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lundi 6 mai 2013

Bilan de la gestion privée de l'eau dans l'agglo de Montpellier

Interview de Thierry Ruf, spécialiste de l'eau, qui démontre le surcoût et le mauvais entretien du réseau par Veolia, opérateur privé de l'eau de l'agglomération de Montpellier depuis 1989. Les élus de l'agglomération choisiront en juillet 2013 soit de rester en délégation de service public au privé, soit de revenir à une régie publique de l'eau (comme l'on fait Grenoble, Paris, Saint-Etienne, etc.).

samedi 27 août 2011

Craintes palestiniennes pour une source d’eau ancienne en Cisjordanie : les citernes millénaires

par  Tom Perry توم بيري, Reuters, 28/7/2011. Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala 
Original: Palestinians fear for ancient West Bank water source
Traductions disponibles : Deutsch  
 

 

 ARAB AL RASHAYIDA, Cisjordanie, 28 juillet (Reuters) - Creusées dans le roc, les citernes en forme de grottes qui parsèment le désert au-delà de Bethléem, recueillent depuis des siècles l’eau de pluie qui est fournier aux bergers et à leurs troupeaux durant l’été.
Sous un soleil de plomb, un Bédouin âgé explique que les citernes telles qu’ils se les rappelle de son enfance, dont beaucoup ont été restaurées afin de fonctionner parfaitement ces dernières années, permettent à nouveau à sa communauté de chevriers de survivre.
C’est pourquoi, conclut-il, les autorités israéliennes qui contrôlent la Cisjordanie, en ont démoli au moins trois dans la zone depuis novembre 2010.

« Leur but est peut-être de nous faire partir. Mais nous ne partirons pas », dit Falah Hedawa, un homme de 64 ans, assis sur des coussins sous sa tente familiale dressée dans les collines qui descendent vers la Mer Morte.
Plus loin dans le désert, une mare stagnante est la seule trace qui reste d’une des citernes, creusée à flanc de colline, qui a été détruite récemment. Une piste boueuse sur le terrain par ailleurs sec indique le chemin suivi par l’eau jusqu’à un ouadi, une vallée qui devient rivière lorsqu’il pleut.
Israël a démoli 20 citernes de collecte d’eau de pluie en Cisjordanie durant les six premiers mois  de cette année, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), qui surveille les conditions dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967.
Ces démolitions font partie d’une accélération marquée des démolitions d’infrastructures palestiniennes dans la « Zone C » » - les 60% de la Cisjordanie sur lesquels Israël exerce un contrôle total.
Définie par les accords intérimaires de paix conclus entre Israël et les Palestiniens dans les années 1990, cette zone C est celle où se trouvent toutes les colonies israéliennes de Cisjordanie.
Pendant les six premiers mois de 2011, plus de Palestiniens ont perdu leurs maisons que pendant 2009 et 2010 réunis, selon l’OCHA. Beaucoup d’entre eux étaient des Bédouins. Jusqu’à présent cette année, un total de 342 structures appartenant à des Palestiniens ont été démolies dans cette zone.
Comble du cynisme, les démolitions sont exécutées au prétexte que ces structures, dont quelques-unes sont de simples tentes, ont été érigées sans la permission des Israéliens, ce qui est quasi impossible à obtenir, selon les Palestiniens.
En ce qui concerne les citernes, l’administration civile israélienne de Cisjordanie dit que dans au moins deux cas, et probablement davantage, elle a procédée aux démolitions parce qu’elles  étaient situées dans des zones d’entraînement militaire où l’utilisation des armes à feu pourraient représenter un danger pour leurs usagers.
“Justification historique”
 Cela , affirment les Palestiniens, n’est qu’une excuse qui fait partie d’un système de restrictions de la part des Israéliens dont le but est d’entraver leur développement tout en favorisant  l’extension des colonies.
Les ONG qui soutiennent le programme de restauration des citernes se disent fort inquiètes : les Bédouins, dont le nombre avoisine les 27.500 dans la zone C, comptent parmi les Palestiniens les plus pauvres.
En restaurant des vieilles citernes, les initiateurs du projet espéraient pouvoir contourner les restrictions sévères imposées par les Israéliens à la construction de nouvelles infrastructures hydrauliques, un facteur qui a contribué, selon l’Autorité palestinienne, à aggraver la pénurie d’eau à travers toute la Cisjordanie.
“Ces citernes sont justifiées par l’histoire”, dit  Nadi Farraj, un expert agricole palestinien qui a contribué à la restauration d’environ 140 vieilles citernes ces quatre dernières années.
Les Bédouins racontent que certaines citernes datent de l’époque nabatéenne et ont donc environ 2 000 ans. Pendant les travaux de restauration, les ouvriers recrutés dans les communautés bédouines, ont découvert divers objets dont des casques militaires de l’époque ottomane.
Sur un site isolé dans le désert, parmi des structures de pierres que l’on croit être les restes d’une église chrétienne, les ouvriers ont trouvé des fragments d’antiques sols en mosaïque pendant qu’ils restauraient deux citernes où on mène aujourd’hui les chèvres à boire.
Des photos prises pendant les travaux de restauration montrent des espaces en forme de grottes, soutenus par des piliers et des voûtes. Les citernes ne sont pas toutes souterraines. Quelques-unes sont des bassins creusés au fond de ouadis et destinés à retenir les eaux de pluie.
Atteindre les sites éloignés est souvent la partie la plus dure du travail, dit Farraj. Une fois arrivés là,  les ouvriers doivent enlever les sédiments, consolider l’imperméabilité des cloisons avec du plâtre et ensuite reconstituer les canaux de collecte de l’eau de pluie vers la citerne.
“Pénurie d’eau partout”
Dans le désert, aux portes de la ville de Zaatara, une citerne porte un symbole chrétien qui prouve qu’ elle est antérieure à l’expansion de l’Islam du 7e siècle depuis la péninsule arabique, selon un notable local, Ahmad Abou Rabada.
Cette citerne est l’une des deux citernes dont la restauration a été interrompue par Israël en juin sous prétexte que la région se trouvait à l’intérieur d’une zone de tir. Abou Rabada affirme qu’aucun tir n’y a été entendu depuis des années.
“Ils ont invoqué toutes sortes de prétextes”, dit-il.
Il craint que la démolition de la citerne par l’administration civile ne soit imminente.
Les démolitions ont été condamnées par les Nations-Unies. DanChurchAid, une ONG de l’Eglise danoise qui a financé le programme, soutient que cinq des citernes sur lesquelles elle a travaillé ont été démolies cette année, trois par l’armée israélienne et deux par des colons juifs.
"Je trouve ça extrêmement inquiétant. Toute la Corne de l’Afrique et le Moyen-Orient font face à des sécheresses d’envergure cette année ", dit  Mads Lindegarde, représentant régional de  DanChurchAid, qui fait partie d’une coalition d’ONG ayant constitué le Groupe d’urgence pour l’eau, l’assainissement et l’hygiène dans les territoires palestiniens.
 « La destruction d’antiques citernes d’eau et de ressources d’eau en général, c’est de la folie, et tout particulièrement dans une situation où les gens souffrent d’une
pénurie d’eau », dit-il.
Les démolitions ne font qu’aggraver une pénurie d’eau dans toute la Cisjordanie, selon Shadad Attili, chef de l’Autorité Palestinienne pour l’Eau.
"Quel est leur message? 'Abandonnez cette terre—c’est leur unique message", dit-il.
 Tout en niant vouloir déplacer les Bédouins par de telles méthodes, Israël a un plan pour les reloger dans des constructions en dur.
 "Ils auront de la terre gratuitement, de l’électricité, de l’eau, ce qui améliorera probablement leur situation ", affirme un porte-parole de l’administration civile israélienne. "Ils ne peuvent pas continuer à nomadiser et la terre est limitée."
"Pour les Bédouins, c’est la seule solution."

vendredi 9 octobre 2009

Gaza : catastrophe écologique annoncée

par Gunnar OLOFSSON, 28/9/2009. Traduit par Michèle Mialane et édité par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original : Gaza på väg in i miljökatastrof

L’approvisionnement en eau de Gaza est au bord de l’effondrement. C’est ce qui ressort d’une récente enquête du PNUE (Programme des Nations Unies pour l’environnement). La situation, depuis longtemps mauvaise, s’est dramatiquement aggravée avec les attaques israéliennes de décembre-janvier dernier, privant ainsi d’eau potable 10% de la population. Onze arrivées d’eau importantes et quatre réservoirs ont été détruits, ainsi que des kilomètres de canalisations, et les adductions restantes risquent d’être souillées par des fuites sur les canalisations d’eaux usées. De plus, à l’heure actuelle, seulement 57% de l’eau pompée arrivent aux usagers, le reste se perdant en route en raison de fuites.

Selon le PNUE 2962 bâtiments ont été détruits en totalité ou en partie, et près de 600 000 tonnes de gravats et de décombres posent désormais à Gaza un important problème sanitaire. On a trouvé entre autres dans les ruines des quantités d’amiante élevées surtout de l’amiante bleu, 500 fois plus cancérigène que l’amiante blanc ordinaire.

Les bombes israéliennes ont aussi détruit 180 serres et 167 km de routes et tué plus de 35 750 vaches, moutons et chèvres ainsi qu’un million de volailles adultes et de poussins. Le poids total des cadavres d’animaux qui n’ont pu être évacués correctement est compris entre 1 et 1,5 millions de tonnes.

Avant la guerre Gaza possédait plus de 170 millions de m2 de terres cultivées. 17% ont été détruites et le reste des plantations est menacé de salinisation par les infiltrations d’eau de mer. Certaines plantes, par exemple les jeunes fruitiers et oliviers, supportent mal l’eau saumâtre et on court le risque de ne plus pouvoir replanter sur de vastes espaces. En outre 100 000 m3 d’eaux usées se sont déversés dans les plantations et ont pollué 55 000 m2 de cultures.

À l’heure actuelle 64% des foyers sont reliés à un tout-à-l’égout, et 36% rejettent leurs eaux usées sans aucune épuration, ce qui menace la côte de pollution par les nitrates et de salinisation. Le risque existe que les précipitations hivernales n’entraînent l’eau souillée sur des surfaces encore plus vastes. Les eaux usées transportent aussi des microorganismes et des métaux lourds et représentent donc un danger en soi.

La fréquence de plus en plus élevée de méthémoglobinémie, réduction de la capacité des globules rouges à transporter l’oxygène, représente un problème sanitaire particulier. Les enfants atteints de cette maladie sont apathiques, salivent trop abondamment et sont moins éveillés que la normale. Des crampes peuvent apparaître, puis la mort. Des études effectuées à Gaza montrent l’apparition de cette maladie chez les très jeunes enfants, une sorte de syndrome du « bébé bleu » proche de celui que provoquent certaines malformations cardiaques. Plus de 48% des enfants pourraient être atteints.

Selon le PNUE il faut immédiatement prendre les moyens d’éviter une nouvelle catastrophe écologique à Gaza. Il faut réparer les canalisations d’eau potable et de tout-à-l’égout et mettre en service davantage d’adductions d’eau alternatives, évacuer tous les débris et procéder à l’assainissement de vastes surfaces. La fourniture d’eau potable exige à elle seule 20 ans de travaux et un milliard de dollars d’investissements pour être mise à des normes acceptables au niveau international. Mais pour le moment Israël gêne, voire dans certains cas rend impossible la mise en œuvre de ce projet, car Gaza subit toujours un blocus meurtrier.

L’ONU a dit ce qu’elle avait à dire. C’est désormais au principal allié d’Israël, les USA, et à la Suède, qui préside en ce moment l’Union européenne, que revient la lourde responsabilité de faire en sorte qu’il soit mis fin au blocus de Gaza - un crime contre la Charte de l’ONU et une foule de documents et résolutions onusiens - afin de pouvoir commencer un véritable travail environnemental et sanitaire et rendre enfin à 1,5 millions de Palestiniens enfermés dans une prison à ciel ouvert une partie de leurs droits humains.

vendredi 17 avril 2009

Appel à souscription pour le DVD : Effet papillon (26 mn)


Un projet de documentaire de Cécile Couraud

« Qu’importe si le chemin est long du moment qu’au bout il y a un puits
Proverbe du Sahara

Qui suis-je ?
Une jeune réalisatrice indépendante. Pour ceux d’entre vous qui ont vu Déchets à ménager (52 mn, Janvier 2007 – Prix du public, Festival Les Escales Documentaires, La Rochelle), vous connaissez mes positions en matière d’écologie … Pour ceux qui n’ont pas vu Déchets à ménager, il ne vous reste plus qu’à tenter l’aventure !
Pour ce nouveau projet, j’ai obtenu le soutien de partenaires : engagement créatif, prêt de matériel et de locaux ... Mais le soutien purement financier, comme souvent, fait défaut. Or celui-ci est indispensable pour l’obtention d’aides publiques, telle que la subvention proposée par le dispositif « Envie d’agir - Défi Jeune » (Direction Départementale de la Jeunesse, des Sports - Haut Commissaire à la jeunesse).

Le film – Extrait du synopsis :
« […] Dans ce film, la caméra racontera l’histoire d’une tribu de nomades sahraouis en quête d’eau, un liquide retenu par les puissantes dents du barrage El Mansour Eddahbi près de Ouarzazate, la porte du Grand Sud marocain. […]
Ce récit n’est pas seulement une histoire d’eau ; dans ce conte, des humains cherchent à préserver leurs racines, leur identité. L’eau et les racines. Tandis que la France fait face au « déracinement » de certaines populations -des « expatriés marocains » notamment- il semble aujourd’hui essentiel de penser cette question en amont et de remonter à la source : pour grandir, les racines ont besoin d’eau. […] »

La souscription – Prix de soutien : 15 €
Le tournage commencera en mai, dans le désert, près de M’hamid, au sud du Maroc, pour se terminer fin octobre (l’été étant trop chaud pour caméras et humains!).

Une souscription vous permettra de réserver votre DVD que vous recevrez en décembre 2009 :

O Souscription à 15 € l’unité - avant le 6 avril 2009 (date limite pour la subvention!)
O Souscription à 20 € l’unité - après le 6 avril 2009
O Tout complément financier sera le bienvenu !

Pour souscrire à ce DVD, merci de remplir ce bulletin (ou de le copier sur papier libre) :
Nom / Prénom : ..............................................................................................................................
Adresse :.......................................................................................................................................
Courriel : .......................................................................................................................................

o Je souscris au DVD Effet papillon en remplissant ce bulletin (ou en le copiant sur papier libre)et j'y joins un chèque de ………… € à l'ordre de Cécile Couraud
o Je souhaite recevoir un reçu du montant de ma souscription : (à cocher éventuellement)

Date et signature :

A renvoyer à Cécile COURAUD – 24 rue de la République - 89150 SAINT-VALERIEN
Contact :
cecile.realisations@yahoo.fr

jeudi 30 octobre 2008

Le Nestlégate helvético-brésilien

Nestlé, Securitas & ATTAC : un polar de l'ère de la mondialisation
«Le politique devrait réprimander Nestlé!»-Interview de Franklin Frederick sur le Nestlégate en Suisse
par Isabelle Stucki

INTERVIEW - Engagé contre la privatisation de l'eau, le Brésilien Franklin Frederick est scandalisé par le «Nestlégate» et par le peu de réactions que l'affaire suscite dans la sphère politique.

Il est indigné, Franklin Frederick, lui qui se bat contre Nestlé pour sauver le parc d'eau de São Lourenço, au Brésil. Voici trois mois, l'émission Temps Présent révélait que Nestlé avait mandaté l'entreprise Securitas pour infiltrer le groupe Attac-Vaud. En possession du rapport, Franklin Frederick constate que l'opération le touche de près. Et qu'elle est remontée jusque dans son pays. Pour le militant, ce n'est pas le pire: la faible levée de boucliers face à cette affaire «gravissime» le choque. Entretien.


Franklin Frederick. Photo Olivier Fatton, Le Courrier


Qu'est-ce qui vous frappe dans ce rapport?

Franklin Frederick: Sa réalisation est très professionnelle. Sa première page s'ouvre sur le 2 septembre 2003. Il est question de l'organisation du Forum social suisse qui a eu lieu à Fribourg en septembre 2003 et auquel j'allais être invité pour parler du cas de Nestlé au Brésil. La dernière page du rapport est datée du 16 mai 2004. L'opération d'espionnage ayant duré plus d'une année, ce rapport est incomplet. Et comme nous n'avons pas reçu une réponse positive à la demande de notre avocat d'obtenir tous les documents, ce que nous avons entre les mains n'est que la pointe visible de l'iceberg.

Etiez-vous spécialement visé?

En tant que défenseur de l'eau au Brésil, j'étais une cible de cette opération, autant qu'Attac ou que les Colombiens, mentionnés dans le rapport. La quantité et le détail des informations sur ce qui se passe au Brésil et sur ma personne s'accroissent au fur et à mesure du document. Même mon entrée en Suisse, qui s'est faite par Neuchâtel – où les militants d'Attac ont défendu la source de Bevaix contre Nestlé–, est citée. L'agente de Securitas avait des contacts réguliers avec Nestlé. Peu à peu, son travail s'est focalisé sur le forum Nestlé que Attac, la Déclaration de Berne, Greenpeace et moi-même avons organisé en juin 2004 à Vevey.
Pour la première fois, des gens de multiples provenances se sont retrouvés pour mettre leurs savoirs en commun et parler des lieux où Nestlé pose des problèmes. Nous avons réalisé que ces cas ne sont pas uniques: Nestlé a un modèle, toutes ces situations sont similaires et appartiennent à la politique globale de Nestlé, décidée en Suisse.

Quel était l'intérêt pour Nestlé de vous espionner?

Pourquoi est-ce que Nestlé a décidé d'espionner Attac-Vaud? Certes, il y a le livre très important que le groupe écrivait sur Nestlé. Mais une des grandes motivations de la multinationale était d'obtenir, par le biais d'Attac, des renseignements sur ce que les groupes de résistance font au Brésil et en Colombie. Dans ces pays, les informations fournies par le rapport, dont mon e-mail, peuvent avoir une utilité concrète. Nestlé était en mesure de coordonner ses activités, de devancer nos stratégies et d'adapter les siennes. Si Nestlé connaît mes contacts, je ne sais pas quel genre de pressions, notamment auprès des politiciens, peuvent être exercées au Brésil: ce pays a une tradition démocratique plus faible que celle de la Suisse.



Le Parc des Eaux de São Lourenço


Vous dites que les faits de 2004 viennent de s'éclairer...

Au début de 2004, j'annonçais à Attac et à l'espionne inclue dans notre liste d'adresses que je viendrais en Suisse pour le Public Eye et l'Open Forum, événements organisés en parallèle au Forum économique mondial de Davos. J'ai sollicité, en vain, un entretien avec Nestlé. Mais à l'Open Forum, j'ai pu m'adresser à Peter Brabeck (ancien directeur général de Nestlé, ndlr). Comme il avait été renseigné, il savait que je serais là. Il était préparé. Il a alors annoncé cette nouvelle inattendue: l'usine de São Lourenço, située dans le parc d'eau que je défends, serait fermée et le pompage cesserait. En même temps, avec une parfaite synchronisation qui n'aurait pas pu avoir lieu sans les informations de l'espionne, Nestlé établissait des contacts avec le gouvernement de l'Etat de Minas Gerais, où se trouve São Lourenço. Nestlé a conclu un «gentlemen's agreement» pour y rester. Le jour où la presse suisse racontait notre «victoire», l'Etat du Minas Gerais annonçait un accord avec Nestlé: la multinationale s'était racheté le droit de rester...

Pourquoi le groupe Nestlé userait-il d'une telle stratégie?

La presse suisse avait passablement médiatisé le cas du Brésil. La multinationale déteste cette visibilité que lui confèrent les médias quand ils la critiquent. Nestlé subissait une sorte de pression de la part des églises nous soutenant et de la presse. Annoncer que le cas était résolu ferait taire tout le monde.



Fontaine dans le Parc des Eaux. Photo Gil


Le soutien de certaines églises dérange-t-il Nestlé?

Oui. Quand les critiques proviennent d'ONG cataloguées à gauche, Nestlé est habituée à riposter. Mais les remarques des églises ont un poids différent. Nestlé ne peut y répliquer de la même façon. Les diverses églises de Suisse qui épaulent notre lutte contre la privatisation de l'eau, dont l'Eglise réformée de Berne ont émis des critiques. A mesure que ces remarques se multipliaient, je devenais une cible plus importante pour Nestlé.

Comment percevez-vous les réactions suscitées par l'affaire?
Le manque de réactions fortes face à ce scandale est un scandale en soi! Un débat public devrait absolument avoir lieu. Que font les politiciens? Une réponse très sévère à l'attitude de Nestlé est nécessaire. Ce genre de pratiques est à bannir définitivement: quand cela commence, on se retrouve dans une zone trouble et dangereuse.

Craignez-vous votre retour au Brésil?
La lecture des rapports et le fait que la multinationale se donne le droit de poursuivre de telles opérations si elle se sent menacée m'inquiètent. Jusqu'à quel niveau suis-je surveillé dans mon pays? Je ne me sens pas en sécurité. Une limite a été franchie. C'est très grave: en Amérique latine, nous savons où ce type d'espionnage conduit! En l'occurrence, il me semble qu'un citoyen suisse ne peut être menacé physiquement. Mais il n'en va pas de même en Colombie et au Brésil.


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mercredi 17 septembre 2008

Nouvelle pub pour l’eau en bouteille : Eau Secours !


Paris, le 17 septembre 2008 : Alors que les ventes d’eau en bouteille coulent à pic en chutant de 6,5% en 2007, la Chambre syndicale des eaux minérales vient de lancer une nouvelle campagne publicitaire axée sur la pureté supposée de ses produits, déclinée dans la presse et sur internet.

Pour Clara Osadtchy, coordinatrice des campagnes d’Agir pour l’Environnement, « le secteur de l’eau en bouteille risque de boire la tasse si il ne prend pas rapidement conscience de la demande du grand public pour des produits réellement écologiques ne produisant pas une cohorte de déchets pour une large part non recyclée. »

Dans sa campagne publicitaire, la Chambre syndicale des eaux minérales prône la pureté d’un produit pour en expliquer le prix : Agir pour l’Environnement rappelle qu’une étude de l’Université de Heidelberg a toutefois montré en mars 2006 des taux en Antimoine (un métal toxique) 95 à 165 fois plus élevés dans l’eau en bouteille que dans l’eau du robinet, contaminée par le plastique de la bouteille. Une enquête de la DGCCRF de mars 2007 a également relevé la non-conformité de 22% des eaux minérales échantillonnées, pour déficit par rapport aux teneurs indiquées ou pour dépassement par rapport à des normes maximales. Les industriels tentent de sauvegarder leurs intérêts économiques bien compris en manquant de transparence auprès des consommateurs et en dénigrant bien souvent l’eau du robinet, le produit alimentaire le plus contrôlé par les pouvoirs publics.

Agir pour l’Environnement regrette que la Chambre syndicale des eaux minérales espère via cette campagne publicitaire regagner un marché en chute depuis 2003, régression pourtant favorable à l’environnement en permettant une économie certaine d’énergie et de matières premières liées aux millions de bouteilles qui sont ensuite jetées chaque année. Agir pour l’environnement invite les consommateurs à boire l’eau du robinet dans les localités où elle est de qualité, jusqu’à 400 fois moins cher et moins polluante pour l’environnement.

Une fois encore, en optant pour un geste écologique, boire l’eau du robinet, le consommateur fait également un geste économique. Agir pour l’Environnement appelle le Ministère de l’Ecologie à faire cesser immédiatement cette nouvelle campagne de blanchiment écologique et à renforcer les actions de prévention des déchets.

Contact presse :
Clara Osadtchy, coordinatrice des campagnes d’Agir pour l'Environnement - Tél. 01.40.31.34.48/ 06.71.89.49.73