vendredi 20 juillet 2012

Rio Chiquito - Colombie 1966

En 1965, Jean-Pierre Sergent et Bruno Muel effectuent un reportage sur la zone d'autodéfense paysanne de Rio Chiquito, en Colombie, au cours duquel ils interviewent notamment Manuel Marulanda, alias Tirofijo, commandant des FARC. Ils vivent pendant près d’un mois dans la forêt, avec les guérilléros et leurs familles, Après leur retour à Bogotá, ils seront, comme il se doit, expulsés du pays par le gouvernement du président conservateur Guillermo León Valencia, très mauvais poète et grand amateur de prostituées, entré dans l'histoire pour avoir accueilli de Gaulle à Bogotá au cri d'un retentissant...Viva España! (Il avait du confondre de Gaulle avec Franco).
Voici leur reportage, tel qu'il a été diffusé sur Cinq colonnes à la une, le 7 janvier 1966.46 ans plus tard, il n'a rien perdu de son actualité.



jeudi 19 juillet 2012

Pour la ‘prévention des conflits’, l’UE met le paquet sur les pétrodictatures du Golfe

par German-Foreign-Policy.com, 19/7/2012. Traduit par  Michèle Mialane, édité par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original: Konfliktprävention mit den Golfdiktaturen
Traductions disponibles : فارسی  
La Fondation Konrad-Adenauer (CDU) pousse à la coopération entre l’Allemagne et l’UE d’une part et les dictatures de la Péninsule arabique d’autre part. Selon la Fondation, son « programme régional pour les États du Golfe » a lancé en commun avec d’autres organisations européennes et de la péninsule Arabique un projet visant à approfondir la collaboration entre l’UE et le CCG (Conseil de Coopération du Golfe).
Parallèlement la Fondation Adenauer poursuit sa prise d’influence dans les dictatures du Golfe, bien qu’elle ait été récemment expulsée des Émirats arabes unis, où elle avait son siège régional. Elle déclare elle-même que ses efforts de coopération ne se limitent pas à l’économie mais s’étendent également à la politique sécuritaire, un domaine où l’importance du CCG s’accroît rapidement. Elle veut également aborder expressément, dans les États du Golfe, les aspects « sécurité » « intéressant la région ». Plusieurs membres du CCG, en particulier le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, non contents de s’être rangés aux côtés de l’Occident dans l’affrontement avec l’Iran, deviennent, par le soutien militaire qu’ils apportent aux rebelles libyens et syriens, des alliés de plus en plus précieux de l’Allemagne, de l’UE et des USA pour renverser les régimes qui déplaisent à ceux-ci.

Le programme régional « États du Golfe »
La Fondation Konrad-Adenauer est présente depuis juin 2009 dans les dictatures de la Péninsule arabique par le biais du « programme régional pour les États du Golfe ». Originellement elle avait son siège à Abou Dhabi, où elle travaillait avec plusieurs organisations gouvernementales ou non gouvernementales, dont le laboratoire d’idées « Emirates Center for Strategic Studies and Research» (ECSSR) et la Chambre de Commerce et d’industrie germano-émiratie. À partir de sa filiale d’Abou Dhabi, la Fondation soutenait des projets dans pratiquement tous les États du CCG (1) ainsi qu’au Yémen. Entre temps elle a dû fermer son bureau aux Émirats sous la pression du Ministre des Affaires étrangères local. On n’a pas donné de raison officielle; et de fait d’autres filiales de fondations allemandes proches de la CDU ont déjà été expulsées de plusieurs pays pour s’être immiscées dans leurs affaires intérieures. Le dernier cas de ce type est l’Égypte (voir german-foreign-policy, (2). Depuis la fermeture de son bureau aux Émirats le « programme régional pour les États du Golfe » est géré à partir d’Amman, la capitale jordanienne, la Fondation recherchant toujours, selon ses dires, un autre siège permanent dans le golfe Arabo-persique.
Entourés de foyers de crise
Comme l’explique la Fondation Konrad-Adenauer, son travail dans les dictatures de la Péninsule arabique se fonde sur « l’importance croissante » des États du CCG, en pleine croissance économique. Il ne s’agirait pas seulement de leur « rôle de fournisseurs de matières premières énergétiques » mais aussi de leur importance économique; désormais ils seraient notamment « une interface essentielle du commerce mondial» (3). Depuis plusieurs années les relations économiques entre l’Allemagne et certaines dictatures arabes sont en plein essor ; on pense que cette croissance va se poursuivre. En coulisse se profile leur richesse en matières premières et donc les ressources financières que les clans au pouvoir cherchent depuis quelque temps à utiliser en prévision de l’époque où le sous-sol sera épuisé. (4) C’est la raison pour laquelle la Fondation Adenauer - selon ses propres dires - se consacre à des questions liées à l’ « ordre économique » - « à l’échelle nationale, régionale et mondiale ». En outre elle souhaite aborder des « thèmes sécuritaires (...) intéressant la région » et compléter l’ensemble en créant un « réseau d’experts ». Entourés de foyers de crise, les États du Golfe représenteraient « une bonne base pour la prévention des conflits » (5).
Rebelles islamistes
Et de fait, lors que la Fondation Konrad-Adenauer a débuté sa coopération « sécuritaire » avec les États du CCG, les livraisons d’armes de l’Allemagne aux dictatures du Golfe ont atteint un premier pic: près de 800 millions d’euros pour l’année 2009. (6) Le fond de l’affaire, c’était qu’il fallait armer le CCG contre l’Iran; ce que la République fédérale n’a toujours pas cessé de faire. En outre diverses dictatures arabes, qui, selon la Fondation Adenauer, pourraient servir de «  base pour la prévention des conflits » (5), ont commencé en 2011 à intervenir dans plusieurs États du monde arabe. Il s’agit presque toujours de soutenir des organisations islamistes, souvent salafistes, par exemple en Tunisie, en Égypte, en Syrie, au Liban. En Libye les activités de certains États du Golfe, au premier chef le Qatar, ont pris une tournuremilitaire (voir german-foreign-policy .com (7); le résultat en est qu’aujourd’hui les milices islamistes sont très influentes en Libye (8). Plusieurs États du Golfe poursuivent maintenant leur politique d’intervention en Syrie. Des observateurs avertissent que ce seraient à nouveau les islamistes qui bénéficieraient de leur soutien. Selon une analyse actuelle du gouvernement fédéral, basée entre autres sur les rapportsdes services secrets, la Syrie a été, entre fin décembre 2011 et début juillet 2012, la cible de 90 attentats terroristes « qui pourraient porter la marque d’organisations proches d’Al Qaida ou de groupes djihadistes. » (9)
Prise d’influence via la Ligue arabe
Parallèlement les dictatures du Golfe, avec lesquelles travaillent les Occidentaux en général et la

Nabil al Arab
Fondation Konrad-Adenauer en particulier ont missous leur coupe la Ligue arabe. « Dans la crise libyenne le Qatar a pris la haute main il y a un an. Dans le conflit syrien, ce sont les Émirats et l’Arabie saoudite qui mènent la danse », estimait un expert dès le début mars. « Les autres poids lourds » - l’Égypte, la Syrie, l’Irak - « sont aujourd’hui réduits au silence». (10) Désormais les dictatures du Golfe « ont placé le monde arabe sous leur houlette ». L’actuel Secrétaire de la Ligue arabe, Nabil Al Arabi, serait parvenu à ce poste en mai 2011 sur la base d’un deal avec le Qatar ; « d’emblée » il aurait « en échange établi avec le Qatar et l’Arabie saoudite une étroite » coopération. Les dictatures du Golfe seraient désormais en mesure d’imposer leurs desiderata de politique étrangère par le biais de l’organisation faîtière, d’autant plus que la Ligue arabe fonctionne depuis quelques années selon le principe majoritaire. Elles pourraient ainsi élargir nettement leur influence partout où la Ligue arabe est active - en Syrie par exemple : « Dans la Syrie de demain l’Arabie saoudite et le Qatar joueront un rôle important », si l’on en croit un opposant syrien.
Liaisons dangereuses
Pour renforcer les liens de l’UE et de l’Allemagne avec les dictatures du Golfe, qui ont nettement élargi leur influence dans le monde arabe, la Fondation Konrad-Adenauer a récemment lancé un nouveau projet, conjointement avec d’autres organisations. Prévu initialement sur deux ans, il sera financé par la Commission européenne et vise à élargir les relations à plusieurs domaines politiques. Le Directeur du « programme régional pour les États du Golfe » de la Fondation Adenauer est « convaincu » que ce projet aura une incidence « positive » sur la coopération entre l’UE et le CCG. « En particulier » « l’implication de divers groupes d’intérêts » tels que « diplomates et représentants des gouvernements » mais aussi « acteurs de la société civile et représentants du monde économique, scientifique et médiatique (...) favorisera les relations bilatérales ». (11) On développe donc activement les contacts avec les États les plus réactionnaires du monde arabe, qui pour l’instant y donnent le la, juste au moment où, dans toute la région, les forces islamistes ont le vent en poupe - avec le soutiendes dictatures du Golfe.
Notes
 [1] Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) regroupe le Bahreïn, le Koweït, le Sultanat d’Oman, le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Il a été créé en 1981 à l'initiative de l'Arabie saoudite et sous la pression des USA, pour tenter de contrer les effets de la révolution islamique de 1979 en Iran.
[3] Qui sommes-nous : voir www.kas.de/rpg/de/about
[5] ] Qui sommes-nous: voir www.kas.de/rpg/de/about
[9 « L’Allemagne aussi fait sa propagande», Frankfurter Allgemeine Zeitung 17.07.2012
[10] Rainer Hermann: Dans les États du Golfe: nager avec le courant www.faz.net  08.03.2012
[11] Projet de l’UE lancé à Rome: www.kas.de, 21.06.2012
  

samedi 14 juillet 2012

Solidarité avec les travailleurs égyptiens de l’usine de pneus Pirelli



Pirelli est le cinquième plus grand opérateur mondial, en termes de chiffres d’affaires, sur le marché des pneumatiques. Il est reconnu comme ayant un taux de profit parmi les plus élevés. Son taux d’endettement devant être encore réduit à l’horizon 2014-2015. Pirelli dispose de 22 centres de production dans le monde et occupe 34’000 salarié·e·s. Pirelli se vante, outre sa référence aujourd’hui obligatoire à son respect de l’environnement, «de réunir profitabilité financière avec responsabilité sociale». Sa filiale égyptienne semble confirmer, à sa façon, la convergence de ces deux objectifs!

Le Moyen-Orient représente 9% des ventes ; l’Europe 41% ; l’Amérique du Sud 34%; l’ALENA (Mexique, Etats-Unis et Canada) 10% et l’Asie Pacfique 6%. La stratégie du groupe consiste à diminuer sa présence – en termes de nombre de salariés – en Europe pour la déplacer vers d’autres pays: la Russie et le Mexique, entre autres. Cela, tout en modernisant les fabriques et en mettant l’accent sur le haut de gamme. Les pneus pour automobiles et motos sont privilégiés par rapport aux pneus pour machines de chantier et autres engins industriels, etc. En Egypte, comme l’expliquait, l’avocat Kaled Ali, directeur du Centre égyptien pour les droits sociaux et économiques : «Partout dans le monde, les ouvriers font la grève quand la négociation a échoué. Seul l’ouvrier égyptien fait la grève pour pouvoir ensuite négocier». (Al Ahram, 8-14 juin 2011). Le droit de grève n’est pas exactement un droit qui se trouve à la première place du programme du «président», nouvellement élu avec le consentement des militaires, Mohamed Morsi, le candidat des Frères musulmans. Nous y reviendrons.
Depuis la rédaction de ce communiqué de la Fédération des syndicats indépendants, les ouvriers de Pirelli ont fait un sit-in devant le consulat d’Italie, à Alexandrie. Ils ont interrompu leur action après avoir été reçus par le consul d’Italie et obtenu la promesse que leurs revendications seraient transmises à la direction de la holding Pirelli et au gouvernement italien.
Les messages de solidarité syndicaux doivent être envoyés aux adresses e-mail suivantes: efitu.union[at]gmail[dot]com et fatmaramadan66[at]gmail[dot]com- (Rédaction A l’Encontre)


Les grévistes devant le consulat d'Italie à Alexandrie
Des travailleurs de l’entreprise de pneus Pirelli, sise à Alexandrie, en Egypte, sont en grève, suite au refus arbitraire de la part de la direction d’appliquer les accords qui ont été conclus avec les travailleurs en présence des représentants du Conseil suprême des forces armées (CSFA), le vrai pouvoir, et suite à leur refus de respecter les droits légaux des travailleurs. L’usine Pirelli est située sur la route du désert entre Le Caire et Alexandrie. Le groupe Pirelli a des filiales de production de pneus dans de nombreux pays, dont les Etats-Unis, l’Allemagne, la Turquie, l’Italie, la Grande-Bretagne, la Roumanie et le Brésil, le Venezuela, la Chine.
Le Comité syndical chez Pirelli, qui est affilié à l’officielle Union générale des travailleurs de la chimie (GUC), elle-même affiliée à la Fédération Syndicale égyptienne (ETUF), d’obédience gouvernementale, s’est efforcé de respecter les lois, très compliquées, sur les grèves. Le 29 mai 2012, le Comité syndical a envoyé un mémorandum au Ministre du travail, au directeur du Conseil de contrôle de la main-d’œuvre à Alexandrie, au directeur exécutif de la compagnie, ainsi qu’au GUC. Par ce document, il les informait de l’intention des travailleurs de se mettre en grève le 10 juin 2012. Il demandait que la direction respecte les droits des travailleurs pour éviter un arrêt de travail. Les revendications des travailleurs ont été ignorées. Dès lors, ils ont été obligés de passer à l’action.
"En ce moment dans tous les salons d'exposition: Le Vampire Pirelli Egypte"
Les raisons de la grève sont les suivantes
1° La compagnie a violé l’article 85 de la Loi sur le Travail (Loi 12 de 2003) concernant les calculs des primes pour les heures supplémentaires des travailleurs. La compagnie calcule les heures supplémentaires sur la base du salaire de base plutôt que sur celui du salaire total, comme cela est stipulé par la loi.
2° La compagnie a violé les règlements sur les primes qui stipulent que la réduction des primes de production doit être faite à un taux de 10% par 0.1% de volume produit endommagé, lorsque le taux de production altérée atteint 2%. La compagnie applique les réductions déjà à partir d’un taux de malfaçon de 1.4%.
3° La compagnie viole la convention nationale du travail entre travailleurs et employeurs. Alors que la convention prévoit pour 2011 le paiement d’une allocation spéciale aux travailleurs sur la base du salaire de base, la direction calcule l’allocation sur la base de la proportion de salaire soumise à l’indemnité de licenciement, qui est inférieure de manière significative au salaire de base.
4° La direction a violé la convention collective nationale signée en présence de représentants du CSFA, en février 2011. Cette convention prévoit la participation des travailleurs aux décisions concernant les prestations auxquels ils ont droit, tels que les soins médicaux, le transport, ainsi que les modalités de paiement des primes. La direction n’a pas tenu compte de cette disposition.
5° Les règlements concernant les salaires ont été modifiés sans que ces changements aient été approuvés par l’autorité administrative responsable, ce qui est contraire aux règlements.
6° Le droit des travailleurs d’obtenir 10% des bénéfices de l’entreprise n’a pas été respecté. En 2011, par exemple, les bénéfices nets de la compagnie se montaient à 130 millions de livres égyptiennes. Pourtant la direction n’a versé que 9 millions de livres (1,4 million de CHF) aux travailleurs au lieu des 13 millions auxquels ils avaient droit.
7° Contrairement à ce qu’elle pratique dans d’autres pays, l’entreprise n’assume pas sa responsabilité en ce qui concerne les soins de santé pour les travailleurs et leurs familles, de même que pour l’adaptation du salaire au taux d’inflation et à l’augmentation des prix des biens de base, etc.
Il faut noter qu’au lendemain de l’envoi du mémorandum, l’entreprise a coupé la vapeur et l’électricité pour les machines et a entamé des opérations de maintenance pour les chaudières et les centrales électriques. Dans une déclaration faite à la police, elle a dénoncé les travailleurs et leur comité syndical en les accusant d’entraver la production et d’inciter à la grève [ce qui est illégal]. Pour leur part, les travailleurs ont déposé une plainte démontrant que c’est la direction qui bloquait la production. Les travailleurs ont également fourni des preuves de l’opération de maintenance.
Je suis prêt à demander le divorce à la mère de mes enfants
Je ne laisserai pas tomber mes camarades
Ouvrier de Pirelli
La direction de l’entreprise a refusé de négocier. Le Ministère du travail n’a pas répondu au mémorandum des travailleurs. En ce qui concerne le GUC, il a répondu au Comité syndical, le 9 juin 2012, en annonçant son soutien à la grève qui commencerait le 10 juin 2012. Depuis lors, les travailleurs ont été en grève, alors que la direction refuse toujours de négocier, en insistant sur le fait que les travailleurs doivent retourner à leurs postes avant que la direction ne prenne en considération leurs revendications; ce que les travailleurs rejettent.
Mais la direction ne s’est pas contentée de cela. Le 21 juin 2012, elle a licencié cinq travailleurs en les accusant d’incitation à la grève. Les travailleurs licenciés sont: Shaaban Abdel-Latif Yussef, technicien de production, degré un; Ashraf Khamis, connu aussi sous le nom de Ashraf El-Gazzar, technicien de production, degré un; l’ingénieur Ahmed Kandil, dirigeant du comité syndical; l’ingénieur Ashraf Ashmawi, membre du comité syndical et président de l’association des salariés actionnaires de la compagnie; et, enfin, Mohamed Jarrana, membre du comité syndical.


Revendications des travailleurs:
Abandon des poursuites
Responsabilité sociale
Application de la grille des salaires
Participation aux bénéfices
Respect des conventions collectives
Les travailleurs de Pirelli Alexandrie
Pirelli est une entreprise qui a réalisé d’énormes profits en Egypte, mais ne tient compte ni de la loi égyptienne, ni des droits des travailleurs égyptiens. Les travailleurs n’ont opté pour la grève qu’après avoir tenté à plusieurs reprises de résoudre les problèmes par un dialogue, sans résultat. Leur grève est un des rares arrêts de travail «légaux» en Egypte, puisqu’elle remplit les conditions très strictes fixées par la loi égyptienne pour l’exercice de ce droit fondamental des travailleurs, y compris l’approbation de la grève par le GUC. Les travailleurs n’ont eu recours à la grève que lorsque les ministères responsables ont ignoré les revendications légitimes des travailleurs. Et, en particulier, lorsque le Ministère du travail a réagi avec indifférence aux difficultés des travailleurs.
La Fédération égyptienne des syndicats indépendants (EFITU) exprime sa solidarité avec la grève des travailleurs de la compagnie de pneus Pirelli et elle soutient leurs revendications légitimes. L'EFITU demande que les cinq travailleurs licenciés soient réintégrés. Elle fait appel aux forces politiques et à la jeunesse égyptienne ainsi qu’aux syndicats et aux fédérations syndicales à un niveau international – et en particulier aux travailleurs de Pirelli dans d’autres pays – pour qu’ils manifestent de toutes les manières possibles leur solidarité avec leurs camarades égyptiens, pour les aider à résister et à persévérer dans leur lutte jusqu’à ce que leurs revendications soient satisfaites.
Pour tenter d’obliger les travailleurs à se soumettre, la direction de Pirelli menace de ne pas verser leurs salaires, puisqu’elle sait que c’est là le seul moyen de subsistance pour eux et pour leurs familles. Au lieu de satisfaire les revendications légitimes des travailleurs, la compagnie a opté pour des licenciements arbitraires et une suspension de la paie.
Vive la lutte des travailleurs égyptiens. Vive la révolution égyptienne !
 

vendredi 13 juillet 2012

L’histoire du détroit d’Ormuz : les choix de l’Iran

par  Soraya Sepahpour-Ulrich ثریا سپاه پور- اولریش. Traduit par  Michèle Mialane, édité par  Fausto Giudice, Tlaxcala 

On connaît le sage propos de George Santayana: « Ceux qui veulent oublier le passé se condamnent à le répéter ». En ne tirant pas les leçons de l’Histoire, les USA et leurs alliés renouvellent leur comportement des années 50 où ils ont imposé à l’Iran un embargo sur son pétrole. L’alliance emmenée par les USA a oublié l’Histoire.                        
L’Iran, non.
 
Lorsque l’Iran décida, sous la direction du nationaliste Mohammad Mossadegh, de nationaliser la l’industrie pétrolière, la Royal Navy instaura un blocus des exportations  de pétrole afin de le contraindre à y renoncer. Pour se venger des velléités nationalistes de l’Iran et le punir de servir ses propres intérêts, les Britanniques lancèrent un blocus mondial du pétrole iranien.
                 
Dans les années 50, l’Iran ne disposait pas d’une puissance militaire lui permettant de s’opposer à l’embargo, et le blocus maritime avait pour objectif de ruiner son économie pour renverser le régime. Les évènements qui s’ensuivirent étaient, selon  un article du New York Times, « destinés à faire comprendre le prix élevé » que doit payer un pays pétrolier du Tiers Monde « quand il perd la tête sous l’effet d’un nationalisme fanatique ». L’Iran apprit alors que la souveraineté et le nationalisme exigent force et décision au niveau politique et militaire.
 
Sans prendre en compte les conséquences des évènements de l’époque, les alliés occidentaux, emmenés par les USA, ont décrété un nouvel embargo contre l’Iran. L’Iran a répliqué par un projet de loi interdisant aux pays qui lui ont infligé des sanctions l’accès à  ses eaux territoriales, c’est à dire au détroit d’Ormuz. Ce projet n’est pas sans fondement et à la différence de ce qui s’est passé lors de l’embargo précédent, il semble que Téhéran ait les meilleures cartes en mains et puisse ne pas être le seul à payer  le prix élevé de l’embargo.
 
Strait of Don Quixote de la Hormuz, par Kaveh Adel
 
La position juridique de l’Iran
La convention de l’ONU de 1982 sur le droit de la mer (CNUDM)) prévoit que les bateaux sans intention belliqueuse peuvent exercer leur « droit de passage innocent », c’est-à-dire naviguer librement et que les États côtiers n’ont pas le droit de les en empêcher. L’Iran a signé mais pas ratifié ce traité, qui n’est pas donc juridiquement contraignant. Mais même si l’on néglige cet aspect, la CNUDM donne aux  États côtiers le droit d’interdire la navigation dans leurs eaux territoriales si celle-ci constitue une menace pour « la paix, l’ordre ou la sécurité » de ces États, car dans ce cas le passage de ces bateaux ne pourrait être considéré comme « innocent ».
Même si l’Iran se contente de décider de retarder le passage des tankers en exerçant son droit de contrôler tous les pétroliers qui empruntent le détroit d’Ormuz, les inspections et le retard qu’elles entraîneront contribueront à une hausse des prix du pétrole. Cette augmentation, qui profitera à l’Iran et aux autres pays producteurs de pétrole, déstabilisera encore plus l’économie européenne, déjà en crise. 
 


"Surveillance des plages", par 
Manos Symeonakis

L’option militaire 
Bien que les États occidentaux, emmenés par les USA, roulent des mécaniques, en envoyant des bateaux de guerre dans le golfe Arabo-persique, les propres jeux guerriers de Washington - le Challenge du Millénium de 2002, coût : 250 millions de dollars -, prouvent bien l’incapacité des USA à venir à bout de l’Iran. Oubliant les leçons de leur propre histoire, les États-Unis d’Amérique, en envoyant davantage de navires de guerre se rapprochent d’un conflit déclaré. Or, contrairement à la crise des missiles de Cuba,  les forces présentes dans le golfe Arabo-persique risquent, face à cette avancée de la marine de guerre  US, de ne pas se réduire à deux leaders à même d’entrer en communication pour éviter que la situation ne leur échappe.  Et de plus les conséquences de ce conflit potentiel ne se limiteraient pas à la région.
 
Si l’on considère que 17 millions de barils - soit 35% de tout le pétrole transporté par voie maritime - transitent chaque jour par le détroit d’Ormuz, des incidents sur cette voie auraient de très graves conséquences pour l’économie mondiale. 1,1 million de barils par jour seulement prennent le chemin des  USA, alors qu’une part importante de ce pétrole est destinée à l’Europe. On peut se demander pourquoi les États-Unis d’Amérique exigent que leurs alliés agissent à contresens de leurs propres intérêts, le boycott des exportations iraniennes les amenant à payer le pétrole plus cher; en outre ils accroissent le risque de voir l’Iran bloquer des cargaisons pétrolières qui leurs sont destinées.
 
Mais là aussi l’histoire nous fournit une réponse claire. Contrairement à l’opinion communément admise, ce sont les USA et non les pays exportateurs de pétrole qui ont utilisé le pétrole comme une arme. Un exemple en est la pression que Washington a exercée sur les Britanniques dans les années 20, pour l’amener à partager ses concessions pétrolières au Moyen-Orient avec des compagnies américaines. Et après la Deuxième guerre mondiale  les États-Unis d’Amérique ont enfreint le Red Line Agreement de 1928* en excluant les Britanniques et les Français du traité.
 
En 1956 les États-Unis d’Amérique ont bien fait comprendre au Royaume-Uni et à la France que les Européens n’auraient plus de pétrole s’ils ne se retiraient pas d’Égypte au plus vite. Les États-Unis d’Amérique n’avaient rien contre le renversement de Nasser, mais le Président Eisenhower déclara: « S’ils avaient fait vite, nous aurions été d’accord. »
 
Il est possible que les dirigeants européens se sentent engagés envers certains groupes de pression, par exemple les lobbys pro-israéliens, comme c’est le cas aux USA. Ou peut-être croient-ils que l’Iran ne les obligera pas à jouer cartes sur table, que le Majlis (parlement iranien) ne ratifiera pas le projet de loi et que le pétrole continuera à couler sans problème. Mais quoi qu’il en soit, ils commettent là un suicide financier qui aura sans doute pour eux de lourdes conséquences avant même que la détermination l’Iran soit ébranlée.
 
Note de Tlaxcala
*L’accord de la ligne rouge fut un accord signé par les partenaires de la compagnie pétrolière turco-irakienne Turkish Petroleum Company (TPC), le 31 juillet 1928. L’objectif de cet accord était de formaliser la structure de l’entreprise TPC et d’introduire une clause qui interdisait que les partenaires recherchent du pétrole pour leur propre compte, dans les grands territoires de l’ancien Empire ottoman.
Cet accord fut à l’origine de la création d’un monopole du pétrole d’immense influence, trois décennies avant la formation de l’OPEP.
La ligne rouge incluait le territoire de l’ancien Empire ottoman au Moyen-Orient, en incluant la péninsule arabe et la Turquie. Le Koweït, était exclu de cette zone, l’objectif étant d’en faire une zone anglaise réservée (wikipedia).
 

jeudi 12 juillet 2012

Les victoires électorales de l’Islam politique en Egypte


La victoire électorale des Frères Musulmans et des salafistes en Égypte (janvier 2012) n’est guère surprenante. La dégradation produite par la mondialisation capitaliste contemporaine a entraîné un gonflement prodigieux des activités dites « informelles », qui, en Égypte, fournissent ses moyens de survie à plus de la moitié de la population (les statistiques disent : 60%).
Or les Frères Musulmans, sont fort bien placées pour tirer profit de cette dégradation et en perpétuer la reproduction. Leur idéologie simple donne une légitimité à cette économie misérable de marché/ de bazar, aux antipodes des exigences d’un développement digne de ce nom. Les moyens financiers fabuleux mis à leur disposition (par le Golfe) permettent de le traduire en moyens d’action efficaces : avances financières à l’économie informelle, charité d’accompagnement (centres de soins et autres). 

mercredi 11 juillet 2012

Accueil populaire massif pour les mineurs à Madrid

Mardi soir




Pilar Bardem, comédienne, mère de l'acteur Javier Bardem et Victor Manuel, chanteur né dans les Asturies
 


Mercredi


L'image qui symbolise cette journée du mercredi 11 juillet: des policiers antidisturbios (anti-émeutes) piétinant une canne de mineur

mardi 10 juillet 2012

Espagne : la marche noire des mineurs des Asturies arrive mardi soir à Madrid

« Nosotros no estamos indignados, estamos hasta los cojones ! »
(« Nous ne sommes pas des indignés, nous en avons plein les couilles ! »)

 
Concentración en defensa de la minería del carbón

Ils veulent tout liquider
Non à la fermeture des mines de charbon

Pour le changement économique et industriel des zones minières

Affiche des Commissions ouvrières

Les mineurs en marche vers Madrid

Qui sont les mineurs des Asturies ?

Anne-Julie Contenay
Par Anne-Julie Contenay, Europe 1, 10/7/2012
Les mineurs espagnols ont prévu d'atteindre Madrid mardi soir.
Les mineurs espagnols ont prévu d'atteindre Madrid mardi soir. © REUTERS
Ils sont en grève depuis deux mois. Leur "marche noire" doit arriver à Madrid mardi soir.

Depuis des semaines, le conflit ne cesse de gagner en violence. Des mineurs espagnols des Asturies, au nord du pays, sont en grève depuis deux mois pour protester contre la réduction des aides publiques. Ils disent être prêts à aller jusqu’au bout pour défendre leur métier, et ont lancé une "marche noire" vers Madrid, qui doit arriver mardi. Partis le 22 juin de deux villes du Nord, ils sont environ 200 à sillonner les près de 500 kilomètres qui les séparent de la capitale. Galerie de portraits de ces grévistes très déterminés.


"Habitué au danger". Alberto, qui témoigne sur France 24 sous un nom d’emprunt, travaille depuis 15 ans dans les mines de Santiago Aller. Âgé de 39 ans, il a vu le nombre de puits en activité passer de quinze dans les années 80, à seulement deux aujourd’hui. En tout, seules une quarantaine de mines sont encore en activité en Espagne, faisant travailler 8.000 personnes. Comme la plupart de ses collègues, Alberto participe au mouvement mais déplore les incidents qui ont émaillé les manifestations. Jeudi, une femme et une enfant ont notamment été blessées dans une ville des Asturies, après des débordements.Deux gardes civiles ont aussi été blessés dans des affrontements vendredi.

Des affrontements ont opposé la police et les manifestants :

Alberto, lui, n’a pas peur d’être blessé. "Nous, les mineurs, nous risquons notre vie tous les jours au travail. Nous sommes habitués au danger", assure-t-il. Il craint une radicalisation du mouvement, car plus le temps passe, moins les mineurs ont de quoi faire face aux dépenses du quotidien.

"L’ange gardien". Elle n’y est pas née, mais toute sa famille vient du bassin minier. C’est pourquoi Sara Fuentes, 29 ans, a choisi de rejoindre le mouvement, comme elle l’explique à El Pais, qui l’a surnommée "l’ange gardien" des mineurs. Dans des régions où l’économie est dominée par la mine depuis des générations, ce sont pas moins de 30.000 emplois directs ou indirects qui sont menacés par le déclin de cette activité et la réduction des aides publiques.

Sara Fuentes ne ménage pas sa peine et offre même des massages à tous les mineurs qui le lui demandent. "C’est dur, confie-t-elle, mais ça vaut le coup de travailler pour des personnes qui ont la capacité d’éveiller la conscience collective". Dans les villages qu’ils traversent, les participants à la "marche noire" disent rencontrer un fort soutien de la population, comme l'explique un responsable du syndicat UGT : "les gens leur donnent à manger, les soutiennent, les laissent dormir dans les salles de sport".



"Le fer de lance du mouvement ouvrier". Pour Manuel Robles, 35 ans, représentant UGT pour le puits de Candin, dans les Asturies. "Nous n’attaquons pas, nous ne faisons que défendre nos emplois et l’avenir de nos enfants", affirme-t-il au site Globalpost. Dans sa famille, les hommes sont mineurs depuis trois générations.

Le passé est d’ailleurs une source de fierté, note Manuel Robles : "Nous sommes le fer de lance du mouvement ouvrier depuis le 20e siècle, quand nous avons été à l’origine de certains des soulèvements de travailleurs contre la dictature". En 1962, c’est en effet dans les mines des Asturies qu’avait commencé le tout premier mouvement de grève depuis la guerre civile, sous le régime de Franco, avant de se propager à l’ensemble du pays.

NDLR Basta!
Ce qu'ignore notre jeune amie d'Europe 1, c'est que les mineurs des Asturies avaient déclenché une grève insurrectionnelle le 4 octobre 1934, prenant rapidement le contrôle de tout le bassin minier. Le 5 octobre 1934 était proclamée à Oviedo la République socialiste asturienne, très rare exemple dans l'histoire d'Europe de régime révolutionnaire unissant anarchistes, socialistes et communistes. 10 jours plus tard, était constituée une Armée rouge de 30 000 travailleurs armés. L'insurrection sera matée dans le sang par les troupes d'Afrique commandées par le général Franco. La répression ordonnée par le gouvernement républicain est terrible (1 000 morts, 20 000 arrestations). Elle préfigure les horreurs de la guerre civile. Il faudra 28 ans au peuple des Asturies pour se reconstituer et lancer, en 1962, la première révolte ouvrière de l'ère franquiste, suivie par d'importantes grèves en 1975-1976, puis en 1987 et 1991-1992.
 Unissez-vous, frères prolétaires !



MANIFIESTO DE APOYO A LA LUCHA DE LOS MINEROS
Enviar firmas a yoapoyoalamineria@gmail.com

La lucha de los mineros en defensa de sus puestos de trabajo es un ejemplo de lucha, combatividad y autoorganización que tiene que ser apoyado por el conjunto de la clase trabajadora y por la izquierda y los movimientos sociales.
El impacto de esta lucha está provocando una solidaridad que se extiende a todos lo sectores y territorios, sirviendo de inspiración para todos los luchadores y luchadoras en estos momentos de ataques sin fin a los derechos sociales y laborales.
Las cuencas mineras necesitan respuestas y las necesitan desde este preciso momento, con objetivos a corto y medio plazo. A corto plazo es necesario defender los puestos de trabajo para evitar la tragedia social que se vive desde hace años en estas zonas por parte de las familias trabajadoras. Y a medio y largo plazo es necesario levantar alternativas reales de empleo en sectores energéticos no contaminantes que permitan salir de la crisis sin hipotecar el futuro.
Durante estos años de reconversión, los fondos destinados a este fin han sido dilapidados, y han servido para el beneficio de unos pocos. Investigar a dónde han ido a parar y depurar responsabilidades es el primer paso necesario para abrir un verdadero proceso que implante un nuevo modelo productivo, generado y controlado por los y las de abajo, que este al servicio de los intereses sociales de la mayoría y sea respetuoso con nuestro planeta.
Mientras se rescatan a bancos y banqueros, los recortes recaen sobre el pueblo trabajador que se ve obligado a salir a la lucha para defender su futuro. Los mineros nos están mostrando el camino que debe ser recorrido por el resto de sectores en lucha. Nosotros y nosotras queremos mostrarles nuestro apoyo y hacemos un llamamiento a extender su ejemplo. Nos estamos jugando mucho.
Alfonso Sastre, escritor y dramaturgo
Eva Sastre Forest, editorial Hiru
Willy Toledo, actor
Carlos Álvarez-Nóvoa, actor y escritor
Rafael Xambó, profesor de sociología, Universitat de Valencia
Carlos Gómez Gil, sociólogo y profesor de la Universidad de Alicante
José Ramón González Parada, sociólogo y director de la revista 'Esbozos'
Salvador López Arnal, colaborador de Rebelión y El Viejo Topo
Jerónimo Aguado Martínez, campesino
Juan Ramón Capella, catedrático de filosofía del derecho, moral y política
Miguel Riera, director de El Viejo Topo
Joxe Iriarte, Bikila, escritor y miembro de Gorripidea
Santiago Álvarez Cantalapiedra, director revista 'Papeles de relaciones ecosociales y cambio global'
Olga Rodríguez, periodista y escritora
María Trinidad Bretones, profesora de economía, Universitat de Barcelona
Esther Vivas, activista y periodista
Santiago Alba Rico, filósofo y escritor
Olivier Besancenot, candidato a las presidenciales del 2007 y portavoz del NPA (Francia)
María del Mar Sangrador Salán
Manuel Vicente Corbera Millán
Luis Ángel García García, Ciudadano de las Cuencas
Carlos Gómez Palacios
Jaime Pastor Verdú, Profesor de cc. políticas en la UNED
Rubén Cervantes Batres
Elsa Alonso, Trabajadora social y militante NPA (Francia)
Pilar Loreto González Novoa, militante de IA y CGT Telemarketing
Jesús Díez Allo
Jean-Pierre Lohrer
Elena Sánchez Barroso
Juan Carlos Amengual Argudo, Profesor de la Universidad Jaume I
Guillermo Rendueles, psiquiatra
Luis Felipe Capellín Corrada, exconcejal del PCA
Jesús de la Roza, maestro SUATEA
Luis Sevilla, fotoperidista
Antonio Bernardo, trabajador social
Belén Iglesias Colao Xixón
Eladio de Pablo, profesor y autor teatral
Ernesto Burgos Fernández, historiador (Mieres)
Cándido González Carnero, jubilado del Naval
José Ramón López Menéndez, autor y director teatral
Boni Ortiz, crítico teatral
Emilio Méndez, actor y director teatral
Raúl Palma Ehrichs, Red Latina Sin Fronteras
Javier Cellino, poeta
Luis Martínez Andrade, sociólogo mexicano
Ataulfo Riera, Bruselas, Bélgica
José Menéndez, coordinador de Izquierda Unida Bélgica
Nordine Saïdi, Bruxelles
Stephane Mansy, PC Wallonie-Bruxelles
Luc Gautiez, Wallonie-Bruxelles
Waroquiez Dominique, Bruxelles
Christine Vanden Daelen, Comité pour l'annulation de la dette du Tiers-Monde. Belgique
Alicia Fernández Gómez, profesora instituto
Pedro Manuel Muñoz Alonso
Luis Garau Servera
Consuelo Tome Virseda
Juan García Acosta
Luis Pons Martí
José Antonio Rodríguez Rivera
Rosa García Bolaños
Esmeralda Montesinos García
Juan Manuel Arbona Sancho
Antonio Carmona Cortes
Fernando Baisón Olmo
Juan Martinez Martinez
Amand Ortiz i Gisbert
Mercè Bosch
Joan Anton Rius Andrés
Miguel Vila Gomez
Miguel Urban Crespo
Flora Pino García
Conchi Martín
Esteve Dalmau Sanchez
Dámaso Piñero Medina
Mª del Mar González Martín
Ángeles Gómez García
José Manuel Lorenzo vara
Elvira Siurana Zaragoza
Mikel Azpeita Bengoa
Urko Villasante
Ángel Carrasco Duarte
Pepe Ruíz Arrabal
Ferran Petit López
Mercedes Belchí Arévalo
Victor Sanchez Magrane.
Agustín Velloso Santisteban
Aroa Tola Alejano
Isabel González Saúl
Elvira Pérez Borrás
Julio del Moral Benayas
Salvador Campderros i Raventos
Paqui Tejeira Pérez
Manuel Martínez Crespo
Javier Paricio García
Manuel Mata Pastor
Luis Otero Aira
Carlos Javier Fernández Barrio
Arcaduio Cava Pueyo
Conxa Socias Colomar
Esther Escorihuela Landa
Mercé Meseguer Rico
Isabel González García-Estrada
Alvaro Gorostizaga Villarreal
Sebastian Guerrero García
Emilia Iglesias Gavela
Ricardo Gayol Rodríguez
Rosa Nicolás Gràcia
Pilar Casabuena
María de los Dolores Coll Safortesa
José Luis Pérez Ginés
José Cayo Fernández Fernández
Benet Soley Beltran
Francisco F. García Pérez
Jesús García Blanca
Iván Peña Santana
Francisca Anaya Cintas
Antonio Martínez Castro
Luis Martín-Cabrera
Fernando Pérez de Tudela Perales
Antonio Cuesta
Susana Coyette Urrutxua
Salvador López Arnal
Patricio Suárez Gil
Xulio Martiña Prieto
Juan Carlos Comes Perelló
Xavier Mayàns i Andújar
Paco Bello
Isabel Alba Rico
Carlos Varea González
Sinfo Fernández
Luis Alegre Zahonero
José Daniel Fierro
Juan Carlos Monedero
Paloma Valverde
Carlos Fernández Liria
Silvia Casado Arenas
Raúl Camargo Fernández
Jaime Lafuente Sebastián
Pilar Lara Sagredo
Manel Prior
Rosa María Rodenas García
Marina González Moro
Miguel Arróniz
Vicent Climent
Fernando Antón Antón
Óscar Barberán i García
José Luis Sánchez
Ana María Prado Díaz
Noelia Arribas Hernández
David Fernández, HEDISA
APPEL DE SOUTIEN À LA LUTTE DES MINEURS ESPAGNOLS
Envoyer signatures à yoapoyoalamineria@gmail.com
Le combat des mineurs en défense de leurs emplois constitue un exemple de lutte, de combativité et d’auto-organisation qui doit être soutenu par l’ensemble de la classe ouvrière, par la gauche et par les mouvements sociaux.
L’impact de ce combat est en train de susciter une solidarité qui s’étend à tous les secteurs et dans toutes les régions. Il inspire tous ceux et toutes celles qui luttent en ce moment pour s’opposer aux attaques incessantes contre les droits sociaux et les droits des travailleurs.
Il faut résoudre les problèmes des bassins miniers et il faut commencer à les résoudre dès maintenant, avec des objectifs à court et moyen terme. A court terme, il est nécessaire de défendre tous les emplois pour éviter l’aggravation de la tragédie sociale que subissent depuis des années les familles des travailleurs dans ces régions. A moyen et long terme, il est nécessaire d’avancer des alternatives d’emploi réelles dans les secteurs énergétiques non polluants qui permettent de sortir de la crise sans hypothéquer l’avenir des travailleurs.
Au cours de ces dernières années de reconversion, les fonds publics destinés à cette fin ont été dilapidés et utilisés au profit d’une petite minorité. Mener une enquête sur leur affectation précise et établir les responsabilités, c’est le premier pas nécessaire afin d’ouvrir un véritable processus qui impulse un nouveau modèle productif, généré et contrôlé par ceux et celles d’en bas. Un nouveau modèle productif qui soit au service des besoins sociaux de la majorité et respectueux envers notre planète.
Tandis qu’ils sauvent les banques et les banquiers, l’austérité retombe sur les épaules des travailleurs qui se voient forcés de lutter pour défendre leur avenir. Les mineurs nous montrent le chemin que doivent suivre les autres secteurs en lutte. Nous voulons leur exprimer notre soutien et nous lançons un appel pour élargir leur exemple. Il en va de notre avenir.

PREMIERS SIGNATAIRES : Alfonso Sastre, écrivain et dramaturge, Willy Toledo, acteur, Eva Sastre Forest, éditions Hiru, Rafael Xambó, professeur de sociologie, Université de Valencia, Carlos Gómez Gil, sociologue et professeur de l’Université d’Alicante, José Ramón González Parada, sociologue et directeur de la revue Esbozos, Salvador López Arnal, collaborateur à Rebelión et El Viejo Topo, Jerónimo Aguado Martínez, paysan, Juan Ramón Capella, professeur de philosophie du droit, de morale et de politique, Miguel Riera, directeur de El Viejo Topo, Joxe Iriarte Bikila, écrivain et membre de Gorripidea, Santiago Álvarez Cantalapiedra, directeur de la revue Papeles de relaciones ecosociales y cambio global, Olga Rodríguez, journaliste et écrivaine, María Trinidad Bretones, professeure d’économie, Université de Barcelone, Esther Vivas, activiste et journaliste, Santiago Alba Rico, essayiste et philosophe.