vendredi 25 juin 2010

Allons enfants !

par Pedro DA NÓBREGA, 25/6/2010
Le déferlement médiatique qui a suivi ce qui n’est après tout qu’une défaite sportive soulève beaucoup de questions qui vont bien au-delà des simples enjeux d’une compétition fut-elle mondiale. Tout d’abord cet emballement des média peut sembler suspect à plus d’un titre à un moment où se posent d’autres questions bien plus essentielles pour l’avenir de la France et de son peuple comme la casse du système des retraites et le démantèlement des collectivités territoriales. Tout ce battage sur les dernières mésaventures de l’équipe de France a bien sûr pour beaucoup l’avantage d’occulter ces enjeux et les luttes qu’ils suscitent.
Ensuite il est plutôt surprenant de voir nombre de ceux qui gravitent dans le milieu du football professionnel, journalistes, anciens joueurs devenus consultants, dirigeants ou responsables politiques toujours en quête de projection médiatique sembler soudainement découvrir à quel point les torrents d’argent que charrie le foot professionnel peuvent générer des comportements détestables bien peu en rapport avec les valeurs que le sport est censé cultiver. Et carrément indécent de voir des ministres d’un gouvernement aux prises avec des scandales à répétition, entre cigares de luxe, « soupente » dans les beaux quartiers et permis de construire, venir faire la leçon sur le côté bling bling des joueurs.
Autant de « candeur » pourrait être touchante si elle n’était manifestement aussi peu crédible.
Mais au-delà de ces péripéties qui peuvent paraître bien dérisoires pour beaucoup, à commencer par ceux que le football indiffère et qu’exaspère son omniprésence dans tous les supports médias, le football n’en reste pas moins, comme toute production sociale, riche d’enseignements, à fortiori quand elle atteint un tel niveau de popularité.

















Car le déchaînement de propos vindicatifs et de discours vengeurs contre une triste bande de joueurs de foot apparaît pour le moins disproportionné pour ce qui relève plus de caprices détestables d’enfants gâtés avec notamment leur pitoyable « grève » d’entraînement que d’un « affront » national. Mais l’outrance du discours tenu par exemple par un Finkielkraut rageur quand il affirme « aujourd'hui on a plutôt envie de vomir avec la génération “caillera” stigmatisant au travers de ces joueurs toute la jeunesse des « quartiers » comme la 5ème colonne de « l’Anti-France » ne manquent pas d’interpeller. Sans parler du lamentable Eric Zemmour éructant "Gourcuff a été mis à l'amende comme les premiers de la classe dans certains quartiers de banlieue…" ! On sent bien que le karcher les démange !
La violence d’une telle vindicte dépasse manifestement le domaine sportif et a des accents de revanche et même de racisme social, pour ne pas dire de racisme tout court si l’on écoute certains discours, de Finkielkraut toujours dénigrant une équipe de France «black-black-black» jusqu’à la ministre des Sports Roselyne Bachelot stigmatisant à l’Assemblée Nationale une équipe de «caïds immatures qui commandent à des gamins apeurés».
Le parallèle avec l’équipe championne du monde en 1998 est pourtant riche d’enseignements et permet de mesurer les ravages de la politique de la droite et en particulier les fractures profondes nées de la politique de Sarkozy, déjà pyromane en chef lors des violences urbaines de 2005. Car si le succès en 1998 avait été l’occasion d’encenser une France « black-blanc-beur », instituée représentante de la réussite d’un « modèle d’intégration à la française », c’est aujourd’hui précisément pour cette image qu’elle est brûlée sur la place publique, avec à l’évidence pour quelques-uns l’occasion rêvée de régler des comptes avec cette France multiculturelle. Des résultats sportifs, même dans la plus grande compétition mondiale, ne méritent assurément pas ni l’excès d’honneur d’hier ni l’indignité d’aujourd’hui. Car ce n’est pas la réalité du football international ni ses rapports avec l’argent qui ont évolué depuis 1998 mais plutôt la société française qui s’est disloquée sous les coups de boutoir d’une politique ultra-libérale et d’un communautarisme exacerbé par un pouvoir sarkozyste qui en use et en abuse pour diviser et aliéner tous ceux qui souffrent des effets de sa politique. Avec un Président qui préfère recevoir un footballeur de retour d’Afrique du Sud plutôt que d’écouter le mouvement majeur de contestation sociale qui s’exprime dans toutes les rues du pays.
Reconstruire des solidarités intergénérationnelles et interprofessionnelles est une urgence sûrement plus primordiale que le devenir de l’équipe de France de football, même si son échec et les réactions qu’elle engendre témoignent d’un délitement social dangereux. Car ce qui préoccupe une majorité de citoyens de ce pays est assurément plus la question de l’emploi et du devenir des droits sociaux et collectifs comme la retraite que le prochain résultat de l’équipe de France de football.

jeudi 24 juin 2010

Qui se moque de qui?

Communiqué de l'Union nationale des footballeurs professionnels, 24/6/2010
Dans le grand déballage qui fait suite à l'élimination de l'équipe de France de la Coupe du monde, les politiques dépassent allègrement les bornes dans le plus bel élan de populisme exacerbé. Trop, c'est trop !

Jusqu'à présent, pour ne pas ajouter à la cacophonie et au délire ambiants, l'Union Nationale des Footballeurs Professionnels s'était gardée de tout commentaire, attendant de savoir ce que les joueurs, au retour d'Afrique du Sud, avaient à nous dire. Nous avons appris, avec le temps, à nous méfier des jugements hâtifs…
Mais les bornes ont largement été dépassées, ces dernières heures, par ceux-là même qui prétendent pouvoir mettre de l'ordre dans la maison du football français, et qui ont oublié qu'il faut, en toute chose – et plus encore lorsque l'on occupe les plus hautes fonctions de l'Etat – savoir raison garder.
L'inconséquence n'est pas seulement dans les actes, elle est aussi dans les paroles. Autant les joueurs de l'équipe de France, lors de leur réaction d'humeur de dimanche dernier, n'ont pas mesuré la portée de leur geste et les retombées catastrophiques pour leur image et celle du football français – car c'est bien de cela qu'il s'agit, et non de l'honneur ou de la grandeur de la France, il ne faut pas tout mélanger ! -, autant les paroles prononcées depuis par nos politiques ne peuvent qu'inquiéter le commun des électeurs.
Comme décrits dans Le Monde Magazine par Jean Birnbaum, voilà donc nos politiciens, comme les supporters les plus passionnés, gagnés par « la ferveur et l'extase, mais aussi (par) la mauvaise foi, la mesquinerie, l'arbitraire et le dépit ravageur… »
Car ce sont les mêmes joueurs, il nous semble, qui dimanche avaient « les larmes aux yeux » en écoutant Madame Roselyne Bachelot, et qui, désormais, sont des « caïds immatures » et des « gamins apeurés ».
Car c'est le même président de la Fédération Française de Football qu'on embrassait comme du bon pain devant les caméras, voilà quelques semaines en Suisse pour avoir décroché l'Euro 2016, et qui aujourd'hui, à plus de 62 ans certes, est bon pour la retraite, coupable de tout. Et même de pire encore.
Les politiques s'arrangent toujours, surtout lorsque le climat social se dégrade, à récupérer à leur profit soit les succès – douze ans après le titre mondial, nos oreilles en sifflent encore – ou à se présenter comme les sauveurs d'un château en péril, forts de leur totale méconnaissance du monde sportif professionnel.
Voilà, d'un coup, le ministère des Sports qui s'intéressent aux sportifs professionnels, quand, pourtant dûment présentées par les représentants des différents sports professionnels justement, les demandes de rendez-vous sur des sujets autrement plus importants (et sur lesquels les politiques sont fondés à intervenir après avoir entendu toutes les parties concernées), restent lettre morte depuis bientôt deux ans. Voilà que l'on demande des états généraux du football comme si le sujet, dans une France qui souffre et s'enfonce dans la crise, était vital pour l'avenir de notre pays. Voilà que l'on réclame une commission d'enquête parlementaire, et pourquoi pas un tribunal d'exception, le recours à la guillotine ou, à tout le moins, au karcher ?
Qui se moque de qui ?
La déroute de l'équipe de France, réelle, comme elle l'a été en 2002, en 2004 ou en 2008, est avant tout sportive. C'est, d'abord, sur le terrain que les Bleus ont perdu, quelqu'un s'en souvient-il encore ? Cela intéresse-t-il nos donneurs de leçon qui, comme chacun le sait, ne commettent jamais la moindre erreur, ne sont jamais pris à défaut et n'ont jamais gaspillé l'argent des contribuables, ce que l'on ne pourra pas reprocher aux joueurs de l'équipe de France qui génèrent, par leur activité, l'argent qu'ils gagnent ?
Le football a-t-il besoin de tout ce ramdam pour savoir qu'il a commis des erreurs - de grossières erreurs parfois, personne ne cherche à le nier ? Certes non. Il n'a eu besoin de l'aide de personne pour digérer la crise engendrée, en 1993, par nos chers amis bulgares, et remporter, cinq ans plus tard, le seul titre mondial de son histoire.
Le sport est ainsi, fait de victoires pour l'éternité, parfois, et de sales défaites, au goût toujours amer. Mais de là à vouloir lapider ses serviteurs sur la place publique, après y avoir roués les joueurs, il y a un pas que les politiques - les mêmes qui sauteront au cou de la bande à Laurent Blanc demain en cas de succès -, n'auraient pas dû franchir.
Modèles de réussite sociale ou d'intégration, hier, les Bleus, aujourd'hui trop payés, sont évidemment devenus de mauvais Français. Cette démesure populiste – que l'on pourrait expliquer en se disant qu'une équipe de football est une surface projective – doit justement cesser, si l'on veut que le football français reprenne, demain, le chemin de la victoire. C'est en dépassionnant le débat, pas en prononçant des jugements sommaires, que l'on pourra prendre les décisions qui s'imposent, quitte alors à trancher dans le vif. Mais c'est aux sportifs qu'il appartiendra de le faire. Et à eux seuls.
Alors que la tension était palpable, les joueurs de l'équipe de France ont commis une erreur, qu'ils ont très vite reconnue. Ils se sont excusés, ce qui ne les absout pas, c'est une évidence. Cela montre seulement qu'ils peuvent comprendre qu'ils sont allés trop loin. Et le reconnaître publiquement.
A la différence de certains…

vendredi 18 juin 2010

Dans l’est de l’ Inde, des protestataires se battent contre le géant minier Arcelor Mittal

par Moushumi Basu मौशमी बासु মৌসুমি বসু. Traduit par Isabelle Rousselot et é dité par Fausto Giudice, Tlaxcala
Dans les terres rurales et tribales de l'Inde orientale, des manifestants sont en guerre contre le géant mondial de la sidérurgie, Arcelor Mittal. " Nous sommes prêts à sacrifier nos vies, mais pas à céder un pouce de nos terres", crient les villageois. "La forêt, les rivières et la terre sont à nous. Nous ne voulons pas d'usines, ni d'acier ni de fer. Arcelor Mittal, va-t-en."
Arcelor Mittal se considère comme "le N°1 mondial  de la sidérurgie " et ses revenus en 2006 s'élèvaient à 88,6 milliards de dollars. Opérant dans plus de 60 pays, il " a dirigé la consolidation de l'industrie sidérurgique mondiale et figure aujourd'hui comme le seul vrai aciériste d’envergure mondiale", d'après son site Internet.
C'est ici, dans les États riches en minerais du Jharkhand et d'Orissa qu'Arcelor Mittal envisage d'investir 201 milliards de dollars pour établir sa "présence indienne" avec deux usines capables de produire 12 millions de tonnes d'acier par an. Mais avant de s'installer, l'entreprise familiale doit d'abord acquérir la terre qui est l'héritage ancestral de milliers d'Indiens pauvres.
Dayamani Barla, une militante véhémente issue des communautés tribales, mène le mouvement du Jharkhand sous la bannière de l’Ashthitva Adivasi Moolvaasi Raksha Manch (AMARM, le Forum pour la protection de l’existence de la population tribale et aborigène). Elle a plaidé la cause de son peuple des villages de l'Inde rurale jusqu'aux centres de pouvoir européens (voir encadré).

La pasionaria




Le parcours de Dayamani Barla est matière à de nombreuses légendes. Elle a commencé comme domestique à Ranchi en lavant des ustensiles usagés. Lorsqu'elle était étudiante, elle a passé des nuits dans la gare ferroviaire locale, profitant des lumières des quais pour préparer une maîtrise de commerce. Elle est ensuite devenue journaliste autochtone écrivant des articles sur l'oppression et la lutte de son peuple. Elle a reçu le prix P Sainath des médias alternatifs pour le journalisme rural en 2000.
Aujourd'hui, l'imposante femme de 47 ans défie un géant mondial de l'acier et mène un mouvement qui s'étend des arrière-cours rurales de la région indienne de Gumla jusqu'à Berlin et au Forum Social Européen.
En octobre dernier, Barla a fait une conférence organisée par l'Adivasi-Koordination en Allemagne (AKD), un lobby et une organisation des droits humains associée aux affaires des indigènes indiens.
Lors d'un atelier de cinq jours au Forum Social Européen (FSE) à Malmö en septembre dernier, elle a parlé de « droits à la vie et vision du monde indigènes » et de « peuples indigènes et justice environnementale planétaire. »
En 2004, elle a remporté une bourse de la Fondation nationale de l’Inde et en 2008, elle a reçu le prix Chingaari (la flamme) 2008 attribué aux femmes qui luttent contre la criminalité économique en Inde, pour son engagement dans la lutte contre Mittal.
En dehors des prix, son travail a également donné lieu à des menaces de mort et des demandes pour qu'elle interrompe son militantisme. Mais en tant qu'organisatrice de l'Adivasi Moolvaasi Asthitva Raksha Manch (AMARM), Barla reste résolue : «  Nous ne céderons pas un pouce de notre terre pour le projet », a-t-elle déclaré. « La précédente disposition prise dans l'État pour les indigènes, au nom du développement, était très décourageante. Des anciens propriétaires de terre ont été réduits à devenir des maraudeurs sur leurs propres terres ou ont été obligés de migrer. Combien de temps encore peuvent-ils continuer à être trompés et déshérités de la sorte? », demande-t-elle.
Toujours en contact avec son peuple et ses racines, Barla gagne sa vie en dirigeant une petite échoppe de thé, où assise sur un banc en bois, elle sirote du thé avec ses camarades tout en discutant des dernières stratégies de protestation.
Barla affirme que la Constitution indienne protège les "tribus répertoriées" / les Adivasi dans les régions concernées, en interdisant aux non-tribaux et aux groupes privés de céder ou d'acheter les terres tribales et les ressources naturelles.
Gumla et Khunti, les deux régions du Jharkhand concernées, sont habitées par les tribus Munda alors que le Keonjhar en Orissa est dominé par les tribus Gond, Munda, Dehuri et Saunti.
"Pour les communautés tribales, la terre n'est pas un bien à vendre mais c'est un héritage", déclare Barla la pasionaria. "Ils ne sont ni les maîtres ni les propriétaires, mais les protecteurs de ces terres pour les générations futures. Les ressources naturelles ne sont pas, pour nous, seulement des moyens de subsistance mais représentent aussi un symbole de notre identité, de notre dignité, de notre autonomie et de notre culture pour des générations."
La résistance déterminée menée ces cinq dernières années par les militants de l'AMARM dans le Jharkhand contre le groupe Arcelor Mittal semble avoir porté ses fruits. Le géant de l'acier a récemment décidé de se contenter d'un nouveau site dans les districts de Petarwar et de Kasmar dans la région de Bokaro du même État : « Le nouveau site se trouve à proximité de l'usine sidérurgique de Bokaro, propriété de la Steel Authority of India Limited, et nous avons discuté pour la première fois avec les villageois sur le site et nous avons reçu un accueil  plutôt bon», a déclaré Vijay Bhatnagar, PDG d'Arcelor Mittal en Inde et en Chine.

Les militants ont accueilli ce transfert par une série de manifestations et d'actions. En octobre, Mittal Pratirodh Mamch (MPM : Plateforme d'opposition à Mittal) a organisé une énorme manifestation, avec de nombreuses banderoles et pancartes anti-Mittal, à Keonjhar dans l'État d'Orissa. Les militants affirment qu'en plus de déplacer un nombre massif de personnes, le projet proposé par Arcelor Mittal détruirait des forêts, des sources et des écosystèmes, mettant ainsi en danger l'environnement et l'économie de subsistance d'une communauté indigène dont la culture est ancrée dans l'agriculture et dans la forêt.
« Par exemple, notre lieu de culte, ou Sarna Sthal, est composé d'un bosquet d'arbres, sasandari, que nous considérons comme sacrés, et l'emplacement de notre village comprend des pierres érigées à la mémoire des ancêtres de notre clan», indique Barla. « Est-il possible de réhabiliter ou de compenser la terre de nos ancêtres ? »
La région de Keonjhar est riche en gisements de minerais de fer et en manganèse et contient 75 % des gisements en minerais de fer de l'Orissa. « Presque 10 000 personnes seraient déplacées et des fractions primordiales de terrains agricoles seraient supprimées... Pourquoi la société ne va pas plutôt s'installer sur des terres inutilisées, sans forêt ni agriculture, qui sont disponibles dans la région ? », demande Prafulla Samantra, une militante du MPM.
Un responsable de la société a une réponse toute prête : « Ces États sont fortement dotés en réserves de minerais et l'industrialisation est essentielle pour la croissance et le développement de la région», a-t-il déclaré sous couvert d'anonymat. « Par contraste, le potentiel agricole est peu important ici. Les zones qui ont été sélectionnées dans les deux États pour le projet l'ont été sur la base de considérations techniques comme la texture du sol, la disponibilité en eau, les perspectives d'amélioration des routes et la connectivité du réseau ferré, favorables pour l'usine. »
Le responsable a indiqué que les besoins des villageois étaient pris en compte. « Nous ne pouvons aller de l'avant sans faire de la population locale les partenaires de l'entreprise, en offrant des opportunités pour leur subsistance et leur croissance, à travers des emplois directs et indirects. » Il a indiqué que la société était désireuse d'instruire et de former des jeunes « en partenariat avec différents instituts technologiques dans l'État », et en intégrant des femmes dans les différentes activités financières « grâce à  des groupes d'entraide. » « Même la partie illettrée de la population impliquée dans les travaux agricoles peut être formée à différents travaux non qualifiés. L'idée est de donner un nouvel essor à l'économie générale de la région. »

Mettre le territoire sous surveillance


Le président et PDG d'Arcelor Mittal, LN Mittal a depuis longtemps en projet de développer la production d'acier dans son pays de naissance. En octobre 2005, Mittal Steel Company N.V. et le gouvernement du Jharkhand ont signé un Protocole d'accord, préalable à la signature définitive d'un contrat (MoU) pour monter une usine de sidérurgie d'une capacité de production annuelle de 12 millions de tonnes d'acier, pour un investissement estimé à 9,3 milliards de dollars. En août 2006, Mittal Steel était racheté par son principal rival, Arcelor [une « fusion inversée », NdE] et la nouvelle entité signait un MoU similaire avec le gouvernement d'Orissa une année plus tard.
Les deux projets sidérurgiques présentés seraient créés en deux phases et permettraient de produire 6 millions de tonnes d'acier chacun, avec l'installation d'une centrale électrique captive. L'achèvement de la première phase est prévue dans les 48 mois à partir de la date de l'accord mentionnée sur le rapport de projet détaillé et la seconde phase, 54 mois après l'achèvement de la première phase.
Le méga-projet sidérurgique du Jharkhand requerra 4428 hectares de terre dans les régions de Gumia et Khunti et englobera 16 villages, selon les chiffres du ministère de l'Industrie de l'État.
Cependant, Barla ainsi que les villageois locaux, affirment que les chiffres cités ci-dessus « doivent être considérés comme un minima et une première estimation. Mais si l'usine est réellement installée, les besoins en terrains vont manifestement être multipliés pour le développement des infrastructures et des communes, etc.. En même temps, 30 à 40 villages seront probablement déplacés», et la terre pillée, «menaçant ainsi l'environnement et la source même d'approvisionnement alimentaire des aborigènes locaux.»
Les projets de 3 900 hectares conclus par Arcelor Mittal dans l'État d'Orissa s'étendent sur plus de 15 villages dans le district de Patna de la région de Keonjhar. Le site comprend des équipements pour fondre le charbon et produire l'acier ainsi que des aciéries et une centrale électrique de 750 Mégawatt. De plus, l'entreprise va explorer la possibilité d'installer une centrale électrique d'une capacité de 2 500 Mégawattsdans le Jharkhand et établir des habitations pour les employés et des infrastructures d'alimentation en eau.
Le gouvernement central a approuvé la requête d'Arcelor Mittal de louer 202 hectares des mines de fer de Karampada avec des réserves de 65 millions de tonnes, situés dans la réserve forestière de la région du Singbhum à l'ouest du Jharkhand. Les gisements y sont minéralisés et de très bonne qualité.
Jusqu'à présent, le refus par un nombre significatif d'agriculteurs et d'autres villageois dans le Jharkhand et l’Orissa de vendre leur terres, essentielles aux projets, a engendré des retards « inacceptables », a indiqué LN Mittal au Financial Times (Londres) en octobre. La population doit être « éduquée » pour comprendre et soutenir le bénéfice du développement industriel incluant le besoin de construire de nouvelles usines sidérurgiques sur des terres agricoles, a déclaré le PDG de Mittal. « Si nous ne progressons pas sur ces deux sites, il nous faudra abandonner l'idée de démarrer le projet à ces emplacements et chercher d'autres endroits en Inde pour notre développement." 
Mais un jour après cet avertissement, le magnat de l'acier a publié une déclaration plus tempérée depuis son bureau de New Delhi : « Arcelor Mittal n'a aucunement l'intention de quitter l'Inde. L'Inde est un pays important pour la croissance de la demande en acier et représente une part importante des projets stratégiques à long terme. L'entreprise continue de travailler sur ces deux projets Greenfield dans le Jharkhand et l’Orissa. Cependant, si l'acquisition de terre continue à se révéler difficile, nous commencerons à chercher des sites alternatifs en Inde. »
Le chef du gouvernement local d'Orissa, Naveen Patnaik s'est étonné de l'avertissement de Mittal. « Je n'ai pas reçu d’information de la sorte provenant de la société», a-t-il indiqué à une agence de presse indienne. « Je crois que l'acquisition des terres pour le projet de cette entreprise est en cours. Nous faisons notre possible pour faciliter le projet (et) nous souhaitons régler le problème d'acquisition des terrains à l'amiable et dans une satisfaction mutuelle avec les villageois. »
Le point juridique
L'opposition populaire aux projets d'Arcelor Mittal est basée sur l'annexe 5, article 244 de la Constitution indienne. Prenant effet en 1950, elle garantit aux peuples indigènes le droit d'administrer et de contrôler leurs terres dans neuf États : l'Andhra Pradesh, le Jharkhand, le Gujarat, l'Himachal Pradesh, le Maharashtra, le Madhya Pradesh, le Chattisgarh, l'Orissa et le Rajasthan.
Les droits indigènes ont été renforcés par le vote en 1996 de la loi sur l'extension du Panchâyat aux zones répertoriées (la loi PESA). Cette loi a permis aux communautés tribales traditionnelles d'avoir un contrôle sur leurs ressources naturelles locales, de reconnaître le droit coutumier, les pratiques sociales et religieuses et les pratiques de gestion traditionnelle des ressources de la communauté ; et elle a accordé des pouvoirs étendus aux assemblés de villages (Gaon Sabhas).
En 1997, le jugement historique Samata de la Cour suprême a retenu la cause de la propriété tribale des terres autochtones. Samata, une ONG travaillant dans les zones répertoriées d'Andhra Pradeh a intenté un procès contre le gouvernement d'État pour avoir loué des terres tribales à des sociétés minières privées dans les zones répertoriées. La requête d'autorisation spéciale (SLP) déposée auprès de la Cour Suprême a mené, en juillet 1997, à une décision qui fait date, en statuant que le gouvernement est également une « personne » et que toute location de terres à des compagnies minières privées dans les zones répertoriées est considérée comme nulle et non avenue.
Ces garanties sont des extensions de la loi de bail de Chhotnagpur édictée par les Britanniques dans le Jharkhand où les tribus Munda sont prédominantes. La loi qui reconnaît les droits traditionnels sur la terre, la forêt et les étendues d'eau offre un statut spécial aux peuples autochtones et un droit de bail aux villages. La section 46 de la loi CNT déclare clairement que la terre produisant des ressources naturelles et la terre villageoise sont la propriété de la communauté et ne peuvent être touchées sans le consentement des Gaon Sabhas. Selon cette loi, aucune personne qui n'est pas membre d'une tribu ou étrangère, ne peut acheter de terrains appartenant à des tribus dans ces régions.
Le secrétaire du gouvernement d'Orissa, le Dr. AMR Dalwai a indiqué que tant qu'aucune terre n'est attribuée à la société, le processus suivra son cours. La société a eu des réunions avec les Gaon Sabhas (les assemblées de village) dans huit villages et il en sera de même bientôt pour les sept villages restant. Ces assemblées ont légalement pour tache de sauvegarder et préserver les traditions et coutumes du peuple, leur identité culturelle, les ressources communautaires et leur manière coutumière de résoudre les litiges.
Les responsables du Jharkhand ont réagi différemment. Le gouverneur K. Sankaranarayanan a préconisé le dialogue entre l''entreprise et les villageois "qui possèdent la terre et qui doivent déjà accepter de s'en séparer", a-t-il souligné. "Si l'entreprise décide de se relocaliser dans un autre site, que puis-je y faire ? L'État n'y perdra pas ; d'autres sont prêts à intervenir."
Cependant, lors de récents développements, le PDG Vijay Bhatnagar, avec le membre du groupe de direction, Sudhir Maheshwari et le vice-Président, MP Singh, ont rencontré le nouveau gouvernement du Jharkhand, dirigé par le Premier ministre Shibu Soren : "Nous sommes venus réaffirmer notre engagement,  nous sommes déterminés à poursuivre le projet dans l'État pour lequel le soutien du gouvernement de l'État est demandé. Le Ministre principal a promis tout son soutien au projet," a indiqué Bhatnagar.
Entre-temps, les militants de l'AMARM dans le Jharkhand se battent bec et ongles contre le projet. En octobre, non découragés par une pluie battante, des milliers d'hommes et de femmes se sont rassemblés au quartier général de la région sur le site prévu de Gumla. Ils étaient armés des traditionnels arcs et flèches, et portaient des balais, des faucilles, des batteurs à grain et des tangi (machettes). Sur les pancartes et banderoles qu'ils brandissaient, on pouvait lire "Mittal va-t-en".
Les villageois manifestaient contre la vente de 512,5 hectares de terre appartenant soi-disant au "gouvernement", pour laquelle l'entreprise a déjà payé 80 % du coût (12,39 crores soit 2,8 millions de $) à l'administration de la région. Les villageois ont appelé à l'annulation immédiate de l'acte de vente, soutenant que la terre comprend des ressources naturelles appartenant à la communauté comme les rivières, les ruisseaux, les forêts et les collines qui permettent à une dizaine de villages de vivre dans la région.
Malgré le peu de chance qu'ils ont de gagner la partie, les locaux gardent espoir de conserver leurs terres ancestrales. "Les manifestations des villageois restent présentes à l'esprit", a indiqué le chef de l'administration de Gumla, Rahul Sharma, " la question est désormais en instance de la décision du commissaire divisionnaire mais jusqu'à présent, aucune terre n'a été attribuée à Arcelor Mittal."


Source :  Protesters in Eastern India Battle Against Mining Giant Arcelor Mittal
Article original publié le 2/3/2010

Sur l’auteure
Tlaxcala
 est le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteure, la traductrice, l'éditeur et la source.
URL de cet article sur Tlaxcala :
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dimanche 13 juin 2010

Erdogan, le nouveau héros du monde islamique

par Kourosh ZIABARI, 8/6/2010. Traduit par  Isabelle Rousselot et édité par Chloé Meier, TlaxcalaOriginal : Erdogan, the new hero of Islamic world
Recep Tayyip Erdoğan, le Premier ministre turc, a suscité l'admiration internationale après avoir courageusement fulminé contre les dirigeants de Tel Aviv, leur reprochant le massacre des militants pacifistes à bord de la Flottille de la Liberté. Ce convoi d'aide humanitaire se dirigeait vers la bande de Gaza afin de briser le blocus qui dure depuis trois ans dans cette enclave dévastée par la guerre.

Assiégée, la bande de Gaza se bat depuis trois ans contre une situation sociale et économique qui se détériore, et elle a besoin de toute urgence d'une aide humanitaire pour se sortir de la crise à laquelle elle doit faire face. Plus de 80 % de sa population, qui compte 1,5 millions de personnes, vit en dessous du seuil de pauvreté. Le taux de chômage y atteignait 41,3 % en 2008. Selon le World Food Program (le Programme alimentaire mondial) des Nations Unies, environ 70 % des Gazaouis vivent dans une précarité alimentaire et la grande majorité d'entre eux est dépendante de l'assistance des Nations Unies pour couvrir ses besoins élémentaires.

Dessin d'Ali Kahlil, Bahreïn
Selon l'Organisation Mondiale de la Santé, 98 % des activités industrielles à Gaza ont été stoppées et le blocus de l'enclave imposé par Israël depuis 2007 a donné lieu à une grave pénurie de carburant, d'argent, de gaz destiné à la cuisine et d'autres approvisionnements fondamentaux.

L'opération militaire menée par Israël à Gaza fin 2008 et début 2009 a provoqué la destruction de plus de 7 500 maisons palestiniennes et le déplacement de plus de 3 500 familles. Comme Tel Aviv empêche l'entrée de matériel d'infrastructure et de construction, les maisons détruites n'ont pas pu être reconstruites et ces 3 500 familles sont toujours sans toit et sans protection. Selon Sameh Habeeb, journaliste et photographe indépendant qui vit à Gaza, les forces israéliennes ont lancé une attaque massive contre les infrastructures de Gaza en juin 2006, après l'emprisonnement d'un soldat israélien, Gilad Shalit, par le Hamas. Shalit est le seul prisonnier israélien incarcéré dans les prisons des autorités palestiniennes, alors que le régime d'Israël détient 7 383 prisonniers palestiniens, dont 340 enfants.

Habeeb rapporte que le pont principal qui relie les zones sud et nord de Gaza a été entièrement détruit lors de l'assaut israélien, de même que l'unique centrale électrique de la bande de Gaza, prise pour cible par un escadron de F16 lors d'un raid sur la ville. Autre construction vitale pour Gaza que les forces israéliennes ont totalement détruite: salah El-Din, la seule autoroute importante de la région. Bien que le gouvernement japonais ait proposé un plan pour la reconstruire, Israël ne n'a jamais donné son feu vert.

Jusqu'à présent, Tel Aviv a bloqué tous les efforts internationaux pour rebâtir Gaza et rénover ses infrastructures en ruine. La majorité des Gazaouis sont privés d'installations sanitaires, d'électricité, d'une éducation correcte, d'eau potable et de denrées alimentaires suffisantes.

Le Premier ministre turc avait déjà déploré précédemment qu'Israël ne permette pas l'entrée dans la bande de Gaza de matériels de construction. « Israël n'autorise toujours pas la reconstruction. La Turquie n'est pas autorisée à construire des écoles, des maisons, des hôpitaux. Les Israéliens laissent entrer de la nourriture et des médicament, mais c'est tout » a-t-il déclaré au Philadelphia Inquirer en 2009.

Précurseur des transformations politiques et de la révolution idéologique en Turquie, Recep Tayyip Erdoğan qui a accédé au pouvoir en raison des origines musulmanes du parti AKP, a engagé de sérieux efforts ces dernières années pour défendre la cause du peuple palestinien. Il est devenu un franc détracteur du régime israélien et a fustigé Tel Aviv à de multiples occasions. En 2009, il a inspiré une admiration mondiale en quittant le débat télévisé organisé dans le cadre du Forum Economique Mondial de Davos (Suisse) et auquel participait également Shimon Peres. Faisant référence au massacre des citoyens palestiniens dans la guerre de Gaza, Erdoğan a accusé le Président israélien de « tuer des gens », puis il est sorti de la pièce furieux, sous les yeux du secrétaire des Nations Unies, le Général Ban Ki Moon, reprochant au modérateur du débat de ne pas l'avoir autorisé à répondre aux fausses déclarations de Shimon Pérès.

Annulant sa visite en Amérique Latine suite aux récents événements qui se sont produits dans la bande de Gaza, Erdoğan a déclaré devant le parlement de Turquie qu'Israël devrait être sévèrement puni pour le meurtre des militants pacifistes dans les eaux internationales : « Le massacre perpétré par Israël sur les bateaux amenant une aide humanitaire à Gaza mérite la réprobation et la condamnation. »

  Ô Khalid des Turcs, redonne vie au Khalid des Arabes*!
Recep Tayyip Erdoğan
Dessin d'
Emad Hajjaj, alias Mahjoob, Jordanie
Tentant d'interpeller la minorité juive de Turquie, Erdoğan a laissé entendre que la réponse de son pays à de tels actes serait ferme et sans complaisance: « L'amitié de la Turquie est solide, mais d'un autre côté, son inimitié est violente. Personne ne doit tester la patience de la Turquie. La nation turque entretient une relation historique d'amitié et de collaboration avec le peuple juif. Ici, en Turquie, les juifs comprennent qui est le véritable responsable de ces évènements.»

Quant au message adressé par Erdoğan à Israël, il est sans ambiguïté: « Le régime sanglant, aujourd'hui au pouvoir en Israël, doit absolument être puni. Même les pirates et les bandits ne touchent pas aux gens non armés, ni aux enfants, ni aux personnes âgés. Eux l'ont fait. Qui plus est, ils tentent, sans aucune honte, de se justifier." La Turquie, qui a annulé ses exercices militaires conjoints avec Israël, est le seul État musulman à maintenir tous ses liens diplomatiques avec Tel Aviv. Les parlementaires ont appelé le gouvernement à prendre des mesures concrètes pour réduire les liens avec le régime sioniste; le gouvernement paraît favorable à de telles mesures. Il semble que seuls le tourisme et les transactions financières avec Israël - qui profitent à la Turquie - retiennent Ankara de se détacher de Tel Aviv. Selon le Ministre turc de la culture et du tourisme, les citoyens israéliens représentent plus de 2,1 % des 20 millions de touristes qui visitent le pays annuellement.

Erdoğan , qui a avertit fermement Israël que celui-ci risquait de perdre l'un de ses meilleurs amis du Moyen Orient, est en train de gagner une popularité croissante dans le monde musulman grâce à ses récentes déclarations au sujet du régime israélien. Le 2 juin 2010, Reuters a publié un article intitulé « La tension en Israël stimule la popularité de la Turquie auprès des Arabes », consacré à l'estime grandissante pour le Premier ministre turc. On peut y lire : « Déjà populaire pour sa défense de la cause palestinienne, le Premier ministre turc, Tayyip Erdoğan, a suscité une nouvelle vague de sympathie en appelant à ce que l'État juif soit puni pour le raid en mer. Le Conseil de Sécurité de l'ONU a condamné la tuerie. »En fin de compte, en tant que régime globalement haï, Israël semble apporter la popularité et la renommée à ceux qui contestent sa politique et ses actions unilatérales, hypocrites et épouvantables.

* Ghazi Khalid ibn al-Walid (592-642), aussi connu sous le nom de Sayfu al-Läh al-Masiül (l'épée brandie de Dieu), était un Sahabi - un compagnon du Prophète Mohammed - d'une grande intelligence dans l'art de la guerre et l'un des commandants les plus brillants de l'histoire. Il a été particulièrement remarqué pour ses tactiques et ses prouesses militaires lorsqu'il était à la tête des forces du Prophète Mohamed, puis  de celles de ses successeurs immédiats, les premiers Califes  Rashidun (bien-guidés), Abou Bakr et Omar. C'est sous son commandement que l'Arabie, pour la première fois dans l'histoire, a été unie sous une seule entité politique, le califat.


  Baker Alhashki, Jordanie
 

jeudi 10 juin 2010

La Palestine, les Turcs et les Arabes


À droite, un Turc avec une pancarte : « Contribuez  avec vos frères turcs  à briser le blocus de Gaza . Rejoignez la Flottille de la Liberté. »
Un Arabe qui revient du marché  lui dit :
-Mon frère, je te jure que j’ai plein de trucs à faire, j’ai pas le temps : j’ai quatre enfants accrochés au cou. Le premier s’appelle Nasser, le deuxième Yasser, le troisième Saddam et le quatrième Nasrallah  !! Et le cinquième est en route. Mais je te promets : l’enfant à venir, je l’appellerai Erdogan !!!
Dessin de Mahjoob pour Al  Quds Al Arabi, 9/6/2010

mercredi 9 juin 2010

Frontex et Mondial

Mais pourquoi vous n'apprenez pas à jouer au foot, les mecs ?

lundi 7 juin 2010

Un nouveau drapeau pour Israël/A new flag for Israel/דגל חדש לישראל/ علم جديد لإسرائيل /İsrail'in yeni bayrağı

Una nueva bandera para Israel/Eine neue Fahne für Israel/Una nuova bandiera per Israele/پرچم جدیدی برای اسرائیل


Juan Kalvellido, Espagne  جوان كلبييدو، إسبانيا

Emad Hajjaj, alias Mahjoob, Jordanie عماد حجاج (محجوب)، الأردن

Luis Sánchez Verdeguer, Espagne



Nedal Hashem, Palestine  
نضال هاشم ، فلسطين

Mohamed Alafia, Maroc محمد العافية، المغرب


Abdul Aziz Al Adwan, Saudi Arabia عبد العزيز العدوان، السعودية

Mohamed Abo Afefa, Palestine


Nabeel Al Hasanat, Jordan الاردن نبيل الحسنات،



Amer Shomali, Palestine عامر شومالي، فلسطين
 Osama bo Seba, Soudan/Égypte أسامة بو صبا، السودان/مص

Netanyahu Bloodthirsty Pirate, Netanyahou, le pirate assoiffé de sang
Carlos Latuff
, Brasil/Brésil 
نتنياهو القرصان المتعطش للدماء،
كارلوس لطوف ،البرازيل



Baker Alhashki, Jordan  بـكر الحشــكـي، الاردن

Tamer Youssef, USA تامر يوسف، الولايات المتحدة


   هناء حجار،المملكة العربية السعوديةHana Hajjar, Arabie saoudite   

 Fuad Ayyach,  Palestine/Syrie فؤاد عياش،  فلسطين/سوريا



El doblez de la bandera/Le pli du drapeau/ حظيرة العلم
Raúl Sánchez, España  راؤول سانشيز ، اسبانيا

 احمد نعيم، مصرAhmed Naeem, Egypt  


Moussa Ajawi, Palestine/Jordan موسى عجاوي،  فلسطين/ الاردن



Kamal Sharf
, Yemen  كمال شرف، اليمن

Hamza Abou Ayyash, Palestine حمزة أبوعياش، فلسطين

Hussein Al Farra, Palestine  حسين الفرا، فلسطين
 
Abdellah Derkaoui, Maroc   عبدالله درقاوي، المغرب       

 
Naji Benaji, Maroc  ناجي بناجي، المغرب


"Non aux pirates sionistes!"
Ali Khalil,
Bahrain علي خليل ، البحرين


عفت، مصر Effat, Egypt


أمية جحا،  فلسطين Omayya Joha, Palestine  



Source : http://www.tlaxcala.es/detail_artistes.asp?lg=es&reference=421