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jeudi 19 juillet 2012

Pour la ‘prévention des conflits’, l’UE met le paquet sur les pétrodictatures du Golfe

par German-Foreign-Policy.com, 19/7/2012. Traduit par  Michèle Mialane, édité par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original: Konfliktprävention mit den Golfdiktaturen
Traductions disponibles : فارسی  
La Fondation Konrad-Adenauer (CDU) pousse à la coopération entre l’Allemagne et l’UE d’une part et les dictatures de la Péninsule arabique d’autre part. Selon la Fondation, son « programme régional pour les États du Golfe » a lancé en commun avec d’autres organisations européennes et de la péninsule Arabique un projet visant à approfondir la collaboration entre l’UE et le CCG (Conseil de Coopération du Golfe).
Parallèlement la Fondation Adenauer poursuit sa prise d’influence dans les dictatures du Golfe, bien qu’elle ait été récemment expulsée des Émirats arabes unis, où elle avait son siège régional. Elle déclare elle-même que ses efforts de coopération ne se limitent pas à l’économie mais s’étendent également à la politique sécuritaire, un domaine où l’importance du CCG s’accroît rapidement. Elle veut également aborder expressément, dans les États du Golfe, les aspects « sécurité » « intéressant la région ». Plusieurs membres du CCG, en particulier le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, non contents de s’être rangés aux côtés de l’Occident dans l’affrontement avec l’Iran, deviennent, par le soutien militaire qu’ils apportent aux rebelles libyens et syriens, des alliés de plus en plus précieux de l’Allemagne, de l’UE et des USA pour renverser les régimes qui déplaisent à ceux-ci.

Le programme régional « États du Golfe »
La Fondation Konrad-Adenauer est présente depuis juin 2009 dans les dictatures de la Péninsule arabique par le biais du « programme régional pour les États du Golfe ». Originellement elle avait son siège à Abou Dhabi, où elle travaillait avec plusieurs organisations gouvernementales ou non gouvernementales, dont le laboratoire d’idées « Emirates Center for Strategic Studies and Research» (ECSSR) et la Chambre de Commerce et d’industrie germano-émiratie. À partir de sa filiale d’Abou Dhabi, la Fondation soutenait des projets dans pratiquement tous les États du CCG (1) ainsi qu’au Yémen. Entre temps elle a dû fermer son bureau aux Émirats sous la pression du Ministre des Affaires étrangères local. On n’a pas donné de raison officielle; et de fait d’autres filiales de fondations allemandes proches de la CDU ont déjà été expulsées de plusieurs pays pour s’être immiscées dans leurs affaires intérieures. Le dernier cas de ce type est l’Égypte (voir german-foreign-policy, (2). Depuis la fermeture de son bureau aux Émirats le « programme régional pour les États du Golfe » est géré à partir d’Amman, la capitale jordanienne, la Fondation recherchant toujours, selon ses dires, un autre siège permanent dans le golfe Arabo-persique.
Entourés de foyers de crise
Comme l’explique la Fondation Konrad-Adenauer, son travail dans les dictatures de la Péninsule arabique se fonde sur « l’importance croissante » des États du CCG, en pleine croissance économique. Il ne s’agirait pas seulement de leur « rôle de fournisseurs de matières premières énergétiques » mais aussi de leur importance économique; désormais ils seraient notamment « une interface essentielle du commerce mondial» (3). Depuis plusieurs années les relations économiques entre l’Allemagne et certaines dictatures arabes sont en plein essor ; on pense que cette croissance va se poursuivre. En coulisse se profile leur richesse en matières premières et donc les ressources financières que les clans au pouvoir cherchent depuis quelque temps à utiliser en prévision de l’époque où le sous-sol sera épuisé. (4) C’est la raison pour laquelle la Fondation Adenauer - selon ses propres dires - se consacre à des questions liées à l’ « ordre économique » - « à l’échelle nationale, régionale et mondiale ». En outre elle souhaite aborder des « thèmes sécuritaires (...) intéressant la région » et compléter l’ensemble en créant un « réseau d’experts ». Entourés de foyers de crise, les États du Golfe représenteraient « une bonne base pour la prévention des conflits » (5).
Rebelles islamistes
Et de fait, lors que la Fondation Konrad-Adenauer a débuté sa coopération « sécuritaire » avec les États du CCG, les livraisons d’armes de l’Allemagne aux dictatures du Golfe ont atteint un premier pic: près de 800 millions d’euros pour l’année 2009. (6) Le fond de l’affaire, c’était qu’il fallait armer le CCG contre l’Iran; ce que la République fédérale n’a toujours pas cessé de faire. En outre diverses dictatures arabes, qui, selon la Fondation Adenauer, pourraient servir de «  base pour la prévention des conflits » (5), ont commencé en 2011 à intervenir dans plusieurs États du monde arabe. Il s’agit presque toujours de soutenir des organisations islamistes, souvent salafistes, par exemple en Tunisie, en Égypte, en Syrie, au Liban. En Libye les activités de certains États du Golfe, au premier chef le Qatar, ont pris une tournuremilitaire (voir german-foreign-policy .com (7); le résultat en est qu’aujourd’hui les milices islamistes sont très influentes en Libye (8). Plusieurs États du Golfe poursuivent maintenant leur politique d’intervention en Syrie. Des observateurs avertissent que ce seraient à nouveau les islamistes qui bénéficieraient de leur soutien. Selon une analyse actuelle du gouvernement fédéral, basée entre autres sur les rapportsdes services secrets, la Syrie a été, entre fin décembre 2011 et début juillet 2012, la cible de 90 attentats terroristes « qui pourraient porter la marque d’organisations proches d’Al Qaida ou de groupes djihadistes. » (9)
Prise d’influence via la Ligue arabe
Parallèlement les dictatures du Golfe, avec lesquelles travaillent les Occidentaux en général et la

Nabil al Arab
Fondation Konrad-Adenauer en particulier ont missous leur coupe la Ligue arabe. « Dans la crise libyenne le Qatar a pris la haute main il y a un an. Dans le conflit syrien, ce sont les Émirats et l’Arabie saoudite qui mènent la danse », estimait un expert dès le début mars. « Les autres poids lourds » - l’Égypte, la Syrie, l’Irak - « sont aujourd’hui réduits au silence». (10) Désormais les dictatures du Golfe « ont placé le monde arabe sous leur houlette ». L’actuel Secrétaire de la Ligue arabe, Nabil Al Arabi, serait parvenu à ce poste en mai 2011 sur la base d’un deal avec le Qatar ; « d’emblée » il aurait « en échange établi avec le Qatar et l’Arabie saoudite une étroite » coopération. Les dictatures du Golfe seraient désormais en mesure d’imposer leurs desiderata de politique étrangère par le biais de l’organisation faîtière, d’autant plus que la Ligue arabe fonctionne depuis quelques années selon le principe majoritaire. Elles pourraient ainsi élargir nettement leur influence partout où la Ligue arabe est active - en Syrie par exemple : « Dans la Syrie de demain l’Arabie saoudite et le Qatar joueront un rôle important », si l’on en croit un opposant syrien.
Liaisons dangereuses
Pour renforcer les liens de l’UE et de l’Allemagne avec les dictatures du Golfe, qui ont nettement élargi leur influence dans le monde arabe, la Fondation Konrad-Adenauer a récemment lancé un nouveau projet, conjointement avec d’autres organisations. Prévu initialement sur deux ans, il sera financé par la Commission européenne et vise à élargir les relations à plusieurs domaines politiques. Le Directeur du « programme régional pour les États du Golfe » de la Fondation Adenauer est « convaincu » que ce projet aura une incidence « positive » sur la coopération entre l’UE et le CCG. « En particulier » « l’implication de divers groupes d’intérêts » tels que « diplomates et représentants des gouvernements » mais aussi « acteurs de la société civile et représentants du monde économique, scientifique et médiatique (...) favorisera les relations bilatérales ». (11) On développe donc activement les contacts avec les États les plus réactionnaires du monde arabe, qui pour l’instant y donnent le la, juste au moment où, dans toute la région, les forces islamistes ont le vent en poupe - avec le soutiendes dictatures du Golfe.
Notes
 [1] Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) regroupe le Bahreïn, le Koweït, le Sultanat d’Oman, le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Il a été créé en 1981 à l'initiative de l'Arabie saoudite et sous la pression des USA, pour tenter de contrer les effets de la révolution islamique de 1979 en Iran.
[3] Qui sommes-nous : voir www.kas.de/rpg/de/about
[5] ] Qui sommes-nous: voir www.kas.de/rpg/de/about
[9 « L’Allemagne aussi fait sa propagande», Frankfurter Allgemeine Zeitung 17.07.2012
[10] Rainer Hermann: Dans les États du Golfe: nager avec le courant www.faz.net  08.03.2012
[11] Projet de l’UE lancé à Rome: www.kas.de, 21.06.2012
  

jeudi 24 mars 2011

Bombardements occidentaux en Libye

Par Atlasaltern  20/3/ 2011

Avec la complicité de la Ligue Arabe et de puissances pourtant traditionnellement hostiles à l'ingérence humanitaire de l'OTAN (Russie, Chine, Brésil) qui ont préféré cette fois s'abstenir au Conseil de sécurité, les puissances occidentales ont pu faire adopter une résolution n°1793 autorisant implicitement l'usage de la force en Libye pour la mise en œuvre d'une zone d'exclusion aérienne alors que le gouvernement libyen semblait en passe de réprimer l'insurrection basée à Benghazi et lourdement armée par le nouveau gouvernement militaire installé à la tête de l'Égypte par la CIA.
Les Etats-Unis craignant pour leur image à l'égard du monde arabe ont délégué en partie à la France le soin de bombarder la Libye pour leur compte. L'opération qui s'inspire du programme Southern Mistral 2011 pourrait servir de tremplain à une nouvelle présence étatsunienne en Afrique.
Dès le vote de la résolution le gouvernement libyen a annoncé un cessez-le feu. Celui-ci a été rompu peu après sans que l'on sache si les troupes du colonel Kadhafi ou les insurgés sont à l'origine de la reprise des combats, ce qui a servi de prétexte au bombardement par les aviations française, américaine et britannique des positions militaires gouvernementales.
Le gouvernement libyen qui avait auparavant accepté une offre de médiation vénézuélienne rejetée par les insurgés avait dès le 18 mars invité vendredi la Turquie et Malte à contrôler la mise en application du cessez-le-feu, puis a demandé le lendemain au secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon l'envoi d'observateurs impartiaux, sans résultat pour l'heure.
L'Union africaine (UA) a rejeté "toute intervention militaire étrangère qu'elle qu'en soit la forme" par la voix du président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz à l'ouverture d'une réunion à Nouakchott des membres de ce comité. Devant l'empressement de Paris, Londres et Washington à traduire la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne par le bombardement de l'armée libyenne, le secrétaire général de la Ligue arabe s'est désolidarisé de ce qu'il considère comme une violation du mandat accordé aux Occidentaux et a appelé à une réunion d'urgence de l'organisme dont il a la charge. La Russie elle aussi a dit "regretter" l'intervention armée étrangère en Libye, selon un communiqué d' Alexandre Loukachevitch, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères.
Pendant ce temps l'Arabie séoudite alliée des Etats-Unis réprimait la révolte populaire au Bahrein.

http://atlasalternatif.over-blog.com/article-bombardements-occidentaux-en-libye-69782860.html

vendredi 2 janvier 2009

Tapis rouge pour le Sionistan



Sur le panneau : Gaza - الفنان علاء اللقطة - Dessin de Ala' Allaqta