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mardi 20 septembre 2011

La Libye, le chaos et nous

par Santiago Alba Rico, 20/9/2011. Traduit par Fausto Giudice
La dernière semaine d'août, après l'entrée des rebelles à Tripoli, un cri de soulagement et de joie a éclaté dans le monde arabe. Au Yémen et en  Syrie les manifestations populaire contre les dictatures d'Ali Saleh et Bachar Al Assad se sont multipliées et intensifiées à la lumière de cette victoire que tous les peuples de la région vivaient comme la  leur. En Tunisie,  les 22 et 23 août, des réfugiés libyens et des citoyens  tunisiens ont  célébré la chute de Kadhafi  dans les rues de la capitale, mais aussi à Sfax, Gabès et Djerba. Même les partis de gauche se sont joints à la célébration. Ainsi, le Parti communiste des ouvriers de Tunisie, d’ Hamma Hammami, un des opposants les plus persécutés par le régime de Ben Ali, a diffusé le 24 août une déclaration félicitant "le peuple frère de Libye pour sa victoire sur le régime despotique et corrompu de Kadhafi, en espérant que désormais le peuple libyen pourra décider de son propre destin, récupérer ses libertés et ses droits et construire un système politique fondé sur la souveraineté qui lui permet te de reconstruire son pays, de mobiliser ses richesses  au profit de tous les citoyens et d'établir des profondes relations fraternelles avec les peuples voisins. " Au cours des six derniers mois, dans toutes les capitales arabes où les gens protestaient contre les dictateurs locaux, souvent au péril de leur vie, on a organisé des manifestations de solidarité avec le peuple libyen ; que cela nous plaise ou non, alors qu’il s’agit de l'une des régions les plus anti-impérialistes du monde, il n'y a eu aucune protestation contre l'intervention de l'OTAN.

Ces derniers mois, j'ai parfois eu l'impression que tandis que la droite colonise et bombarde le monde arabe, la gauche (une partie de la gauche européenne et latino-américaine) lui explique quand, comment et de qui il doit se libérer. Je ne vais pas entrer dans la polémique très vive  qui a fracturé le camp anti-impérialiste ;  je veux juste remarquer que le seul endroit où cette polémique n’a pas eu lieu  a été curieusement celui où les événements sont survenus. Alors que la gauche occidentale échangeait des gnons à propos de d'intervention de l'OTAN, les peuples arabes, accompagnés par une gauche régionale que  ni l'Europe ou l'Amérique latine n’ont écoutée, se sont consacrés à lutter contre les dictatures avec des moyens et dans des conditions qu’aucune analyse marxiste n’aurait prévu ni même souhaité. Le fait est que les puissances occidentales ne s’étaient  pas non plus attendues à ce qui s’est passé ni ne l’avaient souhaité  et le résultat de leur improvisation bâclée, aussi hypocrite que diligente, est encore une inconnue.

Une des erreurs dans l'analyse schématique d'un secteur de la gauche occidentale (aussi occidentale en cela que le sont les bombes de l’Alliance atlantique) a consisté à attirer l'attention sur les intérêts euro-usaméricains en Libye, comme si ces intérêts n’avaient pas été assurés sous Kadhafi et comme si, de toute manière, une intervention était la conséquence nécessaire d’une énumération d’intérêts. On n’intervient pas où et quand on veut, mais où et quand on peut. Les intérêts motivent sans doute une intervention militaire, mais ne la rendent pas forcément possible. Dans le cas de la Libye, à mon avis, ce sont deux facteurs qui l’ont rendue possible.

La première est qu'il s’agissait, comme l'ont immédiatement  reconnu les peuples et les gauches  arabes, d’une cause juste. La révolte populaire qui a commencé à Benghazi et a avorté dans le quartier de Fachloum  à Tripoli le 17 Février, était le prolongement, avec une égale légitimité et spontanéité, des révolutions en Tunisie et en Égypte. Jean-Paul Sartre a écrit en 1972 que " le pouvoir utilise la vérité quand il n’y a  pas de meilleur mensonge." Dans ce cas, aucun mensonge n’était mieux que la vérité elle-même:  le "tyran monstrueux" était un monstrueux tyran et les "rebelles libyens" étaient réellement des rebelles libyens. L’Occident utilisant la vérité pour sa propagande, la gauche schématique - très loin ou avec peu de connaissance de la région -, est tombée  dans le piège et s’est mise à répéter candidement face à celle-ci, un tas de mensonges et de demi-vérités, offrant à ceux qui bombardaient une cause juste et assumant l’ignominie  de défendre une injustice.

Le deuxième facteur a trait à l'isolement du régime Kadhafi. Mis à part le Nicaragua et le Venezuela, très éloignés de la scène, les seuls amis qu’avait Kadhafi dans le monde étaient quelques dictateurs africains et quelques impérialistes occidentaux. Une fois qu’il eut été abandonnée par ces derniers, aucun État  ayant un poids géostratégique - ni la Ligue arabe, ni la Chine ni la Russie – n’allait opposer de résistance à l'intervention de l'OTAN. Contrairement à ce qui se passe pour la Syrie, un nœud d’équilibres très sensibles dans lequel Bachar Al Assad vend la «stabilité» tous azimuts tout en tuant impunément des milliers de révolutionnaires, Kadhafi et son régime ne représentaient rien dans la région. Au contraire, tous les intérêts, y compris politiques, le rendaient vulnérable: plus que le pétrole, il faut compter parmi les facteurs déclencheurs de l’ intervention de l'OTAN les pressions de l'Arabie Saoudite sur les USA, très réticents à une intervention, et l' occasion pour la France de retrouver du prestige dans son  " arrière-cour " naturelle, l'Afrique du Nord, après la claque prise en Tunisie et en Egypte, où le soutien à Ben Ali et Moubarak (avec le scandale des vacances payées de ses ministres) avait mis Sarkozy complètement hors jeu.

L'autre erreur commises par certains secteurs de la gauche a à voir précisément avec leur schématisme ou plutôt, leur monisme. Les peuples et les  gauches arabes, risquant leur vie sur le terrain, ont compris d’emblée l'impossibilité d'échapper à l'inconfort d'analyse s’ils voulaient renverser leurs dictateurs. Ils ont su qu’il fallait affirmer de nombreux faits en même temps, dont certains contradictoires entre eux.  Dans le cas de la Libye, ces cinq ou six faits sont les suivants: Kadhafi est un dictateur, la révolte libyenne  est populaire,  légitime et spontanée ; elle  est immédiatement infiltrée par des opportunistes, des libéraux pro-occidentaux et des islamistes ;  l'intervention de l’OTAN n’a jamais eu d’objectif humanitaire, l'intervention de l'OTAN a sauvé des vies ; l'intervention de l'OTAN a provoqué  la mort de civils ; l'intervention de l'OTAN menace de transformer la Libye en un protectorat occidental. Que faisons-nous de tout  ça? Nous pouvons laisser de côté la realpolitik pour  aller au réalisme et  tenter d'analyser les nouveaux rapports de forces dans le contexte d'un monde arabe en plein  processus de transformation. Ou bien nous pouvons affirmer Un Seul Fait – monisme - et soumettre tous les autres à la cravache négationniste.  Ainsi, si nous parlons seulement de l'intervention de l'OTAN, avec ses crimes et ses menaces, nous sommes immédiatement contraints par une logique symétrique qui nous éloigne toujours plus de la réalité, de nier le caractère dictatorial de Kadhafi et d’affirmer, au contraire, son potentiel émancipateur et anti-impérialiste ; à nier le droit et la spontanéité de la révolte libyenne et affirmer, par ailleurs, sa dépendance mercenaire d'une conspiration occidentale. L'inconvénient de cet exercice de monisme est qu’il  laisse de côté précisément les données qui comptent le plus pour les peuples et les gauches arabes et devraient être le plus importantes pour les  anti-impérialistes du monde : l'injustice d'un tyran et la revendication de  justice du peuple libyen.
Le  monisme simplifie les choses là où elles sont très-très-compliquées. L’OTAN elle-même est consciente de cette complexité, comme en témoigne le fait que, comme l’a rappelé Gilbert Achcar,  elle a bombardé très peu la Libye, en vue de prolonger la guerre et d’essayer de gérer une défaite du régime sans vraiment rompre avec lui ; c’est-à-dire le contraire de ce que demandait  le peuple libyen. Le conflit entre l'OTAN et une partie des rebelles est manifeste, comme il l’est entre les rebelles et le groupe dirigeant  du CNT. Nous avons entendu ces derniers jours les dénonciations très agressives, visant à la fois les USA et l’ Angleterre, Mustafa Abdoul-Jalil et Jibril Mahmoud, et émanant d’ Abdelhakim Belhaj et Ismaïl  Salabi, les commandants rebelles liés à l'islamisme militant. Comme en Tunisie et en Égypte, les islamistes sont bien organisés et ont une  force, mais ce ne sont pas eux qui ont initié les révoltes. Il est très triste de voir tout d'un coup certains secteurs de la gauche rejoindre le chœur de la «guerre contre le terrorisme» et de la «menace d'Al Qaïda », alors que les révolutions arabes ont révélé que ce courant avait une influence très faible  sur la jeunesse arabe. Quelles que soient ou qu’aient été les relation entre Al Qaïda et le Groupe combattant islamique libyen, les déclarations publiques de ses dirigeants en faveur d’ un "État civil" et d’une "véritable démocratie",  très peu crédibles,  démontrent une grande connaissance du courant principal à l’œuvre  dans la région aujourd'hui. Les gens de gauche devront peut-être se faire à l’idée  que le monde arabe va inévitablement être gouverné par l'Islamisme dans les années à venir  - si on l’avait laissé gouverner il y a 20 ans, aujourd’hui il s’en serait libéré - mais la visite triomphale d’ Erdogan en Égypte, Tunisie et Libye indique que l'Islamisme ne sera  plus celui du djihad et des attentats-suicide,  comme on le voulait dans l'UE et aux USA, mais un «islamisme démocratique», dont les  limite, de toute manière, se révéleront aussi rapidement aux yeux d'un population excédentaire de jeunes de plus en plus intégrée dans les  réseaux d'information mondiaux.

Quoiqu’il en soit, la gauche, qui n’a ni armes ni argent,  devrait oser parler seulement après avoir imaginé ce qu’elle en aurait fait, si elle en avait eu – des armes et de l’argent.  Les aurait-elles donnés à Kadhafi ? Ou bien aux rebelles, anticipant ce qu’a fait l'OTAN? Ce que la gauche occidentale doit savoir, c’est qu’en soutenant  Kadhafi, elle ne soutient pas Chávez (contrepoint démocratique du tyran  libyen, malgré ses déclarations absurdes), mais Aznar et Berlusconi, et, pire encore, Ben Ali et Moubarak. La gauche arabe, très réaliste, sait ce qu’aurait signifié une victoire de Kadhafi pour le printemps arabe toujours en cours. N'oublions pas que Kadhafi a soutenu le dictateur tunisien après son départ, a menacé son peuple et a cherché à déstabiliser ses  nouvelles institutions pour remettre la famille Trabelsi au pouvoir jusqu'à ce que, justement, la révolte  populaire libyenne du 17 Février fasse échouer tous ses plans. L'étouffement par le sang et le feu de la révolte libyenne aurait mis en péril les acquis révolutionnaires de la Tunisie et de l'Égypte,  encouragé une répression encore plus grande au Yémen et en Syrie et congelé toutes les protestations qui refleurissent  au Maroc, en Jordanie et à Bahreïn. On ne peut pas –vraiment pas – être en même temps en faveur des révolutions arabes et de Kadhafi. Paradoxalement, ceux qui soutiennent Kadhafi  appuient sans s’en rendre compte l’offensive contre-révolutionnaire de l'OTAN en Afrique du Nord.

Peut-être faut-il préférer un ordre mauvais, pourvu qu’il soit invincible, à un désordre ambigu dans lequel il existe une possibilité de vaincre, même si c’est à long terme ; peut-être eût-il été préférable que ce lourdaud de Mohamed Bouazizi  ne s’immole pas, mettant le feu à toute la région, nous qui étions si tranquilles ; peut-être aurions-nous préféré que les peuples arabes ne se soulèvent pas s’ils ne sont pas  capables d’être marxistes et si à la fin, cela ne sert à rien ou seulement à ce que l’Islam règne ou qu’une poignée d’humiliés et d’offensés respirent un peu. Mais ce n’est pas nous qui décidons. Ce qui est sûr, c’ est que les peuples arabes, y compris celui de Libye, ont décidé de se débarrasser des dictatures les plus longues sur la planète, "dégelant" une région du monde pétrifiée depuis la Première Guerre mondiale et condamnée encore et toujours à servir des intérêts étrangers ; et en  décidant cela, ils l’ont remise dans le « courant central de l’histoire ». Bien sûr, on peut se laisser aller à éprouver des nostalgies de la guerre froide ; on peut se rassurer en voyant des conspirations des méchants habituels de toujours,  en s’épargnant ainsi l’effort de se rapprocher de nos semblables sur le terrain et d’analyser soigneusement les nouveaux acteurs qui interviennent sur la scène du monde. On peut faire des discours au lieu de faire de la politique, et faire des remontrances aux Arabes au lieu d’apprendre d’eux.  Ou bien alors on peut essayer d’être solidaires des peuples qui en ce moment essaient d’en finir avec une histoire ou d’en commencer une nouvelle ; avec ceux qui, comme en Syrie, au Yémen, à Bahreïn, essaient de secouer le joug de leurs dictateurs et avec ceux qui, comme en Tunisie, en Égypte et en Libye, doivent tenter de se libérer, dès maintenant, de diverses formes d’intervention étrangère.

dimanche 27 février 2011

Le tsunami s'étend dans le monde arabe

Tobrouk : "Libye libre ! Kadhafi dégage !". Photo Asmaa Waguih, Reuters
Les dernières 48 heures ont vu une extension des manifestations pour la liberté dans le monde arabe dans des pays où tout avait été apparemment calme jusqu'ici. En Libye, la ville de Zaouiyah, à 50 km à l'ouest de Tripoli a été libérée à son tour, tandis qu'à Benghazi libérée, un Conseil national libyen est en train de se mettre  en place.

La route arabe, par Mahjoob
Deux manifestants ont été tués et cinq blessés par des tirs de la police au cours d'un rassemblement de chômeurs à Sohar, dans le sultanat d'Oman.
Au Yémen, théâtre de véritables scènes de guerre dans la nuit de vendredi à samedi à Aden (sud), qui ont fait au moins trois morts, le président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, a dit son intention de défendre le "régime républicain" jusqu'à la "dernière goutte de (son) sang" et parlé de "complot".

À Bahreïn, le groupe chiite au parlement a confirmé dimanche sa démission en bloc, au lendemain de l'annonce d'un remaniement ministériel que l'opposition a jugé insuffisante. Les 18 députés du parti Wefaq avaient pris cette mesure à la suite des violences survenues aux premiers jours des manifestations populaires en faveur de la fin du régime monarchique.

Humour noir bahreïni : "Désolée, Israël, maintenant je te respecte. Au moins, toi, tu ne tues pas ton propre peuple. Bravo Bahreïn, tu as battu Israël"

Au Qatar voisin, un appel sur Facebook à l'éviction de l'émir Hamad ben Khalifa al-Thani a rassemblé samedi plus de 20 000 sympathisants, cependant qu'au Koweït, un groupe d'opposition nouvellement formé a demandé des réformes et l'émir cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah a annoncé des mesures sociales.

En Arabie Saoudite, une centaine d'intellectuels ont eux-aussi exhorté à des réformes politiques, économiques et sociales, notamment à l'instauration d'une "monarchie constitutionnelle".

En Irak, le Premier ministre Nouri al-Maliki a donné dimanche 100 jours à ses ministres pour faire leurs preuves, après des manifestations de colère contre le gouvernement. A Amara, à 305 km au sud de Bagdad, onze manifestants ont été blessés, dont un par balle, ainsi que neuf policiers, dans des échauffourées au cours d'une manifestation de jeunes réclamant du travail.

En Syrie, une page Facebook intitulée "la révolution syrienne contre Bachar al-Assad 2011" appelait à des manifestations à une date encore indéterminée, et en Jordanie, l'opposition accusait le gouvernement de "manque de sérieux" dans les réformes, après la plus grande manifestation vendredi dans la capitale depuis début janvier.

Au Liban, plusieurs centaines de personnes sont descendues dans la rue à Beyrouth pour protester contre le système confessionnel, à l'initiative de groupes de jeunes sur Facebook. "La révolution est partout... Liban, c'est à ton tour !", ont-elles scandé.

Au Maroc, près de mille personnes encadrées par d'importantes forces de sécurité avaient réclamé samedi à Casablanca des "réformes politiques et une nouvelle Constitution", pendant qu'à Alger, une centaine de contestataires avaient bravé un important dispositif policier pour tenter, en vain, leur troisième marche en un mois en faveur d'un changement de régime.

Enfin en Égypte près de 2000 manifestants s'étaient rassemblés samedi pour exiger un nouveau gouvernement. Le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa a annoncé dimanche sa candidature à la prochaine élection présidentielle.


Nous soutenons toutes les formes de résistances nées du cœur de notre pays
Déclaration du Mouvement de solidarité des femmes irakiennes pour l’indépendance et l’union de leur pays
par WSIUI, 22/2/2011
. Traduit par 
Michèle Mialane, Tlaxcala
A statement by Women Solidarity for an Independent Unified Iraq
Eine Erklärung der Frauensolidarität für ein unabhängiges, vereintes Irak

Depuis plusieurs semaines tout l’lrak est le théâtre de protestations et manifestations, même dans des villes et localités où il n’y en avait jamais eu auparavant.
Nous avons appris que des manifestations de masse se déroulaient à Bagdad, Basra, Kout, Samawah, Diwanijah, Falloujah, Kirkouk et Soulaïmanijah. Contre le non-respect de nos libertés, les arrestations arbitraires, la torture, la corruption, parce que nous sommes déçus et que les promesses électorales ne sont pas tenues, et - last but not least - contre le manque catastrophique de services de base, eau, électricité, soins de santé ainsi que de l’inefficience et de la corruption qui président au rationnement. On manifeste également contre le manque d’emplois et surtout d’aide sociale aux veuves, orphelins et retraités, qui ne peuvent mener la vie digne qu’ils méritent et connaissent la misère et l’humiliation.
D’une seule voix, les mots d’ordre des manifestants pacifiques expriment des revendications d’intérêt national. C’est la voix du peuple, qui en a assez de se contenter de promesses éternellement non tenues. Il en a assez des discours grandiloquents, méprisants et absurdes dont les fonctionnaires gouvernementaux les abreuvent à tour de rôle.
C’est tout le peuple irakien qui parle par la voix des manifestants pour exiger la reconnaissance de sa liberté et de sa dignité. C’est la voix des courageuses femmes irakiennes, qui essaient de recouvrer leur rôle moteur dans la lutte de leur peuple pour la liberté, l’égalité et l’indépendance.
C’est la voix d’un peuple qui ne sait que trop qu’on n’obtient rien par une patience surhumaine, et qu’il faut saisir l’occasion historique décisive qui s’offre en ce moment. Nous ne devons pas la manquer - il est temps de descendre dans la rue pour rendre leur dignité à tous les Irakiens et bâtir pour nos enfants un avenir meilleur.
Nous autres, membres du Mouvement solidaire des femmes irakiennes pour l’indépendance et l’union de leur pays, soutenons toutes les formes de résistance nées du cœur de notre pays. Les manifestations actuelles sont l’expression et le signe de l’unité de notre peuple. En organisant ces manifestations et en s’y rendant, il fait usage du droit que lui garantissent droits humains et international. Nous soutenons les manifestants et encourageons tout notre peuple à en faire autant.

vendredi 18 février 2011

Devinette : Qui a formé les flics tueurs du roi de Bahreïn ?

La France sarko-mamienne !!!

LEMONDE.FR | 18.02.11 | 16h46  •  Mis à jour le 18.02.11 | 16h57
 

Des coups de feu ont été entendus autour de la place de la Perle, à Manama, au Bahreïn.
Des coups de feu ont été entendus autour de la place de la Perle, à Manama, au Bahreïn.AFP/JOSEPH EID
La France a noué en novembre 2007 avec Bahreïn "un accord de coopération bilatérale en matière de sécurité intérieure", portant notamment sur la "formation des forces de l'ordre", rappelle Le Point vendredi 18 février.
Les manifestants bahreïnis, qui enterrent les victimes de violences des forces de sécurité et promettent de nouvelles actions, viennent d'essuyer de nouveaux tirs à balles réelles. Dans la nuit de mercredi à jeudi 17 février, une action de répression a fait plusieurs morts – trois selon le gouvernement, quatre selon l'opposition, qui déplore une soixantaine de disparus dans son mouvement réclamant des réformes politiques.
Les brigades antiémeutes sont accusées d'avoir attaqué un campement de manifestants installé sur une place de la capitale Manama, utilisant des gaz lacrymogènes mais également, selon l'opposition, des balles en caoutchouc et des balles à fragmentation. Ces brigades avaient reçu une formation dispensée par la France.
L'accord de coopération France-Bahreïn a été signé en novembre 2007, par Michèle Alliot-Marie, alors ministre de l'intérieur, lors d'une rencontre à Paris avec Cheikh Rashed Bin Abdallah Al-Khalifa, ministre de l'intérieur du Royaume de Bahreïn, rappelle Le Point.
Selon les termes de cet accord, "la France contribue notamment à la formation des forces de maintien de l’ordre bahreïnies chargées d’encadrer les manifestations – formation qui inclut une composante 'droits de l’homme'", précise le site du ministère des affaires étrangères français.
"CONCILIER LIBERTÉ D'EXPRESSION ET MAINTIEN DE L'ORDRE"
Le partenariat a notamment été mené la direction centrale des compagnies républicaines de sécurité (CRS), précise un rapport parlementaire rendu en février 2010 par le député UMP. Il "a permis d'accompagner la professionnalisation des unités anti-émeute et d'améliorer la gestion des foules, dans un archipel où il n'est pas rare que les manifestations dégénèrent", précisait à l'époque l'élu.
"Comptant de l'ordre de 6 000 hommes et femmes, la police de Bahreïn, dont le périmètre d'intervention est plus large que celui de la police française (...) manque d'expérience en raison du faible taux de délinquance, qui résulte probablement de l'extrême sévérité de la justice", explique aussi le texte. Les manifestations développées ces dernières années "sont principalement le fait de la population chiite, qui se dit – à bon droit – victime d'inégalités et de discriminations, surtout en matière d'emploi, de logement et d'accès à la propriété. Des policiers – qui sont tous sunnites – sont régulièrement pris à parti dans certains quartiers de l'archipel."
"Le ministre de l'intérieur a donc à cœur d'adapter les techniques d'intervention de la police à la nouvelle donne démocratique afin de concilier liberté d'expression et maintien de l'ordre", précisait encore le rapport.
Le Monde.fr

Une question sensible pour Alliot-Marie et la majorité

Pour MAM, comme pour le gouvernement en général, la question est sensible. Poussée à démissionner par l'opposition, la ministre s'est vu reprocher d'avoir proposé, au début de la fin du régime du dictateur de Tunisie Ben Ali, d'avoir proposé le "savoir-faire" français en matière de maintien de l'ordre.
Depuis, Matignon a été gêné par une livraison de grenades lacrymogènes vers la Tunisie au moment des émeutes qui ont abouti à la chute du régime Ben Ali. Autorisée par le gouvernement, elle avait été stoppée de justesse par la douane. Le cabinet de François Fillon a plus tard fait savoir qu'il avait suspendu ses livraisons d'armes à l'Egypte. Vendredi 18 février, il en a fait de même pour la Libye.

Bahreïn : Le dessin du jour de Carlos Latuff البحرين:كاريكاتير اليوم من كارلوس لطوف

Harq el Malik=Brûlez le roi

jeudi 17 février 2011

Nouveaux martyrs de la liberté en Libye, au Yémen et en Irak

La journée du 17 février a été sanglante dans le monde arabe.

En Libye, alors que des appels ont été lancés sur Facebook pour faire de jeudi une "journée de la colère" contre le régime du colonel Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis près de 42 ans, six personnes ont été tuées à Benghazi, la deuxième ville du pays, selon des sites d'opposition basés à l'étranger.
Les "affrontements violents" entre forces de l'ordre et manifestants dans ce bastion de l'opposition situé à 1.000 km à l'est de Tripoli, ont fait également 35 blessés, selon les sites Al Youm et Al-Manara.
Le mouvement de contestation en Libye a débuté mardi à Benghazi où 38 personnes ont été blessées. La ville d'Al-Baïda, à 1.200 km à l'est de Tripoli, a été touchée par les protestations au cours desquelles deux personnes ont été tuées mercredi, selon le journal libyen Quryna.
Des manifestations violentes ont eu lieu à Zenten (145 km au sud-ouest de Tripoli) où plusieurs personnes ont été arrêtées et des postes de police et un bâtiment public incendiés, a indiqué Quryna sur son site internet sans faire état de victime.
Mais face à ces manifestations hostiles au pouvoir, des centaines de partisans du colonel Kadhafi ont défilé sur la Place verte au cœur de la capitale Tripoli, épargnée jusque-là par les rassemblements anti-régime.
Dans la région du Golfe, à Bahreïn, l'armée s'est déployée en force à Manama, se disant déterminée à rétablir l'ordre après la répression par la police d'une manifestation anti-régime qui a coûté la vie à quatre manifestants et suscité la colère de l'opposition.
C'est la première fois dans une monarchie arabe du Golfe que se déroule une manifestation de cette ampleur pour réclamer des réformes politiques.
Profondément inquiets, les alliés régionaux du petit royaume ont apporté leur "soutien total à Bahreïn". Et le ministre bahreïni des Affaires étrangères Khaled ben Ahmed Al-Thani a justifié l'intervention policière par la nécessité d'empêcher un "conflit confessionnel et une crise économique".
Au total, six manifestants ont péri depuis le début de la contestation lundi à l'initiative d'internautes pour réclamer des réformes politiques et sociales. Cet appel a été très suivi par la majorité chiite qui s'estime discriminée dans ce petit archipel du Golfe gouverné par une dynastie sunnite.
Au Yémen, pays pauvre et instable du sud de la péninsule arabique et un allié clé de Washington dans sa lutte contre Al-Qaïda, les manifestations se sont multipliées et étendues depuis dimanche faisant trois morts dans le Sud, selon des sources médicales.
A Aden, la capitale du Sud-Yémen, un manifestant a été tué et dix blessés par des tirs de la police qui ont dispersé des milliers de protestataires réclamant le départ du président Ali Abdallah Saleh. Les protestations ont continué malgré un déploiement en force de l'armée.
Les manifestants ont tenté de prendre d'assaut le poste de police et la prison centrale, attaqué trois hôtels et des commerces, et coupé la circulation en incendiant des pneus, selon un correspondant de l'AFP sur place.
Dans la capitale Sanaa, quelque 2.000 étudiants ont été attaqués dès leur sortie du campus de l'Université par des partisans du parti présidentiel armés de gourdins et de pierres. "Le peuple réclame la chute du régime", répétaient d'une seule voix les étudiants, certains ripostant à coups de pierres à leurs attaquants. Vingt-cinq personnes ont été blessées.
Les forces de sécurité ont tiré en l'air pour séparer les deux camps.
Les manifestants veulent toujours le départ de M. Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, même après avoir annoncé qu'il renonçait à briguer un nouveau mandat en 2013 et promis des réformes.
En Irak, le mouvement de contestation sociale lancé le 3 février s'est étendu au Kurdistan autonome (nord) où deux personnes ont été tuées et 47 blessées par balles à Souleimaniyeh.
Près de 3.000 personnes, en majorité des jeunes, ont manifesté en accusant de "corruption" les deux partis traditionnels kurdes. Des manifestants ont tenté de prendre d'assaut le siège d'un parti, mais des gardes ont tiré en l'air. La veille, au sud de Bagdad, un manifestant de 16 ans avait été tué et 27 autres blessés lors de violentes protestations.

Massacre à Manama : l'ordre règne à Bahreïn

À 3 h 15 du matin, ils ont attaqué. À 4 h 12, le ministre de l'Intérieur de Bahreïn publiait son communiqué de victoire sur Twitter :


Bilan : 4 morts et plus de 300 blessés, dont certains dans un état grave. Les forces de police ont fait preuve d'une sauvagerie sans limites, exerçant des violences indiscriminées sur tous les occupants du rond-point de la Perle, rebaptisé place Tahrir, n'épargnant ni femmes ni enfants, ni personnel médical ni journalistes. Miguel Marquez, de la la station US ABC News a été copieusement matraqué.. Les policiers ont détruit les tentes à coups de couteaux et on fait usage de toutes les armes de leur arsenal contre les occupants pacifiques.Aussitôt après le nettoyage de la place, ils ont installé des barbelés autour du rond-point, interdisant l'accès aux ambulances. Toutes les tentatives des manifestants de reprendre la place ont été repoussées "victorieusement". Les tanks patrouillent dans les rues de Manama. Le ministre de la Santé aurait démissionné. 
Les deux premiers martyrs du lundi 14 février


 Leurs funérailles
  Le mouvement continue !

Photos Mazen Mahdi