogé dans les studios de BFM TV par le présentateur du journal qu’étonnaient ces files pouvant atteindre trois kilomètres, pour un caudillo attaqué sans répit par tous les médias, le journaliste « spécialiste du Venezuela » François-Xavier Freland fit une réponse qui restera dans les annales : « Oh, vous savez, dans cette foule, il y a beaucoup de curieux... »

La nouvelle géographie de l’intégration Retour à la table des matières

  • Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA).
    Née le 14 décembre 2004, à La Havane, à l’instigation des présidents Hugo Chávez et Fidel Castro (sous le nom d’« Alternative bolivarienne pour les peuples de notre Amérique »), l’ALBA a pour objectif de développer un mode d’intégration distinct du modèle économique néolibéral. Prônant la coopération, la solidarité, la complémentarité et le respect des souverainetés nationales, le duo initial Cuba-Venezuela a été rejoint par la Bolivie (2006), le Nicaragua (2007), le Honduras et l’île caribéenne de la Dominique (2008). Devenue ALBA/TCP (Traité de commerce des peuples) à l’initiative du président bolivien Evo Morales, puis « Alliance » bolivarienne en 2008, elle a reçu l’adhésion de l’Equateur, de Saint-Vincent-et-les-Grenadines ainsi que d’Antigua-et-Barbuda. Lors de son sommet de Caracas (4 et 5 février 2012), elle a accueilli Sainte-Lucie et le Surinam, qui disposent désormais d’un statut d’invités spéciaux, et Haïti (observateur depuis 2007) de celui d’invité permanent. Le Honduras s’en est pour sa part retiré après le coup d’Etat de 2009 contre le président Manuel Zelaya.
  • Petrocaribe
    Né le 29 juin 2005 à Puerto la Cruz (Venezuela), cet accord de coopération énergétique a initialement regroupé quatorze pays des Caraïbes et de l’Amérique centrale à qui, indépendamment de la couleur de leurs gouvernements, le Venezuela s’est engagé à livrer du pétrole à prix préférentiels et avec d’importantes facilités de paiement. L’initiative compte actuellement dix-huit membres : Antigua et Barbuda, les Bahamas, le Belize, Cuba, la Dominique, la Grenade, le Guatemala, le Guyana, Haïti, la Jamaïque, le Nicaragua, la République dominicaine, Saint-Christophe-et-Niévès, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, le Surinam et, bien sûr, le Venezuela (expulsé après le renversement du président Manuel Zelaya, le Honduras a manifesté le souhait de réintégrer l’organisation).
  • Union des nations sud-américaines (Unasur)
    Le 18 décembre 2004, durant le IIIe sommet sud-américain réuni à Cuzco (Pérou), les président des douze pays de la région ont signé la « Déclaration de Cuzco » à travers laquelle ils ont décidé de fonder une communauté des nations. Après deux autres réunions tenues en 2006 à Cochabamba (Bolivie) et en 2007 dans l’île de Margarita (Venezuela), le traité constitutif de l’Unasur a été signé à Brasilia, le 23 mai 2008, avant d’entrer en vigueur le 11 mars 2011 à Quito (Equateur). Première organisation régionale à s’être explicitement émancipée de l’influence des Etats-Unis, elle regroupe l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, l’Equateur, le Guyana, le Paraguay, le Pérou, le Surinam, l’Uruguay et le Venezuela.
  • Communauté des Etats latino-américains et caraïbes (Celac)
    Créée les 2 et 3 décembre 2011 à Caracas, l’organisation regroupe l’ensemble des Etats de la région, à l’exception du Canada et des Etats-Unis, et entend implicitement contrebalancer, sinon remplacer à terme, l’Organisation des Etats latino-américains (OEA) traditionnellement dominée par Washington. Le Paraguay en a été exclu après le coup d’Etat de 2012 contre le président Fernando Lugo et, signe d’une indépendance affirmée, elle est actuellement présidée par Cuba.
  • Banque du Sud
    La Banque du Sud est née officiellement le 26 septembre 2009 à travers la signature de sa convention constitutive par l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, l’Equateur, le Paraguay, l’Uruguay et le Venezuela. Elle a pour objectif d’accorder des crédits aux pays membres de l’Unasur pour financer leurs développements économique, social et environnemental.
  • Conseil de défense sud-américain
    Dans le cadre de l’Unasur, cette organisation d’échange d’informations militaires née le 9 mars 2009 regroupe l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, la Colombie, le Chili, l’Equateur, le Guyana, le Paraguay, le Pérou, le Surinam, l’Uruguay et le Venezuela.
Sources :
Sur le web : VenezuelaInfos, Resumen latinoamericano, BBC Mundo, Alba TV, MAXImini.com, Prensa latina.
Médias : GTC Radio (Saint George ; la Grenade), RCN (Bogotá), Secrétariat de communication sociale de la présidence du Guatemala, El Heraldo (Tegucigalpa), Tiempo (Tegucigalpa), Granma (La Havane), Milenio (Mexico), Pagina 2 (Buenos Aires).

mercredi 6 mars 2013

Adieu Comandante: Honneur et Gloire à Hugo Chávez !


Hugo Rafael Chávez Frías (Sabaneta, 28-7-1954, Caracas, 5-3-2013)
L'ALBA pleure, par Juan Kalvellido, Tlaxcala







Avant, ils ne pouvaient pas te battre, maintenant tu es invincible ! par Juan Kalvellido, Tlaxcala





dimanche 28 octobre 2012

VENEZUELA-Corruption et insécurité: des défis stratégiques pour la Révolution Bolivarienne

par  Jaime Jiménez , 11/10/2012. Traduit par  Pascale Cognet, édité par  Fausto Giudice, Tlaxcala 
Le 7 octobre 2012, les gens honorables et progressistes de la planète ont poussé un soupir de soulagement: Chávez a gagné les élections au Venezuela. Joie et  jubilation pour beaucoup d’entre nous, Latino-Américains, que sa victoire touche directement.
L'importance géopolitique de ce régime a obligé la droite de tout acabit à tenter de créer un climat de défaite pour le candidat Hugo Chávez : ils se sont ridiculisés, mais ce n’est pas ce qui les gêne. En revanche ce qui les empêche de dormir, c’est que la principale réserve pétrolière du monde ne soit pas aux mains des multinationales mais dans celles d’un peuple souverain, que les richesses du pays soient investies dans les dépenses sociales au moment où ce qui prévaut à notre époque, c’est que ce soit la main invisible des marchés qui offre les services élémentaires aux citoyens. Cette fameuse richesse et ce mauvais exemple empêchent les « maîtres » du monde de dormir.
 
Les résultats de la gestion bolivarienne sont irréfutables. Son système électoral, en avance et efficient, fait envie à plus d’un pays du premier monde, et il semble difficile de le changer : les moyens de communication proches du capital  ne voient là que dictature, caudillisme et populisme, sur la base d’arguties fallacieuses.
 
Cependant, au nom de la défense de la révolution bolivarienne au Venezuela, il est nécessaire d’en examiner quelques aspects, qui pourraient, si on les négligeait, faire échouer un projet aussi important.
Sur un mur du Venezuela : "Révolution sans corruption"
La révolution : la part de réalité et la part d'utopie
Le régime politique bolivarien a joué le rôle qui est celui de l’Etat quand il faut garantir les droits humains de ses citoyens par le biais de la dépense publique. Cela, dans l’actualité et en Amérique Latine (Notre Amérique) on l’avait oublié car le néolibéralisme a transformé  ces obligations de l’État en un commerce.
 
En même temps, on a élevé l’organisation politique à un haut niveau politique, ce qui se traduit par une participation sans précédent de ceux qui n’étaient considérés que comme des statistiques et, le plus souvent comme un instrument pratique quand il s’agissait de légitimer électoralement les bourreaux.
 
Cet interventionnisme de l’État dans toutes les sphères de la société, ajouté à l’organisation politique des plus défavorisés, donne l’impression d’un changement révolutionnaire, mais au sens strict, comme l’histoire le définit, ce n’est pas une révolution : « …la révolution est considérée avant tout, comme une transformation radicale des structures sociales et économiques, ou comme l’ascension au pouvoir d’une nouvelle classe sociale. »[i]
 
La révolution pourrait se comprendre comme un parcours, ou mieux encore comme un objectif, c’est dans ce sens que l'excellent programme de Chávez l’envisage: "Ne nous leurrons pas : la formation socioéconomique qui prévaut encore au Vénézuela est de caractère capitaliste et rentier." (p. 2)
 
C’est à dire que la bourgeoisie vénézuélienne est toujours au pouvoir. Elle a bien perdu le contrôle des principaux organes de direction de l’État, instrument clé pour se maintenir en tant que classe, mais dans les autres sphères de la vie sociale et politique elle continue à montrer sa capacité à défendre ses intérêts comme groupe social.
 
Avec la patience, qu’elle a dû acquérir de force, elle est entrain de ronger les bases de l’État bolivarien par le biais de la corruption, entre autres.
 
"Quand il volent l'Etat, c'est toi qu'ils volent"
La corruption : appropriation privée des biens publics
Il est clair qu'une une nouvelle conception de la dépense sociale s’est mise en place au Venezuela, que cela a induit une augmentation considérable du niveau de vie des citoyens, mais les rapports quotidiens entre le citoyen et l’administration publique se sont-ils modifiés pour autant ?
Quelle est l’ampleur, ne serait-ce qu’approximative de la corruption? Existe-t-il des données officielles? Il est certain que du temps de la droite, cette conduite  avait les coudées franches, mais cela ne peut être une référence pour nous.
 
Le problème c’est qu’avec la corruption, on est en plein paradoxe : pendant que l’État socialise des entreprises stratégiques, un réseau important d’individus s’empare du patrimoine public. Ce qui se donne d’une main, se reprend de l’autre. Ceci implique un mode de fonctionnement bourgeois dans l’État : ces mêmes fonctionnaires «  bolivariens » n’hésiteront pas à se vendre au plus offrant en temps de crise. Ils deviendront eux-mêmes la preuve irréfutable de l’inefficacité de l’État et le meilleur argument pour privatiser. Peu leur importera : les goûts pour la consommation n’ont pas d’idéologie, sauf celle de l’argent.
 
Ce qui est dangereux, c’est que la corruption  partage une zone grise avec la délinquance. Et là on s’aventure sur un terrain encore plus délicat.
L’insécurité : appropriation ou atteinte presque toujours violentes de biens juridiques à des fins lucratives ou de jouissance individuelle
Par bien juridique, on entend un élément essentiel à la vie sociale et individuelle protégé par le jus puniendi (droit pénal).Ce sont la vie et l’intégrité physique, la liberté, l’immunité et la liberté sexuelle, l’intimité, la propriété, l’honneur, etc…
 
Comment peut-on comprendre que des avancées si indiscutables dans la réduction de la pauvreté et l’augmentation du niveau de vie n’aient pu empêcher l’augmentation de la délinquance au Venezuela?
Les chiffres sont accablants. On a compté 7960 homicides en 2OO1, 13.080 en 2010 et 19.336 en 2011. «  En faisant le calcul exclusivement à partir des données incomplètes du registre officiel, on a un taux de 60 victimes pour 100.000 habitants. Il convient de rappeler que selon les noirmes des organismes des Nations Unies, à partir d’un taux supérieur à 10 homicides pour 100.000 habitants, on parle d’épidémie, par conséquent nous pouvons conclure que le Venezuela connaît une épidémie très grave d’homicides »[ii].
 
Sans parler des vols, larcins, extorsions, délits contre la liberté sexuelle, etc…Mais où sont les corps et forces de sécurité de l’Etat ? Nous nous souvenons tous des agents de la Police Métropolitaine de Caracas couverts par des véhicules anti-émeutes tirant sur le peuple lors du coup d’État de 2002 et appuyant les putschistes.
 
Au milieu des délinquants, des policiers corrompus, en plus de  la connivence de plus d’un fonctionnaire vénal, pour la plus grande joie et avec le bénédiction de la bourgeoisie, le peuple vénézuélien voit son projet de vie s’évaporer entre le guichet d’une administration et les rues de sa ville.
"Si tu voles, tu ne gouvernes pas : pas une once de corruption aux postes de commande. Signé : Diorection générale du peuple" - Affiche des Indignés d'Espagne, Madrid, avril 2013
Le temps de l'ordre révolutionnaire est venu
Si l’on compare le programme de Chávez à celui de Capriles, la différence est stupéfiante. Le premier est organisé, cohérent : une proposition de nation, un plan complet de développement alternatif. En revanche, celui de Capriles, une série de concepts et de phrases creuses qui promettent des objectifs qui ont déjà été atteints au cours du processus bolivarien, mais avec une vertu : quand il s’agit de parler de sécurité, le message en est simple et efficace - « Nous nous engageons avec toi. Nous prenons l’engagement que toi et les tiens vous vous sentirez tranquilles et en sécurité. Sans peurs, sans craintes, sans angoisses. Tolérance Zéro pour la violence, le crime et l’impunité ». (p. 22)
 
Beaucoup de Vénézuéliens honorables en ont assez de la délinquance et de la corruption. Ils réclament une main de fer : Quel que soit la couleur idéologique de l’Etat au pouvoir. La bourgeoisie criera au loup, car aujourd’hui ils arrêtent les gosses dans la rue, demain ils iront les chercher, eux qui sont une classe sociale qui aime être en marge de la loi.
 
Les résultats électoraux sont le reflet de cette situation et il y a de quoi s’inquiéter. Lors des élections présidentielles de 2006, les votes anti-Chávez ont totalisé 4.321.072 et ceux pour Chávez 7.309.080. En 2012, 8.135.192 ont voté pour Chávez et 6.498.776 pour Capriles.[iii]
 
Les Bolivariens ont progressé de 800.000 voix mais la droite  a augmenté de plus de deux millions. Il faut mener une réflexion en profondeur. Il est temps que le pouvoir populaire se montre dans les bureaux et dans les quartiers. Il faut en finir avec ce pouvoir parallèle composé par la bourgeoisie, les délinquants et les corrompus, ou alors ce sont eux qui vont en finir avec ce qui reste de révolution, et leur main ne tremblera pas au moment de défendre « leurs penchants pour la consommation ».
 
Un État de droite présidé par Álvaro Uribe, allié aux secteurs du narcotrafic, porté aux nues par l’oligarchie, avec l’assentiment des USA et par le biais du terrorisme d’Etat a fait miroiter l’illusion de la sécurité aux yeux des colombiens : pendant un certain temps, on n’attaquait pas les gens dans les villes et ils n’étaient pas séquestrés sur les routes quand ils allaient se promener. Cela a duré le temps que les inégalités sociales aberrantes  l’ont rendu possible, mais cela lui a suffi, entre autres, pour gouverner pendant huit ans (2002-2010). Il y encore des gens du peuple qui en ont la nostalgie...
 
Simón Bolívar a donné l’exemple: « Décret du 18 mars 1824 faisant état des récompenses aux dénonciateurs de contrebande. Art 3. Tout employé des Douanes, des contributions, de la Capitainerie des ports ou secteur des finances publiques qui participerait à des fraudes commises à son encontre, qu’il intervienne comme acteur principal, ou qu’il ait connaissance de la fraude et ne la dénonce pas, se verra soumis à la peine capitale qui sera appliquée de façon irrévocable. » [iv]
 
La décision est entre les mains du peuple vénézuélien, mais plus particulièrement de ses dirigeants, de ses organisations politiques et sociales, de ses institutions. Ou bien, ils livrent la douloureuse bataille maintenant que les conditions sont favorables, ou ils remettent à plus tard la décision, sous des prétextes éclectiques venant probablement de ceux qui touchent des profits conséquents : ils prendront le risque dans l’avenir d’une terrible confrontation, allez savoir dans quelles conditions.
 
Notes
[i]  Guerra, François-Xavier, Modernité et Indépendances. Essais sur les révolutions hispaniques. Éditions Fondo de Cultura Económica et Mapfre. México, 1992. pg. 12
 

jeudi 30 août 2012

Colombie : Accord général pour mettre un terme au conflit et construire une paix stable et durable



 
Voici le texte de l'accord initial conclu entre le gouvernement de Juan Manuel Santos et les FARC-EP, qui conclut la phase exploratoire et établit les bases du dialogue et de la négociation d'un règlement.

Les délégués du gouvernement de la République de Colombie (gouvernement national) et des Forces armées révolutionnaires de Colombie-Armée populaire (FARC-EP):
Suite à la réunion exploratoire qui s'est tenue à La Havane, Cuba, du 23 Février 2012 au (xxx), avec la participation du gouvernement de la République de Cuba et du gouvernement de la Norvège en tant que garants, et avec le soutien du gouvernement de la République bolivarienne du Venezuela comme facilitateur logistique et accompagnateur :
 
Avec la décision commune de mettre fin au conflit comme condition essentielle pour la construction d'une paix stable et durable; attentifs à la revendication de paix de la population, et reconnaissant que:
Construire la paix est une affaire de la société tout entière qui nécessite la participation de tous, sans discrimination ; le respect des droits de l'homme sur toute l’étendue du territoire national est un but de l’État qui doit être promu ; le développement économique avec justice sociale et en harmonie avec l'environnement est une garantie de paix et de progrès.
Un développement social équitable et de bien-être, incluant les grandes majorités, permet de se développer comme pays ; une Colombie pacifiée jouera un rôle actif et souverain dans la paix et le développement régional et mondial ; il est important d'élargir la démocratie comme condition pour asseoir la paix sur des bases solides ; le gouvernement national et les FARC-EP sont totalement disposés à parvenir à un accord, et invitent l'ensemble de la société colombienne, ainsi que les organismes d'intégration régionale et la communauté internationale, à accompagner ce processus;
 
Ont convenu:
I. D’engager des pourparlers directs et ininterrompus sur les points de l’ordre du jour établi ici, afin de parvenir à un accord définitif pour mettre un terme au conflit, qui contribue à la construction d'une paix stable et durable.
 
II. D’établir une table de conversations qui sera installée publiquement (un mois après l'annonce publique) à Oslo, en Norvège, et dont le siège principal sera à La Havane, Cuba. La table pourra tenir des réunions dans d'autres pays.
 
III. D’assurer l'efficacité du processus et d’achever les travaux sur l'ordre du jour avec célérité et dans les plus brefs délais, afin de répondre aux attentes de la société sur un accord rapide. En tout état de cause, la durée sera soumise à des évaluations régulières des progrès.
 
IV. De développer des pourparlers avec le soutien des gouvernements de Cuba et de Norvège comme garants et les gouvernements du Venezuela et du Chili comme accompagnateurs. Selon les besoins du processus, d'autres partenaires pourront être invités d’un commun accord.
 
V. L'ordre du jour suivant:
1. Politique de développement agricole intégral
- Le développement agricole intégral est essentiel pour promouvoir l'intégration des régions et le développement social  et économique équitable du pays.
- Accès et usage des terres. Terres improductives. Formalisation de la propriété. Frontalières agricoles et protection des réserves.
- Programmes de développement avec une approche territoriale.
- Infrastructure et adéquation des terres.
- Développement social: santé, éducation, logement, éradication de la pauvreté.
- Encouragement de la production agro-pastorale et de l'économie solidaire et coopérative. Assistance technique. Subventions. Crédit. Génération de revenus. Marketing. Formalisation du travail [= sortie du secteur informel, NdT].
- Système de sécurité alimentaire.
2. Participation politique
- Droits et garanties pour l'exercice de l'opposition politique en général et en particulier pour les nouveaux mouvements surgis  après la signature de l'accord final. Accès des médias.
- Mécanismes démocratique de participation des citoyens, y compris y compris directe , aux différents niveaux et sur différents sujets.
- Entrée en vigueur de mesures visant à promouvoir une plus grande participation à la vie politique nationale, régionale et locale de tous les secteurs, y compris la population la plus vulnérable, à conditions égales et avec des garanties de sécurité.
 
3. Fin du conflit
Processus global et simultané impliquant:
- Cessez-le-feu et des hostilités bilatéral et définitif.
- Déposition des armes. Réintégration des FARC-EP dans la vie civile - économique, sociale et politique - en fonction de leurs intérêts.
- Le gouvernement national coordonnera l'examen de la situation des personnes privées, poursuivies ou condamnées pour appartenance ou collaboration avec les FARC-EP.
- Parallèlement le gouvernement national intensifiera la lutte pour éliminer les organisations criminelles et leurs réseaux d’appui, ce qui incluera la lutte contre la corruption et l'impunité, en particulier contre toute organisation responsable de meurtres et de massacres, ou qui attente à des défenseurs des droits humains, des mouvements sociaux ou des mouvements politiques.
- Le gouvernement passera en revue et fera les  réformes et ajustements institutionnels nécessaires pour faire face aux défis de la consolidation de la paix.
- Garanties de sécurité .
- En vertu des dispositions de l'article 5 (victimes) de cet accord sera clarifié, entre autres, le phénomène paramilitaire.
- La signature de l'accord définitif initie ce processus, qui devrait se développer dans un délai raisonnable convenu par les parties.
 
4. Solution au problème des drogues illicites
- Programmes de substitution des cultures illicites. Plans de développement globaux avec la participation des communautés dans la conception, la mise en œuvre et l'évaluation des programmes de substitution et remise en état environnementale des zones affectées par les cultures illicites.
- Programmes de prévention de la consommation et de santé publique.
- Résoudre la question de production de la consommation et de la santé publique.
 
5. Victimes
- L’indemnisation des victimes est au centre de l'accord gouvernement national - FARC-EP. En ce sens seront traités:
- les droits humains des victimes.
- La vérité.
 
6. Mise en œuvre, vérification et approbation
La signature de l'accord final donne le signal de l’application de tous les points convenus.
- Mécanismes de mise en œuvre et de vérification:
a. Système de mise en œuvre, en accordant une importance particulière aux régions.
b. Commissions de suivi et de vérification.
c. Mécanismes de règlement des différends.
Ces mécanismes auront une capacité et un pouvoir exécutifs seront confirmés par des représentants des parties et de la société, le cas échéant.
- Accompagnement international.
- Calendrier.
- Budget.
- Outils de diffusion et de communication.
- Mécanisme d’approbation des accords.

Les règles de fonctionnement suivantes:
1. Lors des réunions de la table de négociations participeront jusqu'à 10 personnes par délégation, dont un maximum de 5 plénipotentiaires qui seront porte-parole respectifs. Chaque délégation sera composée de 30 représentants.
 
2. Pour aider à développer le processus on pourra consulter des experts sur les thèmes de l'ordre du jour, une fois accomplies les formalités nécessaires.
 
3. Pour assurer la transparence du processus, la table réalisera des rapports réguliers.
 
4. Un mécanisme visant à faire connaître les progrès de la négociation sera établi. Les discussions ne seront pas rendues publiques.
 
5. Une stratégie de diffusion efficace sera mise en place.
 
6. Pour assurer la participation la plus large possible, un mécanisme sera mis en place pour la réception de propositions sur les points de l'ordre du jour de la part de citoyens et d’organisations, par des moyens physiques ou électroniques. D’un commun accord et à un moment donné, la table pourra procéder à des consultations directes et recevoir des propositions sur ces points, ou déléguer à une tierce partie l'organisation d’espaces de participation.
 
7. Le gouvernement national assurera les ressources nécessaires pour le fonctionnement de la table, qui seront gérés de manière efficace et transparente.
 
8. La table disposera de la technologie nécessaire au déroulement du processus.
 
9. Les discussions commenceront par le point Politique de développement agricole global et se poursuivront dans l’ordre convenu par les participants.
10. Les pourparlers suivront le principe que rien n'est convenu tant que tout n'est pas convenu.

samedi 2 juin 2012

Le chapeau de Bolívar, ou les leçons d’économie de Chavez pour l’Europe

Alors que le Venezuela vit la conjonction inédite d’un boom de croissance et d’une baisse de l’inflation, grâce à l’intensification des investissements sociaux, la construction massive de logements, le contrôle des prix en faveur des secteurs populaires; alors que le salaire minimum est le plus élevé du continent, nous publions le point de vue de l’historien Richard Gott, ex-rédacteur en chef du Guardian, auteur entre autres de “In the Shadow of the Liberator: The Impact of Hugo Chávez on Venezuela and Latin America”, Verso, 2001; « Cuba: A New History”, Yale University Press, 2004; et de « Britain’s Empire: Resistance, Repression and Revolt”, Verso, 2011.

Il y a quelques années, alors que je voyageais dans l’avion présidentiel de Hugo Chavez avec un ami français du Monde Diplomatique, on nous demanda notre avis sur la situation en Europe. Un mouvement vers la gauche était-il possible ? Nous répondîmes avec le ton déprimé et pessimiste qui caractérisait les premières années du 21ème siècle. Ni au Royaume-Uni ni en France, ni ailleurs dans l’eurozone, nous ne discernions la possibilité d’une percée politique.
« Dans ce cas, reprit Chávez avec un regard pétillant, nous pourrions peut-être vous venir en aide ». Il nous rappela l’époque de 1830 où les foules révolutionnaires arboraient dans les rues de Paris le chapeau de Simón Bolívar, le libérateur vénézuélien de l’Amérique du Sud qui allait mourir quelques mois plus tard. Le combat pour la liberté, dans le style de l’Amérique Latine, était vu comme le chemin à suivre pour l’Europe.
Paris, 1830. Combat dans la rue de Rohan
Sur le moment, je fus encouragé mais pas convaincu par l’optimisme de Chávez. Ce n’est qu’à présent que je pense qu’il avait raison; il était bon de nous rappeler qu’Alexis Tsipras, le leader du parti de la gauche radicale grecque Syriza, en visite à a Caracas en 2007, avait posé la question de la possibilité de recevoir à l’avenir du pétrole vénézuélien à bas prix, tout comme Cuba et d’autres pays des Caraïbes et d’Amérique Centrale. Il y eut ce bref moment où le maire Ken Livingstone et Chávez manigancèrent un accord pétrolier prometteur entre Londres et Caracas, rompu ensuite par Boris Johnson.
Plus important que la prospection de pétrole bon marché, il y a le pouvoir de l’exemple. Chávez s’est engagé au tournant du siècle, et même auparavant, dans un projet qui rejette les politiques néo-libérales affligeant l’Europe et une grande partie du monde occidental. Il s’est opposé aux recettes de la Banque Mondiale et du Fond Monétaire International et a bataillé avec force contre les politiques de privatisation qui ont abîmé le tissu social et économique de l’Amérique latine et avec lesquelles l’Union Européenne menace à présent de détruire l’économie de la Grèce. Chávez a renationalisé les nombreuses industries, dont celles du gaz et du pétrole, qui avaient été privatisées dans les années 90.
Simon Bolivar, Amérique Latine (1783 - 1830)
de la série Prosopa (Personnes)
de Giannis "Gigas" Thomas et Peggy Kouvari, exécutée en style traditionnel byzantin
2004
Les paroles et l’inspiration de Chávez avaient eu un effet au-delà du Venezuela. Elles ont encouragé l’Argentine à dénoncer sa dette; à réorganiser son économie par la suite et à renationaliser son industrie pétrolière. Chávez a aidé le bolivien Evo Morales à administrer ses industries du gaz et du pétrole en faveur de son pays plutôt que des actionnaires étrangers, et plus récemment à stopper le vol par l’Espagne des profits de sa compagnie de l’électricité. Par-dessus tout il a montré aux pays d’Amérique Latine qu’il existe une alternative au seul message néo-libéral transmis sans fin depuis des décennies par les gouvernements et les médias rivés à une idéologie dépassée.
C’est l’heure où ce message alternatif doit être entendu plus loin encore, doit être écouté par les électeurs d’Europe. En Amérique Latine, les gouvernements qui mettent en oeuvre une stratégie alternative ont été élus et réélus constamment, montrant son caractère efficace et populaire. En Europe, les gouvernements de quelque couleur que ce soit qui appliquent le modèle néo-libéral semblent chuter au premier obstacle, montrant que la volonté du peuple ne suit pas.

Lord Byron (Londres 1788- Messolonghi 1824
Si Chávez et ses coreligionnaires de la nouvelle “Révolution Bolivarienne” ont appelé à un “socialisme du 21ème siècle“, ce n’est ni pour revenir à une économie à la soviétique ni pour continuer l’insipide adaptation social-démocrate du capitalisme, mais comme l’a décrit le président de l’Équateur Rafael Correa, pour rétablir la planification nationale par l’État « en vue du développement de la majorité du peuple “. La Grèce a une occasion merveilleuse de changer l’Histoire de l’Europe et de lancer en l’air ses chapeaux de Bolivar comme le firent les Carbonari italiens à Paris il y a tant d’années. Lord Byron, qui avait l’intention de s’établir dans le Venezuela de Bolivar avant de faire voile pour contribuer à libérer la Grèce, baptisa son bateau « Bolívar »; nul doute que les évènements contemporains lui auraient plu.

mercredi 9 mai 2012

La Colombie, Caïn du continent américain

par l'Armée de Libération Nationale-ELN, 7/5/2012. Traduit par Tlaxcala
Ces dernières semaines, la Colombie a été au centre d'une série d'événements dont la plupart obéissent aux intérêts impérialistes et compromettent la sécurité du continent. D'autres ont permis l’expression du courant démocratique et anti-impérialiste du continent.
Le chef du Comité d'états-majors interarmées des USA, le général Martin Dempsey, se trouve dans la région du Catatumbo bordant le Venezuela pour annoncer que des commandants de Brigades, des vétérans des guerres en Irak et en Afghanistan sont sur le point d'arriver afin de se joindre aux troupes colombiennes dans la lutte contre le « terrorisme international ».

Le secrétaire israélien à la Défense, Ehud Barak, donnant la priorité à sa guerre contre l'Iran, se dit préoccupé par la relation et les accords que plusieurs pays d'Amérique latine ont signés avec ce pays.
Le secrétaire US à la Défense, Leon Panetta, justifie sa visite en Colombie en annonçant un renforcement de la lutte contre la drogue et le terrorisme. Selon lui, l'armement croissant du Venezuela et de sa relation avec l'Iran représentent une grave menace pour la région. Il annonce également la vente d'un nouveau lot d'hélicoptères à la Colombie.
Le désastreux Sommet des Amériques à Cartagena prétendait imposer l'hégémonie impériale et positionner Santos comme le leader régional disputant la première place au président du Venezuela Hugo Chavez. Cependant, la prépotence et le veto des « gringos » contre Cuba ont eu pour conséquence l'absence des présidents de l'Équateur, du Nicaragua et du Venezuela ; la Bolivie a joué le rôle de la confrontation avec la politique impérialiste ; et par manque de solidarité du Président hôte, la question de la souveraineté sur les îles Malouines a provoqué le départ précipité de la présidente argentine. Ainsi, cette époque de domination impérialiste est en train de mourir, tout comme l'OEA.
En Colombie, 25 bases avec présence de conseillers militaires et de mercenaires usaméricains sont installées pour que le Pentagone puisse mener à bien des opérations guerrières de grande envergure et à l'échelle du continent. En outre, les accords militaires entre les deux gouvernements permettent aux « gringos » de disposer de tous les aéroports, ports, routes et de tout le territoire colombien pour déplacer des troupes ou du matériel militaire.
Les USA ont fait de la Colombie le pays avec la plus grande armée d'Amérique latine, dotée de toute la technologie militaire de dernière génération et le gouvernement précédent a réalisé des opérations expérimentales hostiles contre l'Équateur et le Venezuela. De toute évidence, l’objectif, en créant cette puissance militaire, est de pouvoir intervenir dans les pays voisins qui font avancer les processus démocratiques populaires et refusent de rester subordonnés aux intérêts de l'impérialisme. Pendant que Santos mène des actions de diversion diplomatique en normalisant les relations avec les pays de l'ALBA, parallèlement les préparatifs militaires du Pentagone s'accélèrent.


Santos (président colombien) à Chavez (président vénézuélien) : "Une danse ?"

par Gustavo Rodriguez

LE VENEZUELA DANS L’ŒIL DU CYCLONE
Comme le Venezuela est devenu le pays avec les plus grandes réserves prouvées de pétrole dans le monde, comme le président Chavez dirige un gouvernement qui met en avant une Révolution Bolivarienne et Socialiste et comme des processus d'intégration latino-américainr indépendants des USA sont en train d’être promus, l'Empire considère que ce gouvernement révolutionnaire et anti-impérialiste est l'ennemi régional principal et s'est fixé comme objectif de le renverser en s'impliquant dans divers complots.
En 2012, la guerre médiatique contre le gouvernement bolivarien s'intensifie parce que le 7 octobre se déroulera l’ élection présidentielle. Profitant de la maladie du président Hugo Chavez, la matrice d'opinion de tous les médias oligarchiques s'est maintenue comme telle, annonçant immédiatement sa mort supposée et ses difficultés à gouverner. Il s'agit ainsi de réduire l'avantage inattaquable établi par les sondages : le président devrait gagner avec plus de 60 %. De manière simultanée, est diffusée l'idée disant qu'il y aura une fraude et qu'une partie des électeurs se soulèvera pour revendiquer le succès du candidat de l'opposition.
Rien d'étonnant que se préparent, avec l'aide du paramilitarisme incrusté dans les forces armées colombiennes, des actes terroristes contre la population, les centres économiques, les infrastructures, les services publics, les installations gouvernementales et militaires. Ainsi, cela permettrait la naissance de poches de résistance armée contre le gouvernement chaviste. Elles auraient leurs têtes de pont à la frontière avec la Colombie et seraient soutenues par les gouvernements des États voisins, le Pentagone et l'OTAN.
Dans ce scénario, dans le cadre de la campagne électorale, des démarches sont mises en œuvre pour qu'une intervention militaire impérialiste puisse se produire contre le Venezuela. Ceci expliquerait l'intense défilé en Colombie des grands promoteurs de la guerre.
Rien d'étonnant non plus que cette attaque suive les schémas appliqués en Libye et en Syrie. Initialement, on soutiendra des « rebelles anti-Chavez », mais des incidents de frontière seraient également orchestrés pour que la Colombie déclare la guerre au Venezuela. Les « gringos » n'engageraient pas leurs troupes directement, afin d'éviter des coûts internes et des pertes. La grande puissance destructrice de l'aviation et des bombardements seraient engagés depuis la Quatrième Flotte basée dans les Caraïbes, les bases de Colombie et celle d'Aruba et Curaçao. Le Pentagone cherche l'engagement de la Guyane. En mars 2012, des exercices militaires conjoints avec les USA ont été réalisés dans cette région.
Obama a décrit sa stratégie militaire comme un état de guerre permanent et simultané afin de maintenir l'hégémonie mondiale, en diminuant la taille de son armée, mais en augmentant sa capacité technologique militaire comme celle des véhicules aériens sans pilotes (drones) et en étant soutenu par les forces alliées d'intervention comme l'OTAN, et nous savons tous le rôle que joue la Colombie dans la région.
Panetta a complété : « La réalité est qu'il est possible d'affronter une guerre terrestre en Corée et en même temps se confronter à des menaces dans le détroit d'Ormuz. Avec cette force conjointe, nous sommes en mesure de faire face à ces menaces, les affronter et les vaincre. »
Les prétextes contre le Venezuela sont les suivants : il fait partie du terrorisme international pour avoir soi-disant soutenu les guérillas colombiennes et les groupes islamistes radicaux. Le Venezuela est également condamné pour être une narco-république « car depuis son territoire sont exportées vers les pays industrialisés, les drogues produites en Colombie. »


Une campagne de dénigrement a déjà commencé contre le Venezuela, par l'intermédiaire de l'ancien juge Eladio Aponte Aponte, réfugié à Miami après avoir été destitué de ses fonctions à la Cour suprême vénézuélienne en raison de ses liens avec le baron de la drogue Walid Makled.
Il semble que l'ouragan belliciste de l'empire, qui fait des dégâts au Moyen-Orient et en Asie centrale, se dirige vers l'Amérique du Sud, avec la classe dirigeante colombienne comme fer de lance pour attaquer les républiques sœurs. Pour cela, nous pouvons affirmer, douloureusement, que la Colombie continue de tenir le rôle du Caïn américain, le frère ennemi du continent.
 

jeudi 8 juillet 2010

Francisco Chávez Abarca, le bras droit de Posada Carriles, arrêté au Venezuela


CUBADEBATE, 2/7/201. Traduit par Esteban G. et édité par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original : Capturan en Venezuela a Francisco Chávez Abarca, mano derecha de Posada Carriles

Le Président vénézuélien Hugo Chávez a annoncé ce vendredi 2 juillet l’arrestation du Salvadorien Francisco Chávez Abarca, accusé d’être le bras droit du terroriste Luis Posada Carriles et l’auteur de plusieurs attentats à l’explosif à Cuba. L’arrestation a eu lieu suite à une opération des services secrets dans la nuit de jeudi alors qu’il tentait d’entrer au Venezuela.
 
Dans un discours depuis le Palais de Miraflores (siège du gouvernement), le président a expliqué qu’Abarca avait été arrêté à l’aéroport de Maiquetía (nord) et transféré au siège des Services Secrets Bolivariens (Sebin) pour y être interrogé.
 
Surnommé “El Panzón” [Gros Bide], l’homme est également inscrit sur la liste rouge des terroristes recherchés par Interpol pour son implication dans plusieurs attentats à l’explosif à Cuba dans les années 90.
 
Suite à cette arrestation, le Président vénézuélien s’est demandé pour quelle raison le Salvadorien a voulu entrer dans le pays et il a ordonné d’enquêter sur qui devait l’accueillir.
 
« Que cherchait Chávez Abarca au Venezuela ? Qui devait l’accueillir ? », s’est demandé le Président, avant d’informer que le détenu serait remis à Interpol pour qu’il soit transféré à Cuba, pays qui avait sollicité son arrestation.
 
Il était certain que « ce monsieur était venu, ici, pour me tuer (…) c’est mon cœur qui me le dit », et il lui a demandé de parler pour expliquer la « mission spéciale qu’il était venu accomplir au Venezuela ».
 
Il a dit qu’à mi-chemin de la révolution et à l’approche des élections parlementaires en septembre « il était bizarre qu’un terroriste de ce calibre vienne sur le territoire ».
 
« Posada Carriles doit être très nerveux car nous avons attrapé un des siens », a-t-il ajouté.
 
Chávez Abarca a été détenu pendant deux ans au Salvador pour avoir été le chef d’un réseau spécialisé dans le vol de voitures dans ce pays, mais la justice ne s’est pas embarrassée de le juger pour les autres crimes internationaux dont il était accusé.
 
Abarca et 21 autres membres de sa bande avaient été arrêtés pour vol de voitures et escroquerie. Les autorités avaient alors assuré qu’il s’agissait « d’une des filières principales du crime organisé, spécialisée dans le vol de voitures et l’escroquerie au niveau national et en Amérique centrale ».
 
Le 28 octobre 2007, un juge complaisant libérait Chávez Abarca malgré ses activités délictueuses. Sans qu’il ait jamais eu à répondre sur son rôle de principal complice de Luis Posada Carriles pour une campagne de terreur qui n’a jamais été mentionnée devant les tribunaux salvadoriens malgré les plaintes répétées.
 
Dans les années 90, il a été signalé comme narcotrafiquant ainsi que comme trafiquant d’armes et de fausse monnaie au Guatemala.
 
Il a usé des alias Manuel González, Roberto Solórzano et William González, et a effectué trois brefs séjours à Cuba, en avril et mai 97 pour commettre plusieurs attentats.
 
Le 12 avril 1997, il avait armé une bombe chargée de 600 grammes de C-4 causant d’importants dégâts matériels dans la piscine de la discothèque Aché de l’Hôtel Meliá Cohíba,.
 
Le 30 du même mois, un engin explosif de 401 grammes de C-4 était désactivé. C’était le Salvadorien qui l’avait placé dans un vase d’ornement dans la chambre 15 du même hôtel.
 
Le 24 mai de la même année, alors que Chávez Abarca se trouve au Mexique, une bombe explose à l’entrée des bureaux de la compagnie Cubanacán située dans la capitale.
 
Le président vénézuélien a rappelé que cela fait cinq ans que son gouvernement réitère sa demande officielle à Washington pour l’extradition de Posada Carriles, 82 ans, ex-agent de la CIA, responsable, parmi d’autres crimes, de l’attentat du 6 octobre 1976 contre le vol 455 de la compagnie Cubana de Aviación, faisant exploser l’avion et tuant la totalité des 73 passagers.
 
Posada Carriles se déplace librement aux USA, gêné seulement par les autorités d’immigration qui lui reprochent d’être entré illégalement sur le territoire usaméricain. Ce pays n’a jamais répondu aux sollicitations du Venezuela.
 
Sa recrue a posé la bombe qui a tué Fabio di Celmo
 
En 1997, sur directives de Posada Carriles, c’est « Panzón » Chávez Abarca qui a passé un contrat avec le mercenaire Ernesto Cruz León pour que celui-ci exécute des missions terroristes à Cuba, en lui disant que lui-même l’avait déjà fait, et en l’instruisant rapidement sur le maniement et la confection d’engins explosifs.
 
C’est ainsi que Cruz León a réalisé deux voyages à Cuba, au cours desquels il a posé des bombes dans des hôtels de la Havane, dont une a tué le jeune touriste italien Fabio di Celmo, le 4 septembre 1997 ; ce fut le moment le plus tragique de la campagne criminelle de terreur que Posada avait lancé pour le compte d’une création de la CIA, la Fondation Nationale Cubano-Américaine.
 
(avec des informations de Telesur)