lundi 21 juillet 2008

Pour les 18 de Marrakech

لائحة بأسماء الطلاب المعتقلين بسجن بولمهارز بمراكش
وهم مضربين عن الطعام منذ 11 حزيران / يونيه 2008
Les noms des 18 étudiants détenus à la prison Boulmehraz de Marrakech en grève de la faim depuis le 11 Juin 2008



زهرة بودكور Zahra Bodkor



علاء الدربالي
Aalae Edarbali


مراد الشويني
Mourad Chouini

عثمان الشويني
Othman Chouini


يوسف مشدوفي
Youssef Machdoufi


محمد جميلي
Mohamed Jamily


محمد العربي جدي
Mohamed Laarbi Jadi


خالد مفتاح
Khalid Miftah

جلال القطبي
Jalal Kotbi


يونس السالمYounis Salmi



عبد الله الراشدي
Abdallah Errachidi



يوسف العلوي
Youssef Elalaoui



حفيظ الحافظي
Hafid Elhafdhi



منصور غريدو
Mansour Ghridou



رضوان الزبيري
Redouane Ezzobairy



الادريسي هشام
Hicham Eldrissi



الادريسي محمد
Mohamed Eldrissi



احساين ناصر
Hussein Nasr





Students in Marrakech, Cadi Ayyad University – May 14, 2008
































Comité national de soutien aux détenus politiques
http://tadamoun18.blogspot.com/


AMDH Maroc
Pétition pour sauver la vie et libérer les étudiants en grève de faim à la prison de Marrakech.
Nous, signataires ci-dessous, demandons aux instances de nos pays, au Parlement Européen d’intervenir urgemment pour sauver la vie des étudiants détenus, dans leur quatrième semaine de la grève de la faim, à la prison de Bou Lamharaz de Marrakech.
Ces jeunes étudiants au nombre de 18, dont une jeune fille, n´ont fait, dans le cadre de leur syndicat d´étudiants l’UNEM, que manifester et revendiquer des meilleures conditions estudiantines. C´est l´exercice de leurs droits à l´expression, reconnu par les chartes internationales des droits de l´Homme.
Notre appel est motivé par le principe d´Assistance à Personnes en Danger !
Cette pétition sera remise à la Commission européenne, au Parlement Belge et au Parlement Européen.

التوقيع على العريضه!
Signez la pétition !Firme la petición!Sign the petition!Unterschreiben Sie die Petition!Firmate la petizione!Assine a petição!Skriv på protestlistan!Συνδεθείτε με την αναφορά!
Envoyez vos signatures de solidarité (Avec Noms & Prénoms, Pays et Qualité) à etudiants.detenus.marrakech@gmail.com

samedi 19 juillet 2008

La Fin d'Israël

Un article prophétique du regretté Abdul-Wahhâb El-Messiri (mort le 2 juillet 2008) de septembre 2006
Le 17 août 2006, pendant la sixième guerre arabo-israélienne, alors que les avions israéliens bombardaient les villes, les villages et l’infrastructure libanais, et faisaient couler le sang des civils, le journal Maariv a publié un article rédigé par le journaliste Yonatan Shem, et intitulé : « Tel Aviv a été fondé en 1909, et en 2009 elle se transformera en ruines ». On lit dans l’article que « il y a cent ans on a construit la première ville hébreue, et après cent ans d’isolement, elle est condamnée ». Qu’est ce qui pousse cet écrivain à parler de la fin, la fin d’Israël, alors que la force militaire israélienne vient d’atteindre son apogée, et que le soutien usaméricain, politique, financier et militaire, à cet État, a dépassé toutes les limites et franchi toutes les lignes rouges ? Comment expliquer cette situation ?

vendredi 18 juillet 2008

Gestapo d’Aéroport

Comment la liste des interdits de vol de Bush met les Usaméricains en danger
par Paul Craig ROBERTS
Les plans et projets du régime Bush pour la protection contre les «terroristes» ont atteint des sommets d’absolue d’incompétence et d'absurdité totale. Selon l'American Civil Liberties Union, une organisation privée qui défend la Constitution US que les Usaméricains inattentifs négligent, il y a maintenant un million de noms sur la liste de surveillance des "terroristes".

Un échange égal


Entre l'arrogant Israël et ses voisins, considérés et traités comme ennemis, c'en est fini de l'échange inégal. Le Hezbollah a su imposer un échange qui remet les choses à l'endroit : deux cercueils contre 5 hommes vivants et 200 cercueils. Espérons que le Hamas saura tirer des enseignements de la négociation brillamment menée par le Hezbollah pour monnayer le soldat Gilad Shalit à son juste prix. Et qu'il saura avant tout écarter tout parrain de la négociation. Dans de tels échanges, il vaut mieux tenir à l'écart les Sarkozy et les Kouchner si on ne peut pas courir droit à une catastrophe, comme le montre l'exemple colombien.

Lisez deux points de vue sur cet échange historique :

Joyeux Anniversaire, Tonton Nelson !!

Le terroriste que j'aime ....

Joyeux Anniversaire, Tonton Nelson !!

puisses-tu vivre encore 90 ans
on t'a appelé
le Président et le Héros national
de la dernière décennie.

Mais avant çà,
pendant un quart de siècle
on t'appelait "terroriste"

Joyeux Anniversaire, Tonton Nelson !!
pour moi, tu restes toujours un terroriste
et c'est pour ça
que je t'aimais
et t'aime toujours.

Raja Chemayel
+
Sherlock Hommos
+
Moustafa Roosenbloom

Dans la Colombie d'Uribe, la mort d'un communiste est un banal fait divers

Guillermo Rivera Fúquene a été assassiné.
C’est, dans la Colombie d’Alvaro Uribe et de sa politique de « sécurité démocratique » proclamée en 2002, un banal fait divers, dont vous ne trouverez aucune trace dans votre journal habituel : un homme disparaît un beau matin en pleine capitale, après avoir conduit sa fille à l’autocar scolaire. Sa famille, ses amis, ses collègues, ses camarades remuent ciel et terre pour le retrouver. En vain. Puis on le retrouve 86 jours plus tard, dans une tombe anonyme à 125 kilomètres de l’endroit où il vivait.
Selon les premiers éléments de l’enquête, Guillermo Rivera Fúquene a été assassiné et enterré sous X. le 28 avril dernier, six jours après son enlèvement dans le quartier d’El Tunal à Bogotá. Un témoin qui a préféré rester anonyme et ne pas déposer devant le procureur chargé de l’enquête a dit avoir vu une patrouille de police interpeller Rivera et partir avec lui. Des bandes de caméras vidéo de surveillance montrent une forte présence policière dans le quartier et au moment où il a disparu.
Guillermo Rivera avait 52 ans. Cet économiste travaillait depuis longtemps aux services du Contrôle financier*de la capitale et il était président du Syndicat des services publics de Bogotá (SINSERPUB). Il avait été actif dans la campagne contre le référendum de 2003 qui visait entre autres à la disparition de cet équivalent colombien de la Cour des Comptes. Rivera était aussi président de la junte d’action communale du quartier San Vicente de la localité de Tunjuelito, président du syndicat de copropriétaires de la résidence où il vivait et…militant politique.Rivera était un communiste. Membre du Parti communiste colombien depuis


plus de vingt ans, il militait au sein du Pole démocratique alternatif créé par le parti avec des sans-parti. Dans sa jeunesse, il avait été assesseur de conseillers municipaux élus de l’Union patriotique, ce mouvement né dans l’euphorie de « l’ouverture » lancée en 1984 par le président Betancourt , qui avait conduit des guérilleros des FARC à rentrer dans le jeu politique électoral. Cette aventure coûta cher à la gauche colombienne, qui eut 5 000 morts dans les années 80. Un vrai bain de sang.

Les proches et camarades de Rivera ont créé bien sûr un Comité dès la fin avril pour réclamer que la justice enquête sur cette disparition. Ils ont manifesté, fait des délégations, déposé des demandes d’habeas corpus (bien sûr rejetées).
Cela n’a servi à rien. Le 15 juillet, le corps de Guillermo Rivera Fúquene a été retrouvé dans un cimetière d’Ibagué. Loin de Bogotá, loin d’El Tunal où sa femme Sonia et ses deux filles savent que Guillermo ne rentrera plus à la maison.

*La Contraloría General de la República de Colombia a été créée en 1923, en remplacement de la Cour des Comptes, sur recommandation de la mission d’experts US dirigée par l’économiste de Princeton
Edwin Walter Kemmerer, à la demande du gouvernement colombien qui estimait avoir besoin d’aide pour savoir comment gérer le paiement par les USA de la perte de Panamá. Devenue une institution constitutionnelle en 1945, la Contraloría est aujourd’hui un organisme autonome et indépendant dont la fonction est de surveiller la gestion des revenus fiscaux de l’État et, plus généralement, la gestion de tous les fonds publics. Un des volets du référendum « pot-pourri » d’octobre 2003 concernait la suppression de cet organisme, mais Uribe connut un échec, puisque moins des 25% d’électeurs requis répondirent à son appel à voter.

Fausto Giudice, rédacteur de Basta !
La session finale du Tribunal permanent des peuples sur la Colombie a lieu du 21 au 23 Juillet à Bogotá. Lire ici

jeudi 17 juillet 2008

L’œil résiste au scalpel ou la leçon de Sidi Ifni

par Violette Daguerre, 17 juillet 2008. Traduit par Tafsut Aït Baamrane, Tlaxcala
قراءة هذه المادة باللغه العربية!
عين تقاوم المخرز : درس سيدي افني

Violette Daguerre a été observatrice au second procès de Brahim Sbaâ Ellil à Rabat.

Le Tribunal de première instance de Rabat a rendu des jugements iniques les 10 et 11 juillet à l’encontre de Brahim Sbaâ Ellil, président de la section de Sidi Ifni du Centre marocain des droits humains et de Hassan Rachidi, directeur du bureau d’Al Jazira à Rabat, pour diffusion de fausses informations. Le premier a été condamné à six mois de prison ferme et à une amende. Le second a été condamné à 50 000 dirhams (5 000 €) d’amende.
Les avocats des prévenus, soutenus par les défenseurs des droits humains qui avaient manifesté leur solidarité, ont décidé de faire appel de ce jugement insensé, pris en application de l’article 42 du Code de la presse, qui ne repose sur aucun élément tangible et sur aucune enquête sur les événements du 7 juin 2008 à Sidi Ifni.




Brahim Sbaâ Ellil (à dr.) avec l'un de ses avocats, Brahim Albaamrani & Hassan Rachidi

Al Jazira a été ciblée pour avoir diffusé ces informations, que Sbaâ Ellil n’a pas été le seul à donner, mais de nombreux autres journaux et agences de presse les ont reprises.
Le but de toute l’opération est de porter atteinte à la liberté d’expression, face à laquelle le pouvoir commence à perdre patience. On a déjà connu cela au Maroc : le même juge Mohamed Alaoui du même tribunal de Rabat a déjà condamné d’autres journalistes à des peines diversifiées, et on attend le résultat des appels. Le journaliste Ali Mrabet, directeur du magazine Douman/Demain, a été condamné il y a quelques années à 4 ans de prison ferme et à l’interdiction de pratique professionnelle pendant 10 ans. Grâcié par le roi, il a préféré partir en Espagne. Même chose pour le directeur du Journal Hebdo, Aboubakr Al Jamai, condamné en 2007 à une amende de 3,5 millions de dirhams (350 000€). Il a été contraint de démissionner et de s’enfuir aux USA.
Le directeur du journal Al Ousboua (La Semaine), Mustapha El Alaoui, doyen des journalistes marocains, a, lui, été condamné, à une amende de 17 000 €.
Mais le record a été atteint par le directeur du quotidien Al Massae (Le Soir), Rachid Niniy, condamné pour offense aux Procureurs du Roi à 516 000 € d’amende.
Des organisations arabes et internationales de défense des droits humains, qui avaient envoyé des observateurs assister au procès, ont publié une lettre ouverte au président du Tribunal de Rabat avant le procès, lui demandant d’arrêter les poursuites à l’encontre des prévenus et de reporter le procès, afin que tous les éléments du dossier soient réunis et que l’enquête sur les événements du 7 juin soit complétée, et les avocats ont réitéré cette demande à l’ouverture de l’audience du 4 juillet, qui a duré 10 heures. Ils ont ainsi marqué de manière très efficace et professionnelle leur souci de défendre non seulement leurs clients mais aussi l’indépendance et la réputation de la justice.
Mais le verdict est tombé après le refus du tribunal d’entendre les témoignages des victimes de la répression du 7 juin et de personnalités des secteurs des droits humains et de l’information, qui ont soit publié des informations soit participé à des enquêtes sur les événements du 7 juin ; parmi elles, ATTAC Maroc, l’AMDH, l’OMDH et la Ligue amazighe des droits de l’homme. Le juge El Alaoui a aussi refusé de convoquer la Commission d’enquête parlementaire ainsi que celle du Parti Justice et développement (PJD), bien que celles-ci aient été le fruit de décisions politiques..
Il a aussi a refusé de convoquer des hauts responsables ayant joué un rôle-clé dans les événements et ayant même fait des déclarations aux médias, par exemple le ministre de l'Intérieur Chakib Benmoussa, le gouverneur de Tiznit et l'Inspecteur général des Forces auxiliaires, le général Hamidou Laânigri et d'autres responsables.
Mais l’affaire était jugée d’avance : les juges avaient reçu l’ordre de laisser un peu de temps pour l’ opération, mais à condition que le jugement rendu soit dans l’intérêt du gouvernement et non des victimes. Les avocats de la défense se sont donc retirés de la salle d’audience pour protester contre le refus du juge de tenir compte de leurs demandes et arguments.
La lettre évoquée plus haut rappelle que Brahim Sbaâ Ellil était absent à la première audience du 1er juillet, étant détenu à la prison central de Rabat-Salé, où il avait été conduit le du 27 juin immédiatement après la conférence de presse du CMDH. Il a été conduit à la seconde audience du 4 juillet, menottes aux mains, et il a confirmé que tout ce qu’il avait déclaré aux médias relevait de son activité et de ses convictions de défenseur des droits humains, outre le fait qu’il était lui-même de Sidi Ifni Aït Baamrane et ne pouvait qu’être concerné par l’offensive militaro-policière contre sa ville et son quartier. Il a dit être prêt à payer le prix de ses convictions.
L'essentiel des interventions de la défense de Sbaâ Ellil a tourné autour de l’argument que le procès n'avait pas de base juridique, et qu’i reposait sur des charges fabriquées. Les avocats ont mis en garde : attention que ça ne soit pas un règlement de compte entre l’État et les Aït Baamrane. En effet, Sbaâ Ellil aurait du être jugé dans la juridiction de Tiznit et de la Cour d’Appel d’Agadir.
La première audience a été fixée au 1er juillet, soit à peine 72 heures après l’arrestation de Sbaâ Ellil, malgré le refus des avocats qui voulaient avoir plus de temps pour étudier le dossier. Le juge a refusé d’entendre le moindre témoin sur les événements du samedi noir afin de mettre au clair les questions du nombre de morts, de viols et d’abus et de déterminer si les informations données par Sbaâ Ellil et reprises par Al Jazira – qui ont motivé les inculpations - étaient correctes ou non.
Le juge a brandi en fin d’audience un CD-ROM – disant : "Voilà la preuve" - mais sans jamais permettre à la défense de prendre connaissance de son contenu.
En plus, la défense a soulevé le contournement de la loi opéré par la justice : Sbaâ Ellil a été inculpé deux fois, dans deux procédures distinctes, pour les mêmes faits, ce que la loi exclut.
A été également démontrée l’incompétence du tribunal à juger le directeur du bureau régional d’Al Jazira pour les faits qui lui étaient reprochés – diffusion de fausses informations – puisqu’il n’était pas responsable de cette diffusion, et le procureur n’est d’ailleurs pas parvenu à prouver le contraire.
Tout en étant conscients du caractère politique de ce procès, les avocats et les défenseurs des droits humains ont tout fait pour permettre à la justice de se montrer équitable et indépendante par rapport au pouvoir exécutif, pour l’amener à prendre ses distances par rapport aux manœuvres de l’appareil policier, qui la manipule comme il veut. Ceci afin de maintenir une soupape de sécurité dans les relations entre l'État et la société.
Depuis la promulgation de la loi contre le terrorisme, qui restreint les libertés et droits fondamentaux, le Maroc a connu un grave retour en arrière, après quelques années d’améliorations dans le domaine de la justice, de l’information et des droits de l’homme. Avec le
Code de la presse, on liquide le peu d’espace de liberté grignoté par les chaînes satellitaires. Les médias passent désormais sous le contrôle de l'appareil de sécurité.

Les causes qui ont été à l’origine de ces procès sont toujours là, même si on parle moins de la situation dans cette ville sinistrée, et ce sont elles qui expliquent ces procès.
Tout à coup, après le complot du silence qui s’était abattu sur cette ville martyr, la ténacité de ses habitants a braqué à nouveau les regards sur Sidi Ifni, qui a reçu des caravanes de solidarité, des délégations de comités populaires et parlementaires créés pour établir la vérité, des associations de droits de l'homme et des partis politiques. Ceci bien que beaucoup de familles de Sidi Ifni aient quitté la ville par crainte de poursuites sécuritaires. De nombreux jeunes ont quitté leurs foyers, dont quelques-uns se sont réfugiés dans les montagnes environnantes, de crainte d'être arrêtés. Les manifestations pacifiques de protestation de la population continuent ainsi que les poursuites policières; à ce jour 12 militants ont été arrêtés.
Les autorités sont excédées par les "fauteurs de troubles" qui n'ont pas arrêté leurs protestations tant que les promesses dont on les a abreuvés ne sont pas tenues. La ville a eu à payer pour son refus d’obéir aux autorités ; le prix de son défi a été la répression en pleine nuit, les intrusions dans les domiciles, les coups, les vols, les viols et les atteintes à la pudeur et à la dignité. Ils ont utilisé des matraques, des balles et des gaz lacrymogènes, ils ont giflé, donné des coups de pied, violé, proféré des injures, notamment raciales. Cette répression a frappé des gens qui n’étaient pas impliqués au départ dans les protestations, pris malgré eux dans la tourmente. Un des témoins de ces événements a dit qu’il n’avait vu de telles scènes qu’à la télévision, dans des reportages des territoires occupés palestiniens livrés aux colons et à l’armée sionistes et qu’il n’aurait jamais pensé que cela pourrait arriver dans son pays, de la part de policiers compatriotes.
Tout cela parce que les enfants de Sidi Ifni ont décidé durant une semaine de manifester et de bloquer l’accès au port de leur ville, pour mettre un terme au pillage de leurs richesses, notamment halieutiques. La goutte qui a fait déborder le vase a été l’annonce des résultats du tirage au sort de 8 candidats à un emploi sur mille pour des emplois d’éboueurs. Un immense sentiment de frustration a provoqué la rébellion et la protestation a entraîné toute la population, qui s’est organisée et structurée autour de revendications spécifiques et claires.
Malgré le caractère sacré du corps et leur pudeur, les femmes ont osé témoigner devant l’opinion publique, notamment par le biais de l'Internet, de ce qu’elles ont subi comme humiliations, profanations, viols et atteintes à leur dignité. Divers rapports ont établi des viols, des témoins ont dit avoir vu des morts à plusieurs endroits. L’association ATTAC Maroc a indiqué dans son rapport après l'enquête menée sur les événements de Sidi Ifni avoir eu connaissance de 3 cas de viol au moins, en donnant des preuves, des noms et des prénoms.
Mais pour chaque règle il y a des exceptions.
Une association locale (l’OMDH, NdT) soutenue par une association internationale (la FIDH, NdT), a dit, par la voix de sa présidente, qu’il n’y avait eu ni morts ni viols de femmes à Sidi Ifni.
Ce qui est catastrophique, c’est que ces propos émanent d’une femme qui défend les droits de l’homme. Or, la caractérisation du crime de viol n’implique pas nécessairement la pénétration sexuelle. Cela a été même reconnu par l’institution la moins soucieuse de droits de l’homme des Nations unies, le Conseil de sécurité. Mais comment peut-on expliquer l’existence de témoignages sur des cas de viol et de violences sexuelles, dans une société où il n’est pas facile pour une femme de parler de ce genre de choses ?
Si le juge avait accepté de faire comparaître les témoins présentés par la défense, peut-être aurait-on pu avoir confirmation d’une réalité niée par les officiels, en se fondants sur des preuves et non sur des approximations.
Après Harbil / Marrakech et Beni Samim, Sefrou, Khenifra, Tanger et Boumal Ndadès, le tour est venu pour une petite ville marginalisée du sud du Maroc d’être mise sous le feu des projecteurs par le soulèvement de ses jeunes contre la frustration et le chômage, le pillage, la répression et la marginalisation économique et administrative. Leurs revendications : la création d’emplois et l'accès à des services gratuits améliorés pour une population qui est privée d’eau courante, d’écoles et de dispensaires dignes de ce nom.
Privés de tout, bafoués dans leur dignité et leur honneur, ils ont vu les prédateurs voler les terres, le sable et la mer, avec tout ce qu’elle contient. Peut-on leur reprocher de ne plus faire confiance à aucun parti politique et de ne compter que sur eux-mêmes et sur quelques ONG ?L’enjeu est immense et les associations de droits de l’homme ne doivent pas trahir la confiance mise en elles en se laissant instrumentaliser par les autorités ou par les dirigeants des partis politiques pour publier des rapports complaisants. Il faut éviter que certains d’entre eux viennent un jour dire : «oh, il n’y avait pas besoin de protester », ou « il fallait un peu de patience et de prudence » pour « protéger les institutions publiques » et la fluidité des "investissements étrangers" etc.
Est-ce parce qu’au Maroc, il y a une société civile active et une presse indépendante et dynamique que les autorités veulent en finir ? Est-ce que parmi ceux qui, dans le système sécuritaire, ont été éduqués à la violence, il ne se trouve personne pour dire non, quitte à risquer son poste, et sauver la dignité de l’homme marocain ?
Sans une justice impartiale et indépendante du pouvoir exécutif, que peuvent les lois les plus avancées? Existe-t-il des garanties dans une telle situation, que la loi soit appliquée pour engager des poursuites contre des responsables, quand ils commettent des crimes? Est-ce que le Maroc qui vit comme d’autres pays une hausse vertigineuse des prix, la dilapidation des fonds publics et la corruption endémique dans toutes ses institutions, restera à l'abri de la montée des tensions sociales et de la désintégration de la paix sociale? Qu’attendent les régimes qui font subir à leurs peuples l'humiliation, la pauvreté et la marginalisation d’autre que protestations, révoltes et soulèvements contre leur situation ?
La prise de conscience du mouvement de protestation et sa grande capacité à garder le secret, à s’organiser et à surprendre a montré, après des années de manifestations, de sit-in, de grèves de la faim, que l’on peut compter sur les forces populaires et pas seulement sur les élites, sur l’instinct populaire et ses formes d'organisation, sur le renouvellement constant de ses actions, à l’écart de diktats venus d’en haut.
Le mouvement des chômeurs a démontré sa capacité à s’organiser et à réaliser certaines revendications par sa ténacité, sa crédibilité, sa solidarité et la confiance mise en lui par la population. Il s’agit d’un travail sur le terrain entre les fils de la nation forts de leur détermination et de leur bon droit, loin des réunions et conférences, des slogans creux, des mouvements saisonniers et des demandes d’aumônes. Ils croient que leur pays a des richesses non seulement naturelles mais humaines ; ils ne veulent pas que cette richesse humaine parte dans les bateaux de la mort et ils ne veulent pas vendre leur force de travail pour des salaires dérisoires.
Le scénario de Sidi Ifni préfigure ce qui est à venir dans ces pays et dans d’autres pays dont on n’entend pas parler en raison du black-out sur les moyens de communication avec le reste du monde. Ces moyens sont divers et je ne m’aventurerai pas à les recenser de peur d’en oublier. C’est aussi une répétition de ce qui s’est passé dans d’autres pays arabes, comme Mahalla Al Koubra en Égypte ou dans le bassin minier de Gafsa en Tunisie. Alors qu’on assiste à un retour progressif au calme à Mahalla, il est notoire que la population du bassin de Gafsa continue à être prise au piège par les forces de sécurité et l'armée, surtout depuis le 6 Juin, où l’on a tiré à balles réelles sur les citoyens et on a lancé une série d'arrestations contre les dirigeants du mouvement de protestation et la jeunesse de la région. Ils subissent les tortures et mauvais traitements, les arrestations arbitraires, les perquisitions et les procès inéquitables. Ici aussi, les solutions sécuritaires ont été la seule réponse trouvée par les autorité face aux protestations et aux mouvements de solidarité, alors que règnent le chômage, l'exploitation, le népotisme et la bureaucratie dans le tissu social, institutionnel et administratif de la région comme du reste du pays.
Le jugement des fonctionnaires responsables de crimes est une bataille cruciale que la société civile doit affronter pour arrêter les violations flagrantes des droits de l'homme. L’exemple est donné par l'Association marocaine pour les droits de l'homme, qui a déposé une plainte en juin 2007 contre Hamidou Laânigri, accusé d'être impliqué dans des violations flagrantes des droits de l'homme dans les années de plomb, bien que le ministère public ait classé le dossier au lieu de procéder de manière indépendante et impartiale.

D'autres plaintes ont été déposées par les chômeurs et leurs familles, victimes du samedi noir de Sidi Ifni, et par la Coalition pour la défense de la liberté contre le général Benslimane, qui a échappé plus d'une fois à des poursuites. D'autant plus que son nom a été associé à la pratique de la torture avec la CIA contre des suspects de terrorisme, comme l’affirme Driss Oueld Kabla (directeur de l’hebdomadaire Al Mechaal, NdT), et qu’une commission du Congrès US a exigé des poursuites contre lui. On est sûr que Rabat a accueilli des avions de la CIA opérant des « transferts extraordinaires » plus d'une fois entre 2002 et début 2005.
Par conséquent, beaucoup de gens pensent que si le système judiciaire marocain persiste à refuser de convoquer certaines personnes influentes et des responsables de la sécurité pour ce qui s'est passé à Sidi Ifni et ailleurs, la commission d’enquête parlementaire n’apportera rien de nouveau. Le résultat en sera un boycott des élections et la formation d'un déséquilibre dans la stabilité de ce pays qui avait fait des progrès par rapport à d'autres dans le domaine des droits de l'homme. Des juristes et des démocrates marocains vivant en France envisagent de former un comité pour demander des poursuites contre les responsables des violations qui ont eu lieu à Sidi Ifni, au motif que l'État marocain s'est engagé vis-à-vis de la communauté internationale à respecter les droits de l'homme et à ne pas permettre la répétition de ce qui s'est passé pendant les années de plomb.
En plus de la tyrannie de ces fléaux, le peuple marocain comme d’autres, vit au rythme des augmentations des prix du pétrole et du gasoil, qui se reflètent sur les prix des denrées alimentaires qui ont récemment augmenté. Cela va augmenter la pression dans la cocotte-minute sociale, ce qui va à son tour déclencher une vague de colère populaire et de protestations. Si la situation devient critique, l’approche sécuritaire traditionnelle ne résoudra rien, pas plus que le noyautage des syndicats et les subventions aux produits de première nécessité.
Un cri d’alerte est lancé par le monde ces dernières années, du fait de la situation sociale et des crises économiques et environnementales. Le prix du pétrole ne cesse d’augmenter, ainsi que la demande de carburants et d’agrocarburants. Cela se traduit par une augmentation spectaculaire des prix des céréales et une crise sur les marchés des matières premières. Cela s’accompagne d’une baisse des ressources maritimes sous l’effet de serre et la pollution, des changements dans les volumes de ces richesses d'une région à l'autre en raison des fluctuations climatiques. Ce qui affecte la vie de centaines de millions de personnes vivant des ressources maritimes. Celai conduira inévitablement à des soulèvements de la faim, qui ravagera surtout les pays pauvres à cause de la sécheresse, de inondations et des migrations de masse.
La canicule de l'été 2003 en Europe et le cyclone Katrina qui a balayé les USA en 2005 et a détruit ce qu’il a détruit ont mis la puce à l’oreille des autres pays industrialisés qui ont compris qu’ils n’étaient pas à l'abri de la colère de la nature, qui coûte cher aux États. Toutefois, il est certain que les changements climatiques affecteront plus les pays en voie de développement, qui n'ont pas de moyens suffisants pour affronter ces catastrophes et leurs effets. Ce déséquilibre va se renforcer et fera monter la tension : il y aura de nouvelles migrations des pays pauvres vers les pays industrialisés et développés. Ce qu’on appelle la migration climatique exige la solidarité et une plus grande interaction entre les pays pour faire face à ce type de catastrophes. Selon un spécialiste des sciences climatiques, Mohammed Saïd Karok, les pays méditerranéens connaissent une augmentation remarquable de leurs températures et une forte diminution de pluviosité due au déplacement des tempêtes du sud vers le nord. Les surfaces arides vont s’étendre et la température va s’élever au printemps et en été.
Face à une telle situation inextricable, il n’y a pas d’autre choix que la résistance civile et l’invention de nouvelles formes de lutte, quel qu’en soit le prix.
Dans cette situation critique, chaque individu doit être responsable de son existence et des conditions de sa société sans compter sur les autres. Alors que les politiques internationales ont causé les crises et les politiques nationales ont démontré leur échec, les gros poissons non-gouvernementaux déploient une stratégie visant à blanchir leur image et à se rapprocher des centres financiers de pouvoir plutôt que d’apporter leur soutien aux opprimés et aux démunis.
Aujourd'hui, on voit les dirigeants arabes se précipiter pour participer à l’Union pour la Méditerranée, qui vise à la domination occidentale et à l'exploitation des richesses des pays arabes et à faciliter la poursuite du soutien des USA et de l’Europe à l'entité sioniste. Au lieu de travailler à la construction de l'Union du Maghreb arabe et au renforcement de la Ligue arabe, à réaliser l'intégration économique et la croissance et assurer la sécurité, la stabilité et la paix dans les pays arabes et à affronter les projets impérialistes et sionistes.
Mais pour cela, encore faudrait-il qu’ils soient unis et non pas dispersés comme ils le sont aujourd'hui.

Sur l’auteure

lundi 14 juillet 2008

Alors, on la prend quand, cette foutue Bastille ?

Signez la pétition
"L’honneur perdu d’Edwige"!


Avec M. Sarkozy, et son videur de boîte de nuit Hortefeux, nous commençons à avoir l’habitude de perdre tout ce à quoi on tenait. On gagne moins en travaillant plus, on fait des centrales nucléaires comme suite du Grenelle de l’environnement, on remplace le faire par la communication sur le faire, et on propose le karcher comme solution au problème des banlieues.
On a tout accepté plus ou moins de bon coeur, nous ne sommes pas rancuniers, on s’est laissé faire avec docilité... Mais maintenant, nous disons HALTE. Parce que TROP, C’EST TROP !
Voilà que M. Sarkozy, premier flic de France, propose un pas de plus dans l’indignité, dans la honte : un nouveau fichier pour ficher des innocents... au cas où. Et ceci dès l’âge de 13 ans. Tout ceci à vrai dire, bien que gênant, ne serait pas si grave que cela, s’il n’avait pas commis l’irréparable : il a appelé ce fichier EDVIGE. Alors là, nous disons NON.
Nous appelons toutes les Edwige de France à se révolter contre cet attentat à leur honneur. Nous qui lançons cet appel, pouvons attester de beaucoup d’Edwige connues de nous, qui n’ont rien à voir avec un fichier policier à la Guantanamo. C’est pourquoi nous appelons à un double sursaut citoyen. D’une part, que toutes les citoyennes honnêtes de ce pays qui portent le magnifique prénom d’Edwige signent cet appel, en défense de leur honneur. D’autre part, que toutes les personnes qui, à l’instar des premiers signataires de cet appel, sont à leurs moments perdus, et dans des activités plus ou moins avouables, eux aussi, des Edwige, signent cet appel contre l’honneur perdu d’Edwige.
Rappel :
Un décret publié le 1er juillet 2008 au Journal officiel institue un nouveau fichier dénommé EDVIGE, organisant le fichage généralisé et systématique de « toutes personnes âgée de 13 ans et plus » « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». Il est également prévu de ficher tout individu, groupe ou organisation dont l’activité est susceptible de troubler l’ordre public et de permettre aux services de police d’effectuer des enquêtes administratives pour l’accès à certains emplois ou à certaines missions, sur la base des éléments figurant dans le fichier EDVIGE.
La formule qu’on vous propose est :
- je signe car « je me prénomme Edwige et j’emmerde ceux qui veulent utiliser mon prénom pour des activités disciplinaires et répressives » ou car « à certains moments de la journée ou de la nuit, je me fais appeler Edwige, et je signe donc aussi cet appel ».

Voir la liste des 2131 premiers signataires
PS de la rédaction de Basta ! : la publication du texte de cette pétition lancée par le Collectif Malgré Tout a suscité quelques incompréhensions de la part de lecteurs pressés et sans doute dépourvus d'humour qui ne l'ont pas trouvés "sérieuse". Rendons-leur donc grâce en signalant que les personnes sérieuses peuvent bien sûr signer LA pétition sérieuse qui a déjà recueilli 31289 signatures sérieuses depuis le 10 juillet dont 255 signatures d'organisations, collectifs, partis et syndicats, tous aussi sérieux les uns que les autres. On pourra la trouver ici : http://nonaedvige.ras.eu.org/
Quant à nous, n'étant pas plus pour les pétitions uniques que pour les partis uniques ou les pensées uniques, nous poursuivons notre marche hors des sentiers balisés par le sérieux bestial des buveurs de bière et des adeptes de la gonflette rhétorique, pour parler comme Nietzsche dans le Gai savoir ["den tierischen Bierernst und die Wichtigtuerei"].

dimanche 13 juillet 2008

UPM : des faits, des faits, des faits !

Al Bayane, Maroc


Drôle de réunion qui se déroule à Paris en cette veille de 14 juillet : on baptise un nouveau-né, qui a toutes les apparences d'un monstre à têtes multiples : l'UPM (joli anagramme d'UMP). Benita Ferrero-Walnder, commissaire européenne aux Affaires étrangères, a eu cette jolie phrase : "“Robert Schumann disait : il faut des faits. Et ces faits doivent se baser sur des projets concrets. Ils peuvent s’appuyer pas seulement sur des fonds communautaires, des fonds communs, mais aussi sur des fonds privés”. "Des faits ?". Benito Mussolini disait :"Des faits, des faits, des faits !" et son homonyme féminine nous fait miroiter de jolies perspectives : à quels fonds privés fera-t-on appel pour dépolluer la Méditerranée ou pour développer l'énergie solaire ? Et qu'entend-on par "pollution de la Méditerranée" ? Ces barques qui errent avec à leur bord des milliers de jeunes du Sud à la recherche d'une base décente pour vivre, et qui, trop souvent, coulent au fond de ce "Mare Nostrum", quand elles ne sont pas arraisonnées par la marine militaro-policière FRONTEX?
Et que penser de la déclaration de Pottering, le président chrétien-démocrate allemand du parlement européen, parlant de "paix entre les pays arabes et l'Union européenne" ? L'Union européenne était-elle donc en guerre avec les peuples arabes ?

Oui,il faut dire oui à l'UPM, mais à une autre UPM : l'Union des Peuples de la Méditerranée, que les despotes et tyranneaux du Sud et les techno-bureaucrates du Nord réunis à Paris sous la houlette d'un Napoléon au petit pied et d'un sinistre Pharaon représentent bien mal. Cette Union-là doit se construire dans les luttes, de Gaza à Redeyef, de Bint Jbeil à Sidi Ifni, de Málaga à Adana et de Mahalla Al Koubra à Naples. Nous en reparlerons.

samedi 12 juillet 2008

Aux lecteurs

Une erreur de manipulation a fait disparaître du monde connu le blog Basta ! يكفي.
Nous travaillons à restaurer le blog. Nous vous demandons un peu de patience. La rédaction

Un tuyau : vous pouvez retrouver nos articles par une recherche sur google. Cliquer sur la mention "En cache" pour l'article qui vous intéresse, vous pourrez ainsi le lire.
Exemple de référence google :
Basta ! يكفي: Sidi Ifni, 7 juin 2008
Paris : Manifestation de soutien à la révolte de Sidi Ifni .... vide sous "Ajouter un fil" ce lien : http://azls.blogspot.com/feeds/posts/default?alt=rss. ...azls.blogspot.com/2008/06/sidi-ifni-7-juin-2008.html - 208k - En cache - Pages similaires - À noter

Six mois de prison pour Brahim Sbaâ Ellil

Le verdict est tombé comme un couperet : pour avoir dénoncé des crimes contre l'humanité commis par les forces de répression du Makhzen, à Sidi Ifni Aït Baamrane, le 7 juin dernier, Brahim Sbaâ Ellil, responsable du Centre marocain des droits humains, vient d'être condamné à six mois de prison ferme par la justice royale siégeant à Rabat. À cette condamnations 'ajoute une amende de quelques milliers d'Euro pour lui et pour Hassan Rachidi, directeur du bureau marocain d'Al Jazira (dont les 55 salariés sont désormais empêchés de faire leur travail). À signaler un détail qui en dit long sur l'ambaince dans le "Maroc nouveau" : le militant des droits humains a comparu à chaque péripétie de ce procès kafkaïen menottes aux poings...

Brahim Sbaâ Ellil et l'un de ses avocats Brahim Albaamrani

Vladdo n’aime pas Uribe

Michel PORCHERON, 10 Juillet 2008

Il n’aime pas Uribe. Ni avant, ni après. Ni depuis.
Depuis la libération des 11 militaires colombiens, des trois Américains et d’Ingrid Betancourt, qui n’a plus besoin d’être présentée.

« Si les choses sont comme les ont décrites Ingrid Betancourt et le ministre de la Défense, Juan Manuel Santos, on ne peut qu’applaudir cette opération impeccable qu’ont menée à bien les militaires colombiens, sur le territoire colombien, sans blesser personne et sans offenser aucun pays voisin ». C’est le moins que pouvait écrire, avec gravité, Vladdo, antiuribiste notoire et acide qui le restera. Il n’a aucune raison de ne plus l’être. L’histrion, le pacifiste ne changera pas son fusil d’épaule. Dans le vocabulaire colombien, un partisan d’Uribe est un « furibista » (de furia), mais Vladdo fait partie des « antiuribistas ».


En conclusion de son papier, publié dans semana.com , ne commence-t-il pas ses deux paragraphes par un explicite “Ahora bien, estos sonoros éxitos militares no deben hacer perder de vista …” et par un très clair : « Así que esta oportuna operación militar, ejecutada en el momento más crítico de los últimos meses que ha vivido Uribe, no debe servir para echarle tierra a esos otros temitas…” . La traduction va de soi.

Et Vladdo d’énumérer quelques-uns de ces “temitas”.

Vladdo n’est pas exactement un homme politique. Il n’est pas surtout connu en Colombie et ailleurs pour ses écrits. C’est par ses dessins, eux politiques, que Vladimir Florez, 44 ans, a toujours manifesté son antiuribisme.

Vladdo est un des plus grands dessinateurs de presse actuels. Il est publié dans plusieurs journaux et publications colombiens, comme Semana, le principal hebdomadaire colombien. Il a même lancé son propre mensuel gratuit, Un Pasquín, mot qui existe en français, découvre-t-on. Selon le dictionnaire Le Petit Robert, « pasquin » vient de l’italien pasquino, « nom d’une statue antique sur laquelle on affichait à Rome des écrits satiriques. Ecrit satirique »

Une « pasquinade » (vieilli et littéraire) est « une raillerie bouffonne ».


En Colombie aujourd’hui, le Pasquín est dans l’esprit même de Vladdo, seul promoteur et seul colporteur, « une feuille de chou », vendue donc à la criée. « Pa’joder » (les francophones hispanophones comprendront) dit-il, lui qui a dans son métier deux références capitales : Saul Steinberg et Paul Flora.

Vladdo n’est pas pour autant absent du net ! (http://www.vladdo.com/) ...et de igoogle. www.google.com/ig


En réponse à une journaliste du journal colombien El Espectador (avant l’opération Jaque) voici un court extrait vladdien (1) : - Votre pire canaillerie dans la presse colombienne...Vladdo : Mon incapacité à rester muet face à certains sujets

Qui est l’homme politique le plus « Pinocchio » du Gouvernemen ?. V : Uribe, parce qu’avec sa tête de moi-je n’ai-jamais-été trompe encore plus de gens

Qui devrait être candidat pour la présidentielle en 2010 ? Je ne sais qui devrait l’être, mais je sais qui NE devrait pas l’être.
Un livre pervers…V: Plus qu’un libre, une collection. Les idées politiques d’Uribe.

Vladdo n’est donc pas hors jeu, puisque la libération des otages ne se situe pas exactement dans le domaine des idées politiques. Mieux, les Colombiens eux-mêmes – qui logiquement via des sondages ont fait monter de manière circonstancielle la cote de popularité du président Alvaro Uribe (elle est passée de 80 % d'opinions favorables avant l'opération à 90 % aujour­d'hui...) - sembleraient déjà penser à l’après-libération. En effet, comme le relève la correspondante du quotidien français, Le Monde, Marie Delcas, « la surprise de cette enquête d'opi­nions réside dans le fait que la moitié des Colombiens placent « la lutte contre la pauvreté » en tête des priorités qui devraient être celles du prochain gouvernement, et 22 % prônent la relan­ce économique. Concernant la sécurité démocratique, Alvaro Uribe n'arrive qu'en troisième position, avec un petit 19 %. Paradoxalement, les succès remportés en matière de sécurité ont fait perdre à celle-ci de son importance aux yeux des électeurs ».


- Grâce à Dieu
- De rien !...

D’accord, pour l’heure, l’ambiance est à l’euphorie. Une preuve ? Le texte suivant est écrit sur fond rouge : « Merci, Président, pour insister, persister, résister et ne jamais renoncer. Merci au président Alvaro Uribe, au ministre de la défense, aux forces armées et à l'ingéniosité des Colombiens déployée pour la libération d'Ingrid Betancourt et de nos militaires. » Un texte signé par un ou des uribistes ? Cela serait évident. En bas et à gauche de ce texte, un logo en forme de tête de vache : « ce vibrant hommage politique est une publicité pour la mar­que de produits laitiers Alque­ria, partenaire de Danone en Colombie » (Marie Delcas).

Dans l’euphorie, il n’est pas étonnant de lire dans un sondage publié par l’hebdomadaire Semana, qu’Uribe recueille –aujourd’hui- 72 % des intentions de vote dans la perspective (2) de la prochaine présidentielle de 2010...Et « Ingrid » ( qui a estimé le sujet prématuré) ? Aujourd’hui, elle obtient, en deuxième position, un petit 9 % des intentions, alors qu’elle bénéficie de 79 % d'opinions favorables, après trois « jours de battage médiatique sans précédent. C'est beaucoup pour une candidate hors jeu et réduite au silence depuis six ans et quatre mois » (M.Delcas).

Et si Uribe prend sa retraite ? Pour le coup « Ingrid » (si elle était candidate) a les faveurs des sondés, avec 31 % des voix...

Pour l’anecdote, aujourd’hui, selon le même sondage, le chef d’orchestre affiché de l’opération Jaque, le ministre de la défense, Juan Manuel Santos, n’obtiendrait que 15 %.

Mais revenons à Vladdo, après tout notre « héros » de cette modeste contribution.

Son succès, sa popularité, ses « coups » médiatiques, et ses dessins n’ont pas traversé l’Atlantique, à l’exception de quelques grandes signatures de dessins de presse, comme en France, Plantu. « « Vladdo est tout à fait dans l'esprit de Cartonning for Peace/Dessins pour la paix, la fondation que nous avons formée à la demande des Nations unies », a assuré l’éditorialiste du quotidien Le Monde, « séduit par l'éclectisme de son collègue colombien ».

C’est d’ailleurs, dans le monde francophone, Le Monde qui a été le seul à donner un sérieux coup de pouce de popularité au Colombien, el lui accordant le 21 mars dernier la totalité de « la trois », la troisième page qui héberge, dans l’esprit du journal, les grands sujets de société, avec pour titre : « Vladdo, une plume sans tabou ». C’est un Paulo A. Paranagua (PAP) inspiré qui présentait le dessinateur. Envoyé sur place pour le rencontrer, il pose en ouverture de son papier deux questions essentielles pour celui, ceux qui sont chargés avec leurs dessins de commenter l’actualité : « Peut-on rire des déchirements du conflit armé en Colombie ? Peut-on faire de l'humour avec le drame des otages ? La réponse dépend sans doute à la fois du comment et du positionnement ».


« A Semana je jouis d'une liberté totale », lui confie Vladdo qui y dispose d'une double page. Sa rubrique « Vladdomania », selon l’envoyé spécial, « distille son ironie tous azimuts, sans se soucier de la ligne éditoriale ». « Vladdoma­nia n'est pas responsable du contenu des pages éditoriales de ce journal », a-t-il écrit il y a plusieurs années.



Pour assurer au mieux son indépendance et l’intendance, il a un boulot de directeur artistique de beaux livres ou de nouvelles publica­tions. Et son Pasquín, sa feuille de chou ? «Je savais qu'on le désignerait de manière dépréciative - ce torchon ! -, alors autant assumer d'emblée l'épithète », explique-t-il. D'un côté et de l'autre du titre, précise Paranagua, on peut lire, à gauche (du titre) « Opposition en noir et blanc » et à droite « Politiquement incorrect ». « Des tribunes libres avec des commentaires sur l'actualité occupent la plupart des pages » (PAP).


Mais comme on est en Colombie, lui, comme d’autres, assurent leurs arrières. On ne sait jamais. Comme il cogne tous azimuts, sur Uribe mais aussi sur d’autres « acteurs » de la vie colombienne, « sans se soucier des convenances », il a pris « un pied à terre », un refuge à Miami, quand il sent que la tension monte un peu trop dans son pays, puis il rentre vite, car les sujets de mécontentement dans l’actualité colombienne « qui le scandalise et le mobilise sans cesse », ne peuvent pas attendre.


Pour avoir une idée de la production de Vladdo (certes avant le 2 juillet 2008), on peut consulter : http://tertulia-vespertina.blogspot.com/2008/03/las-mejores-caricaturas-de-vladdo.html


Voilà 20 ans que Vladimir Flórez dessine. Il a son actif trois livres et plus de 5000 dessins. Alors que des dessinateurs de presse, comme Vladdo, ont été harcelés et menacés « par des fronts de toutes parts», comme l’a écrit un critique colombien, par quel miracle, heureuse initiative a –t-il pu exposer 35 œuvres en 2006 au Museo Nacional de Colombia ?




Il ya 30 ans, des faits comme le sanglant coup d'État au Chili, n'étaient pas catalogués par les USA comme "terrorisme", mais comme politique...


« La Colombie est un pays où il se passe beaucoup de choses graves, mais rien de sérieux ne s’y passe. Nous vivons de massacre en massacre, de scandale en scandale et de pauvreté en misère, thèmes répétitifs qui, parfois, changent seulement de personnage » a eu l’occasion de dire Vladdo.


Les présidents passent, ils ont pour nom Barco, Samper, Pastrana ou aujourd’hui Uribe, la corruption, l’implication du trafic de drogue, les violations des droits de l’homme, la guerilla, les paramilitaires demeurent. Egal à lui-même, Vladdo n’a jamais cessé de s’indigner. Il a beaucoup de travail devant lui.

Notes


(1)- Su peor travesura en la prensa colombiana…V-Mi incapacidad de quedarme callado frente a ciertos temas.
¿Quién es el político más ‘pinocho’ del Gobierno? V-Uribe, porque con esa carita de yo-no-fui engaña a más gente.
¿Quién debería ser el candidato para Presidencia en 2010?V- No sé quién debería ser, pero sí sé quién NO debería serlo
Un libro perverso. V- Más que un libro, una colección: Las ideas políticas de Uribe.


(2)- Arrivé au pouvoir en 2002, en promettant de paci­fier le pays, ce chef d'Etat à poigne s'est fait brillamment réélire en 2006, après avoir fait modifier la Constitution du pays qui interdisait la réélection présiden­tielle. Pour briguer un troisième mandat, M. Uribe se doit de changer encore la loi.
Mais il garde le silence sur ses intentions, laissant ses amis faire campagne pour une nouvelle réforme constitutionnelle (à laquelle certains membres de sa majorité se sont publiquement opposés).



Sur l’auteur
URL de cet article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=5474&lg=fr

Fidel Castro et les FARC - Huit thèses erronées de Fidel Castro

James PETRAS, 8 juillet 2008

Je suis un supporter de la Révolution cubaine depuis exactement cinquante ans et je reconnais Fidel Castro comme l'un des grands dirigeants révolutionnaires de notre temps. Mais je n'ai jamais été un béni oui-oui: à plusieurs reprises, j'ai exprimé mes désaccords par écrit, en public et dans mes discussions avec les dirigeants, les écrivains et les militants cubains. Les articles et les commentaires de Fidel Castro sur les récents événements survenus en Colombie, à savoir son analyse sur la libération par le régime colombien de plusieurs prisonniers des FARC (dont trois agents de la CIA et Ingrid Betancourt) et ses commentaires critiques sur la politique, la structure, les pratiques, la tactique et la stratégie des FARC et de leur dirigeant de renommée mondiale Manuel Marulanda, méritent un examen sérieux.

Les remarques de Castro exigent une analyse et doivent être réfutées, non seulement parce que ses opinions sont largement lues et influencent des millions de militants et d'admirateurs dans le monde, en particulier à Cuba et en Amérique latine, mais parce qu'il se propose de fournir une base "morale" à l'opposition contre l'impérialisme aujourd'hui. Tout aussi important est le fait que la regrettable diatribe critique de Castro contre les FARC, contre Marulanda et contre l'ensemble du mouvement de guérilla constitué principalement de paysans, a été bien accueillie, publiée et diffusée par l'ensemble médias pro-impérialistes sur les cinq continents. Fidel Castro, sans rencontrer beaucoup d’opposition, a rejoint sans esprit critique le choeur condamnant les FARC et, comme je le vais le démontrer, sans raison ni logique.


Huit thèses erronées de Fidel Castro


1 - Castro affirme que la "libération" des prisonniers politiques des FARC «ouvre un chapitre pour la paix en Colombie, processus que Cuba soutient depuis 20 ans comme le plus approprié pour l'unité et la libération des peuples de notre Amérique, en utilisant de nouvelles approches dans les circonstances actuelles particulières et complexes après l'effondrement de l'URSS» (Réflexions de Fidel Castro, 4 Juillet 2008). Ce qui est étonnant dans cette thèse (et dans tout le texte) est le fait que Castro ait totalement omis de faire état de la terreur de masse déclenchée par Uribe, le président de la Colombie, contre les syndicalistes, les critiques politiques, les communautés paysannes, qui est documentée par tous les groupes de défenses des droits de la personne en Colombie et ailleurs. En fait, Castro disculpe le régime d'Uribe, le plus meurtrier des régimes, et fait porter toute la faute à «l'impérialisme US». Depuis l'"effondrement de l'Union soviétique" et suite à l'offensive militaire dirigée par les USA, une multitude de mouvements révolutionnaires armés ont vu le jour au Liban, en Palestine, en Iraq, en Afghanistan, au Népal et d'autres groupes armés qui existaient déjà en Colombie et aux Philippines, ont continué à mener la lutte armée. En Amérique latine, les "nouvelles approches" de la révolution ont été tout sauf pacifiques : des soulèvements populaires massifs ont renversé des hommes politiques électoralistes corrompus en Argentine, en Bolivie, en Équateur, au Venezuela, au prix de plusieurs centaines de vies. La "libération" de Betancourt a renforcé la poigne de fer du régime Uribe, a augmenté la militarisation des zones ruales et a donné une couverture aux assassinats de syndicalistes et de paysans actuellement perpétrés par les escadrons de la mort. Contrairement à ce que dit Fidel Castro, les USA et le président de la Colombie lié aux escadrons de la mort ont utilisé leurs "succès" pour étayer leurs arguments en faveur d'une action militaire conjointe des USA et de la Colombie. Les éloges de Fidel envers le régime colombien pour son action permettant une "ouverture vers la paix" servent à détourner l'attention de la décision de la Cour suprême colombienne selon laquelle la réélection de Uribe était illégale parce que le tyran a corrompu des membres du Congrès afin de modifier la Constitution dans le but de l'autoriser à briguer et obtenir un second mandat.



Marulanda, alias "Tirofijo" (assis) en 1964 : 5 ans d'école primaire, 60 ans de résistance

2 - Fidel Castro a récemment dénigré le défunt dirigeant des FARC, Manuel Marulanda, "paysan, militant communiste, principal dirigeant de la guérilla "(Réflexions). Dans son texte du 5 juillet 2008 (Réflexions II), Castro se réfère avec condescendance à Marulanda, «(...) doté d'une intelligence et de qualités naturelles de leader remarquables, [mais qui], d'autre part, n'a jamais eu la possibilité de faire des études dans son adolescence. On dit qu'il n'a fait que cinq ans d’école. Il a conçu (la révolution) comme une lutte longue et prolongée, point de vue que je n'ai jamais partagé.» Castro était le fils d'un propriétaire de plantation, il a reçu une éducation dans des collèges privés jésuites et a eu une formation d'avocat. En fait ses propos impliquent que l'enseignement supérieur et un statut supérieur préparent les leaders révolutionnaires à diriger des paysans manquant d'éducation formelle mais que les «qualités naturelles de leader» suffisent juste à permettre de suivre les intellectuels et les professionnels mieux adaptés à diriger la révolution. Or l’épreuve de l'histoire réfute les allégations de Castro. Marulanda a construit, pendant une période de plus de 40 ans, une armée de guérilla avec une base de masse plus large que toute force de guérilla inspirée par Castro depuis les années 1960 jusqu'aux années 2000. Castro a répandu la théorie des «foyers de guérilla» entre 1963 et 1980, selon laquelle de petits groupes d'intellectuels organiseraient un noyau armé à la campagne, mèneraient la lutte et attireraient ainsi l'appui des masses paysannes. Chaque foyer de guérilla castriste a été rapidement anéanti - au Pérou, au Venezuela, au Brésil, en Uruguay (foyers urbains), en Bolivie et en Argentine. Contrairement à cela, Marulanda a choisi la stratégie de la guerre de guérilla prolongée, fondée sur une organisation des masses à la base impliquant des liens étroits des paysans avec la guérilla, en se fondant sur les liens de solidarité communautaires, familiaux et de classe, en construisant lentement et méthodiquement une armée politico-militaire populaire et nationale. En fait, un réexamen profond de la révolution cubaine montre que les guérilleros de Castro étaient recrutés dans les organisations de masse des zones urbaines, qui étaient méthodiquement organisées avant et pendant la formation des foyers de guérilla de 1956 à 1958. Bien que des données fiables existent sur les FARC, Castro a sous-estimé de moitié le nombre de guérilleros des FARC, se fiant à la propagande des médias uribistes.

3 - Castro condamne la « cruauté » de la tactique des FARC consistant à « capturer et retenir des otages dans la jungle ». Selon cette logique, Castro devrait condamner chaque mouvement révolutionnaire du XXème siècle, à commencer par les révolutions russe, chinoise et vietnamienne. Les révolutions sont cruelles mais Castro oublie que les contre-révolutions sont encore plus cruelles. Uribe a établi des réseaux locaux d’espionnage impliquant des fonctionnaires locaux, comme cela avait été fait au Vietnam durant la guerre. Et les révolutionnaires vietnamiens éliminaient les collaborateurs parce qu’ils étaient responsables de l’exécution de dizaines de milliers de militants villageois. . Castro omet de commenter le fait que Mme Betancourt, après sa “libération” tant célébrée, a embrassé et remercié le général Mario Montoya. Selon un document déclassifié de l’ambassade US, Montoya a organise une unité terroriste clandestine, l’Alliance américaine anticommuniste, qui a assassiné des milliers de dissidents colombiens, pour la plupart atrocement torturés au préalable. La cruauté de la captivité chez les FARC n’est pas apparue lors de l’examen médical de Betancourt : elle était en bonne santé !



4 - Fidel proclame : "Cuba est pour la paix en Colombie, mais pas pour une intervention militaire US ". C'est l'oligarchie colombienne et le régime Uribe qui a invité les USA à intervenir militairement et a collaboré avec eux. Castro sous-entend que l'intervention militaire US est imposée de l'extérieur, au lieu de la voir dans le cadre de la lutte des classes en Colombie, dans laquelle les gouvernants, les propriétaires terriens et les narco-trafiquants jouent un rôle prépondérant dans le financement et l’entraînement des escadrons de la mort. Dans les 6 premiers mois de 2008, 24 dirigeants syndicaux ont été assassinés par le régime Uribe, plus de 2562 ont été tués au cours des vingt dernières années, dans ce que Castro décrit comme les «nouveaux chemins de circonstances complexes et particulières. » Fidel ignore totalement la suite ininterrompue de meurtres par les escadrons de la mort de militants non armés des mouvements sociaux, et le manque de solidarité de Cuba avec tous les mouvements colombiens depuis que La Havane a développé des liens diplomatiques et commerciaux avec le régime Uribe.Est-ce que l’équilibrisme entre les intérêts d’État cubains dans les liens diplomatiques et économiques avec la Colombie et la revendication de lettres de créance révolutionnaires fait partie des « complexités » de la politique étrangère cubaine ?

5 - Castro appelle à la libération immédiate de tous les prisonniers détenus par les FARC, sans prendre aucunement en considération les 500 guérilleros torturés et déshumanisés dans les horribles “prisons spéciales” de haute sécurité d’Uribe et Bush. Castro se vante que Cuba avait libéré les prisonniers faits pendant la lutte contre Batista et appelle les FARC à suivre l’exemple cubain, plutôt que celui, révolutionnaire, des Vietnamiens et des Chinois.La tentative de Castro d’imposer universellement à la Colombie sa tactique, fondée sur l’expérience cubaine, dénote l’absence du moindre effort pour comprendre, ou au moins analyser, les spécificités de la Colombie, de son armée, le contexte politique de la lutte des classes, le contexte social et politique des négociations humanitaires qui s’y déroulent.

6- Castro déclare que les FARC devraient mettre fin à la guérilla mais ne pas rendre leurs armes, car dans le passé les guérilleros qui avaient été désarmés avaient été massacrés par le régime. Au lieu de cela, il suggère qu’ils devraient accepter l’offre française d’abandonner leur pays ou accepter la proposition de Chávez (le “frère” et “ami » d’Uribe) de négocier et d’assurer la mise en place d’une commission faite de notables latinoaméricains qui superviseraient leur intégration dans la politique colombienne. Que devraient faire des guérilleros “armés” quand des soldats et des escadrons de la mort d’Uribe ravagent par milliers les zones rurales ? Se réfugier dans les montagnes et faire la chasse aux sangliers ? Aller en France signifierait abandonner des millions de paysans affamés et vulnérables qui sont leurs partisans, cela voudrait dire abandonner la lutte de classe.




7 - Fidel Castro omet totalement dans sa discussion la manière dont chacun des leaders politiques impliqués dans la “mission humanitaire” a utilisé la célébration de la “libération” de Betancourt pour couvrir et détourner l’attention de ses propres difficultés politiques sérieuses. Avant tout, la réélection d’Uribe a été jugée illégale par la Cour suprême colombienne car il a été accuse et condamné pour avoir corrompu des membres du Congrès afin qu’ils votent l’amendement à la Constitution lui permettant de se présenter pour un second mandat. La présidence d’Uribe est illégale de facto. La remise en liberté de Betancourt et ses accolades délirantes avec Uribe sabotent le verdict judiciaire et éliminent l’ordonnance de la Cour en faveur d’un nouveau vote du Congrès ou d’une nouvelle élection présidentielle. La popularité de Sarkozy était en chute libre en France, son intervention dans les négociations avec les FARC, qui avait fait l’objet d’une énorme publicité, avait été une faillite totale, sa politique militariste au Moyen-Orient et sa politique antiimmigrés virulente lui avait aliéné d’importants secteurs de l’opinion française (tout comme l’augmentation du coût de la vie et la stagnation économique).La remise en liberté de Betancourt, ses effusions et ses éloges de Sarkozy ont ravivé l’image ternie de celui-ci et lui ont donné un répit provisoire face au mécontentement politique et économique bouillonnant devant sa politique intérieure et étrangère. Chávez a utilisé la remise en liberté de Betancourt pour embrasser son “ennemi” Uribe, et pour prendre encore plus de distances avec les FARC, en particulier et les mouvements populaires colombiens en général, ainsi que pour lancer des ponts vers celui qui succèdera à Bush. Chávez a ainsi retrouvé les bonnes grâces de l’ensemble des medias pro-impérialistes et a eu droit à des commentaires favorables du candidat de droite à la présidentielle US, John McCain, qui a dit « espérer que les FARC suivent la demande de Chávez qu’elles désarment ».Cuba, ou du moins Fidel Castro, a utilisé la 'libération' de Betancourt pour exposer son hostilité aux FARC, qui ne date pas d’hier (elle remonte au moins à 1990), car celles-ci sont un obstacle à sa politique de réconciliation avec le régime colombien.


8 - Adoptant une posture humanitaire et quasi-électorale en célébrant la remise en liberté de Betancourt, Castro a vilipendé les FARC pour leur « cruauté » et leur résistance armée au régime Uribe. Castro a attaqué la “structure autoritaire et la direction dogmatique” des FARC, oubliant que celles-ci avaient accepté d’entrer dans le jeu électoral entre 1984 et 1990 (ce qui coûta la vie à 5000 militants désarmés et candidats politiques) et avaient mené un débat libre et ouvert avec tous les secteurs de la société colombienne sur une alternative politique, dans la zone démilitarisée de 1999 à 2002. En revanche, Castro n’a jamais permis de débat et d’élections libres et ouverts, même entre candidats communistes, dans aucun processus législatif – du moins jusqu’à son remplacement par Raúl Castro.
Les leaders politiques susmentionnés n’ont fait que servir leurs propres intérêts politiques en dénigrant les FARC et en célébrant Betancourt aux dépens du peuple colombien.




Conclusion
Castro a-t-il bien réfléchi aux conséquences désastreuses (de ses propos, NdT) pour des millions de Colombiens réduits à la pauvreté ou bien n’a-t-il en tête que la possibilité d’une amélioration des relations entre Cuba et la Colombie, une fois liquidées les FARC ?Les articles de Castro contre les FARC ont eu pour effet de fournir des munitions aux mass médias impériaux afin de discréditer les FARC et toute résistance armée à la tyrannie et d’améliorer l’image du président des escadrons de la mort Uribe.En dénigrant l’histoire révolutionnaire et la pratique d’un mouvement populaire en cours et de son brillant dirigeant, qui a construit ce mouvement, le premier leader révolutionnaire du monde prive les mouvements à venir d’un riche héritage de résistance et de construction réussies. L’histoire ne l’absoudra pas.


Source : http://www.informationclearinghouse.info/article20251.htm
Sur l’auteur
Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

Le «one man show» colombien du président Sarkozy: une saison très courte

James PETRAS, 7 Juin 2008

Il nous a paru utile de publier cet article, écrit en mai 2008 et publié en juin 2008, un mois environ avant la libération ultra-médiatisée d’Ingrid Betancourt, à laquelle Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont été totalement étrangers, afin de rafraîchir certaines mémoires défaillantes. Lire aussi du même auteur la lettre ouverte à Nicolas Sarkozy sur le même thème (décembre 2007).

Le président français Sarkozy a été propulsé à deux reprises à l’avant scène des mass médias internationaux en annonçant sa détermination à libérer la franco-colombienne, Ingrid Betancourt, captive du mouvement colombien de guérilla, les Forces armées révolutionnaires de Colombie - Armée populaire (FARC-EP). Emboîtant le pas à Hugo Chávez, dont les négociations réussies fin décembre 2007 - début janvier 2008, ont conduit à la libération unilatérale par les FARC de quatre captifs, Sarkozy déclarait qu’il s’impliquerait directement pour libérer Ingrid, même s’il devait risquer un voyage dans la jungle colombienne et gravir ses montagnes.1



Une fois les caméras de télévision éteintes, Sarkozy chargeait son ministre des Affaires étrangères, Bernie [diminutif pour Bernard en anglais - NdlT] Kouchner de négocier avec les FARC par téléphone mobile à longue distance. Les antécédents de Kouchner, ardent soutien de la guerre US contre l'Irak (son premier voyage officiel après sa nomination aux Affaires étrangères a été d'aller en Irak annoncer son soutien aux troupes étasuniennes), inconditionnel soutien depuis toujours de la guerre d'Israël contre les Palestiniens, y compris la guerre génocidaire contre la bande Gaza palestinienne, Administrateur civil et Haut représentant de l'ONU pour le Kosovo lors du nettoyage ethnique de 200.000 Serbes du Kosovo à la fin des années 1990, le discréditaient pourtant d'office comme interlocuteur des FARC. Kouchner établissait le contact par téléphone avec le dirigeant et négociateur des FARC, Raul Reyes, et joignait le président Chávez et le président Correa de l'équateur… La CIA et les services secrets colombiens épiaient les conversations téléphoniques de Kouchner avec Reyes, à l'insu ou non de Bernie2. Reyes (inconscient peut-être du rôle de Kouchner) négociait en toute bonne foi, promettait de relâcher Ingrid Betancourt et d'autres prisonniers contre la promesse de libération réciproque par le gouvernement Colombien de 500 membres et sympathisants des FARC emprisonnés. Entre temps le gouvernement colombien continuait ses opérations militaires brutales dans la campagne où des centaines de villageois suspectés de sympathie pour les FARC étaient massacrés. Le but déclaré du président colombien étant de «libérer» militairement les prisonniers3. L'impossibilité pour Sarkozy de convaincre Uribe de négocier et la réticence de Kouchner à mettre la pression sur ce dernier, ont causé l'échec de la mission humanitaire.


Un mois plus tard, Sarkozy convoquait une fois de plus les médias internationaux et lisait une lettre adressée au dirigeant Manuel Marulanda exigeant qu’il libère immédiatement Ingrid, faisant sinon l’objet de l’opprobre de la communauté internationale et risquant la mise à l’index de l’opinion mondiale pour crime contre l’humanité4. Une fois de plus les médias couvraient sa déclaration, accompagnée de photos retransmises partout dans le monde. Inutile de dire que tel un chef d'orchestre menant seul la représentation «humanitaire» de la libération d'Ingrid Bétancourt, Sarkozy a considéré gênant de mentionner les exigences des FARC, qui demandaient un échange de prisonniers, ainsi que l'instauration d'une zone démilitarisée pour engager les négociations. Le silence du Maestro Sarkozy sur la campagne de bombardements poursuivie par le président colombien Uribe (et du président US George Bush) dans la campagne colombienne et leur refus de négocier, n'a jamais été mentionné ni pendant ni après cette extravagance médiatique. Ignoré par les FARC, ainsi que par Uribe et Bush, Sarkozy s'est tourné vers Chávez, lui demandant d'exiger que les FARC fournissent des nouvelles preuves concernant le sort des otages, notamment des photos récentes des captifs5.


Les FARC notifièrent à Chávez et à Sarkozy qu’ils s’y conformeraient en envoyant deux émissaires. Ceux-ci ont été promptement capturés par les militaires colombiens, torturés et emprisonnés. De toute évidence les lignes de communications entre Kouchner et Chávez étaient activement surveillées. Tout le long du «processus de négociation», le régime colombien soutenu par les USA n’a pas reçu un seul message - ne parlons pas d’exigences – de la part de Sarkozy insistant pour qu’il réagisse positivement aux gestes de bonne volonté des FARC qui avaient libéré certains de leurs prisonniers politiques. La nuit du 1er mars 2008 les USA ont localisé par satellite le lieu où était Reyes, de l'autre côté de la frontière avec l'équateur. Uribe a ordonné aux forces armées colombiennes de bombarder le camp des négociateurs des FARC, attaque qui a tué Reyes, le chef des négociateurs des FARC, 18 autres guérilléros, 4 étudiants d’université mexicains et un civil équatorien6.


Non seulement l’attaque transfrontalière colombienne était une agression flagrante de la souveraineté équatorienne, mais elle a anéanti le processus de négociation en cours. Uribe a délibérément tué le principal négociateur de FARC alors qu’il travaillait pour Sarkozy, Chávez et Correa7. La concession humanitaire unilatérale des FARC s'est avérée extrêmement coûteuse en termes de perte de dirigeants, d'augmentation de leur vulnérabilité quant aux attaques des militaires colombiens. À aucun moment ni Sarkozy ni Kouchner n'ont critiqué Uribe. En fait Kouchner a même applaudi les attaques «anti-terroristes» d’Uribe.


Sarkozy, tel ces acteurs dont les blagues usées ne font plus rire, a une fois de plus convoqué les media internationaux pour informer les FARC qu’ils devaient permettre à la Croix rouge internationale de rencontrer Ingrid. Il a annoncé qu’il enverrait un avion en Colombie avec un personnel médical français et que les FARC devraient préparer un comité d’accueil pour escorter Ingrid Betancourt, souffrante, à la délégation française pour qu’elle y soit soignée. Reléguant les FARC au rang de second violon, le chef d’orchestre Sarkozy assuma qu’ils n’avaient pas le choix, que leur refus révélerait leur «inhumanité», celle de ne pas avoir permis à une captive en «maladie terminale» de recevoir les soins médicaux élémentaires8.


Comme tous les maîtres chanteurs, Sarkozy a fait grimper les enchères après un premier paiement. S’étant assuré des «preuves» de l’existence des captifs, il a de nouveau exigé des concessions unilatérales. Début avril il a monté un nouveau spectacle à Paris en organisant une manifestation «Libérez Ingrid». L’avion transportant le personnel médical français a atterri en Colombie et comme d’habitude Sarkozy a fait un grand «show» en proposant d’aller, si nécessaire, dans la jungle.


Cette fois-ci, cependant il n’y avait pas de Latinoaméricains pour «étayer» son spectacle médiatique. La présidente de l’Argentine, Cristina Kirchner, qui était à Paris en visite officielle, a déclaré aux médias que la libération de Betancourt devrait faire partie d’un échange réciproque de prisonniers. C’était une note discordante dans le spectacle Sarkozy9. Le président Chávez a été encore plus direct. Il a dit à Sarkozy qu'il devrait adresser son message humanitaire au président Bush et à Uribe, étant donné qu'ils constituaient les principaux obstacles à tout échange réciproque de prisonniers10.


L’avion de Sarkozy est resté sur le tarmac de l’aérodrome en Colombie. La Croix-rouge internationale n’a reçu aucun message. Les FARC n’ont fait aucune réponse, sachant que toute communication ou mission humanitaire faciliterait une fois de plus une attaque militaire contre les négociateurs des FARC.


Les exigences et les diktats de Sarkozy aux FARC sont restés sans réponse. Le spectacle n’a pas réussi à capter l’attention des mass médias.


Les FARC, comme il était prévisible, sont restés silencieuses, sachant que toute communication avec Bernie Kouchner serait espionnée par la CIA. Pas d'échanges, pas de consultations, pas de sécurité, pas de réponses. Les présidents latinoaméricains qui avaient assisté aux spectacles médiatiques humanitaires précédents de Sarkozy, n'ont pas envoyé d'officiels pour accompagner le personnel médical et médiatique français qui s'ennuyait dans un aéroport infesté de moustiques.


Plusieurs jours plus tard, les FARC ont envoyé par e-mail un communiqué public (4 avril 2008) à Sarkozy et à destination de l’opinion publique internationale qui clarifiait la situation. Pourquoi le «one man show» de Sarkozy était voué à l'échec? Le communiqué des FARC a souligné quatre points11. Il affirmait que la précédente libération unilatérale de six prisonniers était une décision «souveraine» des FARC, qui n'était due ni à leur faiblesse ni à la pression – sous-entendant que rien ne les obligeait à faire d'autres concessions. Deuxièmement ils ont souligné la priorité de la libération de 500 camarades incarcérés en Colombie et aux USA comme partie d'un accord réciproque. Ils ont déclaré qu’Uribe n'avait satisfait aucune des conditions essentielles pour les négociations, à savoir l'établissement d'une zone démilitarisée où l'échange pourrait se faire. C'était un rappel à Sarkozy dont la prétention tordue et bancale à une nouvelle libération unilatérale de prisonniers par les FARC n'était pas envisageable. Les FARC ont aussi rappelé à l'opinion publique et à Sarkozy que la militarisation de la campagne par Uribe et l'administration Bush présentent une menace mortelle pour toute équipe de négociation des FARC.


La troisième partie du communiqué pointait directement Sarkozy concernant le meurtre de la précédente équipe de négociation par le gouvernement Uribe, y compris le meurtre de Reyes, ce qui rendait impossible tout échange humanitaire. Sarkozy, en ignorant totalement l’assassinat de Reyes et ceux de ses collègues, et ne condamnant pas la politique délibérée d’Uribe d’assassiner les négociateurs, a mis un terme à toute possibilité de procéder à une autre mission humanitaire.


Dans la dernière partie du communiqué, les FARC ont été tout à fait clairs. Dans ces conditions ils ne pouvaient pas coopérer avec la mission médicale. Et concernant Sarkozy et ses exigences arrogantes à prétentions humanitaires «d’envergure internationale», les FARC ont déclaré : «Nous n’agissons pas en réponse au chantage et aux campagnes médiatiques. Si au début de l’année, le président Uribe avait démilitarisé les municipalités de Pradera et de Florida [superficie totale approximativement 80 0km² - NdlR] pendant 45 jours, Ingrid Betancourt, aussi bien que les prisonniers militaires auraient retrouvé leur liberté contre celle des prisonniers guérilléros, et cela aurait été une victoire pour tous».


Le rideau tombe


L’avion et l’entourage médico-médiatique s’est envolé vers Paris. Il n’y a pas eu de médias pour les accueillir sur la sombre piste désertée. Une fois de plus, Sarkozy, chef d’orchestre et seul acteur de son «one man show», a démontré sa virtuosité d'acteur raté et de politicien médiocre.


Épilogue


Deux mois plus tard Bernard Kouchner a applaudi la mort du dirigeant des FARC, Manuel Marulanda, et le meurtre d’autres dirigeants des FARC comme ouvrant la voie pour la libération de Betancourt – se faisant ainsi l’écho du régime Uribe. Cela a effectivement mis un terme au rôle de la France dans le processus et restait dans la logique de la longue affinité de Kouchner avec des régimes gangsters.


Notes


1 BBC, 6 décembre, 2007 et AFP, 28 février, 2008


2 «Le dernier entretien de Reyes» , 28 février, 2008, par Anibal Gurgon et Ingrid Storgen, voir KAOSENLARED.NET


3 «Uribe ordonne à l'armée de 'localiser' ceux qui ont été enlevés par les FARC», La Jornada, 30 mars, 2008


4 La Jornada, 26 mars 26, 2008


5 La Jornada, 30 mars, 2008


6 Miami Herald, 6 mars, 2008. Sur la collaboration des É-U, voir Expresso/Guayaquil «Les


pilotes colombiens ont opéré depuis la base US de Manta»


7 Richard Goff, «L'attaque transfrontalière illégale de Uribe», Counterpunch, 3 mars, 2008


8 La Jornada, 3 avril, 2008. Le 8 avril juste 5 jours plus tard Kouchner admettait que la santé d'Ingrid Betancourt était meilleure que celle qui avait été décrite par Sarkozy.


9 La Jornada, 7 et 8 avril, 2008


10 La Jornada, 4 avril, 2008.


11 Communiqué des FARC, avril. Agencia Bolivariana de Prensa

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Source : http://axisoflogic.com/artman/publish/article_26977.shtml

Traduit par Alexandre MOUMBARIS, Tlaxcala