par Laurent
de Sutter, Libération,
10 février 2015
| Laurent
de Sutter
est professeur de théorie du droit, à la Vrije Universiteit de Bruxelles, directeur de la collection «Perspectives critiques» aux Presses universitaires de France et écrivain |
Il est temps
d’ouvrir les yeux : les autorités qui se trouvent à la tête de l’Europe
incarnent un fascisme nouveau. Ce fascisme, ce n’est plus celui, manifeste et
assumé, qui a fait du XXe siècle l’un des grands siècles de la
laideur politique ; il s’agit plutôt d’un fascisme mou et retors, dissimulant
ses intentions mauvaises derrière un langage qui se voudrait de raison. Mais la
raison que manifestent tous ceux qui, aujourd’hui, se trouvent forcés de discuter
avec le Premier ministre grec, Aléxis Tsípras, est en réalité une raison
délirante. Elle l’est sur plusieurs plans.
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| Vladimir Kazanevsky, Ukraine |
