dimanche 19 octobre 2008

Les procès de Nuremberg et l’actuelle crise financière globale

par Jorge Aldao

Entre 1945 et 1949, à Nuremberg, ville allemande, une série de procès judiciaires s’étaient déroulés contre les leaders du nazisme et leurs subordonnés, responsables de toutes sortes de crimes durant la seconde guerre mondiale.

Lors de ces procès, les juges nommés par les puissances victorieuses avaient condamné à mort un grand nombre de ces hiérarques nazis et certains autres à de longues peines de prison dont quelques-unes à perpétuité.

Le plus remarquable, c’est que ces procès ont été faits en violation du principe de base du droit pénal, exprimé dans la locution latine « nullum crimen nulla poena sine praevia lege »[1], ce qui signifie que, quel que soit l’acte, s‘il n’a pas été auparavant défini comme crime ou délit par la loi, il ne peut être considéré comme tel et ne mérite pas de sanction.

Et, si personne ne discute de la justesse de ce principe du droit, les circonstances et l’énormité des sauvageries commises par le nazisme ont légitimé la violation de ce critère juridique raisonnable, connu également comme le « principe de non rétroactivité des règles pénales ».

Il est certain qu’ à l’époque des procès de Nuremberg, il existait un vide légal qui empêchait de juger les gouvernements des pays souverains qui, sans aucune justification, déclaraient une guerre au monde. C’est pour cela que théoriquement, les nazis auraient du être jugés seulement par des tribunaux allemands et uniquement pour des crimes et délits antérieurement reconnus comme tels légalement.

Mais il est tout aussi certain que le nazisme avaient exercé un contrôle absolu sur les législateurs et les juges allemands, ce qui rendait chimérique la moindre intention de poursuite pénale pour les crimes nazis, si l’on voulait respecter les principes traditionnels du droit.

Le comportement des autorités des organismes internationaux doit être considéré identiquement à celui des nazis, de même que celui des propriétaires, des dirigeants et des directions des entités bancaires et financières dont la soif de profit a fabriqué cette bulle spéculative qui aujourd’hui vient d’éclater à l’échelle mondiale.

À l’heure actuelle, ce séisme économique porte préjudice aux habitants des pays développés, bien qu’il ait provoqué, auparavant, des hausses insupportables des prix alimentaires, en condamnant à mort par asphyxie ou par maladies liées à la malnutrition, des millions d’habitants des pays les plus pauvres du monde et en provoquant des guerres dans tous les coins de la planète afin de s’approprier de leurs ressources naturelles.

On pourra dire, évidemment, que les comportements de ces capitaines de la finance mondiale ne sont sanctionnés par aucune norme pénale, qu’il pourrait tout au plus s’agir de non respect des règles bancaires ou, dans d’autre cas, de non respect des devoirs des fonctionnaires publics.

Cependant, le néolibéralisme et la finance en général, ont minutieusement organisé le dérèglement de la structure productive de la planète, en imposant à tout le monde – par l’intermédiaire du FMI, de la BM et de l’OMC
[2] – des lois pour promouvoir la spéculation financière incontrôlée. Ils ont ainsi détruit, légalement, la sécurité alimentaire des peuples.
Ceci a été réalisé d’une manière très semblable à celle du nazisme qui a organisé, y compris juridiquement, la dévastation de l’Europe.
C’est pour cette raison que, les morts et les graves maladies avec leurs conséquences irréversibles pour les pauvres de la planète, ajoutés à l’appauvrissement croissant dans les pays développés et la violence grandissante liée à ce phénomène, doivent être considérés comme un génocide au sens le plus strict du terme.

Bien qu’ils aient été anti-juridiques, le jugement et la condamnation des responsables des crimes nazis, furent légitimes.

Alors, il serait tout aussi légitime, bien que non légal, de juger et de condamner ceux qui se sont extraordinairement enrichis avec les politiques économiques néolibérales qui ont appauvri et affaibli des dizaines de millions d’êtres humains qu’elles sont en train de conduire à la mort.

Et comme dans le cas du nazisme, ces banquiers et ces financiers criminels contrôlent le pouvoir politique de la majorité des pays et avaient prudemment veillé, au travers de la dérégulation, à ce que leurs conduites criminelles ne soient pas reconnues comme des crimes.

Ils savaient mieux que quiconque que les lois « ex post facto » sont anti-juridiques.

C’est pour cette raison que comme dans les procès de Nuremeberg, le principe de « nullum crimen nulla poena sine praevia lege » ne doit pas s’appliquer aux responsables de cette crise financière globale.

Les auteurs intellectuels d’une règlementation qui a permis de livrer légalement la planète au saccage ainsi que ceux qui se sont enrichis sans vergogne avec ce pillage, doivent être jugés et condamnés.

[1] « nullum crimen nulla poena sine praevia lege » : « sans loi préexistante il n'y a ni crime, ni sanction ».

[2] FMI : Fond Monétaire International
BM : Banque Mondiale
OMC : Organisation Mondiale du Commerce




Source : Los juicios de Núremberg y la actual crisis financiera global

Article original publié le 16/10/2008

Sur l’auteur

Traduit par Esteban G. et révisé par Fausto Giudice, membres de Tlaxcala

samedi 18 octobre 2008

Notes sur la crise aux USA

Petit cours d'alphabétisation économique
par Augusto SENCIÓN

1. Les épisodes antérieurs

1. Lorsqu’en 2000, Georges Bush est arrivé à la présidence des usa, l’économie de ce pays était en crise de surproduction : la production nationale était supérieure au pouvoir d’achat des Usaméricains. Beaucoup d’entreprises ne pouvant écouler leurs produits ont souffert de pertes sévères. Cette perte s’était élevée en moyenne à 4% pour l’année 2000 et à 6% pour 2001.

2. En raison de la baisse des ventes et des pertes subies, beaucoup d’entreprises avaient réduit leur production et licencié du personnel. 70% des capacités productives des industries étaient utilisées provoquant la perte d’un million d’emplois. Le commerce et les autres secteurs de l’économie ont agi de même. Entre l’année 2000 et septembre 2001, ce sont sept millions de personnes qui ont perdu leur emploi.

3. Pour faire face à la crise de surproduction et à la chute des ventes des entreprises, le gouvernement US a entrepris 2 actions :

* L’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak, autrement dit la guerre. La vérité est que l’idée fondamentale de cette invasion était de contrôler le gaz et le pétrole que les USA ne possèdent pas et qu’ils consomment en grande quantité. Cependant, c’était également un moyen pour surmonter la crise économique intérieure ; et donc avec la guerre, le gouvernement augmenta ses dépenses en achetant les stocks accumulés dans les entrepôts des entreprises. Pour le besoin de ses troupes, le gouvernement activa la demande d’alimentation, de médicaments, d’uniformes militaires, d’artillerie, de munitions, etc. Cette demande de l’État, a été la solution pour les entreprises, de vendre leur production, augmenter leurs bénéficse et investir de nouveau. Les industrie alimentaires, textile et militaire étaient réactivées. En 2001 c’est l’invasion de l’Afghanistan, en 2002 le bénéfice des entreprises augmente en moyenne de 15,5% ; En 2003 c’est l’invasion de l’Irak, le bénéfice atteindra 24%. Si bien que ces deux crises ont tiré les entreprises de leur crise, puisque l’État a créé la demande nécessaire aux entreprises pour les sortir de leur crise en achetant leur production.

* Le taux d’intérêts des crédits descendit jusqu’à 1%. Ce faible taux d’intérêt incita des millions de familles à s’endetter en achetant des logements, des voitures, des téléviseurs et d’autres sortes de biens. La vente des produits des entreprises augmenta grâce à la possibilité d’accès aux crédits dont le volume contracté s’amplifia.

2. La crise à nouveau

1. La fête durera très peu de temps. Fin 2005, de nouveaux problèmes économiques surgiront.

2. Comme l’augmentation des crédits contractés avait généré une importante circulation d’argent, les prix ont commencé à monter, et l’inflation à s’élever. Pour contenir cette inflation, le gouvernement décidera de freiner le crédit des banques afin de réduire cette quantité d’argent en circulation.

3. À partir de 2005, les taux d’intérêts commencent à augmenter (jusqu’à 6,5%) et les familles ont des difficultés pour payer. La moyenne des paiements mensuels pour le logement était passée de 1200 à 2400 dollars, autrement dit elle a doublé. Le remboursement de la maison achetée à crédit absorbe 75% du remboursement du crédit, les 25% restant sont pour les voitures, les téléviseurs et les autres biens de consommation achetés à crédit. Des millions de familles ne pourront pas rembourser leurs dettes contractées auprès des banques.

4. Les banques commenceront, alors, à saisir les maisons des familles qui ne payent pas. 7000 familles perdront ainsi chaque jour leur logement hypothéqué. Un million de familles ont déjà perdu leur maison et huit millions ont des problèmes pour rembourser.

5. Mais une banque ne fonctionne pas avec des maisons, mais avec de l’argent. Le problème de récupération des crédits ne se résout pas par l’expropriation des maisons. C’est pour cette raison que beaucoup de banques ont fait faillite.

6. Pour sauver les banques, le gouvernement a utilisé l’argent de la Réserve Fédérale (sorte de Banque Centrale), autrement dit il leur a donné de l’argent pour les sauver de la faillite. En 2007, ce sont 300 milliards de dollars qui leur ont été donnés. Mais cette mesure ne permettra pas de contenir la crise, car le montant des prêts non récupérés étaient bien supérieur.

7. Le gouvernement a aussi réduit le taux d’intérêts à 5%, et à 2% pour cette année (2008). Mais cette mesure ne pouvait sauver la situation puisque des centaines de milliers de personnes avaient déjà perdu leur maison ou leur emploi et ne pouvaient rembourser leurs crédits.

8. L’autre mesure appliquée par le gouvernement avait consisté à dégager la somme de 150 milliards de dollars pour rembourser les entreprises et beaucoup de familles pour les impôts qu’elles avaient payés. L’ampleur de la crise était telle qu’une telle mesure ne put non plus résoudre la situation.

9. Du fait que les gens ne pouvaient pas rembourser leurs maisons, les entreprises arrêtèrent leurs projets et leurs travaux de construction, en laissant 5 millions d’habitations inachevées. Depuis 2005, la vente de logements a diminué de 65% et la production dans le secteur de la construction est tombée de 50%.

10. Le problème de récupération des crédits que les familles sont dans l’incapacité de rembourser, a affecté les banques des autres pays qui ont racheté les dettes aux banques usaméricaines. Et ainsi, la crise touche les banques anglaises, espagnoles, japonaises et d’autres pays encore. Pour éviter qu’à leur tour, celles-ci ne sombrent dans la faillite, les gouvernements respectifs ont injecté de l’argent dans leurs banques.

11. La faillite des banques, celle des entreprises de construction et la baisse d’activité de toute l’économie, ont fait grimper le taux de chômage de 4% à 6% pour la première période 2008.

12. La situation, depuis, s’est aggravée, la faillite des banques entraînant la baisse des crédits à d’autres secteurs de l’économie comme celui de l’industrie, du commerce, etc. Ne pouvant accéder aux crédits, ces secteurs d’activité ont ralenti leur activité et licencié du personnel. Pour le mois d’août 2008, la production industrielle a baissé de 1,1%, surtout à cause des 12% de chute des ventes de l’industrie automobile.

13. Le profit des entreprises avait commencé à diminuer depuis 2006. Depuis le premier trimestre 2007 qui avait enregistré une perte de 0,3%, la situation empire et la crise s’aggrave chaque jour. Ces derniers mois, pas moins de six banques ont fait faillite aux USA, et notamment la quatrième plus grande du pays, la Lehman Brothers, qui employait 25 000 personnes. AIG [American International Group], la plus importante société d’assurance s’est également déclarée en faillite, et l’Etat usaméricain a du injecter 85 milliards de dollars pour la sauver, devenant ainsi propriétaire à 80%.

14. En tout, depuis le début de la crise en 2006, le gouvernement US a utilisé 800 milliards de $ de la Réserve fédérale pour essayer de sauver des dizaines de banques. Et la crise continue.

15. Du fait de la faillite des entreprises et que d’autres centaines de milliers ont des problèmes de production, ont entrainé une chute des achats d’actions en bourse. Le risque d’acheter des actions d’entreprises, dans les moments de crise économique, est trop important. C’est pour cela que les indices des bourses des USA et d’autres pays ont baissé. Une telle baisse n’est pas la cause de la crise mais plutôt un reflet de celle-ci.

3. Jusqu’où ira la crise?

1. C’est difficile de prévoir une maîtrise du problème et aucune solution n’est en vue à court terme. Les affaires continueront à s’effondrer et le chômage d’augmenter.

2. Une grande partie des entreprises qui ferment seront absorbées par d’autres plus importantes. Une minorité concentrera de nouveau la richesse entre ses mains car c’est toujours ainsi durant les crises. Une bonne partie de la population finira dans la pauvreté et un petit groupe de multimillionnaires sera encore plus riche. Aux USA, 10% de la population contrôle 50% des revenus. À la sortie de cette crise, ce petit groupe contrôlera la plus grosse partie du gâteau. La pauvreté aura augmenté, alors qu’à la date d’aujourd’hui, elle frappe déjà 37 millions de personnes (12% de la population), un chiffre qui représente quasiment la totalité de la population de toute l’Amérique centrale. Si des luttes sont menées, il y aura plus de gens qui seront emprisonnées. Il ne faut pas oublier que les USA détiennent 25% de la population carcérale du monde.

3. Cependant, comme aux USA il n’y a pas de forces révolutionnaires capables de faire une révolution, la crise passera pour revenir trois ou quatre ans après.

4. Les USA reculent

1. Le pire pour l’économie US, ce n’est pas la crise actuelle, qui aura une fin, mais qu’elle en sortira avec moins de pouvoir mondial. Les USA perdent du terrain face à l’Europe, au Japon, à la Chine et à l’Amérique du Sud.

2. Il y a quatre ans les USA assuraient 28% de la production mondiale, à la sortie de la crise, ils ne pèseront plus que 20% peut-être, devancés par l’Union Européenne qui produit 33%, et treize pays d’Asie unis dans un bloc, avec à leur tête le Japon et la Chine, qui produisent un peu plus de 20%.

3. Les USA ne sont plus le pays plus grand exportateur au monde. L’Allemagne et la Chine les devancent. Les USA sont fondamentalement un pays importateur. Ils achètent plus qu’ils ne vendent à l’Europe, à l’Asie, à l’Océanie, à l’Amérique du Sud, au Mexique et au Canada. Leur commerce n’est excédentaire qu’ avec l’Afrique, l’Amérique centrale et les Caraïbes.

4. Pour acheter autant, le double de ce qu’ils vendent, dans le monde, le gouvernement et les entreprises des USA doivent lourdement s’endetter, à tel point, qu’aujourd’hui leur dette extérieure accumulée s’élève à 20% de la dette extérieure mondiale. Le gouvernement émet également des dollars qui ne reposent sur aucune production, qui leur servent aux achats extérieurs.

5. Ces dollars sont tombés entre les mains de leurs concurrents : la Chine, le Japon, le Brésil, l’Inde et d’autres pays qui détiennent maintenant plus de 4000 billions de dollars de réserves, ce chiffre équivaut à 30% de la production annuelle des USA. Lorsque la Chine, la Russie, le Brésil ou bien une autre grande économie n’acceptera plus les dollars US, ce sera la banqueroute de l’empire qui ne pourra plus rien acheter avec son argent émis sans couverture. Les USA se verront dans l’obligation de réduire leurs importations de pétrole, de machines et de produits de consommation. Des milliers d’entreprises importatrices et de banques feront faillite, la production s’effondrera et le chômage explosera. C’est cela la grande menace qui pèse à moyen terme sur les USA.

6. Le Brésil et l’Argentine ont décidé de ne plus commercer en dollars. On parle déjà d’une monnaie commune en Amérique du Sud. Beaucoup de pays adoptent l’Euro comme monnaie pour leurs échanges commerciaux. Le dollar est en baisse et avec lui toute l’économie des USA.

7. Le gouvernement US essaiera d’empêcher ce scénario. Il emploiera les armes ou tentera de déstabiliser les gouvernements latino-américains qui lui ont échappé. Il essaie d’implanter des missiles en Pologne afin d’intimider la Fédération de Russie, il menace l’Iran et il manœuvre en Bolivie pour renverser Evo Morales. Il fait de même au Venezuela et dans d’autres pays. Il est toujours embourbé dans un conflit et les choses tournent mal pour lui, mais il insistera.

8. Les USA se sont également endettés dans les guerres d’Irak et d’Afghanistan. Ils s’endetteront encore plus avec la crise dont souffre leur économie.

9. Les USA seront supplantés à la place de première puissance mondiale : c’est la tendance pour les années qui viennent. Dans le monde, Il y aura des conflits et ce pays impérialiste fera tout ce qui est en son pouvoir pour reconstituer l’échiquier, mais il pourra connaître une défaite.


"Accrochez-vous, Bush est en route!" - Housing Crisis (crise du logement), par Mike Lane, Cagle Cartoons, avril 2008

Source : Notas sobre la crisis en Estados Unidos

Article original publié le 12/10/2008

Sur l’auteur

Traduit par Esteban G., révisé par Fausto Giudice, Tlaxcala

L’heure a sonné pour la Banque du Sud

par Emir Sader

Le moment est venu d’approfondir le processus d’intégration. Ce doit être la réponse latino-américaine à la crise, pour renforcer les systèmes financiers des pays de l’Unasul (União das Nações Sul-americanas, Unasul en portugais, Unasur en espagnol, traité de libre échange et commerce, dont le projet est né en 2004 à Cuzco, au Pérou, lors d’un sommet régional, appelé d’abord C.A.S.A. – Communauté Sud-Américaine des Nations - puis baptisé de son nouveau nom lors du sommet sur l’énergie au Venezuela en 2008, avant la signature officielle du traité constitutif en mai 2008 à Brasilia par dix pays membres, Argentine, Brésil, Bolivie, Chili, Colombie, Equateur, Paraguay, Pérou, Uruguay, Venezuela, NdT ).

L’Unasul devrait d’urgence convoquer un sommet exceptionnel pour débattre sur la façon dont les pays du continent peuvent réagir face à la crise internationale. Il n’y a pas d’autre issue que celle de l’approfondissement des processus d’intégration, afin de diminuer la vulnérabilité et les risques de la région du fait de cette crise, née dans le centre du capitalisme et qui vise à faire payer par les pauvres de chaque pays et les pays de la périphérie du système le coût des remèdes de cheval que ces gouvernements centraux entendent administrer.

Un certain nombre de postulats qui font consensus exigent que notre continent renforce ses mécanismes de défense face à la crise internationale. Celle-ci constitue très clairement le résultat de la fièvre spéculative des pays du centre du système, des USA en particulier. La dérégulation financière est à l’origine de cette gigantesque bulle spéculative. En déréglementant – suivant les préceptes du FMI, de l’OMC et de la Banque Mondiale – l’hégémonie rapide du capital financier sous sa forme spéculative a été favorisée, en même temps que la libre circulation des capitaux a été encouragée.

Les conséquences sont visibles. Les pays qui sont parties prenantes des processus d’intégration régionale en Amérique Latine se trouvent moins exposés à la crise, parce qu’ils ont pu développer le commerce et les échanges entre eux et ont su diversifier leurs relations internationales. Il importe maintenant d’effectuer de nouveaux pas en avant, afin de ne pas être les victimes passives de la crise internationale.

Le moment est venu d’avancer et d’approfondir le processus d’intégration. Il est temps d’avancer dans la construction de la Banque du Sud, vers l’objectif de la création d’une monnaie unique régionale, d’une Banque Centrale unique, de mécanismes de contrôle de la circulation du capital financier, de protection des marchés intérieurs, d’aller vers des politiques économiques communes, de développer des projets d’intégration industrielle et technologique, d’élaborer un plan de développement régional.

Telle doit être la réponse latino-américaine à la crise, en renforçant les mécanismes d’intégration, la diversification des relations internationales, par le développement de la consommation des marchés intérieurs, en accentuant la coordination des systèmes bancaires et financiers des pays de l’Unasul.

Les pays centres du capitalisme, responsables de l’exportation des politiques de libre-échange et de libre circulation des capitaux, veulent avant tout nous impliquer dans leurs remèdes, qui consistent simplement à injecter du capital en grande quantité afin de sauver un système en faillite, sans introduire de modifications fondamentales dans les politiques qui sont à l’origine de la gigantesque crise actuelle.

Il nous faut formuler notre propre réponse qui, au plan international, doit promouvoir des formes de régulation de la circulation du capital financier – la taxation de ces mouvements de capitaux, ainsi que le propose ATTAC, comme un impôt citoyen destiné à financer des politiques sociales -, de contrôle du système financier par les États, de pénalisation des responsables des processus spéculatifs ayant conduit à la crise actuelle.

Rien ne saurait se substituer à nos propres alternatives qui, en cohérence avec ce qu’a représenté le processus d’intégration régionale, doivent faire de celui-ci notre forme de défense et d’action autonome face à un système financier international en faillite. Aller de l’avant dans la construction d’un monde multipolaire, politiquement comme économiquement, signifie s’engager dans la construction de la Banque du Sud, disposant de ses propres réserves, de sa monnaie unique et d’une Banque Centrale.

Il n’est plus supportable de voir nos réserves toujours à la merci des banques du Nord, il est grand temps que ce soient elles qui financent directement notre développement, sous notre contrôle. C’est pourquoi il nous faut en même temps renforcer toutes les formes d’intégration du développement régional.

Sinon nous risquons d’être, encore une fois, les victimes des solutions des propres responsables de la crise, qui s’entêtent à vouloir socialiser les pertes d’un système basé sur la privatisation des bénéfices. Il est patent que nous ne saurions accorder aucune confiance aux suppôts d’un système financier international fondé sur ce qu’ils nomment la “libre circulation des capitaux”.

L’heure a sonné pour la Banque du Sud, il est temps d’approfondir et de consolider tous les mécanismes d’intégration régionale, afin d’empêcher qu’ils exportent leur crise, et de faire prévaloir le développement régional sur les ruines du néo-libéralisme et de l’hégémonie impériale usaméricaine.

États

Membres de la CAN²

Bolivie

Colombie

Equateur

Pérou

Membres du MERCOSUL¹

Argentine

Brésil

Paraguay

Uruguay

Venezuela

Autres pays

Chili¹²

Guyana³

Surinam³

Membres Observateurs

Рanama

Mexique

¹ considérés comme membres associés de la CAN.
² considérés comme membres associés du MERCOSUL.
³ ne sont pas encore inclus dans la communauté.

- C.A.N. : Communauté Andine des Nations
- Mercosul Ou Mercosur : Marché Commun du Sud de l’Amérique


Source : A hora do Banco do Sul

Article original publié le 14/10/2008

Sur l'auteur

Traduit par Pedro Da Nóbrega, révisé par Fausto Giudice, Tlaxcala

10 commandements pour sauver la planète, l'humanité et la vie

par Evo MORALES AYMA

Dans le cadre de la Journée Continentale de Solidarité avec la Bolivie et avec Evo Morales qui s’est déroulée le 9 octobre 2008 à Ciudad de Guatemala – en activité connexe au 3e Forum Social des Amériques-, le président bolivien a fait parvenir le message suivant aux mouvements sociaux qui y étaient présents.

Soeurs et frères,

Je salue, au nom du peuple de la Bolivie, les mouvements sociaux du continent présents à cette Journée Continentale de Solidarité avec la Bolivie.

Nous venons de subir la violence de l'oligarchie, qui a eu son expression la plus brutale dans le massacre de Pando, fait qui nous enseigne que détenir le pouvoir sur base de l'argent et des armes pour opprimer le peuple n'est pas soutenable. Il s’effondre facilement, s’il n’est pas basé sur la conscience du peuple et un programme.

Nous voyons que la refondation de la Bolivie affecte les intérêts mesquins de quelques familles de grands propriétaires fonciers, qui rejettent en tant qu’agression les mesures en faveur du peuple telles qu’une distribution plus équilibrée des ressources de gaz pour nos grands-pères et grands-mères, ou que la distribution de terres, les campagnes de santé et d’alphabétisation - entre autres.

Pour protéger leur pouvoir, leurs privilèges et fuir le processus de changement, les oligarchies grands propriétaires de ce qu’on appelle la Demi-Lune se réfugient dans les autonomies départementales et la division de l'unité nationale, se prêtant aux intérêts nord-américains voulant mettre un terme à la refondation de la Bolivie.

Nous venons cependant de recevoir, par le référendum révocatoire du 10 août, mandat de deux tiers des peuples boliviens pour consolider ce processus de changement, pour continuer à avancer dans la récupération de nos ressources naturelles, à assurer le Bien Vivre pour toutes les Boliviennes et Boliviens, et à unir les différents secteurs de la campagne et de la ville, de l'est et de l'ouest.

Soeurs et frères, ce qui est passé dans le référendum révocatoire en Bolivie est quelque chose d’important, non seulement pour les Boliviens mais aussi pour tous les latino-américains. Nous le dédions, en revendiquant la lutte de tous les processus de changement, à tous les révolutionnaires d’Amérique Latine et du monde.

Je suis venu exprimer la façon de récupérer l'expérience de nos peuples, appelée le Bien Vivre, récupérer notre vision sur la Mère Terre, qui pour nous est vie, parce qu'il n'est pas possible qu'un modèle capitaliste transforme la Terre Mère en marchandise. Nous voyons de plus en plus des coïncidences profondes entre le mouvement indigène et les organisations de mouvements sociaux qui parient aussi sur le Bien Vivre. Nous les saluons pour que nous puissions, de manière conjointe, chercher un certain équilibre dans le monde.

Et dans ce cadre, je veux partager et proposer à débat quelque 10 commandements pour sauver la planète, l'humanité et la vie, non seulement à ce niveau-ci mais aussi avec nos communautés, avec nos organisations.

1. Premièrement, si nous voulons sauver la planète Terre et sauver la vie et l'humanité, nous sommes dans l'obligation de mettre un terme au système capitaliste. Les effets graves du changement climatique, des crises énergétiques, alimentaires et financières, ne sont pas le produit des êtres humains en général, mais du système capitaliste en vigueur, inhumain avec son développement industriel illimité.

2. Deuxièmement : renoncer à la guerre, parce que les peuples ne gagnent rien avec les guerres, seuls les empires gagnent. Ne gagnent pas les nations mais les transnationales. Les guerres profitent à de petites familles et non aux peuples. Les milliards de milliards de millions destinés à la guerre doivent plutôt l’être pour réparer et soigner la Terre Mère qui est blessée par le changement climatique.

3. Troisième proposition pour le débat : un monde sans impérialisme ni colonialisme, où les relations doivent être orientées dans le cadre de la complémentarité et prendre en compte les asymétries profondes qui existent d’une famille à l’autre, d’un pays à l’autre, et d’un continent à l’autre.

4. Le quatrième point est orienté sur le thème de l'eau, qui doit être garantie comme droit humain et protégée de la privatisation en peu de mains. Car l'eau est vie.

5. Comme cinquième point, je veux vous dire que nous devons chercher la manière de mettre un terme au gaspillage d'énergie. Nous sommes en train d’épuiser, depuis 100 ans, l'énergie fossile créée durant des millions d'années. Comme certains présidents qui réservent des terres pour des automobiles de luxe et non pour l’être humain, nous devons mettre en œuvre des politiques pour freiner les agrocarburants et, de cette manière, éviter la faim et la misère pour nos peuples.

6. Le sixième point est celui de la Terre Mère. Le système capitaliste ramène la Mère Terre à une matière première. Or la terre ne peut être comprise comme une marchandise : qui pourrait privatiser ou louer sa mère ? Je propose que nous organisions un mouvement international de défense de la Mère Nature, pour récupérer la santé de la Terre Mère et reconstituer avec elle une vie harmonieuse et responsable.

7. Le septième point du débat est constitué par le thème central des services de base, c’est-à-dire l’eau, la lumière, l’éducation, la santé qui doivent être pris en considération comme un droit humain.

8. Comme huitième point : consommer ce qui est nécessaire, donner la priorité à ce que nous produisons et consommons localement, mettre un terme à la consommation, au gaspillage et au luxe. Nous devons donner la priorité à la production locale pour la consommation locale, en stimulant l’autosuffisance et la souveraineté des communautés dans les limites permises par la santé et les ressources limitées de la planète.

9. L’avant-dernier point est la promotion de la diversité culturelle et économique. Vivre unis en respectant nos différences, non seulement physionomiques mais aussi économiques –des économies maniées par les communautés et associations.

10. Soeurs et frères, comme dixième point, nous proposons le Bien Vivre -ne pas vivre mieux au détriment de l'autre-, un Bien Vivre basé sur l'expérience de nos peuples, sur les richesses de nos communautés, terres fertiles, eau et air propres. On parle beaucoup du socialisme, mais il faut améliorer ce socialisme du XXIe siècle en construisant un socialisme communautaire ou, simplement, le Vivre Bien, en harmonie avec la Terre Mère, en respectant les modèles d'expérience de la communauté.

Je suis finalement persuadé que vous assurez, soeurs et frères, le suivi des problèmes existants. J'en conclus qu’il y aura toujours des problèmes, mais je veux vous confirmer que je suis très heureux –et non déçu ni préoccupé par le fait que ces groupes qui ont asservi nos familles de façon permanente, pendant la colonie, la république et à l'époque du néo-libéralisme, continuent, regroupés dans quelques familles, à me résister.

Il est de notre devoir de faire face à ces groupes qui vivent dans le luxe et ne veulent pas perdre celui-ci ni perdre leurs terres. C'est une lutte historique, qui doit continuer.

Je vous réitère, soeurs et frères, mon salut fraternel, en espérant que cette Journée Continentale du 3ème Forum Social des Amériques culmine par de forts liens d'unité entre vous tous et avec un ferme Plan d'Action en faveur du peuple de la Bolivie, en faveur de tous nos peuples.

Evo Morales Ayma
Président de la République de la Bolivie


Source : Mensaje del Presidente Evo Morales a la Jornada Continental de Solidaridad con Bolivia
Article original publié le 9/10/2008
Sur l’auteur
Traduit par Thierry Pignolet, Tlaxcala

vendredi 17 octobre 2008

Lettre d’adieux à Van Walsum

par Salka Embarek

Début septembre, le diplomate néerlandais Peter Van Walsum a démissionné de son poste d'envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara occidental, qu’il occupait depuis 3 ans. Il a été remplacé par Warren Christopher. Voici une lettre que lui a écrit la poétesse et militante sahraouie Salka Embarek.


L’ingénue franchise et le présumé soulagement de conscience politique de l’ancien représentant personnel du Secrétaire Général des Nations Unies pour le Sahara Occidental, Peter Van Walsum, même s’il l’a plutôt été pour le Maroc, position qu’il a décidé d’adopter trois ans après avoir pris son poste– car, d’après lui, «si le Conseil [de Sécurité] avait été prêt à imposer une solution (…)» son analyse aurait été toute autre -, l’ont poussé à exprimer des pensées aussi subjectives que contradictoires auxquelles nous nous sommes vus obligés de répondre tout en lui demandant des explications. L’imbroglio et les inepties sont d’une telle ampleur que l’on en vient à se demander si son intention n’était pas de semer la confusion, de tromper ceux qui lui faisaient confiance et de discréditer encore plus, si cela est possible, l’ONU en critiquant la passivité de cette organisation dans la non-application ses propres résolutions en ce qui concerne le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination.


C’est qu’arrivé à ce moment de sa vie, après s’être discrédité lui-même et après avoir souillé son prestige publiquement avec une incohérence propre à un novice nouveau facilement manipulable, il ne peut pas justifier son travail dans lequel il a nagé à contre-courant tout en reconnaissant que la légalité est du côté du POLISARIO, c’est-à-dire du peuple sahraoui, alors que le Maroc se montre plus implacable, se comportant comme un chien de manchon de certains membres du Conseil de Sécurité.


Pourquoi ne dites-vous pas les choses comme elles sont? Pourquoi ne cessez-vous pas de faire du remplissage dans vos discours et ne vous concentrez-vous pas sur la vérité? C’est simple, M. Walsum, il suffit de se concentrer sur l’idée principale, de ne pas déséquilibrer la vérité, de faire preuve de courage pour reconnaître ce qui est juste, et sinon, de démissionner honorablement plutôt que de se vendre au plus offrant. Vous pourrez y parvenir, M. Walsum, en peu de mots, sans avoir besoin de donner des explications à contretemps, et évidemment de la manière la plus cohérente et la plus claire qui soit.


Le «problème du Sahara» n’est pas complexe, M. Walsum, mais dure depuis trop longtemps, surtout pour le peuple sahraoui, qui pendant ces derniers 33 ans d’exil a vu mourir nombre de ses enfants, en vu naître d’autres dans des pays qui ne sont pas les leurs et qui est fatigué d’entendre des personnes comme vous affirmer que «rien ne changera». Car les choses changent, il suffit de le vouloir, et le peuple sahraoui le veut. Il veut revenir chez lui, il veut rentrer et grandir dans le pays de ses ancêtres, il veut vivre en liberté dans un État souverain et démocratique, il veut décider de son avenir, que ses droits comme êtres humains et comme peuple ayant une identité nationale propre soient respectés. Et lorsqu’un peuple veut cela et se sait dans son droit légitime, M. Walsum, je vous assure que rien ne le fera reculer. Insinuer que «si le POLISARIO renonçait à l’indépendance totale, il compterait sur un grand soutien international» constitue une offense et une marque de mépris à l’égard de notre peuple. Que n’avez-vous pas compris de tout ce que vous avez vu pendant ces trois dernières années? Car jusqu’à aujourd’hui plus de 80 pays reconnaissent la RASD (République Arabe Sahraouie Démocratique) ainsi que des centaines d’associations en Espagne et dans le reste du monde. Le peuple sahraoui et par conséquent le POLISARIO compte sur un grand soutien international dans sa lutte pacifique pour l’indépendance totale. Aucun pays du monde n’a accepté de reconnaître la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental.


Le conflit du Sahara n’est pas insoluble, Mr Walsum; ce qui se passe, c’est qu’il faut du courage pour admettre que le Maroc se moque de la Communauté Internationale, des résolutions de l’ONU et que sa proposition d’autonomie, outre le fait qu’elle est inadmissible, n’est qu’une couverture pour détourner l’attention de la grave violation des droits de l’homme que subit le peuple sahraoui dans les Territoires Occupés depuis l’invasion marocaine, qui a provoqué la création de campements de réfugiés et des milliers de personnes déplacées sahraouies dans le monde.


Si les instances internationales manquent de force exécutive dans l’application des résolutions, comme vous le déclarez, il s’agit d’un problème de plus qui touche le peuple sahraoui et tous les peuples du monde; en plus de l’extrême gravité que cela implique, du fait de l’incapacité à nous défendre à laquelle nous sommes exposés et la frustration face au travail que ne font pas ces instances –et qu’elles devraient faire - pour mettre en pratique ce qu’elles disent. La faiblesse des Nations Unies est épuisante, mais cela n’est pas une raison pour céder à l’envahisseur génocidaire et pour renoncer à notre droit à la libre détermination.


Le Maroc s’y connaît peu en diplomatie mais beaucoup en prostitution politique, ou ce qui revient au même, en «Realpolitik». Si vous espérez que le peuple sahraoui plie devant ce gouvernement envahisseur et criminel, c’est que vous avez perdu la raison ou bien que vous êtes prêt à prendre votre retraite dans la demeure qui vous attend à Tanger, dans la même rue où se trouve celle de M. Pérez de Cuellar.


Le Peuple Sahraoui a déjà trop perdu, il a renoncé a beaucoup d’autres choses et pourtant il continue sa lutte avec les meilleures armes dont il puisse disposer: la vérité, la légalité et son souhait inébranlable d’être un peuple indépendant et libre.


Il est certain que les choses doivent changer: l’agresseur doit arrêter d’agresser, l’envahisseur doit rendre ce qui ne lui appartient pas et la loi doit faire régner la justice. Nous nous chargerons que ce qui adviendra soit bien fait.


Pour un Sahara libre,


Salka Embarek



"L’indépendance du Sahara occidental n’est pas une option réaliste"
Peter Van Walsum, devant le Conseil de Sécurité, 21 Avril 2008
Cette déclaration a suscité une vive protestation des responsables sahraouis. Le représentant du Front Polisario auprès de l’ONU, Ahmed Boukhari, a ainsi affirmé que l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU « a miné le principe de neutralité et de l’impartialité ».


Source : Carta de despedida a Van Walsum

Article original publié en Septembre 2008

Sur l’auteure

Traduit par Mohamed X. , révisé par Fausto Giudice,
Tlaxcala

Englis version : Farewell letter to Van Walsum

jeudi 16 octobre 2008

« Ce qui a primé pour les FARC ? Ce sont les besoins du peuple »

Interview de Jaime Guaracas, légendaire guérillero des FARC
par Hernando CALVO OSPINA

C’est dans un coin reculé de la planète qu’il me reçoit. Il fait une chaleur terrible et la couleur des nuages annonce une averse. Me voyant soucieux, il me dit que cette cabane, construite de bois et de feuilles, a déjà résisté à plusieurs tempêtes. Je m’aperçois que dans la petite pièce, l’unique luxe, ce sont les livres. Les heures passant, je me rends compte que deux photos font partie de ses trésors: Il y figure sur les deux, près de Manuel Marulanda Vélez, le commandant des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC), récemment décédé.
J’ai devant-moi un des guérilléros des plus légendaires de Colombie : Jaime Guaracas. Il est l’un des mythes révolutionnaires encore vivants, et partie indissoluble de la création et du développement des FARC. Au cours de la Septième Conférence, en mai 1982, il fut élu à la plus haute instance de cette organisation, le Secrétariat. Il dut abandonner sa charge à cause de son mauvais état santé
Il raconte que ses « soucis de santé » avaient surgi progressivement, séquelles des tortures qu’ils lui infligèrent après sa capture, le 5 juin 1973, à Cali, au sud-ouest du pays. « Les militaires m’avaient gardé enfermé pendant trois mois dans une cellule qui était appelée « calme-fous » et soumis aux méthodes les plus sauvages qu’ils avaient appris des spécialistes usaméricains. »
Guaracas a une mémoire photographique. Il se souvient près de quel fleuve, quelle colline, chemin, village éloigné, quel mois et quel jour s’étaient déroulés les détails les plus importants de l’histoire colombienne, que bien peu connaissent.
Voici une petite partie de ma conversation avec ce personnage, qui n’a presque jamais donné d’interview.

Depuis le Triangle de la Vie heureuse (Italie : le scandale des déchets )

par Sergio SEDIA




S’il est un produit que vous devez absolument bannir de votre alimentation, c’est bien la mozzarella, ce succulent fromage frais de bufflonne produit exclusivement dans la Campanie, la région autour de Naples, et particulièrement dans la province de Caserta.
Sur les 30 mille tonnes (30 millions de kilos) produites par an, entre 15 et 20% sont exportées, principalement vers la Suisse, l’Allemagne, la France, les USA et le Japon. La Corée du Sud vient d’en interdire l’importation.
C’est que cette mozzarella contient, outre des traces d’hormones de croissance et d’anabolisants administrés aux bufflonnes, de fortes doses de dioxine, un poison mortel.
La Campanie est en effet devenue la poubelle de l’Italie et de l’Europe, où la Camorra – la mafia napolitaine – a enfoui des millions de tonnes de déchets toxiques , ménagers , chimiques et radioactifs, dans 15 500 décharges illégales.
Les gouvernements qui se succèdent à Rome s’avèrent tous incapables de résoudre ce problème, la population locale mène un combat désespéré pour la survie et la Commission européenne se contente de mesures cosmétiques prises à grand renfort de publicité par le Cavaliere Berlusconi, qui, après le surnom de Sua Emittenza (Son Émittence), allusion à ses chaînes de télévision), mérite bien celui de Sua ‘Munnezza (Son Immondice).
Donnons la parole à un des nombreux combattants napolitains, Sergio Sedia, devenu, comme il dit, « défenseur de l’environnement par la force des choses ». Il a demandé l’asile politique au Tessin, en Suisse italienne, avec son épouse enceinte, au début de cette année et est entretemps revenu au pays, dans l’attente d’une improbable réponse de Berne.
Ce texte qui résume son analyse politique et économique du scandale des déchets a été envoyé au
Congrès « Mut zur Ethik », organisé par la coopérative suisse Zeit-Fragen en août dernier à Feldkirch (Autriche).
Puisse son message être entendu au-delà de la Campanie et de l’Italie, par tous ceux qui ont à cœur de défendre la vie contre les marchands de mort.
FG

_________

L'économie se déplace tout. Intérêts, vies humaines, espoirs et rêves n'ont de sens que nous mangeons et mourons à l’intérieur d’une frontière bien délimitée que l'on appelle économie. L'économie est régie par la politique. Les politiciens donnent une valeur à tout , mettent un prix sur tout, ils fichent scientifiquement tout, même nos rêves et les sourires de nos enfants. Nos vies, vous le savez désormais, sont des codes-barre.
• La tragédie silencieuse qui fauche des vies innocentes depuis des années sur nos terres, n’existe pas
• Les déchets chimiques et nucléaires enfouis partout sont inoffensifs.
• Notre souffrance est imaginaire.

• Notre peur, ils l’appellent psychose.
• La mozzarella à la dioxine fait du bien.
• Les buflonnes contaminées par les déchets toxiques n'existent pas.
• Les 100 000 ovins tués puis brûlé parce que porteurs sains de plomb, de chrome, d'arsenic et de dioxine sont partis au vent.
• Les sols empoisonnés, c’est un bluff.
• Le puits qui débordent d’écume, ce sont des fantasmes.
• Les nappes phréatiques dévastées, ce sont des inventions. • Les médecins qui répètent ad nauseam que les cas de cancers recensés sont terriblement hors normes sont des fous mal préparés à la recherche de gloire.
• Qui tente d'échapper à la mort en demandant l'asile politique ne peut être qu’un brillant comique.
• Les enfants morts après des cycles dévastateurs de chimiothérapie, on les appelle « données statistiques dans les moyennes ».
• Les enfants nés malformés ou jamais nés, ils les appellent « avortements spontanés »
• Nos parents, nos amis et nos chers grands-parents détruit par le cancer ne sont qu’une marchandise antiéconomique et agaçante qui doit être éliminée du système.





mercredi 15 octobre 2008

Bolivie : La Préfecture de Cochabamba préparait le terrain pour une guerre civile

par Wilson GARCÍA MÉRIDA
Le rapport final de l’Inspection Générale des Finances de la République qui établit une malversation de plus d’un demi-million de dollars pour l’achat frauduleux de véhicules de luxes utilisés pour des campagnes de prosélytisme politique, et ni plus ni moins avec des ressources de l’IDH 1, n’est que le bout de la pelote d’un interminable écheveau de corruption, semblable à la découverte, dans le département de Pando, sous la gestion de Leopoldo Fernández, que l’appareil préfectoral était utilisé avec l’unique finalité improductive de créer l’environnement propice pour imposer, par la force, une « autonomie départementale » immorale et insurrectionnelle.
Les ex fonctionnaires préfectoraux Manfred Reyes Villa Bacigalupi, Johnny Ferrel Soria Galvarro, Adolfo Aponte Zambrana et Gustavo Navia Mallo, avec les patrons Roberto Dick Noya et Carlos Enrique Paz Grozdanovic, doivent rembourser à la Préfecture de Cochabamba la somme exacte de 3.632.743 bolivianos, équivalents à 553.909 dollars, pour la malversation réalisée avec l’achat frauduleux de véhicules de luxe pour l’usage somptuaire de Reyes Villa et de ses collaborateurs. Plusieurs de ces véhicules motorisés arrivaient équipés d’un blindage anti-balle et de vitres « raybanisées »2 comme pour les déplacements en situation de guerre.

Bolivie : Le néofasciste italien Marco Diodato continue d’agir dans l’ombre, après avoir simulé sa mort

Dans l'enquête menée sur le massacre de 15 paysans indigènes commis le 11 Septembre dernier dans le département du Pando, émerge à nouveau une piste néofascsciste européenne, et plus précisément italienne. L'ancien parachutiste originaire des Abruzzes Marco Marino Diodato, 51 ans, serait, selon Michel Irusta, journaliste et ancien parlementaire bolivien, lié au préfet du Pando, Leopoldo Fernández, actuellement détenu pour avoir violé l'état de siège imposé par le gouvernement dans le département, et aurait été son complice dans le financement des escadrons de la mort qui ont commis le massacre du 11 Septembre.Le journaliste indépendant de Cochabamba Wilson García Mérida pense la même chose. Selon lui, Diodato a opéré récemment dans les départements "rebelles" de la Media Luna (Santa Cruz, Beni, Pando et Tarija) “organisant des équipes d'assassins".Le néofasciste italien, qui s'est installé en Bolivie à la fin des années 70, a travaillé pour le dictateur Hugo Banzer, dont il épousa une nièce, et pour Luis García Meza. Accusé de diriger une bande de narcotrafiquants, il a été condamné en 1999 à dix ans de prison est s'est évadé en 2004. Depuis lors, il est en fuite.

Chroniques de la vie quotidienne dans la France sarkozyenne (Vol.II, N°4) - Ya kekchose que j’comprends pas…

Réflexions à propos du plan de sauvetage

En écoutant les quelques analyses savantes de nos journalistes à propos de ce plan censé sauver l'humanité, il y a quelque chose que je ne comprends pas et qui me rend perplexe. Si quelqu'un comprend mieux, je lui serais reconnaissant de m'éclairer.

On nous dit que l'Europe va injecter 1700 milliards d'euros pour sauver les banques, pour garantir les prêts interbancaires. De cette somme gigantesque, la France, elle, s'engage à débloquer 360 milliards d'euros, soit environ le sixième de son PNB.

Mais en France, on nous dit que le gouvernement n'a pas d'argent pour financer tel ou tel projet, come le RSA par exemple. Alors, où va-t-il trouver les 360 milliards d’Euro ? Excusez-moi, mais le modeste contribuable que je suis, ne peut que s'inquiéter.

Pas de panique ! On nous rassure tout de suite que le contribuable ne sera pas sollicité et que son argent ne sera pas touché, tout en signalant en petits caractères : « du moins pas dans l'immédiat ». Car en vérité ces 360 milliards d’Euro français sont de l'argent virtuel, ils n'existent pas. Ils sont juste destinés à donner confiance aux banquiers pour qu'ils acceptent de se prêter entre eux.

Par conséquent, si je comprends bien, les banques doivent avoir de l'argent dans leurs coffres, seulement en cette période, elles se méfient les unes des autres, comme des charognards se méfieraient entre eux en en cas de disette. C’est pour cela qu’elles ne veulent pas se prêter de l'argent entre elles, et à fortiori elles ne veulent pas prêter de l'argent aux entreprises, et l'économie est à l'arrêt.

Et voilà que notre gouvernement français intervient pour leur dire de ne pas s'inquiéter et de ne pas hésiter à se prêter de l'argent entre elles, car si jamais une banque ne parvient pas à rembourser, l'État va intervenir pour le faire. Chers banquiers, vous pouvez revenir devant vos écrans PC pour jouer à prêter de l’argent et faire du profit, et vous pouvez dormir sur vos deux oreilles. L'État est là pour vous garantir votre argent.

C'est là que je ne comprends pas ?! Notre gouvernement français n'a pas d'argent. Il dit clairement et les banques le savent, que les 360 milliards d’Euro sont de l'argent virtuel. Pourtant, les banques lui font confiance bien qu'il n'ait pas un sou, alors qu'elles ne se font pas confiance entre elles, bien qu'elles aient beaucoup de sous ?! Vous avez compris, vous ?

Je me dis alors que si les banquiers ont foi en notre pauvre gouvernement et n’ont pas foi en leurs richissimes institutions, c'est qu'ils doivent savoir qu'entre riches et puissants, il est très difficile de céder quoi que ce soit, en même temps ils doivent avoir la certitude que le gouvernement qu'ils ont aidé mettre en place, n'hésitera pas à se tourner vers ces contribuables heureux, qui ont voté pour lui, pour qu'ils passent à la caisse, de gré ou de force !

Mais non, vous vous trompez. Vous êtes même de mauvaise foi, me dit-on. Car ça ne se passera pas comme ça. Bien au contraire, ces 360 milliards d’Euro virtuels vont se transformer comme par enchantement en une poule aux œufs d’or au service des contribuables heureux. Ecoutez la démonstration.

Nous, gouvernement français, disons aux banquiers : voilà un grand coffre vide que nous mettons à votre disposition. Il vous suffit d’imaginer qu’il y a dedans 360 milliards d’Euro que vous pouvez utiliser en cas de besoin. Vous aurez alors un moral d’enfer pour prêter de l’argent et tout va redémarrer de plus belle, et vous n’aurez jamais besoin d’ouvrir le coffre vide.

En revanche, il y a à côté un autre coffre plus petit avec une petite fente, une sorte de tirelire quoi. Tous les ans, vous les banquiers, vous devez me payer un petit intérêt, bien vrai celui-là, pour l’argent virtuel que j’ai mis à votre disposition. Disons si vous me payez 3% sur les 360 milliards, ça me fera une petite somme de 10 milliards et 600 millions d’Euro, que j’utiliserai pour financer tous les projets dont ont besoins mes heureux contribuables ; RSA, plan Marshall pour les banlieues, prisons plus agréables à vivre etc. etc.

Vous voyez, ils ont raison. J’avais tout faux dans mon analyse ! L’idée de l’argent virtuel est vraiment géniale. On pourra même continuer comme ça pour résoudre les problèmes de famine, supprimer les dettes des pays pauvres, financer les recherches médicales pour venir au bout de toutes les maladies et plein d’autres projets humanitaires.

Et nous vivrons tous comme des contribuables heureux. C’est enfin le « Imagine » du feu John Lennon qui se réalisera. C’est beau ça, non ?

IA, un contribuable heureux

mardi 14 octobre 2008

Vents de guerre civile en Bolivie - Pistes pour s’orienter dans un conflit à quatre bandes

par Raquel GUTIÉRREZ AGUILAR

Pendant la première quinzaine de septembre, les régions nord, est et sud de la Bolivie ont vécu dans le chaos. Même maintenant que l’ouragan de violence, confusion et mort déclenché dans les regions « autonomes » semble s’être calmé et que le gouvernement central et les préfets des départements factieux ont commencé une negociation difficile accompagnée par des médiateurs et des observateurs nationaux et étrangers –parmi lesquels des représentants de diverses églises installées en Bolivie et des fonctionnaires de l’OEA– la tension interne n’est pas finie.
Comme c’est habituellement le cas dans les conflits internes récents dans divers pays, la compréhension des événements s’avère très difficile à cause de l'accumulation des disputes anciennes et nouvelles que s’entremêlent et produisent des scénarios inédits. Le but des pages qui suivent est, essentiellement de relater schématiquement le déroulement des derniers événements qui ont connu leur apogée avec le massacre d’El Porvenir dans le Pando, en présentant simultanément des éléments pour identifier les divers composants du conflit.
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Guatemala, 11 Octobre 2008 : Déclaration de l’Assemblée des Mouvements Sociaux

Dans le cadre du 3ème Forum Social des Amériques, réalisé du 7 au 12 octobre 2008, nous nous sommes réunis à Iximulew dans l’Assemblée des Mouvements Sociaux représentant des organisations indigènes, paysannes, de femmes, syndicales, d’habitant(e)s, de migrants, d’artistes, de LBGTI (1), de jeunes et d’enfants, ainsi que d’autres secteurs. La glorieuse Université tricentenaire de San Carlos de Guatemala a été le siège principal de ce Forum. Nous sommes arrivés de tout le continent et de toutes les terres les plus éloignées. Nous nous sommes réunis pour partager nos expériences de résistance et de lutte ; nos revendications et nos propositions ; pour nous connaître et/ou nous reconnaître ; pour avancer collectivement vers la construction d’une autre Amérique possible et nécessaire.


Nous participons à un moment historique et décisif pour l’humanité. En ce moment, l’échec du système capitaliste que les mouvements sociaux avaient annoncé depuis fort longtemps, est devenu une évidence. Nous vivons des moments marqués par l’effondrement du système financier international qui éclaire sur le caractère spéculateur et spoliateur du capitalisme et démasque l’absence de moralité et de transparence du grand capital. Il ne s’agit pas seulement d’une crise financière mais également de crises alimentaire, énergétique, environnementale et éthique qui menacent d’entrainer l’humanité vers des situations de calamité sociale et économique, jamais encore vécues. Le système capitaliste a produit chaque fois plus d’exclusion, de marginalisation, de violence et des effets irréversibles sur la vie de la planète, tel le réchauffement climatique global.


Nous vivons en même temps, une poussée de la lutte des mouvements sociaux qui a comme axe central, la lutte pour la défaite définitive du néolibéralisme qui doit s’exprimer en créant un agenda de lutte et de résistance plurielles : comme la lutte contre la militarisation, celle contre les plans de l’empire tels : l’initiative Mérida, le Plan Colombie, l’ASPAN (2), l’implantation de bases militaires, l’École des Amériques, la IVe Flotte, nous exigeons la fermeture définitive des bases militaires usaméricaines et la suppression immédiate de la IVe Flotte.



"Ta bouche, fondamentale contre les fondamentalismes" : manifestation du Forum social le 12 Octobre à Ciudad de Guatemala. Photo AFP/Getty Images


Nous résistons aux nouvelles formes d’appropriation des ressources naturelles, comme les mines à ciel ouvert, les centrales hydroélectriques et les mégaprojets, l’attribution des meilleures terres pour la production d’agrocombustibles et l’agrobusiness, la tendance à accaparer et à privatiser nos ressources en eau, la concentration de la propriété et la spoliation des ressources des paysans et indigènes.


Nous continuons à résister à l’offensive néolibérale des Traités de Libre Commerce imposés autant par le USA que par l’Europe, de même que nous résistons au pouvoir usurpateur des transnationales dans le continent. Notre lutte contre la dette extérieure avance ; nous considérons celle-ci comme immorale et illégitime car nos peuples n’ont aucune raison de la payer.


Nous résistons à la criminalisation et à la répression de la lutte des mouvements sociaux en appelant à renforcer sa dénonciation, son articulation populaire et la solidarité avec tou-te-s ceux et celles qui subissent répression et persécution.


Mais nous ne faisons pas seulement que résister, nous vivons une ère de changement dans laquelle nos peuples avancent dans la construction d’un modèle alternatif ; nous saluons la victoire populaire de nos frères et de nos sœurs de l’Équateur.


Nous sommes ensemble dans la lutte avec les peuples originaires de notre continent qui exigent la refondation les États d’héritage colonial, en reconnaissant leur caractère plurinational, base du « Bien Vivre » qui nous apprend à nous développer, de pair avec le temps et la mère nature.


Face au terrorisme médiatique, nous appelons à unir les efforts pour construire un agenda commun en direction de la démocratisation de l’information, pour renforcer les initiatives de communication transformatrices et pour le droit à l’information.


Nous réaffirmons notre engagement dans la lutte pour la Réforme Agraire Intégrale et la Souveraineté Alimentaire des peuples et des communautés indigènes et paysannes.


Nous réaffirmons notre opposition à la flexibilisation du travail et nous nous prononçons pour la défense sans restriction des droits du travail pour les travailleurs et les travailleuses du continent.


Nous réaffirmons le droit des femmes à décider en toute liberté de leur vie, de leur corps, de leur sexualité et des territoires où elles vivent, de bénéficier de leurs richesses naturelles et culturelles. Nous réaffirmons que l’autonomie des femmes est la condition pour construire les relations égalitaires dans une nouvelle gauche des Amériques, une gauche libre, détachée du fléau du patriarcat. Nous nous prononçons donc pour un pacte éthique de non-violence et d’équité.


Nous nous reconnaissons dans les principes de coopération, de complémentarité et de solidarité de l’Alternative Bolivarienne pour les peuples des Amériques (ALBA) en nous engageant à poursuivre l’intégration par le bas.


Nous renouvelons notre solidarité militante avec la lutte du peuple bolivien pour la construction d’une nouvelle société pluriculturelle et plurinationale. Nous condamnons le racisme de l’oligarchie bolivienne. Nous appelons à défendre le droit inaliénable à l’autodétermination du peuple bolivien.


Nous renouvelons également notre solidarité avec l’héroïque révolution cubaine, nous condamnons et exigeons la levée immédiate du blocus et nous nous engageons à poursuivre la lutte pour la libération immédiate des cinq héros cubains incarcérés dans les prisons US.


Nous sommes solidaires avec la lutte du peuple d’Haiti pour son autodétermination et l’annulation de sa dette extérieure, et nous exigeons le retrait immédiat de la Minustah (3), son remplacement par des missions de solidarité et de coopération, ainsi que l’abrogation de sa dette extérieure.


Nous sommes solidaires avec le peuple vénézuélien dans sa lutte contre l’empire et pour le droit à son autodétermination.


Nous exigeons l’abrogation de la Directive Retour de l’Union Européenne et nous nous prononçons pour la libre circulation des personnes en tant que droit humain.


Nous rejetons toute forme de déplacement forcé des communautés indigènes et paysannes, qui est une atteinte aux droits fondamentaux des peuples.


Nous réaffirmons notre lutte contre l’impunité et l’oubli, dans notre continent.


UNE AUTRE AMÉRIQUE EST POSSIBLE ET NÉCESSAIRE


GLOBALISONS LA LUTTE – GLOBALISONS L’ESPOIR


Iximulew, Guatemala, 11 octobre 2008


Ndt


(1)LGBTI : Lesbiennes, Gays, Bi-, Trans- et Intersexe.


(2)Iniciativa Mérida : Bush(US) et Calderón(Mex.) ont donné ce nom au programme de coopération contre le crime organisé et le narcotrafic. Les USA ont octroyé au Mexique pour 2008, la somme de 500 $M.


Plan Colombie : plan de lutte usaméricano-colombien contre la guérilla.


ASPAN : Alliance pour la Sécurité et la Prospérité de l’Amérique du Nord


(3) Minustah : Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti


Photos : voir plus bas


Reportages radiophoniques









Calendrier des actions à impulser par les mouvements sociaux
au niveau mondial et de l’hémisphère







Journée d’Action Globale contre la Minería Tradicional (4), dont la date sera annoncée selon l’opportunité


Du 12 au 19 octobre 2008 : Semaine d’Action Globale contre la Dette et les Institutions Financières Internationales.


Organiser la création du Conseil Continental de l’Enfance et Jeunesse d’Ayba Yala, avec l’articulation, la représentation et la participation d’enfants et de jeunes des peuples et des nationalités indigènes.


Le 16 octobre 2008. Mobilisation Continentale pour la Souveraineté Alimentaire et contre la Faim, préparée par la CLOC (5) et Vía Campesina.


Du 23 au 25 octobre 2008 à Santa Cruz, Bolivie : Rencontre des Mouvements Sociaux en Solidarité avec la Bolivie.


Le 25 octobre 2008 : Aux USA, Campagne contre le mur (frontière USA-Mexique) et la militarisation.


À Salvador de Bahía, en décembre 2008 : Réunion des organisations latino-Américaines et caribéennes convoquées par des organisations brésiliennes et l’ASC (6). Cette action est réalisée en parallèle à la convocation par le gouvernement brésilien d’un sommet élargi du MERCOSUR (7) et des gouvernements latino-américains et caribéens.


Le 1er janvier 2009 : 50ème anniversaire de la Révolution Cubaine. Manifestation dans tous les pays et devant les Ambassades US.


Janvier 2009 : Forum Social Mondial de Belem (Brésil).


En 2009, en Équateur : Forum Latino-américain contre la Mine.


Campagne bi-régionale contre l’Accord d’Association entre l’Union Européenne et l’Amérique Latine.


Le 15 mars 2009 : Jour contre la guerre, contre le militarisme et pour l’autodétermination des peuples en marche vers l’émancipation


1er mai 2009 : Journée des Travailleurs et des Travailleuses, dédiée à la lutte pour les droits des travailleurs migrants et de leurs familles.


Du 27 au 31 mai 2009, à Puno, Pérou : IVe Sommet Continental des Peuples et des Nationalités Indigènes. Pendant ce Sommet, il y aura également le Premier Sommet des Femmes, de la Jeunesse et de l’Enfance


Avril 2009, à Trinidad et Tobago : au Sommet des Amériques, Actions pour le rejet de l’ALCA (8) que les gouvernements de la région essaieront de réactiver.


Campagne Latino-Américaine « Les Artistes ne se nourrissent pas avec des applaudissements » prévue dans le cadre du 3ème Forum Social des Amériques.


Forum Permanent Continental de l’Art et de la Culture, à partir d’initiatives locales, prévu dans le cadre de ce même Forum.


Le 15 mai 2009 : Journée Continentale de Lutte des ensiegnants.


Le 23 septembre 2008 : Campagne pour permettre que l’Assemblée générale des Nations Unies examine le cas de Porto Rico


En 2010 : Marche Mondiale des Femmes.


Nous nous joignons au processus de construction de Via Urbane (Voie urbaine, organisation mondiale sur le modèle de Via Campesina, Voie paysanne, NdT) et de l’Assemblée Mondiale des Habitants pour l’année 2011.



Ndt


(4 ) Minería Tradicional : petites exploitations de mines d’or régentées par des multinationales.


(5) CLOC : Coordination Latino-américaine des Organisations Paysannes.


(6) ASC : Alianza Social Continental / Alliance Sociale Continentale.


(7) MERCOSUR : Marché Commun du Sud


(8) ALCA : Área de Libre Comercio de las Américas / Zone de Libre Échange des Amériques.

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Marcha de Clausura del III FSA
Marcha de Clausura del III FSA
Minga - CONACAMI
Importante presencia Indígena Campesina en el III FSA
Importante presencia Indígena Campesina en el III FSA
Minga - CONACAMI
Imágenes del Parque Central de Ciudad de Guatemala
Imágenes del Parque Central de Ciudad de Guatemala
Minga - CONACAMI
Campesinos e Indígenas en Clausura del III FSA
Campesinos e Indígenas en Clausura del III FSA
Minga - CONACAMI
Marchando hacia el Parque Central en ciudad de Guatemala
Marchando hacia el Parque Central en ciudad de Guatemala
Minga - CONACAMI
La CLOC presente en la marcha de Clausura del III FSA
La CLOC presente en la marcha de Clausura del III FSA
Minga - CONACAMI
Autoridades Indígenas en Marcha de Clausura del III FSA
Autoridades Indígenas en Marcha de Clausura del III FSA
Minga - CONACAMI
Participante en marcha de Clausura del III FSA pidiendo Paz y Justicia
Participante en marcha de Clausura del III FSA pidiendo Paz y Justicia
Minga - CONACAMI
Presencia del Grito de los Excluidos en Guatemala
Presencia del Grito de los Excluidos en Guatemala
Minga - CONACAMI
Vista panorámica del Parque Central de Ciudad de Guatemala
Vista panorámica del Parque Central de Ciudad de Guatemala
Minga - CONACAMI
Mesa Espacio Politico de Pueblos y Nacionalidades Indígenas
Mesa Espacio Politico de Pueblos y Nacionalidades Indígenas
Victorino Tejaxun
Waqib´Kej
Mesa Espacio Politico de Pueblos y Nacionalidades Indígenas
Mesa Espacio Politico de Pueblos y Nacionalidades Indígenas
Victorino Tejaxun
Waqib´Kej
Ceremonia Maya
Ceremonia Maya
Minga Informativa
Ceremonia Maya 2
Ceremonia Maya 2
Ceremonia Maya 3
Ceremonia Maya 3
Recordando los asesinados de CUC
Recordando los asesinados de CUC
Taller socialismo latinoamericano y caribeño
Taller socialismo latinoamericano y caribeño
Minga
Mesa Espacio Politico de Pueblos y Nacionalidades Indígenas
Mesa Espacio Politico de Pueblos y Nacionalidades Indígenas
Mesa Espacio Politico de Pueblos y Nacionalidades
Jornada Continental de Solidaridad con Bolivia y el Presidente Evo Morales
Jornada Continental de Solidaridad con Bolivia y el Presidente Evo Morales
Victorino Tejaxun
Waqib´Kej
Grafiti
Grafiti
Victorino Tejaxun
Waqib´Kej
Despenalización del aborto ya!
Despenalización del aborto ya!
Minga Informativa
Despenalización del aborto ya! 2
Despenalización del aborto ya! 2
Minga Informativa
Margarita Laso y Ataulfo Tobar en acto de inauguración en III FSA
Margarita Laso y Ataulfo Tobar en acto de inauguración en III FSA
Ecuarunari
Alberto Acosta en el acto de inauguración del III FSA
Alberto Acosta en el acto de inauguración del III FSA
Ecuarunari
Delegación niñez y juventud ECUARUNARI-Ecuador
Delegación niñez y juventud ECUARUNARI-Ecuador
Ecuarunari
Ceremonia ancestral en Inauguracion III FSA- Guatemala.JPG
Ceremonia ancestral en Inauguracion III FSA- Guatemala.JPG
Ecuarunari
Agustín Caiza de Cotopaxi participa en el III FSA
Agustín Caiza de Cotopaxi participa en el III FSA
Ecuarunari
Taller Socialismo latinoamericano y caribeño 2
Taller Socialismo latinoamericano y caribeño 2
Minga Informativa
Despenalización del aborto ya! 3
Despenalización del aborto ya! 3
Ceremonia Maya 5
Ceremonia Maya 5
Foto tomado en el Territorio Foro
Foto tomado en el Territorio Foro
III FSA, III Foro Social Américas
III FSA, III Foro Social Américas
Minga Informativa
III FSA, Foro Social Américas
III FSA, Foro Social Américas
Minga Informativa
III FSA, Foro Social Américas
III FSA, Foro Social Américas
Minga Informativa
III FSA, Foro Social Américas
III FSA, Foro Social Américas
Minga Informativa
III FSA, Foro Social Américas
III FSA, Foro Social Américas
Minga Informativa
III FSA, Foro Social Américas
III FSA, Foro Social Américas
Minga Informativa
III FSA, Foro Social Américas
III FSA, Foro Social Américas
Minga Informativa
III FSA, Foro Social Américas
III FSA, Foro Social Américas
Minga Informativa

FSA, Foro Social Américas
Minga Informativa
III FSA, Foro Social Américas
III FSA, Foro Social Américas
Minga Informativa
III FSA, Foro Social Américas
III FSA, Foro Social Américas
Minga Informativa
Mesa Espacio Politico de Pueblos y Nacionalidades Indígenas
Mesa Espacio Politico de Pueblos y Nacionalidades Indígenas
Victorino Tejaxun
Waqib´Kej
Mesa Espacio Politico de Pueblos y Nacionalidades Indígenas
Mesa Espacio Politico de Pueblos y Nacionalidades Indígenas
Victorino Tejaxun
Waqib´Kej
Mesa Espacio Politico de Pueblos y Nacionalidades Indígenas
Mesa Espacio Politico de Pueblos y Nacionalidades Indígenas
Victorino Tejaxun
Waqib´Kej
Libertad
Libertad
Victorino Tejaxun
Waqib´Kej
Inauguración del FSA I
nauguración del FSA
Minga Informativa
Inauguración
Inauguración
Victorino Tejaxin
Waqib´Kej
Inauguración
Inauguración
Victorino Tejaxun
Waqib´Kej
Inauguración
Inauguración
Victorino Tejaxun
Waqib´Kej
Inauguración III Foro Social Américas
Inauguración III Foro Social Américas
Victorino Tejaxun
Waqib´Kej
Inauguración III Foro Social Américas
Inauguración III Foro Social Américas
Victorino Tejaxun
Waqib´Kej
Inauguración III FSA
Inauguración III FSA
Victorino Tejaxun
Waqib´Kej
Inauguración III Foro Social Américas
Inauguración III Foro Social Américas
Victorino Tejaxun
Waqib´Kej
Inauguración III FSA
Inauguración III FSA
Victorino Tejaxun
Waqib´Kej
Autonomia
Autonomia
Victorino Tejaxun
Waqib´Kej
Ceremonia Maya
Ceremonia Maya
Victorino Tejaxun
Waqib´Kej

Leyendo el mensaje de Presidente Evo Morales
Leyendo el mensaje de Presidente Evo Morales
Victorino Tejaxun
Waqib´Kej
Source :
http://movimientos.org/fsa2008/fotos.php





Source : Declaración de la Asamblea de los Movimientos Sociales en el marco del III Foro Social Américas Guatemala 2008

Article original publié le 11 Octobre 2008

Traduit par
Esteban G. et Fausto Giudice,
Tlaxcala