Affichage des articles dont le libellé est Sidi Bouzid سيدي بوزيد. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Sidi Bouzid سيدي بوزيد. Afficher tous les articles

mardi 25 octobre 2011

Tunisie Transit:, chroniques d'un pays en transition (5) : Connaissez-vous Slimane Rouissi, l’homme qui a lancé la révolution tunisienne ?

Rencontre avec Slimane Rouissi, par Julien Pain et Sarra Grira, France24, 25/10/2011
Les médias ont choisi de porter au pinacle les jeunes blogueurs et les « Twittos » de Tunis qui ont participé à la révolution. Pourtant, c’est par une poignée de quadragénaires de Sidi Bouzid que tout à commencé. L’un de ces militants, inconnu du grand public, revient sur ces quelques mois qui ont changé la Tunisie et le monde arabe. Pour de nombreuses raisons, il a le sentiment qu’on lui a volé sa révolution.


Slimane Rouissi dans les locaux de Reporters Sans Frontières à Tunis

Nous avions rencontré Slimane Rouissi six mois avant la révolution tunisienne. Il nous avait alertés sur la mobilisation de paysans, dans la région de Sidi Bouzid, qui protestaient contre un programme d’expropriations.
Une affaire qui à l’époque n’avait pas été relayée par les médias internationaux car son impact paraissait uniquement local. Il s’avère pourtant que c’est de cette région, et de ce mouvement de protestation, qu’est ensuite née la révolution tunisienne. Car le 17 décembre, lorsque le jeune Mohamed Bouazizi s’immole devant la préfecture de Sidi Bouzid, c’est un petit groupe de syndicalistes, les mêmes qui avaient soutenu les paysans quelques mois auparavant, qui monteront au créneau. Cette poignée d’hommes va alors sciemment utiliser l’affaire Bouazizi pour soulever le peuple dans leur ville. Ils sont toutefois loin d’imaginer que leur mouvement aboutira un mois plus tard à la chute de Ben Ali. Et que près d’un an après, l’onde de choc s’en ferait encore sentir jusqu’au portes de Damas.
Slimane Rouissi est un de ces quelques syndicalistes par qui tout à commencé. La cinquantaine bedonnante et joviale, il ne correspond pas au portrait type du révolutionnaire tunisien dressé par les médias. Avec le recul, on peut pourtant affirmer qu’il a eu une influence déterminante sur cette révolution qui a changé la face du monde.
Notre première question a porté sur l’immolation de Mohamed Bouazizi à Sidi Bouzid. Les médias ont toujours parlé de cet acte terrible comme de l’étincelle qui a enflammé la région, puis tout le pays. La version de l’incident qui circulait au début de la révolution voulait que Mohamed Bouazizi ait été giflé par une policière et que ce soit ce geste qui a poussé le jeune vendeur ambulant, écœuré par des brimades à répétition, à s’immoler. Pourtant, en avril dernier, la policière censée avoir giflé Bouazizi, Fadia Hamdi, a été innocentée et libérée après quatre mois de prison. J’ai donc demandé à Slimane s’il avait des remords concernant le sort de cette policière, qui n’était pas le monstre qu’on avait dépeint à l’époque.
« Certains ont affirmé que Bouazizi était un ivrogne et un voyou. C’est faux. »
 « Nous n’avons jamais eu l’intention de rendre Fadia Hamdi responsable de la mort de Mohamed Bouazizi. Après tout, elle aussi est en quelque sorte victime de ce système, elle n’avait pas d’autre choix que d’obéir aux ordres. Il ne faut pas oublier que l’ancien régime harcelait même ses propres fonctionnaires. D’après les informations que j’ai pu recueillir auprès de témoins de la scène, il y a certes eu une altercation entre Mohamed Bouazizi et Fadia Hamdi, mais elle ne l’a jamais frappé. Je pense toutefois que cet épisode n’est qu’un détail et que le plus important demeure le sentiment d’oppression qui a poussé Bouazizi à commettre cet acte.
J’ai rencontré Mohamed Bouazizi le 15 juillet 2010, lors de la mobilisation des agriculteurs de Regueb [dans les environs de Sidi Bouzid].
Son oncle faisait partie des paysans qui ont été privés de leurs terres. Cette histoire est en relation directe avec l’immolation de Bouazizi car ce dernier travaillait depuis 2006 avec son oncle à Regueb et que toute sa famille a été obligée de se déplacer à Sidi Bouzid après cette spoliation. Je connais bien Mohamed, qui était un jeune homme courageux qui n’avait pas froid aux yeux. Certains ont prétendu par la suite que c’était un ivrogne et un voyou. Cela n’est pas vrai et ces rumeurs ne sont que le fait de contre-révolutionnaires ou de soutiens de Fadia Hamdi qui cherchaient à l’innocenter par tous les moyens. Certains se sont  également demandé si Mohamed Bouazizi avait toute sa tête pour commettre un tel acte désespéré. Personnellement, je pense que cette immolation n’était pas tout à fait intentionnelle : Mohamed s’était versé du dissolvant en menaçant de s’immoler si on ne le laissait pas voir le Gouverneur [Préfet]. Il proférait toujours ces menaces en allumant le briquet. Ce n’est qu’une interprétation, mais je pense que Mohamed Bouazizi menaçait de s’immoler, mais n’avait pas réellement l’intention de le faire. »
Nous avons ensuite demandé à Slimane si lui et les syndicalistes de Sidi Bouzid avaient intentionnellement monté en épingle l’affaire Bouazizi. Et comment ils étaient parvenus à faire de cet incident, somme toute mineur, le déclencheur de la révolution.
« Mohamed Bouazizi n’était pas le premier à se suicider dans la région. Mais son acte a pu être utilisé car il avait une dimension symbolique »
« Les conditions d’un soulèvement étaient réunies à Sidi Bouzid depuis plus de deux ans. Durant les dernières semaines qui ont précédé le 17 décembre [date de l’immolation de Bouazizi], il y avait des mobilisations quasi hebdomadaires où j’étais présent avec mes camarades militants. Il y a eu par exemple un sit-in d’ouvriers à Meknassi [petite ville de la région de Sidi Bouzid] en juillet 2010. Des travailleurs qui avaient été licenciés sans être payés par un des membres de la famille Trabelsi [la belle-famillle de l’ancien Président Ben Ali]. Mais la mobilisation déterminante demeure sans aucun doute celle des agriculteurs de Regueb. Je considère pour ma part le 15 juillet  comme la véritable date du début de la révolution tunisienne. En tout cas, il faut bien comprendre qu’une révolution n’arrive jamais par hasard.
Mohamed Bouazizi n’était pas le premier à se suicider dans la région, il y a eu d’autres cas avant lui. Mais son acte a pu être utilisé par les militants pour enclencher une révolution car il avait une dimension symbolique : il s’était immolé devant le siège du gouvernorat de Sidi Bouzid et sa situation était intimement liée à la cause des agriculteurs de Regueb. Dès lors, il a personnifié le cumul des injustices dont beaucoup souffraient comme lui.
Cela fait des années que nous nous mobilisons et nous avons beaucoup appris des événements précédents. Nous avons par exemple retenu des leçons données par les blogueurs iraniens en 2007 et nous avons compris que la toile pouvait être un bon moyen de mobiliser les citoyens. Nous avons aussi tiré des leçons des événements du bassin minier en 2008 [des ouvriers chômeurs s’étaient mobilisés pour dénoncer la corruption et les conditions dans lesquelles ils vivaient. Une mobilisation violement réprimée]. Nous avions expérimenté les limites du régionalisme qui avait fait avorter notre mouvement. De même, les confrontations entre les habitants de Ben Guerden et Dhehiba et les forces de police en août 2010 nous ont appris à mieux faire face à la police. Nous avons compris qu’il fallait être sur le terrain, mais également sur Facebook et Twitter, sans oublier de nouer des relations avec les médias. Ayant conscience de tout cela, nous nous sommes réunis le 24 décembre 2010 à Chebba [petite ville au nord de Sidi Bouzid] au siège du PDP (le Parti Démocrate Progressiste) avec différents militants politiques et syndicalistes. C’était au lendemain de la mort de Mohamed Ammari à Menzel Bouzayane [région de Sidi Bouzid], le premier tué de la révolution. C’est ce jour là que nous avons décrété que cette mort ne passerait pas et que nous irions jusqu’au bout. »
Nous avons ensuite interrogé Slimane sur ces militants qui ont su utiliser l’affaire Bouazizi pour lancer la révolution. Qui sont-ils ? Combien étaient-ils ?
« Les leaders du mouvement se comptaient sur les doigts d’une main. J’en faisais partie. »
« Quand je parle des militants politiques et syndicalistes qui ont lancé le mouvement, je fais référence à un groupe qui ne dépasse pas 50 personnes, mais qui avait une grande capacité de mobilisation. Nous avions acquis une crédibilité auprès des habitants et nous étions écoutés quand on appelait à des actions militantes. Au sein de ce groupe d’une cinquantaine personne, il y avait bien sûr des leaders, qui se comptent sur les doigts d’une seule main. J’en faisais partie. Il y a beaucoup de choses à dire sur la véritable manière avec laquelle nous avons mené cette révolution, comme par exemple sur la façon dont nous sommes parvenus à élargir notre champ d’action et ne pas le cantonner à Sidi Bouzid. Nous avons par exemple encadré les jeunes et leur avons conseillé de se mobiliser de nuit. Mais nous ne pouvons pas encore tout révéler. Les forces contre-révolutionnaires sont encore là et il faut rester prudent. Le ministère de l’Intérieur n’a toujours pas été réformé et les snipers du RCD sont toujours en liberté. Nos noms sont peut-être méconnus du grand public, mais la police politique elle nous connaît très bien.»

Slimane Rouissi et Julien Pain
Nous avons donc demandé à Slimane comment il vivait la médiatisation des « héros » de Tunis, les blogueurs et les activistes de la capitale qui ont été portés aux nues par les médias ?
« Je ne nie pas la participation de ceux que l’on voit à la télé, mais leur apport à la révolution n’a pas été déterminant »
« Certains sont conscients de l’impact que nous avons eu : au lendemain de la fuite de Ben Ali, je recevais personnellement des messages et des coups de fil d’Egyptiens qui me demandaient conseil pour leur mobilisation contre Moubarak. Mais il y a un jeu politique. A l’intérieur comme à l’extérieur du pays, des gens fabriquent des symboles révolutionnaires et les médiatisent. Le fait même de retenir la date du 14 janvier [le départ de Ben Ali] pour cette révolution, au lieu de celle du 17 décembre [l’immolation de Bouazizi] qui en est le point de départ, n’est que de la désinformation. Je ne nie pas la participation de ceux qu’on voit à la télé, mais leur apport à la révolution n’a pas été déterminant. On marginalise les figures qui ont réellement été à l’origine de cette révolution. Nous autres militants de Sidi Bouzid, nous sommes donc aussi marginalisés que notre région. Les médias n’ont pas cherché à nous contacter après le 14 janvier. Pour ma part, je n’ai pas d’ambition politique ou médiatique. Tout ce qui m’importe c’est la réalisation de nos objectifs révolutionnaires.»
Slimane est loin de considérer que la révolution tunisienne a abouti. Et les résultats des élections dans sa région semblent lui donner raison. A l’heure où j’écris cet article, les résultats définitifs n’ont pas été annoncés, mais d’après les estimations, ce sont d’anciens membres du RCD, le parti de Ben Ali, qui sont arrivés largement en tête.
« Les résultats des élections à Sidi Bouzid m’ont choqué et déçu »
« Je n’ai pas voté dimanche car je constate que les forces contre-révolutionnaires sont toujours présentes. Mais je n’ai pas encouragé les gens à boycotter le scrutin. Selon les derniers résultats à Sidi Bouzid, Ennahdha aurait recueilli 25% des et La Pétition populaire 50%. Cette dernière liste est conduite par Hechmi Hamdi, patron de la chaîne privée « Al Mostakella », qui est un ancien du RCD, comme d’ailleurs bon nombre de ses partisans. Les 25% restant reviennent à une liste indépendante conduite par un certain Iléhi, lui aussi ancien membre du RCD.
Ces résultats m’ont choqué et déçu. J’ai fait le tour des villages de la région de Sidi Bouzid : Manzel Bouzayen, Regueb, Wled Haffouz ou Ben Aoun. Là-bas j’ai rencontré des personnes qui avaient voté pour la Pétition parce que son leader promettait 200 dinars [100 euros] de prime aux chômeurs, ou simplement parce qu’il était de Sidi Bouzid et qu’ils ne voulaient pas d’un président qui vienne de la région côtière du Sahel [région dont sont originaires les deux anciens présidents tunisiens]. Et puis la machine du RCD [parti dissout] s’est mise en branle et ses partisans ont encouragé les gens à voter pour cette liste. Enfin, je ne pense pas que les électeurs sachent tous que La Pétition  était une liste d’anciens membres du RCD. Ils ont juste été attirés par ses promesses.»
Alors que Slimane et ses confrères syndicalistes ont réussi à déclencher une révolution il y quelques mois, ils semblent aujourd’hui incapables d’enrayer le retour en force des acolytes de Ben Ali. Comment en si peu de temps ont-ils perdu leur capacité de mobilisation ?
« Je suis le seul à ne pas avoir rejoint de parti. Les leaders ont déserté le terrain »
 « Du temps de Ben Ali, la situation était plus simple : il y avait le peuple contre le RCD et il suffisait d’appeler à manifester pour que les gens viennent. Mais depuis, les leaders de la contestation ont rejoint des partis. Et désormais ils doivent demander la permission de leur organisation pour lancer un mot d’ordre. Il est aujourd’hui impossible de rassembler tout le monde sous une même bannière.
Les leaders de Sidi Bouzid ont déserté le terrain, la rue est désormais orpheline. Je suis le seul à ne pas avoir rejoint de parti. Et je me sens en danger car il y a eu une campagne contre moi. J’ai même été menacé par les milices de l’ancien régime, qui existent toujours. Aujourd’hui, ils me traitent d’agitateur et me demandent de repartir vers ma région, car je suis originaire du sud ouest. Cependant, je reste fermement décidé à ne pas céder à la contre-révolution. Il ne faut surtout pas se laisser abattre. Nous ferons pression sur l’Assemblée constituante pour garantir la réalisation des objectifs de la révolution.
J’ai encore de l’influence aujourd’hui sur les jeunes de Sidi Bouzid et je compte sur eux pour rester vigilants. Les médias ont exporté notre révolution en en faisant un modèle du printemps arabe. Il faut que ses objectifs soient atteints pour qu’on puisse vraiment parler de révolution. »

vendredi 7 janvier 2011

Intifada tunisienne : 19ème jour-Dernières nouvelles du Zabastan : 4 blogueurs et un rappeur arrêtés

Plus de 5 000 personnes ont participé mercredi après-midi  à l’enterrement de Mohamed Bouazizi à Sidi Bouzid. La police a empêché le cortège funèbre de défiler devant le siège de la wilaya, où Mohamed s’était immolé. Voici les dernières nouvelles du Zabastan.
Grèves et manifestations
La grève générale de la très grande majorité des  5000 avocats du pays, jeudi 6 janvier, contre la répression de la manifestation du 31 décembre en solidarité  avec la population de Sidi Bouzid a été un succès.  Seuls quelques avocats benalistes l’ont dénoncée comme « politique »…
A Sidi Bouzid, la plupart des lycées et collèges sont en grève. La grève générale des salariés, prévue le 12 janvier, est préparée activement.
A Jbeniana, près de Sfax et à Tala (ouest), la police a dispersé des manifestations de lycéens et d'autres jeunes. Des arrestations musclées ont été signalées dans les deux localités dès mercredi soir. Les affrontements à Jbenania ont commencé le 31 décembre, avec le cycle habituel manifestations-répression-arrestations-tortues-protestations.

Suicides
A Regueb, près de Sfax, un jeune a menacé de se donner la mort par électrocution pour dénoncer la corruption et l'inégalité face à l'emploi.
Un autre jeune s'est immolé à Metlaoui, dans la zone minière de Gafsa..
Mohamed Slimane, 52 ans, un ouvrier du bâtiment, père de deux diplômés chômeurs, a été retrouvé pendu à Chebba, sur le littoral-est. Il était malade et désespéré de recevoir une aide pour se soigner et nourrir sa famille.
À Sidi Bouzid, l'électricité a été coupée dans un quartier après qu'une femme et ses trois enfants sont montés sur  un pylône à haute tension, menaçant de se suicider si les autorités ne faisaient rien pour les aider à sortir de leur situation économique précaire.

Arrestations et censure

Les deux blogueurs tunisois Slim Amamou et Azyz Amamy ont été arrêtés jeudi à Tunis.

Slim est l’un des blogueurs tunisiens les plus connus. Il a dénoncé l’année dernière une opération de phishing des comptes mails des internautes tunisiens. Il a également été parmi les initiateurs de l’opération “Nhar 3la 3ammar” et l’un des organisateurs de la manifestation contre la censure le 22 mai 2010 à Tunis.
La veille de cette manifestation, il a été arrêté avec son cosignataire Yassine Ayari et détenu pendant plus de 12h à la fin desquelles il a été obligé de d’enregistrer une vidéo appelant à l’annulation de la manifestation.


Azyz Amamy, 27 ans, a suivi de près la révolte de Sidi Bouzid, dont il est originaire,  sur son site http://azyz404.blogspot.com, actuellement inaccessible.

 







Le blogueur et militant Hamadi Kaloutcha (http://www.facebook.com/Kaloutcha.Hamadi) a été arrêté à son domicile aux alentours de 6 heures du matin par quatre ou cinq policiers en civil. Un ordinateur portable et une unité centrale ont également été saisis. Les policiers ont déclaré à son épouse qu’ils l’emmenaient au commissariat le plus proche, qu’ils avaient “seulement quelques questions à lui poser” et que “cela ne prendrait que quelques heures”. On est toujours sans nouvelles de lui.

À Bizerte, c'est Sleh Edine Kchouk, militant de l’Union générale des étudiants de Tunisie (UGET),et blogueur qui a été arrêté. La police a saisi son ordinateur.
Il semble que ces arrestations soient liées à l’attaque lancée par le groupe Anonymous contre des sites web du gouvernement tunisien (lire ici) 
 
Isabelle Mandraud, journaliste du service international du quotidien Le Monde, spécialiste du Maghreb, s’est vue refuser l’entrée sur le territoire tunisien le 6 janvier 2011. Le quotidien est interdit de distribution en Tunisie depuis l’expulsion de son envoyée spéciale Florence Beaugé en octobre 2009.

 


Le rappeur El General, de son vrai nom Hamada Ben Aoun, de Sfax, 22 ans, a été arrêté hier 6 janvier à son domicile. Son site http://elgeneral74.weebly.com/  n’est plus accessible. En revanche, sa page sur Facebook l’est toujours : https://login.facebook.com/general.offciel . Elle a plus de 15 000 fans.

Écoutez son dernier morceau تونس بلادنا Touns bledna Tunisie notre pays:

 

mardi 4 janvier 2011

Jeudi 6 Janvier 2011 : Journée de solidarité internationale avec la lutte du peuple tunisien

Pour le droit au Travail, à la Dignité, à la Liberté et à la Démocratie

En France (Paris-Lyon-Toulouse-Nantes-Marseille-Montpellier-Strasbourg-Lille...) au Maghreb (Alger – Rabat – Nouakchott), au Liban (Beyrouth) en Belgique (Bruxelles) - en Suisse (Genève…) en Allemagne (Berlin..) – à Londres – au Canada (Montréal-Québec) ….

À PARIS RASSEMBLEMENT A 18 HEURES PLACE de la FONTAINE DES INNOCENTS
(Près du métro Châtelet / les Halles, ligne 4 ou RER A)
  • Nous affirmons notre solidarité sans faille avec le formidable mouvement de contestation que connait la Tunisie ainsi qu'avec les mots d'ordre de la révolte initiée à Sidi Bouzid;
  •  Nous dénonçons l'attitude du pouvoir qui répond aux Tunisiennes et aux Tunisiens par les balles, les arrestations, l'intimidation et la répression.
  •  Nous appelons à la libération immédiate et à l'arrêt des poursuites à l'encontre de tous les emprisonnés de ce mouvement comme de ceux qui l’ont précédé, notamment celui des révoltés du bassin minier de Gafsa, ainsi que les étudiants emprisonnés en raison de leur activité syndicale.
  •  Nous réclamons que les responsables de la répression, des violences à l'encontre de la population qui ont causé la mort et des blessures graves parmi les manifestants soient traduits en justice.
  •  Nous appelons à une mobilisation nationale et internationale d'ampleur en soutien à la révolte du peuple tunisien initiée par les habitants de Sidi Bouzid.
  •  Nous faisons nôtres les mots d'ordre scandés dans les manifestations à travers toute la Tunisie : Pour le droit au travail et le droit de gagner sa vie dignement ; Pour une juste répartition des richesses ; contre la corruption et le népotisme.
  •  Nous maintiendrons une mobilisation vigilante pour soutenir toutes les victimes de la répression, pour faire échec à l'entreprise de criminalisation de la contestation, pour répondre aux agressions qui visent les syndicalistes, les avocats, les média indépendants du pouvoir, les associations et partis solidaires de la révolte tunisienne.
Solidarité totale avec les luttes du peuple tunisien
 Premiers signataires : AC ! - ACHR - ACORT - AFASPA - AMF - ASDHOM -ATF- ATF Paris - ATMF - ATTAC - CAPJPO-EuroPalestine - CEDETIM - CISA - CNT - Comité National de Soutien au Mouvement du Bassin minier - Courant Nationaliste Progressiste - CORELSO - CPR – CRLDHT - DAL - Etoile Nord Africaine - Europe Écologie Les Verts - La pelle et la pioche - FASE (Fédération pour une alternative Sociale et Écologique) - FDLT (Forum démocratique pour la liberté et le Travail) - FTCR - Les Alternatifs - Le MOUVEMENT POUR UNE ALTERNATIVE SOCIALE ÉCOLOGIQUE ET DÉMOCRATIQUE – Ligue des droits de l’Homme (LDH) - LUTTE OUVRIÈRE -Manifeste des Libertés - Mouvement Nahdha - Mouvement Tajdid France - MRAP - NO-VOX - NPA - PCF - PCOF - PCOT - PDP - PG – Réseau Stop la Précarité - SOLIDAIRES - Solidarité Tunisienne – SORTIR DU COLONIALISME - UTIT - Voie Démocratique Maroc - Voix Libre
----------------------------

TUNISIE : l'UE doit condamner la répression des mouvements sociaux de Sidi Bouzid

Copenhague, le 3/1/2011. 
Le REMDH condamne avec la plus grande fermeté la répression des mouvements de protestation de grande ampleur que connait actuellement la Tunisie suite aux évènements intervenus dans la région de Sidi Bouzid.
Le mouvement a débuté le 17 décembre lorsqu'un jeune chômeur de Sidi Bouzid (centre du pays, à 265 km au sud de Tunis) a tenté de se suicider par immolation suite à la confiscation par la police de ses marchandises. Rapidement, des manifestations de solidarité ont été organisées pour revendiquer le droit à vivre dans la dignité dans une région marquée par un fort taux de chômage, notamment chez les jeunes. A l'appel de plusieurs syndicats, le mouvement s'est rapidement étendu à d'autres villes du centre et du sud du pays, notamment les villes de Ben Guardane, Kairouan, Sousse, Sfax, Jendouba et Gafsa, avant de toucher Tunis où les manifestations se sont succédées à partir du 25 décembre.
Les forces de l'ordre ont tenté de s'opposer aux manifestants avec une extrême violence, procédant à de nombreuses arrestations de syndicalistes, d'étudiants, d'avocats et de journalistes. Le 24 décembre, la police a ouvert le feu à balles réelles sur les manifestants dans la localité de Menzel Bouzayane (région de Sidi Bouzid), causant la mort de 3 manifestants et de nombreux blessés.
Le gouvernement tunisien a tenté de prévenir la diffusion des informations sur les évènements de Sidi Bouzid en imposant un blocage total de la région pour les journalistes et les défenseurs des droits de l'Homme et en renforçant la censure de l'internet (notamment du site collaboratif « Facebook »). Les éditions des journaux d'opposition Al Mawkef et Tariq Al Jedid datées du 24 décembre ont également été confisquées. Le porte parole du comité de soutien de Sidi Bouzid, M. Ataia Athmouni, a été arrêté le 28 décembre. Accusé de « création d'association de malfaiteurs », il a été libéré le 31 décembre dans l'attente de comparaître devant la justice.
Les journalistes qui cherchaient à couvrir les évènements de Sidi Bouzid ont aussi fait l'objet de menaces, d'agressions et d'arrestations arbitraires, notamment M. Mouldi Zouabi, correspondant de la radio en ligne Kalima arrêté à Sfax le 28 décembre, avant d'être relâché deux jours plus tard. Le militant politique et correspondant du site d'information en ligne Al Badil, M. Ammar Amroussia, arrêté le 29 décembre à Gafsa demeure quant à lui détenu au secret. Il n'a pas été présenté au procureur au terme de sa garde à vue comme l'exige le droit tunisien et le REMDH craint qu'il fasse l'objet d'actes de torture ou de mauvais traitements.
De nombreux avocats ont également été pris pour cible par des agents des forces de l'ordre. Le 28 décembre, suite à leur participation à une réunion de solidarité avec les habitants de Sidi Bouzid, Me Abdelraouf Ayadi et Me Chouki Beladid ont été enlevés par des agents de police en civil, et emmenés dans un lieu inconnu où ils ont été retenus illégalement jusqu'au lendemain. Lors de sa détention, Me Ayadi a été victime de violences. Le 31 décembre, une manifestation de plusieurs centaines d'avocats qui portaient sur leur robe un brassard de solidarité avec les habitants de Sidi Bouzid a été violemment dispersée par les forces de l'ordre devant le palais de justice à Tunis, faisant plusieurs blessés. Des violences similaires ont été perpétrées contre des avocats, parfois dans l'enceinte même du palais de justice, dans les villes de Sidi Bouzid, Monastir, Mahdia, Grombalia, Sousse, Gafsa, Bizerte et à Jendouba, où Me Rabeh Kheraifi a été enlevé, menacé et violemment battu par des policiers en civil.
Le mouvement de Sidi Bouzid fait écho aux manifestations de grande ampleur qu'avaient connu le bassin minier de Gafsa-Redeyef au premier semestre 2008, ainsi que la ville de Ben Gardane (frontière libyenne) en août 2010, et qui avaient alors été violemment réprimés. Il traduit le sentiment d'exaspération d'une part croissante de la population face aux inégalités sociales grandissantes que connait la Tunisie, le rejet des politiques économiques et sociales du régime en place et du recours systématique à la violence pour contrer toute voix dissidente. 
-----
Le REMDH condamne fermement la répression du mouvement pacifique de contestation qui se déroule en Tunisie, en particulier l'usage d'armes à feu contre une foule de civils désarmés, les arrestations arbitraires et l'usage répété de la torture, et demande aux autorités tunisiennes :  
  • de se conformer en toutes circonstances à ses engagements internationaux en matière de droits de l'Homme et de respecter la liberté d'expression et de rassemblement pacifique des citoyens
  • la libération immédiate et inconditionnelle de toutes les personnes retenues arbitrairement pour leur participation aux marches pacifiques de protestation
  •  l'ouverture d'une enquête indépendante sur les circonstances ayant mené au décès de trois manifestants à Menzel Bouzaiene le 28 décembre  
  •  la libération immédiate et inconditionnelle de Ammar Amroussia et l'arrêt des poursuites contre M. Ataia Athmouni
  •  Alors que l'Union Européenne négocie actuellement le rehaussement de ses relations avec la Tunisie par l'octroi du « statut avancé » dans le cadre de la politique de voisinage, le REMDH :
  •  rappelle que le respect des droits humains constitue un « élément essentiel » de cette relation,
  •  demande à l'UE de prendre publiquement position sur les graves violations des droits humains intervenues en Tunisie lors de la répression des manifestations de soutien aux habitants de Sidi Bouzid.

 Le REMDH demande enfin à la délégation de l'UE à Tunis de mettre en ouvre de façon visible les lignes directrices de l'UE sur les défenseurs des droits de l'Homme (2004) qui prévoient notamment que les mission de l'UE doivent « entretenir des contacts appropriés avec les défenseurs des droits de l'homme, y compris [.] en se rendant dans les zones où ils travaillent », et « rendre visite aux défenseurs des droits de l'homme [.] assignés à résidence », en rencontrant notamment le conseil de l'ordre du barreau de Tunis et en se rendant à Sidi Bouzid.

Les émeutes en Tunisie, un parfum d’octobre 88

par Habib Kharroubi, Le Quotidien d'Oran, 2/1/2011
Dans le Maghreb, l’Algérie n’est plus le seul pays où le mécontentement social s’exprime par l’émeute populaire. La Tunisie est maintenant elle aussi le théâtre de débordements de cette nature. Ce pays voisin est secoué ces derniers jours par des troubles de cette nature dont l’effet déclencheur a été la tentative de suicide d’un jeune vendeur ambulant de fruits et légumes dans la région de Sidi Bouzid (centre-ouest). Partie de cette région, l’émeute a fait boule de neige jusqu’à atteindre la capitale, prenant de court un régime et un pouvoir trahis par leur confiance dans la crainte dissuasive que leur appareil répressif inspire aux citoyens.
Les événements que vit la Tunisie ne sont pas pour rappeler, toute comparaison mécanique gardée, ceux que l’Algérie a connus en octobre 88. En Tunisie comme chez nous, ils ont permis de dévoiler le ras-le-bol qu’a atteint la patience populaire face à l’autoritarisme du régime de Ben Ali. Ils ont surtout démontré la fausseté de l’image d’une Tunisie ayant pris son parti de cet autoritarisme au motif de son bilan économique et social positif. Partout les manifestants ont décrié la situation économique et sociale générée par le pseudo «miracle» qui aurait fait de la Tunisie «un pays émergent». L’on a ainsi découvert que si le nord du pays offre effectivement l’aspect d’une région en mutation positive grâce à la manne touristique et à des investissements industriels encourageants, le reste du pays, tout le reste n’a pas été concerné par ce «miracle tunisien» si vanté par les thuriféraires nationaux et étrangers du régime de Ben Ali. Sous-développement, chômage et mal-vie sont la triste réalité aussi bien en Tunisie que dans les pays voisins. Sur ce terreau qu’enrichissent les fléaux que sont la corruption, le déni de citoyenneté, la hogra et les atteintes aux droits de l’homme, il était fatal que la «marmite» explose dans ce pays aussi.
De spontanée qu’elle fut suite à la tentative de suicide du jeune vendeur de fruits et légumes de Sidi Bouzid (qui est, précisons-le, un universitaire en chômage), l’explosion populaire de protestation semble s’installer dans la durée.
Le discours prononcé par Zine El Abidine Ben Ali suite à cette explosion, le mini-remaniement gouvernemental auquel il a procédé ainsi que le limogeage dont ont fait l’objet le gouverneur de la région de Sidi Bouzid et deux autres de ses collègues, n’ont pas éteint le «volcan». C’est que contrairement à ce qui s’était produit en Algérie en octobre 88, la jeunesse tunisienne, fer de lance de la contestation en cours, a bénéficié de l’appui actif des adultes, de la société civile et des parties et organisations qui la structurent. Ce qui s’est mis en marche en Tunisie n’est pas de ce fait un feu de paille que la répression policière va étouffer.
Toute la question est de savoir si le pouvoir sclérosé dont Ben Ali est le chef, va savoir apporter les bonnes réponses aux revendications qu’expriment ses contestataires. Ou si nihiliste il va persister dans la voie qui a conduit à l’explosion. Dans ce cas, il est à craindre pour la Tunisie voisine l’enfoncement dans le même engrenage que celui qui s’était mis en marche en Algérie après les émeutes d’octobre 88 déclenché par les «réformes» inappropriées instaurées par le pouvoir d’alors en guise de solutions aux revendications qui s’exprimaient dans la société algérienne. Apparemment, Ben Ali est tenté par la politique de «l’autruche» puisqu’il ne semble voir dans les émeutes que «la main de l’étranger et des ennemis de la Tunisie».

Chaouki Hidri, nouveau martyr de l'intifada de Sidi Bouzid

Un Tunisien, blessé par balles au cours des affrontements violents dans la région de Sidi Bouzid (centre-ouest), est décédé après huit jours d'hospitalisation, a-t-on appris samedi  1er janvier 2011 auprès de sa famille.
Chaouki Hidri, 43 ans, est décédé vendredi matin succombant à des blessures par balles reçues au cours des affrontements violents du 24 décembre à Menzel Bouzayane, une localité à 60 km de Sidi Bouzid, a affirmé à l'AFP son frère Béchir Hidri.
"Mon frère a été blessé par balles au niveau de la colonne vertébrale et de l'épaule lors des affrontements qui ont opposé les habitants de Menzel Bouzayane à la police qui a utilisé des armes", a-t-il ajouté.
La victime, un ingénieur en informatique, possédait un petit commerce de matériel de construction à Menzel Bouzayane, à 280 km au sud de Tunis, a précisé son frère.
Plus de deux mille habitants de Menzel Bouzayane avaient participé à la manifestation contre le chômage, décrite comme "très violente" par le syndicaliste Mohamed Fadhel.
Le ministère de l'Intérieur avait affirmé que "des groupes d'individus avaient incendié la locomotive d'un train et mis le feu à trois véhicules de la garde nationale, avant d'attaquer le poste de la garde nationale de la ville".
Après avoir essayé de les dissuader, des agents de la garde nationale avaient été amenés "à recourir aux armes dans le cadre de la légitime défense", selon la même source.
Un autre manifestant, Mohamed Amri, un universitaire de 25 ans, avait trouvé la mort pendant la manifestation du 24 décembre, touché par deux balles à la poitrine.
La région de Sidi Bouzid est en proie à des troubles sociaux à la suite d'une tentative de suicide le 19 décembre d’un Tunisien de 26 ans, vendeur ambulant de fruits et légumes, qui s'était fait confisquer sa marchandise et humilier par la police municipale.
Source : AFP

Ben Ali au chevet de Mohamed Bouazizi, dont l'acte de révolte par autoimmolation a donné le signal de l'intifada de décembre

mardi 28 décembre 2010

Intifada de Sidi Bouzid, 11ème jour : déjà 4 suicides - pénurie alimentaire à Menzel Bouzayane - les pêcheurs de Kerkennah s'y mettent- le régime tente d'acheter des chômeurs à Gabès

Tunis, 27 décembre 2010 - Après dix jours d’intifada consécutifs, les manifestations des habitants de la région de Sidi Bouzid se poursuivent, et ce malgré l’état d’urgence décrété dans plusieurs villes, et le siège imposé par un important dispositif de forces de sécurité et de troupes de l’armée. Les manifestants exigent une meilleure répartition des retombées du développement économique, notamment des emplois pour résorber le chômage, et ils condamnent la corruption et la tyrannie.
Kalima a appris qu’une marche de femmes a eu lieu le dimanche 26 décembre, dans la ville de Mezouna, à l’initiative d’une association locale. Des centaines de femmes ont pris part à cette marche pour protester contre les raids et les fouilles dans les maisons qu’a connu la ville dans la nuit de samedi, et pour demander la levée de l'état de siège et la libération des manifestants arrêtés.
Toujours dans la ville de Mezouna, des centaines de manifestants sont sortis dans les rues dimanche soir, défiant le couvre-feu. Ils ont mis le feu à des pneus et dressé des barricades sur les routes, ce qui a poussé la police à lancer des bombes lacrymogènes et à tirer sur la foule à balles réelles. Les manifestants auraient jeté des pierres sur les forces de sécurité, tout en clamant des slogans contre la corruption et la tyrannie.
Des affrontements entres des manifestants et les forces antiémeutes ont également eu lieu au village Al Itizaz, mais aucune information n’a pu filtrer à cause du siège qui frappe le village.
D'autre part, les habitants de la délégation de Djelma ont organisé une marche pacifique encadrée par l’Union Générale du Travail. La police s’est contentée d’observer la marche sans intervenir pour l’empêcher.
Au siège de l’Union Régionale du Travail à Sebala, des chômeurs ont organisé un sit–in. Ils étaient venus se joindre au mouvement de solidarité avec les habitants de Sidi Bouzid. Des sources ont confirmé que des renforts importants sont arrivés à Sidi Bouzid, tandis que des informations circulent sur un mouvement de grève générale dans la région dans les prochains jours.
Signalons que les opérations de pillages et de fouille des maisons et des commerces sont commises par des milices du parti au pouvoir et des policiers. Ainsi, le citoyen Salah Ayoune, propriétaire d’une cafétéria, a déclaré que des policiers avaient saccagé son établissement. Un autre citoyen, Mohammed Salah Mahfoudhi, s’est plaint d’avoir été agressé par des policiers à l’intérieur de sa maison, ainsi que ses filles. Les agents ont aussi saccagé sa voiture.

Selon des sources médicales à l’hôpital Houcine Bouziane, le cadavre d’un jeune homme, Lotfi Kadiri, âgé de 34 ans et originaire de Touila, a été admis à la morgue. Nos sources ont confirmé que ce jeune a mis fin à ses jours, ce qui porte le nombre des suicides depuis le début des événements à quatre.
Des marches et des sit-in de solidarité ont eu lieu dans différentes régions du pays, comme Sfax, Kairouane, Siliana, Sousse, Tunis, Gafsa, Kasserine…
 A l’étranger aussi, un élan de solidarité avec les habitants de Sidi Bouzid est en train de se constituer. A Paris, un rassemblement a eu lieu devant l’ambassade de Tunisie.

Pénurie des produits alimentaires à Menzel Bouzayane

Tunis,  26 décembre 2010 - Suite au siège policier et au couvre-feu imposés à la ville de Menzel Bouzayaane, et tous les débordements qui ont accompagné les évènements, comme le pillage des magasins par les milices, l’impossibilité pour les fournisseurs de produits d’atteindre la ville, les produits alimentaires commencent à manquer sérieusement dans la ville.
Des citoyens ont déclaré que les familles peinent à subvenir aux besoins quotidiens en nourriture.
 Un appel de détresse a été lancé par des syndicalistes de la région pour venir en aide aux habitants de la ville menacés par la famine.
Par ailleurs, nous avons appris qu’une délégation de l’union régionale de Sidi Bouzid à la tête d’un convoi de solidarité composé de véhicules transportant des produits alimentaires, est arrivée ce samedi à Menzel Bouzayaane.
La délégation a lancé un appel aux autorités pour la levée du siège de la ville pour permettre à la vie économique de reprendre normalement.

 Même les pêcheurs s'y mettent: le Festival du Poulpe de Kerkennah annulé !
A l’occasion du lancement du Festival annuel du poulpe (Al karnit) dans l’île de kerkennah, celle-ci a étéle théâtre d’une vague de protestations sociales organisées par les marins -pêcheursde l'île pour dénoncer l’incurie des autorités face à la pêche par « Al karkara » (pêche au chalut).
Une méthode utilisée par des marins-pêcheurs de la région et même par ceux venant d’ailleurs.
Selon des témoins oculaires, les marins-pêcheurs se sont rassemblés à 15h devant le siège de la délégation juste avant le lancement du festival, puis devant la maison de la culture à 18h, brandissant des banderoles qui dénoncent la poursuite de la pêche à la « Alkarkara » qui a un effet dévastateur sur la reproduction des ressources halieutiques, avec la complicité des autorités locales.
Les forces de l’ordre ont tenté de disperser les marins, mais la solidarité de la population qui s’est jointe au rassemblement a rendu la tâche difficile.
Ce qui a contraint les autorités locales à annuler le festival qui devait être inauguré par une caravane qui devait sillonner les rues de la ville.

Des actions au profit des chômeurs à Gabès pour éviter des manifestations

Tunis,  26 décembre 2010 - Les autorités locales de Gabès ont proposé, le 23 décembre, des emplois à une centaine de diplômés chômeurs dans le secteur de l’éducation et celui de la mairie, dans le cadre du dispositif qui prévoit la prise en charge des salaires par le Gouvernorat pour une durée de 18 mois, à condition que ces derniers ne dépassent pas les 150 dinars (= 77€).
Dans le même cadre, les délégations de Gabès-est et sud ont lancé un appel aux jeunes diplômés à prendre part aux réunions qui auront lieu le début du mois prochain , sous l’égide des responsables gouvernementaux.
Des sources bien informées ont déclaré à Kalima que ces actions font suite aux ordres venant du président de la République pour éviter d’autres manifestations , surtout après la circulation sur facebook des vidéos des manifestations des jeunes de Sidi Bouzid qui exigent leur droit au travail et une meilleure répartition géographique des projets de développement .

Répression d'une manifestation à Tunis : photos

 Hier lundi 27 décembre, la police a réprimé une grande manifestation d'ouvriers organisée au centre-ville de Tunis par des syndicats de travailleurs répondant à l'appel de l'Union Générale Tunisienne du Travail, pour exprimer leur solidarité avec les habitants du Gouvernorat de Sidi Bouzid où des manifestations ont lieu depuis 11 jours pour protester contre ce qui a été qualifié de propagation du chômage et de la corruption.
Des accrochages ont opposé des centaines de manifestants à la police près du siège de l'UGTT, après que les manifestants avaient essayé de briser le cordon sécuritaire pour aller manifester sur l'avenue du 7-Novembre (ex-avenue Bourguiba) au centre de la capitale, ce qui a fait quelques blessés.
Les manifestants ont essayé de briser les cordons de police qui les ont encerclés et  empêchés de défiler dans les rues de la capitale.

Les accrochages entre les policiers et les manifestants ont fait quelques blessés
Les manifestants ont scandé des slogans "Non à la prolongation (Tamdiid)-Non à l'héritage dynastique (Tawrit)" (allusion au changement de la Constitution imposé par Ben Ali pour pouvoir se représenter à l'élection de 2014 et à ses projets de choisir un successeur parmi ses proches) 

Les grands renforts policiers ont réussi à empêcher les manifestants de gagner l'Avenue Habib Bourguiba



Les manifestants n'ont pas réussi à briser le barrage des forces de sécurité qui se spnt déployées en grands nombres devant le siège de l'UGTT


Ces manifestations ont été décrites comme une intifada des pauvres et des affamés (Intifadat al fouqarrae oual joua'a)
Les forces de police ont utilisé des matraques pour disperser les manifestants
Slogans contre la corruption et demandant des emplois
Les femmes ont participé à la manifestation
Les manifestants sont restés  pacifiques
La police surveillait les mouvements des manifestants

Source:  Al-Jazeera et Tlaxcala

dimanche 26 décembre 2010

Tunisie: l'intifada s'étend. Après Sidi Bouzid, Menzel Bouzayane تونس : انتشار الانتفاضة. بعد سيدي بوزيد ، منزل بوزيان

Tunisie: un mort et des blessés dans des affrontements à Menzel Bouzayane

par  Kaouther LARBI (AFP), 24/12/2010

TUNIS — De violents affrontements ont opposé vendredi des manifestants et la police dans la région de Sidi Bouzid (centre-ouest tunisien) faisant un tué et des blessés, a-t-on appris de sources officielle et syndicale.

Le ministère de l'Intérieur a fait état d'un mort et deux blessés parmi les "assaillants" et de plusieurs blessés parmi les agents de sécurité, dont deux sont dans le coma.

Selon une source syndicale contactée par l'AFP, les affrontements qui se sont produits à Menzel Bouzayane, une localité à 60 km de Sidi Bouzid, en proie à des troubles sociaux depuis plusieurs jours, ont fait un mort et dix blessés. Mohamed Fadhel, syndicaliste de l'enseignement secondaire a affirmé que le manifestant décédé, Mohamed Ammari, 18 ans, a été touché à la poitrine.

Plus de deux milles habitants de Menzel Bouzayane (280 km au sud de Tunis) ont participé à cette manifestation, décrite comme "très violente" par M. Fadhel.

Dans un communiqué diffusé par l'agence gouvernementale TAP, le ministère de l'Intérieur affirme que "des groupes d'individus ont incendié la locomotive d'un train et mis le feu à trois véhicules de la garde nationale, avant d'attaquer le poste de la garde nationale de la ville".

Après avoir essayé de les dissuader, des agents de la garde nationale ont été amenés "à recourir aux armes dans le cadre de la légitime défense", selon la même source.

M. Fadhel a indiqué que des renforts de police dépêchés de Sidi Bouzid, ont encerclé la ville de Menzel Bouzayane en en interdisant les accès ajoutant que les forces de l'ordre ont procédé à une vague d'arrestation.

La région de Sidi Bouzid est en proie à des troubles sociaux à la suite d'une tentative de suicide d'un Tunisien de 26 ans, diplômé de l'université.

Le 17 décembre, Mohammed Bouazizi, vendeur ambulant de fruits et légumes, s'est fait confisquer sa marchandise par la police municipale, n'ayant pas les autorisations nécessaires.

Désespéré, le jeune homme s'était aspergé d'essence pour s'immoler par le feu. Grièvement brûlé, il a été transféré dans un centre médical près de Tunis.

Ce premier incident a provoqué des protestations qui ont dégénéré en affrontements entre la police et des habitants.

Le pouvoir avait affirmé que ces heurts n'étaient qu'un "incident isolé" et dénoncé leur exploitation à des fins politiques "malsaines" par l'opposition.

Le 22 décembre, un jeune Tunisien de Sidi Bouzid, s'était électrocuté au contact de câbles de haute tension après avoir escaladé un poteau électrique en criant qu'il ne voulait "plus de misère, plus de chômage", selon Ali Zari, un dirigeant syndicaliste.

Le ministre de Développement, Mohamed Nouri Jouini s'est déplacé jeudi à Sidi Bouzid, pour annoncer des mesures présidentielles pour la création d'emplois et le lancement de projets d'un montant de 15 millions de dinars (1 dinar= 0,52 euro).

Lors d'une conférence de presse, le Parti démocratique progressiste (opposition légale) a appelé vendredi à mettre fin à la compagne d'arrestation et à l'ouverture d'un dialogue avec les composantes de la société civile et les jeunes chômeurs.
En solidarité avec les habitants de Sidi Bouzid, des militants de droits de l’homme, des syndicalistes et des étudiants se sont rassemblés, samedi25 décembre, place Mohamed Ali à Tunis. Voici quelques vidéos prises par Azyz Ammami lors de ce rassemblement.
Au même moment, une manifestation de solidarité avait lieu à Paris. Vidéo de nawaat.org.
Commentaires
Tunisie/Sidi Bouzid, non à un développement à deux vitesses
par HJ, GlobalNet, 20/12/2010

La région de Sidi Bouzid a vécu le week-end dernier quelques remous, au lendemain de la tentative de suicide d’un jeune commerçant ambulant, diplômé de l’université, rapportent les agences de presse internationales.

Rongé par le désespoir, le jeune homme, âgé d'une vingtaine d'années, a tenté de s'immoler par le feu après s'être aspergé d'essence devant le siège du gouvernorat. Atteint de brûlures graves, il a été transporté à l'hôpital où il est "entre la vie et la mort". Un drame qui a mis cette ville du Centre-ouest de la Tunisie, à 265km de Tunis, dans l’émoi, et provoqué la colère de ses habitants, à en croire l'AP et Reuters.

Ce drame social regrettable pose encore une fois la problématique du développement régional en Tunisie, voire du modèle de développement dans son ensemble adopté depuis des décennies dans notre pays, qui a longtemps favorisé la capitale et les villes côtières aux dépens des régions de l’intérieur. Puisque, les efforts qui y sont consentis n’ont pas encore produit des résultats escomptés, et ces régions, notamment celles du Centre-ouest, sont encore dépourvues d’un tissu économique digne de ce nom, et souffrent d’un fort taux de chômage, dépassant de loin le taux national qui est aux alentours de 13.3%.

De nombreuses études menées, pour le compte du gouvernement, montrent le hiatus qui  ne cesse de se creuser entre les différentes régions de la Tunisie. La majeure partie des investissements et des projets est concentrée à Tunis et sur le littoral, là où il y a toutes les commodités et l’infrastructure de base, aux dépens des villes de l’intérieur dont les besoins en termes de développement socio-économique restent, grosso modo,  insatisfaits.

La décentralisation des universités, en ce sens que la majorité des régions sont d’ores et déjà dotées d’un établissement d’enseignement supérieur, n’a pas été accompagnée par une décentralisation au niveau des capitaux, et des projets.

Le Centre-ouest, dont Sidi Bouzid, qui reste le plus grand pourvoyeur de migrants pour le pays, est en train de se vider de ses jeunes, voire de ses forces vives qui préfèrent mettre le cap sur d’autres régions, du Centre-est notamment,  où ils estiment avoir plus de chances de trouver un  emploi et de construire un avenir, sans plus jamais revenir. Cette région connait un solde migratoire négatif de -36.9%, à en croire la dernière enquête de l’INS sur la population et l’habitat. Au cours du quinquennat 2004-2009, 45.2 mille personnes ont quitté le Centre-ouest, contre 8.3 mille qui s’y sont installées.

Éminemment agricole, la région demeure confrontée à un taux de chômage important, et ses jeunes ont toutes les peines du monde à intégrer  la vie active. Comment éviter que ces jeunes ne sombrent dans la désespérance. Et bien, il faut impérativement leur mettre le pied à l’étrier, et les doter des attributs d’une vie décente, génératrice d’équilibre et de paix sociale.

Il est temps de revoir en profondeur notre modèle de développement et le découpage administratif du pays, comme le préconisent instamment de nombreux économistes, au vu des disparités régionales qui vont grandissantes. Sidi Bouzid est une région agricole et d’élevage, un atout qui reste à préserver et à développer, selon une stratégie agricole viable à même de contribuer à la sécurité alimentaire de la région, et du pays. Mais, elle ne peut pas continuer à vivre de la seule agriculture. Il faut qu’elle soit dotée d’un tissu économique incluant les secteurs industriel et tertiaire. Il serait ainsi opportun d’y développer des unités d’industrie agro-alimentaires, ou autres usines qui soient adaptées à sa vocation et son positionnement géographique.

On entend toujours dire dans le discours officiel, que des réseaux routiers et autoroutiers seront érigés dans les coins et recoins de la Tunisie, pour désenclaver les régions de l’Intérieur, dont celles du Centre-Ouest, et les arrimer à la locomotive de développement intégral. Sauf que ces régions ont des préoccupations immédiates qui méritent des réponses urgentes. Il ne s’agit pas de planifier des projets à l’horizon de 2030 ou 2050. Les jeunes de Sid Bouzid, et d’autres régions de la Tunisie, ont à cœur de construire leur avenir dès aujourd’hui. Ils souhaitent gagner leur vie, fonder un foyer, avoir un rôle actif dans la société, contribuer et  profiter du développement de leur région. Ils en ont assez d'être en quelque sorte des laissés-pour-compte.

Un changement du calendrier et des priorités de développement s’impose. On a bien introduit les plans de développement dits mobiles (ou glissants) pour réadapter le processus de développement aux mutations nationales et internationales. Qu’une partie de ces fonds soit débloquée en faveur de ces régions en mal d’essor. Nos compatriotes de l’Intérieur ne demandent pas la lune, ils ont juste besoin d’avoir des raisons de garder espoir, de rester chez eux, et de vivre en toute tranquillité.

L’Etat doit assumer son entière responsabilité. Il doit doter ces régions des commodités nécessaires et y créer une plateforme propice afin qu’elles puissent polariser les investissements, et être un vivier de production et de création de richesses. C’est seulement ainsi que le secteur privé daignera  tourner son regard vers l'arrière-pays pour y lancer des projets et créer des emplois.

La Tunisie est un petit pays d’à peine 164 mille km2, et d’un peu plus de dix millions d’habitants. Tout Tunisien est en droit d’aspirer à une vie digne, et d’exiger un partage équitable des fruits de la croissance. 



Bonus détente
"Le chômage n’est pas un problème politique"...!!!
En prime, nous vous offrons l'inimitable éditorial du quotidien "indépendant" Le Temps de Tunis, qui se passe de tout commentaire.

Revendications de jeunes…

 Raouf KHALSI - raoufkhalsi@letemps.com.tn - Il est difficile aujourd’hui d’être jeune. C’est le problème du millénaire. De surcroît le combat contre le chômage est le défi majeur du millénaire. On voit partout, même dans les pays les plus riches, ces images de précarité, ces expressions de désespoir, qu’amplifie d’ailleurs un certain questionnement existentiel.

Que des jeunes manifestent à Sidi Bouzid pour crier leur rage face à des horizons qui ne s’éclaircissent pas à leurs yeux, cela s’inscrit dans l’ordre normal des choses.

Et quelque part, c’est également  le signe d’une société dynamique, même si ces manifestations de mécontentement ne doivent pas déborder de leur cadre et ne doivent surtout pas être instrumentalisées. Il ne s’agit guère de problème politique. Car le chômage n’est pas un problème politique, mais un problème social et économique. Chercher à le détourner de ces normes basiques, c’est déjà  le dénuer de sa substance. Et, surtout, ce serait lui voler sa légitimité  revendicative.

Soixante dix mille postes à créer chaque année : l’Etat s’y attèle (sic). Tout les programmes, le plan quinquennal et, surtout, toute la dimension du programme  présidentiel ont pour point de départ et point d’arrivée cet objectif titanesque, et pour valeur cardinale l’exclusive adéquation  entre le social et l’économique.

Sans doute, peut être, le progrès intégral n’est-il pas encore réalisé  car le Changement a hérité de disparités régionales très  marquées, par ailleurs accentuées par un certain centralisme étatique des temps de l’ancien régime. Mais ce qui est sûr, c’est que le développement régional est incontournable et qu’il lui faudra du temps pour réaliser  le rééquilibrage. Pour cela, il faudra que nous nous sentions tous concernés par les aspirations des jeunes. Le secteur public doit être plus transparent et le privé doit inspirer plus de confiance. En tous les cas, il faut bien écouter ces jeunes. Les écouter c’est déjà instaurer le dialogue et leur faire éviter les dérives et l’instrumentalisation politicienne. Les jeunes sont en effet la solution et non le problème. Et le premier à le dire c’est bien Ben Ali.
Source : http://www.letemps.com.tn/article.php?ID_art=51285

vendredi 24 décembre 2010

Tunisie: Soulèvement à Sidi Bouzid après l'immolation par le feu d'un jeune chômeur diplômé فيديو: سيدي بوزيد، مسيرة ضخمة وتجمع إحتجاجي لليوم الثاني على التوالي

Des centaines d'habitants de Sidi Bouzid (210 km au sud-ouest de Tunis) ont manifesté le samedi 18 décembre devant le siège du gouvernorat, pour manifester leur colère et leur solidarité avec le jeune chômeur Mohamed Bouazizi, diplômé de l'Institut supérieur d'informatique de Mahdia, qui s'était immolé par le feu au même endroit la veille, pour protester contre confiscation par les autorités de son stand de vente de fruits et légumes. Les manifestants ont traversé la ville en scandant de nombreux slogans. On ignore si Mohamed est mort ou vivant, mais sa famille dit qu'on lui a refusé de le voir. 4 policiers ont été suspendus suite à cette affaire. Alors que les manifestations continuaient dimanche, des centaines de policiers ont été envoyés en renfort à Sidi Bouzid.
L e dernier message de Mohamed Bouazizi sur le mur de sa page Facebook:
Je m'en vais maman, pardonne-moi, les reproches sont inutiles, je suis perdu sur un chemin que je ne contrôle pas, pardonne-moi, si je t’ai désobéi, adresse tes reproches à notre époque, pas à moi, je m'en vais et mon départ est sans retour, j’en ai marre de pleurer sans larmes, les reproches sont inutiles dans cette époque cruelle, sur cette terre des hommes, je suis fatigué et je ne retiens rien du passé, je m'en vais en me demandant si mon départ m’aidera à oublier.
تجمع صباح اليوم السبت 18 ديسمبر 2010 مئات المواطنين امام مقر ولاية سيدي بوزيد تعبيرا عن غضبهم وتضامنهم مع محمد البوعزيزي الشاب العاطل عن العمل الذي اضرم النار في جسده يوم امس امام مقر الولاية وقد جاب المواطنون بعض شوارع المدينة رافعين عدة شعارات احتجاجية علما ان اخر المعطيات الواردة عن الحالة الصحية للشاب محمد البوعزيزي غامضة جدا وحسب معلومات متدولة بين الاهالي فان عائلة الشاب منعت من زيارته ليلة البارحة في مستشفى صفاقس وبعضهم يروج ان بعض افراد العائلة تعرض للاعتداء عند تمسكه بالدخول الى غرفة المريض وهو ما يؤكد فرضية وفاته كما يتداول الاهالي خبر ايقاف 4 من اعوان الشرطة البلدية في سيدي بوزيد على خلفية هذا الحادث للتحقيق معهم

وسنعمل على مد الراي العام بكل المعطيات الجديدة حال توفرها علما ان الاعتصام متواصل الى حد الساعة منتصف النهار

نقابي – سيدي بوزيد
آخر كلمات كتبها محمد بوعزيزي على حائطه في الفيسبوك قبل اقدامه على محاولة الإنتحار بحرق نفسه أمام مقر ولاية سيدي بوزيد
مسافر يا أمي، سامحني، ما يفيد ملام، ضايع في طريق ماهو بيديا، سامحني كان عصيت كلام أمي، لومي على الزمان ما تلومي عليّ، رايح من غير رجوع, يزي ما بكيت و ما سالتش من عيني دموع، ما عاد يفيد ملام على زمان غدّار في بلاد الناس، أنا عييت و مشى من بالي كلي اللي راح، مسافر و نسأل زعمة السفر باش ينسّي
محمد بو عزيزي

أولى صور المواجهات في سيدي بوزيد