mercredi 24 août 2011

La difficile chute tant annoncée de la maison K...: Le feuilleton continue

Lundi, on nous annonçait comme très imminente la chute définitive de la Maison Kadhafi et la libération totale de Tripoli: ce n'était plus qu'une "question d'heures".
Mardi, ce n'était plus qu'une "question de jours".
Mercredi, ce n'est plus qu'une "question de semaines".
On nous ment, on nous prend pour des cons.
Centre d'appel d'urgences du Pentagone (jeu de mots sur le n° 911, qui est le n° des appels d'urgence aux USA et le 11 Septembre, appelé Nine Eleven en usaméricain)
- La Libye? Ne quittez pas

Dessin de Stuart Carlson, USA


Victoire des rebelles, par Chappatte


Mais où se cache-t-il donc?
Aislin, The Montreal Gazette, Canada

Sur le missile: Mangez de l'interventionnisme libéral. Saddam a été remplacé par Kadhafi
Dave Brown, The Independent, Royaume-Uni






mardi 23 août 2011

Tripoliwood

Le film de série B projeté non-stop sur tous les écrans du monde a transformé Tripoli en concurrent sérieux de Hollywood et Bollywood. Trois images choisies par nos services de veille parmi les rushes de ce film qui pourrait s'appeler : La difficile chute tant annoncée de la maison K...

et la plus belle
Les rebelles ont fêté, mardi après-midi, la prise du quartier général du dictateur libyen en saccageant les symboles du pouvoir déchu.

La légende du Figaro dit : Les rebelles ont fêté, mardi après-midi, la prise du quartier général du dictateur libyen en saccageant les symboles du pouvoir déchu. Crédits photo : Sergey Ponomarev/AP
Notre commentaire: faute de trouver l'original, ils doivent se contenter de l'effigie. Appréciez leurs armes flambantes neuves, qu'ils ont reçu il y a quelques heures de leurs généreux sponsors et qui n'ont sans doute jamais servi. Appréciez aussi la diversité des looks de ces "rebelles" made in NATO. Question: combien ont-ils exigé du camarade Ponomarev pour prendre la pose? 50$ par tête, soit 350$ pour le groupe? Question: ont-ils établi une facture? Question : L'agence Associated Press prévoient-elle des salaires de figurants dans les notes de frais de ses photographes ?

lundi 22 août 2011

Le Super-Show de l'OTAN à Tripoli met la Bourse de Milan en joie

Alors que tous les médias de la planète nous ont matraqué depuis lundi matin la "libération imminente" de Tripoli et la "fin inéluctable"de la tribu Kadhafi, la Bourse de Milan a connu une envolée des actions des entreprises pétrolières, sidérurgiques et de construction présentes en Libye, à commencer par le pétrolier ENI et l'aciériste Ansaldo, dont les actions ont grimpé de 5 à 6%. En attendant, Papy Kadhafi continue à faire de la résistance, dans son désormais célèbre "bunker" (s'il y est toujours), que l'on peut voir ci-dessous:


Quant aux fameux "rebelles", à voir leur dégaine, je ne leur confierais ni mes petits-enfants à garder, ni mes économies, ni mon bulletin de vote, ni même mon canari. La Libye s'achemine vers un destin de Kosovo arabe, avec une bande de bandits pour la diriger, c'est-à-dire pour brader ses richesses , non pas au meilleur offrant, mais au moins-disant. On va appeler ça la "démocratie enfin (re)trouvée". Et si la démocratie républicaine est trop difficile à mettre en œuvre - comme en Irak ou en Afghanistan -, eh bien, le services de sa très gracieuse Majesté offriront au peuple libyen, sur un plateau de plastique made in China...l'héritier du trône Senoussi, qu'ils gardent au chaud du côté de Londres.Et BHL sera à son poste pour nous expliquer que c'est la seule solution raisonnable pour ces Bédouins.


"En Syrie, Assad fait partie du problème" : Une interview de Samir Aita

C’est la politique néolibérale du Président qui a provoqué le soulèvement en Syrie. L’armée doit se ranger aux côtés du peuple. L’opposition rejette les sanctions de l’UE, des USA et de l’ONU
Samir Aita est rédacteur en chef de l'édition arabe du Monde Diplomatique. Né à Damas, il vit à Paris.  Karin Leukefeld, du quotidien berlinois junge Welt, l'a interviewé à Berlin.
Original: Syrien: »Assad ist Teil des Problems«-Ein Gespräch mit Samir Aita
Traductions disponibles : English  Español 

Pendant 10 ans vous avez conseillé le gouvernement syrien pour son programme de réformes. Aujourd’hui vous souhaiteriez conseiller le soulèvement patriotique syrien. Faites-vous partie de l’organisation du mouvement d’opposition ?

Je crois que le terme d’ « opposition » n’est pas approprié, en tout cas pas pour moi. La question c’est : est-on avec le jeune mouvement social, oui ou non ? Il y a des gens qui sont pour, il y en a qui ont peur. Et il y a des gens qui sont toujours pour le régime, parce qu’ils en profitent. Et même parmi ceux qui sont pour le soulèvement, les opinions divergent. Quelques-uns ont des penchants islamistes, d’autres ont des projets à l’international. Mais fondamentalement la société syrienne est patriote. Je me sens du côté des patriotes, de ceux qui veulent donner un avenir à cette révolte.
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Le dessin du jour: The Sarkozy Wall

Xavi a appelé ce dessin "The Sarkozy Wall", Le mur de Sarkozy, précisant qu'il a voulu ainsi exprimer son indignation contre la politique menée par Sarko en France et dans l'Union européenne. Xavi, c'est la signature de Xavier Salvador Ramisa, un Catalan de 37 ans qui vit à Reus, près de Barcelone. Visitez donc son site: http://www.krop.com/xavisalvador/ et si vous avez un petit boulot pour lui, n'hésitez pas: les dessinateurs doivent aussi manger!

dimanche 21 août 2011

Urgent : Une paire de sandales pour la prison de Gilboa!

par Janan Abdu جنان عبده Traduit par  Pedro da Nóbrega, édité par  Fausto Giudice, Tlaxcala 
 La militante et chercheuse palestinienne Janan Abdu, qui vit à Haïfa, raconte ici un épisode récent de la détention de son mari Ameer Makhoul, détenu à la prison militaire israélienne de Gilboa, dans la Vallée du Jourdain, où il purge une peine de 9 ans de prison pour "espionnage" (un contact avec un militant du Hezbollah). Visitez la page Free Ameer Makhoul http://www.facebook.com/group.php?gid=119694878050988
Original: مطلوب صندل وبشكل فوري لسجن الجلبوع
Traductions disponibles : English  Español  Português  Deutsch 
- Ils t’ont donné une copie de la photo que je t’ai envoyée par fax ?
- Non !
- Et la photo que j’avais jointe à ta lettre ? Elle n’est pas arrivée ?
- Non, je n’ai rien reçu.

Ameer Makhoul, directeur de l'Ittijah, Union des associations communautaires arabes qui regroupe les ONG palestiniennes en Israël
Nous poursuivons notre conversation. Les questions restent en suspens dans nos esprits pendant que nous scrutons les aiguilles de l’horloge. Elles nous accaparent et volent de notre temps. Ensuite, sans nous prévenir, on nous annonce que nos quarante-cinq minutes se sont écoulées. Nous nous disons au revoir avant que le téléphone ne soit coupé et qu’il cesse de me transmettre sa voix de l’autre côté de la paroi de verre. Je me force à sortir de la salle de visite en essayant d’évacuer le désarroi de ces instants de séparation. Nous prenons date pour notre prochaine rencontre d’ici quinze jours.
Les quarante-cinq minutes sont donc épuisées. C’est le signal du déclenchement du compte à rebours jusqu’à la prochaine visite, avec tout ce que cela peut signifier, avec tout le désir que cela peut comporter. Nos vies tournent autour du rythme de nos rencontres toutes les deux semaines. Nous parlons de ce qui s’est passé avant ce dimanche et de ce qui doit se passer ensuite.
Les deux semaines sont passées. La première nous semble toujours aussi longue qu’ennuyeuse. Mais quand enfin elle s’achève et qu’arrive le dimanche du milieu, le temps nous paraît soudain voler jusqu’à ce que nous soyons enfin au dimanche suivant.
C’est alors que j’entame notre dialogue en lui demandant :
- Ils t’ont donné une copie de la photo que je t’ai envoyée par fax ?
- Non !
- Et la photo que j’avais jointe à ta lettre ? Elle n’est pas arrivée ?
- J’ai la lettre mais pas la photo. J’ai aussi reçu la lettre n° 60 !
- Mais je t’ai envoyé la photo avec la lettre n° 59 ! Et je t’ai aussi depuis adressé la lettre n°61. Je pensais même que tu l’avais déjà reçue. C’est bizarre !
C’est vraiment étrange. Bien que cela coûte 5 fois plus cher que le courrier normal, j’avais pris soin de la lui envoyer par lettre recommandée pour m’assurer qu’elle arriverait intacte.
Nous sommes tous les deux très surpris. Mais très vite, des sujets plus importants occupent nos pensées. Notre amour, notre séparation, les campagnes de solidarité. Aussi tous ces menus détails du quotidien qui ont pris tant d’importance, surtout depuis que le seul contact avec lui se fait par l’intermédiaire des lettres que nous échangeons et le peu d’informations que nous arrivons à lui confier. Avec autant de ferveur que d’impatience, il savoure le moindre détail. Il déguste chaque mot et chaque geste afin de pouvoir, plus tard, quand il se retrouve seul dans sa cellule, s’en régaler encore une fois en les remémorant. Nous procédons de même sitôt rentrées à la maison.
Avant que ne s’achève notre rencontre et que les aiguilles de la montre aient dévoré ce qui nous reste de temps, j’attire encore son attention :
- N’oublie pas de réclamer la lettre. Tu leur diras : « Mon épouse m’a adressé une lettre recommandée avec la photo de la sandale. Elle l’a également transmise par fax comme l’avait suggéré le directeur du service pénitentiaire. Il lui a dit : ‘Si vous le voulez, envoyez une copie par fax. Vous avez le numéro, vous avez toujours la possibilité d’adresser un fax’ ».
Je dois avouer que, ce jour-là, je n’étais pas certaine du sens à donner aux paroles du directeur. Ne se payait-il pas ma tête ? Ou se doutait-il que je n’étais pas du genre à renoncer et que j’insisterais jusqu’à ce que j’obtienne une réponse ? Il m’arrivait de temps à autre d’envoyer des courriers aux fonctionnaires de la prison et aux représentants de l’autorité pénitentiaire relatifs à divers sujets concernant mon mari qui y est incarcéré. Mais j’ai appris à ne pas accorder trop d’importance à ce qu’ils pouvaient dire ou faire.
Chaque fois que notre rencontre s’achève, je dois me forcer avec mes filles à sortir de la salle de visite. Je procède de la sorte afin d’essayer d’évacuer la tension induite par la séparation, dans ces moments où la prison l’arrache à nos regards et qui sont pour nous tous les plus pénibles. Il disparaît alors à nos yeux pour encore deux semaines. Nous avons passé près de lui 45 minutes qui s’évaporent comme si elles n’avaient jamais existé. Ce sont assurément les instants les plus douloureux pour tous les prisonniers. Et au travers de cette vitre qui nous sépare, tous s’évertuent à grappiller quelques moments supplémentaires au-delà du temps imparti. Au travers de cette paroi de verre qui sépare les prisonniers de tous leurs proches restés à l’extérieur.
Et nous voilà songeant à lui obsessionnellement pendant les deux semaines suivantes. Nous questionnant sans cesse : Comment va-t-il ? Que peut-il éprouver ? À quoi pense-t-il ? Que fait-il ? Et ce n’est que quand arrivent ses lettres deux fois par semaine que nous parvenons à connaître quelques bribes de sa vie dans la prison. Je lis sa lettre une, deux, trois fois et la relis encore jusqu’à ce que nous puissions nous voir à nouveau ou qu’arrive une autre de ses lettres.
Quelques jours après notre entrevue, un de ses lettres est arrivée. Par ses propos, je l’ai senti déterminé à savoir par tous les moyens ce qu’il était advenu de la photo de la sandale. Ils lui auraient apparemment répondu de la façon suivante :
- En effet, nous avons bien reçu de votre épouse un fax avec une photo. Mais comme elle était sombre et de mauvaise qualité, nous l’avons déchirée et mise à la poubelle.
- Mais qu’est-il advenu alors de la photo envoyée par lettre recommandée ?
- Elle ne nous est jamais parvenue !
- Mais enfin ma femme l’a envoyé par courrier recommandé !
- Nous ne l’avons pas vue.
- Mais c’était une lettre recommandée. Et j’ai bien reçu sa lettre suivante !
- Nous n’en avons pas trace !
Finalement, au bout de deux heures, ils ont fini par retrouver la photo de la sandale. “Pas croyable”, m’a-t-il dit. Je n’en pensais pas moins.
Après donc plus d’un mois et demi d’attente, j’ai enfin pu m’enquérir de cette sandale dont je lui avais envoyé la photo. L’été est étouffant. Il n’arrive pas, il écrase. Et dans la prison de Gilboa, en pleine vallée du Jourdain,  la chaleur atteint des sommets de températures inimaginables. Elle suinte du corps même des prisonniers politiques. S’appuyer contre les murs n’est d’aucun secours, cela ne fait qu’amplifier la chaleur.
Il existe ainsi une histoire pour la sandale, comme il en existe une autre concernant la demande d’analyse de sang qu’il a présentée. Comme il y en a une relative à la carte postale que lui avait adressée notre fille Hind lorsqu’elle se trouvait en Espagne et qui n’est jamais arrivée, même après son retour. Ainsi qu’une autre histoire sur l’organisation des visites des familles toutes les deux semaines.
Dans la prison où il se trouve, le moindre des sujets, la question la plus banale qui ne devrait mériter aucune attention particulière, entraîne une succession effrayante de tracasseries qui peuvent ainsi durer des jours et des semaines. Chaque chose la plus simple qui soit se transforme en histoire qui peut traîner pendant des jours et des semaines. Cette situation est due au fait que la bureaucratie est utilisée comme un moyen de pression sur les prisonniers et leurs familles. Ils nous obligent à nous mobiliser pour des peccadilles. Dans la prison, les détails les plus insignifiants deviennent aussi urgents qu’importants. Nous dépensons un temps considérable et des trésors d’énergie pour tenter de résoudre des questions bureaucratiques au sein des prisons. Et c’est bien le but recherché par cette situation, afin de nous garder éloignés de sujets bien plus essentiels comme nos revendications politiques. Mais, bien que nous soyons conscients de ce fait, nous sommes contrains de nous plier devant le système bureaucratique parce qu’il affecte directement la vie quotidienne des prisonniers.
L’histoire de la sandale ? Voici la version courte. Mon mari m’avait demandé dans sa dernière missive de lui apporter un catalogue de sandales d’une boutique de Haïfa lors de notre prochaine rencontre. Le magasin de la prison n’avait pas sa taille, elles étaient toutes trop grandes. Ils lui ont dit de me demander d’apporter le catalogue afin de permettre au fournisseur dument agréé par la prison de procéder à la commande. Car les familles ne sont pas autorisées à amener des sandales ou des chaussures aux prisonniers politiques. Seule l’administration pénitentiaire a le droit d’effectuer des achats, par le biais d’une commission qui se sert pour les régler des dépôts mensuels réalisés par les familles sur les comptes des prisonniers qui sont sous contrôle de la prison. Des comptes dont elle déduit bien sûr des commissions qui lui reviennent ainsi que celles qu’elle reverse à la compagnie de messagerie qui se charge des transferts d’argent.
Afin d’obtenir ce catalogue, je me suis rendue expressément à la boutique où Ameer aimait acheter ses sandales. Le propriétaire du magasin ne disposait pas de catalogue comportant les modèles en vente. C’est alors, en y réfléchissant, que m’est venue l’idée de prendre avec mon téléphone portable une photo de la sandale. Je l’ai donc photographié de face et de côté et suis rentrée à la maison.
J’ai ensuite passé des heures pour pouvoir télécharger le programme adéquat me permettant de connecter mon téléphone portable avec mon ordinateur afin de transférer les fichiers correspondants. Finalement, alors que j’étais proche de renoncer, j’ai réussi à transférer les images sur mon ordinateur. Il m’a fallu après les copier sur un CD et aller à la boutique d’Hatem pour pouvoir les imprimer. Il me restait encore à me rendre au bureau de poste, y faire une longue queue afin de les envoyer au plus vite à mon mari. Et pour m’assurer que cela lui arriverait dans les meilleurs délais, j’ai envoyé une photo par fax et en ai jointe une au courrier que je lui adressais. Je suis donc allée à la papeterie d’Elías pour envoyer le fax de là-bas. Une fois tout ça terminé, un sentiment de réussite m’a envahie. J’avais triomphé de l’oppression et j’en étais toute ragaillardie. Je n’avais donc pas la moindre idée de ce qu’il avait pu advenir de la photo ni si Ameer avait pu acheter les sandales jusqu’au jour de notre rencontré où je lui ai demandé :
- Ils t’ont donné une copie de la photo que je t’ai envoyée par fax ?
- Non !
- Et la photo que j’avais jointe à ta lettre ? Elle n’est pas arrivée ?
- Non, je n’ai rien reçu.

samedi 20 août 2011

A écouter : Monde arabe et révolutions populaires

Les Rencontres de Pétrarque
Emmanuel Laurentin
Monde arabe et révolutions populaires
France-Culture
20.08.2011 - 19:00
Depuis plusieurs décennies, de nombreux intellectuels européens avaient diagnostiqué un ennui démocratique propre à saper les fondements de la citoyenneté. Curieusement c’est de là où on l’attendait le moins qu’un désir de démocratie s’est manifesté en plein coeur de l’hiver dernier. Des foules populaires ont choisi, en Tunisie, en Égypte, mais aussi en Syrie ou à Bahrein, de s’élever contre leurs dirigeants, et de redonner vie à la notion de révolution populaire. Qu’y a-t-il à apprendre de ceux qui ne sont pas fatigués de la démocratie ? Face aux sondages d’opinion et aux jugements des experts, le peuple soulevé, au sens du XIXe siècle, pourrait-il avoir le dernier mot ?
Avec :
Fethi Benslama
Fethi Benslama est un psychanalyste tunisien de langue française, professeur à l’Université Paris VII où il dirige l’UFR de Sciences humaines cliniques. Il est notamment l’auteur de La psychanalyse à l’épreuve de l’islam (Flammarion, 2002) et du très récen Soudain la révolution! De la Tunisie au monde arabe : la signification d’un soulèvement (Éd. Denoël, 2011).
Leyla Dakhli
Leyla Dakhli est agrégée et docteure en histoire, spécialiste du Moyen-Orient contemporain, et chercheure associée au Collège de France. Elle a soutenu en 2003 une thèse sur les intellectuels syro-libanais dans la première moitié du vingtième siècle, qui a été publiée sous le titre : Une génération d’intellectuels arabes (Karthala, 2009).
Vincent Geisser
Chercheur CNRS à l’Institut Français du Proche Orient (IFPO), Vincent Geisser est sociologue et politologue. Spécialiste de la sociologie politique de la Tunisie, il s’intéresse également aux conditions d’intégration des populations musulmanes immigrées en France. Auteur de nombreux essais, dont notamment La nouvelle islamophobie (La Découverte, 2003), il vient de publier : Dictateurs en sursis, la revanche des peuples arabes (Éditions de l’Atelier, 2011).
Benjamin Stora
Benjamin Stora est un historien français né à Constantine, professeur des universités et enseignant à Paris XIII. Ses recherches portent sur l’histoire du Maghreb contemporain, l’Algérie coloniale et l’immigration en France. Auteur de nombreux ouvrages, notamment sur les enjeux de mémoire autour de la guerre d’Algérie, il a publié dernièrement Le 89 arabe, réflexions sur les révolutions en cours, dialogue avec Edwy Plenel, (Éd Stock, 2011).
à écouter ici
source : www.festivalradiofrancemontpellier.com


NDLR Basta!: En écoutant cette émission, nous avons noté une petite erreur commise par Leyla Dakhli à propos de l'un des slogans des révolutionnaires tunisiens en janvier 2011: "Vous pouvez nous tirer dessus, nous sommes déjà morts". Elle déclare que ce slogan vient de Palestine. Faux! C'est à l'origine un slogan zapatiste mexicain ("Vous ne pouvez pas nous tuer parce que nous sommes déjà morts"), qui a fait son chemin jusque dans la Tunisie profonde, en passant par l'Algérie, où l'AZLS l'avait fait connaître par la diffusion de son journal Basta! à la fin des années 1990. Ce slogan est apparu sur une banderole confectionnée par un groupe de militants de Béjaïa ouvrant la grande marche de Tizi Ouzou du printemps 2001 et s'est ensuite rapidement diffusé. La députée européenne Hélène Flautre écrivait dans son rapport de juin 2011 :
"22 mai 2001, à Tizi Ouzou
Comment repartir d’Algérie sans essayer, sans écouter, les acteurs de ces manifestations quotidiennes ? Comment ne pas avoir envie de transgresser le protocole de la visite officielle pour aller à la rencontre de ces manifestants, "vus à la télé " derrière ces calicots tragiques sur lesquels ils écrivent " vous ne pouvez pas nous tuer, nous sommes déjà morts " ?
 Sans parler de ce livre relatant le Printemps kabyle de 2001 et paru en 2002

Benoît XVI en Espagne, Ratzinger à la Puerta del Sol, le Mouvement du 15 Mai dans la rue




L’histoire nous montre que ceux qui font une fixation sur la foi en l’existence d’un être fort improbable ont l’habitude d’exterminer ceux qui croient à l’existence d’un être improbable… différent. Au tout début le péché n’était pas tant dans le fait de ne pas croire que dans celui de croire à la même chose avec des différences subtiles. C’est seulement avec le développement de la civilisation que le nombre d’athées a grandi et avec eux la quantité des candidats à l’échafaud, car aux hérétiques s’ajoutaient les incroyants et les sans-dieu. Rien d’étonnant si parfois les croyants se mettent d’accord pour achever l’ennemi commun et remettent à plus tard leurs divergences historiques. Après tout, pour un athée, cela ne change pas grand-chose d’être poignardé par un catholique, un Juif, un musulman ou un orthodoxe.
Bien que cela paraisse étrange, faire brûler ceux qui professent une religion différente est typique du processus de l’évolution, mais en même temps démontre que le fait d’avoir poursuivi le processus d’hominisation ne veut pas dire qu’on ait aussi achevé celui de l’humanisation. Quand l’homo sapiens a développé le langage, il a commencé à enterrer ses morts (aucune autre espèce ne le fait). Un regard sans passion sur le passé peut geler net le sourire de ceux qui n’osent pas se penser eux-mêmes comme un hasard de l’éternité. Qu’est-ce qui se passe quand les dieux sont tout sauf gentils ? Et si au lieu d’être une explication du mal les dieux étaient les gestionnaires du mal ?
Les Néandertaliens – ces prédécesseurs éteints qui laissèrent la place aux Cro-Magnon dont nous descendons, le pape inclus – rendaient déjà un culte aux morts, ce qui démontre qu’ils croyaient en une vie après la mort, sous une forme ou une autre, et en un quelconque responsable de cette auberge d’outre-tombe, mais ceci ne les empêcha de disparaître en tant qu’espèce. Quand une espèce humaine assez intelligente pour croire en les dieux disparaît, est-ce parce qu’elle n’est pas encore assez développée pour croire au vrai Dieu ? Et si c’était exact, quelles garanties aurait l’actuel homo sapiens – si brutal et arriéré – de ne pas être condamné à la même chose, abandonné par ces dieux auxquels il croit et de disparaître de la face de la terre ? Comme disait Isidore de Séville, « vis comme si tu devais mourir demain et étudie comme si tu devais vivre éternellement ».
RatzingerMoins une chose est crédible, plus elle exige de cérémonie. Couronner un roi réclame plus d’ostentation qu’introniser un président élu. Les juges sont tellement peu crédibles qu’ils doivent se déguiser. Une armée sans prisons où enfermer ceux qui mettent en question les galons est inimaginable. Et l’Église catholique préfère dépenser 50 millions d’euros pour faire du prosélytisme que d’envoyer cet argent dans la Corne d’Afrique. Si Jésus de Nazareth vivait de nos jours, il serait en Somalie, après avoir été excommunié par Rome. Mais le pape préfère l’Espagne. Et pour préparer sa visite Ratzinger a envoyé les Junge Katholiken prendre d’assaut la Puerta del Sol. Il aurait pu être beau de les voir vivre à Madrid (où des communautés solidement constituées s’emparent des rues). Mais il ne s’est passé comme ça. Les Junge Katholiken n’ont pas l’irrévérence de la jeunesse. Un jeune qui ne se pose pas des questions est né vieux. Le 17 août quelques-uns de ces jeunes catholiques, en sortant du MacDonald’s de la rue Arenal, ont essayé d’empêcher l’entrée de la marche laïque dans la Puerta del Sol. Mais les indignés connaissent fort bien le chemin. « Cette place appartient au pape », disaient les catholiques. Et les indignés, posant sur eux un regard indulgent, pensaient: « Quelle bande d’ignares ». Mais quand il s’agit de l’au-delà, qui est capable de trouver l’argument juste ?
Quelques jours auparavant le mouvement du 15-M avait discuté de la visite du pape. Comme d’habitude ses membres ont brillamment montré leur bon sens. Ils n’ont rien contre les croyances individuelles de personne, mais quelque chose contre une religion qui s’acharne à dire aux autres comment ils doivent se comporter et le fait avec de l’argent public. Voici le principal grief contre la visite en Espagne de l’ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (successeur administratif de la Sainte Inquisition). Mais il est bien évident qu’il y a d’autres objections.
En 1953 ce sont les USA et le Vatican qui ont cassé l’isolement international de la dictature franquiste, née de la défaite du gouvernement légal de la République. Les Ricains, en échange de bases militaires. L’Église, en échange de privilèges. C’était cette même Église catholique qui avait béni les canons de Franco, permis au dictateur d’entrer dans les cathédrales sous un baldaquin, mis son armée de curés au service de la délation, de la punition et la répression des républicains. La même Église qui n’a pas demandé pardon pour le génocide franquiste, appuyé par la hiérarchie catholique. C’est Ratzinger qui a recommandé aux pèlerins d’aller visiter la Vallée des Morts, le mausolée en l’honneur du fascisme construit en banlieue de Madrid par une main-d’œuvre républicaine esclave. Il est difficile de saluer Ratzinger avec gentillesse dans les rues de Madrid. On l’imagine faisant la salutation nazie.
Après la brève parenthèse du Concile Vatican II et de l’Église des pauvres voulue par Jean XXIII, Jean-Paul II et son bras armé le pape actuel Benoît XVI se sont obstinés à casser la colonne vertébrale de la théologie de la libération. Dans cette tâche de démolition de la plus grande rénovation entamée dans l’Église au cours des deux derniers siècles, ils ont pu compter sur l’aide des Légionnaires du Christ et de l’Opus Dei, ce dernier érigé en prélature personnelle. Faut-il rappeler que le fondateur des Légionnaires, le Père Maciel, était coupable de polygamie, pédérastie et corruption ? Faut-il rappeler que Monseigneur Escrivá de Balaguer a été un important supporteur de la dictature franquiste ? Ratzinger a été l’instigateur principal de l’occultation des délits de pédérastie à l’intérieur de l’église. Si dans l’Irlande démocratique on a mis en évidence plus de 25 000 cas d’abus d’enfants, que ne s’est-il pas passé sous la dictature en Espagne ? C’est seulement en 2010 que Benoît XVI a dénoncé le « crime atroce » de la pédérastie. Mais quand les autorités irlandaises ont voulu appliquer la même loi aux prêtres criminels qu’à n’importe quel civil, le pape a rappelé son ambassadeur en consultations, claire menace de rupture diplomatique. Les délits de l’église ont des tribunaux qui relèvent seulement de leur dieu.
 

Les Jungen Katholiken à Madrid
En Espagne, pays laïc, nous avons trop longtemps toléré les privilèges de l’église catholique. Des privilèges dans l’enseignement où l’école religieuse est financée avec l’argent public ; des privilèges dans la déclaration de revenus où l’on est invité à faire des dons à l’Église catholique (encore en 2011 !) ; des privilèges dans le financement des curés et dans leur présence dans les espaces publics ; des privilèges dans le financement d’activités de prosélytisme (comme l’actuel voyage du pape); des privilèges dans l’abandon de tâches de la part du Bureau du Procureur dans une multitude de délits : sexuels, immobiliers, bancaires, médiatiques, homophobes, patriarcaux, racistes ou d’autre sorte, commis par des membres du clergé. Ce sont des privilèges qui émanent d’un Concordat négocié avant l’actuelle Constitution et que sa teneur franquiste rend incompatible avec notre démocratie. Quand un groupe de fous qui accorde des qualités extrasensorielles à la patrie méprise la vie des autres, la loi le chasse des institutions et – même sans aucune preuve – interdit ses magazines et ses journaux. Alors pourquoi l’organe de presse de l’archevêque de Madrid peut-il se permettre le luxe de demander que le viol soit exclu du Code pénal ? Pourquoi cette incitation ecclésiastique au violdans un pays qui continue à assassiner des femmes n’est-elle pas traduite devant les tribunaux ?
La papamobile laïque du 15-M
Ratzinger vient à Madrid, la ville qui s’est réveillée, la ville qui demande à cette Europe si fatiguée de se réinventer. Au moins depuis Machiavel on ne croit plus au hasard. Le conservateur James Cameron impute les troubles à Londres à la « perte de valeurs » et non pas à la disparition des fondements égalitaires de la démocratie. Il reprend, bien qu’avec moins d’intelligence, l’argument de Daniel Bell dans Les contradictions culturelles du capitalisme (1976), une œuvre écrite pour apporter son grain de sable à la lutte entre la crise de légitimité qui expliquait la gauche et la demande de gouvernabilité et réarmement moral-chrétien de la droite. Cette lutte va initier l’un des principaux débats à l’intérieur des démocraties européennes. Et l’une des principales batailles intellectuelles sera livrée à Madrid. Du côté du Vatican – et du national-catholicisme espagnol – elle essaiera de lancer la Reconquête religieuse depuis la capitale du royaume. Face à ces forces le 15-M continuera à réclamer une démocratie digne de ce nom, incompatible avec le règne obscur qui découle de la conception obscurantiste, autoritaire et réactionnaire du Vatican. La droite sait sur quoi elle doit miser. La charge policière du 17 août à la Puerta del Sol nous fait penser que le gouvernement du PSOE continue à marcher de travers. Si la social-démocratie, qui a perdu le nord depuis qu’elle a assumé la troisième voie, perd aussi le drapeau de la laïcité, que lui reste-t-il encore à perdre?
Continuons à réclamer la réinvention de presque tout.

Le dessin du jour


jeudi 18 août 2011

Algérie : Révélation explosive sur l’assassinat des moines de Tibhirine - L’enquête qui implique le DRS

par Y.B, KalimaDZ, 18 août 2011
L’enquête du journaliste et réalisateur, Jean Baptiste Rivoire, va relancer l’affaire de l’assassinat des sept moines de Tibhirine. A force de patience et de persévérance, le journaliste a réussi à obtenir des témoignages qui impliquent directement les services de renseignements algériens ( DRS).
Cette enquête sera déclinée sur deux supports. “Le crime de Tibhirine”, un documentaire qui sera diffusé dans l’émission « spécial investigation » sur canal fin septembre et un livre « Le crime de Tibhirine, révélations sur les responsables » qui paraitra le 22 septembre 2011, aux éditions la Découverte.

Des agents du DRS reconnaissent leur participation
Le journaliste réalisateur a réussit à contacter trois anciens agents du DRS qui confirment la version de Abdelkader Tigha. L’un d’entre eux à communiqué les noms d’agents du DRS qui ont participé à l’opération. Un deuxième, qui était affecté au Centre Territorial de Recherche et d’investigation ( CTRI) a raconté dans les détails, la préparation, les repérages et même le ratissage effectué par l’armé pour éviter une « malencontreuse rencontre » avec les hommes de Benhadjar. Le troisième, enfin, qui s’est présenté comme le commandant « Reda », a reconnu, après plusieurs conversations téléphoniques avoir participé aux assassinats en menaçant de mort ces interlocuteurs au téléphone.

Le silence des autorités algériennes
Avant de boucler son enquête, Jean Baptiste Rivoire, a tenté à plusieurs reprises d’obtenir le point de vue des autorités algériennes en passant, soit par l’ambassade d’Algérie à Paris, soit par l’intermédiaire de nombreux responsables politiques français, dont presque aucun n’a accepté de parler. Il a envoyé, par fax, la liste des noms des personnes identifiées qui interviennent dans son enquête et a demandé aux autorités algérienne d’apporter leurs versions des faits, ou leur réactions. Il n’a obtenu aucune réponse. Dans tous les cas, les révélations contenues dans le documentaire et le livre, pourront relancer l’enquête judiciaire et mettre les autorités algériennes dans l’obligation d’apporter des réponses.
Auteur de nombreux documentaires, Jean-Baptiste Rivoire est rédacteur en chef adjoint à “Spécial investigation” de Canal +. Enquêteurs chevronné, spécialiste de l’Algérie, il a réalisé de nombreux documentaires sur ce pays ainsi que sur les relations algéro-française, comme « Benthala, autopsie d’un massacre » en 1999, « Algérie : la grande manipulation » en 2000, et « Attentats de Paris, enquête sur les commanditaires » en 2002. En 2004, Jean-Baptiste Rivoire, en collaboration avec Lounis Aggoun, publie le livre « Françalgérie, crimes et mensonges d’états », qui traite de la situation désastreuse de l’Algérie et des intérêts menacés de la France.

Bendir Man expulsé d'Algérie pour "exportation de révolution"

15 août 2011
    Programmé pour deux concerts d’affilée, jeudi et vendredi derniers, à Alger et à Bejaia, Bendir Man accompagné de Baaziz a été invité à quitter la scène au beau milieu du deuxième concert, prétextant un problème de sono.
    Nous avons contacté Bendir Man pour avoir plus de détails. Voici son récit.
    Tout a commencé la veille, lors du premier concert à Alger, quand Bendir Man a chanté “99% chabaa dimokratia” (99% plein de démocratie), une parodie sur les élections pipées. Quand les spectateurs en liesse ont reclamé des noms, Bendir Man a tout simplement répondu « les dirigeants arabes, comme celui que nous avions en Tunisie, et que vous avez présentement ». Ce qui n’a pas manqué d’enflammer la foule de spectateurs, au point qu’à la fin du concert, certains ont crié “Baaziz président, pouvoir assassin !”.
    Des propos qui n’ont pas tardé à réveiller certains dirigeants algériens en garde contre toute tentative de contamination par la révolution tunisienne. Vendredi, l’organisateur a été, alors, sommé d’arrêter le deuxième concert à Bejaia, chose qu’il a refusée et le « show must go on », mais au milieu du concert, la sono, sabotée, a tout simplement explosé.
    Le concert a été arrêté. Les spectateurs sont restés sur leur faim. Une fois à l’aéroport, dimanche, le vol de Bendir Man a été retardé d’une heure et quart, tout cela pour les beaux yeux du chanteur tunisien. Lequel a été questionné durant tout ce temps. Son bagage a été fouillé, et pour finir on lui a montré une feuille officielle mentionnant qu’il était désormais interdit de séjour en Algérie.
    Les policiers l’ont “accusé” d’exporter la révolution. Propos auquel, l’artiste a répondu que ce n’était pas des “conserves de tomates”.
    «L’Algérie est un très beau pays, l’accueil et les gens sont très hospitaliers, mais sans être donneur de leçons, c’est dommage qu’avec autant de ressources et de richesses, ce pays se retrouve avec un taux de chômage élevé et un système aussi corrompu que le nôtre», a ajouté Bendir Man.
    Rappelons que le 9 juillet, Bendir Man a donné un concert à l’Acropolium de Carthage, en duo avec le chanteur algérien Baaziz. Les deux chanteurs engagés n’ont pas manqué à leur réputation.
    Source : http://www.webdo.tn

    La chanson qui a valu à Bendir Man son expulsion d’Algérie



    Populi Iberiae dicent: Nolumus Papam Benedictum hic et nunc!

    Traduction à l'usage de ceux qui ignorent le latin: Les peuples d'Espagne disent: nous ne voulons pas de ce pape benoît ici et maintenant.
    Le Pape et ses groupies ont été accueillis comme il se doit à Madrid, avec humour. Le slogan du jour était:
    "Mejor ser perroflauta que pastor alemán!!!"
    = Mieux vaut être un caniflûtiste qu'un berger allemand
    Perroflauta est un néologisme qui vient d'être adopté par l'Académie royale de la langue espagnole. Il désigne péjorativement, dans la bouche des réactionnaires qui les détestent, les jeunes gens au style négligé, qui se baladent avec des chiens (perros) et jouent de la flûte (flauta), bref les hippies du XXIème siècle, popularisés par le mouvement des Indignados du 15-M -15 mai (voir sur ce blog les photos d'Israël où l'on peut voir un de ces typiques caniflûtistes en action et au repos à Tel Aviv). Nous proposons le néologisme caniflûtiste pour le traduire.

    Journées mondiales de la jeunesse 2011:
    SVP, avant de venir, déconnectez vos cerveaux


    La papamobile démoniaque

    et en bonus, l'inoubliable tube du groupe LOS CHICHOS
    Fillette, pourquoi pleures-tu, puisque le Pape ne vient pas...

    Allez, les Israéliens, encore un effort pour devenir des révolutionnaires arabes !

    Un magnifique reportage photo sur le mouvement de protestation sociale qui traverse Israël depuis début août. les organisateurs appellent à une marche d'un million de personnes dans 50 villes le 3 septembre.

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    A guard tries to prevent a protester from storming the Knesset, Israel's parliament, in Jerusalem August 16, 2011 during a protest against the high living costs in Israel. Israel's parliament interrupted its summer recess on Tuesday to debate popular protests against high living costs but there seemed to be little sense of urgency among the smattering of lawmakers, some of whom tapped away on mobile phones and iPads. Reuters
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    Protesters run as they try to storm the Knesset, Israel's parliament, in Jerusalem August 16, 2011 during a protest against the high living costs in Israel. Israel's parliament interrupted its summer recess on Tuesday to debate popular protests against high living costs but there seemed to be little sense of urgency among the smattering of lawmakers, some of whom tapped away on mobile phones and iPads. Reuters
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    Israeli activists hold placards during a protest calling for social justice, including lower property prices at the Southern city of Be'er Sheva, Israel 13 August 2011. Demotix
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    Thousands of people march in the streets during a protest against the rising cost of living on August 6, 2011 in Tel Aviv, Israel. Protests across Israel were spurred following a Knesset vote to approve the national housing committees law, which places the authority for approving building projects in the hands of regional committees. Getty
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    A woman walks among tents in a tent camp during an ongoing protest calling for social justice, including lower property prices in Israel, in a main boulevard in Tel Aviv August 14, 2011. Reuters
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    Protesters march during a massive protest calling for social justice including lower property prices in Israel, on a main road in Tel Aviv, in this aerial view taken August 6, 2011. A quarter-million Israelis marched for lower living costs on Saturday in a swelling protest that has thrust the economy onto the political agenda and put pressure on Prime Minister Benjamin Netanyahu. Reuters
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    Demonstrators protesting against Israel's separation barrier in the controversial West Bank near Bethlehem are arrested. Three men were injured with rubber bullets and 10 foreigners were arrested. Palestinian Territory. August 10 2011. Demotix
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    A general view shows Israeli activists during a protest calling for social justice, including lower property prices in Israel, at the southern city of Be'er Sheva August 13, 2011. Reuters
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    Israeli police arrest a demonstrator as thousands of people march in the streets during a protest against the rising cost of living on August 6, 2011 in Tel Aviv, Israel. Protests across Israel were spurred following a Knesset vote to approve the national housing committees law, which places the authority for approving building projects in the hands of regional committees. Getty
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    Approximately 200,000 people took to the streets in protest over the rising cost of living. Protesters marched from Habima Square to the Kirya defence compound. Israel. 6th August 2011. Demotix
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    Demonstrators protesting against Israel's separation barrier in the controversial West Bank near Bethlehem are arrested. Three men were injured with rubber bullets and 10 foreigners were arrested. Palestinian Territory. August 10 2011. Demotix
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    An Israeli man rests in a tent in an encampment set up to protest against the rising costs of living in Israel, in Beersheba southern Israel, Saturday, Aug.13, 2011. The signs read" Homes for the crowds" and "Affordable housing now". (AP Photo / Tsafrir Abayov)
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    National figures, and religious leaders inside the Palestinian part of Jerusalem, and the West Bank, threatened with expulsion from the city, meet for the 409th day of their sit-in protest. Israel. 12 August 2011. Demotix
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    Demonstrators protesting against Israel's separation barrier in the controversial West Bank near Bethlehem are arrested. Three men were injured with rubber bullets and 10 foreigners were arrested. Palestinian Territory. August 10 2011. Demotix
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    Israeli activists hold placards during a protest calling for social justice, including lower property prices in Israel, at the southern city of Be'er Sheva August 13, 2011. Demotix
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    Demonstrators protesting against Israel's separation barrier in the controversial West Bank near Bethlehem are arrested. Three men were injured with rubber bullets and 10 foreigners were arrested. Palestinian Territory. August 10 2011. Demotix
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    In this photo taken Thursday, Aug. 11, 2011, an Ultra Orthodox Jewish man speaks on the phone while his family stand beside a protest encampment against the rising costs of living in Israel, in Tel Aviv, Israel. Arabs and ultra-Orthodox Jews are among the poorest in Israel, but they are almost nowhere to be seen among the hundreds of thousands of people protesting the country's corrosive social inequality. (AP Photo/Ariel Schalit)
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    An Israeli protester plays a musical instrument as he lays on a provisory sofa in a tent camp during an ongoing protest calling for social justice, including lower property prices in Israel, in a main boulevard in Tel Aviv August 14, 2011. Reuters
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    [The musician above two days later:] People sleep in an encampment set up to protest against the rising cost of living in Israel, Tel Aviv, Israel Tuesday, Aug. 16, 2011. For five weeks now Israelis are protesting against the soaring coast of living. (AP Photo/Ariel Schalit)
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    A person sleeps beneath a mosquito net in a tent in an encampment set up to protest against the rising cost of living in Israel, Tel Aviv, Israel Tuesday, Aug. 16, 2011. For five weeks now Israelis are protesting against the soaring coast of living. (AP Photo/Ariel Schalit)
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    Israeli protesters build a cement tent at a tent camp during an ongoing protest calling for social justice, including lower property prices in Israel, in a main boulevard in Tel Aviv August 14, 2011. Reuters
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    For the first time Israeli Arab joined Jewish left activists and took to the street in the main square in Jaffa [August 13, 2011] to protest high cost living in Israel. Demotix
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    Israeli play chess as they sit near tents at a tent camp during an ongoing protest calling for social justice, including lower property prices in Israel, in a main boulevard in Tel Aviv August 14, 2011. Reuters
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    An Arab woman shouts slogans during a protest against the costs of living in Israel, in Jaffa a mixed Arab and Jewish part in Tel Aviv, Israel,Saturday, Aug. 13, 2011. Arabs and ultra-Orthodox Jews are among the poorest in Israel, but they are almost nowhere to be seen among the hundreds of thousands of people protesting the country's corrosive social inequality.The signs read" We demand public housing"and " The government against the people, the people against the government'. (AP Photo/Ariel Schalit)
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    A placard reading 'Power to the people' leans on a tent at a tent camp during an ongoing protest calling for social justice, including lower property prices in Israel, in a main boulevard in Tel Aviv August 14, 2011. Reuters
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    A car covered with religious signs is parked on a sidewalk opposite tents at a tent camp during an ongoing protest calling for social justice, including lower property prices in Israel, in a main boulevard in Tel Aviv August 14, 2011. Reuters
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    An Israeli woman walk past tents set up on a main boulevard as part of an ongoing protest calling for social justice, including lower property prices in Israel, in a main boulevard in Tel Aviv August 14, 2011. Reuters
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    An Israeli man rests by a tent in a camp setup to protest against the rising costs of living, Tel Aviv, Israel, Thursday, Aug. 11, 2011. (AP Photo/Oded Balilty)
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    In this photo taken on Aug. 3, 2011, Israelis cool off in a pool at a protest tent encampment against the costs of living in Israel, in Tel Aviv. Israel on Sunday, Aug. 7, 2011, formed a panel of government ministers and some of the country's leading economic experts to draw up a plan to reduce the soaring cost of living, marking a new effort to defuse demonstrations over prices that drew over a quarter-million people onto the streets the night before. (AP Photo/Oded Balilty)
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    In this photo taken Wednesday, Aug. 10, 2011 a Palestinians flag hangs on a tent at protest encampment against the costs of living in Israel, in Jafa , a mixed Arab Jewish neighborhood of Tel Aviv, Israel . The sign reads" We will go back to our homes". Arabs and ultra-Orthodox Jews are among the poorest in Israel, but they are almost nowhere to be seen among the hundreds of thousands of people protesting the country's corrosive social inequality.