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vendredi 10 août 2012

Peut-on vraiment comparer les conflits syrien et libyen ?

par François Burgat, Atlantico, 10/8/2012
Nicolas Sarkozy s'est entretenu mardi par téléphone avec le chef de l'opposition syrienne Abdel Basset Sayda*. Tous deux ont convenu dans un communiqué commun "qu'il y a de grandes similitudes avec la crise libyenne".
Il est instructif de comparer les crises libyenne et syrienne. Il serait dangereux de les assimiler. Si le socle du mécontentement populaire devant un autoritarisme au long cours est commun, si la lente militarisation de l’opposition et la violence de la répression d’un Etat faisant usage de l’aviation et des armes lourdes ont suivi un cours identique, les forces en présence, à l’intérieur et plus encore sur la scène internationale, sont profondément différentes.

Ces différences devraient interdire en tout état de cause à ceux qui seraient tentés de le faire de prôner aujourd’hui pour la crise syrienne une porte de sortie « à la libyenne ».

Demi-spécificité syrienne, le régime baasiste est tout d’abord ancré à un socle ethnique et religieux certes comparable  à l’assise clanique et tribale du pouvoir de Kadhafi, mais manifestement plus large. La vraie spécificité syrienne est en effet la capacité dont jouit Bachar el Assad, et dont il a largement fait usage, de diviser ses opposants en manipulant les appartenances ethniques et confessionnelles.
En gagnant le soutien des Alaouites, cette minorité chiite hétérodoxe mais également d’une majorité des communautés chrétienne et druze, il a réussi à ralentir la montée en cohésion de ses opposants. Outre ce “potentiel” de divisions, Bachar el Assad, relativement jeune, et qui n’est au pouvoir “que” depuis une dizaine d’années, était moins « usé » que ne l’était Kadhafi.

Mais l’essentiel n’est sans doute plus là : la différence majeure entre la crise libyenne et la crise syrienne vient des conditions de son internationalisation et de l’ampleur des soutiens étrangers dont (contrairement à la Libye, qui ne pouvait plus compter que sur de peu influents voisins africains,) Damas continue à bénéficier. Secondaire dans les cas tunisien et égyptien, le soutien de la communauté internationale toute entière à l’opposition libyenne (du Conseil de sécurité à la Ligue arabe en passant par l’OTAN) a été décisif. A l’inverse, le régime syrien reste protégé par un véritable rempart international qui interdit à ceux qui pourraient y être favorables – ce qui est un débat en tant que tel - d’envisager une identique solution militaire.
Ces soutiens à Damas prennent paradoxalement appui sur des motivations très diverses, dont certaines ne sont que « réactives ». Peu ont en réalité à voir avec les vertus du régime, et notamment la « laïcité » proclamée du parti Baas, très relative quand on sait qu’il a construit en fait son pouvoir sur la promotion privilégiée des seuls Alaouites. Pour la Russie et pour la Chine, les motivations vont de la peur de voir d’identiques rébellions recevoir chez eux un quelconque soutien international jusqu’à une vieille et banale volonté d’affirmation à l’encontre des Etats-Unis. Le Brésil semble prosaïquement suivre les orientations de son importante communauté syrienne, majoritairement chrétienne.
Dans l’environnement régional, hormis la Turquie, on est très loin d’avoir, comme ce fut le cas de l’Egypte et de la Tunisie, un consensus en faveur de l’opposition et d’une intervention étrangère destinée à la soutenir : ni le Hezbollah au pouvoir au Liban, allié indéfectible de la Syrie qui le soutient dans sa longue confrontation avec l’Etat hébreu, ni l’Iran qui s’oppose « logiquement » à ses ennemis traditionnels que sont les Etats-Unis et leurs alliés dans le Golfe, ni même l’Irak majoritairement chiite ne resteraient insensibles à une incursion étrangère.

Dès lors, l’appui accordé à l’opposition par la Turquie, le Qatar, l’Arabie Saoudite, l’Europe et les Etats-Unis est loin d’avoir le poids de celui qui a rendu politiquement possible l’intervention de l’OTAN.

C’est donc bien cette différence du rapport de force international qui devrait interdire (à ceux qui sont tentés de la considérer) de se lancer dans l’aventure d’une très hasardeuse intervention militaire.


* Ce chercheur kurde d'origine de 55 ans a pris en juin dernier la tête du Conseil national syrien, suite à la démission de Bourhane Ghalioun. Il vit à Uppsala, en Suède depuis 1994 et n'a pas beaucoup d'expérience politique. Il est présenté comme un démocrate et un "modéré"(NDLR Basta)
De gauche à droite: Sayda, Ghalioun et Mohamed Farouk Tayfur

jeudi 2 août 2012

Haytham Manna : "En Syrie, les groupes armés et le pouvoir ont éradiqué la résistance civile "


Le responsable à l'étranger du Comité de coordination pour le changement démocratique, une des composantes laïque et progressiste de l’opposition, plaide pour une reconstruction de la résistance civile afin d’imposer une transition démocratique. 
On assiste à une offensive armée à Damas et à Alep contre le régime. Comment cela est-il organisé ? Peut-on parler d’un commandement unifié de ces groupes armés ?



Haytham Manna : Il y a une dizaine de jours, le régime a commencé à préparer le ramadan à sa façon, comme il l’a fait l’année dernière : empêcher qu’il ne soit au service du mouvement populaire. Pour cela, il a pris ses précautions dans plusieurs régions. Dans le même temps, il a laissé entrer plusieurs groupes armés dans les territoires où il pouvait contrôler ce qu’il se passait. Il y a eu des mouvements d’attaque à Damas, mais rapidement encerclés. Ces groupes ont reçu un soutien inattendu de forces venues du Sud, ce qui leur a permis de rester un peu plus de temps. Mais on ne peut pas remporter Damas avec 3 000 ou 5 000 personnes. C’est une ville multiconfessionnelle, une ville où chaque fois qu’un groupe à caractère idéologique attaque, la panique saisit la population. Il est très facile pour l’armée de répliquer quand il y a une neutralité de la part de la société, au sens large du terme. Notre problème, maintenant, est que les forces les plus acharnées de ces groupes armés sont les forces islamistes les plus radicales. Ce qui fait peur à l’ensemble de la société. C’est un coup de poker de plusieurs groupes, agissant au niveau local, qui n’ont pas la capacité de coordonner les actions à l’échelle nationale. Il n’y a pas de stratégie nationale.
Le régime syrien est-il aussi uni qu’il y paraît ?
Je ne crois pas. Le caractère du régime syrien montre qu’il y a une solidarité entre groupements d’intérêts militaires et qu’il n’y a pas de défections. Mais, en réalité, chacun a l’ambition de prendre sa place dans la Syrie de demain, donc c’est une solidarité de façade. Qui a frappé les ministres ? On ne peut pas encore y répondre. Mais on peut dire que, pour la première fois depuis le 18 mars 2011, il y a eu un attentat à la bombe que personne n’a entendu, pour lequel on n’a vu aucune ambulance, et qui a pourtant été annoncé par la télévision syrienne et celle du Hezbollah libanais.
Est-ce que le mouvement populaire, pacifique et démocratique, à l’origine de la révolte qui a éclaté l’an dernier, ne se trouve pas dépossédé par ces groupes armés et fortement islamisés ?
Les groupes armés et la solution militaire adoptée par le régime ont éradiqué la résistance civile. Car, quels que soient la force et le nombre de points des manifestations pacifiques aujourd’hui, elles ne représentent pas un dixième de ce qu’on a connu il y a un an. Il y a un recul net au niveau des initiatives pacifiques. Et aujourd’hui, si on parle d’une petite manifestation dans un village, personne n’y prête attention, comme si cela ne servait à rien. L’acte militaire a pris le dessus sur un discours politique capable de regrouper et de créer une solution pacifique à court terme en Syrie.
L’opposition est divisée. Vous ne travaillez pas avec le Conseil national syrien (CNS), lui-même dominé par les islamistes. Ne serait-ce pas un facteur d’affaiblissement ?
L’idée selon laquelle il fallait construire quelque chose de l’extérieur a affaibli ce qu’il se passait à l’intérieur du pays. On a cru qu’une structure extérieure au peuple syrien pouvait être la représentante auprès des instances internationales. Mais c’est une structure qui n’est vraiment pas représentative de la société syrienne, des forces politiques de l’intérieur et qui est, en plus, dépendante de la volonté de trois États : la France, la Turquie et le Qatar. Le CNS, malgré le soutien qu’il a obtenu aux niveaux financier, médiatique et diplomatique, n’a pas atteint son objectif. Il y a maintenant recherche d’une autre formule pour unifier l’opposition. Pendant ce temps, les groupes armés ont avancé sur le terrain et se sont radicalisés. Parce que l’argent qui est arrivé au départ provenait de groupes salafistes. Cette « salafisation » d’une partie des groupes militaires nous a plongés dans un conflit interne. Il y a, d’une part, la peur de tout ce qui est extrémiste dans une société modérée où coexistent plus de vingt-six groupes religieux, ethniques, confessionnels. L’intervention étrangère, qu’elle soit officielle ou non, a favorisé une coloration idéologique islamiste au détriment des forces démocratiques et laïques. Elle a favorisé également des actes de vengeance, d’assassinats politiques en fonction de l’appartenance confessionnelle. Ce sont des actes manipulés et influencés par les courants djihadistes non syriens qui commencent à avoir une place dans le pays et qui se coordonnent avec les groupes islamistes armés. C’est un danger en cas de vide du pouvoir, car la résistance civile est mal organisée, voire parfois absente à cause de la présence des groupes armés. La solution politique pour une période de transition n’est pas présente. Il n’y a pas de calendrier établi par les différentes forces de l’opposition. Cette absence de coordination donne l’avantage aux groupes islamistes les plus extrémistes. Les laïques ont été assassinés par le pouvoir dès les premiers mois, ce qui a ouvert la voie aux islamistes. Quand on marginalise la solution politique, on marginalise les forces démocratiques.
Dans les solutions, il y a le plan Annan. Mais est-il encore d’actualité ? Il y a l’évocation d’une transition, mais certains veulent d’abord le départ de Bachar Al Assad. Que dites-vous ?
Les propositions d’Annan étaient une chance pour une transition pacifique. Malheureusement, pratiquement depuis le début, le Qatar a enterré ce plan et opté pour la poursuite de la militarisation de l’opposition. Côté occidental, on a aussi pensé à un plan B. Or, sans soutiens, régional et international, un tel plan ne peut pas réussir. On laisse aux armes le soin de régler la question, que ce soit l’armée loyaliste ou les groupes armés des dissidents ou des islamistes. On va payer très cher cette absence de solution politique. Il y a des guerres à l’échelle locale. C’est le terreau pour la guerre civile qui peut aboutir à la formation de milices, mais certainement pas à la création d’une armée capable de protéger la population pendant la période de transition.

mercredi 11 avril 2012

APPEL À UNE RÉUNION INTERNATIONALE DE SOLIDARITÉ AVEC LA RÉVOLUTION SYRIENNE A REGUEB (TUNISIE)/LLAMAMIENTO A UNA REUNIÓN INTERNACIONAL EN SOLIDARIDAD CON LA REVOLUCIÓN SIRIA EN REGUEB (TUNEZ)

Plus d'un an s'est écoulé depuis le début de la révolution en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, qui a éclaté en Tunisie et s'est propagée dans toute la région jusqu'à la Syrie. Ben Ali, Moubarak et Kadhafi sont partis et avec eux leurs dictatures féroces soutenues par l'Union européenne et les États-Unis. La révolution connaît l'un de ses moments les plus critiques avec ce qui se passe en Syrie. Bachar ne cesse de tuer son peuple, et les grandes puissances mondiales veulent profiter de cette situation . Pour cette raison, au titre de la solidarité avec le peuple syrien qui souffre d'une dictature brutale et pour dénoncer ces puissances, nous faisons appel  à toutes les organisations politiques, syndicales et civiles pour participer le 1er Mai à une réunion internationale à Regueb pour discuter de la situation actuelle en Syrie et organiser une campagne de solidarité avec la révolution syrienne.

Ce n'est pas une coïncidence que nous ayons choisi Regueb pour cette réunion. Il y a un peu plus d'un mois, les soi-disant amis de la Syrie se sont réunis en Tunisie pour donner honteusement leur soutien au plan impérialiste en Syrie. Ce ne sont pas des amis de la Syrie, sont les mêmes qui ont soutenu avec leur argent et des armes Ben Ali et tous les dictateurs de la région et maintenant que le peuple se lève, ils essaient par tous les moyens de mettre fin à ces révolutions. Face à cette politique nous voulons impulser un rassemblement international d'organisations qui soutiennent la révolution et le peuple syrien dans leur lutte légitime sans la jeter dans la gueule de l'impérialisme.

Nous appelons à participer à Regueb de cette initiative internationale, le 1er mai, qui cherche à donner un soutien
clair à la révolution syrienne en dénonçant l'intervention impérialiste. Nous avons choisi cette date du 1er mai comme une date symbolique pour les travailleurs du monde.

L’appel est soutenu à Regueb par :
UGTT (Union Gén.  Trav. Tun)        
Lluita Internacionalista « LI » - Espagne -   
Association civile « Dialogue » - Regueb -
L’association « Fidèles aux familles des martyrs et des blessés de la révolution » 
UDC (union des diplômés chômeurs)
Mouvement du peuple
POCT
Bath
Mouvement des nationalistes démocratiques
Associations Liberté et développement, Citoyenneté, Voix d’Ève, Association du développement et de la promotion de Regueb (ADPR).

 Programme :
Dimanche 29 avril : Réception des invités et des militants et  rencontre avec les blessés.
Lundi 30 avril : Réunion de travail entre les militants et les représentants de l’UGTT, des associations, et des partis politiques  soutenant  le peuple syrien.
Mardi  1er mai : Meeting public  auquel participeront des militants et des enseignants, couronné par une manifestation de soutien au peuple syrien.

Hace más de una año que empezaron las revoluciones en el norte de África y en Oriente medio, lo que estalló en Túnez se extendió por toda la zona hasta llegar a Siria. Atrás quedó Ben Ali, Mubarak, Gadafi y sus dictaduras feroces apoyadas por la Unión Europea y Estados Unidos. La revolución vive uno de sus momentos más críticos con lo que está sucediendo en Siria. Bashar no para de asesinar a su pueblo mientras las grandes potencias mundiales quieren sacar partido a su favor de esta situación. Es por este motivo desde la solidaridad con el pueblo sirio que sufre una feroz dictadura y de la denuncia de estas potencias que queremos hacer un llamamiento a todas las organizaciones política, sindicales etc. Para organizar una reunión en Regueb el primero de mayo con la intención de debatir la actual situación en Siria y la organización de una campaña de solidaridad con la revolución Siria.
No es casual que está reunión la queramos llevar a cabo en Regueb. Hace poco más de un mes, los autodenominados amigos de Siria eligieron Túnez para dar vergonzosamente su apoyo al plan imperialista en Siria. Esos no son amigos de Siria, son los mismos que apoyaron con su dinero y sus armas a Ben Ali y todos los dictadores de la zona y ahora que el pueblo se levantó quieren por todos los medios acabar con estas revoluciones y sacar partido de ellas a su favor, no a favor de los pueblos. Contra esta política queremos impulsar un encuentro internacional de organizaciones que apoyen a la revolución y al pueblo sirio en su legítima lucha sin lanzarla a las fauces del imperialismo.
Hacemos un llamamiento internacional a participar en Regueb de esta iniciativa el 1 de mayo, el objetivo es dejar bien claro nuestro apoyo a la revolución Siria y la denuncia a la intervención imperialista. Elegimos el primero de mayo como fecha simbólica para los trabajadores del mundo.
El llamamiento a la reunión internacional en Regueb es apoyado por:
U.G.T.T (Unión General de Trabajadores de Túnez).
Lluita Internacionalista (Estado español).
Asociación civil diálogo de Regueb(Túnez).
Asociación Fieles a las familias de los mártires y de los heridos de la revolución (Regueb).
Programa:
Domingo 29 de Abril: Recepción de los invitados y encuentro con los familiares y heridos de la revolución.
Lunes 30 de Abril: Reunión de trabajo entre los militantes, representantes de la UGTT, de los partidos políticos y asociaciones que apoyan al pueblo sirio.
Martes 1 de Mayo: Mitin público con la participación de las organizaciones y manifestación de apoyo al pueblo sirio.

vendredi 16 mars 2012

La malédiction syrienne

par Rabha Attaf, 16/3/2012
Un an, 8500 morts, 200 000 déplacés, 30 000 réfugiés, après le début de la révolte populaire syrienne - bilan provisoire dont il faudra un jour clairement établir les multiples responsabilités- la Communauté internationale semble tergiverser quant aux mesures à prendre pour contraindre le président Bachar Al Assad à stopper sa sanglante répression.  Résultat : devant ce qui apparait à première vue comme une valse-hésitation de l’Occident, l’héritier dictateur a appliqué son propre calendrier transitionnel  -avec notamment le vote d’une nouvelle constitution et des élections législatives prévues en juin-  tandis que l’armée syrienne, appuyée de miliciens  réaffirme chaque jour sa puissance de feu, notamment dernièrement,  par les prises de Homs et d’Idlib en un temps- éclair.
Acculé à  défendre son régime, Bachar Al Assad est soutenu par une partie non négligeable de la population : les Syriens craignant d’être massacrés par les vainqueurs en cas de chute du régime et ceux opposés à une intervention étrangère, de  peur de subir le sort des Irakiens ou des Libyens.
On ne saurait les en blâmer ! Car il faut reconnaitre cette réalité de plus en plus manifeste malgré l’écran de fumée érigé par les médias occidentaux : ce qui a commencé par un soulèvement populaire le 15 janvier 2011, est devenu au fil des mois, une insurrection armée parrainée. Avec notamment  le soutien financier de la Turquie et de l’Arabie Saoudite,  ainsi que  la fourniture d’armes par Israël. Sans oublier la présence active, pendant plusieurs mois, des forces spéciales de l’OTAN - françaises et anglaises- sur le terrain, aux côtés de l’opposition armée. Présence reconnue par une source militaire britannique, comme le rapporte Michel Chossudowsky du Centre pour la Recherche sur la globalisation*.  Cette information “sensible” a aussi été confirmée  par les “fuites” issues du think thank Stratfor, un organisme  financé par le Pentagone, et  mises en ligne fin février par Wikileaks.
 
Pas étonnant donc que  l’Iran,  la Russie et  la Chine, affichent leur soutien au régime syrien -ces deux derniers pays bloquant, par leur veto systématique,  toute résolution du Conseil de sécurité de l’ONU qui pourrait donner le feu vert a une intervention militaire en Syrie. Les Iraniens, pour leur part, savent qu’après la Syrie, ils seront les prochains dans la ligne de mire. La campagne d’intoxication menée contre l’Iran par les médias occidentaux et les principaux leaders de l’Union européenne ne laisse en effet  planer aucun doute, même si les “fuites” Wikileaks, toujours issues de Statfor, révèlent qu’en novembre 2011, “des commandos israéliens, en collaboration avec les forces kurdes, ont détruit quelques installations souterraines utilisées principalement pour la défense iranienne et les projets de recherche nucléaire”**. Quant aux Russes et aux Chinois, ils savent pertinemment que le dessein de l’impérialisme US  est d’asseoir sa domination, une fois l’Iran “neutralisé”, sur le golfe Persique et l’Asie centrale, deux régions riches en pétrole et donc vitales pour l’économie américaine.
 
Principaux soutiens à cette politique dans la région : les pétromonarchies du Golfe, menées en particulier par l’Arabie Saoudite et le Qatar dans un concert de diabolisation de Bachar Al Assad, ont obtenu que la Ligue arabe suspende l’adhésion de la Syrie,  tout comme elle l’avait fait pour la Libye avant l’intervention militaire de l’OTAN. Inquiétant quand on sait que les populations civiles n’ont pas été épargnées ! Des lors, l’insistance de la Turquie sur l’ouverture de “couloirs humanitaires” destinés à mettre sous protection les populations civiles ne trompe personne… les droits humains étant souvent instrumentalisés pour masquer des opérations purement militaires.
 
Il est incontestable que Bachar Al Assad devra un jour, comme de nombreux autres dictateurs de la région, répondre de violations des droits humains mais aussi de décennies de blocage des réformes politiques. Mais il n’en demeure pas moins que derrière l’escalade croissante de l’intervention américaine en Syrie, se profile la préparation d’une guerre beaucoup plus vaste, aux conséquences globales.
 
Dès lors, l’opposition politique syrienne, notamment le Conseil National Syrien et la Coordination des comités locaux, doit donc rester vigilante et réaffirmer haut et fort la volonté des Syriens de demeurer un peuple souverain. Au risque de voir la Syrie, dans un avenir proche, devenir un protectorat US, au même titre que l’Afghanistan et l’Irak.
 
* Michel Chossudovsky, www.globalresearch.com
** Wikileaks Stratfor e-mails, The global intelligence files, February 27th 2012

mardi 7 février 2012

La Syrie n’est ni la Tunisie ni la Libye

par Sharmine Narwani, 6/2/2012. Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala
Original
: Syria Is Not Tunisia or Libya
Sharmine Narwani est une commentatrice et analyste politique sur le Moyen-Orient. Elle est membre associée du St. Antony's College à l'Université d'Oxford. Elle a obtenu un master de journalisme et d'études moyen-orientales en Affaires internationales de l'Université Columbia.
Les commentateurs du Réveil arabe font parfois l’erreur de partir du présupposé que les 22 pays arabes sont une seule et même chose, tous appelés à se débarrasser de leurs dictateurs par un enchaînement d’événements suivant soit le modèle tunisien soit le modèle libyen.

Bien qu’il ait fait quelques erreurs grossières de calcul depuis le déclenchement de la crise en mars dernier, le président Bachar El Assad bénéficie encore de la faveur d’une légère majorité de Syriens, à en croire des récents sondages en ligne. Mais ce n’est pas grâce à sa popularité que son gouvernement reste intact. Le régime bénéficie encore du soutien de ses principaux corps constitués : l’armée, les grandes villes, l’élite affairiste liée à lui, les minorités et les laïcs sunnites, avec un nombre limité de défections du type de celles enregistrées par d’autres régimes arabes.
En revanche l’opposition, après 11 mois, reste fondamentalement divisée selon des clivages ethniques, religieux, politiques et géographiques et elle est incapable d’élaborer une plateforme politique articulée et détaillée. En outre, les groupes armés d’opposition –mis en lumière par le récent rapport de la mission d’observateurs de la Ligue arabe – sont dépourvus d’un commandement central, sont basés localement et ont un accès limité et irrégulier aux équipements militaires nécessaires pour opérer à une plus grande échelle.
Les acteurs extérieurs ont également très peu d’influence en Syrie même. La Syrie s’est adaptée à une vie sous sanctions et dispose d’un groupe d’alliés restreint mais faisant preuve de cohésion sur lequel elle peut compter. Le pays fonctionne dans une large mesure sans être pris dans la nasse des dépendances caractérisant d’autres pays arabes, il n’a pas de problème de dette publique, et il a reçu récemment un appui précieux des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) , qui insistent sur le fait que la Syrie doit résoudre sa crise elle-même.
Carlos Latuff
Vue de Syrie, la situation diffère sensiblement du narratif produit à l’extérieur. A y regarder de plus près, le chiffre de 5000 morts donné par l’ONU démontre un manque sévère de discernement entre pertes du côté des fidèles au régime et de l’opposition et oublie de souligner la mort de 2000 soldats réguliers dont les funérailles sont télévisées quotidiennement à l’intérieur du pays. Contrairement aux personnages de l’opposition vivant à l’étranger, ceux qui appartiennent au courant dominant dans le pays –même ceux qui veulent un changement de régime – ont tendance à rejeter les sanctions, les solutions militaires et une intervention étrangère, étant favorables à une solution politique pacifique de la crise.
Si Assad établit une nouvelle constitution et organise des élections nationales d’ici l’été prochain, cela pourrait suffire à lui fournir l’espace nécessaire pour confondre ceux qui le critiquent. Une militarisation et un sectarisme croissants sont plus susceptibles de cimenter l’opinion que de la fragmenter. Les gens n’aspirent peut-être pas tant au pain qu’à la possibilité d’aller au marché pour l’acheter.
 

mardi 17 janvier 2012

Syrie : Accord du Caire du 30 décembre 2011 entre le CNCCD et le CNS

Voici le texte de l’accord conclu le 30 décembre dernier entre les deux principaux regroupements de l’opposition syrienne, le Comité national de coordination pour le changement démocratique (CNCCD) et le Conseil national syrien (CNS). Ce texte devait être transmis au secrétariat de la Ligue Arabe comme document commun en vue du Congrès de l’opposition syrienne, prévu sous l’égide de la Ligue Arabe en janvier 2012. Une fois cet accord signé, des pressions à l'intérieur du CNS l'ont rendu inapplicable.
Suite à des discussions qui ont duré plus d’un mois entre les dirigeants du CNCCD et du CNS, les deux parties ont convenu ce qui suit :1-    Rejet de toute intervention militaire étrangère portant atteinte à la souveraineté et à l’indépendance du pays. Une intervention arabe ne serait pas à considérer comme étrangère.
2-    Protection des civils par tout moyen légitime du point de vue de la législation internationale des droits humains.
3-    Préservation et promotion de l’unité nationale du peuple syrien, refus et condamnation du sectarisme, de tout ce qui peut le susciter et y conduire.
4-    Nous sommes fiers des officiers et soldats syriens qui ont refusé d’obéir aux ordres de tuer des civils et des manifestants pacifiques demandant la liberté et nous comprenons dans quelle crise de conscience huumanitaire et patriotique le régime les a poussés. Nous en tenons le régime pour entièrement responsible.
Phase de transition:
Premièrement, la phase de transition commencera avec la chute du présent regime, de ses structures et symboles, c’est-à-dire l’autorité politique actuelle, tout en maintenant les institutions de l’État et ses fonctions-clé. Cette phase se conclura avec l’adoption d’une nouvelle constitution instaurant unn système parlementaire, démocratique, civil, pluraliste et délibératif, et des élections parlementaires et présidentielle sur la base de cette constitution. Deuxièmement, la phase de transition sera,dans ce sens, la période allant de la formation d’une autorité de coalition après la chute du régime à l’établissement d’institutions d’État fondées sur une constitution permanente approuvée par le peuple. Cette période n’excèdera pas une durée d’un an, et pourra être prolongée d’un an.Troisièmement, les institutions d’État et l’autorité politique durant cette phase de transition seront fondées sur les principes de base suivants :
a)    Le peuple est la source de l’autorité et fournit la base de sa légitimité.
b)    La Syrie, peuple et pays, est indépendante dans la souveraineté et l’unité.
c)    Séparation authentique des trois pouvoirs : législatif, exécutif et judiciaire.
d)    Protection des fondements de la démocratie civile (essentiellement la liberté d’expression, d’association et de réunion, le pluralisme politique, l’autorité délibérative et la décentralisation administrative).
e)    Accent mis sur l’existence de la nation kurde comme part de la structure fondamentale et historique de la nation syrienne, ce qui exige la mise en place d’une solution démocratique juste à la question kurde, dans l’unité du territoire national et du people, ce qui n’est pas contradictoire avec le fait que la Syrie est partie intégrante du monde arabe.
f)    Tous les citoyens sont égaux devant la loi tant pour ce qui est des devoirs que des droits civiques, politiques, économiques, culturels et sociaux. Le liberté de religion et de croyance est garantie par la constitution, ainsi que le respect des rites et rituels des religions et confessions, tout comme le refus de l’immixtion du sacré dans la vie politique et civique.
g)    Refus de la violence et de la discrimination nationale, confessionnelle, religieuse et sexuelle; condamnation du terrorisme; lutte pour l’éradication de la corruption; et pour l’abolition des lois et décrets spéciaux adoptés sous la dictature et action directe pour traiter leurs effets.
h)    Lancement de projets de développement durable au niveau national et en particulier pour les zones les plus défavorisées.
i)    Maintien du territoire national et libération de la terre syrienne; établissement de relations de fraternité et de coopération avec les pays arabes, de relations fortes et proportionnées avec d’autres pays dans la région, coopération et respect mutuel avec les pays du monde: la Syrie démocratique devra jouer un rôle actif dans la société arabe, au niveau régional et international; servir les intérêts nationaux suprêmes; et œuvrer à la sécurité, la paix et la stabilité dans la région et dans le monde.
j)    Engagement à respecter les pactes et accords internationaux, la Charte des Nations unies, la Charte de la Ligue Arabe et la déclaration universelle des droits humains.
k)    Profiter du cadre de l’énergie syrienne, aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur pour assurer le succès de la phase transitoire et édifier la démocratie en République de Syrie.
Concernant les références légales et constitutionnelles : un comité commun sortira du Congrès de l’opposition, qui travaillera à l’échelle nationale pour coordonner les positions de l’opposition et unifier leurs activités politiques, juridiques, médiatiques, diplomatiques et de secours humanitaire. Les parties concernées respecteront les décisions de ce comité.
Signé :
Bourhan Ghalioun, Président du Conseil national syrienHaytham Manna, Président du Comité national de coordination en exil
Le Caire, 30 décembre 2011
L’accord a été signé en presence de : Walid Al Bounni, Haitham Al Maleh, Catherine Al Tali, Saleh Muslim Mohamed et Mohamed Hijazi.

vendredi 13 janvier 2012

Les deux pôles de l’opposition syrienne défilent à Tunis /Los dos polos de la oposición siria acuden aTúnez كتلتي المعارضة في سوريا يزوران تونس

 بعد الزيارة التي قام بها اعضاء من المجلس الوطني السوري برئاسة برهان غليون والذي عقد مؤتمره الاول في تونس الذي انطلق يوم 17 ديسمبر الماضي بجهة قمرت بالضاحية الشمالية لتونس العاصمة ودام ثلاثة أيام, هذا المؤتمر الذي حضره الرئيس المؤقت المنصف المرزوقي والذي اثر انتهائه رفع برهان غليون حذائه في وجه بعض المحتجين التونسيين الذين تواجدوا على عين المكان للتعبير عن رفضهم للتوجه الذي اتخذه المجلس نحو تدويل الثورة السورية الذي يهدف الى التعجيل بتدخل عسكري دولي تحت غطاء حماية المدنيين. اقرأ المزيد و إستمعوا إلى حوارات  هيثم مناع و محمد حجازي
En décembre dernier, le Conseil national syrien présidé par Bourhan Ghalioun, a tenu son premier congrès à Gammarth, une banlieue balnéaire chic du nord de Tunis, dont les travaux ont été ouverts par Moncef Marzouki, président provisoire de la République tunisienne. Le congrès a été clôturé par une scène spectaculaire : Bourhan Ghalioun sur le balcon de sa chambre d’hôtel et brandissant ses chaussures en direction des manifestants tunisiens rassemblés pour exprimer leur désaccord avec le choix du Conseil national d’internationaliser la révolution syrienne dans le but d’accélérer une intervention militaire internationale au nom du sauvetage des civils. Lire la suite 

El pasado mes de diciembre, el Consejo Nacional Sirio, presidido por Bourhan Ghalioun, tuvo su primer congreso en Gammarth, un elegante suburbio balneario del norte de Túnez. La apertura del Congreso estuvo a cargo de Moncef Marzouki, el presidente provisional de la República de Túnez. La clausura del congreso se celebró con una escena espectacular: en el balcón de la habitación que ocupaba en el hotel, Bourhan Ghalioun esgrimió sus zapatos en dirección a los manifestantes tunecinos, que se habían reunido para expresar su desacuerdo con la elección del Consejo Nacional de internacionalizar la revolución siria para acelerar una intervención militar extranjera con la excusa del rescate de los civiles.
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lundi 9 janvier 2012

Artistes syriens en résistance الفنانين السوريين فى مقاومة

Textes d'artistes syriens en résistance lus au Théâtre El Hamra de Tunis le lundi 9 janvier 2012: enregistrement 
الفنانين السوريين فى مقاومة ـ النصوص تقرا فى مسرح الحمراء فى تونس فى 9  جانفي 2012   


mercredi 9 novembre 2011

Solidarité avec le peuple syrien ! تضامنا مع الشعب السوري

Original: Solidaridad con el pueblo sirio

نفس المطالب من المغرب إلى البحرين : تغيير سلمي وجذري يبني ديمقراطية تأخذ بعين الاعتبار الحقوق الاجتماعية
لقد التحقت قطاعات واسعة من المجتمع السوري منذ أشهر بموجة الاحتجاجات المواطنية الحاملة لآمال انتشرت في المغرب والمشرق تحت اسم "الربيع العربي". غير أنّ الربيع السوري كان حمام دماء رهيب. لقد قتلت قوات الأمن في نظام بشار الأسد الآلاف من المتظاهرين السلميين. ولم يتردد هذا النظام في الالتجاء إلى قصف المدن والقرى. كما كان عدد الموقوفين أكثر من ذلك وتم تعذيبهم. لقد انتهكت السلطات السورية الحقوق الإنسانية الاساسية بدءا بالحق في الحياة وصولا إلى الحق في التعبير في بلاد منغلقة ومانعة للإعلام المستقلّ.
نحن، الممضين على هذا الإعلان نعبّر عن إدانتا لهذه الأعمال : لا توجد مبررات ممكنة تبرر هذه الحرب التي أعلنها النظام السوري بوضوح على شعبه مع الإفلات من العقاب.
يلتجئ النظام السوري إلى الكذب والتضليل ليبرّر قمعه الفظّ لشعبه. وكدأبها في عديد المرات لوّحت ديكتاتورية بشار الأسد من جديد بفزّاعة التقسيم الطائفي أو التطرف الإسلامي أو كذلك البديل الزائف بين سيادة الدولة وكرامتها وحقوق المواطنين وحرياتهم. ومع ذلك لا وجود في المظاهرات لأيّ مؤشر يشير إلى المراهنة على التدخل الخارجي أو يدلّ على أنّ تطلّعات المواطنين السوريين مختلفة عن تلك التطلعات التي عبّر عنها بقية المواطنين العرب في بلدانهم. إنّه مطلب واحد ومماثل يتردّد صداه من المغرب إلى البحرين : تغيير سلمي وجذري يقيم ديمقراطية سياسية حقيقية تحمي الحقوق الاجتماعية والاقتصادية لأغلبية السكان وتدعمها. إنّ موضوع الثورات العربية الجديدة سنة 2011، بما في ذلك في سوريا، هو الأمل الجماعي في أن تتمكّن الأجيال القادمة من العيش في حرية رجالا ونساء محميين بمبدإ المواطنة الكوني لا أن يعيشوا كذوات خاضعة للنهب والرعب والإذلال وعسف قادتهم.

أليست تلك هي تطلعاتنا وتطلّعات كل مجتمع؟ ومع ذلك وفي حين يدعو رجال سوريا ونساؤها إلى التضامن معهم وهو أمر ضروري ومبرّر حين يتمّ التعبير عنه من أوروبا وامريكا اللاتينية فإنّ قطاعات من اليسار الدولي التي تدافع في بلدانها عن مشاريع التحرر التي نتبناها وندعمها تفاجئنا بتقديم حجج تهدف إلى تبرير الديكتاتورية السورية ومدافعة عن نظرية التواطؤ والنمطية الايديولوجية التي لم تعد صالحة. فلا وجود لديكتاتورية "تقدمية" وعندما ندين جرائم بعض الحكومات بشكل انتقائي ونصمت عن البعض الآخر فإنّنا مهددون بالوقوع في منطق "سياسة المكيالين" التي ندينها حين يمارسها قادتنا.

ونظرا للصمت الدولي فإنّ المجتمع السوري تُرك يجابه مصيره. إنّنا نعرف جيدا القوانين التي تحكم العالم المعاصر، إنّها نفس القوانين التي تسمح لمجلس الأمن الدولي باستخدام الفيتو ضد قيام الدولة الفلسطينية وإدانة قمع النظام السوري. إنّ العرب هم ضحايا الوقاحة المركنتيلية (التجارية) التي تحكم العلاقات الدولية والتي تقيّم كل حالة على حده محددة متى يجب التدخل ومتى لا يكون التدخل مناسبا ويكون ذلك دائما وفقا للمصالح الخارجية لا لمصالح السكان المعنيين.

إنّ إدانتا هذه لا تعني أيّ طلب للتدخل العسكري الغربي ولا فرض حصار قروسطي على الشعب السوري. إنّنا نرفض بكل وضوح كما يرفض السوريون الذين يناضلون من أجل حريتهم،كل أشكال الضغط العسكري والوصاية الاستعمارية. لكنّنا نرفض القبول بعدم فعل أيّ شيء في علاقة مع ما يجري في سوريا ونرفض أن تغطى السلبية والصمت على الجرائم المرتكبة في سوريا.
 
قائمة أوائل الممضين :
سانتياغو ألبا ريكو، كارلوس فاريا، بيداد كورطبا رويز (كولمبيا) جوسيه لويس سامبادرو، سامي نائير، خافييه دي لوكاس، خوسيه كاميليو فالس لوباز (كوبا) كارلوس تايبو، جيلبارتو لوباز ريفاس (المكسيك) خافييه سادابا، غاسبار ياماثاريس، آتيليو تايبو، (الأرجنتين) تيريزا أرنغوران، جيمس شيفارد، فيس ليليانا اوليفارو (الارجنتين) فارنسيسكو فرناندز بوياي، خورخي رايشمان، انجليكا لاكاس (الارجنتين) روبارتو مونتويا، لبنى الداهش (تونس) كارلوس فرننداز ليريا، خوان كارلوس مونوديرو، أولغا رودريقاز، جون براون (بلجيكا) مانويل غارسيا فونسيكا، خوان لويس رويز جيميناس، انريك سانتياغو، اولغا لوكاس، هريرو يايو لوباز، ميغيل لاماس (بوليفيا) كارلوس البارتو رويز سوشا (كولمبيا) كارلوس سانشاز، لويس غونزالس رييس، مريديت رويز خميناس، جواكيم سامبيري راسينغ، ايغور سادابا، ايزابيل البا، خافيير برادا، بتريسيا ريفاس، لويس اليغري زاهوتيرو، انماكيلادا خيمناس مورال، البرتو موتيرو، انطونيو كرسبو، استير فيفاس، اغناسيو قوتيراز دي تيران، اليخاندرو ماجا ايغل (غواتيمالا) انخيل راميراز، راؤول غارسيا مايو، خافيير كوسو بارميو، سالفادور لوباز ارنال، انطونيو دوميناك، ميلاز فرنداز سانشيز، انا روت فيدال لونغو، ميغيل ايربان، هوما المهدي قادري، ماريا خوسيه فوانتيس ريبولو، قلاديس مارتيناز لوباز، سارة سانشاز مورينو، دولوراس نوفال منصور، فاشس دنيس كوسمو، بالوما فالفاردي، اوغستين فيلوسو سانتيستبان، سوزانا مرينو (الأرجنتين) ايستار سانز موريو، خوان انطونيو بائيزا لابات، خوليو رودريغز بووينو، كارلوس غارسيا بليزيار، ارنست غارسيا، ريكاردو غارسيا زالديفار، كارلوس غارسيا بالستروس، فرانسيسكو ألترمان، هيكتور غراد، كريستيانا رويز سيارا كورتينا، آن مارتان، بو أليماني كوستا، فرانسيسكو رويز دي بابلوس، ديثيو ماشادو فلوراس،ماريا روزا دي مادارياجا ألفاريس بريدا، خوسيه لويس لالويزا سازاتورنيل، راميلو خواكينا روكو، ميديافيلا هندي نادية، سانتياغو غونزالس فاليخو، جوم صورا استابا، انطونيو ماتيناز كاسترو، كرستينا سيسيليا غارسيا، خوسيس زانو بايون، خوسيه لويس كاريتيرو ميرامار، آرورا لايك، لوثيا ماتيناز مولينا، ماريا خوسيفا صبري بو، آنا روت فيدال، لونغو خزام حسين، غوركا لارابياتي (ايطاليا) خوسيه دياز سانشاز دي لابلانكا، طونيو هرننداز، سينفو فرننداز، لويس مارتان كابريرا (الولايات المتحدة) ماس كريستينا، جوريف ليليوس ديل الكاثار، ميكال بلانش، مارجا أولايا، لويس كارلوس غوميس بينتادو، ميهيتين كاركينوس (تركيا) فرانك غوديشو (فرنسا) سوليداد موراشو ديلغادو، فرناندو بلتران ايافادور، افجيني شلافكوف، ميغيل استرادا بريافا، بو فيلا ماريا باستور، قزافيي ماستر ماركوتيغي، مانويلا فلاديس فييتو، ايويس ايسارن سيتجا، ميلاز فرننداز سانشاز، مريا كماتشو براون، آنا غرسيا رومريو، غويارمو غارسيا دي لبوستو ميرايس، آنا أندريا لوباز سانشاز، فرانسيسكو غارسيا بيريز، مازاراسا لوتشيا آلبي، خوان مارتيناز تينورو/ لولا أرمينغول برنال، رامون بونتي فاراس، كرمان سافون ايدو، كارلوس خافيير مورينو غارسيا، جوناتام موريش، أناهي ساري. 

“Du Maroc à Bahreïn, une même revendication : un changement pacifique et radical qui instaure une démocratie prenant en compte les droits sociaux et économiques de la majorité”
Depuis des mois, de larges secteurs de la société syrienne ont rejoint la vague citoyenne porteuse d’espérance qui traverse le Maghreb et le Machrek sous le nom de «printemps arabe». Mais le  printemps syrien a tourné au bain de sang terrible. Des milliers de manifestants pacifiques ont été tués par les forces de sécurité du régime de Bachar El Assad, qui n'a pas hésité à recourir aux bombardements de villes et de villages. Un nombre encore plus élevé de personnes ont été arrêtées et systématiquement torturées. Les droits humains fondamentaux, du droit à la vie à celui d'expression, sont massivement violés par les autorités syriennes dans un pays fermé à une information indépendante.


Nous,  signataires de cette déclaration tenons à exprimer notre condamnation de ces actes : il n'y a pas de justification possible pour cette guerre que le régime syrien livre ouvertement contre son propre peuple en toute impunité.

Le régime syrien recourt au mensonge pour justifier la répression brutale de sa propre population. Comme tant d’autres fois, la dictature de Bachar El Assad agite à nouveau comme un épouvantail  le danger de la division sectaire ou du terrorisme islamique, ou encore la fausse alternative entre la souveraineté et la dignité de l'État et les droits et libertés de ses citoyens. Cependant, il n'y a aucune indication qui permette de spéculer sur une ingérence externe dans les manifestations ou de faire valoir que les aspirations des citoyens syriens seraient différentes de celles que les autres citoyens arabes expriment dans leurs pays. Du Maroc à Bahreïn c’est essentiellement une seule et même revendication : un changement pacifique et radical qui instaure une véritable démocratie politique et protège et promeuve les droits sociaux et économiques de la majorité. Le fil rouge des nouvelles révoltes arabes de 2011 - y compris en Syrie - est l'espoir collectif que les générations futures puissent grandir dans la liberté, en hommes et femmes protégés par le principe universel de la citoyenneté, et non comme des sujets soumis au pillage, à la terreur, à l'humiliation et à l’arbitraire de leurs dirigeants.


Est-ce que ce ne sont pas là nos propres aspirations, et celles de toute société ? Toutefois, de manière surprenante, alors que les hommes et des femmes de Syrie appellent à la solidarité et qu’ il semble justifié et nécessaire de la leur exprimer depuis l'Europe et l'Amérique latine,  des secteurs de la gauche internationale, qui défendent dans leurs propres pays des  projets d'émancipation auxquels nous nous identifions et que nous soutenons, alimentent des arguments visant à justifier la dictature syrienne, en se fondant sur des théories du complot et des stéréotypes idéologiques qui n’ont plus lieu d’avoir cours. Il n’y a pas de dictature "progressistes" et condamner de manière sélective les crimes de certains gouvernements  en observant le silence sur ceux d’autres nous fait courir le risque de tomber dans le même « deux poids-deux mesures » que nous dénonçons chez nos dirigeants.

Compte tenu de l'inaction internationale, la société syrienne semble abandonnée à son sort. Nous connaissons bien les règles qui régissent le monde contemporain, ce sont celles qui permettent au Conseil de sécurité de l'ONU d’opposer son  veto à la création d'un Etat palestinien et de condamner la répression du régime syrien. Les Arabes sont victimes du cynisme mercantile régissant les relations internationales, qui évalue  au cas par cas quand il convient d'intervenir et quand cela ne convient pas,  toujours en fonction d’ intérêts étrangers à ceux des populations concernées.

Notre condamnation n’implique aucune demande d’ intervention militaire occidentale ni d'imposition d'un siège médiéval contre la population syrienne. Nous rejetons ouvertement, comme le font les Syriens eux-mêmes, qui luttent pour leur liberté, toute forme de pression militaire et de tutelle coloniale. Mais nous refusons d'accepter que rien ne puisse être fait par rapport à ce qui se passe en Syrie, que la passivité et le silence couvrent  les crimes commis en Syrie.


Ramzy A. Taweel, Palestine

Premiers signataires

Santiago Alba Rico, Carlos Varea, Piedad Cordoba Ruiz (Colombie), José Luis Sampedro, Sami Naïr, Javier de Lucas, José Camilo Valls Lopez (Cuba), Carlos Taibo, Gilberto Lopez y Rivas (Mexique), Javier Sádaba, Gaspar Llamazares, Atilio Boron (Argentine), Teresa Aranguren, James Shepherd, vice-Liliana Olivero (Argentine), Francisco Fernández Buey, Jorge Reichmann, Angelica Lacs (Argentine), Roberto Montoya, Lobna Dahech (Tunisie), M. Carlos Fernández Liria, Juan Carlos Monedero, Olga Rodriguez, John Brown (Belgique), Manuel Garcia Fonseca, Juan Luis Ruiz Giménez, Enrique Santiago, Olga Lucas, Herrero Yayo Lopez, Miguel Lamas (Bolivie), Carlos Alberto Ruiz Socha (Colombie), Carlos Sanchis, Luis González Reyes, Meredith Ruiz Giménez, Joaquin Sempere Racing, Igor Sádaba, Isabel Alba, Javier Barreda, Patricia Rivas, Luis Alegre Zahonero, Inmaculada Jiménez Morell, Francisco Puche, Alberto Montero, Antonio Crespo, Esther Vivas, Ignacio Gutierrez de Teran, Alejandro Mejia Eagle (Guatemala) , Ángeles Ramírez, Raúl García Maíllo, Javier Couso Permuy, Salvador López Arnal, Antonio Domenech, Mélèze Fernández Sánchez, Ana Ruth Vidal Luengo, Miguel Urbano, Houma el-el-Mahdi Kadiri, María Jesús Fuentes Rebollo, Gladys Martinez Lopez, Sara Sánchez Moreno, Dolores Nauffal Manzur, vaches Denys Cosmo, Paloma Valverde, Agustín Velloso Santisteban, Susana Merino (Argentine), Esther Sanz Murillo, Juan Antonio Baeza Labat, Julio Rodriguez Bueno, Carlos Garcia Plusieurs, Ernest Garcia, Ricardo Garcia Zaldivar Carlos García Ballesteros , Francisco Alterman, Hector Grad, Cristina Ruiz-Sierra Cortina, Anne Martin, Beaux Alemany Costa, Francisco Ruiz De Pablos, Decio Machado Flores, Maria Rosa de Madariaga Alvarez-Prida, José Luis Lalueza Sazatornil, Ramilo Joaquina Rouco, Mediavilla Hindi Nadia, Santiago Gonzalez Vallejo, Jaume Saura Estapà, Antonio Martinez Castro, Cristina Cecilia Garcia, Jésus Zanon Bayon, Jose Luis Carretero Miramar, Aurora Lake, Lucia Martinez Molina, Maria Josefa Sabri Pau, Ana Ruth Vidal Luengo, Khzam Hussein, Gorka Larrabeiti (Italie) José Diaz Sanchez de la Blanca, Toño Hernández, Sinfo Fernandez, Luis Martin-Cabrera (Etats-Unis), Mas Cristina, Josep Lluís del Alcazar, Miquel Blanch, Marga Olalla, Luis Carlos Gómez-Pintado, Muhittin karkinos (Turquie), Franck Gaudichaud (France), Soledad Moracho Delgado, Fernando Beltran Llavador, Evgeny A. Shlevkov, Miguel Estrada Brieva, Pau Vila Maria Pastor, Xavier Mestre Marcotegui, Manuela Valades Feito, Lluís Isern Sitjà, Mélèze Fernández Sánchez, Maria Camacho Brown, Ana Garcia Romero, Guillermo Garcia del Busto Miralles, Ana Andrea López Sánchez, Francisco García Pérez, Mazarrasa Lucía Albe, Joan Martínez Tenorio, Lola Armengol Bernal, Ramon Puntí Farres, Carmen Safont Edo, Carlos Javier Moreno Garcia, F. Jónatham Moriche, Anahí Seri



lundi 22 août 2011

"En Syrie, Assad fait partie du problème" : Une interview de Samir Aita

C’est la politique néolibérale du Président qui a provoqué le soulèvement en Syrie. L’armée doit se ranger aux côtés du peuple. L’opposition rejette les sanctions de l’UE, des USA et de l’ONU
Samir Aita est rédacteur en chef de l'édition arabe du Monde Diplomatique. Né à Damas, il vit à Paris.  Karin Leukefeld, du quotidien berlinois junge Welt, l'a interviewé à Berlin.
Original: Syrien: »Assad ist Teil des Problems«-Ein Gespräch mit Samir Aita
Traductions disponibles : English  Español 

Pendant 10 ans vous avez conseillé le gouvernement syrien pour son programme de réformes. Aujourd’hui vous souhaiteriez conseiller le soulèvement patriotique syrien. Faites-vous partie de l’organisation du mouvement d’opposition ?

Je crois que le terme d’ « opposition » n’est pas approprié, en tout cas pas pour moi. La question c’est : est-on avec le jeune mouvement social, oui ou non ? Il y a des gens qui sont pour, il y en a qui ont peur. Et il y a des gens qui sont toujours pour le régime, parce qu’ils en profitent. Et même parmi ceux qui sont pour le soulèvement, les opinions divergent. Quelques-uns ont des penchants islamistes, d’autres ont des projets à l’international. Mais fondamentalement la société syrienne est patriote. Je me sens du côté des patriotes, de ceux qui veulent donner un avenir à cette révolte.
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dimanche 27 février 2011

Le tsunami s'étend dans le monde arabe

Tobrouk : "Libye libre ! Kadhafi dégage !". Photo Asmaa Waguih, Reuters
Les dernières 48 heures ont vu une extension des manifestations pour la liberté dans le monde arabe dans des pays où tout avait été apparemment calme jusqu'ici. En Libye, la ville de Zaouiyah, à 50 km à l'ouest de Tripoli a été libérée à son tour, tandis qu'à Benghazi libérée, un Conseil national libyen est en train de se mettre  en place.

La route arabe, par Mahjoob
Deux manifestants ont été tués et cinq blessés par des tirs de la police au cours d'un rassemblement de chômeurs à Sohar, dans le sultanat d'Oman.
Au Yémen, théâtre de véritables scènes de guerre dans la nuit de vendredi à samedi à Aden (sud), qui ont fait au moins trois morts, le président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, a dit son intention de défendre le "régime républicain" jusqu'à la "dernière goutte de (son) sang" et parlé de "complot".

À Bahreïn, le groupe chiite au parlement a confirmé dimanche sa démission en bloc, au lendemain de l'annonce d'un remaniement ministériel que l'opposition a jugé insuffisante. Les 18 députés du parti Wefaq avaient pris cette mesure à la suite des violences survenues aux premiers jours des manifestations populaires en faveur de la fin du régime monarchique.

Humour noir bahreïni : "Désolée, Israël, maintenant je te respecte. Au moins, toi, tu ne tues pas ton propre peuple. Bravo Bahreïn, tu as battu Israël"

Au Qatar voisin, un appel sur Facebook à l'éviction de l'émir Hamad ben Khalifa al-Thani a rassemblé samedi plus de 20 000 sympathisants, cependant qu'au Koweït, un groupe d'opposition nouvellement formé a demandé des réformes et l'émir cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah a annoncé des mesures sociales.

En Arabie Saoudite, une centaine d'intellectuels ont eux-aussi exhorté à des réformes politiques, économiques et sociales, notamment à l'instauration d'une "monarchie constitutionnelle".

En Irak, le Premier ministre Nouri al-Maliki a donné dimanche 100 jours à ses ministres pour faire leurs preuves, après des manifestations de colère contre le gouvernement. A Amara, à 305 km au sud de Bagdad, onze manifestants ont été blessés, dont un par balle, ainsi que neuf policiers, dans des échauffourées au cours d'une manifestation de jeunes réclamant du travail.

En Syrie, une page Facebook intitulée "la révolution syrienne contre Bachar al-Assad 2011" appelait à des manifestations à une date encore indéterminée, et en Jordanie, l'opposition accusait le gouvernement de "manque de sérieux" dans les réformes, après la plus grande manifestation vendredi dans la capitale depuis début janvier.

Au Liban, plusieurs centaines de personnes sont descendues dans la rue à Beyrouth pour protester contre le système confessionnel, à l'initiative de groupes de jeunes sur Facebook. "La révolution est partout... Liban, c'est à ton tour !", ont-elles scandé.

Au Maroc, près de mille personnes encadrées par d'importantes forces de sécurité avaient réclamé samedi à Casablanca des "réformes politiques et une nouvelle Constitution", pendant qu'à Alger, une centaine de contestataires avaient bravé un important dispositif policier pour tenter, en vain, leur troisième marche en un mois en faveur d'un changement de régime.

Enfin en Égypte près de 2000 manifestants s'étaient rassemblés samedi pour exiger un nouveau gouvernement. Le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa a annoncé dimanche sa candidature à la prochaine élection présidentielle.


Nous soutenons toutes les formes de résistances nées du cœur de notre pays
Déclaration du Mouvement de solidarité des femmes irakiennes pour l’indépendance et l’union de leur pays
par WSIUI, 22/2/2011
. Traduit par 
Michèle Mialane, Tlaxcala
A statement by Women Solidarity for an Independent Unified Iraq
Eine Erklärung der Frauensolidarität für ein unabhängiges, vereintes Irak

Depuis plusieurs semaines tout l’lrak est le théâtre de protestations et manifestations, même dans des villes et localités où il n’y en avait jamais eu auparavant.
Nous avons appris que des manifestations de masse se déroulaient à Bagdad, Basra, Kout, Samawah, Diwanijah, Falloujah, Kirkouk et Soulaïmanijah. Contre le non-respect de nos libertés, les arrestations arbitraires, la torture, la corruption, parce que nous sommes déçus et que les promesses électorales ne sont pas tenues, et - last but not least - contre le manque catastrophique de services de base, eau, électricité, soins de santé ainsi que de l’inefficience et de la corruption qui président au rationnement. On manifeste également contre le manque d’emplois et surtout d’aide sociale aux veuves, orphelins et retraités, qui ne peuvent mener la vie digne qu’ils méritent et connaissent la misère et l’humiliation.
D’une seule voix, les mots d’ordre des manifestants pacifiques expriment des revendications d’intérêt national. C’est la voix du peuple, qui en a assez de se contenter de promesses éternellement non tenues. Il en a assez des discours grandiloquents, méprisants et absurdes dont les fonctionnaires gouvernementaux les abreuvent à tour de rôle.
C’est tout le peuple irakien qui parle par la voix des manifestants pour exiger la reconnaissance de sa liberté et de sa dignité. C’est la voix des courageuses femmes irakiennes, qui essaient de recouvrer leur rôle moteur dans la lutte de leur peuple pour la liberté, l’égalité et l’indépendance.
C’est la voix d’un peuple qui ne sait que trop qu’on n’obtient rien par une patience surhumaine, et qu’il faut saisir l’occasion historique décisive qui s’offre en ce moment. Nous ne devons pas la manquer - il est temps de descendre dans la rue pour rendre leur dignité à tous les Irakiens et bâtir pour nos enfants un avenir meilleur.
Nous autres, membres du Mouvement solidaire des femmes irakiennes pour l’indépendance et l’union de leur pays, soutenons toutes les formes de résistance nées du cœur de notre pays. Les manifestations actuelles sont l’expression et le signe de l’unité de notre peuple. En organisant ces manifestations et en s’y rendant, il fait usage du droit que lui garantissent droits humains et international. Nous soutenons les manifestants et encourageons tout notre peuple à en faire autant.

mercredi 16 février 2011

Jours de colère à Benghazi, Téhéran, Manama, Sanaa : des places Tahrir partout

Les peuples du monde arabo-berbéro-islamique sont tous en train de se réveiller, encouragés à relever la tête par les révolutions tunisienne et égyptienne. Les régimes qui les tiennent en cage ont, comme toujours et partout, les mêmes réponses : les tirs à balles réelles, l'envoi de bandes de tueurs déguisés en "contre-manifestants" et la dénonciation de la "main invisible" et "complot-tramé-par-les-puissances-étrangères-et-hostiles-à)-la-nation". En ce début de semaine, on compte 2 morts à Téhéran, 2 morts à Manama (Bahreïn) et une condamnation ubuesque en Syrie : une blogueuse de 19 ans fan de poésie a été condamnée à 5 ans de prison. Tal al-Mallouhi, petite-fille d'un ancien ministre, arrêtée en décembre 2009,  a été condamnée pour «divulgation d’information à un État étranger», en l’occurrence les USA. Quand on connaît les méthodes moukhabarat syrien, il est évident que la jeune fille a avoué tous ses horribles "crimes". Jeudi, une journée de la colère est appelée en Libye par un groupe créé sur Facebook, qui regroupe déjà 10 000 internautes. À Bahreïn, les manifestants qui occupent la Place de la Perle, rebaptisée place Tahrir, ont passé leur première nuit d'occupation. À Sanaa, le régime a pris les devants en faisant occuper la place Tahrir par ses partisans descendus en camions des montagnes.

IRAN
Lors de la journée de la colère organisée par le mouvement d'opposition iranien, deux manifestants ont été tués lundi à Téhéran :
Saneh Jaleh (صانع ژاله) ans,  26 ans, étudiant aux Beau-Arts de Téhéran, Sunnite originaire du Kurdistan.
Le régime s'est livré à une opération d 'intoxication à propos de sa mort, prétendant qu'il s'agissait d'un membres des milices du régime, les Bassidjis, et avait été tué par des "monafeghine" (hypocrites, terme utilisé pour désigner le groupe des Moujahidines du Peuple de Mariam Madjavi) et qu'il allait organiser les funérailles de ce "martyr".
La deuxième victime s'appelait Mohammad Mokhtari, 22 ans.
 Saneh Jaleh. Les sbires du régime ont "kidnappé" son enterrement.

Mohammad Mokhtari
 LIBYE
Quatorze blessés à Benghazi lors de manifestations

Des affrontements à Benghazi ont opposé les forces de l'ordre et des manifestants «saboteurs», selon un journal libyen.

Quatorze personnes ont été blessées mardi dans des affrontements à Benghazi en Libye entre des manifestants «saboteurs» et les forces de l'ordre, a rapporté mercredi un journal libyen.

Citant le directeur de l'hôpital, le journal Quryna a affirmé que parmi les blessés figuraient «trois saboteurs et 10 membres des forces de l'ordre» sans donner de précision sur le quatorzième blessé.

«Aucun d'eux n'a été grièvement touché», a-t-il ajouté.

Les forces de l'ordre étaient intervenues, selon le journal, pour mettre fin à des affrontements entre des partisans du leader libyen Mouammar Kadhafi et des «saboteurs» parmi des manifestants qui s'étaient rassemblés pour réclamer la libération d'un avocat représentant des familles de prisonniers tués en 1996 dans une fusillade dans la prison d'Abou Salim à Tripoli.

Des sources concordantes avaient auparavant indiqué que la police libyenne avait dispersé par la force dans la nuit de mardi à mercredi un sit-in contre le pouvoir à Benghazi, deuxième ville du pays, à 1.000 km à l'est de Tripoli.

Peu après des centaines de partisans du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi ont défilé dans plusieurs villes du pays, a-t-on indiqué de même sources.

Ces manifestations interviennent avant une «journée de colère» libyenne prévue jeudi, selon des appels lancés sur Facebook.

Sous le slogan «Révolte du 17 février 2011: pour en faire une journée de colère en Libye», un groupe Facebook, qui appelle à un soulèvement contre le régime de Mouammar Kadhafi, est passé de 4.400 membres lundi, à 9.600 mercredi matin.

Mardi, des membres des familles de prisonniers dans la prison d'Abou Salim se sont rassemblés devant un poste de police pour réclamer la libération de leur coordinateur, l'avocat Fethi Tarbel, selon le journal en ligne Al-Manara.

Me Tarbel, dont les motifs de l'arrestation sont inconnus, a été libéré sous la pression des familles, selon le site du journal Quryna, proche de Seif Al-Islam, fils du colonel Kadhafi.
Source : AFP

BAHREÏN


MAROC
Appel du Mouvement du 20 février pour la dignité et la liberté