samedi 22 novembre 2008

Troisième mort de milliers de Républicains espagnols- L’enquête mort-née du juge Baltasar Garzón est définitivement enterrée

Le magistrat espagnol renonce tout en remettant en lumière la tragédie des « enfants perdus du franquisme »
par Michel PORCHERON

Peut-on encore faire le procès du régime franquiste, 33 ans après les funérailles nationales de Francisco Franco ? La réponse est non. Peut-on faire, 69 ans après la fin de la guerre d’Espagne, le recensement officiel de dizaines de milliers de « disparus », Républicains fusillés et jetés dans des fosses communes ? Pas davantage, hormis peut-être quelques cas isolés un jour ou l’autre.
Le juge Baltasar Garzón visait très haut quand il annonça le 16 octobre l’ouverture d’une
instruction controversée, la première instruction jamais menée en Espagne, autorisant l’ouverture de fosses dans 19 lieux, dont celle de Federico Garcia Lorca, et pour faire nommer « crimes contre l’humanité » les exactions et atrocités franquistes commises durant la Guerre (1936-1939) et dans les années qui suivirent.
Allaient devoir apparaître quelques questions d’ordre juridique inévitables, mais plus sûrement des tirs de barrage éminemment politiques. Ce qui fut le cas.

"Gisement idéologique du paléofranquisme"

L’ambitieux (trop ambitieux ?) coup de pied dans la fourmilière de Baltasar Garzón-- qui, réussi, aurait provoqué une onde de choc historique exceptionnelle en Espagne mais aussi hors d’Espagne-- n’aura pas eu de suite. Devenu un non évènement dès la décision le 7 novembre du parquet espagnol de stopper net toute enquête, le sujet ne faisait l’objet que d’entrefilets dans la presse de droite, El Mundo et ABC en tête, le 21 novembre. « L’instruction » du juge n’aura pas duré un mois, tellement toutes les parties opposées, formations politiques de droite en commençant par le Parti Populaire, le parquet espagnol, bon nombre de religieux, les nostalgiques du franquisme, directement ou indirectement concernées, ont fait front commun, regroupé toutes leurs forces vives pour tuer dans l’œuf puis jeter à la trappe « l’instruction » du juge avec quelques pelletées de terre par-dessus.

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jeudi 20 novembre 2008

Assez de répression contre les peuples indigènes de Colombie !

par la CAOI - COORDINADORA ANDINA DE ORGANIZACIONES INDÍGENAS, 13 Novembre 2008

Le gouvernement d’Uribe ordonne d’arrêter la marche vers Bogotá par le sang et le feu, afin de neutraliser la solidarité avec la Minga indigène et populaire
Plus de dix mille indigènes, appuyés par des paysans, afrodescendants, syndicalistes, organismes des droits humains, étudiants, Colombiens aux pieds nus, en poncho, chapeau retroussé, sac au dos et "tres puntas (1), ont forcé les périmètres de sécurité et ont porté la parole dans les rues principales d'Ibagué.
Ni les ESMAD (2), ni les carabiniers qui ont utilisé la noblesse des chevaux contre les marcheurs, ni l'intervention des émissaires d'Uribe, du Maire d'Ibagué, Jesús María Botero, et des délégués du Ministère Public qui ont essayé de persuader les manifestants de ne pas entrer dans la capitale du Tolima, n’ont pu freiner la force de la raison et de la parole; ils sont arrivés au parc Manuel Murillo Toro, en face du palais départemental, où ils ont effectué l'assemblée publique et ce n’est qu’à partir de 17h30 qu’ils sont allés à l'autre extrémité de la ville, pour se reposer au centre des foires - FEXPO.
« Il y a eu un ordre présidentiel pour continuer à délégitimer l'esprit de la Minga, mais nous arriverons à Bogotá à pas d'Indien avec la force du peuple », des milliers de marcheurs qui se sont ralliés à la parole de l'autre Colombie, sont partis très tôt en caravane vers la commune de Gualanday, de là ils marcheront environ 12 kilomètres jusqu'à la localité d’El Chicoral, où ils feront l’assemblée publique pour délivrer la parole et déterrer la mémoire de la lutte, avec un nouveau Pacte pour la Réforme Agraire Intégrale venant des peuples et des secteurs sociaux du pays le plus spolié du monde.
RÉPRIMER POUR ISOLER
Aujourd'hui, à Ibagué, la Minga a acheminé la parole et la dignité que les seigneurs de la guerre ne supportent pas, c'est pourquoi ils ont provoqué les gens avec insistance et comme ils ne sont pas parvenus à leur but, ils ont agressé la communauté pour lui barrer l’accès au centre de la ville.
À l'entrée d’Ibagué, une pancarte gigantesque de la Police Nationale attendait la Minga, qui disait : « À Ibagué, toutes les personnes ont la garantie d'exprimer et de défendre leurs idées. Parce qu’ Ibaguévient en premier», signé la Police Nationale.
« Ce message m'a surpris car normalement cette attitude n’est pas celle de la force publique, toutefois, nous pensons que c’était un geste d'amabilité envers la Minga des Peuples, après toute les agressions dont nous avons été victimes, nous autres, paysans, indigènes, Afrocolombiens, femmes, étudiants, enfants, jeunes, syndicalistes, entre autres », a assuré un marcheur de la Minga.
Certains pensaient qu'ils allaient respecter la parole qu’apportaient les indigènes main dans la main avec les groupes sociaux et populaires qui se sont ralliés depuis le Cauca jusqu'à Ibagué. Mais ils se sont trompés, une fois de plus ils ont été confrontés au cynisme des seigneurs de la guerre, puisque ceux-ci se sont opposés à ce qu'ils entrent dans la ville, et face au refus de la Minga, ils ont attaqué une nouvelle fois la communauté pour empêcher sa rencontre avec les syndicats et les autres organisations qui les attendaient.
Ils ont empêché la progression de la marche pendant longtemps, mais finalement la Minga a poursuivi son chemin. Parvenant à la réunion entre peuples et organisations sociales à Ibagué, ils ont permis une augmentation de la prise de conscience et de la sagesse, à partir de chaque ville, afin de veiller à cet enfant qui a besoin de grandir avec l'apport et l’engagement de toutes et de tous : la Minga des Peuples.

LETTRE DE L’ORGANISATION NATIONALE INDIGÈNE DE COLOMBIE - ONIC
En octobre, nous peuples indigènes de Colombie, les paysans, les communautés afrocolombiennes et les secteurs sociaux, nous sommes mobilisés au niveau régional dans les villes et sur les routes du pays avec notre Minga nationale de résistance indigène et populaire pour exiger de l'État et du gouvernement national la protection de nos vies et nos droits fondamentaux, de l’égard pour la tragédie humanitaire qui saigne et condamne à la misère des millions de citoyens colombiens ; ainsi que pour dénoncer devant la communauté nationale et internationale les étiquettes infâmes et criminelles accolées par le gouvernement national qui qualifient nos luttes sociales de terroristes, et les chefs, autorités et organisations représentatives qui les conduisent de délinquants.
Nous nous mobilisons pour exiger que le gouvernement national honore les engagements d'État souscrits avec les peuples indigènes, pour défendre nos droits territoriaux ancestraux et les ressources naturelles qu’en fidèles gardiens de la nature nous avons protégé pendant des millénaires ; pour exiger l’abrogation des lois inconstitutionnelles sans consultation qui nous spolient des droits acquis et pour solliciter que l'État colombien signe sans réserve la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Indigènes
Nous nous mobilisons pour démasquer les mensonges et les combines qui accompagnent les statistiques trompeuses et les discours populistes du gouvernement national, quand il s'agit de justifier ses omissions dans l'accomplissement de ses fonctions constitutionnelles et son manque de volonté politique pour garantir l’application de nos droits légaux et humains.
En réponse à notre Minga nationale de résistance indigène et populaire, qui a toujours eu un caractère pacifique et se déroule dans le cadre des droits légaux à la protestation sociale, à la liberté d'expression et d'association, le président Uribe, le seigneur de la guerre et de la violence, a ordonné à la force publique de nous traiter comme des terroristes et des objectifs militaires. Le résultat est que la police et l'armée nationale démontrent une fois de plus leur brutalité et leur excès contre la population civile désarmée, ils nous massacrent trois frères et laissent une centaine de nos compagnons estropiés par balles réelles et par des engins explosifs non conventionnels.
Par dignité et en l’honneur de nos morts, nous exigeons un débat ouvert avec le président Uribe, pour que, face à la communauté nationale et internationale, il puisse répondre de ses politiques de génocide et explique les mesures du gouvernement pour conjurer les menaces sur la vie, l'intégrité, le maintien et la survie de vastes secteurs de la population colombienne. Il convient d'indiquer que, nous, peuples indigènes, réclamons depuis plus de quatre ans un dialogue direct avec le président, sans que cela soit possible. Le président n'aime pas les auditoires qu'il ne peut pas coopter où son ego en campagne présidentielle permanente peut être contesté. Il n'aime pas les vérités publiques et encore moins celles que nous proclamons et auxquelles nous travaillons pour la construction d'un État social pluriethnique, multiculturel, rassembleur, tolérant et surtout respectueux des libertés citoyennes, garant des droits humains et respectueux du droit international humanitaire.
Après de multiples obstacles, décès, violence et terrorisme d'État, la Minga nationale de résistance indigène et populaire a enfin obtenu de pouvoir rencontrer le président Uribe le 2 novembre dernier dans la réserve de La María de Piendamó.
De cette entrevue avec le gouvernement national qui n’a pas réussi à aborder, ni à satisfaire les points du débat, il ressort clairement pour nous que le président n'est pas intéressé à protéger et à garantir les droits collectifs, humains et de travail des citoyens colombiens. Que le président s'obstine à définir comme objectif militaire en qualifiant de terroristes et d’alliés de la guérilla, ceux qui, comme nous, défendent les droits humains des Colombiens et qui rejettent pour son caractère inconstitutionnel le Traité de Libre Échange avec les USA. Que la politique de « sécurité démocratique » exige génocide, alliances avec les paramilitaires, crimes d'État, faux positifs et le règne de la violence pour faire peur à tous ceux qui comme nous s’opposent au bradage aux entreprises transnationales des ressources naturelles de tous les Colombiens.
Il est aussi clair qu'au-dessus du bien-être, de l’avenir et des droits des citoyens colombiens, il y a les intérêts des entreprises transnationales et des chefs d'entreprise alliés du gouvernement national. Que le Statut de développement rural est la stratégie législative du gouvernement pour légitimer la spoliation territoriale commise par le feu et le sang par les paramilitaires et imposer les monocultures et les agrocarburants au détriment de la sécurité alimentaire des Colombiens. Que le gouvernement continuera à impulser le Plan Colombie, pour nous obliger au déplacement forcé de nos territoires.
Mais il est surtout clair que la comptabilité de la sécurité démocratique est conçue pour ajouter les meurtres perpétrés par la force publique contre des citoyens civils colombiens désarmés et non protégés; de même que les soldats et les policiers de la patrie peuvent aussi se transformer en assassins et criminels, pour satisfaire la haine viscérale que leur Commandant en Chef des forces armées réserve aux secteurs sociaux, populaires et démocratiques de la nation, dont nous faisons partie, nous qui nous opposons à sa violence militaire, politique et économique.
Face aux déclarations mensongères du gouvernement national lors de la rencontre de La María, qui défendait à outrance la violence et le génocide pour protéger les intérêts étrangers et légiférer en leur faveur; ainsi que face à son refus de s’engager à protéger et garantir les droits humains, légaux et collectifs des citoyens colombiens et sa volonté de continuer à massacrer et appauvrir le peuple colombien, la Minga nationale de résistance indigène et populaire a décidé de sortir des territoires indigènes et de se mobiliser à Bogotá, capitale de la république, pour se transformer tout au long de son parcours en Minga Nationale des violentés, des criminalisés, des exclus, des invisibles et victimes de l'État, du gouvernement national, des entreprises transnationales, du modèle paramilitaire de développement et de tous ceux qui prétendent se remplir les poches au prix de la faim, de la misère, du manque de bien-être et de l’avenir de la majorité des Colombiens.
Du 10 au 25 novembre, la Minga nationale de résistance indigène et populaire marchera de Cali à Bogota, en portant la parole, en rassemblant et en transmettant sa clameur de vie, de liberté et de souveraineté parmi les Colombiens pour se transformer en forum social itinérant et en la journée d'unité communautaire, sociale et populaire la plus grande de notre histoire.
La Minga est devenue maintenant le pays, nous sommes les étudiants atteints dans notre dignité, les travailleurs méprisés et menacés, les syndicalistes, journalistes et enseignants assassinés pour avoir pensé et voulu construire la Colombie accueillante, les défenseurs de l'eau et des ressources naturelles comme biens publics, les victimes de la violence de l'État et des groupes illégaux, les défenseurs des droits humains qui exigeons de vrais procès, la justice et la réparation pour les crimes de guerre. Nous sommes aussi les chômeurs et tous ceux dont les droits légaux et humains ont été bafoués.
Nous sommes maintenant la Minga Nationale et nous réclamons avec dignité la souveraineté du peuple colombien, de ceux qui ont été assassinés par les soldats de la patrie pour satisfaire avec des faux positifs les demandes de morts qu'exige la politique de sécurité démocratique. Nous sommes la Minga et nous nous opposons aux politiques génocidaires et xénophobes de l'actuel gouvernement national et à ce qu’elles soient poursuivies par un mandat présidentiel de plus. Nous sommes la Minga des paysans du lait cru et des volailles de la basse-cour.. La Minga des Afrocolombiens qui ne veulent pas voir des cultures de palme remplacer les sources de notre sécurité alimentaire. Nous sommes la nation des chrétiens et catholiques qui croyons en la paix avec la justice sociale comme condition pour la réconciliation nationale et pour dépasser les causes structurelles du conflit.
Nous sommes également la Minga avec laquelle nous rejetons et nous nous opposons aux néocolonialismes et aux esclavages économiques et militaires modernes, ces vieilles pratiques qui aujourd'hui amènent 18 de nos peuples indigènes au bord de l’extinction.
Aujourd’hui nous sommes une nation qui se dirige vers la Place Bolívar à Bogotá, pour exiger du gouvernement national qu’il réponde du génocide, des crimes de lèse-humanité et des disparitions forcées débouchant sur des meurtres d'État. Qu’il réponde de la misère, de la malnutrition de nos enfants et du manque d’avenir pour nos nouvelles générations. Nous sommes une nation qui dit non au TLC [Traité de Libre Échange], qui exige la mise à plat de l'actuel modèle de développement et qui demande que soit abrogée toute la législation de spoliation basée sur l’absence de consultation et contraire aux droits des peuples.
En tant que nation, nous combattons pour nos droits à la terre et aux territoires pour leurs légitimes propriétaires, nous exigeons du gouvernement national d'accomplir les engagements ratifiés avec le peuple colombien. Aujourd’hui, nous sommes une nation qui demande à la Communauté Internationale et à ses organismes de protection des droits humains de nous accompagner et de vérifier la crise humanitaire et de leurs droits que les Colombiens sont en train de subir.
Nous sommes aujourd’hui une nation en résistance sociale et pacifique qui demande à la Cour Pénale Internationale d'intervenir dans notre pays pour punir les responsables de notre tragédie.
QUE LE SILENCE SOIT CONVERTI EN UN SEUL CRI DE RÉSISTANCE, POUR LA TERRE MÈRE !
LE GRAND CONSEIL DU GOUVERNEMENT INDIGÈNE - ONIC
Bogotá, 11 novembre 2008
(1) « tres puntas » : Nagual ou Nahual à « trois pointes » homme ou femme perpétuant une croyance préhispanique. En relation avec l’univers, utilisant des plantes hallucinogènes pour dépasser les limites de la perception afin d’atteindre d’autres niveaux de conscience. Après plusieurs générations, beaucoup ont appris à « voir », c'est-à-dire à percevoir le monde, non comme une interprétation, mais comme un flux constant d’énergie. [Assimilés à tort à des sorciers], le Nahualisme a été une pratique socialement acceptée comme le sont à notre époque, la religion ou la science. Avec le temps, leurs postulats ont gagné dans l’abstraction et la synthèse, se convertissant en une espèce de proposition philosophique dont les pratiquants portaient le nom de toltecas [ne pas confondre avec les guerriers toltecas]. Le Nahual des « trois pointes » a la faculté de transmettre ses connaissances de manières diverses, ce qui permet une diversification de lignées. Son esprit lumineux exerce un effet de dispersion sur le groupe en cassant la structure de pensée linéaire dans la transmission, et crée dans certains esprits un désir d’action et de changement et une découverte à la prédisposition de s’impliquer. Le nahualli à trois pointes est un sage, il sait s’exprimer, il a dans son intérieur une réserve (d’énergie), il a du cœur, vigilant, attentif, solidaire, il ne fait de mal à personne (Manuscrit Florentin). Source : http://www.wikilearning.com/monografia/la_regla_del_nahual_de_tres_puntas-los_naguales_de_tres_puntas/19418-9
(2) ESMAD : Escadrons Mobiles Anti-émeute, de la police nationale colombienne.
Images de la Marche à Cali, Palmira, Armenia et Ibagué

Source : CARTA DE LA ORGANIZACIÓN NACIONAL INDÍGENA DE COLOMBIA - ONIC

Traduit par Esteban G. et révisé par Fausto Giudice, Tlaxcala

Hugo Chávez face aux élections régionales

par Salim LAMRANI, 20 Novembre 2008

Le 23 novembre 2008 auront lieu les élections régionales et locales au Venezuela qui désigneront les nouveaux gouverneurs ainsi que les maires. Le Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) de Hugo Chávez devrait largement remporter ce scrutin dans un contexte tendu, exacerbé par l’opposition du pays qui refuse toujours de reconnaître la légitimité du président vénézuelien malgré plus d’une dizaine de victoires électorales dont la transparence et le caractère démocratique ont été soulignés par la plupart des organisations internationales1.

En effet, depuis son élection en 1998, Chávez n’a cessé de remettre en jeu son mandat et son autorité, en se soumettant au suffrage populaire. En dix ans, les Vénézueliens auront été consultés pas moins de 13 fois, c'est-à-dire presque autant de fois que durant les quarante ans précédant la Révolution bolivarienne, entre 1958 et 1998, où eurent lieu 15 élections2.
L’opposition, qui contrôle actuellement deux États (Zulia et Sucre) sur 24, pourrait perdre ses ultimes bastions au profit des candidats gouvernementaux, notamment dans l’État de Zulia dirigé par le gouverneur Manuel Rosales, farouche opposant de Chávez. Rosales a déjà prévu d’ignorer les résultats du scrutin en cas de victoire de Giancarlo Di Martino, candidat du PSUV, conscient que les électeurs vénézueliens sont favorables au parti présidentiel3.
Rosales avait déjà participé au coup d’État du 11 avril 2002 en signant le décret reconnaissant la junte putschiste de l’éphémère Pedro Carmona Estanga. Il fut également un éminent protagoniste du sabotage pétrolier en décembre 2002, et a multiplié les campagnes médiatiques contre le pouvoir en place. Il se trouve désormais gravement impliqué dans un scandale de corruption4.


Caracas, 18 Novembre 2008, par Ariana Cubillos/AP Photo

Hugo Chávez a mis en garde contre toute nouvelle tentative de déstabilisation. « Ils veulent de nouveau incendier le pays […]. Ils sont à la recherche de militaires pour fomenter un coup d’État », a-t-il dénoncé. Il en a également profité pour lancer un avertissement ferme à l’encontre de l’actuel gouverneur de Zulia: « Si Monsieur Manuel Rosales refuse de passer le pouvoir au vainqueur du 23 novembre […], il sera arrêté le jour même5 ».
Depuis son arrivée au pouvoir, Chávez a constamment été la cible de menaces. L’administration Bush a tout tenté, du coup d’État de 2002 jusqu’au financement actuel de l’opposition, pour se débarrasser de l’homme politique le plus populaire d’Amérique latine. En septembre 2008, les autorités vénézueliennes ont déjoué de justesse une conspiration visant à assassiner le leader bolivarien et réitérer un putsch. Plusieurs militaires à la retraite et en activité – mais sans commandement de troupes –ont été arrêtés6.
Les services de renseignements vénézueliens avaient réussi à enregistrer plusieurs conversations téléphoniques entre le général de division de l’armée de terre Wilfredo Barroso Herrera, le vice-amiral Millán Millán et le général de brigade de l’aviation Eduardo Baez Terrealba. Les putschistes avaient élaboré un plan pour prendre d’assaut le Palais présidentiel de Miraflores et éliminer Chávez : « S’il se trouve à Miraflores nous ciblerons nos efforts dans cette direction. […] Nous allons prendre le Palais de Miraflores, nous allons nous emparer des chaînes de télévision. L’objectif doit être unique […] Cet effort d’unité doit se diriger vers le Palais7 ».



Caracas, 18 Novembre 2008, par Ariana Cubillos/
AP Photo

En plus d’une attaque contre le Palais, les militaires avaient prévu de s’en prendre à l’avion présidentiel et de le faire exploser par un missile au moment du décollage ou de l’atterrissage. Ainsi, « une opération possible [aurait lieu] au retour de voyage du président Chávez. L’une des actions serait de le faire exploser, ou de le capturer avec des avions en plein vol8 ».
Mario Isea, président de la Commission spéciale d’enquête sur l’assassinat de l’Assemblée nationale vénézuélienne, a confirmé l’existence d’indices avérés concernant ce plan de coup d’État. « Il y a suffisamment d’élément de preuves pour confirmer les plans d’assassinat et de coup dÉtat », a-t-il signalé. Il a également souligné l’implication d’éléments internationaux, d’hommes politiques de l’opposition, de médias privés et d’hommes d’affaires locaux. Les individus en question s’étaient réunis à plusieurs reprises au Venezuela, en Colombie et aux USA9.
L’implication de l’administration Bush dans cette affaire est indéniable. En effet, l’opposition vénézuelienne ne se risquerait jamais à une telle entreprise si elle ne bénéficiait pas du soutien politique et financier de la Maison-Blanche. En septembre 2008, lassé par les multiples ingérences des USA, Caracas a expulsé l’ambassadeur suaméricain et rappelé son représentant diplomatique de Washington.
L’élection de Barack Obama à la présidence US pourrait entraîner une normalisation des relations entre les deux nations. Hugo Chávez a salué la victoire du sénateur démocrate et lui a tendu un rameau d’olivier : « Le gouvernement de la République bolivarienne du Venezuela fait part de sa volonté et de sa détermination d’élaborer, sur la base du respect absolu de la souveraineté, un agenda bilatéral constructif pour le bien-être des peuples vénézuélien et étasunien10 ».
L’opposition vénézuelienne se trouve dans une situation désespérée. La révolution politique, économique et surtout sociale du président Chávez l’a coupée de toute base populaire. Le leader bolivarien jouit d’un prestige hors norme dans son pays grâce à sa politique de redistribution des richesses qui a sensiblement amélioré le niveau de vie des catégories les plus démunies. Les résultats atteints en une décennie sont spectaculaires11. L’implication de l’ensemble des citoyens dans le processus de transformation lancé en 1998 a permis à la société toute entière d’atteindre un degré de maturité politique suffisant pour être consciente des enjeux nationaux et comprendre que l’oligarchie n’est pas la meilleure représentante de ses intérêts.


Meeting électoral du PSUV, Caracas, 18 Novembre 2008. Photo
Reuters Pictures

Écoutez les chansons du CD "Música para la battalla" édité par le PSUV


Notes
1 El Nuevo Herald, « Oposición venezolana pide que se vote por la ‘diversidad’ en regionales », 8 novembre 2008.
2 EFE, « La oposición puede ganarle seis estados a Chávez », 7 novembre 2008.
3 Agencia Bolivariana de Noticias, « Chávez alerta sobre plan opositor para desconocer triunfo del PSUV en Zulia », 9 novembre 2008.
4 Agencia Bolivariana de Noticias, « isea: Comisión de Contraloría de la AN se traslada al Zulia para investigar denuncias de corrupción », 8 novembre 2008.
5 Agencia Bolivariana de Noticias, « Chávez alerta sobre plan opositor para desconocer triunfo del PSUV en Zulia », op. cit.
6 Agencia Bolivariana de Noticias, « Develan plan conspirativo de militares activos y retirados contra presidente Chávez », 10 septembre 2008.
7 Ibid.
8 Ibid.
9 Agencia Bolivariana de Noticias, « Hay suficientes indicios para probar planes magnicidas y conspirativos », 28 septembre 2008.
10 Agencia Bolivariana de Noticias, « Presidente Chávez felicitó a Obama por victoria electoral », 5 novembre 2008.
11 Salim Lamrani, « Una revolución económica y social », Le Monde Diplomatique, décembre 2008.


Source
: http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=6383&lg=fr

L'Union européenne joue la division avec la Commnauté andine

Pour une négociation de bloc à bloc entre la CAN et l’UE
Déclaration du Ministre des Relations extérieures de Bolivie
David CHOQUEHUANCA CÉSPEDES

La Bolivie lance un appel aux États de l’Union Européenne pour que la négociation de bloc à bloc soit maintenue, avec une reconnaissance des approches économiques différentes.
1. La Ministre Benita Ferrero, Commissaire européenne chargée des Relations extérieures et de la Politique européenne de voisinage, a déclaré qu'elle promeuvra la négociation bilatérale avec la Colombie et le Pérou en violant le mandat de négociation de bloc à bloc qui a été approuvé tant par l'Union Européenne que par la CAN (Communauté Andine des Nations*).
2. Ce qui est surprenant c’est que la Ministre Benita Ferrero assume cette décision après avoir tenu une réunion uniquement avec la Colombie et le Pérou sans avoir écouté la demande d'une négociation de bloc à bloc de la part des présidents andins à Guayaquil.
3. Il faut reprocher que la Commissaire Ferrero n’a pas autorisé la présence de l'Ambassadeur de Bolivie à la réunion du 11 novembre à Bruxelles avec les ministres de l’Équateur et de la Colombie.
4. La ministre de la Commission Européenne s'est précipitée dans sa décision et est en train d’empêcher que les pays andins parviennent à un consensus en provoquant la division au sein de la Communauté Andine comme l’ont fait les USA avec leurs TLC [Traités de Libre Échange].
5. Le plus correct aurait été qu'on épuise d'abord toutes les démarches et qu'il y ait au préalable une réunion des présidents andins avec le président de l'UE, comme cela avait été décidé à Guayaquil et demandé à la Commission Européenne.

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Non au Traité de Libre Échange avec l’Union européenne !
DÉCLARATION de la CAOI - COORDINADORA ANDINA DE ORGANIZACIONES INDÍGENAS


L’UE encourage la désintégration de la Communauté Andine
Nous rejetons la trahison du Président Rafael Correa envers le peuple équatorien
Nous, organisations indigènes nous appelons nos bases à une consultation
Le Président Rafael Correa est arrivé au gouvernement de l'Équateur avec la promesse d'une « révolution citoyenne » en ayant recueilli la demande des peuples indigènes de son pays pour une nouvelle Constitution dans laquelle a été consacré le Bien Vivre. Mais tout ceci n’est resté que dans le discours et sur le papier, avec sa décision de suivre ses collègues de Colombie et du Pérou et d’accepter une « négociation bilatérale » de l'accord d'association avec l'Union Européenne, en laissant la Bolivie toute seule dans la défense souveraine des pays andins et de l'intégration subrégionale.
Nous ne sommes pas surpris qu’Álvaro Uribe et Alan García concourent pour le poste déshonorant du plus servile aux intérêts de la globalisation néolibérale, de leurs traités de libre échange et de la soumission aux multinationales. Mais dans le cas de Rafael Correa, que nous considérions comme faisant partie de la nouvelle tendance politique en Amérique latine, il a fini par nous convaincre qu'il s'agit seulement de démagogie. Un fait de plus qui vient de le prouver, est son souci d'approuver une Loi Minière sur le dos et contre les intérêts des communautés indigènes sur les territoires desquelles se trouvent les ressources minérales.

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mardi 18 novembre 2008

Le premier agresseur de Ginette Skandrani condamné

Le premier des quatre agresseurs de Ginette Skandrani à être jugé a été condamné mardi 18 novembre 2008 à 1 an de prison avec sursis avec mise à l'épreuve de 5 ans, 3000 € de dommages et intérêts et 800 € de frais de justice.
La procureure, après avoir expliqué que, pour un tel délit, la peine requise pouvait être de 10 ans de prison (violence en groupe et avec armes avec préméditation contre personne vulnérable), n'avait requis que 18 mois, vu que les torts étaient partagés entre les 4 agresseurs (à ce compte, il vaut mieux commettre des agressions à 50...).
Le jeune prévenu, mineur au moment des faits, avait déjà été condamné en mai 2006 à deux mesures éducatives pour violences commises en groupe lors de manifestations.
Son père a condamné l'acte de son fils, expliquant qu'il était introverti et facilement manipulable, et qu'il s'était laissé entraîner dans le groupe, mais que maintenant, il avait retrouvé une stabilité et un bon traval (bijoutier avec un salaire de 2300 € par mois).
On attend maintenant le prochain procès, celui de Mike Sfez, le seul autre inculpé se trouvant sur le territoire français, puisque les complices, Ruben Colleu et Elie Steven, sont à l'abri de la justice française, en Israël, terre promise de délinquants et de criminels.

« Ils veulent nous déraciner ! »

La lutte contre le mur d’apartheid
par Jamal Juma
Jamal Juma est le coordinateur de la campagne palestinienne contre le mur d'apartheid (
Stop the Wall - Grassroots Palestinian Anti-Apartheid Wall Campaign).

« Ce mur nous vole et la terre et l’eau ; il porte atteinte au statut historique et démographique de la région. Il déracine nos arbres et détruit notre cadre naturel. Il est contraire à tout ce qui est humain et civilisé. »
Déclaration commune des villages de la région de Qalqilyia en 2002.

Tout récemment encore Ni’lin [1], une petite ville de 5000 habitants située au nord-ouest de Ramallah a fait la une dans les médias du monde entier. Depuis trois mois sa population manifeste presque chaque jour dans ses rues et ses champs contre le mur de l’apartheid. Celui-ci menace de détruire leur sol et d’encastrer leur ville entre barbelés, colonies juives et leurs routes et ainsi d’anéantir les fondements mêmes de leur existence.
Le village a souffert de l’occupation israélienne dans toute sa brutalité : des soldats occupants ont tiré à moins de deux mètres de distance une balle dans le pied d’Ashraf Abou Rahma, 27 ans, arrêté pendant une manifestation, menotté et les yeux bandés. Moins de trois semaines après, Ahmad Mousa, 12 ans, se reposait sous un arbre après une manifestation en compagnie de trois amis, lorsqu’une jeep de l’armée israélienne se dirigea vers les enfants. Deux soldats en descendirent et épaulèrent leur fusil ; Ahmad Mousa fut froidement assassiné d’une balle dans le front.
Le lendemain, au cours de la marche de protestation après l’enterrement d’Ahmad, l’armée d’occupation tira, à une distance de quelques mètres, deux balles en caoutchouc sur Yousef Amira, 17 ans. On avait visé à la tête. En état de mort cérébrale, le jeune homme décéda quelques jours après.

Des manifestations qui perdurent

L’armée d’occupation avait mis en garde la population de Ni’lin : si les habitants ne cessaient pas de protester contre l’édification du mur sur leurs terres, ils s’exposeraient à de lourdes représailles. C’était aussi ce que disaient les tracts distribués par l’armée. Et c’est ce qui s’est passé : on terrorise méthodiquement la population et on y ajoute des crimes de guerre. Nil’in est la seule localité à manifester régulièrement contre la construction du mur. Actuellement quatre régions organisent des manifestations tous les vendredis et les jours de mobilisation nationale les habitants manifestent dans des dizaines de localités entre Jénine et Hébron. Presque tous les villages affectés par le mur ont un comité populaire qui organise la résistance à son encontre. Même s’il ne fait pas les gros titres, le mouvement contre l’édification du mur de l’apartheid est désormais une pierre angulaire de la lutte de libération en Palestine.

Le Mur de Palestine : un projet pharaonique
La construction du mur a débuté au printemps 2002 au Nord de Jénine. La « réoccupation par Israël de la Cisjordanie», qui a mis la région à feu et à sang, venait de s’achever. Les habitants de Jénine abritaient leurs morts dans le camp de réfugiés, la ville elle-même ayant été durant le massacre rasée par les bombardements. C’est alors que des douzaines de bulldozers se sont mis à déferler sur les champs au nord de Jénine pour les détruire. Bientôt ils arrivèrent aussi dans la région de Tulkarem et de Qalqiliya. Personne ne savait au juste ce qui motivait un tel ravage des terres - une seule chose était claire : il s’agissait à coup sûr d’un projet pharaonique.
Aujourd’hui des cartes montrent le tracé exact du mur. Nous savons qu’il dévore sur près de 700 km les champs et zones d’habitation palestiniennes et, joint aux colonies et à leurs infrastructures ainsi qu’aux zones militaires interdites, isole la moitié de la Cisjordanie de ses habitants palestiniens. Dès le début, les paysans se sont organisés spontanément pour défendre leurs champs contre les bulldozers ; on n’avait encore qu’une vague idée de ce que devait être le mur. Ce n’est qu’un an plus tard que les forces d’occupation ont publié les premières cartes du tracé complet du mur. Pour soutenir la résistance des villageois, leur permettre de coordonner leurs actions et de parler d’une seule voix ainsi que pour collecter et évaluer les informations nécessaires, et enfin d’éveiller l’attention et la contestation à l’échelle planétaire, la campagne contre le « mur de l’apartheid » a été lancée au début d’octobre 2002.
Au cours des six années qui ont suivi la résistance s’est de plus en plus politisée, mais sa base reste toutefois les communautés villageoises qui se défendent jour après jour contre la spoliation de leurs terres et l’isolement de leurs villages ; Jayyous [2]
, un village d’environ 4000 habitants situé au Nord de Qalqiliya a été l’un des premiers à se défendre contre le Mur. Dès juillet 2002 les communautés affectées par la construction du mur ont fait une déclaration commune où elles dépeignent le mur comme « l’occupation sous sa forme la plus hideuse » : « Ce mur nous vole et la terre et l’eau ; il porte atteinte au statut historique et démographique de la région. Il déracine nos arbres et détruit notre cadre naturel. Il est contraire à tout ce qui est humain et civilisé. »


Jayyous, Octobre 2002. Photo PENGON/Anti-Apartheid Wall Campaign



Au mois d’octobre 2002 ont eu lieu les premières manifestations régulières. Les protestations contre le Mur élevées par la population ont été brutalement réprimées mais n’ont pas cessé pour autant. Ce qui n’a pas empêché, tout juste un an pus tard, la construction du Mur d’être assez avancée dans le nord de la Cisjordanie pour que les occupants y installent des portails et instaurent un système de laissez-passer. Ce nouveau système permet à la puissance occupante de décider à sa convenance qui a ou non le droit de se rendre dans ses champs. Un parfait outil de punition collective. Les paysans de Jayyous décidèrent alors de s’opposer à cette mesure en campant dans leurs champs de façon permanente. Jénine et Tulkarem leur emboîtèrent rapidement le pas contre le système des laissez-passer. Nombre d’entre eux se refusèrent à demander un laissez-passer aux autorités d’occupation. Cinq ans après, la plupart de ceux qui en avaient demandé n’en ont plus. Seuls 40% des familles propriétaires à Jayyous en détiennent, et ceux qui n’ont pu produire de titres de propriété ont perdu leur travail. Les laissez-passer, comme il fallait s’y attendre, ont fonctionné comme un mécanisme permettant de priver progressivement les paysans de l’accès à leurs champs et parallèlement de faire pression sur eux pour leur interdire toute activité politique.
La maison d’Hani Amer à Mas’ha et sa capacité de résistance constituent un modèle de résistance au Mur. Mas’ha se situe dans la région de Salfi entre Qalqiliya et Ramallah. La colonie d’Elkana s’est étendue en territoire palestinien jusqu’à cinq mètres de la maison d’Hani Amer. Comme il n’y avait pas suffisamment de place entre les deux pour y faire passer le Mur, la maison devait être détruite. Des protestations ininterrompues jointe aux informations données par les médias internationaux au sujet de Hani Amer et des projets des occupants ont poussé l’armée à changer de tactique. Munies de grosses sommes et de la proposition de rendre à Hani Amer un terrain équivalent à ce qui était de toute façon sa propriété légale, mais avait été confisqué, les autorités d’occupation ont tenté d’acheter Hani Amer en échange de sa maison et de sa terre.
Mais Hani Hamer ne voulait pas d’argent. Il était prêt, en revanche, à un autre «deal» : « Laissez-moi revenir à Kafr Qassem, d’où vous m’avez chassé en 1956, et je vous laisse la maison. » L’idée de permettre à un réfugié palestinien le retour dans son village d’origine a fait fuir pour longtemps les négociateurs de la puissance occupante. Aujourd’hui, Hani Hamer vit entre des barbelés, du côté de la colonie, et un mur en ciment haut de huit mètres qui les sépare, lui et sa famille, de Mas’ha et du reste de la Cisjordanie. Cette étrange prison n’a pas plus de cinq mètres de large. Presque tous les jours, des colons jettent des pierres ou des ordures par-dessus la palissade, surtout quand les enfants jouent devant la maison. Un portail de fer permet à Hani Hamer d’accéder au monde extérieur. Il s’est battu longtemps pour en avoir la clé. Durant des mois Hani et sa famille n’ont pu quitter leur maison que si un soldat occupant leur ouvrait la porte.




Jayyous, Juillet 2003. Photos PENGON/Anti-Apartheid Wall Campaign

Début 2004 le mur avait déjà atteint la région de Ramallah. Les villages touchés à l’ouest de Ramallah sont entrés en résistance contre les bulldozers qui désormais détruisaient leurs champs à eux. Pendant que la Cour de Justice internationale de La Haye commençait à enquêter sur la légalité du Mur, l’armée commençait à tirer sur les militants palestiniens qui continuaient à manifester contre sa construction. À Biddou [3] cinq personnes trouvèrent la mort. Au cours d’une seule manifestation, en février, quatre hommes furent abattus - un autre devait mourir à l’hôpital quelques jours après - et 70 blessés. Finalement l’armée ordonna d’arrêter les travaux jusqu’à nouvel ordre.
La destruction des champs de Biddou ne reprit que plusieurs mois après. Quand les travaux recommencèrent dans la région de Ramallah, la résistance s’étendit. À Deir Qaddis, Qattana, Ni’lin, Mediya, Zawiya, Rafat, Qattana et Deir Ballout on se mit à manifester de façon régulière. À Khirbatha Bani Hareth 40 hommes de l’armée d’occupation furent blessés. Un an après cette armée n’eut pas d’autre recours que les assassinats ciblés contre les manifestations de masse qui avaient lieu à Beit Liqyia pour empêcher la destruction des champs par les bulldozers et défaire le travail de construction du Mur entrepris. C’est à Beit Liqyia que l’armée testa les assassinats d’enfants et d’adolescents pour briser la résistance.


Jayyous, Décembre 2004. Photo PENGON/Anti-Apartheid Wall Campaign

Le 8 juillet 2005, presque un an jour pour jour après la décision de la Cour Internationale de Justice qui attestait l’illégalité du Mur et exigeait la démolition de toutes les structures déjà édifiées, l’armée d’occupation assassina Mahmoud Assi, 15 ans, qui vendangeait. Il travaillait dans le champ familial, voisin du Mur. Les soldats lui tirèrent une balle dans la poitrine et une dans l’épaule. Le lendemain, au cours de l’enterrement, ils tirèrent une balle en caoutchouc dans la tête de Zahi Ragib, 13 ans, et unique témoin du meurtre de Mahmoud. Zahi survécut. Deux mois plus tôt, le 14 mai 2005, l’armée avait déjà tiré à quelques mètres de distance sur Jamal Jaber (15 ans) et Uday Mofeed (14 ans), tous deux originaires de Beit Eliya. Abou Iyad, un parent des défunts, fit ce commentaire : « Voilà ce qu’est l’armée israélienne, voilà ce que nous avons à attendre d’elle. Mais ils peuvent faire ce qu’ils veulent ...voler nos terres, tuer nos enfants... nous n’abandonnerons pas notre pays. Ils veulent nous déraciner, mais l’avenir est à nous, et c’est nous qui déracinerons nos occupants. »
Dans ce contexte l’assassinat des deux jeunes de Ni’lin en juillet dernier n’étonne plus personne - il n’en est pas moins cruel et tragique. À Ni’lin, de plus, une semaine de bouclage total est venue s’ajouter au meurtre. Là comme en bien d’autres endroits on a testé toute une panoplie d’armes toutes nouvelles ainsi que des « crowd control tools » (instrument de contrôle des foules). Dernière trouvaille : les ballons puants. On jette sur les manifestants des ballons emplis d’un liquide écœurant rappelant les eaux usées, ce qui provoque des vomissements.
Les manifestations et protestations contre le mur de l’apartheid ont été d’emblée un élément déterminant de la deuxième Intifada et prolongent la résistance de la population. Des étudiants et des groupes de femmes organisent des actions et des protestations et appellent à résister au lieu de s’adapter. Dans nombre d’universités de Cisjordanie des étudiants ont relancé le boycott des produits israéliens décidé pendant la première Intifada avec le mot d’ordre « Break their Siege, Boycott their Products. » (Brisons leur siège, boycottons leurs produits) Aujourd’hui comme alors ce boycott n’est pas seulement un moyen de soutenir les paysans et l’économie palestiniens, mais aussi une culture de résistance.
Ne reposant pas sur une base politique partisane, mais sur les militants et notables locaux, la résistance au Mur est une alternative claire aux luttes intestines qui paralysent largement les élites politiques palestiniennes. Après plus d’un an de luttes de pouvoir entre le Fatah et le Hamas, les protestations contre le Mur ont mobilisé en 2007 la totalité de la Cisjordanie, du Nord au Sud, pour célébrer le Jour de la Terre (30 mars) Tout le long du mur de l’apartheid et dans les villes les gens sont descendus dans la rue, pour rappeler au monde entier en commençant par leurs propres dirigeants les principes et buts fondamentaux de leur lutte. Le peuple palestinien se bat depuis 60 ans pour sa terre, le droit au retour des réfugiés et le droit à l’autodétermination, pas pour un poste dans un gouvernement qui n’a d’ailleurs rien à gouverner, puisque les occupants détiennent tout le pouvoir.


Le "Gate Nr. 943", un des deuux seuls passages dans le mur à Jayyous

Le mur que personne ne veut voir
La résistance au Mur d’apartheid n’est pas une simple question de barbelés et de blocs de ciment, loin de là. Le Mur n’est pas un projet isolé, mais partie intégrante d’une politique beaucoup plus vaste de déportation et de ghettoïsation die peuple palestinien, elle-même condition indispensable à la colonisation de notre terre (...) La résistance s’attaque en conséquence au système dont fait partie le Mur ; morcellement de la Cisjordanie par les colonies et les infrastructures qui s’y rattachent et finalement au Mur ainsi qu’à la normalisation et à la pérennisation économique de la structure de ghetto qu’il engendre. La résistance se dresse aussi contre l’oubli de la catastrophe que constitue le Mur pour la population palestinienne, et contre la passivité avec laquelle la contemplent - ou plutôt en détournent les yeux - ceux qui portent la responsabilité de n’avoir pas empêché sa construction. Et contre le silence qui l’entoure.
Ce sont les comités populaires qui, à l’été 2003, ont manifesté devant le palais présidentiel, la Mouqata, ont soumis au Premier Ministre d’alors, Mahmoud Abbas, les cartes et informations relatives à la construction du Mur et l’ont poussé à en parler au monde entier. Au cours de la visite qu’il a effectuée ensuite à Washington la Maison Blanche a laissé échapper une allusion au « mur qui serpente à travers la Cisjordanie ». Non que la politique des USA ait changé de ce seul fait, mais le Mur figurait désormais à l’agenda international. Les Nations Unies ont demandé l’approbation de la Cour Internationale de Justice, puis réclamé l’établissement d’un registre des dégâts donnant droit à des indemnisations [4].
Depuis, le Mur semble toutefois être devenu un sujet aussi périlleux à aborder que les droits des réfugiés palestiniens. Le jour même de la Conférence d’Annapolis, une vaste coalition emmenée par la Campagne contre le Mur de l’Apartheid et les Comités populaires et regroupant tous les partis politiques ainsi que la majorité des ONG palestiniens a organisé à Ramallah une énorme manifestation. Elle appelait l’Autorité palestinienne et l’OLP à réclamer à Annapolis le respect des droits fondamentaux du peuple palestinien. Mais le Mur n’apparaît nulle part dans les négociations menées ni dans le document signé à Annapolis.
Les Nations Unies ont exhorté à respecter les exigences de la Cour Internationale de Justice qui prévoient la démolition du Mur et rappelé à tous les signataires de la Convention de Genève qu’ils sont responsables en cas de non-respect de cette Convention - la construction du Mur en est un exemple. Pourtant le Secrétaire général alors en fonction, Kofi Annan a refusé lors de sa visite à Ramallah de simplement voir de ses yeux le mur qui isole Ramallah de Jérusalem. Des milliers de militants des Comités populaires contre le Mur ont toutefois fait entendre par le biais d’une manifestation devant la Mouqata la voix de ceux dont il menace la terre et la vie. Il n’est donc pas étonnant que les Nations Unies n’aient rien produit d’autre qu’une amorce de registre des dégâts pour faire appliquer concrètement la décision de la Cour. L’OLP s’est toujours refusée à reporter l’affaire devant le Conseil de sécurité ou l’Assemblée générale de l’ONU. Tandis que le mur de l’apartheid court le risque constant de disparaître en tant que tel de l’agenda des négociations internationales, il n’est question que de discussions pour trouver des moyens de garantir le statu quo incluant le Mur. De vastes projets économiques et des infrastructures d’un coût de plusieurs milliards de dollars US doivent permettre de poursuivre l’exploitation d’une main-d’œuvre palestinienne à bas coût enfermée derrière le Mur.
Envers et contre tout, la démolition du Mur et le dédommagement des populations lésées ainsi que le refus d’envisager l’avenir de la Palestine sous un régime d’apartheid sont et resteront les exigences fondamentales de tous ceux qui ont à souffrir du Mur. Leur résistance à son encontre est aussi une lutte pour qu’on prenne (à nouveau) en compte la voix des premiers concernés dans le processus politique palestinien.

Notes

[1] Nil’in : e, 197*487, 40000 dunum (= 0,01 ha) sur les 58000 que possédait cette localité se sont trouvés « du mauvais côté » de la ligne de cessez-le-feu et ont été confisqués par Israël . Les colonies illégales de Kiryat Sefer, Mettet-yaho et Makkabem ont été édifiées sur les terrains conservés par Ni’lin. Les routes qui desservent les colonies de Nili et Na’le lui ont encore enlevé du terrain. L’ensemble colonies plus routes représente 8000 dunum. Le mur de l’apartheid à l’Ouest et la base militaire au Sud en occupent 2500 de plus. La construction d’un tunnel passant sous la route, accessible aux seuls colons, lui en a volé encore 200. Nil’in n’a donc en définitive gardé que 2300 dunum, en grande partie construits, et un seul accès, qui passe par un tunnel contrôlé par les forces d’occupation.
[2] Jayyous se trouve au Nord de Qalqiliya. Ses 4200 habitants disposaient avant la construction du Mur de 12500 dunum de terre. Déjà une grande partie avait été confisquée par Israël en 1948. La ville israélienne de Ra’anana s’élève aujourd’hui sur le territoire de Jayyous. En 1986 1362 dunum ont été confisqués pour y construire la colonie de Tsoufim ; en 1990 d’autres champs ont été volés pour y construire un décharge pour la colonie ; ses effluents dans la nappe phréatique menacent l’environnement et la santé des habitants de Jayyous. 85% des villageois travaillaient dans l’agriculture avant la construction du Mur ; la plupart sont aujourd’hui au chômage. Le Mur a fait subir à Jayyous les pertes suivantes (entre autres)
- Terre : 9800 dunum, soit environ 78% des terrains du village, en sont désormais coupés par le mur ; de nouveaux projets veulent ramener cette surface à 5580 dunum, mais en échange fermer définitivement l’accès au reste.
- Arbres : 2000 oliviers et 1500 fruitiers ont été arrachés, 4000 oliviers gravement endommagés et plusieurs champs de légumes détruits ; d’autres dommages s’y ajouteraient, si le tracé du Mur est effectivement modifié.
- Eau : 6 des 7 puits sont maintenant de l’autre côté du mur.
[3] Le « mur de l’apartheid » encercle Biddou et huit autres petits villages et les isole du reste de la Cisjordanie. 500 dunum de terre de Biddou se trouvent sous le mur, qui en coupe 3500 autres de leurs propriétaires, et 25000 arbres seront arrachés. Voici le nom des manifestants tués à Biddou par l’armée d’occupation:
- Diya’ Abd el Kareem Eid, 24 ans, de Biddou, abattu le 18 avril 2004 ;
- Zakariya Salem, 30 ans, de Beit Iyza, abattu le 27 février 2004 ;
- Mohammed Rayan, 27 ans, de Beit Duqu, abattu le 27 février 2004 ;
- Mohammed Badwan, 21 ans, de Biddou, une balle dans la tête le 27 février, succombe à ses blessures quelques jours après :
- Abed Araman Abed, 70 ans, succombe le 27 février 2004 à un infarctus provoqué par du gaz lacrymogène.
[4] La Cour Internationale de Justice, le 9 Juillet 2004 :
« A. L'édification du mur qu'Israël, puissance occupante, est en train de construire dans le territoire palestinien occupé, y compris à l'intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est, et le régime qui lui est associé sont contraires au droit international;
B. Israël est dans l'obligation de mettre un terme aux violations du droit international dont il est l'auteur; il est tenu de cesser immédiatement les travaux d'édification du mur qu'il est en train de construire dans le territoire palestinien occupé, y compris à l'intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est, de démanteler immédiatement l'ouvrage situé dans ce territoire et d'abroger immédiatement ou de priver immédiatement d'effet l'ensemble des actes législatifs et réglementaires qui s'y rapportent ;
C. Israël est dans I'obligation de réparer tous les dommages causés par la construction du mur dans le territoire palestinien occupé, y compris à l'intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est ;
D. Tous les États sont dans I'obligation de ne pas reconnaître la situation illicite découlant de la construction du mur et de ne pas prêter aide ou assistance au maintien de la situation créée par cette construction; tous les Etats parties à la quatrième convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, du 12 août 1949, ont en outre I'obligation, dans le respect de la Charte des Nations Unies et du droit international, de faire respecter par Israël le droit international humanitaire incorporé dans cette convention;
E. L'Organisation des Nations Unies, et spécialement l'Assemblée générale et le Conseil de sécurité doivent, en tenant dûment compte du présent avis consultatif, examiner quelles nouvelles mesures doivent être prises afin de mettre un terme à la situation illicite découlant de la construction du mur et du régime qui lui est associé.



"Ceci est un crime": Manifestation à Jayyous

Source : «Sie wollen uns entwurzeln!», International, III/2008 & Zeit-Fragen Nr.46

Article original publié en Octobre 2008

Traduit par Michèle Mialane et révisé par Fausto Giudice,
Tlaxcala

lundi 17 novembre 2008

L'EZLN : 25 ans déjà

C'était il ya exactement 25 ans: au coeur de la Jungle Lacandone, au fin fond du Mexique, une cérémonie discrète marquait la fondation de l'Armée zapatiste de Libération Natonale. Les initiateurs étaient six jeunes gens venus des grandes villes, rescapés de groupes révolutionniares défaits par la répression. Ils étaient arrivés là à la fin des années 70 et s'étaient installés parmi les habitants indiens, dont ils avaient appris les langues, écouté les histoires, partagé les travaux. Il faudrait encore dix ans pour que l'EZLN apparaisse au grand jour, à l'aube du 1er janvier 1994. Dix ans pendant lesquels les gens ont préparé la guerre. Dix ans pendant lesquels ils ont attend le moment propice pour déclencher l'insurrection. En 1993, les cours du café se sont effondrés. Alors les chefs de villages ont dit aux zapatistes :"L'heure a sonné".
25 ans plus tard, l'EZLN est l'armée de guérilla la plus originale de la planète. Bien qu'armés, ils n'ont presque pas tiré un coup de feu. Ils ont misé sur la parole, une parole créatrice, puisée au tréfonds de la culture maya et, par l'intermédiaire de Marcos, tranmise au monde entier. Et le monde enter a compris cette parole et a offert un bouclier d eprotection contre les tentatives d'élimnation physique, qui n'ont pas manqué.
Aujourd'hui, une portion du territoire du Chiapas est libérée et autogére par les communautés organisées. L'expérience zapatiste de poursuit, s'approfondit et s'étend.
Fin décembre et début janvier a lieu un prochain rendez-vous mondial : le Festival de la Rage Digne, qui aura lieu à Mexico et dans le Chiapas.
Voici l'appel à ce Festival :
COMMUNIQUÉ DU COMITÉ CLANDESTIN RÉVOLUTIONNAIRE INDIGÈNE - COMMANDEMENT GÉNÉRAL DE L’ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE.COMMISSION SEXTA - COMMISSION INTERGALACTIQUE DE L’EZLN.MEXIQUE.
LES 15 ET 16 SEPTEMBRE 2008.
AUX ADHÉRENT-E-S À LA SIXIÈME DÉCLARATION ET À L’AUTRE CAMPAGNE,AUX ADHÉRENT-E-S À LA ZEZTA INTERNATIONALE, AU PEUPLE MEXICAIN, AUX PEUPLES DU MONDE,
COMPAÑERAS ET COMPAÑEROS,FRÈRES ET SŒURS,
Voici de nouveau notre parole.Voici ce que nous voyons, voici ce que nous observons.Voici ce qui nous vient aux oreilles, ce que perçoit notre cœur brun.
I.
Là-haut en haut, ils voudraient répéter la même histoire.Ils veulent de nouveau nous imposer leur calendrier de mort, leur géographie de destruction.Quand ils ne nous dépossèdent pas de nos racines, ils les détruisent.Ils nous volent notre travail, notre force.Nos mondes, la terre, ses eaux et les trésors qu’elle recèle, ils les laissent sans humains, sans vie.Dans les villes, ils nous persécutent et nous en chassent.Les campagnes meurent et nous tuent.Et le mensonge se fait gouvernement, tandis que la spoliation arme ses polices et ses armées.Dans le monde, nous sommes des illégaux, des sans-papiers, des indésirables.Persécuté-e-s et traqué-e-s nous sommes.Femmes, jeunes, enfants et anciens meurent dans la mort et meurent dans la vie.Et en haut, ils prêchent pour l’en bas la résignation, la défaite, le renoncement, l’abandon.Ici en bas, il ne nous restera bientôt plus rien.Rien que la rage.Rien que la dignité.Notre souffrance ne trouve aucune oreille attentive, si ce n’est celle des autres qui sont comme nous tous et nous toutes.Personne, nous ne sommes personne.Nous sommes seuls, et il ne nous reste plus que notre dignité et notre rage.Rage et dignité sont les ponts tendus, ce sont nos langages.Eh bien, écoutons-nous, connaissons-nous donc.Que grandisse notre courage et qu’il se fasse espoir.Que la dignité originelle soit retrouvée et que naisse un autre monde.Nous avons vu et écouté.Faible est notre voix pour se faire l’écho de cette parole, petit est notre regard pour autant de rage et aussi digne.Nous bien voir, nous regarder, nous parler, nous écouter, c’est ce qu’il faut.Autres femmes, autres hommes nous sommes, ce qui est autre.Si ce monde n’a pas de place à nous accorder, à tous et à toutes, eh bien, c’est qu’il faut créer un autre monde.Sans autre outil que la rage, sans autre matériau que notre dignité.Il nous manque de nous rencontrer plus, de nous connaître.Il reste à faire ce qu’il reste à faire…
II
Trois ans après la Sixième Déclaration de la forêt Lacandone, l’EZLN a engagé une réflexion collective, qui s’est nourrie des perspectives plus larges que nos compañeras et compañeros de l’Autre Campagne au Mexique et de la Zezta internationale dans le monde nous ont généreusement offertes.
Ce que nous avons vu et entendu, tantôt directement, tantôt dans les paroles et les regards des autres femmes et des autres hommes, est loin d’être négligeable.
Si profonde est la rage que nous avons perçue et si grande la dignité que nous avons rencontrée que nous avons pensé que nous étions encore plus petits que ce que nous croyions.
Au Mexique et sur les cinq continents, nous avons trouvé ce dont nous ne faisions que pressentir l’existence quand nous avons entamé cette sixième étape qui est la nôtre : un monde existe, il y a un autre chemin.
Si la catastrophe qui se rapproche peut être évitée et si l’humanité dispose d’une autre chance, ce sera grâce à l’existence de ces autres femmes et de ces autres hommes qui, en bas et à gauche, non seulement résistent, mais esquissent aussi la possibilité de quelque chose d’autre.
De quelque chose de différent de ce qu’en haut on imagine.
Dans l’impossible géométrie du Pouvoir politique, les intégrismes sont équitablement partagés : les droites se font extrêmes droites et les gauches institutionnelles tournent à l’impossible droite éclairée. Ceux qui se plaignent, dans la presse progressiste, que les fanatiques de la presse opposée censurent, déforment et calomnient leur « caudillo », à leur tour censurent, déforment, calomnient et se taisent devant tout autre mouvement qui ne s’est pas soumis aux diktats d’un petit chef et distribuent sans aucune pudeur condamnations et absolutions alignées sur un absurde taux d’audience médiatique. Fanatiques de l’un et l’autre bord débattent des mensonges grimés en vérités, les crimes n’ayant que la valeur de l’espace médiatique qu’ils occupent. L’ensemble n’est pourtant qu’un pâle reflet de ce qui se passe réellement en politique.
L’écœurement face au cynisme et à l’incompétence des classes politiques traditionnelles s’est peu à peu mué en rage. Parfois une telle rage suit l’espoir d’un changement qui emprunte les éternels sentiers battus, pour se heurter soit à une déception qui paralyse, soit à la force de l’arbitraire qui soumet toutes les volontés. Le Nord turbulent et brutal recommence ses manigances. Quand il ne sponsorise pas des fraudes électorales (comme il le fait au Mexique), il soutient, alimente et finance des coups d’État (comme il essaie de le faire aujourd’hui en Bolivie et au Venezuela). La guerre reste sa diplomatie internationale par excellence : l’Irak et l’Afghanistan brûlent, mais, au grand dam de ceux d’en haut, ils ne se consument pas.
La volonté d’imposer des hégémonies et l’homogénéité à l’échelle mondiale trouve dans les nations, dans les régions et dans les petites agglomérations les apprentis sorciers disposés à mettre en scène l’impossible retour à un passé dans lequel le fanatisme était loi et le dogme tenait lieu de science. Pendant ce temps, les classes politiques qui gouvernent ont trouvé dans l’univers du boniment le déguisement approprié pour pouvoir occulter leur entrée dans le milieu du crime organisé.
Fatiguée à l’extrême de tant d’avarice, notre planète commence à faire payer la dette impossible à rembourser de sa destruction. Mais les catastrophes « naturelles » sont de classe, elles aussi, et leurs ravages se font sentir surtout chez ceux qui n’ont rien et ne sont rien. Devant cet état de fait, la stupidité du Pouvoir est sans limites : des millions et des millions de dollars sont consacrés à fabriquer de nouvelles armes et à installer toujours plus de bases militaires. Le Pouvoir du capital ne s’inquiète pas de former des instituteurs et des institutrices, des médecins, des ingénieurs et des ingénieures, mais des soldats. Ils ne préparent pas des constructeurs et des constructrices, mais toujours plus de destructeurs.
Quiconque cherche à s’opposer à cette folie est poursuivi, emprisonné, assassiné.
Au Mexique, on emprisonne des paysans qui ont défendu leur terre (comme à San Salvador Atenco) ; en Italie, on persécute et on traite de terroristes les gens qui s’opposent à l’implantation de bases militaires ; dans la France de la « liberté, égalité et fraternité », les êtres humains ne sont libres, égaux et frères que si leurs papiers le décrètent ; en Grèce, la jeunesse est un vice qu’il s’agit d’éliminer ; au Mexique encore, mais cette fois dans la ville de Mexico, les jeunes femmes et les jeunes hommes sont criminalisés et assassinés sans provoquer aucune réaction, parce que cela ne figure pas dans l’agenda que dictent en haut ceux de l’un et l’autre bord, tandis qu’une consultation légitime se voit réduite à une lamentable excuse qu’un chef de gouvernement assassin emploie pour se dédouaner ; dans l’Espagne de la moderne Union européenne, on interdit des journaux et on criminalise une langue, l’euskera, pensant sans doute qu’en tuant une parole on tue les gens qui la brandissent tel un étendard ; dans cette Asie si proche, on répond aux revendications des paysans par des aberrations blindées ; dans l’arrogante Union des États-Unis d’Amérique, née du sang des immigrants, on persécute et assassine les autres couleurs qui y travaillent ; dans cette longue souffrance qui a pour nom Amérique latine, on méprise et on humilie le sang à la couleur brune qui en est le pilier ; dans les Caraïbes insoumises, un peuple, le peuple cubain, doit ajouter à la malchance naturelle l’infortune d’un blocus impérial qui n’est pas autre chose qu’un crime impuni.
Dans le moindre recoin de la géographie du monde et tous les jours que comportent ses divers calendriers, celles et ceux qui travaillent, celles et ceux qui font tout fonctionner, sont spoliés, méprisés, exploités, réprimés.
Il y a pourtant encore des occasions, nombreuses, si nombreuses qu’elles nous arrachent un sourire, dans lesquelles les rages cherchent à se frayer leurs propres chemins, nouveaux, autres ; et ce « non » qu’elles poussent ne fait pas désormais que résister, il commence également à proposer, à se proposer.
Depuis notre apparition au grand jour, il y a presque quinze ans, nous avons tout fait pour constituer un pont qui permette aux rébellions de circuler d’un côté à l’autre.
Parfois nous y sommes parvenus, parfois non.
Aujourd’hui, nous ne voyons et sentons pas seulement cette rebelle résistance, sœur et compañera, qui navigue de conserve avec nous et donne haleine à notre pas.
Aujourd’hui, il y a aussi quelque chose qui n’était pas là auparavant ou que nous n’avons pas vu sur le moment.
Il y a une rage créative.
Une rage qui bariole déjà toutes les couleurs des chemins d’en bas et à gauche sur les cinq continents…
III
POUR TOUTES LES RAISONS EXPOSÉES, ET COMME PARTIE INTÉGRANTE DES MANIFESTATIONS ORGANISÉES POUR CÉLÉBRER LE VINGT-CINQUIÈME ANNIVERSAIRE DE LA NAISSANCE DE L’ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE, LES QUINZE ANS DU DÉBUT DE NOTRE GUERRE CONTRE L’OUBLI, LA CINQUIÈME ANNÉE DES CONSEILS DE BON GOUVERNEMENT ET LA TROISIÈME ANNÉE DE L’AUTRE CAMPAGNE ET DE LA ZEZTA INTERNATIONALE, LES HOMMES, FEMMES, ENFANTS ET ANCIENS DE L’EZLN APPELLENT TOUS LES REBELLES ET TOUTES LES REBELLES DU MEXIQUE ET DU MONDE À CÉLÉBRER LE
PREMIER FESTIVAL MONDIAL DE LA DIGNE RAGE
SUR LE THÈME :
UN AUTRE MONDE, UN AUTRE CHEMIN : EN BAS ET À GAUCHE
QUI SE DÉROULERA DANS LES LIEUX SUIVANTS ET AUX DATES SUIVANTES :
DANS L’AUTRE VILLE DE MEXICO, DISTRICT FÉDÉRAL, les 26, 27, 28 et 29 décembre 2008.
Dans l’enceinte folklorique de l’association « LOS CHARROS REYES DE IZTAPALAPA », affiliée au Front populaire Francisco Villa indépendant (UNOPII), avenue Guelatao nº 50, Colonia Álvaro Obregón, district Iztapalapa, à proximité la station de métro Guelatao, où sera organisée l’exposition du même nom.
Ainsi que dans le local d’UNÍOS, rue Dr. Carmona y Valle nº 32, Colonia Doctores, à proximité de la station de métro Cuauhtémoc, où auront lieu d’autres activités.
AU CARACOL D’OVENTIK, AU CHIAPAS, siège du Conseil de bon gouvernement « CORAZÓN CÉNTRICO DE LOS ZAPATISTAS DELANTE DEL MUNDO » (Cœur central des zapatistes devant le monde), le 31 décembre 2008 et le 1er janvier 2009.
DANS LA VILLE DE SAN CRISTÓBAL DE LAS CASAS, AU CHIAPAS, les 2, 3 et 4 janvier 2009. Dans les locaux du CIDECI, situé Camino Real de San Juan Chamula, sans numéro, Colonia Nueva Maravilla.
CERTAINS DES AUTRES THÈMES ABORDÉS LORS DE CE FESTIVAL SERONT :
– Une autre campagne.– Une autre politique.– Une autre ville.– Un autre mouvement social.– Une autre communication.– Une autre histoire.– Un autre art et une autre culture.– Une autre sexualité.
LE FESTIVAL « UN AUTRE MONDE, UN AUTRE CHEMIN : EN BAS ET À GAUCHE » AURA LES CARACTÉRISTIQUES SUIVANTES :
1. Au lieu choisi à México, une grande exposition nationale et internationale sera organisée, où les luttes, les expériences, les rages disposeront d’un espace où elles pourront installer un stand pour y exposer leur lutte et leur courage. Pour que tous et toutes nous puissions les voir, les écouter, les connaître.
2. Au lieu choisi en territoire zapatiste, la dignité et la rage se feront art et culture, musique et chant, parce que la rébellion, ça se danse aussi. Et qu’avec les mots la souffrance se muera en espoir.
3. Au lieu choisi à San Cristóbal de Las Casas, au Chiapas, la parole circulera pour faire naître d’autres mots et apporter force et raison à la rage.
4. Les groupes, collectifs et organisations mexicaines et d’autres pays participant à ce festival ne seront exclusivement que ceux et celles invités pour l’occasion. Pour ce faire, la Commission Sexta de l’EZLN a entamé des consultations avec des organisations politiques et sociales et des collectifs et des groupes anarchistes et libertaires, de communication alternative, artistiques et culturels, de protection des droits humains, de travailleurs sexuels et de travailleuses sexuelles, ainsi qu’avec des intellectuels et militants sociaux, d’anciens prisonniers et prisonnières politiques, tous et toutes adhérents à la Sixième Déclaration ; enfin, avec des groupes, des collectifs et organisations d’autres pays, appartenant tous et toutes à la Zezta internationale. Suite à ces consultations seront fixés les critères pour envoyer les invitations et les critères de participation.
5. Pour les tables de discussion et les conférences magistrales, l’EZLN invitera des organisateurs sociaux et des organisatrices sociales, des penseurs et des penseuses, ainsi que des dirigeants et des dirigeantes de projets anticapitalistes au Mexique et dans le monde. Nous ferons connaître la liste de ces invités ultérieurement.
6. D’autres détails sur la façon dont nous envisageons ce festival de la digne rage seront communiqués en leur temps (autrement dit, quand nous aurons une idée approximative du pétrin dans lequel nous nous sommes fourré-e-s).
C’est tout pour aujourd’hui.
LIBERTÉ ET JUSTICE POUR ATENCO!
Des montagnes du Sud-Est mexicain.Pour le Comité clandestin révolutionnaire indigène - Commandement général de l’Armée zapatiste de libération nationale.
Sous-commandant insurgé Marcos.Mexique, septembre 2008.

Les activités dans la Ville de Mexico auront lieu les jours 26, 27, 28 et 29 décembre. Là, on aura deux espaces pour y présenter des activités culturelles, des expositions, ainsi que des tables rondes sur les différents sujets que le dernier communiqué de l’EZLN mentionne, et on lancera le Festival de la Rage Digne avec des exposants du Mexique et d’autres pays.
Les jours 30 et 31 seront consacrés au déplacement vers la ville de San Cristobal de las Casas et vers le Caracol d’Oventik, là où les compagnons zapatistes nous invitent à fêter le Nouvel An et le 15ème anniversaire du soulèvement, avec des activités politico-culturelles…
Le 2, 3, 4 et 5 janvier, une série de tables rondes, ainsi que quelques activités culturelles auront lieu à San Cristobal de las Casas, au siège du Cideci.
Votre présence au Festival pourra prendre deux formes
Exposant
On peut participer en tant qu’exposant, c’est à dire, en employant l’un des espaces qui seront mis à disposition, pour raconter les différentes expériences de lutte anticapitaliste aux autres participants de ce Festival. C’est dans ce but que nous sommes en train de contruire, dans l’un des espaces de la Ville de Mexico, une zone d’expositions dans laquelle on pourra trouver des espaces délimités pour que chaque groupe, collectif, mouvement ou organisation puisse mettre en place sa présentation.
Pour plus d’informations et pour s’inscrire en tant qu’exposant, merci d’écrire un courriel à cette adresse:
dignarabiainternacional@ezln.org.mx
Assistant.
Vous pouvez assister au festival en qualité d’observateurs pour rencontrer d’autres gens qui, tant au Mexique comme ailleurs dans le monde, démontrent par leurs pratiques qu’un autre monde est possible et que ce monde est déjà en train d’être construit par les gens d’en-bàs et à gauche, par la digne rage. Pour s’inscrire en tant qu’assistant, merci d’écrire un courriel à cette adresse: dignarabiainternacional@ezln.org.mx

samedi 15 novembre 2008

Procès d'un des agresseurs de Ginette Skandrani le 18 novembre

Le 25 octobre 2006, Ginette Hess Skandrani, présidente de l'AZLS, était victime d'une grave agression à son domicile dont elle porte encore aujourd'hui les séquelles. Une longue enquête avait permis l'identification des 4 agresseurs, dont deux se sont enfuis en Israël, d'où ils ne peuvent être extradés, puisqu'ils disposent, en plus de leur passeport français, d'un passeport israélien.
L'un des deux autres agresseurs, mineur au moment des faits, sera jugé par le Tribunal pour enfants de Paris le mardi 18 Novembre à 9 heures. 25è chambre -escalier Y , rez- de- chaussée, Palais de justice, 4 Bd du Palais, métro Cité.
Venez nombreux !
Nous republions à cette occasion la lettre ouverte signée par 200 personnes et associations, à laquelle aucune réponse n'a été donnée à ce jour.

Lettre ouverte
Au Premier ministre et au ministre de l’Intérieur
Au CRIF, à la LICRA, au MRAP, à la LDH, à SOS-Racisme
À l’AFPS, au CAPJPO, à l’UJFP et au MSRPP

Questions de principe, questions pratiques, questions vitales

5 novembre 2006
Ginette Hess Skandrani est une femme de 67 ans. Elle est, par tempérament et par conviction, non-violente. Elle ne dispose, pour se protéger, ni d’armes ni de gardes du corps ni d’escorte policière.
Elle est une militante engagée dans le combat anticolonialiste depuis cinquante ans. Depuis quarante ans, elle défend le droit naturel du peuple palestinien à la souveraineté et à la vie. Elle est partisane de la seule solution qui semble logique à la situation coloniale de la Palestine : la création d’un seul État pour tous les habitants de la Terre sainte, sur la base du principe universel : « Une personne, une voix ».
Elle est victime depuis de longues années d’une campagne de dénigrement et de diffamation émanant de diverses composantes, de « droite » comme de « gauche », de la nébuleuse des partisans de l’État d’Israël comme « État juif ». Cette campagne a été ponctuée par des agressions physiques, des menaces de mort verbales, écrites, téléphoniques ou électroniques, des piratages informatiques, des mises sur écoute téléphonique « sauvage », des cambriolages et des « filatures ».
Mercredi 25 octobre, la campagne a atteint un nouveau palier : un commando de quatre hommes l’a agressée à son domicile parisien, dans une action préméditée et concertée. Pendant que deux membres du commando s’acharnaient sur elle, au risque de la tuer ou de la rendre irrémédiablement invalide, deux autres membres faisaient le guet au pied de l’immeuble.
Ces hommes n’ont pas agi de leur propre initiative : ils ont reçu des ordres, qu’ils ont exécutés en bons petits soldats. Ces hommes sont en effet des citoyens français et israéliens, soldats d’active ou de réserve de l’armée israélienne, agissant sur ordre. Les ordres viennent d’organisations qui, sous couvert de respectabilité et de représentativité, ne sont que des officines établies en France d’une puissance non seulement étrangère mais de surcroît hostile aux valeurs françaises et aux principes qui fondent notre république.
Cette grave atteinte au droit à la vie et à la sécurité d’une militante infatigable de la cause humaine nous amène à poser un certain nombre de questions à tous ceux qu’elle devrait interpeller. Nous précisons que nous nous exprimons à titre personnel, en tant qu’amis, frères, sœurs de Ginette Hess Skandrani. Certains d’entre nous ont été victimes des mêmes campagnes de dénigrement et de menaces qu’elle, du fait de leurs engagements.

Question au gouvernement :
Vous avez interdit il y a quelques mois la tribu Ka, une organisation de jeunes Noirs révolutionnaires, par un décret d’application de la loi de 1936 sur les ligues factieuses. Or, cette Tribu Ka, quelle que soit l’appréciation que l’on puisse porter sur ses idées et opinions, ne s’était rendue coupable d’aucun crime ou délit, d’aucun acte de violence ni contre des biens ni contre des personnes. Qu’attendez-vous pour dissoudre, en application du même décret, les deux organisations armées qui se sont rendues coupables d’une série de crimes et délits, dont la tentative de meurtre sur un commissaire de police, et dans les rangs desquelles il faut chercher les agresseurs de Ginette Hess Skandrani ? Attendez-vous donc qu’il y ait mort d’homme – ou de femme – pour interdire la Ligue de défense juive et le Bêtar-Tagar ?
Question au ministre de l’Intérieur :
Qu’envisagez-vous de faire pour assurer la protection et la liberté de déplacement des personnes visées par ces organisations subversives ? Estimez-vous que ces personnes doivent, faute de protection par la république, s’armer et prendre en charge leur propre défense ?
Question aux défenseurs des droits humains :
Vous avez pour l’instant observé un silence prudent sur l’agression dont a été victime Ginette Hess Skandrani. Cela veut-il dire que vous approuvez cette agression ? Dans ce cas, il faudra vous en expliquer publiquement.
Question aux défenseurs du « droit à l’existence d’Israël » :
Certains d’entre vous ont proféré, répété ou répandu des calomnies contre Ginette Hess Skandrani. Cela a contribué de manière déterminante au climat qui aboutit à l’agression du 25 octobre. Approuvez-vous cette agression ? Si oui, expliquez-nous pourquoi. Si non, faites-le savoir haut et fort.
Tout un chacun comprendra que la réponse à ces questions de la part de ceux que nous interpellons aujourd’hui sera déterminante pour empêcher la dérive violente et sectaire dans laquelle veulent nous entraîner les partisans du suprématisme d’un groupe sur l’ensemble de la société.
Les petites frappes qui ont exécuté l’ordre de tabasser Ginette Hess Skandrani ne sont que des robots programmés et manipulés pour faire mal. Nous n’avons pour eux que mépris et commisération et nous laissons à la justice et à la police le soin de les mettre hors d’état de nuire. Nous n’avons en effet aucune vocation à créer une milice de justiciers. Mais nous ne saurions tolérer le silence et l’inaction de tous ceux qui prétendent lutter pour la liberté, la démocratie et la justice. Car ce silence et cette inaction vaudraient complicité.

Quand petit Nicolas accueille le Beau Blaise...

...cela mérite une petite manif!


Appel à Rassemblement contre
la visite officielle en France du dictateur burkinabé Blaise Compaoré
A Paris, lundi 17 novembre à 18 hParvis des Droits de l'Homme au TrocadéroM° Trocadéro (ligne 6 ou 9)
NON À LA CAUTION POLITIQUE
DU RÉGIME DICTATORIAL DE BLAISE COMPAORE PAR L'ÉTAT FRANCAIS


A la tête de l'État burkinabé depuis plus de vingt ans, à la suite d'une usurpation sanglante du pouvoir qui s'est soldée par l'assassinat du Président Thomas Sankara, le capitaine Blaise Compaoré est annoncé en France où il sera reçu le 18 Novembre à l'Élysée par Nicolas Sarkozy.
Le chef de l'État français s'apprête ainsi, une fois encore, à renier la promesse faite au soir de son élection en mai 2007, d'être un intrépide défenseur de la cause des droits de l'homme et de la démocratie dans le monde, et en particulier en Afrique.
En effet, son invité du 18 novembre prochain a bâti son pouvoir et une fortune colossale, qui se chiffre en milliards, à travers une longue série de crimes économiques et de sang, dont la plupart sont consignés dans des rapports de l'ONU et restés à ce jour impunis :
A la suite du crime fondateur de son régime du 15 octobre 1987, de dizaines d'assassinats d'opposants, d'anciens collaborateurs civils et militaires, d'étudiants et de journalistes jalonnent son règne.
Déclaré « bon élève » par le FMI et la Banque mondiale, le régime de Blaise Compaoré a en réalité conduit le Burkina Faso en l'espace de ses deux décennies de gestion dans une grave situation sociale et politique inédite : licenciements sauvages suite aux privatisations d'entreprises publiques au profit des copains du régime, développement à une grande échelle de la corruption, du banditisme dans les villes et les campagnes, famines et pandémies chroniques, fraudes massives du camp présidentiel lors des consultations électorales, etc. Faisant fi de ce bilan désastreux, le Secrétaire d'État Alain Joyandet a déclaré le 24 octobre dernier à Ouagadougou à l'issue d'une audience avec le président Burkinabé que les « relations sont au beau fixe » entre la France et le Burkina Faso.C'est pourquoi nos organisations :- dénoncent la caution politique qu'apporte Nicolas Sarkozy au régime de Blaise Compaoré qui doit aujourd'hui répondre devant le Tribunal Pénal International, aux côtés de l'ancien seigneur de guerre libérien Charles Taylor, de ses nombreux crimes économiques et de sang, - soutiennent le combat des démocrates burkinabé qui exigent la vérité et la justice pour Thomas Sankara (président du Burkina Faso assassiné en 1987), Norbert Zongo (journaliste assassiné en 1998), Dabo Boukari (membre de l’Association nationale des étudiants burkinabé – ANEB – torturé à mort en 1990) et toutes les autres victimes du régime Compaoré,- appellent leurs militants et tous les amis du peuple burkinabé à dénoncer l'accueil réservé par la France à Monsieur Blaise Compaoré, et à venir participer au rassemblement
Arrêtons le soutien aux dictateurs !
Soutenons les peuples africains !
Organisations signataires : AFASPA (Association française d'amitié et de solidarité avec les peuples d'Afrique), AFASPA Comed (Comité Méditerranée), Agir ensemble pour les droits de l’Homme, commission internationale d'Alternative Libertaire, ARDHD (Association pour le Respect des Droits de l’Homme à Djibouti), association Baraka, Bulletin Afriques en lutte, CADTM-France (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde), CEDETIM, CNT (Confédération Nationale du Travail), Collectif CAAC-Comores, Collectif de France Affaire Norbert Zongo (COFANZO), Cridev (Centre rennais d'information pour le développement et la solidarité entre les peuples / Ritimo), Droits devant !, FCD (Fédération des Congolais de la diaspora), association Ishtar, LCR, Les Verts, Mouvement des Indigènes de la République, Organisation de Femmes Égalité, Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), Respaix Génération Conscience, Section France du Mouvement Burkinabé des Droits de l'Homme et des Peuples, Survie, Union Syndicale Solidaire.

jeudi 13 novembre 2008

Grèves de la faim des détenus politico-sociaux en Tunisie et au Maroc

Tunisie 10-11-2008 
Déclaration des prisonniers du Basin Minier détenus a la prison civile de Gafsa
Notre conviction est que, le mouvement de protestation du bassin minier, était essentiellement une manifestation
sociale pacifique et civique ayant pour but l'emploi et le développement juste et réel de la région.
Face à l'entêtement du pouvoir, et de sa politique de dénigrement en plus du traitement policier et judiciaire iniques
malgré toutes les démarches faites par la société civile ayant a sa tête l'UGTT
- Nous prisonniers du bassin minier entamons une grève ouverte de la faim à compter du 8 novembre 2008 pour
réclamer notre libération sans conditions
- Nous faisons appel à toutes les forces de la société civile pour nous soutenir et soutenir notre juste cause.

Maroc 13-11-2008
Collectif International de solidarité avec Sidi Ifni – Aït Baamrane

Rassemblement d’Aït Baamarane pour la Solidarité(RAS), Ifni Aït Baamrane Développement,
Association Mesti pour le Développement et la Culture (AMDC), Association Nouvelle Génération Abaynou Solidaire (ANGAS), Association de Défense des Droits de l’Homme
au Maroc (ASDHOM), Association des Marocains de France (AMF), Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF).


Communiqué Paris le 13/11/2008

Les détenus politiques de Sidi Ifni mènent aujourd’hui (jeudi 13 novembre 2008) une grève de la faim
préventive de 24 heures ; depuis 8h du matin.

Ces militants (une vingtaine), sont victimes des arrestations abusives orchestrées lors de la vague de répression qui s’est abattue sur la population de Sidi Ifni depuis le 7 juin 2008.

Ces détenus protestent contre leur incarcération abusive, leurs déplorables conditions de détention et réclament leur libération.

Un autre groupe de détenus politiques de Tan Tan, au nombre de neuf (9), incarcérés à la prison Inzegane, mène conjointement avec les détenus de Sidi Ifni ce mouvement de protestation.

Les organisations fondatrices du Collectif International de solidarité avec Sidi Ifni – Aït Baamrane, apportent leur soutien à la lutte légitime de ces détenus politiques et invitent toutes les organisations des droits de l'Homme et toutes les forces vives à participer à une action de solidarité à Paris Esplanade des Droits de l’Homme Metro : Trocadéro le 23 Novembre 2008 à 15H00.

Le collectif International de solidarité avec Sidi Ifni - Aït Baàmrane, rappelle qu’il a pour mission de lutter pour :

- La libération inconditionnelle des détenus d’opinions de Sidi Ifni
-
La poursuite des responsables des exactions à l’encontre de la population et des excuses de l’Etat marocain
- Le soutien aux revendications légitimes des populations de Sidi Ifni Ait Baàmrane.

Contacts :

ATMF : national@atmf.org (tél : 01.42.55.91.82 / fax : 01.42.52.60.61)

Rassemblement d’Aït Baamarane pour la Solidarité(RAS) : contact@union-aitbaamrane.fr

ASDHOM: asdhom@asdhom.org AMF: amffederation@wanadoo.fr