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lundi 6 octobre 2014

Alexis Tsipras, version 3.0 : coopté par la Sainte Alliance des Socialos* et des Jèzes**

Español
Alexis Tsipras, versión 3.0: cooptado por la Santa Alianza de los sociatas y los jesuatas

 English
Alexis Tsipras version 3.0: co-opted by the Holy Alliance of Socrats and Jesucrats

 Italiano
Alexis Tsipras, versione 3.0: cooptato dalla Santa Alleanza dei sociocratici e dei gesucratici
 
par Fausto Giudice, 6/10/2014
J’ai découvert l’existence d’Alexis Tsipras il y a pas mal d’années, quand il n’était que le jeune leader inconnu d’un groupuscule gauchiste dont personne n’avait entendu parler en dehors de son pays, la Grèce. C’était au hasard d’une navigation sur la toile, et j’avais trouvé une vidéo d’un groupe d’étudiants se livrant à une sorte de happening bondage sur Tsipras, qui, hilare, se laissait ficeler sur une chaise. 


http://tlaxcala-int.org/upload/gal_9088.jpg
Ma première réaction avait été : « Ach ! Die Junge Garde des Sekretariats ! » La jeune garde du secrétariat : c’est ainsi qu’on appelait dans l’Allemagne des années 70 les jeunes socialistes, généralement de tendance gauchiste, qui, une fois passée la trentaine, devenaient des caciques du parti social-démocrate. On a vu le même phénomène dans toute la social-démocratie européenne.
http://spaledante.files.wordpress.com/2011/08/emsaeulisidood.jpg?w=700 
Pour ma génération, pétrie d’histoire des révolutions écrasées en Europe, la social-démocratie originelle – germanique et scandinave – a au plus tard en 1919 cessé d’être un parti de la classe ouvrière pour devenir, au mieux (dans la Vienne rouge des années 1920) un parti pour la classe ouvrière. Quand la classe ouvrière et les soldats allemands se soulèvent en 1918, emmenés par la Ligue Spartakus de Rosa Luxembourg et Wilhelm Liebknecht, qui dirige la répression ? Le social-démocrate Noske, rapidement surnommé le Bluthund (chien de sang, ou chien de rouge) pour avoir, en tant que ministre de la guerre, déclaré : « Il faut que quelqu'un fasse le chien de sang : je n'ai pas peur des responsabilités ». C’est Noske, appuyé par son parti, dirigé par Friedrich Ebert, bientôt président de la minable république de Weimar, qui a organisé le massacre des ouvriers et soldats organisés en conseils (soviets) à Kiel puis, en janvier 1919, à Berlin. Ses corps francs assassinèrent, entre beaucoup d’autres, Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht.

Le quintette des "commissaires du peuple" sociaux-démocrates qui proclament la République de Weimar
http://www.allmystery.de/i/t54c14f_malsovverraten12106.jpg« Wer hat uns verraten ? Sozialdemokraten. Wer hatte recht ? Liebknecht ! »(« Qui nous a trahis ? Les sociaux-démocrates. Qui avait raison ? Liebknecht ! »)  : ce refrain « rouge » des années 1920 est revenu à la mode dans les années 1960, lorsque la jeunesse radicale – les soixante-huitards avant la lettre – affrontait la social-démocratie, alliée (déjà ? eh oui !) dans une « grande coalition » avec les démocrates-chrétiens, mettant en œuvre son « aggiornamento » datant de 1959, quand, à Bad Godesberg, le SPD avait officiellement et définitivement abandonné toute référence marxiste, adoptant comme devise « Le marché autant que possible, l'intervention publique autant que nécessaire».

Entre les années 1920 et les années 1960, bien de l’eau avait coulé sous les ponts de Berlin : à la chute du régime nazi, nos bons sociaux-démocrates, revenus dans les bagages des « libérateurs » alliés, se mirent naturellement au service de ceux-ci, tandis que leurs cousins communistes se lançaient dans l'aventure d'un socialisme prussien à l'ombre du Grand Frère soviétique.

Et c’est ainsi que l’on eut deux Allemagne pour le prix d’une, pendant 40 ans. Quand des étudiants en révolte distribuaient des tracts dans les rues de Berlin, Munich, Hambourg ou Francfort, contre la guerre du Vietnam pour contre les lois d’exception instaurées par la « grande coalition » noire-rouge, l’Allemand moyen qui passait par là leur lançait : « Si vous n’êtes pas contents, allez donc en face », autrement dit : « Si notre paradis démocratique capitaliste ne vous convient pas, allez donc vivre dans l’enfer est-allemand du ‘socialisme réel’ ».  Le discours quotidien de Samaras et de l'Aube Dorée en Grèce contre les "rouges" ne fait que répéter ces vieilles litanies, longtemps après que l'URSS a disparu.

Puis vint 89 et la réunification. Ce ne sont pas seulement les territoires allemands qui ont été réunifiés, mais aussi le paysage politicien : tous les résidus de gauche communiste/stalinienne et de sociaux-démocrates critiques encore attachés au marxisme se sont eux aussi réunifiés pour constituer un parti qui s’est mis corps et âme sous la coupe des sociaux-démocrates, faisant taire ses dissidents par les méthodes habituelles en usage dans tous les partis atteints de crétinisme parlementaire. Ce parti, Die Linke, puisqu’il faut l’appeler par son nom, est aujourd’hui totalement entré dans le système de la démocratie représentative, parlementaire, corrompue et belliciste. C’est là que nous en revenons au camarade Tsipras.

Son parti, SYRIZA, est au moment où j’écris, crédité de 36% des intentions de vote. De nouvelles élections peuvent être annoncées à tout instant par le Premier ministre grec de droite, Samaras, qui est en discussion avec la patronne, j’ai nommé Angie, la chancelière Merkel, pour prendre une « décision », qui s’apparentera plus à un Diktat qu’à autre chose. Concrètement, les choses doivent se jouer en février prochain, lorsque le Parlement devra élire un nouveau président de la République. Il manque à la "grande coalition" Nouvelle démocratie-PASOK  la vingtaine de députés nécessaires pour atteindre le quota nécessaire de voix nécessaire (180) pour valider l'élection. Il ne resterait alors qu'à Samaras qu'à dissoudre le parlement et organiser de nouvelles élections.

Donc, Tsipras se voit déjà en chef de gouvernement à Athènes. Mais vu que les  résultats des élections démocratiques, dans la bonne vieille Europe démocratique, se décident dans les couloirs du pouvoir avant d’être sanctionnées par les urnes, il s’agite tous azimuts. Il faut qu’il obtienne le feu vert des patrons de l’Europe, qu’il trouve des alliés pour combler le gap entre les 36% dont il est crédité et les 51% (en fait moins, puisque dans le système grec, le parti venant en tête des élections reçoit un bonus de 50 sièges) dont il aurait besoin pour pouvoir « gouverner ». Il a donc adopté la voie du compromis et de la « rénovation ». D’abord, il a fait son possible pour se débarrasser de l’aile gauche de Syriza, sans y parvenir pour l'instant. Puis il a mis de l’eau dans son retsina, en cessant de tonitruer contre l’Union européenne, Bruxelles, Francfort et Berlin. Plus question de sortir de l’Euro. Plus question de refuser de payer la dette odieuse de la Grèce. Plus question d’organiser des manifestations de rue, des protestations populaires, pour répondre à l’énorme colère du peuple grec et la canaliser vers des lendemains qui chanteraient.

Le personnel de l’hôpital de Kilkis déclenche un mouvement d’occupation autogestionnaire de son hôpital menacé de fermeture. Qui s’y oppose et fait capoter le projet ? Les chefs syndicaux liés à Syriza.
Le personnel de médias condamnés à mort tente de se lancer dans des expériences autogestionnaires ? Syriza ne fait rien pour l'aider.
Les 595 femmes de ménage du ministère des Finances sont licenciées, pour tester les réactions à l'épuration des services publics exigée par la Troïka (Commission européenne-Banque centrale européenne, FMI) : elles organisent la résistance et appellent à une journée internationale de solidarité. Qui leur met des bâtons dans les roues, ordonnant à toutes ses sections d’Europe de ne pas répondre aux appels de comités locaux de solidarité avec le peuple grec ? Syriza.
Le gouvernement grec instaure de nouvelles taxes ubuesques (immobilière et sur le fuel domestique) pour pressurer la population, menacée des pires sanctions en cas de non-paiement. Qui refuse d’organiser des mouvements collectifs et solidaires de non-paiement des taxes iniques ? Syriza.

Pendant ce temps, le chef voyage. En septembre, il a été en quatre endroits, Thessalonique, Vienne (Autriche), Cernobbio (Italie) et…la Cité du Vatican. Il a sûrement fait d’autres voyages intéressants, mais, ne disposant pas d’un service de renseignement professionnel, je me contenterai d’évoquer ces quatre épisodes.
À Thessalonique, Tsipras a présenté le programme (électoral) de son parti. Commentaire de Giorgos Delastik, journaliste de gauche : « À côté des engagements de Tsipras, ceux de Caramanlis (Premier ministre de droite) en 2009 paraissent du pur gauchisme ». Rien à ajouter.

A Vienne, Tsipras, invité par le Forum Bruno Kreisky, a fait un vibrant discours tendant la main aux sociaux-démocrates allemands et autrichiens pour, ensemble « sauver l’Union européenne » des méchants néolibéraux de Berlin et Francfort : « Nous allons gagner les prochaines élections, nous aurons besoin de vous ». Bref, on l’aura compris, SYRIZA se présente tout simplement comme le nouveau PASOK et je vous fiche mon billet qu’il ne va pas tarder à être coopté dans l’Internationale socialiste. Je recommande la lecture de ce morceau d’anthologie aux lecteurs qui comprennent l’anglais, il vaut son pesant de sel marin ionien : http://yanisvaroufakis.eu/2013/09/24/alexis-tsipras-at-the-kreisky-forum-vienna-the-complete-speechaddress-to-austrian-social-democrats/.


A Cernobbio, au bord du Lac de Côme, Tsipras était invité dans la Villa d’Este –le "plus bel hôtel du monde" - au Forum annuel de la Fondation Ambrosetti, une sorte de Club Bilderberg bis, à visage un peu plus humain, mais avec les mêmes objectifs et méthodes : rassembler les gens qui comptent dans le monde pour mettre au point les tactiques de pouvoir pour la période à venir.
Enfin, cerise sur le gâteau, notre brave Alexis s’est rendu à la Cité du Vatican pour y rencontrer Sa Sainteté en personne pendant 35 minutes, au sortir desquelles notre Premier ministre in spe a constaté, "étonné", de nombreuses convergences entre Syriza et l’Église catholique, apostolique et romaine. Notre bon jésuite de Bergoglio a eu, lui, une exquise petite phrase : « Tsipras n’est pas de gauche, c’est seulement son programme qui l’est ». Sous-entendu : les programmes, ça peut se changer. Pour son audience, Tsipras était encadré par deux drôles de personnages fleurant bon l’Empire austro-hongrois et qui n'auraient pas déparé dans une pièce de théâtre de boulevard viennois, Walter Baier et Franz Kronreif. 
Baier (à g.) et Kronreif avant l'audience
Le premier a été le fossoyeur du Parti communiste autrichien, dont il a liquidé la structure et les biens, vendant notamment à des fascistes un immeuble squatté par des artistes de gauche. Il est ensuite devenu l’athée de service du Vatican, ayant sa place attitrée aux rencontres œcuméniques annuelles d’Assise, auxquelles participent chrétiens, juifs, musulmans, bouddhistes et…athées, considérés comme une confession parmi  d’autres. Autrement dit, à la question : « Quelle est ta religion ? », à Assise, on peut tranquillement répondre : « Athée ». Officiellement, Baier est le coordinateur de Transform ! Europe, la danseuse, pardon, le « think tank » du Parti de gauche européen, essentiellement porté par Die Linke allemande et sa fondation Rosa-Luxembourg, dotée par l’État allemand d’un confortable matelas de millions d’euros, qui lui permettent de financer des revues que personne ne lit et de distribuer des tracts sur papier glacé dans les Forums sociaux  mondiaux, où ses « militants » sont logés dans hôtels 5 étoiles, ou à la rigueur 4.

Le second est un des responsables du mouvement des Focolari, qui est l’un des « mouvements de masse » du Vatican, complétant le travail que font Comunione e Liberazione e la Communauté de Sant’Egidio. Les Focolari sont aussi œcuméniques au sens très large, accueillant non seulement des protestants, mais même des musulmans et des athées.
Notre jésuite de pape est un sacré matou. Il a déclaré en juin dernier : «Io dico solo che i comunisti ci hanno derubato la bandiera. La bandiera dei poveri è cristiana. La povertà è al centro del Vangelo. I poveri sono al centro del Vangelo» (Je dis seulement que les  communistes nous ont volé notre drapeau. Le drapeau des pauvres est chrétien. La pauvreté est au centre de ‘l’Évangile. Les pauvres sont au centre de l’Évangile). Et les 35 minutes d’audience ont battu le record de durée jamais accordé par un pape à un quelconque dirigeant de gauche. Mais faut ce qu’il faut pour non seulement arracher aux cocos le drapeau qu’ils vous ont volé mais même les convertir à "la doctrine sociale" de l’Église catholique, apostolique et romaine.
Pour conclure : adoubé par la social-démocratie germanique, coopté par la fine fleur des décideurs politico-économiques du continent, et béni par Sa Sainteté, Alexis Tsipras est désormais en orbite, très loin du peuple martyr qui a fait de lui ce qu’il paraît être. Toute la question reste de savoir s’il saura éviter le sort d’Iridium 33 et Kosmos 2251, deux autres satellites artificiels qui se pulvérisèrent mutuellement lors d’une collision dans l’espace en 2009. Le satellite Tsipras 3.0 risque bien, lui, de s’auto-pulvériser et il n’y aura personne pour verser une larme sur son sort. Il l’aura bien cherché.
Je crois comprendre le mélange de désespoir et d'espérance du peuple grec et de ses ailes marchantes. Camarades, je n'ai qu'une chose à vous dire : faites votre le slogan de nos frères zapatistes : "Tout pour tous ! Commander en obéissant !" La seule issue réside en bas, dans auto-organisation, à partir des besoins réels des gens, pour la défense des communs, au-delà des clivages idéologiques et sectaires, meurtriers et stériles. Tout le reste n'est que simulacre.
*Socialos : sociaux-démocrates en vieil argot français
**Jèzes : jésuites en vieil argot français

dimanche 20 mai 2012

Lettre ouverte à/Carta abierta/aberta a/Open letter to/Offener Brief an Alexis Tsipras Ανοιχτή επιστολή προς τον Αλέξη Τσίπρα

FR ES EN GR PT
DEUTSCH 
Offener Brief an Alexis Tsipras 



Cher camarade Alexis Tsipras,
Nous t'écrivons en tant que citoyens de pays européens qui, tout comme la Grèce sont frappés par l'offensive « dettocratique » des pouvoirs financiers et oligarchiques en Europe.
Nous nous adressons à toi et à travers toi aux milliers de citoyennes et de citoyens de Grèce qui ont donné leurs voix à votre organisation politique, pour vous exprimer notre gratitude, notre solidarité et notre soutien à la résistance que vous menez contre la dévastation néolibérale des conditions matérielles d'existence et du cadre politique de vie en commun de la société grecque. Nous vous soutenons dans votre lutte pour une alternative de justice, de dignité et de démocratie pour le peuple grec et pour l'ensemble des peuples qui composent l' Union européenne.

Nous saluons avec enthousiasme votre succès aux dernières élections grecques, et nous applaudissons  également la gestion que vous faites de leurs résultats; nous vous encourageons a persévérer dans cette ligne d'action qui constitue déjà un exemple et un espoir pour des millions d'hommes et de femmes de toute l'Europe.

Nous tenons à vous faire savoir, à toi, aux membres de votre organisation et aux citoyennes et citoyens grecs qui, à partir d'autres affiliations politiques, syndicales ou sociales partagent le projet d'une vie en commun vraiment libre et solidaire, l’attente pleine d'espoir avec laquelle nous envisageons dans toute l'Europe la possibilité que, prochainement, un nouveau gouvernement grec d'unité populaire affronte la dictature des marchands et des bureaucrates de cette Europe kidnappée. 

Nous voyons la conjoncture grecque actuelle comme un point d'infléchissement qui peut conduire à une transformation radicale de l'ordre politique et économique européen. Nous avons besoin d'une nouvelle Europe qui soit celle de ses citoyens et de tous ses habitants, et non celle des brutales politiques d'austérité qui donnent la priorité au paiement d'une dette odieuse, illégale et illégitime qui empêche le développement humain de nos communautés. Tel est l'appel que nous faisons ces jours-ci dans les places d'Europe, de la Puerta del Sol madrilène à la Place Syntagma d'Athènes, et tant d'autres places réparties dans toute la géographie européenne, des places libérées qui sont les graines et le socle constituant de la démocratie réelle que nous, femmes et les hommes d'Europe, souhaitons bâtir en commun.

La lutte contre l'autoritarisme néolibéral qui hypothèque le présent et l'avenir de nos peuples ne peut être victorieuse qu'au niveau européen. Il est indispensable, aussi au niveau européen, que nous nous donnions des institutions vraiment démocratiques, qui contribuent à la liberté et à la solidarité des divers peuples d'Europe, face au directoire oligarchique néolibéral et à son état d'exception économique et politique permanent.

“Et après avoir tant et tant attendu / enfin est venue l'heure de lever l'ancre”, disait votre -et notre- poète citoyen Alexandros Panagoulis. Nous, femmes et les hommes d'Europe, avons déjà trop attendu et trop supporté. Une nouvelle fois, c'est au peuple grec, si bon connaisseur des choses de la mer, mais aussi de celles de la liberté, qu'incombe la responsabilité de montrer le cap vers cette nouvelle Europe que nous pouvons déjà entrevoir dans nos places et dans nos voix rebelles. Nous nous mettons coude à coude avec vous pour réaliser ensemble, comme une assemblée de peuples frères, cette navigation dangereuse et pleine d'espérance.

Salutations reconnaissantes et fraternelles
Pour signer cette lettre, écrire à cartatsipras@gmail.com en indiquant vos noms, prénoms, lieu de résidence,activités et affiliations
Cette lettre sera diffusée aux médias grecs, avec les signatures reçues à cette date, le 1er juin 2012
Estimado compañero Alexis Tsipras,
Te escribimos estas palabras ciudadanos y ciudadanas del Estado español, azotado como Grecia por la ofensiva deudocrática de los poderes financieros y oligárquicos de Europa.
Nos dirigimos a ti, y a través de ti, a los miles de ciudadanos y ciudadanas de Grecia que han confiado su voto a vuestra organización política, para expresaros nuestra gratitud, solidaridad y respaldo en vuestra resistencia contra la devastación neoliberal de las condiciones materiales de vida y de las condiciones políticas de convivencia, y en vuestra lucha por una alternativa de justicia, dignidad y democracia para el pueblo griego y para el conjunto de los pueblos que componemos la Unión Europea.

Aplaudimos con entusiasmo vuestro éxito en las pasadas elecciones griegas, como aplaudimos también la gestión que estáis haciendo de sus resultados, y os exhortamos a insistir en este empeño que ya constituye un ejemplo y una esperanza para millones de hombres y mujeres en toda Europa.

Queremos haceros partícipes a ti, a los hombres y mujeres de tu organización y a los ciudadanos y ciudadanas griegos que también desde otras militancias políticas, sindicales o sociales comparten el proyecto de una convivencia verazmente libre y solidaria, de la ilusionada expectativa con que, desde toda Europa, se contempla la posibilidad de que en un breve plazo, un nuevo gobierno griego de unidad popular plante cara a la dictadura de mercaderes y burócratas de esta Europa secuestrada.

Contemplamos la actual coyuntura política griega como el punto de inflexión que puede conducir a una transformación radical del orden político y económico europeo. Necesitamos una nueva Europa que sea la de sus ciudadanos y habitantes, y no la Europa  de las brutales políticas de austeridad que dan prioridad al pago de una deuda odiosa, ilegal e ilegítima frente al desarrollo humano de nuestras comunidades. Ese es el llamado que hacemos estos días en las plazas, de la Puerta del Sol a Plaza Syntagma y tantas otras plazas repartidas por toda la geografía europea, plazas liberadas que son semilla y fundamento constituyente de la democracia real que los hombres y mujeres de Europa aspiramos a construir en común.

La lucha contra el autoritarismo neoliberal que hipoteca el presente y el futuro de nuestros pueblos sólo puede ganarse a nivel europeo. También a nivel europeo es indispensable dotarnos de unas instituciones verazmente democráticas, que contribuyan a la libertad y la solidaridad de los distintos pueblos de Europa, frente al actual directorio oligárquico neoliberal y su estado de excepción económica y política permanente.

Y después de haber esperado tanto, tanto / llegó por fin la hora de zarpar”, decía vuestro y nuestro poeta ciudadano Aléxandros Panagoulis. Los hombres y mujeres de Europa ya hemos esperado y soportado demasiado. Y una vez más, le corresponde al pueblo griego, tan avezado en las cosas de la mar como en las de la libertad, la responsabilidad de señalar el rumbo hacia esa nueva Europa que entrevemos ya en nuestras plazas y voces rebeldes. Ponemos desde ya nuestros hombros al lado de los vuestros, para encarar juntos, como asamblea de pueblos hermanos, esta esforzada pero esperanzadora travesía.

Con un abrazo agradecido y fraterno,
Si deseas añadir tu firma a esta carta, puedes escribir un e-mail indicando tu nombre, profesión, colectivo y localidad a cartatsipras@gmail.com
Con las firmas recabadas hasta ese momento, el texto será remitido a la prensa griega el 1 de junio de 2012.

Dear Comrade Alexis Tsipras,
We are writing to you as citizens of European countries which, like Greece, have faced the "debtocratic" offensive of the financial and oligarchical powers in Europe.

We turn to you and through you to the thousands of Greek citizens who cast their votes for your political organization to express our gratitude, our solidarity and our support for your determined resistance against the neoliberal devastation of the material conditions of daily life and of the very possibility of a life in common in Greece. We support you in your struggle for another way, a way which will mean justice, dignity and democracy for the Greek people, and for all peoples throughout the European Union.

We enthusiastically welcome your success in the latest Greek elections, and we also applaud your insistence on the incontrovertible meaning of these results; we encourage you to persevere in this course of action which has already furnished an example and a cause for hope for millions of men and women from all over Europe.

We want you, the members of your organization and the Greek citizens who, as political activists, trade unionists or participants in broad social movements, share the project of creating a common life truly based on freedom and solidarity, to know the hope with which we throughout Europe anticipate the possibility that, soon, a new Greek government of popular unity will confront the dictatorship of the financiers and bureaucrats who have hijacked Europe.

We see the current conjuncture in Greece as a turning point which could lead to a radical transformation of the European political and economic order. We need a new Europe, a Europe of and for its citizens and all its inhabitants, free of the brutal austerity policies that prioritize the payment of an odious, illegal and illegitimate debt, which prevents the human development of our communities. This is the call heard today throughout the squares of Europe, from Puerta del Sol in Madrid to Syntagma Square in Athens, squares scattered all over the European geography, liberated places that are the seeds and the constituent basis of the real democracy that women and men in Europe want to build together.

The struggle against neoliberal authoritarianism which signs away the present and the future of our peoples can only be successful at the European level. It is essential, also at the European level, that we create for ourselves truly democratic institutions which contribute to freedom and solidarity of the various peoples of Europe against the neoliberal directorate and its permanent economic and political state of exception.

"And after having waited for so long / finally the time to weigh anchor has come," said the poet Alexandros Panagoulis, who was your co-citizen –and ours. Women and men in Europe have already waited too long and endured too much. Once again, it has been left to the Greek people, so intimately acquainted with the sea, as well as with freedom, to take the responsibility of setting the course towards the new Europe we glimpse in our rebellious streets and voices. We stand shoulder to shoulder with you to set out together, a fraternal assembly of peoples, on what will undoubtedly be a difficult voyage, but one full of hope.

Please receive our gratitude and fraternal salutation
To sign this letter, please write to cartatsipras@gmail.com
The letter will be distributed to the Greek media on 1st of June 2012

Αγαπητέ σύντροφε, Αλέξη Τσίπρα,
Σου γράφουμε αυτά τα λόγια, εμείς, πολίτες του ισπανικού κράτους, που όπως και η Ελλάδα, δέχεται την «χρεοκρατική» επίθεση της οικονομικής ολιγαρχίας της Ευρώπης.
Απευθυνόμαστε σ’ εσένα και στους χιλιάδες πολίτες της Ελλάδας που εμπιστεύθηκαν την ψήφο τους στην πολιτική σας οργάνωση, επιθυμώντας να εκφράσουμε την ευγνωμοσύνη και την αλληλεγγύη μας και την πρόθεσή μας να στηρίξουμε την αντίστασή σας ενάντια στη νεοφιλελεύθερη λαίλαπα που απειλεί να καταστρέψει τις υλικές συνθήκες διαβίωσης και τις πολιτικές συνθήκες της συνύπαρξης, και να σταθούμε στο πλευρό σας, στον αγώνα σας για δικαιοσύνη, αξιοπρέπεια και δημοκρατία, για τον ελληνικό λαό και για όλους τους λαούς που απαρτίζουν την Ευρωπαϊκή Ένωση.

Χαιρετίζουμε με ενθουσιασμό την επιτυχία σας στις πρόσφατες εκλογές, και επικροτούμε τον τρόπο με τον οποίο χειρίζεστε τα αποτελέσματά τους, και σας  παρακινούμε να συνεχίσετε αυτή την προσπάθεια, που αποτελεί ήδη παράδειγμα και ελπίδα για εκατομμύρια άνδρες και γυναίκες σε όλη την Ευρώπη.

Θέλουμε εσύ και τα μέλη της οργάνωσής σου, οι Ελληνίδες και οι Έλληνες που μέσα από άλλους πολιτικούς, συνδικαλιστικούς ή κοινωνικούς χώρους μοιράζονται την ιδέα μιας αληθινά ελεύθερης και αλληλέγγυας συμβίωσης, να γίνετε μέτοχοι  της αισιόδοξης προσδοκίας που διαγράφεται σήμερα σε όλη την Ευρώπη, ότι είναι εφικτό μέσα σε σύντομο χρονικό διάστημα, μια νέα κυβέρνηση λαϊκής ενότητας στην Ελλάδα να υψώσει το ανάστημά της στη δικτατορία των εμπόρων και των γραφειοκρατών που κρατούν όμηρο την Ευρώπη.

Θεωρούμε ότι η τρέχουσα πολιτική συγκυρία στην Ελλάδα είναι ένα σημείο καμπής που μπορεί να οδηγήσει στη ριζική μεταμόρφωση της ευρωπαϊκής πολιτικής και οικονομικής   τάξης. Χρειαζόμαστε μια νέα Ευρώπη των πολιτών, κι όχι μια Ευρώπη των βάρβαρων πολιτικών λιτότητας που δίνει προτεραιότητα στην αποπληρωμή του ειδεχθούς, παράνομου και αθέμιτου χρέους, σε βάρος της ανθρώπινης ανάπτυξης των κοινοτήτων μας. Αυτή είναι η έκκληση που απευθύνουμε αυτές τις μέρες στις πλατείες, από την Πουέρτα ντελ Σολ στην Πλατεία Συντάγματος και σε πλήθος άλλες πλατείες, διάσπαρτες σε όλη την Ευρώπη, ελεύθερες πλατείες που γίνονται ο σπόρος και η βάση για μια πραγματική δημοκρατία, αυτή τη δημοκρατία που φιλοδοξούμε να οικοδομήσουμε από κοινού, οι άνδρες και οι γυναίκες της Ευρώπης.

Ο αγώνας ενάντια στο νεοφιλελεύθερο αυταρχισμό που υποθηκεύει το παρόν και το μέλλον των λαών μας, μπορεί να κερδηθεί μόνο σε πανευρωπαϊκό επίπεδο. Επίσης, σε ευρωπαϊκό επίπεδο θα πρέπει να κατακτηθούν αληθινά δημοκρατικοί θεσμοί που θα συμβάλλουν στην ελευθερία και την αλληλεγγύη των λαών της Ευρώπης, ενάντια στη νεοφιλελεύθερη ολιγαρχία και το μόνιμο καθεστώς έκτακτης οικονομικής και πολιτικής ανάγκης που αυτή επιβάλλει.

“Κι αφού περίμενα καιρό –πολύ καιρό-, ήρθ’ επιτέλους ώρα να σαλπάρω”, έλεγε ο δικός σας και ο δικός μας Αλέξανδρος Παναγούλης. Οι άνδρες και οι γυναίκες της Ευρώπης, περιμέναμε και υπομείναμε πολύ. Και για μια ακόμη φορά, ο ελληνικός λαός, βαθύς γνώστης των «πραγμάτων της θάλασσας» και της ελευθερίας, καλείται να δείξει το δρόμο προς αυτή τη νέα Ευρώπη που αχνοφαίνεται μέσα από τις πλατείες μας και τις εξεγερμένες μας φωνές. Στεκόμαστε από σήμερα στο πλευρό σας για να αντιμετωπίσουμε από κοινού, σαν λαοί αδερφωμένοι, αυτό το δύσκολο μα ελπιδοφόρο ταξίδι.

Με ευγνωμοσύνη και συντροφικότητα.
Για να υπογράψετε την επιστολή αυτή, απευθυνθείτε στη διεύθυνση cartatsipras@gmail.com
Η επιστολή θα αποσταλεί στα ελληνικά μέσα ενημέρωσης την 1 Ιουνίου 2012


Caro camarada Alexis Tsipras,

Escrevemos a você como cidadãos de países europeus que, como na Grécia, somos hoje atingidos pela ofensiva “dívidocrática” dos poderes financeiros e oligárquicos na Europa.
Dirigimo-nos a você e, por seu intermédio, aos milhares de cidadãos e cidadãs gregos e gregas que ofereceram suas vozes à sua organização política, para manifestar nossa gratidão, nossa solidariedade e nosso apoio à resistência que vocês estão impondo contra a devastação neoliberal das condições materiais, dos quadros políticos e da vida na sociedade grega.

Contem conosco na luta de vocês por uma alternativa de justiça, de dignidade e de democracia para o povo grego e para todos os povos que compõem a União Europeia.

Saudamos com entusiasmo o sucesso que alcançaram nas recentes eleições gregas, e aplaudimos também a gestão de resultados que vocês estão fazendo; encorajamos vocês a perseverar nessa linha de ação, que já é exemplo e esperança para milhões de homens e mulheres em toda a Europa.

Queremos que saibam, você, os membros de sua organização e todos os cidadãos e cidadãs gregos e gregas, que outros grupos políticos de outras orientações, sindicais e da sociedade em geral, partilhamos com vocês o projeto de uma vida comum verdadeiramente livre e solidária, esperança viva que acalentamos para toda a Europa, de que um novo governo grego de unidade popular derrote a ditadura dos burocratas e vendilhões dessa Europa sequestrada.

Interpretamos a conjuntura grega atual como um ponto de inflexão que pode levar a transformação radical da ordem política e econômica europeia. Precisamos todos de uma nova Europa, dos seus cidadãos e cidadãs, não dessas brutais políticas de austeridade, que dão prioridade ao pagamento de uma dívida odiosa, ilegal e ilegítima, que impede o desenvolvimento humano de nossas comunidades. Esse é o apelo qe fazemos hoje, nas praças da Europa, da Puerta del Sol madrileña à Praça Syntagma de Atenas, e em tantos outros pontos dispersos por toda a greografia europeia, de praças libertadas que são como os grãos dos quais germina a democracia real que nós, homens e mulheres da Europa, sonhamos cultivar em comum.

A luta contra o autoritarismo neoliberal que prende sob hipoteca temerária o presente e o futuro de nossos povos só pode ser vencida no nível europeu. É indispensável, também no nível europeu, que tenhamos instituições verdadeiramente democráticas, que contribuam para a liberdade e a solidade entre todos os povos da Europa, face ao diretório oligárquico neoliberal e ao seu estado permanente de exceção econômica e política.

“E depois de tanto esperar, é chegada a hora de levantar âncora”, dizia o poeta cidadão grego, de vocês e nosso, Alexandros Panagoulis. Nós, homens e mulheres da Europa, já esperamos por tempo demais e já aguentamos demais. Mais uma vez, caberá ao povo grego, tão requintado conhecedor dos segredos do mar, mas também da liberdade, a responsabilidade de apontar o rumo até essa nova Europa que já se entrevê pelas praças e nas nossas vozes rebeldes.

Nos alinhamos com vocês, ombro a ombro, para fazermos juntos, como numa grande assembleia de povos irmãos, essa travessia perigosa e grávida de esperanças.

Saudações fraternais e agradecidas.

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Essa carta será publicada nos jornais gregos, com as assinaturas recebidas até o dia 1/6/2012.
Premiers signataires/Firman/First signatories/ Πρώτες υπογραφές/Primeiras assinaturas
  • Abraham Herrero. Logística y márketing. Madrid.
  • Agustín Velloso Santisteban. Profesor. Madrid
  • Alberto Fernández Liria. Psiquiatra. Madrid
  • Alberto Hidalgo Hermoso. Estudiante. Izquierda Unida. Madrid
  • Alejandro Álvarez García. Asamblea 15-M de Merida (Badajoz)
  • Ana Domínguez Rama. Ciudadana. Madrid
  • Ana Isabel Gómez. Trabajadora de la Administración Local. Madrid
  • Ander Gutiérrez-Solana. Profesor. Bilbao
  • Andrés Villena Oliver. Economista. Málaga
  • Antoni Lluís Trobat Alemany. Parado. Activista social y político. Joves d'Esquerra Nacionalista - Partit Socialista de Mallorca. Palma (Mallorca)-Barcelona
  • Antonio Mata Lozano. Fotografo e informatico. Badajoz
  • Artegalia Radio. Alicante
  • Blanca Cambronero Manzano. Periodista. Madrid
  • Carlos A. Navarro Selma. Estudiante. Izquierda Unida. Orihuela (Alicante)
  • Carlos Delclós. Sociologo. Barcelona
  • Carlos Fernández Liria. Profesor. Madrid
  • Carlos Lechado García. Funcionario. Madrid
  • Cristina Regueira. Actriz. Ciudadana. Madrid
  • Eduardo Fernández Rubiño. Estudiante. Madrid
  • Elda Maganto. Profesora. Zaragoza
  • Elena Albajar. Arquitecta. Alicante
  • Francisco Manuel Parejo Moruno. Profesor. Don Benito (Badajoz)
  • Francisco Moriche Mateos. Docente y escritor. Hervás (Cáceres)
  • Franz Biberkopff. Ciudadano. Trabajador de la Sanidad Pública. Madrid
  • Gaëlle Suñer. Colectivo Artefakte. Barcelona
  • Ginés Fernández González. Director de Mundo Obrero y Secretario de Comunicación del PCE. Madrid
  • Gorka Castillo. Periodista. Bilbao
  • Hugo Martínez Abarca. Izquierda Unida. Madrid
  • Isabel Cánovas Sánchez. Dependienta. IU. Totana (Murcia)
  • Israel Morales Benito. Técnico en Cooperación al Desarrollo. ATTAC, ENTREPOBLES. Alacant
  • Iñigo Errejón. Investigador Universitario. Fundación CEPS. Madrid
  • Jaime Pastor. Profesor. Madrid
  • Javier Navascués. Profesor. Sevilla
  • Jesús Taboada Ferrer. Escritor y profesor de griego. Madrid
  • Joan Antón García Carrera. Funcionario. IU / PCE. Madrid
  • Joan M. Gual. Universidad Nómada. Barcelona
  • Jorge García Castaño. Concejal de IU en el Ayuntamiento de Madrid
  • Jorge Rodríguez Seguín. Funcionario. Izquierda Unida y Asamblea 15-M de Girona
  • Jorge Ruiz Morales. Editor. Madrid
  • Jose Javier Lop. Analista informático. Zaragoza
  • Jose Manuel Martinez Gomez. Dependiente. ATTAC. Alacant
  • Joseba Fernández González. Politólogo y activista social. Bizkaia
  • José Carlos Herrero Lucas. Geógrafo. Hervás Toma la Plaza. Hervás (Cáceres)
  • José Luis Carretero Miramar. Profesor. Madrid
  • José Luis Úriz Iglesias. Jubilado. Ex-parlamentario y ex-concejal del PSN-PSOE. Villava-Atarrabia (Navarra)
  • Juan Antonio Gascón Sorribas. Profesor. Concejal de Izquierda Unida. Palencia
  • Juan Domingo Sánchez Estop. Escritor y traductor. Asamblea 15-M de Madrid / Bruselas.
  • Juan Pedro García del Campo. Profesor. Asamblea 15-M de Ciempozuelos y Titulcia (Madrid)
  • Julián Sanz Hoya. Profesor. Izquierda Unida-EUPV. Valencia
  • Jérôme Duval. CADTM-España
  • Jónatham F. Moriche Vázquez. Trabajador de artes gráficas. ATTAC. Don Benito (Badajoz)
  • Lola Matamala Oporto. Ciudadana. Madrid
  • Lorena Pérez Del Postigo Pareja. Camarera. ATTAC. Alicante
  • Luis Alegre Zahonero. Profesor. Izquierda Anticapitalista. Madrid
  • Luis Angel Sanchez de Lachina. Técnico en Prevención de riesgos laborales. Antikapitalistak. Basauri (EH)
  • Luis Carlos López Pérez. Ciudadano. Málaga
  • Manuel Tapial. Activista social. León (Nicaragua)
  • Maricarmen Muñoz Donoso. Ama de casa. Concejala de Izquierda Unida. Jaraíz de la Vera (Cáceres)
  • Marta García. Producción audiovisual. Bilbao
  • María Mandalou. Escritora y traductora. Hervás (Cáceres)
  • María Maza Brualla. Artista plástica. Barbastro (Huesca)
  • Melania Torregrosa. Intérprete de lengua de signos. Alicante
  • Miguel Angel Valdivielso Romero. Industria. EUiA-IU
  • Miguel de Lucas. Desempleado y activista. ATTAC
  • Miguel Escobar Asunción. Ingeniero Técnico. Izquierda Unida. Villanueva de la Serena (Badajoz)
  • Miguel Fernández Liria. Medico. Vizcaya.
  • Miguel Manzanera Salavert. Escritor y docente. Izquierda Unida. Zafra (Badajoz)
  • Mª Asun Reglero Velasco. Funcionaria. Izquierda Unida y CCOO. Palencia
  • Natividad Vázquez Merchán. Docente. Hervás (Cáceres)
  • Nerea Rosa Barros. Comunicación Internacional. Alicante
  • Nuria Pascual Gisbert. Estudiante. Entrepobles y ATTAC. Alicante
  • Pablo Bustinduy Amador. Docente. Nueva York, EEUU
  • Pablo Castaño Tierno. Estudiante. Badajoz
  • Pablo Fernández. Economista. Bilbao
  • Pablo Paz Corbelle. Economista. Izquierda Unida. Badajoz
  • Patricia Rivero. Socióloga. Barcelona
  • Pedro Natalio Rodríguez Martín. Sociólogo. Asamblea 15-M de Badajoz
  • Rafael Pla López. Profesor jubilado y periodista. Meliana (València)
  • Raimundo Viejo Viñas. Profesor. Colectivo Artefakte. Barcelona
  • Ramon Rodriguez Torres. Estudiante.
  • Ramón Espinar Merino. Investigador universitario. Madrid
  • Raquel Palacio. Ciudadana. Izquierda Unida. Zaragoza
  • Ruth Sáez Buedo. Estudiante. Activista Rumbo a Gaza. Elche (Alicante)
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  • Santiago Alba Rico. Escritor y docente. Túnez
  • Santiago Arellano Borrajo. Docente y músico. Asamblea 15-M de Jérez de la Frontera (Cádiz)
  • Sergio Diestro Menacho. Politólogo. Vivares (Badajoz)
  • Silvia Casado Arenas. Profesora. Madrid
  • Sylvia Martín Sánchez, Activista social. Alicante
  • Tony Vargas Aparicio. Granjero. PCA/IU. Dehesas Viejas (Granada)
  • Víctor J. Sanz. Escritor. Pilar de la Horadada (Alicante)
  • Víctor Manuel Casco Ruiz. Diputado Autonómico de Izquierda Unida. Cáceres
  • Xavi Tello. Músico y Realizador Audiovisual Independiente. Alicante
Soutiens/Apoyan/Supporters/Υποστηρικτές/Apoios
  • Alejandro Rofman. Profesor e investigador. Socialistas para la Victoria. Entre Ríos, Argentina
  • Benjamin Noys. Academic. Reino Unido
  • Cecilia Hopen. Psicoanalista. Argentina
  • Renaud Vivien. Jurista. CADTM (Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde). Bélgica
  • Robert Leston. Profesor. Nueva York. EEUU
  • Rodrigo Sepúlveda Montero. Sociólogo. Colectivo Grita. Chile
  • Sonia Estela Durand. Ciudadana. Argentina
  • Vittorio Morfino. Profesor. Milan
  • Warren Montag. Profesor. Los Angeles, California, EEUU