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mardi 23 juin 2015

Rencontre de générations : D'Angelo et Bobby Seale parlent des mouvements noirs d'hier et d'aujourd'hui

par Dan Hyman, The New York Times, 19/6/2015. Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original: D’Angelo and Bobby Seale on the Past and Future of Political Protest

Bobby Seale a co-fondé le Black Panther Party. La star de Rythm and Blues D'Angelo prend position sur l'injustice raciale dans son nouvel album. Tous deux se sont rencontrés à Oakland, en Californie. Photo de Zackary Canepari pour le New York Times.
 Oakland, Californie. - Au début de juin, avant la fusillade à Charleston, Caroline du Sud, le chanteur de RnB D'Angelo se tenait sous l'auvent rouge sang de la boulangerie It’s All Good, regardant dans la fenêtre de l'immeuble qui a servi de premier bureau au Parti des Panthères Noires. Autre lieu de la tournée du souvenir, sous un réverbère de la Septième Avenue, où se tenait le groupe pour sa première action de surveillance de la police.

jeudi 19 février 2015

American Sniper : Tuer des Bougnoules pour Jésus

par Chris Hedges, Truthdig, 25/1/2015
Traduit par Nicolas Casaux, Le Partage, édité par Fausto Giudice, Tlaxcala

chris_hedges Christopher Lynn Hedges (né le 18 septembre 1956 à Saint-Johnsbury, au Vermont) est un journaliste et auteur US. Récipiendaire d’un prix Pulitzer, Chris Hedges fut correspondant de guerre pour le New York Times pendant 15 ans. Reconnu pour ses articles d’analyse sociale et politique de la situation US, ses écrits paraissent maintenant dans la presse indépendante, dont Harper’s, The New York Review of Books, Mother Jones et The Nation. Il a également enseigné aux universités Columbia et Princeton. Il publie une chronique chaque lundi pour le site Truthdig.com. 
American Sniper célèbre le plus répugnant des aspects de la société US - la culture du flingue, l'adoration aveugle de l'armée, la croyance que l'on a un droit inné en tant que nation "chrétienne" à exterminer les "races inférieures" de la Terre, une hypermasculinité grotesque qui bannit toute compassion et pitié, un déni des faits qui dérangent et des vérités historiques, et un dénigrement de la pensée critique et de l'expression artistique. Beaucoup d'Américains, surtout les blancs prisonniers d'une économie au point mort et d'un système politique dysfonctionnel, sont galvanisés par le supposé renouveau moral et le contrôle militarisé rigide que ce film célèbre. Ces passions, si elles se réalisent, feront disparaitre le peu qu'il reste de notre société ouverte désormais anémique.
Le film s'ouvre sur un père et son fils chassant le daim. Le garçon tire sur l'animal, lâche son fusil et court vers sa proie.
"Reviens ici", hurle son père. "On ne laisse jamais son fusil par terre".

"C'était un sacré tir, fils", dit le père. "Tu as un don. Tu feras un excellent chasseur un jour."

La caméra montre ensuite l'intérieur d'une église où une congrégation de chrétiens blancs — les noirs apparaissent aussi peu dans ce film que dans ceux de Woody Allen — écoutent un sermon à propos du plan de Dieu pour les chrétiens d'Amérique. Le personnage correspondant au titre du film, basé sur Chris Kyle, qui deviendra le sniper le plus meurtrier de l'histoire de l'armée US, va, c'est ce que laisse entendre le sermon, être appelé par Dieu à utiliser son "don" afin de tuer les méchants. La scène suivante nous montre la famille Kyle dans la salle à manger alors que le père entonne avec l'accent texan: "Il y a trois types de gens dans ce monde: les moutons, les loups, et les chiens de berger. Certains préfèrent penser que le mal n'existe pas dans le monde. Et si un jour ils étaient directement menacés, ils ne sauraient pas comment se protéger. Ce sont les moutons. Et puis tu as les prédateurs".
"Ce n'est pas de la propagande quand c'est l'Amérique qui le fait". A gauche, un film de propagande nazie, "La fierté de la nation", utilisé par Quentin Tarantino dans "Inglorious Bastards"
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vendredi 9 janvier 2015

Je ne suis pas Charlie

par José Antonio Gutiérrez D., 7-1-2015. Traduit par Santiago Perales, édité par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original:
Je ne suis pas Charlie (Yo no soy Charlie)

José Antonio Gutiérrez D.  est un militant libertaire colombien résidant en Irlande où il participe à des mouvements de solidarité avec l'Amérique latine et la Colombie, il collabore à la revue CEPA (Colombie) et à El Ciudadano (Le Citoyen, Chili) ,il collabore également au site web international www.anarkismo.net et au site La Pluma. Auteur de "Problèmes et possibilités de l'anarchisme" (en portugais, Faisca ed, 2011) et coordinateur du libre "Origines libertaires du Premier mai en Amérique latine"(Quimantu ed 2010).
Je tiens à clarifier d'emblée que je considère l'attentat contre les bureaux du journal satirique Charlie-Hebdo à Paris comme une horreur et que je ne crois pas qu'il soit justifiable en quelque circonstance que ce soit, de convertir un journaliste, si douteuse que soit sa qualité professionnelle, en objectif militaire. Cela vaut en France, comme en Colombie ou en Palestine.
Je ne m'identifie non plus avec aucun fondamentalisme, ni chrétien, ni juif, ni musulman, ni non plus avec le laïcisme bébête francisé, qui érige la "République" sacrée en déesse. J'apporte ces précisions, qui sont nécessaires puisque les gourous de la haute politique en Europe nous assurent que nous vivons dans une "démocratie exemplaire" avec des "grandes libertés", même si nous savons bien que  Big Brother  nous surveille et que n'importe quel discours hors cadre toléré se voit durement puni. Mais je ne crois pas qu'une condamnation de l'attentat contre Charlie Hebdo doive entraîner automatiquement qu'on porte aux nues une publication qui est, fondamentalement, un monument d'intolérance, de racisme et d'arrogance coloniale.

jeudi 1 janvier 2015

Le rapport d'autopsie révèle que les policiers qui ont tué Ezell Ford à Los Angeles lui ont tiré dans le dos

par Andrew Emett*, NationofChange, 1/1/2015. Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala
Ezell Ford est l'une d'au moins 16 personnes noires non armées tuées par la police en 2014. Alors que les agents prétendent que Ford avait tenté d'attraper une de leurs armes, le rapport d'autopsie étaie-t-il leur histoire?
 Sous la pression du maire de Los Angeles, la LAPD a finalement rendu public le rapport d'autopsie sur Ezell Ford. Selon le rapport, un officier de la LAPD a tiré sur Ford, le touchant au bras droit et au côté droit tandis qu'un second policier lui a tiré dans le dos à bout portant. Bien que les officiers affirment Ford a essayé de saisir une de leurs armes, les témoins ne corroborent pas leur version. À environ 20h10 le 11 août, les agents Sharlton Wampler et Antonio Villegas, de l'Unité locale de chasse aux gangs de la LAPD ont vu Ford marchant sur le trottoir et ont décidé de procéder à une interpellation de contrôle. Selon un communiqué de presse de la LAPD, Wampler et Villegas sont sortis de leur véhicule et ont tenté de parler à Ford, qui a continué à marcher tout en cachant ses mains. Quand les policiers se sont approchés de Ford, il aurait attrapé l'un d'eux et une lutte se serait ensuivie.

jeudi 18 juillet 2013

Pas de paix sans justice ! Nous sommes tous Trayvon Martin !

par Tlaxcala, 17/7/2013
Original: No Justice, No peace! We are Trayvon
Nous publions 15 photos des manifestations qui ont suivi dans tous les USA l'annonce, le 13 juillet, du verdict "non coupable" du jury qui jugeait le vigileGeorge Zimmerman pour le meurtre du jeune Africain-USAméricain Trayvon Martin, 17 ans, dans un supermarché de Floride en 2012. Merci à nos camarades du journal Workers World.

New York, 14 juillet

La manif arrive à Times Square. Encore une bonne dizaine de kilomètres à faire pour atteindre Harlem et le South Bronx

Poughkeepsie, État de New York, 14 juillet
 Jennifer Lopez, étudiante à Vassar, lit sa diatribe contre le racisme endémique dans les USA du XXIème siècle
Veteran civil rights fighter Mae Parker-Harris, vétérane du combat pour les droits civiques, fulmine contre le racisme dans le petite ville de Poughkeepsie
Union Square
La place historique d'Union Square, à New York, a été le centre du mouvement  Occupy, et maintenant du combat pour rendre justice à  Trayvon Martin
Philadelphie, 13 juillet
La ville de Mumia Abu-Jamal s'est rapidement engagée dans les protestations

Raleigh, Caroline du Nord
Durham, Caroline du Nord
Milwaukee, 14 juillet
Los Angeles, 15 juillet
À Los Angeles, théâtre de la grande révolte de  1992, des jeunes défient la police
Salt Lake City, Utah
On a protesté même dans la capitale des Mormons
Houston
Houston, Texas, centre de la lutte contre la peine capitale, dit non à l'acquittement de  Zimmerman
Detroit
Detroit est le cenrte de la dépression capitaliste et est maintenant une ville à 80% noire



dimanche 4 novembre 2012

Jamais l’apartheid n’a disparu en Afrique du Sud : il a été la matrice d’un ordre mondial fondé sur la violence et l’illusion

par John Pilger, 19/09/2012. Traduit par Michèle Mialane, Tlaxcala
L’assassinat de 34 mineurs, la plupart tués d’une balle dans le dos, par la police sud-africaine, a mis fin à l’illusion d’une démocratie post-apartheid. Il éclaire le nouvel apartheid mondial, auquel l’Afrique du Sud sert de modèle aussi bien historique qu’actuel.
 
En 1894, longtemps avant que cet infâme vocable afrikaans ne prédise à la majorité du peuple sud-africain « un développement séparé », un Anglais, Cecil Rhodes, surveillait l’application du Gren Gley Act dans ce qui était alors la colonie du Cap. Cette loi avait pour but de contraindre les agriculteurs noirs à rejoindre l’armée de main d’œuvre à bon marché essentiellement destinée à exploiter les mines d’or et autres minéraux précieux qu’on venait de découvrir. Grâce à ce darwinisme social, la société de Rhodes, la De Beers, acquit rapidement un monopole mondial, enrichissant fabuleusement son propriétaire. Fonctionnant en accord avec le libéralisme britannique et US-américain, celui-ci devint un philanthrope adulé, un mécène de nobles causes .
 
Aujourd’hui encore, les bourses de Rhodes destinées aux étudiants d’Oxford sont très appréciées des élites libérales. Leurs bénéficiaires doivent faire preuve de « force de caractère morale » et montrer « sympathie et soutien aux faibles, abnégation, amabilité et sens de la camaraderie. »L’ex-Président Clinton est l'un d'eux, de même que le général Wesley Clark, qui commanda l’attaque de la Yougoslavie par l’OTAN. Le mur que l’on désigne comme mur de l’apartheid a été érigé pour le profit du petit nombre, avec en tête les membres les plus ambitieux de la bourgeoisie.
 
Ce fut une sorte de tabou durant les années de l’apartheid racial. Les Sud-Africains d’origine britannique pouvaient ainsi se targuer d’une opposition apparente à l’obsession raciste des Boers qui leur permettait de mépriser ces derniers, tout en leur servant de façade pour maintenir un système inhumain de privilèges fondés sur la race, mais plus encore sur la classe.
 
Les nouvelles élites noires sud-africaines, dont le nombre et l’influence avaient crû  sans cesse durant les dernières années de l’apartheid, ont bien compris le rôle qu’elles allaient jouer après la « libération ». Leur « mission historique », comme l'écrivait Frantz Fanon dans son classique prophétique, Les damnés de la terre , n’est pas « une vocation à transformer la nation, mais prosaïquement de servir de courroie de transmission à un capitalisme acculé au camouflage et qui se pare aujourd’hui du masque néocolonialiste» (texte des Éditions Maspéro, 1968, p.98)
 
Voilà qui allait comme un gant aux figures dominantes de l’ANC (African National Congress), telles Cyril Ramaphosa, le patron du syndicat « National Union of Mineworkers» et maintenant entrepreneur et multimillionnaire, qui a négocié personnellement le « deal » de partage des pouvoirs avec le régime de F. W. Klerk, et Nelson Mandela lui-même, qui a accepté ce « compromis historique » impliquant que la majorité attendrait longtemps l’égalité en droits et les pauvres d’être délivrés de l’indigence. Ce fut manifeste dès 1985: un groupe d’industriels sud-africains, sous la conduite de Gavin Reilly, Président de l’Anglo-American Mining Company, rencontra en Zambie des personnalités de premier plan de l’ANC. Les deux parties se mirent d’accord pour remplacer l’apartheid racial par un apartheid économique, connu sous le nom de « liberté du marché ».
 
Par la suite, des rencontres secrètes eurent lieu dans une superbe demeure anglaise, la Mells Park House, où un futur Président d’Afrique du Sud but du whisky pur malt en compagnie de chefs d’entreprises qui avaient soutenu l’apartheid. C’est le géant britannique Consolidated Goldfields qui fournit le lieu de rencontre et le whisky. Le but était de couper les « modérés » - comme Mbeki et Mandela - des masses de plus en plus révolutionnaires des townships, où l’atmosphère rappelait les émeutes qui avaient suivi les massacres de Sharpeville en 1960 et Soweto en 1976 - sans l’aide de l’ANC.
 
En 1990, dès que Mandela fut libéré, la«  promesse infrangible » de nationaliser les monopoles ne se fit plus guère entendre. À New York, au cours de sa tournée triomphale aux USA, Mandela déclara : « L’ANC réintroduira le marché en Afrique du Sud. » Lorsqu’en 1997 - il était alors Président - je lui rappelai  cette promesse au cours d’une interview, il me fut clairement répondu : « La politique de l’ANC, c’est la privatisation.»
 
Bercés par le doux jargon de l’entreprise, les gouvernements de Mandela et Mbeki empruntèrent leurs mots d’ordre au FMI et à la Banque mondiale. Tandis que le fossé entre la majorité vivant sans eau courante sous des toitures de zinc et la nouvelle élite aisée dans ses propriétés gardiennées se creusait jusqu’à devenir un abîme, Washington félicitait le Premier ministre Trevor Manuel pour ses « succès macro-économiques ». En 2001 Georges Soros remarquait que l’Afrique du Sud avait été livrée « aux mains du capital international ».
 
Peu avant le massacre des mineurs, qui travaillent pour un salaire de misère dans une mine de platine dangereuse appartenant aux Anglais, l’érosion de l’indépendance économique de l’Afrique du Sud avait été clairement démontrée par la décision du Président Jacob Zuma de stopper l’importation du pétrole iranien, soit 42%, sous la pression de Washington. Le pétrole a déjà subi une forte hausse et le peuple s’est encore appauvri.
 
Cet apartheid économique est maintenant imité dans le monde entier, puisque les pays pauvres se plient aux exigences des « intérêts » occidentaux au lieu d’obéir aux leurs. L’arrivée du concurrent chinois pour l’acquisition des ressources africaines, bien qu’il s’abstienne des menaces militaires et économiques dont sont coutumiers les USA, a fourni un nouveau prétexte pour accroître l’expansion militaire US-américaine et envisager une nouvelle guerre mondiale, ainsi que le prouve le budget militaire et d’armement d’Obama: avec ses 737,5 milliards de dollars, c'est  le plus élevé de tous les temps. Le premier Président afro-américain au pays de l’esclavage préside à une économie de guerre permanente, à un chômage de masse et à l’abandon des droits civiques: un système qui n’a rien contre les Noirs et les basanés, tant qu’ils sont au service de la bonne classe sociale. Mais ceux qui ne se soumettent pas ont toutes les chances de finir sous les verrous.
 
Voilà la voie sud-africaine et américaine qu’incarne Obama, le fils de l’Afrique. L’hystérie des libéraux, exposant que le candidat républicain Mitt Romney est plus extrémiste qu’Obama, n’est rien d’autre que l’éternel choix du « moindre mal » et ne change rien au problème. Ironie de l’histoire, l’élection de Romney à la Maison Blanche réveillera sans doute aux USA une contestation massive que le seul succès d’Obama était d’avoir fait taire.
 
Bien qu’on ne puisse comparer Mandela et Obama - l’un étant une icône de la solidité personnelle et du courage, l’autre un artefact pseudo-politique - l’un comme l’autre ont créé l’illusion qu’ils allaient faire naître un monde nouveau où règnerait la justice sociale, et qui constitue un élément de la vaste illusion, selon laquelle tout effort humain doit être marchandisable, et qui confond médias avec information et conquête militaire avec buts humanitaires. Ce n’est qu’en abandonnant ces fantasmes que nous pourrons vaincre l’apartheid dans le monde entier.
 
 

jeudi 26 juillet 2012

La bête immonde, ça peut aussi ressembler à ça...


http://allainjules.files.wordpress.com/2012/07/voula.jpg

Une chose est sûre, indéniable même: "Voula" est une belle plante et tout mâle hétéro rêverait de faire le triple saut avec elle.
Mais c'est malheureusement une conne qui n'a pas grand-chose sous sa tignasse blonde. Et cette conne est une facho. Cela va souvent de pair, malheureusement - ou heureusement.
Paraskevi Papahristou - un nom qui fleure bon la Grèce éternelle* - vient d'être exclue des JO de Londres pour avoir fait une blague raciste sur twitter. Enccore une qui a oublié de tourner sept fois son pouce avant de tweeter...
Il ne reste plus à Paraskevi qu'à aller se faire consoler par les beaux mâles aryens de son parti chéri, l'Aube Dorée nazie.
* On pourrait le traduire par Vendredi Saint Papa du Christ...
«Tellement d'Africains en Grèce. Au moins les moustiques mangeront de la nourriture maison».






mardi 15 mai 2012

Cauchemar raciste à Taourirt

The Moroccan Association of Human Rights
( MAHRs )
TAOURIRT BRANCH
On Tuesday 24th April 2012, Taourirt ـ a city in the region of the East of Morocco - has known violent and inhuman arrestations among a number of Subsaharian immigrants and refugees .
Indeed, early in the morning while these immigrants were still sleeping in "the open-air "
next to the railway station , they were surprised and attacked by different types of police.
Hence, sixteen (16) immigrants were arrested while some others ran away. This
intervention which was observed by some members of the MAHRs has known a lot of
human right violations . The immigrants were humiliated, insulted and even beaten by the police. Worse than these, all the immigrants' properties (clothes, blankets, bags ,etc....) were burned, which is against all the national laws. The authorities even took some mobiles from these Subsaharians by force. All these violations and mistreatments were condemned by the people who were watching the "scene".

Late in the evening, 25 more immigrants were arrested and the whole 41 were transported to the frontier city Oujda from where they are usually deported to Algeria.
We have to mention here that usually the authorities try to make people believe that these immigrants are criminals, thieves, killers, ..... so as to legitimate their "hostile acts".
The MAHRs has tried to get official answers from the local responsibles about the reasons of the detentions, but in vain.

In the following day, the MAHRs -- Taourirt interviewed some immigrants who gave
shocking information about their daily life and the hostile treatments they endure.

To know more about it, please check these videos

ASSOCIATION MAROCAINE
DES DROITS HUMAINS
SECTION DE TAOURIRT

Le 24 Avril 2012, un bon matin pas comme les autres, prés de la gare de la ville de Taourirt, a vu des interventions sévères contre des réfugiés subsahariens. . Il y avait un grand nombre d'agents de la force publique, des policiers, et les auxiliaires d'autorités, ils ont surpris les Africains qui dormaient encore.
16 Subsahariens ont été arrêtés, par contre les autres ont pu s'enfuir pour un moment. Cette féroce intervention était d'une manière inhumaine et illégale, elle a violé toutes sortes de droits et de mœurs concernant les réfugiés. Les forces publiques en pleine rue et devant les passagers ont confisqué tous les bagages de ces réfugiés africains, ce qui a causé un état hystérique pour une victime qui criait pour avoir son téléphone portable qui lui a été pris de force.

La violence était une réponse pour n'importe qui voulait discuter ou négocier, et pour terminer les forces de l'ordre ont mis feu et brûlé les bagages des réfugiés devant les passagers témoins de cette sauvage intervention. La poursuite derrière ces Subsahariens a duré toute la journée et le soir 25 autres réfugiés ont été arrêtés .

Il faut signaler dans ce rapport que les autorités publiques essayent toujours de publier de fausses infos entre les citoyens pour donner la légalité à leurs interventions, comme dire que ce n'est qu'une bande de criminels et de voleurs et que si quelqu'un les aide il va être poursuivi en justice, ce qui provoque le racisme et la haine.

Et pour avoir plus de détails en ce qui concerne l'âge de ces réfugiés, le sexe, la nationalité, les membres de l'Association Marocaine des Droits Humaines ont contacté la police locale, mais elle était très discrète à  ce sujet. Ce n'est pas la première fois que les autorités emmènent ces Subsahariens et sans aucun jugement vers la frontière marocco-algériénne.
D'autre part, l'AMDH section de Taourirt à contacté des victimes et fait des interviews, qui montrent leurs souffrances du fait des autorités marocaines et la maltraitance puisqu'ils vivent en plein air.
Pour en savoir plus, regardez les vidéos de témoignages.




 
   
 

vendredi 30 décembre 2011

What if We Occupied Language? Et si on occupait le langage ? ¿Y si ocupásemos el lenguaje?

Español  ¿Y si ocupásemos el lenguaje? 
 
By H. SAMY ALIM, The New York Times, December 21, 2011, 8:00 pm
                                                                                      
H. Samy Alim directs the Center for Race, Ethnicity, and Language (CREAL) at Stanford University. His forthcoming book, “Articulate While Black: Barack Obama, Language, and Race in the U.S.,” written with Geneva Smitherman, examines the racial politics of the Obama presidency through a linguistic lens.

H. Samy Alim dirige le centre pour la  race, l’ethnicité et le langage (CREAL) à l’Université Stanford. Son livre à venir Articulate While Black: Barack Obama, Language, and Race in the U.S., co-écrit avec Geneva Smitherman, examine la politique raciale de la présidence Obama sous l’angle linguistique.

When I flew out from the San Francisco airport last October, we crossed above the ports that Occupy Oakland helped shut down, and arrived in Germany to be met by traffic caused by Occupy Berlin protestors. But the movement has not only transformed public space, it has transformed the public discourse as well.
Occupy.
It is now nearly impossible to hear the word and not think of the Occupy movement.
Even as distinguished an expert as the lexicographer and columnist Ben Zimmer admitted as much this week: “occupy,” he said, is the odds-on favorite to be chosen as the American Dialect Society’s Word of the Year.
It has already succeeded in shifting the terms of the debate, taking phrases like “debt-ceiling” and “budget crisis” out of the limelight and putting terms like “inequality” and “greed” squarely in the center. This discursive shift has made it more difficult for Washington to continue to promote the spurious reasons for the financial meltdown and the unequal outcomes it has exposed and further produced.

To most, the irony of a progressive social movement using the term “occupy” to reshape how Americans think about issues of democracy and equality has been clear. After all, it is generally nations, armies and police who occupy, usually by force. And in this, the United States has been a leader. The American government is just now after nine years ending its overt occupation of Iraq, is still entrenched in Afghanistan and is maintaining troops on the ground in dozens of countries worldwide. All this is not to obscure the fact that the United States as we know it came into being by way of an occupation —  a gradual and devastatingly violent one that all but extinguished entire Native American populations across thousands of miles of land.
Yet in a very short time, this movement has dramatically changed how we think about occupation. In early September, “occupy” signaled on-going military incursions. Now it signifies progressive political protest. It’s no longer primarily about force of military power; instead it signifies standing up to injustice, inequality and abuse of power. It’s no longer about simply occupying a space; it’s about transforming that space.
In this sense, Occupy Wall Street has occupied language, has made “occupy” its own. And, importantly, people from diverse ethnicities, cultures and languages have participated in this linguistic occupation — it is distinct from the history of forcible occupation in that it is built to accommodate all, not just the most powerful or violent.
As Geoff Nunberg, the long-time chair of the usage panel for American Heritage Dictionary, and others have explained, the earliest usage of occupy in English that was linked to protest can be traced to English media descriptions of Italian demonstrations in the 1920s, in which workers “occupied” factories until their demands were met. This is a far cry from some of its earlier meanings. In fact, The Oxford English Dictionary tells us that “occupy” once meant “to have sexual intercourse with.” One could imagine what a phrase like “Occupy Wall Street” might have meant back then.
In October, Zimmer, who is also the chair of the American Dialect Society’s New Word Committee, noted on NPR’s “On the Media” that the meaning of occupy has changed  dramatically since its arrival into the English language in the 14th century. “It’s almost always been used as a transitive verb,” Zimmer said. “That’s a verb that takes an object, so you occupy a place or a space. But then it became used as a rallying cry, without an object, just to mean to take part in what are now called the Occupy protests. It’s being used as a modifier — Occupy protest, Occupy movement. So it’s this very flexible word now that’s filling many grammatical slots in the language.”
What if we transformed the meaning of occupy yet again? Specifically, what if we thought of Occupy Language as more than the language of the Occupy movement, and began to think about it as a movement in and of itself? What kinds of issues would Occupy Language address? What would taking language back from its self-appointed “masters” look like?  We might start by looking at these questions from the perspective of race and discrimination, and answer with how to foster fairness and equality in that realm.
Occupy Language might draw inspiration from both the way that the Occupy movement has reshaped definitions of “occupy,” which teaches us that we give words meaning and that discourses are not immutable, and from the way indigenous movements have contested its use, which teaches us to be ever-mindful about how language both empowers and oppresses, unifies and isolates.
For starters, Occupy Language might first look inward. In a recent interview, Julian Padilla of the People of Color Working Group pushed the Occupy movement to examine its linguistic choices:
To occupy means to hold space, and I think a group of anti-capitalists holding space on Wall Street is powerful, but I do wish the NYC movement would change its name to “‘decolonise Wall Street”’ to take into account history, indigenous critiques, people of colour and imperialism… Occupying space is not inherently bad, it’s all about who and how and why. When  white colonizers occupy land, they don’t just sleep there over night, they steal and destroy. When indigenous people occupied Alcatraz Island it was (an act of) protest.
This linguistic change can remind Americans that a majority of the 99 percent has benefited from the occupation of native territories.
Occupy Language might also support the campaign to stop the media from using the word “illegal” to refer to “undocumented” immigrants. From the campaign’s perspective, only inanimate objects and actions are labeled illegal in English; therefore the use of “illegals” to refer to human beings is dehumanizing. The New York Times style book currently asks writers to avoid terms like “illegal alien” and “undocumented,” but says nothing about “illegals.” Yet The Times’ standards editor, Philip B. Corbett, did recently weigh in on this, saying that the term “illegals” has an “unnecessarily pejorative tone” and that “it’s wise to steer clear.”
Pejorative, discriminatory language can have real life consequences. In this case, activists worry about the coincidence of the rise in the use of the term “illegals” and the spike in hate crimes against all Latinos. As difficult as it might be to prove causation here, the National Institute for Latino Policy reports that the F.B.I.’s annual Hate Crime Statistics show that Latinos comprised two thirds of the victims of ethnically motivated hate crimes in 2010. When someone is repeatedly described as something, language has quietly paved the way for violent action.
But Occupy Language should concern itself with more than just the words we use; it should also work towards eliminating language-based racism and discrimination. In the legal system, CNN recently reported that the U.S. Justice Department alleges that Arizona’s infamous Sheriff Joe Arpaio, among other offenses, has discriminated against “Latino inmates with limited English by punishing them and denying critical services.” In education, as linguistic anthropologist Ana Celia Zentella notes, hostility towards those who speak “English with an accent” (Asians, Latinos, and African Americans) continues to be a problem. In housing, The National Fair Housing Alliance has long recognized “accents” as playing a significant role in housing discrimination. On the job market, language-based discrimination intersects with issues of race, ethnicity, class and national origin to make it more difficult for well-qualified applicants with an “accent” to receive equal opportunities.
In the face of such widespread language-based discrimination, Occupy Language can be a critical, progressive linguistic movement that exposes how language is used as a means of social, political and economic control. By occupying language, we can expose how educational, political, and social institutions use language to further marginalize oppressed groups; resist colonizing language practices that elevate certain languages over others; resist attempts to define people with terms rooted in negative stereotypes; and begin to reshape the public discourse about our communities, and about the central role of language in racism and discrimination.
As the global Occupy movement has shown, words can move entire nations of people — even the world — to action. Occupy Language, as a movement, should speak to the power of language to transform how we think about the past, how we act in the present, and how we envision the future.

En octobre dernier, je suis parti de San Francisco en survolant les ports de la côte Ouest paralysés par Occupy Oakland avant d'arriver en Allemagne dans des bouchons provoqués par Occupy Berlin. Aujourd'hui, force est de constater que le mouvement Occupy n'a pas seulement transformé l'espace public, il a également modifié le discours public.

Occupy. Il est pratiquement impossible désormais d'entendre ce mot sans penser aux militants installés dans la rue.

Même le célèbre chroniqueur et lexicographe Ben Zimmer estime que « occupy » a de grandes chances d'être désigné comme mot de l'année par l'American Dialect Society. Ce vocable a déjà réussi à modifier les termes du débat en faisant oublier le "plafond de la dette" ou la "crise budgétaire", qui ont laissé la place à des termes comme "inégalités" et 'avidité".
Ce tournant discursif a rendu plus difficile pour Washington de continuer à mettre en avant les raisons spécieuses à la crise financière et à l’inégalité des revenus auxquelles il a été confronté et qu’il a reproduit.

L'ironie du mot "occuper", pour désigner un courant social progressiste visant à redéfinir le débat autour des notions d'équité et de démocratie, n'aura échappé à personne. Après tout, ce sont généralement les pays, les armées et la police qui occupent des territoires, le plus souvent par la force. En la matière, les USA n'ont d'ailleurs de leçon à recevoir de personne.

Le gouvernement US est en train de mettre fin après 9 ans à son occupation déclarée de l’Irak, tandis qu’il est encore incrusté en Afghanistan et qu’il maintient des troupes sur le terrain dans des dizaines de pays à travers le monde. Et tout cela ne doit pas nous faire oublier que les USA tels que nous les connaissons ont vu le jour par le biais d’une occupation progressive, violente et dévastatrice qui a provoqué l’extinction de la quasi-totalité de la population autochtone américaine sur des milliers de kilomètres.

Mais dans un laps de temps très court, le mouvement Occupy a pourtant radicalement changé notre conception d'une "occupation". Début septembre, « occuper » signifiait procéder à des incursions militaires. Aujourd'hui, il est synonyme de lutte politique progressiste. Occuper, c'est désormais dénoncer les injustices, les inégalités et les abus de pouvoir. Il ne s'agit plus seulement d'occuper un espace mais de le transformer. En ce sens, le mouvement Occupy Wall Street "occupe" littéralement la langue et s’est approprié le mot occuper.
Et ce qui est important, c’est que des gens de diverses origines ethniques, cultures et langues ont participé à cette occupation linguistique, qui distingue ce mot de son sens d’occupation forcée, dans la mesure où il vise à tenir compte de tout le monde et non pas seulement des plus puissants et des plus violents.
Comme Geoff Nunberg, le président émérite du panel d’usagers de l’ American Heritage Dictionary, et d’autres l’ont expliqué, la
première apparition, en anglais, du mot occuper en liaison avec des manifestations de protestation  remonte aux années 1920, dans la description par les médias anglais du mouvement d’occupations d’usines par les ouvriers italiens. Il s'agit d'un usage très éloigné de l'origine du terme. L'Oxford English Dictionary nous apprend en effet qu'occuper signifiait à l'origine "avoir une relation sexuelle". On imagine ce que le slogan Occupy Wall Street aurait alors pu vouloir dire.
En octobre, Zimmer, qui est aussi le président du Comité des nouveaux mots de l’ American Dialect Society, remarquait, dans l’émission “On the Media” du réseau radio NPR que le sens du mot occuper a change dramatiquement depuis son entrée dans la langue anglaise au XIVème siècle : “Il a presque toujours été utilisé comme verbe transitif ” dit Zimmer. “C’est un verbe qui a un objet, on occupe une place ou un espace. Mais ensuite il a été utilisé comme cri de ralliement, sans objet, juste pour signifier qu’on participe à ce qu’on appelle maintenant le mouvement Occupy. Il est utilisé comme modifiant : Occupy protest, Occupy movement.
Aujourd'hui, c'est ce mot très évolutif qui sert à boucher les nombreux trous grammaticaux du discours.


Et si nous changions encore une fois le sens du mot occuper ? Plus précisément, et si nous pensions au "discours du mouvement Occupy" non plus comme au discours tenu par les militants d'Occupy mais comme à un mouvement à part entière ? A quoi s'intéresseraient les "occupants de la langue" ? A quoi pourrait ressembler le fait de reprendre la langue à ses
maîtres autoproclamés ? On pourrait commencer par examiner ces questions du point de vue de la discrimination raciale et trouver des réponses instaurant l’équité et l’égalité dans ce domaine.

Occupy Language pourrait s'inspirer à la fois du mouvement Occupy – qui nous rappelle que les mots ont un sens et qu'une langue n'est jamais statique – et des mouvements autochtones qui en contestent l'usage et nous rappellent que la langue est autant un outil de libération que d'oppression, capable d'unifier autant que d'isoler.

Le mouvement pourrait d'abord réfléchir sur lui-même. Dans un récent entretien, Julian Padilla, du People of Color Working Group (Groupe de travail des gens de couleur), appelait ainsi les militants du mouvement Occupy à examiner leurs choix lexicaux : "Occuper signifie prendre possession d'un espace et je pense que le fait de voir un groupe de militants anticapitalistes prendre possession de l'espace à Wall Street est un symbole puissant. Néanmoins, j'aimerais qu'ils tiennent compte de l'histoire des peuples autochtones, des gens de couleur et de l'impérialisme et qu'ils changent leur nom en "Décoloniser Wall Street". Occuper un espace n'est pas nécessairement négatif, tout dépend de qui le fait, comment et pourquoi. Quand des colonisateurs blancs occupent un pays, ils ne font pas qu'y passer la nuit, ils viennent pour piller et détruire. Quand des descendants de peuples autochtones ont occupé Alcatraz (entre 1969 et 1971), c’était un acte de protestation.
Ce changement linguistique pourrait rappeler aux USaméricains qu’une majorité des 99% ont profité de cette occupation de territoires autochtones. "

Occupy Language pourrait également soutenir la campagne visant à supprimer l'utilisation de l'adjectif illégal en rapport avec les immigrés sans papiers dans les médias. Les partisans de cette interdiction expliquent en effet que l'adjectif illegal ne s'applique en anglais qu'à des actions ou des objets inanimés. L'utilisation du terme illegals (les "illégaux") pour des personnes a ainsi un effet de déshumanisation. Le responsable des normes linguistiques du  New York Times,
Philip B. Corbett est récemment entré dans ce débat, disant que le terme  illegals a « une connotation inutilement péjorative » et qu’il « est sage de l’éviter ».
L'utilisation de termes péjoratifs ou discriminatoires peut avoir des conséquences dans la vie réelle. En l'occurrence, les militants constatent avec inquiétude une coïncidence entre l'emploi de plus en plus répandu du mot illegals et l’augmentation des crimes racistes contre les Latinos  en général. Bien qu’il soit difficile d’établir ici une relation de cause à effet, le National Institute for Latino Policy  rapporte  que les statistiques annuelles sur les crimes inspirés par la haine [raciale, religieuse, sexiste ou autre, NdE] du FBI montrent que les Latinos constituaient les deux tiers des victimes de crimes à motivation ethnique en  2010. Quand quelqu’un est décrit en permanence comme quelque chose, le langage a tranquillement pavé le chemin de l’action violente.
Occupy Language ne devrait toutefois pas seulement s'occuper des mots que nous utilisons, il devrait aussi chercher à éradiquer toute forme de racisme et de discrimination dans la langue.
Dans le système judiciaire, comme l’a rapporté CNN récemment, le ministère de la Justice US allègue que le tristement célèbre Sheriff Joe Arpaio, en Arizona, entre autres délits, a discriminé  “des détenus latinos à l’anglais limité, les punissant et leur refusant des services de base ”. Dans l’éducation, comme le remarque la linguiste Ana Celia Zentella, l’hostilité à l’égard de ceux qui parlent “l’anglais avec un accent” (Asiatiques, Latinos, et Africains-Américains) continue d’être un problème. Dans le logement l’Alliance nationale pour l’équité dans le logement (National Fair Housing Alliance) a depuis longtemps identifié les  “accents” comme un facteur significatif de discrimination. Sur le marché du travail, la discrimination basée sur la langue recoupe les aspects liés aux originales raciales, ethniques, de classe et nationales pour rendre plus difficile l’accès à des opportunités égales à des demandeurs qualifiés avec  “accent”.
Face à une discrimination linguistique aussi répandue, Occupy Langage peut être un mouvement linguistique critique et progressiste, capable de : - dénoncer la manière dont les institutions éducatives, politiques et sociales utilisent le langage pour accroître la marginalisation des groupes opprimés, - résister aux tentatives de définir les gens en de termes enracinés dans des stéréotypes négatifs , et – commencer à remodeler le discours public sur nos communautés, et sur le rôle central du langage dans le racisme et la discrimination.

Le mouvement Occupy a montré que les mots avaient le pouvoir de mobiliser des pays et même le monde entier. En tant que mouvement, Occupy Langage devrait nous parler du pouvoir des mots qui peuvent  transformer notre manière de penser le passé, d'agir dans le présent et d'envisager l'avenir.

Source : Courrier International, complété et édité par Fausto Giudice, Tlaxcala


mercredi 15 septembre 2010

Conférence de soutien aux RROMS et autres gens du voyage le 18 septembre

Animée par Ginette Hess Skandrani
au
Théâtre de la Main d’Or, 15 passage de la Main d’Or
75011 Paris, m° Ledru-Rollin
samedi 18 septembre 2010, 14 heures 30

en première partie, projection du film Liberté, de Tony Gatliff (2010), sur l'odyssée d'un groupe de Rroms pendant l'Occupation

 Notre président, ainsi que son gouvernement sont en train de mener une politique abjecte contre les gens du voyage. Abjecte, car elle est une injure à l'humanité toute entière.

 Les gens du voyage qu'ils soient Tziganes, Manouches, Yéniches ou Gitans, ont autant de droit que les autres citoyens de l’hexaqone, surtout que la majorité d'entre eux ont la nationalité française.
 Les Rroms, que le gouvernement continue à expulser vers la Roumanie sont des Européens et ceci depuis certainement plus longtemps que bien des gens qui les pourchassent.

 Cette attitude envers les gens du voyage nous choque profondément alors que leur musique et leurs danses nous enchantent, que nous adorons tous Django Reinhart, Manitas de Plata ou Chico et les Gypsies, qui sont tous autant gitans que ceux que nous ne tolérons ni sur nos terrains, ni dans nos rues, ni dans nos quartiers et que nous continuons à dénigrer et à humilier. Leurs musiques et leurs danses, leur façon langoureuse de jouer du violon ont animé et continuent à animer bien des soirées en salle ou en plein air.

 Que diriez-vous si nous remplacions gens du voyage par juifs comme cela se faisait avant la deuxième guerre mondiale au moment où ils étaient chassés de partout et mis dans des camps. Vous seriez certainement choqués et nous aussi. Les Tsiganes ont également été
 victimes des nazis et mériteraient qu'on les honore tout autant en leur dressant des stèles et en leur proposant des réparations comme tous ceux qui ont subi un génocide.
 La première des réparation ne serait-elle pas de les accueillir dignement, car les descendants de ceux qui ont subi le génocide nazi ont droit à notre respect.
 Nous demandons que, conformément à la loi les gens du voyage puissent voyager librement d'une région à l'autre sans qu'il leur soit attribué un pass, qu'ils aient des papiers comme tout le monde, qu'ils puissent profiter des aires de repos attribuées dans toutes les villes,
 aménagées et vivables comme décrété par la loi.
 Et surtout nous ne tolérons plus ce racisme envers les gens du voyage que nous apprécions lorsqu'ils sont parmi nous.
 Nous avons contacté des représentants des associations des gens du voyage. J’espère qu’ils seront parmi nous.
 Ginette Hess Skandrani

« Un esprit de liberté » : témoignage
Née en Alsace à une époque très bouleversée, entre un papa communiste et résistant et une maman anarchiste et tout autant résistante, j'ai vécu une enfance extraordinaire et grandi sans m'en rendre compte. Ma prime enfance, sous l’occupation allemande, s'est passée dans une cave. Ma grand-mère maternelle étant à la fois manouche et juive, d’une mère faisant partie des gens du voyage et d’un père juif fils d'un grand propriétaire terrien dans les Vosges, était doublement pourchassée par les nazis.
Mon arrière-grand-mère,  Carolyne Sutter a eu 7 enfants qu’elle a élevé en mendiant et en faisant du troc dans les rues de Chatenois, ayant été abandonnée par son mari qui avait préféré retourner dans le giron familial.
Elle et ses enfants n'avaient jamais été acceptés par la famille juive puisque leur sang était « manouche ».
Tous les  frères et sœurs de ma grand-mère qui n'ont pas réussi à se cacher ou à fuir dans les Vosges ont été déportés. Ils sont tous revenus, mais dans un sale état, surtout celle que j’aimais particulièrement : ma grande-tante Maria. Elle passait son temps à me raconter sa vie aventureuse. Elle vivait de cueillettes, de danses et de chants. Elle était douée pour la médecine des plantes et avait de nombreux clients. Elle dansait aussi quand son mari jouait de l’accordéon dans les fêtes. Ses récits ont bercé mon enfance. Elle avait beaucoup souffert, ayant été enfermée au Struthof puis à Buchenwald. Elle était restée profondément manouche tout en étant sédentaire. Comme elle a été stérilisée, comme beaucoup de femmes tziganes, elle n’a pas eu d’enfants. Toute son affection s’était reportée sur moi. Elle m’emmenait souvent, sans en avertir mes parents, dans un camp manouche qui se trouvait à Logelbach à côté de Colmar. Je m’y amusais avec les gosses manouches, j’aimais leur musique, leurs fêtes, leurs danses. La blondinette que j’étais avait fini par se faire adopter par les autres enfants. C’est ma mère qui a mis le holà car elle n’aimait pas beaucoup cet esprit de liberté qui était déjà bien ancré en moi.
J’ai toujours été attirée par les gens du voyage qu’ils soient Rroms, Manouches, Gitans, Yeniches ou Tsiganes.
Je les ai toujours défendus.
GHS, Septembre 2010

samedi 23 janvier 2010

Le racisme en Italie : Un programme de gouvernement


par le Pr Chems Eddine CHITOUR, Ecole Polytechnique, Alger, 22/1/2010
« Le racisme, le manque de tolérance caché sous l’arrogance, les guerres et leurs conséquences, marquent l’histoire de nos pays. »
Günter Grass, (Prix Nobel de Littérature)

Il ne se passe pas de jours sans que l’on apprenne le destin tragique d’Africains tentés par l’eldorado européen. Comme on le sait, l’une des « réussites » de l’Union européenne c’est de déclarer une guerre sans merci aux candidats malheureux à l’immigration dite « clandestine » dans le jargon occidental. Chacun se rappelle les centaines de morts sans sépulture et les épaves humaines échouées sur les plages de Lampedusa et les plages espagnoles après avoir déjoué les radars sophistiqués du Sive et pu passer dans des « pateras » de fortune. Les rares survivants qui arrivent à accoster rasent les murs et rentrent dans la clandestinité. Pour survivre, ils acceptent de travailler au noir, pour un salaire de misère pour les propriétaires sans état d’âme, sous l’oeil complice des autorités. Cela rappelle l’achat d’esclaves sur les places publiques, ce que faisait un certain Mora le Négrier qui venait enrôler au Maroc des travailleurs pour les mines de charbon du Nord de la France, un tampon vert était synonyme d’acceptation, un rouge de refus.
C’est donc une banalité voire on lasse à force de ressasser une détresse ordinaire, une souffrance muette. La nouveauté nous vient d’Italie, où on nous parle de la chasse à l’homme dans un petit village « tranquille ». Ecoutons Sakho Jimbira en parler : « Après nous avoir une fois de plus gratifié d’un piètre spectacle de racisme, hélas ! devenu ordinaire, à l’encontre d’ouvriers agricoles originaires d’Afrique, l’Italie de Silvio Berlusconi semble persister dans son mépris, désormais assumé, et son racisme, quasi institutionnalisé, contre les immigrés africains. A l’origine de ces nouveaux incidents, des travailleurs immigrés, qui rentraient tranquillement de leur travail, se sont faits sauvagement canarder à la carabine par de jeunes Italiens en voiture. Sérieusement commotionnés, ces ouvriers agricoles ont manifesté leur dépit en brûlant des voitures pour dénoncer les actes racistes dont ils sont régulièrement les cibles. C’est en représailles à cette réaction que la population elle-même a mené de véritables expéditions punitives dans leurs rangs, faisant de nombreux blessés graves. »(1)
L’Italie aussi
« En vérité, pour bien apprécier l’ironie de cette situation, il faut avoir à l’idée les grandes vagues d’immigration de travailleurs italiens tout au long de l’histoire du siècle dernier. Déjà en 1931 la France était l’un des premiers pays d’immigration du monde, avec 2,7 millions d’étrangers pour 42 millions d’habitants, on recensait 808.000 Italiens. La première vague d’immigrants avait quitté l’Italie entre 1871 et la fin du XXe siècle, pour fuir la pauvreté, comme beaucoup d’immigrés africains actuellement. 5 millions d’Italiens immigrèrent dans le Nord de la France et surtout à Marseille, pour y trouver du travail. Cette première vague connut des conditions de vie extrêmement difficiles et la ségrégation dans des ghettos en périphérie des grandes villes comme Paris ou Marseille, sans parler de la promiscuité dans les baraques ouvrières des villes industrielles du Nord, à l’image du sort de beaucoup d’émigrés africains d’aujourd’hui. Ces travailleurs étaient surexploités, acceptant les tâches les plus rudes et des salaires dérisoires, ce qui ne les mettait pas à l’abri de rixes parfois très violentes avec les ouvriers français. (...) Ce racisme anti-italien atteindra son point culminant avec la tragédie d’Aigues-Mortes, le 17 août 1893, qui vit des altercations entre travailleurs italiens et français dégénérer en véritable émeute, durant laquelle la foule excitée poursuivit les Italiens, armée de fourches et de pioches, provoquant un véritable massacre. Mais, ce qui est inquiétant aujourd’hui en 2010, c’est le silence assourdissant des dirigeants européens, notamment de la Cour européenne des Droits de l’homme et des institutions de l’Union, dont l’Italie fait partie. (...) Les gouvernements africains, pourtant bien au fait de la situation de leurs ressortissants en Italie, sont quant à eux restés muets face à ces incidents répétitifs. Or, l’on sait tout le tollé que susciterait ce type de traitement, infligé à des ressortissants européens en terre d’Afrique ! »(1)
« Ces incidents semblent symptomatiques d’un mal beaucoup plus profond, qui ronge l’Italie et que le régime de Berlusconi n’a cessé d’aggraver. Le pays semble véritablement renouer avec ses vieux démons, exhumant de sombres pages de son histoire et actualisant le sinistre legs du Duce. (...) Dirigeant le plus populiste que l’Italie ait connu depuis Mussolini, Berlusconi n’hésite d’ailleurs pas à recourir aux recettes jadis utilisées par son funeste maître, en faisant croire à son peuple que les immigrés sont responsables de tous leurs maux. Rien d’étonnant alors si aujourd’hui dans les rue italiennes, les propos racistes et les actes xénophobes soient entrés dans l’ordinaire du quotidien. » (1)
Qu’est-ce que le racisme qui semble justement sous-tendre toute l’action du gouvernement italien ? Le racisme justement est une idéologie consistant à classifier des groupes naturels humains, désignés souvent sous le terme de races, à partir d’attributs naturels, visibles ou non (physiques, psychiques, culturels, etc.), des caractéristiques morales ou intellectuelles s’appliquant à l’ensemble de ce groupe. Cette idéologie peut entraîner une attitude d’hostilité systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes. Ces actes d’hostilité se traduisent par la discrimination, une forme de xénophobie ou d’ethnocentrisme. Gaston Méry, collaborateur à La Libre Parole, le journal d’Édouard Drumont, est la première personne connue à avoir utilisé le mot « raciste » en 1894. Toutefois, l’adjectif « raciste » et le nom « racisme » s’installent dans le vocabulaire général dans les années 1930.
La question de l’antériorité ou de la postérité du racisme au développement de l’esclavage dans les colonies européennes fait l’objet de nombreux débats. Le consensus s’établit néanmoins au sujet du rôle joué par le développement de l’esclavage sur le durcissement et la diffusion de l’attitude raciale. Le « racisme scientifique », ou « racialisme » (ou « raciologie »), classifie les êtres humains d’après leurs différences morphologiques en application d’une méthode héritée de la zoologie. Les théoriciens du racialisme comptent des personnes tel que Arthur de Gobineau, célèbre pour son traité sur « l’inégalité des races ». La position mixophobe radicale est le corollaire de la construction du mythe de la pureté de la race qui affirme la supériorité des races pures sur les races dites métissées. Les promoteurs du mythe de la race aryenne - Vacher de Lapouge, Chamberlain, et plus tard Adolf Hitler- voient dans la « race germanique » la survivance à l’état pur de la « race indo-européenne ».
La suprématie de la race blanche ou caucasienne est un postulat sur lequel s’accordent très largement les scientifiques et hommes politiques du XIXe siècle. Combiné avec la mission civilisatrice, le suprématisme blanc est un élément fondamental de l’idéologie coloniale. Une fois opérée la conquête, il constitue aussi le principe justificatif des législations opérant des distinctions de droit sur une base raciale. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle les politiciens recourent à l’autorité des scientifiques, pour légitimer leurs décisions. Selon cette conception, la lutte que se livreraient depuis l’origine les différents groupes humains doit conduire à la domination des races les plus aptes et à la disparition inexorable des races inférieures. Après la conquête de l’Algérie par la France, les médecins français, constatant la baisse de la population « indigène », n’y verront que la confirmation d’une extinction prochaine et prévisible de la race arabe, qu’ils considèrent inadaptée aux nouvelles conditions de leur temps. (...) Le succès des zoos humains constitue pour Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire, l’une des modalités de transmission du « racisme scientifique » à une large partie de la population.(2).
« Franchement racistes »
Juste retour des choses ; les Italiens font subir aux immigrés ce que leurs parents ou grands-parents ont subi. S’agissant des « ratonnades » anti-Noirs, pour Alain Morice, anthropologue, « on peut se demander si la mafia locale n’est pas derrière les premières exactions, qui ont déclenché une "chasse à l’immigré" dans le sud de l’Italie, faisant soixante-sept blessés Dans certains pays d’immigration ancienne, comme la France, on se souvient, notamment des Belges recrutés pour la récolte des betteraves dans le nord de la France, ou des Italiens dans la région marseillaise pour le maraîchage, ou encore des Espagnols pour les vendanges. (....) L’idée est toujours que ces étrangers ne doivent pas s’installer durablement car, disent les exploitants, s’ils séjournent à l’année, alors ils deviendront des ´´bras cassés´´ sans ardeur à la tâche et surtout soucieux de toucher les aides sociales. Le racisme est ici un levier de l’exploitation de ces saisonniers migrants. (...) En Italie du Sud, le recrutement se fait surtout de façon informelle, sous le contrôle des mafias locales (par exemple la Ndranghetta, en Calabre), qui ont la haute main sur le système administratif, ce qui garantit une impunité aux employeurs. Recrutés sur des mensonges ou, parce que sans papiers, par peur d’être arrêtés, des Africains et des ressortissants des pays de l’Est sont surexploités et pratiquement emprisonnés, sous la surveillance de capos ("chefs"). »(3)
Dans l’atmosphère délétère des années trente, souvenons-nous des lois raciales, en italien Leggi razziali, qui précisent les mesures prises en Italie vers la fin des années 1930 pendant la période du régime fasciste contre les personnes de religion juive mais aussi d’autres. Benito Mussolini en fait la proclamation le 18 septembre 1938 : « Il est temps que les Italiens se proclament franchement racistes. » Toute l’oeuvre qui jusqu’à présent a fait le régime en Italie est au fond le racisme. Dans les discours du Chef, la référence aux concepts de la race a toujours été très fréquente. Les fondements et les prémisses sont basés sur des considérations scientifiques erronées destinées à établir l’existence de la race italienne et son appartenance au groupe des races aryennes. Le décret royal, loi du 5 septembre 1938 - qui fixe les « mesures pour la défense de la race dans les écoles fascistes »(4).
On l’aura compris, s’agissant de la politique gouvernementale actuelle par rapport à celle de l’Italie fasciste, il n’y a pas de rupture, mais une continuité : l’Italie de 2010 est dans la lignée de celle de 1930. L’Italie n’aura, aucune gêne à adopter des lois drastiques contre les immigrés avec un catalogue des délits. Alain Hubler écrit : « Alors que le Cavaliere capte l’attention des médias grâce à ses frasques tout en slalomant entre les juges et la mafia, l’Italie a connu samedi dernier l’entrée en vigueur de la loi visant à lutter contre l’immigration clandestine et qui en fait un délit. Carrément. Dans le pays des belles et des bonnes choses, le decreto sicurezza met l’Italie à la pointe du racisme européen et la rejette au niveau des Leggi razziali de la fin des années 30. Et je n’exagère pas. Jugez plutôt de son contenu synthétisé par Celestissima. L’étranger qui, violant la loi, "entre ou séjourne sur le territoire italien" sera condamné à une amende allant de 5000 à 10.000 euros (délit de clandestinité). Celui qui louera un bien immobilier à un clandestin encourra une peine de prison allant de 6 mois à 3 ans. Le séjour des clandestins dans les Centres d’identification et d’expulsion (CIE) pourra désormais durer 6 mois. L’obtention du permis de séjour sera soumis à une taxe dont le montant n’est pas encore fixé mais il sera compris entre 80 et 200 euros. L’argent obtenu sera destiné à couvrir les frais de rapatriement des migrants irréguliers. Taxe aussi, de 200 euros, pour qui voudra obtenir la citoyenneté italienne. Mais il y a bien pire : les enfants nés en Italie d’une mère clandestine ne pourront pas être déclarés sur les registres d’état civil. Ils n’auront pas d’identité. Ils seront invisibles. Si la mère n’a pas de passeport elle ne pourra même pas reconnaître son enfant qui deviendra immédiatement adoptable. Ces effroyables mesures s’accompagnent du fichage des sans-abri par la création d’un registre national et de la légalisation des rondes de citoyens destinées à assurer la sécurité des quartiers, mais surtout à traquer et à dénoncer les clandestins. Il semblerait que 60% des Italiens applaudissent ces nouvelles dispositions qui semblent pourtant parfaitement satisfaire aux caractéristiques du fascisme. »(5)

Autre trait marquant de monsieur Berlusconi, son crédo de la supériorité de la civilisation occidentale. On se souvient que le 26 septembre 2001, à Berlin, Silvio Berlusconi a à la fois exalté la « supériorité » du modèle occidental, réclamé que « l’Europe se reconstitue sur la base du christianisme ». Dans Le Figaro du 28 septembre 2001, on rapporte les propos suivants du président du Conseil italien : « On ne peut pas mettre sur le même plan toutes les civilisations. Il faut être conscient de notre supériorité, de la supériorité de la civilisation occidentale. L’Occident continuera à occidentaliser et à s’imposer aux peuples. » On croirait entendre Jules Ferry un autre chantre des races supérieures, « qui ne sont cependant pas valables dans nos colonies (sic) » « A peine, est-il rapporté dans un éditorial du Monde du 29 septembre 2001, commençait-on à oublier la malheureuse formule de George W.Bush appelant à la "croisade" contre le terrorisme qu’un autre dirigeant occidental, Silvio Berlusconi, tenait à son tour des propos inacceptables en affirmant la "supériorité" de la civilisation occidentale, qui tendent à idéaliser les valeurs de l’Occident tout en démonisant celles du reste du monde ; et qui relancent l’idée dangereuse d’un "choc des civilisations" dont le christianisme et l’Islam seraient deux des protagonistes. »
Est-ce que tous les Italiens sont racistes et aussi sûrs qu’ils appartiennent à une civilisation supérieure ? Non !! Cependant, on peut comprendre que la situation sociale se dégradant, les sociétés occidentales se sentant fragilisées, elles se tournent vers le maillon faible, l’allogène, l’étranger qui « mange le pain des Français », aurait dit Fernand Reynaud dans son fameux sketch du "douanier". De ce fait, justement, l’étranger sert de « variable d’ajustement » des politiques sociales du gouvernement pour gagner du temps, garder le pouvoir tout en flattant les pulsions les plus basses de la population. La responsabilité des gouvernants est totale.

1.Sakho Jimbira : Immigration en Italie : Agoravox 14 janvier 2010
2.Racisme : Wikipédia, l’encyclopédie libre.
3.Alain Morice : En Italie, « le racisme est un levier » interview. Claire Ané. Le Monde.fr 11.01.10
4.Lois raciales fascistes. Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.
5.A. Hubler : Le gouvernement italien et le racisme http://www.paperblog.fr/2199860/
L'auteur
Chems Eddine Chitour est professeur de thermodynamique à l’Ecole Polytechnique d’Alger . Il est ingénieur en génie chimique de la même école, ingénieur de l’Institut Algérien et de l’Institut Français du pétrole. Il est titulaire d’un Doctorat-Ingénieur de l’Université d’Alger et d’un Doctorat es-Sciences de l’Université Jean Monnet de l’Académie de Lyon (France). Il a été professeur associé à l’Ecole d’Ingénieurs de génie chimique de Toulouse. Le professeur Chitour a fait soutenir plusieurs dizaines de thèses de magister et de doctorat es sciences. Il est l'auteur d’une centaine de publications et de communications scientifiques. Il a, enfin, rédigé plusieurs ouvrages dans le cadre de ses enseignements de chimie physique et de raffinage. Par ailleurs, le professeur Chitour a publié des ouvrages sur l’Energie et les enjeux géostratégiques. Enfin, en pédagogue, il tente d’expliquer l’histoire et les mutations du monde. A ce titre, il a écrit plusieurs essais sur l’histoire de l’Algérie, l’éducation et la culture, la mondialisation, les défis de l’Islam et l’émigration.
Bibliographie :
 1- Algérie, le passé revisité (Essai) - Casbah Editions, Alger, ISBN : 9961641000, 1998 || 2- L'islam et l’Occident chrétien, pour une quête de la tolérance (Histoire) - Casbah Editions, Alger, 2001 || 3- Mondialisation, l’espérance ou le chaos (Essai) - Editions ANEP, Alger, 2002 || 4- Sciences, foi et désenchantement du monde (Essai) - Editions OPU, Alger, 2003