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lundi 19 novembre 2012

Nuit et brouillard sur Gaza


Dessins d'Atiqullah Shahid, Tlaxcala
 
Gaza martyre, Gaza combattante, Gaza héroïque

réclame justice

réclame vengeance

réclame la vie

Sionistes, nazis, assassins d'enfants, de familles entières, de  vieillards,

vous paierez pour vos crimes,

tous vos crimes

Gaza, 18 Novembre 2012 (Photo: Reuters - Mohammed Salem)
(Photo: AFP - Mahmud Hams)
(Photo: AFP - Mahmud Hams)
(Photo: Reuters - Mohammed Salem)
(Photo: Reuters - Mohammed Salem)
(Photo: AFP - Mohammed Abed)
(Photo: AFP - Mohammed Abed)
(Photo: AFP - Mohammed Abed)
(Photo: Reuters - Ahmed Zakot)
(Photo: Reuters - Ahmed Zakot) 



 
Cette nuit à Gaza, on n'entend qu'un seul bruit : le bourdonnement des drones qui surveillent le territoire 24 h. sur 24

dimanche 4 novembre 2012

Jamais l’apartheid n’a disparu en Afrique du Sud : il a été la matrice d’un ordre mondial fondé sur la violence et l’illusion

par John Pilger, 19/09/2012. Traduit par Michèle Mialane, Tlaxcala
L’assassinat de 34 mineurs, la plupart tués d’une balle dans le dos, par la police sud-africaine, a mis fin à l’illusion d’une démocratie post-apartheid. Il éclaire le nouvel apartheid mondial, auquel l’Afrique du Sud sert de modèle aussi bien historique qu’actuel.
 
En 1894, longtemps avant que cet infâme vocable afrikaans ne prédise à la majorité du peuple sud-africain « un développement séparé », un Anglais, Cecil Rhodes, surveillait l’application du Gren Gley Act dans ce qui était alors la colonie du Cap. Cette loi avait pour but de contraindre les agriculteurs noirs à rejoindre l’armée de main d’œuvre à bon marché essentiellement destinée à exploiter les mines d’or et autres minéraux précieux qu’on venait de découvrir. Grâce à ce darwinisme social, la société de Rhodes, la De Beers, acquit rapidement un monopole mondial, enrichissant fabuleusement son propriétaire. Fonctionnant en accord avec le libéralisme britannique et US-américain, celui-ci devint un philanthrope adulé, un mécène de nobles causes .
 
Aujourd’hui encore, les bourses de Rhodes destinées aux étudiants d’Oxford sont très appréciées des élites libérales. Leurs bénéficiaires doivent faire preuve de « force de caractère morale » et montrer « sympathie et soutien aux faibles, abnégation, amabilité et sens de la camaraderie. »L’ex-Président Clinton est l'un d'eux, de même que le général Wesley Clark, qui commanda l’attaque de la Yougoslavie par l’OTAN. Le mur que l’on désigne comme mur de l’apartheid a été érigé pour le profit du petit nombre, avec en tête les membres les plus ambitieux de la bourgeoisie.
 
Ce fut une sorte de tabou durant les années de l’apartheid racial. Les Sud-Africains d’origine britannique pouvaient ainsi se targuer d’une opposition apparente à l’obsession raciste des Boers qui leur permettait de mépriser ces derniers, tout en leur servant de façade pour maintenir un système inhumain de privilèges fondés sur la race, mais plus encore sur la classe.
 
Les nouvelles élites noires sud-africaines, dont le nombre et l’influence avaient crû  sans cesse durant les dernières années de l’apartheid, ont bien compris le rôle qu’elles allaient jouer après la « libération ». Leur « mission historique », comme l'écrivait Frantz Fanon dans son classique prophétique, Les damnés de la terre , n’est pas « une vocation à transformer la nation, mais prosaïquement de servir de courroie de transmission à un capitalisme acculé au camouflage et qui se pare aujourd’hui du masque néocolonialiste» (texte des Éditions Maspéro, 1968, p.98)
 
Voilà qui allait comme un gant aux figures dominantes de l’ANC (African National Congress), telles Cyril Ramaphosa, le patron du syndicat « National Union of Mineworkers» et maintenant entrepreneur et multimillionnaire, qui a négocié personnellement le « deal » de partage des pouvoirs avec le régime de F. W. Klerk, et Nelson Mandela lui-même, qui a accepté ce « compromis historique » impliquant que la majorité attendrait longtemps l’égalité en droits et les pauvres d’être délivrés de l’indigence. Ce fut manifeste dès 1985: un groupe d’industriels sud-africains, sous la conduite de Gavin Reilly, Président de l’Anglo-American Mining Company, rencontra en Zambie des personnalités de premier plan de l’ANC. Les deux parties se mirent d’accord pour remplacer l’apartheid racial par un apartheid économique, connu sous le nom de « liberté du marché ».
 
Par la suite, des rencontres secrètes eurent lieu dans une superbe demeure anglaise, la Mells Park House, où un futur Président d’Afrique du Sud but du whisky pur malt en compagnie de chefs d’entreprises qui avaient soutenu l’apartheid. C’est le géant britannique Consolidated Goldfields qui fournit le lieu de rencontre et le whisky. Le but était de couper les « modérés » - comme Mbeki et Mandela - des masses de plus en plus révolutionnaires des townships, où l’atmosphère rappelait les émeutes qui avaient suivi les massacres de Sharpeville en 1960 et Soweto en 1976 - sans l’aide de l’ANC.
 
En 1990, dès que Mandela fut libéré, la«  promesse infrangible » de nationaliser les monopoles ne se fit plus guère entendre. À New York, au cours de sa tournée triomphale aux USA, Mandela déclara : « L’ANC réintroduira le marché en Afrique du Sud. » Lorsqu’en 1997 - il était alors Président - je lui rappelai  cette promesse au cours d’une interview, il me fut clairement répondu : « La politique de l’ANC, c’est la privatisation.»
 
Bercés par le doux jargon de l’entreprise, les gouvernements de Mandela et Mbeki empruntèrent leurs mots d’ordre au FMI et à la Banque mondiale. Tandis que le fossé entre la majorité vivant sans eau courante sous des toitures de zinc et la nouvelle élite aisée dans ses propriétés gardiennées se creusait jusqu’à devenir un abîme, Washington félicitait le Premier ministre Trevor Manuel pour ses « succès macro-économiques ». En 2001 Georges Soros remarquait que l’Afrique du Sud avait été livrée « aux mains du capital international ».
 
Peu avant le massacre des mineurs, qui travaillent pour un salaire de misère dans une mine de platine dangereuse appartenant aux Anglais, l’érosion de l’indépendance économique de l’Afrique du Sud avait été clairement démontrée par la décision du Président Jacob Zuma de stopper l’importation du pétrole iranien, soit 42%, sous la pression de Washington. Le pétrole a déjà subi une forte hausse et le peuple s’est encore appauvri.
 
Cet apartheid économique est maintenant imité dans le monde entier, puisque les pays pauvres se plient aux exigences des « intérêts » occidentaux au lieu d’obéir aux leurs. L’arrivée du concurrent chinois pour l’acquisition des ressources africaines, bien qu’il s’abstienne des menaces militaires et économiques dont sont coutumiers les USA, a fourni un nouveau prétexte pour accroître l’expansion militaire US-américaine et envisager une nouvelle guerre mondiale, ainsi que le prouve le budget militaire et d’armement d’Obama: avec ses 737,5 milliards de dollars, c'est  le plus élevé de tous les temps. Le premier Président afro-américain au pays de l’esclavage préside à une économie de guerre permanente, à un chômage de masse et à l’abandon des droits civiques: un système qui n’a rien contre les Noirs et les basanés, tant qu’ils sont au service de la bonne classe sociale. Mais ceux qui ne se soumettent pas ont toutes les chances de finir sous les verrous.
 
Voilà la voie sud-africaine et américaine qu’incarne Obama, le fils de l’Afrique. L’hystérie des libéraux, exposant que le candidat républicain Mitt Romney est plus extrémiste qu’Obama, n’est rien d’autre que l’éternel choix du « moindre mal » et ne change rien au problème. Ironie de l’histoire, l’élection de Romney à la Maison Blanche réveillera sans doute aux USA une contestation massive que le seul succès d’Obama était d’avoir fait taire.
 
Bien qu’on ne puisse comparer Mandela et Obama - l’un étant une icône de la solidité personnelle et du courage, l’autre un artefact pseudo-politique - l’un comme l’autre ont créé l’illusion qu’ils allaient faire naître un monde nouveau où règnerait la justice sociale, et qui constitue un élément de la vaste illusion, selon laquelle tout effort humain doit être marchandisable, et qui confond médias avec information et conquête militaire avec buts humanitaires. Ce n’est qu’en abandonnant ces fantasmes que nous pourrons vaincre l’apartheid dans le monde entier.
 
 

samedi 3 octobre 2009

Mexico, 2 Octobre 1968 : la nuit de Tlatelolco. Nous n'oublions pas !


Olivier Besancenot n'était pas encore né. Nous étions réunis dans un amphithéâtre de la Sorbonne, en ces premiers jours d'octobre 1968 où la nouvelle nous était parvenue : des étudiants avaient été massacrés à Mexico. Combien ? Personne ne le savait. 40 plus tard, on ne le sait toujours pas. Ce jour-là, à La Sorbonne, on discutait pour savoir ce qu'on pourrait faire. Une manifestation, évidemment. Un des prédécesseurs d'Olivier Besancenot, leader de la Ligue Communiste, fit un discours pour expliquer que, dans la situation de "reflux du movement révolutionnaire", une manifestation de rue n'était pas opportune. Les gens se quittèrent, dégoûtés. Finalement, les militants trotskystes firent une manifestation de rue, tout seuls, et qui passa totalement inaperçue. Sauf des flics, bien sûr.

C'est dans la nuit de Tlatelolco, dans le sang et l'horreur, qu'est né ce qui allait devenir, 25 ans plus tard, le mouvement zapatiste. Un mouvement qui bouleverse tous les stéréotypes de l'extrême-gauche révolutionnaire, qui décoiffe les avant-gardes et remet les pendules à l'heure.

À tous ceux d'entre vous qui n'étaient pas encore nés en octobre 1968, à tous ceux qui sont passés à côté, à tous ceux qui ont oublié, nous recommandons la lecture de cet article :
sur la page de Tlaxcala consacrée à cet événement, avec des photos, des textes d'information et d'analyse, des poèmes et des chansons

lundi 20 octobre 2008

Arrêtons les massacres en Colombie ! 19 indigènes ont été assassinés ces 15 derniers jours

par Miguel PALACÍN QUISPE

La Coordination Andine des Organisations Indigènes, CAOI, alerte la communauté internationale que l’État colombien, administré par le gouvernement d’Alvaro Uribe, est responsable d’un génocide d’indigènes. La répression indiscriminée lancée contre les peuples indigènes colombiens a déjà fait 19 morts en seulement quinze jours.

Articulés dans l’Organisation Nationael Indigène de Colombie (ONIC), les peuples indigènes de ce pays sont en train de développer la Minga[1] de Résistance Indigène et Populaire, pour attirer l’attention du monde sur la violation de leurs droits. Ils lancent “un appel au monde pour que leurs droits soient reconnus non seulement de manière formelle et qu’ils deviennent une réalité”. Le gouvernement répond par la répression et ne les protège pas des groupes paramilitaires.

La Minga de Résistance est une réponse à ce génocide et à cette violation de leurs droits. Et elle a comme activité centrale les mobilisations pacifiques des peuples indigènes dans tout le pays. Le gouvernement Uribe a répondu par la répression, qui fait partie de la criminalisation des revendications indigène s: des incursions violentes dans leurs territoires, stigmatisation de leurs cadres comme terroristes, détentions, tortures, assassinats, disparitions et déplacements forcés.

Ce qui a été déjà avéré et dénoncé par le Tribunal Permanent des Peuples, lequel après sa session sur le génocide d’indigènes tenue dans la réserve[2] indigène de Kankuamo, dans la Sierra Nevada de Santa Marta, Colombie, les 18 et 19 juillet 2008, a émis une Accusation disant textuellement:

“Accuser l’État colombien et le gouvernement d’Alvaro Uribe Vélez, d’ avoir commis de graves violations des droits collectifs et individuels des peuples indigènes de la Colombie, se concrétisant, dans la mise en oeuvre de politiques d’extermination, génocide, ethnocide et déplacement des peuples indigènes”.

La violation systématique des droits indigènes est mise en œuvre pour favoriser l’exploitation de leurs territoires afin de les offrir aux multinationales minières. On constate une fois de plus que les États uninationaux sont au service des intérêts des entreprises transnationales.

Ce qui est plus grave est qu’encore plus de répression est annoncée. NOUS AVERTISSONS LE MONDE QU’IL Y A UN MASSACRE EN GESTATION EN COLOMBIE ET NOUS DEVONS L’ARRÊTER.

La CAOI demande au président colombien Álvaro Uribe la fin de ces actes criminels contre les peuples indigènes. Nous appelons aussi les organisations indigènes du continent, les organismes de droits humains, les forums internationaux (Communauté Andine, UNASUR, OEA, ONU), à se prononcer imédiatement pour arrêter le génocide d’indigènes en Colombie, et à signaler qu’il est de la responsabilité du gouvernement colombien de protéger les droits de tous.

[1] Une minga, également appelée minka (en langue quechua) ou minca ou encore mingaco, est une tradition andine de travail collectif à des fins sociales. D'origine précolombienne, cette tradition met le travail commun au service d'une communauté, d'un village ou d'une famille, à des moments déterminés où un effort important est nécessaire : récoltes agricoles, constructions de bâtiments publics, déménagements. Elle se pratique en particulier au Pérou, en Équateur, en Bolivie et au Chili. Des pratiques équivalentes existent ailleurs : en Haïti on l’appelle koumbit (du français coup de main), aux Comores mranda (du français rendez-moi service), au Maroc tawaza o tawiza.(NdR)

[2] Le terme resguardo désigne un territoire indigène dont les habitants sont les propriétaires collectifs, reconnus par l’État, dans les anciennes colonies espagnoles des Amériques ; (NdR)



Source : DETENGAMOS EL GENOCIDIO EN COLOMBIA

Article original publié le 14/10/2008

Sur l’auteur

Traduit par Nuria Álvarez Agüí, révisé par Fausto Giudice, Tlaxcala