mercredi 16 novembre 2011

إعدام الشاب التونسي يسري الطريقي قي العراق بدون محاكمة Exécution extrajudiciaire du jeune Tunisien Yousri Trigui en Irak

بسم الله الرحمان الرحيم

"ولا تحسبن الذين قتلوا في سبيل الله أمواتا بل هم أحياء عند ربهم يرزقون"
إن الجمعيات الممضية أسفله تتقدم إلى الشعب التونسي والى أسرة الطريقي بأحر التعازي في استشهاد الشاب يسري الطريقي ونصدر البيان التالي :
نفذت اليوم الحكومة العراقية قرار الإعدام في الشاب التونسي يسري الطريقي المعتقل بالسجون العراقية منذ سنة 2006 والذي اعتقل من طرف القوات الأمريكية اثر إصابته ب 7 رصاصات في أماكن مختلفة من جسده أثناء تواجده على الحدود السورية العراقية وقد قامت السلطات العراقية على اثر اعتقاله مباشرة وهو بين الحياة والموت في غرفة الإنعاش باتهامه بتفجير المرقدين العسكريين وقتل الصحافية العراقية أطوار بهجت وقد تم إصدار قرار إعدامه دون محاكمة ورغم اعتراف المرتكبين الأصليين للجرائم المنسوبة ليسري ووضوح برائته بشكل تام من أي عمل إرهابي في العراق.
وعلى اثر تحركات الجمعيات والمنظمات الحقوقية التونسية والدولية وتدخل بعض الأحزاب السياسية للمطالبة بعدم تنفيذ قرار الإعدام في حقه وعد مسؤولون عراقيون "رئيس الوزراء نوري المالكي نائب رئيس الجمهورية العراقية طارق الهاشمي رئيس إقليم كردستان مصطفى البرزاني بإيقاف تنفيذ قرار الإعدام وذلك يوم 05/11/2011.
إن الجمعيات المجتمعة اليوم في تونس العاصمة :
1- تدين بشدة الجريمة البشعة التي ارتكبتها حكومة العراق المحتل ضد الشاب التونسي يسري الطريقي والشعب التونسي وضد الإنسانية.
2- تستنكر موقف الحكومة التونسية التي لم تقم بواجب الدفاع عن مواطنيها ونخص بالذكر الشاب يسري وكل الشباب التونسيين بالسجون العراقية والمعتقلين منهم والمفقودين.
3- تطالب رئيس الجمهورية بإدانة هذه الجريمة واتخاذ الإجراءات اللازمة حماية للسيادة التونسية.
4- تدين صمت وتخاذل الأحزاب التونسية ووسائل الإعلام في الدفاع والتعريف بقضية يسري الطريقي والشباب التونسي بالمعتقلات.
5- نعتبر أن ما تقوم به الحكومة العراقية من جرائم في حق الأسرى على الأراضي العراقية يمثل خرقا لكل المواثيق و القوانين الدولية الحافظة لحقوق و كرامة الإنسان وهي موجبة للتتبع أمام القضاء الدولي كما نطالب الجمعيات و المنضمات الحقوقية الدولية و الوطنية لرفع قضايا ضد الحكومة العراقية.

نقرر وقفة احتجاجية بساحة الحكومة بالقصبة يومي الخميس17-11-2011 على الساعة 11.00 صباحا ويوم الجمعة 18-11-2011 على الساعة 11.00 صباحا 

تونس 19 ذو الحجة  1432 / 16 نوفمبر 2011

الجمعيات :

- جمعية أولياء المعتقلين التونسيين بالعراق، حليمة خالدي
- المجلس الوطني للحريات بتونس : محرز اليعقوبي
- الجمعية التونسية للنساء الديمقراطيات : الأستاذة نجاة اليعقوبي
- منظمة حرية وإنصاف : الأستاذة نجاة العبيدي
- الهيأة الوطنية لدعم المقاومة ومناهضة التطبيع والصهيونية
- جمعية الجالية التونسية بأوروبا: منذر صفر
- جمعية الدفاع عن الأسرى التونسيين : مالك شراحيلي
- جمعية الخير الإسلامية
Contact : +216 20 036 012


"Ceux qui sont tués dans la voie de Dieu ne sont pas morts ... Au contraire, ils sont vivants, auprès de leur Seigneur"
Les associations soussignées présentent leurs plus sincères condoléances au peuple tunisien et à la famille Trigui pour la mort en martyr du jeune Yousri  Trigui et communiquent ce qui suit :
Aujourd’hui le gouvernement irakien a appliqué la peine de mort au jeune Youssef Trigui, détenu depuis 2006 en Irak, après avoir été arrêté par les forces US au cours d’une opération où il a été atteint de sept balles, à la frontière Syrie-Irak. Alors qu’il se débattait entre la vie et la mort, le pouvoir irakien l’a accusé d’avoir commis des attentats contre les  mausolées de deux martyrs chiites à Samarra et d’avoir tué la journaliste irakienne Atouar Bahjet. La condamnation à mort a été prononcée en dehors de toute procédure judiciaire et ce malgré les aveux des auteurs réels des attentats imputés à Yousri et qui innocentaient ce dernier de toute action terroriste en Irak.
Après les tentatives d’associations et d’organisations de défense des droits humains tunisiennes et internationales, ainsi que de partis politiques d’obtenir que la peine de mort ne soit pas appliquée, des responsables irakiens– le Premier ministre Nuri El Maliki, le vice-Président Tarek Hachemi et le président de la province du Kurdistan Mustapha Barzani – avaient promis d’annuler l’exécution, prévue pour le 5 novembre.
Les associations réunies ce jour à Tunis :
1.       Dénoncent fermement le  crime odieux commis par le gouvernement de l’Irak colonisé contre le jeune Tunisien Yousri Trigui, le peuple tunisien et l’humanité ;
2.       Dénoncent l’abandon par le gouvernement tunisien de son devoir de défense des citoyens tunisiens, en particulier Yousri Trigui, tous les jeunes Tunisiens détenus ou disparus  en Irak;
3.       Demandent au Président de la République de dénoncer ce crime et de prendre toutes les mesures tunisiennes pour protéger la souveraineté tunisienne ;
4.       Dénoncent le silence et l’inertie des partis politiques et des médias tunisiens qui n’ont pas défendu ni médiatisé l’affaire du  jeune Yousri et des jeunes Tunisiens détenus en Irak ;
5.       Considèrent que le traitement des otages par le gouvernement irakien est contraire à toute la législation internationale visant à préserver les droits et la dignité de la personne et qu’il doit donc faire l’objet de poursuites devant la justice internationale. Nous faisons appel aux associations et organisations nationales et internationales pour qu’elles portent plainte contre le gouvernement irakien.
Un rassemblement  de protestation sur la place du gouvernement à la Kasbah aura lieu le jeudi 17 novembre 2011 à 11 heures et le vendredi 18 à la même heure.
Signataires
Association des parents des détenus tunisiens en Irak, Halima Khaldi
Conseil national des libertés en Tunisie, Mahrez Yacoubi

Association tunisienne des femmes démocrates, Najet Yacoubi
Association Liberté-Equité, Najet El Abidi
Comité national de promotion de la résistance à la normalisation et au sionisme
Conseil de la communauté tunisienne en Europe, Mondher Sfar
Association pour la défense des otages tunisiens, Malek Chrahili
Association de bienfaisance islamique
Tunis, 16 novembre 2011

Après l’élection de l’Assemblée constituante en Tunisie : quels enjeux derrière l’épouvantail islamiste ?

par Aziz Krichen عزيز كريشان
16/11/2011

 
Lorsque l'on est démocrate, on accepte le résultat du suffrage populaire. On le respecte parce que l'on respecte son propre peuple. Les Tunisiens ont voté et tranché. Globalement, ils ont donné leurs voix aux mouvements qui se sont comportés honorablement sous la dictature (Ennahdha, CPR, Ettakatol), et ils ont sanctionné sévèrement ceux qui se sont compromis avec le régime, avant ou après le 14 janvier (PDP et Ettajdid). De ce point de vue, nos compatriotes ont été on ne peut plus clairs et conséquents.

Toujours lorsque l'on est démocrate, on ne diabolise pas son vis-à-vis. L'islamisme n'est pas un, mais multiple. L'islamisme jordanien n'est pas l'islamisme afghan, l'islamisme turc n'est pas l'islamisme saoudien. Les militants d'Ennahdha et ses dirigeants ne sont pas tous des fous furieux et, surtout, ils ne vont pas gouverner seuls. Si l'on ne souhaite pas les voir devenir majoritaires, si l'on ne veut pas qu'ils soient hégémoniques, si l'on tient à préserver le pluralisme du pays, il n'y a qu'une chose à faire : s'engager dans un mouvement politique capable de se maintenir face à eux et de les contenir.

L'islamisme et la laïcité à la française

Après ces deux positions de principe, allons au fond du problème : on ne peut pas faire reculer l'islamisme en se réclamant de la laïcité à la française. Je le répète depuis des années, à contre-courant de nos pseudo-modernistes, dont le regard est bouché par la nostalgie de la "belle époque" coloniale. La Tunisie n'est pas la France. Notre histoire n'est pas pire, elle n'est pas meilleure : elle est différente. En France, la révolution démocratique était proprement condamnée à prendre un contenu antireligieux. Pourquoi ? Parce que l'Eglise catholique représentait, avec la monarchie, le principal appui du système féodal renversé en 1789. Ensemble, en effet, le clergé et le roi détenaient plus du tiers des terres agricoles du pays. L'accès à la propriété passait par la désacralisation du catholicisme et de la royauté. L'anticléricalisme et le laïcisme français viennent directement de là.

En Tunisie, comme dans le reste du monde arabe, le contexte est radicalement différent. Pourquoi ? Parce que la révolution démocratique revêt d'abord chez nous un caractère national, une obligation d'indépendance nationale. Le pays a été longtemps colonisé, c'est-à-dire dépossédé de lui-même. En 1956, le premier propriétaire foncier n'est ni le bey ni la Zitouna, mais la colonisation française[1], qui exploite par ailleurs de manière exclusive toutes les autres ressources du pays. Pour affaiblir le mouvement de libération et le désorienter, la colonisation n'avait cessé de s'attaquer aux références identitaires de la population - la langue rabe et la religion musulmane -, en cherchant à les déconsidérer, à les discréditer, les présentant comme rétrogrades, aliénantes et finalement étrangères à la "tunisianité authentique".

Ce travail de sape de l'identité nationale ne s'est pas arrêté en 1956. Après l'indépendance formelle - passage d'un statut colonial à un statut néocolonial -, il s'est poursuivi et même intensifié, d'abord sous la dictature "éclairée" de Bourguiba, puis sous la dictature maffieuse de Ben Ali. Tout au long de leurs présidences, sur près de 60 ans, en dépit de diversions tactiques ici ou là, l'islam et la culture arabe sont restés l'objet de la méfiance et de l'hostilité du pouvoir politique. Malgré la récupération folklorique de la religion opérée par les deux hommes, être musulman, pour leur police, c'était être suspect.

Comment expliquer une telle continuité ? En grande partie par l'orientation donnée au système scolaire en 1958 (réforme Messadi). La France avait formé une (petite) élite autochtone à son image ; après son arrivée au pouvoir, cette élite a repris le modèle métropolitain et l'a généralisé, tout en le dégradant. La domination directe par la France (par le biais de l'administration et de l'armée) s'est ainsi transformée en domination indirecte (par le biais de supplétifs locaux). L'islam restait l'ennemi dans les deux cas - malgré des concessions formelles dans certaines matières d'enseignement. Après les attentats du 11 Septembre, cette structure de base est même devenue une donnée fondamentale de toute la stratégie de domination occidentale dans le monde arabe et musulman.

Le 14 Janvier a ouvert un nouveau cycle. Le soulèvement populaire a commencé à faire bouger les lignes. Les élections du 23 octobre ont permis de franchir un pas de plus dans ce sens, même si le chemin est encore long. S'exprimant pour la première fois librement après un demi-siècle d'oppression et d'abus, les électeurs ont indiqué clairement qu'ils ne considéraient pas l'islam comme un ennemi, qu'ils y voyaient plutôt le rempart de leur identité nationale, de leurs droits et de leurs libertés.

L'islam comme religion nationale

Replacés dans leur perspective historique réelle, ces divers éléments convergent vers une même conclusion. En Tunisie, comme dans le reste du monde arabe, l'islam n'est pas seulement la religion de la majorité de la population, il est aussi la religion nationale de l'ensemble de la population. L'islam représente une sorte de marqueur distinctif, l'héritage commun de tous les citoyens, qu'ils soient musulmans ou adeptes d'autres religions, croyants ou non-croyants.

Comment l'islam a-t-il pu acquérir une telle centralité dans la conscience collective ? Pour plusieurs raisons, certaines anciennes, d'autres plus récentes. Les raisons anciennes relèvent de la culture. Religion de la majorité, l'islam a aussi développé des façons d'être, un mode de vie et de pensée, bref une culture, qui ont fini par imprégner en profondeur l'ensemble des communautés qui évoluaient dans son giron. Aujourd'hui encore, en Égypte ou au Liban par exemple, on peut tomber sur un copte ou un maronite qui se définira comme "musulman de confession chrétienne". L'accolement des deux qualificatifs paraîtrait incongru ailleurs ; il caractérise pourtant le vécu existentiel de très nombreux Arabes non-musulmans.

Les raisons liées à l'histoire moderne et contemporaine ne sont pas moins déterminantes. Répétons-le : depuis deux siècles, l'islam est la cible principale de la guerre idéologique menée par les puissances occidentales pour briser notre volonté d'indépendance. Et depuis deux siècles, c'est principalement au nom de la défense de l'islam que se mène la résistance. Même scénario après les indépendances formelles : la tyrannie s'est exercée d'abord contre l'islam et ce sont précisément les islamistes qui ont payé le plus lourd tribut à la répression.

Certes, les résistances successives n'ont jamais été le fait des seuls musulmans (ni le fait des seuls arabophones, d'ailleurs), elles ont été portées par des communautés nombreuses et ont mobilisé d'autres idéologies, notamment de gauche. Il n'en demeure pas moins que l'affrontement décisif s'est toujours polarisé autour de l'islam, hier comme aujourd'hui. Il en découle une leçon politique très simple. En Tunisie et dans tout le monde arabe, on ne peut pas être en même temps pour la souveraineté populaire et contre l'islam. Dans les conditions historiques qui sont les nôtres, ces deux positions sont radicalement antithétiques.

Des religions nationales ailleurs qu'en terre d'islam

Les observations précédentes n'ont aucun rapport avec les élucubrations habituelles sur une prétendue "exception" musulmane. D'autres religions que l'islam se sont transformées en religions nationales lorsque les circonstances l'ont exigé. Je ne vise pas seulement l’État sioniste d'Israël. J'ai plutôt en tête des exemples issus du catholicisme romain. Je pense en particulier à la Pologne et à l'Irlande, deux pays qui ont été longtemps occupés par des États voisins plus puissants, où la religion dominante était différente de la leur : dans le cas irlandais, l'anglicanisme britannique, dans le cas polonais, le protestantisme allemand et l'orthodoxie russe. Dans les deux pays, l'oppression nationale s'est accompagnée d'une oppression religieuse. Dans les deux cas, la résistance nationale a été inséparable de la résistance religieuse. Dans les deux cas, la politique nationale a pris la forme d'une idéologie religieuse.

Et dans les deux cas, sitôt l'indépendance obtenue ( en 1921 pour l'Irlande, en 1989 pour la Pologne), les représentants des deux peuples se sont empressés de rappeler le caractère catholique de la société et de l’État en préambule de leur nouvelle constitution. Le catholicisme avait été le bouclier qui avait permis de sauvegarder leur identité collective et il leur semblait légitime de consacrer la place éminente qui lui revenait des les premières lignes de la loi fondamentale qui établissait, à la face du monde, le recouvrement de leur souveraineté[2].

En leur temps, ces dispositions constitutionnelles n'avaient gêné personne parmi les professionnels du laïcisme. La question qui se pose alors est de savoir pourquoi des dispositions similaires par leur portée symbolique ne seraient pas recevables quand ce sont des pays arabes qui les adoptent ? Poser la question, c'est y répondre.

Le faux alibi de la charia

Le battage médiatique incessant fait autour de la référence à la charia est directement inspiré par une telle démarche discriminatoire. La charia a été transformée en une sorte d'épouvantail sanglant, derrière lequel se cacherait un Dieu vengeur et des croyants fanatisés par le désir de servir Son besoin de violence. On oublie simplement de préciser que le texte de la Bible n'est pas moins belliqueux que celui du Coran. Et qu'avant d'être un entassement de règles et de normes juridiques - dont beaucoup sont archaïques et tombées en désuétude dans la plupart des pays musulmans -, la charia est d'abord une inspiration, une voie, une visée. Pourquoi les Arabes devraient-ils chercher les sources de leur inspiration, acte intime par excellence, en dehors d'eux-mêmes, en dehors des cadres de leur propre culture ?

En quoi le retour à soi, après des siècles de dépossession, serait-il scandaleux ou illégitime ? Pourquoi poser, a priori, que pareille reprise empêcherait l'évolution, le changement, le progrès ou même l'emprunt à d'autres inspirations et d'autres cultures en cas de besoin ?

Réaffirmer l'identité arabe et musulmane du peuple tunisien dès les premières lignes de la nouvelle constitution est une nécessité historique et politique absolue. Les conditions nécessaires, toutefois, ne sont jamais suffisantes. L'identité d'un pays n'est pas une donnée intemporelle, figée une fois pour toute. Elle est obligatoirement fidélité au passé, mais aussi investissement dans le présent et projection dans le futur. Le combat politique ne s'achève pas avec la reconnaissance solennelle de l'islam et de l'arabisme. Cette reconnaissance délimite seulement l'enracinement géostratégique à partir de quoi il doit désormais se déployer.

La déférence due à l'islam n'est pas due à l'islamisme

La lutte pour la souveraineté au-dehors et la démocratie au-dedans n'est pas derrière nous ; pour l'essentiel, elle est devant nous. Les acquis réalisés à ce jour sont précieux, ils sont cependant trop fragiles encore et trop isolés pour être considérés comme définitifs. Le combat politique doit se poursuivre, et il doit se poursuivre en s'appuyant sur le plus grand nombre. Cela exige des orientations générales claires, expurgées des théories rétrogrades qui ont pu s'insinuer parmi nous. J'ai fourni plusieurs illustrations des errements où pouvait conduire la dogmatique laïciste. Cela ne voulait pas dire que le mouvement islamiste était dépourvu d'errements symétriques. L'islamisme idéologique n'est pas l'islam. La déférence due à ce dernier ne saurait en aucun cas envelopper le premier.

Regardons Ennahdha, mouvement central de l'islamisme tunisien. Le moins que l'on puisse dire est que ce parti est passablement hétérogène. On trouve, en effet, toute sorte de tendances et de courants parmi ses cadres et ses militants : des proaméricains et des antiaméricains, des libéraux et des antilibéraux, des fondamentalistes et des réformateurs, des démocrates et des non-démocrates, des révolutionnaires et des conservateurs, des adeptes de la monogamie et des défenseurs de la polygamie, des inconditionnels du droit des femmes ou des minorités et des adversaires déclarés de ces droits... On le voit, les contradictions qui traversent l'islamisme ne sont pas moins graves ni moins nombreuses que celles qui traversent ou séparent les organisations du camp "moderniste". Ennahdha est néanmoins restée la maison commune de la grande majorité des islamistes tunisiens. Sans doute parce que la répression les a poussés à rester soudés ; peut-être aussi grâce à un meilleur sens politique chez ses dirigeants.

La base de masse du parti est saine, parce que populaire. Mais on ne sait pas encore avec précision où se situe son centre de gravité idéologique. Ce qui paraît évident, c'est que l'exercice du pouvoir va nécessairement clarifier le tableau. Les choix qui seront faits et l'accueil qui leur sera réservé permettront de mieux situer les lignes de fracture. Le débat public s'en saisira. Le travail de reconstruction de la scène politique tunisienne pourra alors prendre sa vraie dimension. Il concernera tous les partis et toutes les filiations intellectuelles.

Changer en restant soi-même

Plus vite nous serons nombreux à partager des références stratégiques communes, plus solidement nous unifierons notre peuple et plus sûrement nous progresserons. Plus longtemps nous resterons divisés par des querelles d'appartenance, plus nous aurons tendance à nous éloigner les uns des autres et plus nous laisserons de champ aux forces étrangères et à celles de l'ancien régime pour comploter et manœuvrer.

L'avenir n'est pas dans la perpétuation en l'état de l'élite laïciste ou de l'élite islamiste. Il est dans leur dépassement commun, dans la constitution - avec elles, ou malgré elles - d'une élite nationale et moderne, profondément attachée à sa culture et à son histoire, mais ouverte sur le monde et capable de dominer la crise formidable qui le secoue aujourd'hui. Cette crise annonce la fin d'une époque et le commencement d'une époque différente. Elle est lourde d'incertitudes. C'est une chance et une menace. Elle peut nous engloutir ; elle pourrait nous faire renaître, si nous apprenions à changer tout en restant nous-mêmes.




[1] - Deux millions d'ha sur un total de 4,5 millions d'ha de terres arables.
[2] - Préambule de la constitution irlandaise :
"Au nom de la Très Sainte Trinité, de laquelle découle toute autorité et à laquelle toutes les actions des hommes et des États doivent se conformer, comme notre but suprême, Nous, peuple de l'Irlande, Reconnaissant humblement toutes nos obligations envers notre seigneur, Jésus Christ, qui a soutenu nos pères pendant des siècles d'épreuves,
Se souvenant avec gratitude de leur lutte héroïque et implacable pour rétablir l'indépendance à laquelle notre Nation avait droit, Désireux d'assurer le bien commun, tout en respectant la prudence, la justice et la charité, afin de garantir la dignité et la liberté de chacun, de maintenir un ordre véritablement social, de restaurer l'unité de notre pays et d'établir la paix avec toutes les autres nations, Nous adoptons, nous promulguons et nous nous donnons la présente Constitution."
Préambule de la constitution polonaise :
"Soucieux de l'existence et de l'avenir de notre Patrie, ayant en 1989 recouvré la faculté de décider en toute souveraineté et pleine démocratie de notre destinée, nous, Nation polonaise - tous les citoyens de la République, tant ceux qui croient en Dieu, source de la vérité, de la justice, de la bonté et de la beauté, que ceux qui ne partagent pas cette foi et qui puisent ces valeurs universelles dans d'autres sources, égaux en droits et en devoirs envers la Pologne qui est notre bien commun,reconnaissants à nos ancêtres de leur travail, de leur lutte pour l'indépendance payée d'immenses sacrifices, de la culture ayant ses racines dans l'héritage chrétien de la Nation et dans les valeurs humaines universelles,
renouant avec les meilleures traditions de la Première et de la Deuxième République, responsable de la transmission aux générations futures de tout ce qu'il y a de précieux dans un patrimoine plus que millénaire, unis par des liens de communauté avec nos compatriotes dispersés à travers le monde, conscients du besoin de coopérer avec tous les pays pour le bien de la Famille humaine, ayant en mémoire les douloureuses épreuves essuyées à l'époque où les libertés et les droits fondamentaux de l'homme étaient violés dans notre Patrie, souhaitant garantir, pour toujours, les droits civiques et assurer un fonctionnement régulier et efficace des institutions publiques, conscients de la responsabilité devant Dieu ou devant notre propre conscience, instituons la Constitution de la République de Pologne en tant que droit fondamental de l’État..."


Lettre ouverte à Rachid Ghannouchi, dirigeant d’Ennahdha رسالة مفتوحة ، إلى راشد الـغنوشي، رئيس حركة النهضة

 تذكير بمجموعة من المبادئ 
ترجمة   حديفة الحجام
 Offener Brief an Rached Ghannouchi, den Führer der Ennahdha-Partei 
Tamazight   Tabṛat iledyen n EbrahimYazdi, aneɣlaf aqbur n tɣawsiwin n beṛṛa n Iṛan, i yemḍebber isenneslem Rachid Ghanouchi

Un rappel de quelques principes
par Ebrahim Yazdi ابراهیم یزدی. Traduit par  Michèle Mialane, Tlaxcala



Le Docteur Ebrahim Yazdi, Secrétaire général du Mouvement iranien pour la liberté, félicite Rachid  Ghannouchi, le Président du parti tunisien Ennahdha pour sa victoire électorale  et rappelle quelques points :

Au nom de Dieu, le Clément et le Miséricordieux,
Mon cher frère Rachid  Ghannouchi
Je te salue et que Dieu te bénisse.
Je te félicite de la victoire que vous avez remportée, toi et tes frères et sœurs. Elle ne vous a pas seulement permis de renverser un régime oppressif, mais aussi de faire des élections libres et justes. En Iran nous y portons un grand intérêt, tout en priant pour votre succès. J’ai suivi de très près la lutte que tu as menée avec le peuple tunisien pour vous libérer du despotisme et fonder un État démocratique.
 
Il faut se réjouir du succès électoral de ton parti. Mais parallèlement cette victoire charge tes épaules, à toi le leader d’Ennahdha, d’un lourd fardeau. Si d’un côté je suis impressionné par la maturité politique du peuple tunisien, d’un autre je me fais de gros soucis pour le long terme. Nous autres musulmans- quel que soit notre peuple - luttons pour notre liberté et notre souveraineté, mais nous n’avons pas une expérience suffisante de la démocratie. Nous combattons et renversons les dictateurs, mais nous ne réussissons pas à éliminer l’arbitraire dans notre mode de vie. Le despotisme ne se résume pas à une structure politique, mais comporte aussi des dimensions culturelles inhérentes à cette structure. Et ce sont justement les effets de ces dimensions culturelles sur la personnalité des gens et sur la société acquise au despotisme qui permettent la survie de celui-ci. Et c’est précisément ce qui est arrivé en Iran.
Nous avons renversé le Chah en oubliant de nous attaquer à l’attitude et à la personnalité du Chah en nous-mêmes. Et le cercle vicieux n’a pas été rompu.
Que faire pour mettre un terme à cet éternel retour et établir une véritable démocratie ?  La démocratie ne s’exporte pas. C’est au contraire un processus d’apprentissage national à l’ouverture d’esprit. Les élections sont un très précieux instrument. Mais elles n’impliquent pas automatiquement la démocratie. Je voudrais attirer ton attention sur trois valeurs fondamentales, car si les populations de tous les pays les acceptent et les intériorisent, les chances de liberté et de démocratie pour les générations musulmanes actuelles et futures s’accroîtront.
Le premier point, c’est l’acceptation et le respect de la diversité et de la variété des sociétés humaines. Dieu le Très-Haut, qu’il soit loué, a dans le saint Coran attiré notre attention sur les différences au sein des sociétés humaines et nous a invités à nous supporter mutuellement. Parole de Dieu : Au jour du Jugement je serai juge de la diversité de vos opinions. Les pays musulmans, dont la Tunisie, présentent toutes les caractéristiques de sociétés en pleine mutation. Et dans les sociétés en transition la diversité et la variété des opinions et convictions sont beaucoup plus grandes que dans des sociétés déjà organisées. C’est ce qui rend d’autant plus important et nécessaire d’accepter et de respecter la diversité, à notre époque où les musulmans sont en pleine évolution.
Le deuxième point dans notre apprentissage de la démocratie, c’est celui de la tolérance, qui occupe une place toute particulière dans notre culture et notre doctrine islamiques. La diversité de nos sociétés pourrait conduire à des heurts, des luttes et des régressions sociales et ouvrir la voie à de nouveaux despotismes. C’est pourquoi la tolérance est une absolue nécessité. Mais elle est par essence passive et ne suffit pas à prévenir les affrontements et leurs conséquences. Ce qui  nous amène au troisième point.
La troisième condition pour l’établissement d’une démocratie est de pouvoir s’entendre et se comprendre entre personnes actives politiquement. L’évolution politique et sociale de la Tunisie exige une convergence et une entente mutuelle entre tous les citoyens, quels que soient leurs appartenances idéologiques, religieuses, raciales et sexuelles. S’entendre et se comprendre ne signifie pas faire passer au second plan sa propre foi et ses propres convictions. Mais comprendre la nécessité de collaborer pour le salut national en vue du bien de tous les groupes de population.
Frère très honoré, tu as gagné la confiance et le soutien de la majorité des électeurs et maintenant c’est à toi d’être un modèle de grandeur d’âme et de reconnaître ceux qui ne pensent pas comme toi. Je prie Dieu le Très-Haut de t’épargner les erreurs commises chez nous en Iran, ou en Algérie et d’autres pays du même genre.
En ce printemps, la Tunisie a joué un rôle de pionnier et d’éclaireur dans le mouvement de réveil arabe. Aujourd’hui elle a fait le premier pas et a ouvert la voie royale pour fonder la démocratie. Je prie Dieu qu’elle soit le pionnier de l’établissement de la démocratie dans le monde arabe et pour le monde musulman.
Ton frère en Islam
Ebrahim Yazdi
Ex-ministre des Affaires étrangères de la République islamique d’Iran.
Téhéran, le 26 octobre 2011


Ebrahim Yazdi ابراهیم یزدی
Le Dr. Ebrahim Yazdi est le secrétaire général du Mouvement iranien pour la liberté (Nehzat e Azadi e Iran).
Né en 1931 dans la ville de Ghazvin, au Nord de l’Iran, Ebrahim Yazdi a obtenu son diplôme de pharmacien en 1953 à l’Université de Téhéran. En 1947 il avait adhéré au mouvement des Socialistes croyants et à l’Union des étudiants musulmans de l’Université de Téhéran. Lors du mouvement en faveur de la nationalisation de l’industrie pétrolière - en vue de se libérer des filets de la domination anglaise - il s’est rangé derrière le premier Président du Conseil élu par le peuple, le Dr Mohammad Mossadegh. Après le putsch de la CIA contre Mossadegh, il a fait partie du Mouvement national de résistance.
                                      
En 1960 il a émigré aux USA pour y poursuivre ses études. Il y a été membre fondateur du Front National iranien et du Mouvement pour la liberté de l'Iran, Section USA. En 1965 il a participé avec d’autres militants à une formation à la guérilla en Égypte. En 1968 il a été membre fondateur de la communauté musulmane de Huston et de la première mosquée texane. En 1972 l’ayatollah Khomeiny l’a nommé son représentant spécial à l’ étranger.
En 1978 Ebrahim Yazdi a accompagné l’ayatollah Khomeiny à Paris. Après la Révolution, il a d’abord été membre du Conseil de la Révolution, puis vice-Premier Ministre et enfin Ministre des Affaires étrangères au sein du gouvernement de transition iranien.
Après le retrait du gouvernement de transition, il a refusé de participer au gouvernement suivant et l’ayatollah Khomeiny l’a chargé de la gestion de crise dans l’enquête sur les troubles dans les provinces et les luttes tribales. Il a provisoirement été directeur de Keyhan, le plus grand quotidien iranien. Aux premières élections qui ont suivi la révolution il a été élu député de Téhéran. Lorsque le Mouvement pour la liberté est redevenu légal, il a été membre du Comité central du Parti et a succédé à son premier secrétaire général, Mehdi Bazargan, à la mort de celui-ci.
En 1989 le Dr Yazdi, face au nombre croissant de violations des droits humains et au mépris des lois dont font preuve les dirigeants, a été l’un des fondateurs, puis un collaborateur actif de la Société pour la protection de la liberté et de la souveraineté nationale. Il a été plusieurs fois emprisonné sous la République islamique, la dernière fois de septembre 2010 à février 2011, en dépit de son grand âge (80 ans).
Le Dr Ebrahim Yazdi est marié à la fille d’un combattant de la liberté d’Azerbaïdjan et père de deux fils et quatre filles.

mardi 15 novembre 2011

La Défense évacuée-URGENT: De la construction à la résistance

http://www.fruncut.org/blog/de-la-construction-a-la-resistance
Posté le 15 novembre 2011 à 23:16:00
English version below
Intervention musclée le 15/11/2011 à Occupons la Défense
Nous avons visité Occupy Amsterdam, nous leur avons raconté notre quotidien à La Défense, les violences policières tous les jours, la précarité du camp, l'interdiction de poser ne serait-ce qu'une tente... Ils n'y croyaient pas, nous demandant même si La Défense était bien en Europe. Nous avons suivi de près Occupy Wallstreet et leur expulsion ce matin, puis le revirement de situation après une décision de justice contre l'action de la Police new-yorkaise. Nous avons regardé Occupy LSX (Londres), nous avons vu Occupy Berlin... Partout des tentes, des camions, des espaces multimédias, deslivestreams avec les autres lieux Occupés.

les CRS chargent et chargent encore !

Mais aujourd'hui, en France, nous voyons des occupations stratégiques totalement précarisées, que les interventions policières cherchent à montrer désorganisées et gérées par des squatteurs. La réalité est bien différente : depuis le premier jour de Occupons la Défense, à chaque fois que l'occupation se structure, qu'une tente est montée, qu'une bâche est tendue pour se protéger de la pluie... les brigades chargent et chargent encore ! Tous les jours nous subissons des intimidations policières, nous constatons des vols de biens privés par les forces de l'ordre, nous encaissons des coups de matraque et des gaz lacrymo...
Que se passe-t-il en France ?? Dans quelle démocratie moderne sommes-nous pour que de tels ordres soient donnés par des représentants de l'État élus par les français pour les représenter. Et pour qu'ils puissent être exécutés par des êtres humains ?

Ce soir, un niveau supérieur a été franchi.

50 CRS gardent un tas de carton
Ce soir les "Gardiens de la Paix" sont sortis déchaînés et caparaçonnés comme pour se préparer à une guerre civile. Ils ont détruit à nouveau le camp, tapé sur des citoyens non-violents, volé des couvertures et des duvets, détruit une cuisine collective. C'est ici la dignité humaine qui a été clairement visée. Le seul tort des indignés ? Sans doute celui d'avoir la pertinence de viser clairement l'oligarchie financière qui tient les reines du pouvoir aujourd'hui partout dans le monde, et en France en particulier.
Ce sont des parents en transit vers chez eux, des retraités de passage,des consommateurs du centre commercial voisin qui sont venus apporter leur soutien physique contre les brigades d'intervention. Ce sont aussi des centaines d'inconnus qui, tous les jours, apportent un peu de riz, du sucre, du café chaud, des légumes, etc (dommage que nous n'ayons toujours pas la possibilité d'avoir un réchaud sur place). Merci à eux.

Un message d'espoir, un cri d'alerte

Ce communiqué d'urgence est autant un message d'espoir qu'un cri d'alerte. Beaucoup de médias demandent aux indignés de la Défense et d'ailleurs de réagir sur les violences qui ont eu lieu contre Occupy Wallstreet ce matin (15 novembre). Mais combien diffusent au Journal Télévisé de 20h ou dans les premières pages de leurs journaux la réalité de ce qui se passe en bas de leur tour ?
Nous ne lâchons rien : le camp de La Defense est ruiné, mais nous y dormirons ce soir, comme à Nantes, Lyon et ailleurs.
À vous.
English version
Version française ci-dessus
We visited Occupy Amsterdam, we told them what life was like at La Défense including the everyday police violence, the precariousness of the camp, the prohibition from putting up as much as a tent...they couldn't believe it and asked whether La Défense was in Europe or not. We closely followed Occupy Wall Street and their eviction this morning, then the reversal of a judicial decision against the New York City Police Department (NYPD) and Mayor Bloomberg this evening, prohibiting tents in Zuccotti Park. We watched Occupy LSX (London), we saw Occupy Berlin... Tents everywhere, trucks, multimedia set-ups,livestreams from other Occupied spaces.

The CRS (French national police) will not stop charging !

But today, in France, we have some very precarious strategic occupations that police are trying to show as disorganized and run by squatters. The reality is completely different. Since the first day of Occupy La Défense, each time that the occupation builds itself up, each time that a tent is raised, each time that a tarp is unfurled to protect protesters from the rain, the police will not stop charging ! Everyday we are undergoing police intimidation, we are witnessing theft of personal property by the forces of order, we are absorbing baton blows and tear gas...
What is happening in France?? In what sort of modern democracy are we living where these kind of orders can be given by representatives of the state, representatives that were elected by French citizens?

Tonight, it was taken to another level.

50 CRS gardent un tas de carton
Tonight the "Guardians of the Peace" came out raging, and were armored as if they were preparing for civil war. They destroyed the rebuilt camp and beat non-violent citizens, stole their covers and blankets, and destroyed the collective kitchen. Human dignity was clearly the target here tonight. The only mistake made by the "indignés"? Without doubt it was the direct targeting of the French oligarchy that holds the reins of power around much of the world today, and in France in particular.
Many thanks to all the parents on their way home, senior citizens passing by, and consumers of the neighboring commercial center who have come to lend their physical support against the police intervention. There are also hundreds of unknowns who, everyday, bring a little rice, sugar, hot coffee, vegetables, etc. (too bad that we have not always had the possibility to reheat this food).

A message of hope, a warning cry

This message is urgent and is as much a message of hope as a warning cry. Many French media organizations are asking the "indignés" of La Défense and elsewhere to give their response to the violence that took place against Occupy Wall Street this morning (15 november). But how many are reporting the events that are happening just downstairs from their office buildings on the evening news, or on the front pages of their reality-based newspapers ?
We are not letting go: the camp at La Defense is ruined, but we will sleep there tonight, just like in Nantes, Lyon, and elsewhere.

vendredi 11 novembre 2011

11.11.11 : Dégage, le capitalisme !

Images d'une journée chaude
Montréal, Québec, Canada, Amériques


Le Caire, Égypte, Afrique

Tunis, Tunisie, Afrique



 











 

mercredi 9 novembre 2011

Solidarité avec le peuple syrien ! تضامنا مع الشعب السوري

Original: Solidaridad con el pueblo sirio

نفس المطالب من المغرب إلى البحرين : تغيير سلمي وجذري يبني ديمقراطية تأخذ بعين الاعتبار الحقوق الاجتماعية
لقد التحقت قطاعات واسعة من المجتمع السوري منذ أشهر بموجة الاحتجاجات المواطنية الحاملة لآمال انتشرت في المغرب والمشرق تحت اسم "الربيع العربي". غير أنّ الربيع السوري كان حمام دماء رهيب. لقد قتلت قوات الأمن في نظام بشار الأسد الآلاف من المتظاهرين السلميين. ولم يتردد هذا النظام في الالتجاء إلى قصف المدن والقرى. كما كان عدد الموقوفين أكثر من ذلك وتم تعذيبهم. لقد انتهكت السلطات السورية الحقوق الإنسانية الاساسية بدءا بالحق في الحياة وصولا إلى الحق في التعبير في بلاد منغلقة ومانعة للإعلام المستقلّ.
نحن، الممضين على هذا الإعلان نعبّر عن إدانتا لهذه الأعمال : لا توجد مبررات ممكنة تبرر هذه الحرب التي أعلنها النظام السوري بوضوح على شعبه مع الإفلات من العقاب.
يلتجئ النظام السوري إلى الكذب والتضليل ليبرّر قمعه الفظّ لشعبه. وكدأبها في عديد المرات لوّحت ديكتاتورية بشار الأسد من جديد بفزّاعة التقسيم الطائفي أو التطرف الإسلامي أو كذلك البديل الزائف بين سيادة الدولة وكرامتها وحقوق المواطنين وحرياتهم. ومع ذلك لا وجود في المظاهرات لأيّ مؤشر يشير إلى المراهنة على التدخل الخارجي أو يدلّ على أنّ تطلّعات المواطنين السوريين مختلفة عن تلك التطلعات التي عبّر عنها بقية المواطنين العرب في بلدانهم. إنّه مطلب واحد ومماثل يتردّد صداه من المغرب إلى البحرين : تغيير سلمي وجذري يقيم ديمقراطية سياسية حقيقية تحمي الحقوق الاجتماعية والاقتصادية لأغلبية السكان وتدعمها. إنّ موضوع الثورات العربية الجديدة سنة 2011، بما في ذلك في سوريا، هو الأمل الجماعي في أن تتمكّن الأجيال القادمة من العيش في حرية رجالا ونساء محميين بمبدإ المواطنة الكوني لا أن يعيشوا كذوات خاضعة للنهب والرعب والإذلال وعسف قادتهم.

أليست تلك هي تطلعاتنا وتطلّعات كل مجتمع؟ ومع ذلك وفي حين يدعو رجال سوريا ونساؤها إلى التضامن معهم وهو أمر ضروري ومبرّر حين يتمّ التعبير عنه من أوروبا وامريكا اللاتينية فإنّ قطاعات من اليسار الدولي التي تدافع في بلدانها عن مشاريع التحرر التي نتبناها وندعمها تفاجئنا بتقديم حجج تهدف إلى تبرير الديكتاتورية السورية ومدافعة عن نظرية التواطؤ والنمطية الايديولوجية التي لم تعد صالحة. فلا وجود لديكتاتورية "تقدمية" وعندما ندين جرائم بعض الحكومات بشكل انتقائي ونصمت عن البعض الآخر فإنّنا مهددون بالوقوع في منطق "سياسة المكيالين" التي ندينها حين يمارسها قادتنا.

ونظرا للصمت الدولي فإنّ المجتمع السوري تُرك يجابه مصيره. إنّنا نعرف جيدا القوانين التي تحكم العالم المعاصر، إنّها نفس القوانين التي تسمح لمجلس الأمن الدولي باستخدام الفيتو ضد قيام الدولة الفلسطينية وإدانة قمع النظام السوري. إنّ العرب هم ضحايا الوقاحة المركنتيلية (التجارية) التي تحكم العلاقات الدولية والتي تقيّم كل حالة على حده محددة متى يجب التدخل ومتى لا يكون التدخل مناسبا ويكون ذلك دائما وفقا للمصالح الخارجية لا لمصالح السكان المعنيين.

إنّ إدانتا هذه لا تعني أيّ طلب للتدخل العسكري الغربي ولا فرض حصار قروسطي على الشعب السوري. إنّنا نرفض بكل وضوح كما يرفض السوريون الذين يناضلون من أجل حريتهم،كل أشكال الضغط العسكري والوصاية الاستعمارية. لكنّنا نرفض القبول بعدم فعل أيّ شيء في علاقة مع ما يجري في سوريا ونرفض أن تغطى السلبية والصمت على الجرائم المرتكبة في سوريا.
 
قائمة أوائل الممضين :
سانتياغو ألبا ريكو، كارلوس فاريا، بيداد كورطبا رويز (كولمبيا) جوسيه لويس سامبادرو، سامي نائير، خافييه دي لوكاس، خوسيه كاميليو فالس لوباز (كوبا) كارلوس تايبو، جيلبارتو لوباز ريفاس (المكسيك) خافييه سادابا، غاسبار ياماثاريس، آتيليو تايبو، (الأرجنتين) تيريزا أرنغوران، جيمس شيفارد، فيس ليليانا اوليفارو (الارجنتين) فارنسيسكو فرناندز بوياي، خورخي رايشمان، انجليكا لاكاس (الارجنتين) روبارتو مونتويا، لبنى الداهش (تونس) كارلوس فرننداز ليريا، خوان كارلوس مونوديرو، أولغا رودريقاز، جون براون (بلجيكا) مانويل غارسيا فونسيكا، خوان لويس رويز جيميناس، انريك سانتياغو، اولغا لوكاس، هريرو يايو لوباز، ميغيل لاماس (بوليفيا) كارلوس البارتو رويز سوشا (كولمبيا) كارلوس سانشاز، لويس غونزالس رييس، مريديت رويز خميناس، جواكيم سامبيري راسينغ، ايغور سادابا، ايزابيل البا، خافيير برادا، بتريسيا ريفاس، لويس اليغري زاهوتيرو، انماكيلادا خيمناس مورال، البرتو موتيرو، انطونيو كرسبو، استير فيفاس، اغناسيو قوتيراز دي تيران، اليخاندرو ماجا ايغل (غواتيمالا) انخيل راميراز، راؤول غارسيا مايو، خافيير كوسو بارميو، سالفادور لوباز ارنال، انطونيو دوميناك، ميلاز فرنداز سانشيز، انا روت فيدال لونغو، ميغيل ايربان، هوما المهدي قادري، ماريا خوسيه فوانتيس ريبولو، قلاديس مارتيناز لوباز، سارة سانشاز مورينو، دولوراس نوفال منصور، فاشس دنيس كوسمو، بالوما فالفاردي، اوغستين فيلوسو سانتيستبان، سوزانا مرينو (الأرجنتين) ايستار سانز موريو، خوان انطونيو بائيزا لابات، خوليو رودريغز بووينو، كارلوس غارسيا بليزيار، ارنست غارسيا، ريكاردو غارسيا زالديفار، كارلوس غارسيا بالستروس، فرانسيسكو ألترمان، هيكتور غراد، كريستيانا رويز سيارا كورتينا، آن مارتان، بو أليماني كوستا، فرانسيسكو رويز دي بابلوس، ديثيو ماشادو فلوراس،ماريا روزا دي مادارياجا ألفاريس بريدا، خوسيه لويس لالويزا سازاتورنيل، راميلو خواكينا روكو، ميديافيلا هندي نادية، سانتياغو غونزالس فاليخو، جوم صورا استابا، انطونيو ماتيناز كاسترو، كرستينا سيسيليا غارسيا، خوسيس زانو بايون، خوسيه لويس كاريتيرو ميرامار، آرورا لايك، لوثيا ماتيناز مولينا، ماريا خوسيفا صبري بو، آنا روت فيدال، لونغو خزام حسين، غوركا لارابياتي (ايطاليا) خوسيه دياز سانشاز دي لابلانكا، طونيو هرننداز، سينفو فرننداز، لويس مارتان كابريرا (الولايات المتحدة) ماس كريستينا، جوريف ليليوس ديل الكاثار، ميكال بلانش، مارجا أولايا، لويس كارلوس غوميس بينتادو، ميهيتين كاركينوس (تركيا) فرانك غوديشو (فرنسا) سوليداد موراشو ديلغادو، فرناندو بلتران ايافادور، افجيني شلافكوف، ميغيل استرادا بريافا، بو فيلا ماريا باستور، قزافيي ماستر ماركوتيغي، مانويلا فلاديس فييتو، ايويس ايسارن سيتجا، ميلاز فرننداز سانشاز، مريا كماتشو براون، آنا غرسيا رومريو، غويارمو غارسيا دي لبوستو ميرايس، آنا أندريا لوباز سانشاز، فرانسيسكو غارسيا بيريز، مازاراسا لوتشيا آلبي، خوان مارتيناز تينورو/ لولا أرمينغول برنال، رامون بونتي فاراس، كرمان سافون ايدو، كارلوس خافيير مورينو غارسيا، جوناتام موريش، أناهي ساري. 

“Du Maroc à Bahreïn, une même revendication : un changement pacifique et radical qui instaure une démocratie prenant en compte les droits sociaux et économiques de la majorité”
Depuis des mois, de larges secteurs de la société syrienne ont rejoint la vague citoyenne porteuse d’espérance qui traverse le Maghreb et le Machrek sous le nom de «printemps arabe». Mais le  printemps syrien a tourné au bain de sang terrible. Des milliers de manifestants pacifiques ont été tués par les forces de sécurité du régime de Bachar El Assad, qui n'a pas hésité à recourir aux bombardements de villes et de villages. Un nombre encore plus élevé de personnes ont été arrêtées et systématiquement torturées. Les droits humains fondamentaux, du droit à la vie à celui d'expression, sont massivement violés par les autorités syriennes dans un pays fermé à une information indépendante.


Nous,  signataires de cette déclaration tenons à exprimer notre condamnation de ces actes : il n'y a pas de justification possible pour cette guerre que le régime syrien livre ouvertement contre son propre peuple en toute impunité.

Le régime syrien recourt au mensonge pour justifier la répression brutale de sa propre population. Comme tant d’autres fois, la dictature de Bachar El Assad agite à nouveau comme un épouvantail  le danger de la division sectaire ou du terrorisme islamique, ou encore la fausse alternative entre la souveraineté et la dignité de l'État et les droits et libertés de ses citoyens. Cependant, il n'y a aucune indication qui permette de spéculer sur une ingérence externe dans les manifestations ou de faire valoir que les aspirations des citoyens syriens seraient différentes de celles que les autres citoyens arabes expriment dans leurs pays. Du Maroc à Bahreïn c’est essentiellement une seule et même revendication : un changement pacifique et radical qui instaure une véritable démocratie politique et protège et promeuve les droits sociaux et économiques de la majorité. Le fil rouge des nouvelles révoltes arabes de 2011 - y compris en Syrie - est l'espoir collectif que les générations futures puissent grandir dans la liberté, en hommes et femmes protégés par le principe universel de la citoyenneté, et non comme des sujets soumis au pillage, à la terreur, à l'humiliation et à l’arbitraire de leurs dirigeants.


Est-ce que ce ne sont pas là nos propres aspirations, et celles de toute société ? Toutefois, de manière surprenante, alors que les hommes et des femmes de Syrie appellent à la solidarité et qu’ il semble justifié et nécessaire de la leur exprimer depuis l'Europe et l'Amérique latine,  des secteurs de la gauche internationale, qui défendent dans leurs propres pays des  projets d'émancipation auxquels nous nous identifions et que nous soutenons, alimentent des arguments visant à justifier la dictature syrienne, en se fondant sur des théories du complot et des stéréotypes idéologiques qui n’ont plus lieu d’avoir cours. Il n’y a pas de dictature "progressistes" et condamner de manière sélective les crimes de certains gouvernements  en observant le silence sur ceux d’autres nous fait courir le risque de tomber dans le même « deux poids-deux mesures » que nous dénonçons chez nos dirigeants.

Compte tenu de l'inaction internationale, la société syrienne semble abandonnée à son sort. Nous connaissons bien les règles qui régissent le monde contemporain, ce sont celles qui permettent au Conseil de sécurité de l'ONU d’opposer son  veto à la création d'un Etat palestinien et de condamner la répression du régime syrien. Les Arabes sont victimes du cynisme mercantile régissant les relations internationales, qui évalue  au cas par cas quand il convient d'intervenir et quand cela ne convient pas,  toujours en fonction d’ intérêts étrangers à ceux des populations concernées.

Notre condamnation n’implique aucune demande d’ intervention militaire occidentale ni d'imposition d'un siège médiéval contre la population syrienne. Nous rejetons ouvertement, comme le font les Syriens eux-mêmes, qui luttent pour leur liberté, toute forme de pression militaire et de tutelle coloniale. Mais nous refusons d'accepter que rien ne puisse être fait par rapport à ce qui se passe en Syrie, que la passivité et le silence couvrent  les crimes commis en Syrie.


Ramzy A. Taweel, Palestine

Premiers signataires

Santiago Alba Rico, Carlos Varea, Piedad Cordoba Ruiz (Colombie), José Luis Sampedro, Sami Naïr, Javier de Lucas, José Camilo Valls Lopez (Cuba), Carlos Taibo, Gilberto Lopez y Rivas (Mexique), Javier Sádaba, Gaspar Llamazares, Atilio Boron (Argentine), Teresa Aranguren, James Shepherd, vice-Liliana Olivero (Argentine), Francisco Fernández Buey, Jorge Reichmann, Angelica Lacs (Argentine), Roberto Montoya, Lobna Dahech (Tunisie), M. Carlos Fernández Liria, Juan Carlos Monedero, Olga Rodriguez, John Brown (Belgique), Manuel Garcia Fonseca, Juan Luis Ruiz Giménez, Enrique Santiago, Olga Lucas, Herrero Yayo Lopez, Miguel Lamas (Bolivie), Carlos Alberto Ruiz Socha (Colombie), Carlos Sanchis, Luis González Reyes, Meredith Ruiz Giménez, Joaquin Sempere Racing, Igor Sádaba, Isabel Alba, Javier Barreda, Patricia Rivas, Luis Alegre Zahonero, Inmaculada Jiménez Morell, Francisco Puche, Alberto Montero, Antonio Crespo, Esther Vivas, Ignacio Gutierrez de Teran, Alejandro Mejia Eagle (Guatemala) , Ángeles Ramírez, Raúl García Maíllo, Javier Couso Permuy, Salvador López Arnal, Antonio Domenech, Mélèze Fernández Sánchez, Ana Ruth Vidal Luengo, Miguel Urbano, Houma el-el-Mahdi Kadiri, María Jesús Fuentes Rebollo, Gladys Martinez Lopez, Sara Sánchez Moreno, Dolores Nauffal Manzur, vaches Denys Cosmo, Paloma Valverde, Agustín Velloso Santisteban, Susana Merino (Argentine), Esther Sanz Murillo, Juan Antonio Baeza Labat, Julio Rodriguez Bueno, Carlos Garcia Plusieurs, Ernest Garcia, Ricardo Garcia Zaldivar Carlos García Ballesteros , Francisco Alterman, Hector Grad, Cristina Ruiz-Sierra Cortina, Anne Martin, Beaux Alemany Costa, Francisco Ruiz De Pablos, Decio Machado Flores, Maria Rosa de Madariaga Alvarez-Prida, José Luis Lalueza Sazatornil, Ramilo Joaquina Rouco, Mediavilla Hindi Nadia, Santiago Gonzalez Vallejo, Jaume Saura Estapà, Antonio Martinez Castro, Cristina Cecilia Garcia, Jésus Zanon Bayon, Jose Luis Carretero Miramar, Aurora Lake, Lucia Martinez Molina, Maria Josefa Sabri Pau, Ana Ruth Vidal Luengo, Khzam Hussein, Gorka Larrabeiti (Italie) José Diaz Sanchez de la Blanca, Toño Hernández, Sinfo Fernandez, Luis Martin-Cabrera (Etats-Unis), Mas Cristina, Josep Lluís del Alcazar, Miquel Blanch, Marga Olalla, Luis Carlos Gómez-Pintado, Muhittin karkinos (Turquie), Franck Gaudichaud (France), Soledad Moracho Delgado, Fernando Beltran Llavador, Evgeny A. Shlevkov, Miguel Estrada Brieva, Pau Vila Maria Pastor, Xavier Mestre Marcotegui, Manuela Valades Feito, Lluís Isern Sitjà, Mélèze Fernández Sánchez, Maria Camacho Brown, Ana Garcia Romero, Guillermo Garcia del Busto Miralles, Ana Andrea López Sánchez, Francisco García Pérez, Mazarrasa Lucía Albe, Joan Martínez Tenorio, Lola Armengol Bernal, Ramon Puntí Farres, Carmen Safont Edo, Carlos Javier Moreno Garcia, F. Jónatham Moriche, Anahí Seri