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jeudi 27 octobre 2011

Le mouvement Occupy : le principe indignation




  

New-York, Londres, Francfort : de plus en plus de gens contestent la finance. Mais comment un sentiment d’injustice mondialement partagé se transformera-t-il en mouvement homogène ?
Le masque de Guy Fawkes, dont l’attentat contre le Parlement anglais, en 1605, se solda par un échec a été popularisé par le collectif Internet Anonymous pour protéger son identité. Désormais ce sont les « occupy » qui le portent dans le monde entier. Photo dpa

Au cours d’une de ces nuits où l’on entend le vent hurler entre les immeubles du quartier de la finance à Francfort, Claudia Keht est déjà assise à s’indigner, une fois de plus, sur un banc de bois. Elle a 25 ans et parle de la crise de la dette, du mécanisme de stabilisation, du déficit démocratique. La jeune femme s’enroule plus étroitement dans sa couverture, il fait froid. Mais elle continue à débattre des temps nouveaux. Avec des gens qu’elle n’avait encore jamais vus il y a quelques jours.

`Claudia Keht est l’une de ces dizaines de personnes qui la semaine dernière ont dressé leurs tentes ici, tout près des centrales des grandes banques «  Ce qu’il y a de plus beau», dit-elle, « c’est de ne plus être seule face à tout ça.» Et de fait, chaque soir, des centaines de gens se rassemblent ici entre les tours. Des jeunes et des vieux, bruyants ou discrets, antifascistes et antinucléaires, altermondialistes, utopistes, étudiants, enseignants, employés. Ils viennent de la ville et de la campagne, de Hesse et de Souabe. Ils sont tous des « Occupy Francfort ».
Contre l’arbitraire policier et pour un impôt sur les riches : New-York, Wall Street.Photo Reuters.
Une partie de ce mouvement mondial qui a mobilisé le week-end dernier des centaines de milliers de gens. 5 000 à Francfort, 5 000 à Londres, 10 000 en Espagne, 200 000 à Rome. Pas de leaders à ces manifestations, rien qu’un sentiment commun : l’indignation de vivre dans un pays qui dépense plus d’argent pour les banques que pour les gens. Cette protestation a surpris le monde politique, qui s’est senti dépassé.

Finalement, voici quelques semaines seulement, le mouvement se réduisait à quelques centaines de manifestants qui s’étaient rassemblés à New York pour former le mouvement “Occupy Wall Street” . Des rêveurs irréalistes - mais qui ont en ce moment le vent en poupe. Et sans doute aussi le soutien de la majorité silencieuse. Mais comment utiliser cette force? Comment transformer un sentiment mondialement partagé, une masse hétérogène, en mouvement homogène? Unifier, voilà le grand défi auquel sont confrontés les villages de tentes qui se sont dressés de par le monde la semaine dernière.
« Bien sûr que c’est fatigant »
« Nous partons de zéro, nous n’avons aucun préjugé » dit Claudia Keht. « Mais nous sommes d’accord sur un point : ça ne peut pas continuer comme ça.» Même en l’absence de toute hiérarchie, « Occupy Francfort » a développé dès les premiers jours une organisation qui fonctionne étonnamment bien, il y a des groupes de travail et des ateliers, quelqu’un propose d’élaborer de nouveaux tracts ou de débattre sur le système éducatif, et tout de suite 15 à 35 personnes sont prêtes à participer. Tous les midis et tous les soirs il y a des « asambleas » -les militants appellent ainsi leurs réunions inspirées des Espagnols, les premiers Européens en colère à en tenir, cet été à la Puerta del Sol à Madrid.

"Fin de partie" : manif en costume-cravate, Cathédrale Saint-Paul, Londres. Photo Reuters
Comme il ne fait pas aussi beau à Francfort en octobre qu’en Espagne au mois de mai, cent personnes s’entassent pour  « l’asamblea » d’aujourd’hui dans les sous-sols du théâtre proche. Pendant qu’on joue sur scène la farce de George Tabori « Mein Kampf », un jeune homme portant un bouc est assis à la cafétéria devant un tableau à feuillets mobiles. C’est Seba, il expose les règles de « l’asamblea ». Tout le monde a le droit de dire ce qu’il veut, il y a de listes d’intervenants et des temps de parole. Quand on approuve, on agite la main en l’air, quand on désapprouve, on croise les bras devant son visage. Exactement comme à New York, Londres, Rome, Sao Paulo et Helsinki, ce sont les codes mondiaux du mouvement.

Une « asemblea » est pourtant une longue histoire, qui ne se termine que quand tout le monde agite les mains, car on procède par consensus. Les militants utilisent surtout les nouveaux médias. On trouve donc sur le site du mouvement les revendications des manifestants, un livestream des actions et les dates à retenir pour les militants. En outre des sympathisants ont créé un nouveau site. Sous l’intitulé « Nous sommes les 99% », des centaines de personnes décrivent l’impact de la crise sur leurs conditions de vie. Les militants appellent à des actions et manifestations via Twitter ou Facebook. À la différence du mouvement des « Occupy » dans le monde réel, ce réseau virtuel a un centre.

Assis dans le parc Zuccotti à New-York sous un parapluie rose, de jeunes gens tapent sur leurs portables. Quelques-uns portent des masques à l’effigie stylisée de l’Anglais Guy Fawkes, qui voulait faire sauter en 1605 le roi et le Parlement. Son visage est devenu une sorte de marque de fabrique mondiale du mouvement. Dans tous les coins des contestataires font des discours ou grattent des guitares. L’équipe médias du mouvement s’occupe de Twitter et Facebook, sert d’observatoire de la couverture du mouvement par les médias grand public, coordonne les retransmissions sur Internet et informe le monde des évènements en temps réel. L’équipe médias du parc Zuccotti n’est que la partie émergée de l’iceberg, selon le journaliste free lance Michael Premo. Dans toute la ville, de centaines de sympathisants des « occupy » travaillent dans des bureaux et des appartements à orchestrer une campagne médiatique. Outre ces activités en réseau, il existe désormais un journal papier des Occupy « Au fond nous sommes une structure d’information multimédia complète » , dit Premo.

Les militants utilisent en outre des programmes comme l’application «Vibe» d’iPhone qui permettent d’entrer en communication anonymement avec un grand nombre de gens se trouvant à proximité. Les manifestants peuvent ainsi se mettre d’accord en temps réel sans être écoutés ou reconnus par la police, comme c’est le cas pour les appels téléphoniques ou SMS. La police n’est pas tendre ave les manifestants, mais les ceux-ci lui répliquent avec les armes de l’Internet : des hackers du groupe Anonymous ont par exemple publié l’adresse, le numéro de portable et des données sur la famille d’un policier qui a paraît-il agressé sans sommation des manifestantes avec une bombe au poivre.

L’organisation new-yorkaise dans le monde réel est elle aussi stupéfiante. Un grand tableau noir portant un calendrier détaillé de la semaine est adossé à une table. C’est un programme est à plein temps, un meeting y est prévu chaque jour pour 6 à 10 groupes de travail. À onze heures a lieu la rencontre d’un groupe « médias », à une heure c’est celui des femmes, à deux heures un collectif qui établit des contacts avec d’autres organisations politiques. Et à 19 heures, comme chaque jour, assemblée générale.

«  Le principe est très simple », dit Michael Premo. «  Les gens viennent ici, au parc Zuccotti, et demandant ce qu’ils peuvent faire. Et il y a une place pour tous, peu importe si on aide à la cuisine ou si on est avocat à même de conseiller les gens qui ont été arrêtés et doivent être jugés. »

Au bout d’un mois de manifestations le village des « occupy » est un ensemble social bien rodé, une ville dans la ville, bien préparée à s’incruster dans le cœur du capitalisme financier.

Le mouvement voulait s’incruster aussi à Londres. De préférence devant le London Stock Exchange, la Bourse londonienne. Une action sans aucun doute bien en phase avec le modèle « Occupy Wall Street » de New York. Mais la police avait bloqué à temps l’accès à la place et les manifestants se sont installés une bonne centaine de mètres plus loin, devant la cathédrale Saint-Paul, qui leur a donné sa bénédiction à condition de rester pacifiques.

  
"Indignez-vous !"  

"Maintenant ça pète !"
Des milliers de Berlinois ont participé le samedi 15 octobre à la journée mondiale de protestation United for global change en manifestant dans le quartier gouvernemental. Des milliers d'autres ont manifesté dans le reste de l'Allemagne. Photos dpa

Une demande qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Près de 300 tentes parfaitement alignées, même la distance minimale entre voisins a été respectée. « Instruction des pompiers », dit Natalie, 29 ans, ex-secrétaire qui ne veut pas donner son nom de famille. «Le dernier incendie ici remonte sans doute à plusieurs siècles, mais nous ne voulons pas être agressifs ».

Le vendredi après-midi, le campement s’est tellement étendu que l’administration de l’église l’a fermée au public, une première depuis la Seconde guerre mondiale. Les feux en plein air et les accès bloqués représenteraient un danger pour les pèlerins, touristes et fidèles.
 « Notre maison, ce sont les places »
 À Londres comme ailleurs les adversaires de l’ordre ancien s’en sont immédiatement donné un nouveau : pas de violence, l’alcool est honni, et deux fois par jour les manifestants tiennent une assemblée plénière où ils travaillent à mettre sur pied des réseaux radio et des toilettes mobiles et préparent les prochaines actions. Si des questions particulières se posent, on vous adresse aux groupes spécialisés, « médias » ou  « finances» - les derniers s’occupant des dons. Il y a en outre une tente-point info, une zone « Premiers secours » une cantine et une bibliothèque en plein air - entendez des piles des livres sur une table.

Les objectifs des « campeurs » sont moins structurés que leur logistique, même s’ils s’accordent pour rejeter collectivement « le régime actuel, non soutenable, injuste et antidémocratique » et le pouvoir des grandes banques. Liz, 21 ans, arbore sur sa tente une affiche qui attire l’attention sur le problème de la prostitution enfantine dans le monde. Un professeur d’anthropologie en retraite établit des parallèles sur la place Saint-Paul avec la place Tahrir et souhaite la chute du capitalisme. Natalie serait déjà bien contente si l’on imposait une séparation entre les banques de dépôt et d’investissement. Même le Chancelier de l’Échiquier, le conservateur George Osborne, y souscrirait : il veut qu’elle soit effective en 2019.

L’ « asamblea » de Francfort se préoccupe elle aussi de professions de foi plutôt fondamentales. Minuit approche et quelqu’un veut abolir le capitalisme, d’autres plaident pour une interdiction des actifs pourris, d’autres encore ignorant de quoi il s’agit. Et cela dure des heures. Taxe sur les transactions financières, augmentations réelles des salaires, lutte contre la gentrification [phénomène urbain d'embourgeoisement. Processus par lequel le profil économique et social des habitants d'un quartier se transforme au profit exclusif d'une couche sociale supérieure, NdE]

« Nous devons nous prononcer haut et fort pour la non-violence », dit tout à coup un jeune homme, Stefan. « Nous ne serons vraiment ouverts à toutes les couches de la société que si nous restons complètement pacifiques. »

«  Et que fais-tu de la désobéissance civile ?» demande un autre.
« La désobéissance civile n’est pas une violence » réplique Stefan.

« Oui à la désobéissance civile, non à la violence », crie une jeune fille, plus loin derrière. toutes les mains s’agitent en l’air. Peu après on ajoute au marqueur noir « non-violence » à la liste que les militants ont collée provisoirement sur un panneau d’affichage.

Ce type de mouvement peut-il être efficace? Peut-il aussi passer l’hiver ?

 Piotr Lewandowski sourit. Ce Polonais né en Espagne a 22 ans. Après son licenciement d’une usine de cartonnages il est allé à pied de Santander à Madrid puis a continué à travers la France jusqu’à Bruxelles pour atterrir ici, à Francfort. Largement 2 500 km. Rien qu’entre Santander et Madrid il a tenu avec ses copains plus de 500 « asambleas » dans de petits villages, appelé les gens à participer à la lutte contre des autorités qui font ce que bon leur semble. Et Lewandowski termine : «  Tu dresses une tente, et un jour elle devient ta maison. Nos maisons, ce sont les places. Ils ne pourront plus faire la sourde oreille. »

samedi 15 octobre 2011

15.10.2011: united for #globalchange UNIS POUR LE CHANGEMENT GLOBAL Ενωμενοι για την παγκόσμια αλλαγήστις


15 octobre 2011 : Journée de mobilisation mondiale des IndignéEs - Thomas Sankara, un exemple pour tous/15 ottobre 2011 – Giornata di mobilitazione mondiale degli indignati - Thomas Sankara, un esempio per tutti



Patrizia Donadello

“NO ES UNA CRISIS, ES UNA ESTAFA !“ NON È UNA CRISI, È UNA TRUFFA! Un gruppo di circa 100 pacifisti indignati in maggioranza spagnoli ma anche russi, americani, francesi tedeschi, greci, resistenti del movimento spagnolo del 15Maggio di Porta de Sol, da più settimane sono in marcia per raggiungere Bruxelles passando da Parigi il 17 settembre per un Forum di tre giorni [1]].
Partiti da Madrid, Barcellona e Tolosa, sperano di arrivare a Bruxelles il 15 ottobre dove si svolgerà una grande manifestazione mondiale davanti al Parlamento europeo. E’ là che si incontreranno le diverse squadre di marciatori indignati venuti da diversi paesi d’Europa.
Pacificamente manifesteranno per protestare contro la precarietà, il carovita ma anche per «il vivere liberi».
La data del 15 ottobre è stata scelta perché sono passati sei mesi dall’occupazione di Porta del Sol. E’ dunque un caso, ma resta quantomeno altamente simbolico, che questa giornata coincida anche con l’anniversario dell’assassinio di Thomas Sankara, aggiunge altro significato poiché è sicuro che lui sarebbe dalla parte di chi è giunto alle sue stesse conclusioni : LA CRISI NON LA PAGANO I PIÙ DEBOLI non solo perché è ingiusto, ma perché non possono pagarla!
Quella del 1983 è stata una delle più grandi sfide lanciata ai cosiddetti “padroni del mondo” da uno dei paesi più poveri, proprio da quell’Africa depredata e impoverita che, per assurdo, è il continente più ricco del pianeta.

Fu in Alto Volta, ribattezzato in seguito Burkina Faso (che vuol dire Paese degli uomini integri) dove Thomas Sankara, un giovane militare, guidò una rivoluzione che ci ha restituito una delle più grandi verità della storia, rovesciando completamente il senso che una logica pietistica vorrebbe ancora oggi farci credere : LA POVERTÀ NON È UNA FATALITÀ [2] .
Thomas Sankara, il primo altermondialista, il presidente più giovane e più povero del mondo (il suo salario era così misero da far arrossire gli uomini di stato di tutto il pianeta) ci ha dimostrato chiaramente che, se si ha a cuore il benessere del proprio popolo, esistono in ogni paese le scelte giuste da compiere.

Queste in breve furono le priorità adottate dal governo rivoluzionario del Burkina Faso che mise al centro del proprio programma, la liberazione della donna e il sostegno incondizionato ai contadini :
  • effettiva uguaglianza di diritti e di doveri fra donne e uomini;
  • autosufficienza alimentare;
  • diritto alla salute;
  • diritto alla cultura;
  • lotta alla corruzione e taglio agli sprechi e ai privilegi di casta dei funzionari e dei politici;
  • disarmo;
  • protezione dell’ambiente.
In soli quattro anni di rivoluzione pacifica e popolare, sette milioni di burkinabè ebbero garantiti 2 pasti e 10 litri d’acqua potabile al giorno oltre alla costruzione di case, scuole, dispensari d’igiene, cinema, strade …. Tutto questo fu possibile nonostante il governo avesse rifiutato i prestiti del FMI e della Banca Mondiale, che imponevano programmi di aggiustamento inutili per le esigenze del paese, ma rifiutando anche di rimborsare il debito contratto dai corrotti governi precedenti.
« Non possiamo essere la classe dirigente ricca di un paese povero – diceva – bisogna scegliere se bere champagne o dare l’acqua potabile a tutti ».

Thomas Sankara, il Presidente ribelle mangiò miglio come i contadini poveri del suo paese, circolò in bicicletta o a bordo di una piccola utilitaria, vestì sempre alla burkinabè, non ebbe mai privilegi personali e come tutti stava pagando il mutuo per l’acquisto della sua prima casa. Nel 29 luglio 1987 spiegò le ragioni del suo rifiuto di rimborsare il debito in un discorso all’assemblea dell’OUA di Addis Abeba chiedendo ufficialmente e pubblicamente sostegno agli altri presidenti africani presenti, per la creazione di un fronte unito contro il debito [3].

Il 15 ottobre 1987, a meno di tre mesi dal suo discorso, un commando militare di Blaise Compaoré, con la complicità et l’ordine del potere internazionale, lo ha assassinato insieme ad altri 12 collaboratori, trascinando nuovamente il suo popolo all’inferno, tra i paesi più poveri del mondo [4].
Il 15 ottobre 2011, la giornata di mobilitazione mondiale dimostrerà anche, se mai ce ne fosse ancora bisogno, che Thomas Sankara non si è sbagliato nemmeno quando diceva : “uccidete Sankara, migliaia di Sankara nasceranno”.
Patrizia Donadello
Comitato italiano SankaraXX

Grazie di firmare e diffondere l’appello Giustizia per Sankara. Giustizia per l’Africa all’indirizzo: http://thomassankara.net/spip.php?article878&lang=it

[1] [AGORA PARIS [16-18 SEP] | ACAMPADABCNINTERNACIONAL http://www.marche-paris.fr/fr/la-ma...>AGORA PARIS [16-18 SEP] | ACAMPADABCNINTERNACIONAL http://www.marche-paris.fr/fr/la-ma...
[2] Discorso di Sankara all’ONU il 4 ottobre 1984 (tratto dal Libro : Thomas Sankara. I discorsi le idee. Traduzione di Marinella Correggia - Edizioni Sankara) - http://thomassankara.net/spip.php?article296
[3] Discorso di Thomas Sankara del 29 luglio 1987 all’OUA ad Addis Abeba http://video.google.fr/videoplay?docid=5455228578800445334&hl=it#
[4] Estratto dal terzo episodio del film « Ombre Africane » di Silvestro Montanaro diffuso su RAI3 il 15 luglio 2009 nella trasmissione « C’era una volta ». http://www.youtube.com/watch?v=4GAxbGbWdjM&feature=player_embedded ; http://www.thomassankara.net/spip.php?article1085

« NON ES UN CRISIS ES UN ESTAFA ! » CE N’EST PAS UNE CRISE C’EST UNE ESCROQUERIE ! Un groupe d’environ d’une centaine de pacifistes indignés en majorité des Espagnols, mais aussi en provenance d’autres pays (Russie, États-Unis, France, Allemagne, Grèce...), des résistants du mouvement espagnol du 15M ai de Porta del Sol, sont en marche depuis plusieurs semaines pour atteindre Bruxelles en passant par Paris le 17 septembre où des forums seront organisés pendant trois jours [1]]. 
Partis de Madrid, Barcelone et Toulouse, ils espèrent arriver à Bruxelles le 15 octobre où une grande manifestation mondiale se déroulera devant le Parlement européen. C’est là que les différentes équipes de marcheurs indignés venues de différents pays d’Europe se rejoindront.
Pacifiquement, ils manifesteront pour protester contre la précarité, la vie chère, mais aussi pour « vivre libres ».
La date du 15 octobre a été choisie parce qu’elle marque l’anniversaire du sixième mois de du campement sur la place Porta del Sol en Espagne. Bien sur c’est un hasard, mais il nous parait cependant hautement symbolique que cette journée coïncide aussi avec l’anniversaire de l’assassinat de Thomas Sankara. Il aurait surement été aux côtés de ceux qui sont arrivés à des positions identiques aux siennes : CE N’EST PAS AU PLUS FAIBLES DE PAYER LA CRISE ! et pas seulement parce que c’est injuste, mais parce qu’ils ne peuvent pas la payer !

La révolution commencée en aout 1983 constitue un des plus grands défis lancé aux soi-disant « dirigeants du monde » par un des pays les plus pauvres de cette Afrique pillée et appauvrie. Une situation absurde alors que c’est aussi le continent le plus riche de la planète.
C’est en Haute Volta, rebaptisé par la suite Burkina Faso (ce qui signifie le Pays des hommes intègres) que Thomas Sankara, un jeune capitaine prit la tête d’une révolution. Il a rétabli la vérité, LA PAUVRETÉ N’EST PAS UNE FATALITÉ [2], en renversant complètement cette idéologie effroyable qui voudrait aujourd’hui encore nous faire croire le contraire :

Thomas Sankara, le premier alter mondialiste, fut le président plus jeune et plus pauvre du monde. Son salaire était si misérable qu’il aurait du faire rougir tous les chefs d’état de la planète. Il a montré clairement que, si u dirigeant a véritablement à cœur le bien-être du peuple, Il existe dans chaque pays des possibilités d’y arriver pourvu qu’on fasse les bons choix.
Ainsi , le gouvernement révolutionnaire du Burkina Faso a mis au centre de ses priorités la libération de la femme et le soutien inconditionnel aux paysans et notamment :
  • égalité effective de droits et de devoirs entre femmes et hommes ;
  • autosuffisance alimentaire ;
  • droit à la santé ;
  • droit à la culture ;
  • lutte à la corruption, aux gaspillages et aux privilèges de caste, des fonctionnaires et des hommes politiques ;
  • désarmement ;
  • protection de l’environnement.
En quatre ans seulement de révolution pacifique et populaire, sept millions de burkinabès furent assurer de bénéficier de 2 repas et 10 litres d’eau potable garantis par jour. De nombreuses parcelles fut distribuées à des prix accessibles, des maisons construites pour des fonctionnaires, des écoles, des dispensaires, des centres de santé primaire, des cinéma, des rues, etc. Tout ceci fut possible bien que le gouvernement ait refusé les prêts du FMI et de la Banque Mondiale qui auraient imposé des programmes d’ajustement inutiles pour les exigences du pays, et des chois économiques cpontraires aux orientations du pays. Par ailleurs Thomas Sankara appela ses pairs à s’unir et à s’organiser pour ne pas payer la dette.

« Nous ne pouvons pas être la classe dirigeante riche d’un pays pauvre - disait-il - Il faut choisir entre le champagne pour quelques-uns et l’eau potable pour tous  ».
Thomas Sankara, le Président rebelle mangeait du mil comme les paysans pauvres de son pays, il circulait en bicyclette ou au bord d’une petite voiture, il s’habillait en Faso Dan Fani, un habit tissé localement avec du coton produit dans le pays. IL refusa les privilèges personnels et comme tous, il avait du emprunter pour acheter une maison pour sa famille.

Le 29 juillet 1987 il expliqua les raisons de son refus de rembourser la dette dans un discours à l’assemblée de l’OUA d’Addis Abeba, en demandant officiellement et publiquement soutien aux autres présidents africains qui étaient présents, pour la création d’un front uni contre la dette [3].
Le 15 octobre 1987, trois mois après de son discours, un commando de militaires de Blaise Compaoré, avec la complicité et l’ordre du pouvoir international, l’a assassiné avec ses 12 collaborateurs, en traînant de nouveau son peuple en enfer parmi les pays les plus pauvres du monde.
Le 15 octobre 2011, la journée de la mobilisation mondiale montrera aussi, s’il y avait encore besoin, que Thomas Sankara ne s’est pas trompé quand il disait : « Tuez Sankara, des milliers de Sankara naîtront ! ».
Patrizia Donadello
Comité Sankara italien
Merci de signer et partager la pétition Justice pour Thomas Sankara. Justice pour l’Afrique à l’adresse : http://thomassankara.net/spip.php?article866&lang=fr

Indignation générale le 15 octobre à Bruxelles
Du 8 au 15 octobre 2011 des indigné-e-s de plusieurs pays européens rejoindront Bruxelles pour faire connaître leurs revendications. Parallèlement, l’assemblée des mouvements sociaux, réunie à Dakar en février 2011 a appelé à une semaine d’action contre la dette et les Institutions Financières Internationales.
Ensemble, faisons de cette semaine d’indignation et de mobilisation un temps fort de convergence des luttes. Rassemblons nous, avec les indigné-e-s, le samedi 15 octobre à Bruxelles pour une démocratie réelle contre l’austérité et la dictature financière.
Ce mouvement européen est celui de l’ensemble des forces vives : citoyen-ne-s, syndicats, partis, ONG, associations, groupement, etc. refusant l’austérité et le pacte pour l’Euro. Chacun-e ayant la responsabilité d’en faire un mouvement fort et offensif à la hauteur de la crise sociale qui touche l’ensemble des pays européens. 
Les citoyen-nes sont concerné-e-s car sous le chantage de la dette publique, les réformes s’attaquent aux retraites, aux services publics, aux allocations familiales, aux indexations, etc...  
Les syndicats sont concernés car les réformes s’attaquent aux droits des travailleurs, précarisant et dévaluant le travail, les salaires et les contrats.  
Les associations et ONG sont concernés car les réformes cassent le travail de terrain qu’elles font au quotidien, les causes qu’elles défendent et les financements et subsides publics qu’elles reçoivent.  
Les partis politiques progressistes sont également concernés car les réformes en cours s’opposent aux projets de société qu’ils défendent.
    La réponse à la crise doit être collective, c’est la seule manière de se faire entendre ! Rassemblons nous avec les indigné-e-s. Ensemble refusons la dictature des financiers.
    Tou- te-s à Bruxelles le 15 octobre 2011
    Manifestation organisée par : Comité Action Europe, le mouvement des indigné-e-s européen
    [1] [AGORA PARIS [16-18 SEP] | ACAMPADABCNINTERNACIONAL http://www.marche-paris.fr/fr/la-ma...>AGORA PARIS [16-18 SEP] | ACAMPADABCNINTERNACIONAL http://www.marche-paris.fr/fr/la-ma...
    [2] discours de Sankara à l’ONU le 4 octobre 1984 voir à http://thomassankara.net/spip.php?article285
    [3] discours de Sankara au sommet de l’ONU du 29 juillet 1987 voir à http://thomassankara.net/spip.php?article8