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vendredi 3 juin 2011

"Longue vie aux papillons"-Bogotá, 4/5 juin 2011: Rencontre nationale pour la liberté des prisonniers politiques en Colombie

par La Pluma, 16/5/2011. Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

Les 4 et 5 Juin 2011, aura lieu à Bogotá la Rencontre pour la liberté des prisonniers politiques en Colombie "Longue vie aux papillons », ainsi nommée en souvenir du mouvement pour la libération des prisonniers et prisonnières politiques qui s’est déclenché en République dominicaine en 1959, suite à l'arrestation de centaines de membres du mouvement politique contre Trujillo, parmi lesquels se trouvaient les sœurs Mirabal, défenseuses des droits humains des personnes victimes de disparitions forcées et privées de leur liberté pour des raisons politiques. Ces militantes furent assassinées le 25 Novembre 1960.


Patria, Minerva et Maria Teresa Mirabal

Cette rencontre vise à restituer le contexte des raisons pour lesquelles il y a des prisonniers et des prisonnières politiques en Colombie et de leur situation actuelle, à permettre aussi l'échange d'expériences organisationnelles, la motivation et la lutte de ceux qui ont subi et subissent une privation de liberté pour des raisons politiques et idéologiques, tant dans les centres de détention de Colombie que d’ailleurs.


La rencontre s’inscrit dans la continuité de la Journée nationale contre la « criminalisation de l'opposition politique et la situation des prisonniers et prisonnières politiques en Colombie», qui s'est tenue à Bogotá les 9 et 10 Décembre 2009, au cours de laquelle a eu lieu la rencontre de solidarité "Maria Paulina Borras Ruiz", qui s’est conclue par la création d'un espace national de mobilisation contre la persécution de l'opposition politique et pour la liberté des prisonniers et prisonnières politiques.


Les prisonniers et prisonnières politiques participent activement à cette initiative, par leurs écrits ou interventions téléphoniques, continuant, à partir de leurs lieux de réclusion, à contribuer au débat et à la construction d’un pays où puisse régner la justice sociale. Y participent aussi des personnes et organisations solidaires de diverses régions de Colombie et d'autres pays, avec lesquelles nous aspirons à construire des propositions pour l'organisation et la mobilisation autour de la revendication de liberté pour les prisonniers et prisonnières politiques.
JUSTIFICATION
La Colombie vit un conflit social et politique datant de la période coloniale entre 1550 et 1810, et s’est exprimé par les armes de 1948-1960 à nos jours. Ce conflit trouve ses causes entre autres dans la monopolisation des terres par des propriétaires fonciers oligarchiques, l’exode des paysans vers les centres urbains, le gamonalismo [pouvoir des gamonales, les chefs de village, équivalent colombien des caciques mexicains, NdT]  ou concentration du pouvoir par une élite qui représente la minorité, les inégalités sociales et l'extrême pauvreté, la déshérence de l’Etat, le manque d'éducation, la transformation de droits fondamentaux comme la santé en "services" [payants], la faiblesse économique des ménages pauvres et la violation systématique des droits humains.
Les violations des droits humains ont considérablement augmenté ces dernières décennies : entre 1998 et 2008, environ 760 000 familles paysannes ont été déplacées de force, laissant derrière elle, par abandon ou spoliation, 5,5 millions d'hectares de terres. De même, le gouvernement colombien, dans ses efforts pour montrer des résultats "positifs" la politique dite « de sécurité démocratique », a violé le droit à la vie de plus de 1.171 personnes, victimes d'exécutions extrajudiciaires attribuées à l'armée nationale.
Dans le cadre de cette grave crise structurelle traversée par le gouvernement colombien dans le domaine social, économique et politique, ses dirigeants ont développé une politique de répression contre ceux et celles qui représentent des propositions et des potentiels de changements avancés pour le pays, en imposant la criminalisation du mouvement social colombien dans tout le spectre hétérogène de ses expressions et en se livrant à l'emprisonnement des opposants politiques : il y a actuellement plus de 7 000 hommes et femmes privés de leur liberté pour des raisons politiques dans les prisons de l'Etat colombien.
Ainsi les prisonnières et prisonniers politiques en Colombie sont une conséquence du conflit social, politique et armé qui affecte le pays ; c’est pourquoi l'attitude évasive du gouvernement colombien, qui ne reconnaît pas son existence et ses causes, est un obstacle majeur à la progression de propositions qui, comme celle d'un accord humanitaire cherchent à obtenir la libération des prisonniers politiques et constituent des gestes de paix qui rapprochent d'une solution politique et négociée au conflit.
Pour leur part, la situation que les prisonnières et prisonniers politiques vivent et ont vécu dans les prisons colombiennes se résume à un conflit marqué par des protestations, des grèves, des émeutes, des mouvements de désobéissance civile et des incidents violents, et qui a des origines multiples: des conditions sous-humaines de détention, le non-respect de la dignité humaine, la violation des droits humains et des normes minimales pour le traitement des personnes soumises à la détention, et, plus récemment, le transfert du conflit État –insurrection vers les prisons, par les groupes paramilitaires. A cela s’est ajoutée l’ingérence du Bureau fédéral des prisons US dans l'administration de la la justice carcérale et pénitentiaire en Colombie.
Dans ce contexte, il est nécessaire de développer des initiatives qui comme cette rencontre rende visible l’existence du conflit social, politique et armé et la situation des prisonniers politiques en Colombie, ce qui nous permettra d'élaborer des agendas communs de mobilisation locale, nationale et internationale à la recherche de la paix fondée sur la justice sociale.

OBJECTIFS
Général

Créer un espace de réflexion sur les causes et les conséquences du conflit social, politique et armé en Colombie pour permettre la construction de propositions d'organisation et / ou de mobilisation autour de la revendication de liberté pour les prisonnières et prisonniers politiques en Colombie.


Spécifiques
  • Fournir un cadre universitaire/politique qui permette de contextualiser le conflit social, politique et armé en Colombie et la situation des prisonnières et prisonniers politiques.
  • Attirer l'attention sur la criminalisation de l'opposition politique et dénoncer les cas emblématique de détention de militants sociaux, populaires et / ou défenseurs des droits humains.
  • Impulser les différentes campagnes de solidarité avec les prisonniers politiques et à travers l'échange d'expériences.
  • Trouver une référence organisationnelle qui permette d’élaborer un agenda commun de mobilisation locale, nationale et internationale pour  la liberté des prisonnières et prisonniers politiques.
La rencontre est convoquée par :
Organisations de détenus : Collectif des prisonniers politiques "Manuelita Sáenz" dans la prison pour femmes de Bogotá, le Bon Pasteur / Collectif des prisonniers politiques "Antonio Nariño" dans la prison de haute sécurité de Combita - Boyacá.
Organisations et les campagnes nationales : Campaña por la Libertad de lxs Prisionerxs Políticxs “Traspasa los Muros”/ - Comité de Solidaridad por la Libertad de David Rabelo/ - Comité Permanente por la Defensa de los Derechos Humanos/ - Fundación Lazos de Dignidad (FLD)/ Corporación Semilla y Memoria/ - Asociación de Abogados Demócratas del Caribe/ -Partido Comunista Colombiano (PCC)/ - Federación de Estudiantes Universitarios de Colombia (FEU)/ -Asociación Colombiana de Estudiantes Universitarios (ACEU)/ - Asociación Nacional de Ayuda Solidaria (ANDAS)/ -Red de Prensa Alternativa del Sur Occidente (RpaSur)/ - Colectivo Prensa Libre Colombia/ -Comisión de Derechos Humanos del Consejo Patriótico Nacional/ - Coordinación Nacional de Organizaciones Agrarias y Populares (CONAP).
Organisations et  campagne internationales: Réseau international de solidarité avec les prisonniers politiques (INSPP) - Campagne internationale Liberté pour Liliany Obando  “Freedom for Liliany Obando”.

mardi 5 octobre 2010

« Sverige ut ur Afghanistan ! »

Fausto Giudice a écrit cet article il y a plus de 3 ans et demi, exprimant l’espoir que la jeunesse suédoise se réveille rapidement et descende dans la rue pour crier : « Suède hors d’Afghanistan ! » On n’en est malheureusement pas encore là. Et le conservateur Reinfeldt (à peine réélu) est toujours au pouvoir et veut tripler le nombre de soldats suédois en Afghanistan, alors que d’autres pays s’empressent de sortir du bourbier afghan. Pour soutenir notre exigence, le mouvement Afghanistansolidaritet organise, de concert avec IrakSolidaritet, une semaine Afghanistan du 4 au 9 octobre, avec entre autres des expositions, la première d’un film afghan, un séminaire le mercredi 6 octobre à 18 h 30 à ABF (Stockholm) avec Julian Assange, porte-parole de Wikileaks, Pratab Chatterjee de CorpWatch et d’autres, ainsi qu’une manifestation – que nous espérons importante – le samedi 9 octobre octobre à 13 h.place Norra Bantorget, avec entre autres Julian Assange, l’ancien ministre social-démocrate de la Défense  Thage G Peterson et l’écrivaine Maria-Pia Boëthius.

 Un slogan postmoderne toujours d'actualité
par Fausto Giudice, 2 mars 2007

Svenska  English  Español  Italiano 

Qui parmi ceux qui, comme moi, arpentaient les rues de Stockholm à la fin des années 60 et au début des années 70 en criant « USA hors du Vietnam, du Laos et du Cambodge ! », aurait jamais pu penser que nos successeurs des nouvelles générations auraient à descendre à nouveau dans la rue, quarante ans plus tard, en criant « Suède hors d’Afghanistan » ?

La jeunesse suédoise de 2007 n’en est pas encore là – à descendre dans la rue pour exiger le retrait des soldats suédois de Mazar-i-Sharif – mais cela ne saurait tarder. Les slogans de notre jeunesse demandent donc à être modifiés. Dans notre monde globalisé, il faut désormais crier : « Danemark, hors d’Irak ! », « Népal, hors d’Haïti ! », « Fiji , hors du Congo ! », sans oublier « Éthiopie, hors de Somalie ! »
 


Il y a 250 soldats suédois en Afghanistan. Il est question maintenant d’augmenter leur nombre. Les quatre partis de la coalition gouvernementale dirigée par le jeune Fredrik Reinfeldt –modérés, libéraux, centristes et chrétiens-démocrates – a hérité de ce dossier de son prédécesseur social-démocrate. La social-démocrate et chrétienne ministre de la Défense Leni Björklund avait défrayé la chronique en signant un accord de coopération militaire avec l’Arabie saoudite et suite à des accusations de népotisme qui n’ont pas eu de suite. Mais sa décision d’envoyer des soldats suédois combattre en Afghanistan, sous commandement US et dans un cadre, certes avalisé par l’ONU, mais néanmoins de l’OTAN, n’avait pas suscité autant de polémiques. Même la mort de deux soldats suédois, victimes d’un attentat, en novembre 2005, n’avait pas suscité de grandes interrogations ou protestations. C’est que les Suédois sont longs à la détente, après cinq siècles de protestantisme luthérien et un siècle de social-démocratie. Vladimir Lénine avait conclu d’un bref séjour à Stockholm au début du siècle dernier : « Lorsque les sociaux-démocrates décideront de faire la révolution, ils iront demander la permission au Roi. »

Mais les sociaux-démocrates ont perdu le pouvoir aux élections d’octobre 2006 et ont été remplacés par une coalition dirigée par le « Parti du rassemblement modéré », le vieux parti conservateur de droite qui se présente désormais comme le « nouveau parti des travailleurs » et, pour sacrifier au « political correct », se paye même le luxe d’avoir dans son gouvernement une belle Noire, la libérale Nyamko Sabuni, née au Burundi de parents congolais, et qui est, comme il se doit ministre de l’Intégration et de l’Égalité des chances.
Mais revenons à l’Afghanistan. L’ISAF y compte 32 000 soldats provenant de 37 pays. Présentée comme une ”mission de paix et de reconstruction” par ses promoteurs – le ministre italien des Affaires étrangères Massimo d’Alema l’a présentée, lors du débat au Sénat du 21 février de ”mission politique et de paix” -, cette mission est une mission de guerre. En témoignent les nombreux morts parmi les combattants et les civls afghans et parmi les soldats qui la composent, qu’ils soient britanniques, danois (389 soldats – 3 tués) ou norvégiens (540 soldats – 1 tué). La Suède n’est pas membre de l’OTAN mais elle est entrée dans la ”Partenariat pour la Paix” en 1994 et c’est dans ce cadre qu’elle participe aussi à deux autres missions, en Bosnie (IFOR, puis SFOR et aujourd’hui IFOR) et au Kosovo (KFOR). Que font donc les soldats suédois en Afghanistan ? On nous dit qu’ils ”reconstruisent”. Mais les deux soldats tués à Mazar-i-Sharif en novembre 2005,
Jesper Lindblom et Tomas Bergqvist, faisaient partie d’une unité spéciale secrète, le SSG –« groupe de protection spéciale » - sur lequel il est impossible d’avoir la moindre information, étant donné que ses activités relèvent du Secret défense en vertu de la joliment nommée « sekretesslagen » (« loi du secret »). il serait en tout cas étonnant que le SSG s’occupe de creuser des puits et de dispenser des soins médicaux. Plus vraisemblablement, il s’occupe de renseignement et d’opérations contre-insurrectionnelles. Curieusement, ce sigle, SSG, est aussi celui du
"Special Service Group", une brigade indépendante de commandos de l’armée pakistanaise composée de 2100 hommes et chargée des « opérations spéciales ». Le SSG pakistanais a mené des opérations clandestines contre les occupants russes en Afghanistan dans les années 80, puis ces dernières années dans le cadre de l’opération US baptisée « Enduring Freedom ».
Bizarrement, aucun journaliste suédois d’investigation – mais y en a-t-il encore ? – ne s’est livré à une enquête sur le SSG suédois.
Autre argument pour dénoncer le caractère guerrier de la mission suédoise : le gouvernement envisage sérieusement d’engager des avions de chasse JAS Gripen – les fameux avions fabriqués par SAAB – en Afghanistan. Là aussi, on est loin du creusement de puits, des soins médicaux et autres activités de reconstruction. Comme pour l’engagement prévu par l’Allemagne de 8 avions de reconnaissance Tornado en Afghanistan, il y a là matière à débat et en Suède, ce débat, longtemps rampant, a enfin éclaté au grand jour, avec la publication d’un
appel signé par de nombreuses personnalités, dont plusieurs sociaux-démocrates, parmi lesquels Thage G. Peterson, 73 ans, qui fut ministre de la Défense de 1994 à 1997. Cet appel dit tout simplement que les soldats suédois n’ont par leur place dans une mission de guerre en Afghanistan et que la Suède aurait mieux à faire que d’envoyer des soldats dans ce pays sinistré. Comme l’a fait remarquer Petersson, l’envoi de soldats suédois en Afghanistan permet de soulager les forces de l’OTAN, qui peuvent ainsi porter le principal de leur effort de guerre sur l’Iraq. Bref, participer à la guerre en Afghanistan, c’est participer à la guerre en Irak. De toute façon, les deux guerres sont pensées, organisées et planifiées au même endroit, le Commandement central stratégique US, basé à Tampa en Floride. Commandement auprès duquel sont d’ailleurs détachés des officiers suédois.
« L’Afghanistan peut devenir le Vietnam de la Suède » : c’était le titre d’un éditorial du quotidien social-démocrate Aftonbladet le 9 janvier dernier.
Depuis 200 ans, la Suède n’avait été directement impliquée dans un aucun conflit militaire, se contenant de fournir des casques bleus aux missions de l’ONU. La sacro-sainte neutralité suédoise a été fortement érodée ces dernières années. Les sociaux-démocrates, qui portent une lourde responsabilité dans cette érosion, semblent être en train de faire marche arrière, suivis par leurs alliés écologistes du « Miljöparti », qui contrairement à ce qu’on pourrait croire ne signifie pas le « parti du milieu » mais le « parti de l’environnement ». Mais, étant en minorité au Parlement, ils n’ont aucune chance d’y bloquer l’augmentation des effectifs militaires en Afghanistan et encore moins d’obtenir un retrait des troupes. Il ne leur reste donc qu’une solution : mobiliser l’opinion et descendre dans la rue comme l'ont fait les opposants italiens à la présence de troupes en Iraq et Afghanistan et à l'extension de la base militaire US de Vicenza.. On va donc finir par entendre dans les rues de Stockholm résonner ce slogan authentiquement postmoderne : « Sverige ut ur Afghanistan ».

Le mouvement suédois de solidarité avec le Vietnam (1965-1975) fut le plus important dans le monde en dehors des USA. Il culmina en 1972 avec une manifestation de 50 000 personnes à Stockholm et un appel au retrait des troupes US signé par 2,3 millions de Suédois, soit 28% de la population du pays

samedi 13 février 2010

Johnny got his gun, but he forgot his pants!

Johnny a eu le temps d'attraper son flingue, mais pas d'enfiler son froc !

Cette photo, prise en Afghanistan au début du XXIème siècle, montre trois courageux défenseurs de la Démocratie en pleine action de lutte contre le terrorisme. Comment savoir qu'il s'agit de défenseurs de la Démocratie? C'est simple, ils sont les seuls à porter des caleçons aussi horribles. David Guttenfelder de l'Associated Press a obtenu pour cette photo le 2ème prix du World Press Photo of the Year Award

mercredi 10 février 2010

Journalistes menacés en Colombie

APCAL
Agence de presse Canada-Amérique latine
5430, av. Trans-Island, Montréal (Québec)
Canada H3W 3A5
Apcal.agencedepresse@gmail.com 
(438) 888-9345
9-2-2010
APCAL rapporte les déclarations faites aujourd’hui par le journaliste colombien Hollman Morris, à l’occasion de la célébration de la Journée du journaliste en Colombie.  Cette déclaration établit la responsabilité directe de l’actuel président Alvaro Uribe Vélez dans les persécutions réalisées par la police secrète du D.A.S. (Département administratif de la sécurité) sous son gouvernement.  Morris a déclaré que le président Uribe ne peut continuer de nier qu’il ignorait que sa police secrète, le D.A.S., dirigeait et organisait la plus grande persécution contre l’opposition politique qui ait eu lieu en Colombie, et que toute la structure du D.A.S. au niveau national y participait.  «Il est impossible que le président Uribe ne l’ait pas su», a affirmé Morris.
 
«Politiquement, il doit des explications à la société colombienne, il doit répondre à cette société.  Il doit demander pardon au pays, lui et sa police secrète, non seulement aux journalistes Hollman Morris et Claudia Julieta Duque, mais également à toute la société et à l’avenir de ce pays.  La Colombie ne pourra continuer si l’on continue à diffamer et à persécuter l’opposition politique.  Et surtout pas de la façon dont cela a été fait, en appelant, au milieu de la nuit, leurs épouses pour les intimider, en les menaçant et en faisant suivre leurs enfants, en mettant sur écoute leurs téléphones cellulaires et leurs courriers électroniques, en faisant des campagnes de diffamation au niveau national et international.  «Ce pays n’est pas celui que nous, Colombiens, voulons», a poursuivi le journaliste.
 
«Le gouvernement Uribe n’est pas le gouvernement qui a le plus protégé les journalistes.  Il est en fait celui qui les a le plus diffamés, particulièrement ceux de la presse libre et critique de ce pays.  C’est justement pour cela que le président Uribe doit répondre à ces questions, puisque c’est lui qui parle le plus de sécurité démocratique, puisque c’est lui qui a donné la priorité à la sécurité dans ce pays, puisqu’il est le chef direct de la police secrète du D.A.S.  C’est pour cela qu’il ne peut pas nier maintenant qu’il ne savait pas ce que faisait sa police secrète, ni le fait que l’on a créé le tristement célèbre «Groupe 3» (G3), qui a mené une opération d’une telle envergure pour persécuter l’opposition politique en Colombie, et, il importe de le signaler, une aussi grande offensive contre le mouvement de défense des droits de la personne, qu’il a accusé en septembre 2003 d’être constitué de terroristes.
 
En août 2003, Hollman et Claudia Julieta ont travaillé ensemble pour élaborer un documentaire sur le cas de l’assassinat de l’humoriste Jaime Garzón.  La production montre que le D.A.S. a effectué une opération pour faire dérailler l’enquête sur ce crime.  En 2001, alors que Claudia Julieta enquêtait sur ce cas, des attaques avaient commencé à être dirigées contre elle.  Il est prouvé qu’en raison de ce documentaire, diffusé par l’émission télévisée «Contravía» les 17 et 24 août de la même année, la persécution contre les deux journalistes et leurs familles a augmenté.
Les deux journalistes considèrent qu’il est clair que les graves accusations publiques faites par le président Álvaro Uribe contre eux ont coïncidé avec les attaques du «G-3».  En septembre 2003, par exemple, après que le président Uribe eut prononcé un discours contre les défenseurs des droits de la personne, un mémorandum interne du D.A.S. envoyé à Jorge Noguera a qualifié la journaliste Claudia Julieta Duque de “trafiquante en droits de la personne”.
Une autre coïncidence est le fait qu’en novembre 2008, le président Uribe ait déclaré qu’il existe une “meute de bandits” et “une campagne orchestrée par les FARC”.  Il visait ainsi à lier l’ex-procureur («fiscal») général de la Nation, Luis Camilo Osorio, aux groupes paramilitaires.  Claudia Julieta Duque est l’auteure du rapport «Fiscalía General de la Nación: Una esperanza convertida en amenaza, balance de Luis Camilo Osorio».  Le titre peut se traduire par «La «fiscalía» générale de la Nation : un espoir converti en menace – Bilan de Luis Camilo Osorio», la fiscalía étant l’organisme général suprême chargé d’enquêtes judiciaires.  Ce rapport consiste en une compilation des résultats de l’enquête réalisée et diffusée publiquement par Gustavo Petro, alors député et aujourd’hui candidat d’opposition à la présidence, qui a prouvé l’infiltration du paramilitarisme dans la «Fiscalía» au cours de l’administration de l’ex-«fiscal» Osorio.  Le rapport a été publié en 2005.
Comme cela est de notoriété publique, le président Uribe a accusé à plusieurs reprises Hollman Morris d’être «lié par des alliances avec le terrorisme pour filmer des attentats» (mai 2005).  À cette époque, le G-3 avait déjà recueilli des centaines de pages de données des services de renseignement contre Morris, directeur du programme de télévision «Contravía».
En février 2009, le président Uribe a accusé à nouveau Hollman Morris d’être lié aux FARC, et a demandé que l’on mène une enquête pénale parce que le journaliste avait «interviewé sous pression» quatre agents de la police et des soldats récemment libérés.  Uribe l’a accusé de semer les agents de protection de l’État afin de voyager pour se rendre à des rencontres avec ce mouvement de guérilla.  De plus, Juan Manuel Santos, alors ministre de la Défense, a accusé Morris d’être un ‘sympathisant des FARC’, et, presqu’immédiatement, ce journaliste a reçu plus de 50 menaces par courrier électronique.  Quelques mois plus tard, la «Fiscalía» a mis fin à l’enquête contre Hollman Morris en démontrant que le journaliste avait travaillé dans le respect de l’éthique journalistique.
La campagne de diffamation qui a suivi les accusations du président Uribe contre Morris coïncide pleinement avec les recommandations du G-3 et du D.A.S. dans son cas.  Le journaliste attend encore une rectification du chef d’État.
Actuellement, les deux journalistes et leurs familles continuent à être en péril, comme le sont des milliers de personnes, entre autres l’actuel candidat à l’opposition colombienne, Gustavo Petro.  Toutes ces personnes pensent que seulement une action déterminée de la Justice et des directives claires de la présidence de la République pourront provoquer un changement positif dans la situation des personnes persécutées.
Versión española

vendredi 29 janvier 2010

Une fosse commune contenant 2000 cadavres est découverte en Colombie

par Antonio ALBIÑANA, 26/1/2010. Traduit par Esteban G. et révisé par Michèle Mialane, Tlaxcala
Original : 
Público.es - Aparece en Colombia una fosa común con 2.000 cadáveres
C’est sur le territoire du petit village de La Macarena, dans la région du Meta, à 200 kilomètres au sud de Bogota, un des coins les plus chauds du conflit colombien, que vient d’être découverte la plus grande fosse commune de l’histoire récente de l’Amérique latine. Le nombre de cadavres« SN », enterrés sans être identifiés, pourrait s’élever à 2000, selon plusieurs sources d’information ainsi que celle du voisinage. Depuis 2005, l’Armée dont les forces d’élite sont déployées alentour, a entassé des centaines de cadavres, dans une fosse derrière le cimetière du village, avec l’ordre de les inhumer anonymement.

Il s’agit-là du plus grand enterrement de victimes d’un conflit qu’il nous soit donné de connaitre dans le  continent. Il faudrait remonter jusqu’à l’Holocauste nazi ou à la barbarie de Pol Pot au Cambodge, pour trouver une chose semblable.
Derrière le cimetière de la Macarena, à 200 km de Bogota, des milliers de corps anonymes ont été enterrés.
Le juriste Jairo Ramírez est le secrétaire du Comité Permanent pour la Défense des Droits Humains en Colombie, c’est lui qui a accompagné une délégation de parlementaires anglais sur place il y a quelques semaines, alors que l’on commençait à découvrir l’importance de la fosse de La Macarena. « Ce que nous avons vu était horrible », a-t-il déclaré à Público. « Une quantité incalculable de corps, et des centaines de planches en bois peintes en blanc réparties sur toute la superficie de la fosse avec inscrit dessus « SN » [Sans Nom] et des dates depuis  2005 jusqu’à aujourd’hui ».
A partir del 2005, 'Chucho', el sepulturero del pueblo, comenzó a marcar las tumbas con tablillas en las que registró las fechas de inhumación de los cadáveres y los alias de las personas muertas.
Photo: Fernando Ariza / EL TIEMPO
À partir de 2005, 'Chucho', le fossoyeur du village, avait commencé à marquer les tombes avec des tablettes sur lesquelles il inscrivait les dates d’inhumation des cadavres et les alias des personnes mortes.

Disparus
Ramírez ajoute: « Le commandant de l’armée nous avait dit que tous étaient des guérilléros tués au combat, mais les gens de la région nous parlaient d’une multitude de leaders sociaux, de paysans et de défenseurs de communautés qui avaient disparu sans laisser de traces. »
Alors que le Procureur annonçait qu’une recherche serait lancée « à partir du mois de mars », après les élections législatives et présidentielles, une délégation parlementaire espagnole composée par Jordi Pedret (PSOE), Inés Sabanés (IU), Francesc Canet (ERC), Joan-Josep Nuet (IC-EU), Carles Campuzano (CiU), Mikel Basabe (Aralar) et Marian Suárez (Eivissa pel Canví) est arrivée hier en Colombie pour étudier le cas et en informer le Congrès et la Commission Européenne. Le travail de cette délégation se fera également en différents lieux du pays et sera aussi axé sur la situation de la femme en tant que première victime du conflit et sur celle des syndicalistes (41 d’entre eux ont été assassinés rien qu’en 2009).
Aparece en Colombia una fosa común con 2.000 cadáveres 
Une famille transporte en bus les restes du corps d’un disparu qui ont été retrouvés dans une fosse commune (AFP)

Dans le pays il y a plus de mille fosses

L’horreur de La Macarena a révélé au grand public l’existence de plus de mille fosses communes emplies de cadavres non identifiés en Colombie. À la fin de l’an passé, les médecins légistes avaient recensé quelques 2500 cadavres, dont 600 ont pu être identifiés et rendus à leur familles.
La localisation de ces cimetières clandestins a été possible grâce aux déclarations en version libre de certains sous-chefs, en principe démobilisés, du paramilitarisme, et protégés par la très controversée Loi de Justice et Paix qui leur garantit une peine symbolique en échange de l’aveu de leurs crimes.
La dernière de ces déclarations est celle de John Jairo Rentería, alias Betún, qui vient de révéler devant le procureur et les familles des victimes que lui-même et ses hommes de mains ont enterré « au moins 800 personnes » dans la propriété Villa Sandra, à Puerto Asís, dans la région de Putumayo. « Il fallait démembrer les gens. Tous ceux qui faisaient partie des Autodefensas devaient apprendre à le pratiquer et très souvent on le faisait avec les gens vivants », a avoué le chef paramilitaire au procureur de Justice et Paix.

Alfredo Molano. Sociologue et écrivain :« Le gouvernement ne veut pas faire des recherches »
Alfredo Molano, un des éditorialistes les plus influents de Colombie, a parcouru le pays en rapportant la chronique de la violence, ce qui lui a valu l’exil forcé pour échapper aux menaces des militaires et des paramilitaires.
Quelle est la situation à propos des fosses en Colombie?
Le Procureur Général de la Nation, lui-même, parle de 25.000 « disparus », qui doivent certainement être quelque part. Il existe énormément de cimetières clandestins en Colombie. Des gens ont été rayés. C’est possible aussi qu’ils aient fait disparaître des restes, en recourant à des procédés utilisés par les nazis, comme les fours crématoires.
Est-ce que ces fosses ont un lien avec ce que l’on appelle les « faux positifs » ?
Oui, tout cela peut être lié aux “faux positifs” [des Colombiens civils assassinés et que le gouvernement présente comme « morts au combat »]. L’armée les enterrait dans la clandestinité. Une grande partie de ces personnes vont être retrouvées dans ces fosses communes.
Quelle peut être l’importance de ces fosses découvertes ?
Terrible. En Colombie, même durant les années cinquante il n’y avait pas eu autant de brutalité que celle dont font preuve ces actions des paramilitaires, mais le gouvernement ne souhaite pas d’enquête approfondie, tout au plus il laissera révéler l’existence de quelques tombes. De plus, cela demande du temps et les identifications, par tests chimiques et ADN, présentent des d’énormes difficultés techniques.

mardi 19 janvier 2010

La recolonisation post-sismique d’Haïti



par Ayman El Kayman, Coups de dent n°124, 19/1/2010
Ayiti, Haïti, île-martyre, île-flambeau de la liberté des Nègs1, première république noire de l’histoire, est en train d’expérimenter une invention qui a germé dans les cabinets du pouvoir des Maîtres du monde : la recolonisation post-sismique.
L’île, qui a été occupée par l’US Army de 1915 à 1934, est à nouveau occupée par la même armée depuis quelques jours. Les troupes yankees ont pris le contrôle de l’aéroport de Port-au-Prince et d’autres points stratégiques.


Et évidemment, l’Union européenne ne veut pas être en reste dans cette opération de recolonisation. Les Bruxellocrates se tâtent donc pour savoir s’ils vont envoyer une force de police ou bien une force de gendarmerie.
Nicolas le petit ferait bien de méditer sur l’échec cuisant subi par son Grand Modèle, Napoleone Buonaparte, dont le corps expéditionnaire fut mis en déroute par les combattants de la liberté il y a 210 ans. Victoire la plus chère de l’histoire de l’émancipation des peuples esclavagisés/colonisés puisqu’elle coûta 90 millions de francs-or à la République d’Haïti, payés en guise de dommages et intérêts à l’ancienne puissance coloniale qu’était la France en échange de sa reconnaissance de l’indépendance d’Haïti.
Et c’est cette dette infâme qui fut à l’origine de la tragédie séculaire vécue par l’île. C’est là l’origine de la « malédiction » qui frappe Haïti.
Yankees e ewopeyen : sòti Ayiti !

1-      En kréyol, Nèg veut dire tout simplement être humain

Les Marines US tuèrent plusieurs milliers de « bandits » dans les années qui suivirent l’occupation

Charlemagne Peralte, ancien officier qui avait pris la tête de la résistance armée contre l’occupation yankee, fut capturé et assassiné en 1919 par un escadron de 22 Marines grimés en Nègres, et son corps exposé dans sa ville natale de Hinche. Les photos de son corps furent distribuées dans toute l’île pour semer la terreur. Le chef de l’escadron de la mort, le sergent Herman Hanneken, fut décoré de la Médaille d’Honneur. Ce haut fait d'armes de l'US Army a longtemps été enseigné comme un exemple éclatant de guerre contre-insurrectionnelle dans les écoles militaires US. Je ne suis pas sûr qu'il ne soit plus enseigné.

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
...et à la semaine prochaine !


dimanche 17 janvier 2010

COLOMBIE : Quatre brèves dans le même sens


par Hernando CALVO OSPINA, 11/1/2010. Traduit par Armando García, édité par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original : Cuatro notas, un solo sentido


Un jour viendra

Il fait déjà l'objet d'une plainte pour crimes contre l’humanité devant la Coupe Pénale Internationale de La Haye. Ce sont des organisations de droits humains qui l'ont déposée. Le fait qu’il soit président empêche qu'on ouvre une enquête contre Álvaro Uribe Vélez.
Les crimes contre l’humanité sont au-dessus de tout crime. Malgré cela, Uribe Vélez a obtenu que plusieurs chefs narcoparamilitares, qui ont commis des milliers de meurtres horribles, soient extradés aux USA sous l’accusation de trafic de drogue.
Il a ainsi évité qu'ils continuent à raconter aux Colombiens comment lui-même, des politiciens de droite, des propriétaires fonciers, des cadres de l'armée et de multinationales ont instauré, tous unis, le terrorisme d'État.
Mais… aujourd'hui, la grande préoccupation du président, du vice-président Santos, de l'ex-ministre de la Défense - un autre Santos- et de beaucoup de « personnalités » est de ne pas être en mauvais termes avec Washington. Ils pourraient, pour une moindre brouille, finir devant un tribunal usaméricain. Les preuves qu'ont remis les paramilitaires et autres ex-fonctionnaires colombiens à la justice usaméricaine sont catégoriques. Et là, on les tient bien gardées, comme c'est la coutume aux USA…
C'est passé inaperçu. Le 24 novembre 2009 a été enregistrée au secrétariat du Sénat colombien « une dénonciation pénale pour délit de trahison de la Patrie » contre Uribe Vélez et des possibles coauteurs. Selon la plainte, les accords militaires signés avec les USA « violent les principes fondamentaux de la Constitution ».
Tant de crimes et de délits ne peuvent rester impunis. Si la justice colombienne ou la Cour Pénale Internationale n'y arrivent pas, un jour peut-être leur complice et protecteur se retournera contre eux. Dès qu’ ils ne serviront plus  à Washington, ou que leur image sera devenue indéfendable, ils seront alors traités comme des kleenex.
L'ex-secrétaire d'État US Henry Kissinger l'a dit: « Être notre allié est fatal ».

Menaces valables

Bien qu'il réside en Colombie, c'est la police fédérale usaméricaine, le FBI, qui a fait l'enquête. Dans les heures qui ont suivi sa capture, ses chefs d’inculpation lui ont été notifiés. Le jeune homme est supposé avoir menacé de mort, sur Facebook, les deux fils du président Álvaro Uribe Vélez.
Par un communiqué de la Présidence du 2 décembre, les rejetons disent : « Nous répudions tout acte de terrorisme, tel que l'incitation à l'homicide -indépendamment de sa motivation et de la personne qui le commet ».
Si l'acte du jeune homme était confirmé, il répéterait malheureusement une pratique des dirigeants colombiens. Il est courant de taxer les adversaires politiques légaux de « guérilléros » ou de «  terroristes ». Ceux qui ont été assassinés par des « inconnus » sont déjà des centaines.
Cela se fait depuis cinquante ans. Uribe Vélez a multiplié cette aberrante incitation au crime. La personne qui a le plus « mérité » ses attaques est la sénatrice Piedad Córdoba. Son inébranlable initiative d'aide à l'échange de prisonniers entre la guérilla et l'État est une des causes.
La quantité de grossièretés et de menaces proférées sur elle est déconcertante. La plupart se font dans la section « commentaires » des sites des principaux médias. On a identifié sur Facebook 30 groupes qui appellent à attenter à sa vie. Et pas une seule enquête.

Luis Carlos Galán, un crime d'État de plus ?

Le 18 août 1989, près de Bogota, Luis Carlos Galán, candidat à la présidence de Colombie, était assassiné
Ce dirigeant politique fut un des quatre candidats assassinés à cette époque.
Dans chaque cas, presque immédiatement, sans un minimum d'enquête, le chef du Département Administratif de Sécurité, le DAS, Miguel Bat Márquez, assurait que le responsable était le narcotrafiquant Pablo Escobar, chef du fameux Cartel de Medellín.
Presque personne n'osait douter de la parole « du meilleur policier du monde », comme l'avait nommé Washington. Il menait une guerre sans merci contre celui que Washington appelait le « pire criminel du monde ».
Comme on le sait, le cartel de Cali, aussi ennemi d'Escobar, livrait des informations à Maza. Par une de ces « coïncidences de la vie », le général était marié avec une parente d'un des principaux parrains de Cali. Détails sans importance…
Le 18 août 2009, à quelques heures de la prescription du meurtre de Galán, un des rares juges honnêtes et courageux de Colombie a ordonné la détention du Maza Márquez, déjà retraité.
Il l'a fait sur base du témoignage du chef narcoparamilitaire Ernesto Báez, qui a assuré que le policier « incorruptible » et « honnête » était derrière la mort de Galán.
Pablo Escobar a été responsable de centaines de crimes et d'assassinats. Mais beaucoup de ceux qu'ont commis de hauts responsables de l'État lui ont été attribués. Celui de Galán n'est qu'un échantillon.


Prisonniers politiques et de guerre

En Colombie il y a environ sept mille (7.000) prisonniers politiques et de guerre. Presque tous torturés. Femmes et hommes. Noirs, Indiens, mulâtres… syndicalistes, étudiants, guérilleros, paysans, enseignants, intellectuels…
Miguel Ángel Beltrán Villegas est l'un d'eux. À la demande de Bogotá, ce sociologue a été arrêté à Mexico le 22 mai 2009. Il y résidait en tant qu’universitaire invité. On allégua qu'il était membre des FARC.
Après avoir été torturé, il fut extradé - en violation des conventions entre les deux pays qui interdisent de le faire pour motifs politiques.
Le 23 décembre 2009, dans la nuit, Beltrán Villegas a été sorti de sa cellule de la prison Modelo de Bogotá. Selon des témoins, la seule explication qu'on lui a donnée est qu'il « serait transféré vers des terres froides ».
Aucune autorité n'a informé sa famille ou ses avocats de son transfert.
On ignorait à la date du 7 janvier où il se trouvait. Il a disparu.
Si à Cuba un contre-révolutionnaire est arrêté, la nouvelle fait le tour du monde et l'Union Européenne menace d'appliquer des sanctions. Si au Venezuela un « opposant » enfreint les lois et est arrêté, la presse mondiale se scandalise devant la « répression chaviste ».
Le gouvernement colombien étant un humble serviteur de Washington, les grands médias qui créent l'opinion font comme si de rien n'était. C'est comme si ces combattants populaires et révolutionnaires n'existaient pas. Ou s’ils méritaient ce qui leur arrive...

dimanche 3 janvier 2010

La France "offre" des chars Leclerc à la Colombie d'Uribe




Le gouvernement français a remis une offre de vente au gouvernement colombien de 30 à 40 chars de combat Leclerc d'occasion, selon une information parue hier dans La Tribune [La France propose des chars Leclerc d'occasion à la Colombie ].
Les chars d'assaut, fabriqués par Nexter, l'ex-Giat Industries, devront être modernisés avant d'être vendus car ils ne sont plus opérationnels, ajoute le quotidien. Cette offre inclut donc la modernisation des véhicules. L'armée de terre française essaie ainsi de trouver des marges de manœuvre financières, notamment pour l'achat de véhicules blindés au Suédois Häglunds, une filiale du britannique BAE Systems , selon La Tribune [L'Etat français choisit BAE plutôt que Thales pour une commande de blindés ].
Contacté par l'agence espagnole EFE, le ministre de la Défense colombien a refusé de commenter cette offre française. La Colombie a renforcé ces derniers mois ses forces armées pour combattre, selon le gouvernement, la guérilla et le narcotrafic mais n'avait pas envisagé jusqu'ici l'achat de chars neufs, souligne El Tiempo .
Mais il faut se demander si cette dernière opération d'achat ne vient pas s'inscrire plutôt dans une escalade militaire dont les visées dépasseraient les frontières de la Colombie.
Source : El Correo, Paris, 23 décembre 2009.
Francia ofrece a Colombia 40 tanques de guerra Leclerc

El Gobierno de Francia ha ofertado a su similar de Colombia entre 30 y 40 carros de combate Leclerc "de rebajas", informó ayer el diario La Tribune [La France propose des chars Leclerc d'occasion à la Colombie].
La oferta incluye la modernización de los vehículos, que no están operativos actualmente dentro de las Fuerzas Armadas colombianas.
Contactado por Efe, el Ministerio de Defensa declinó hacer comentarios sobre la oferta francesa.
Colombia ha fortalecido a las Fuerzas Armadas con armamento para combatir a la guerrilla y al narcotráfico, pero hasta ahora no había pensado en la compra de nuevos tanques de guerra. La operación se enmarca dentro de una estrategia del Ministerio de Defensa de Francia que pasa por vender 101 de esos tanques fabricados por Nexter para obtener "cierto margen de maniobra en el presupuesto del Ejército de tierra", agregó el periódico, que no precisó sus fuentes de información.
El Ejército galo ha adquirido recientemente 53 vehículos de alta movilidad a la firma sueca Hglunds AB, filial de la británica BAE Systems, recuerda el diario La Tribune [L'Etat français choisit BAE plutôt que Thales pour une commande de blindés] .
La operación no es más que la primera parte de un monto global de 220 millones de euros por 129 vehículos que las Fuerzas Armadas francesas contratarán con la compañía sueca, informó BAE Systems, la empresa británica fabricante de los aparatos.
El Tiempo
. Colombia, 24 de Diciembre de 2009.
El Correo
 : Pero hay que preguntarse si esta posible operación de compra no viene a inscribirse más bien en una escalada militar con intensiones que sobrepasarían las fronteras de Colombia.
Fuente: El Correo
Bonus!

"Une droite effrontée et sans pudeur"
Le journaliste colombien Antonio Caballero a proposé une nouvelle interprétation de l'affaire Jean Sarkozy dans une récente tribune publiée par l'hebdomadaire Semana. Pour lui, le président français se contente de s'inspirer de son homogue colombien Alvaro Uribe, accusé d'avoir favorisé ses deux fils à l'occasion d'une transaction immobilière.

Lire l'interview d'Antonio Caballero



mercredi 18 novembre 2009

Afghanistan : Le pioupiou à une brique

Un soldat US en Afghanistan coûte 1 million de dollars par an.
68 000 soldats= 68 milliards
Si Obama décide de satisfaire a demande du Général MacCrystal d'envoyer des renforts :
40 000 soldats de plus = entre 40 et 54 milliards
Budget militaire US prévu en 2010 : 734 milliards de dollars
Déficit budgétaire US actuel : 1 400 milliards de dollars
À part ça, tout va bien


mardi 17 novembre 2009

Le "parler vrai" d'Hillary

"Nous n'avons pas d'illusions. Nous n'en sommes plus aux jours de jadis lorsque les gens venaient dans votre émission et parlaient de la façon dont nous allions aider les Afghans à construire une démocratie moderne, un État fonctionnant mieux et toutes ces choses formidables. Cela pourrait arriver, mais notre priorité est la sécurité des USA. Rester en Afghanistan ne nous intéresse pas. Nous n'y avons pas d'intérêts à long terme."
Hillary Clinton, secrétaire d'État, sur la chaîne ABC, 15 novembre 2009

jeudi 17 septembre 2009

Une occupation militaire qui ne dit pas son nom

Philippines –USA : Dix ans de VFA (Accord sur les forces en visite), une évaluation
par Roland G. SIMBULAN

MANILLE – La présence de soldats usaméricains lourdement armés jusque dans les campagnes philippines les plus reculées fait désormais partie du paysage local. Nous marquons, cette année, les dix ans (1999-2009) de l’Accord sur les forces en visite (VFA – Visiting Forces Agreement), ratifié par le Sénat des Philippines le 27 mai 1999, accord qui a fait de nos campagnes une zone de tir libre pour les « exercices militaires conjoints » utilisant des munitions réelles et de l’artillerie qui a tué, blessé ou mutilé nos gens, y compris des enfants. Ces forces étrangères sont entrées en territoire philippin sans passeports ni visas, sans autorisations de la part de nos douanes ni de la part de nos autorités d’immigration, sans mise en quarantaine de la part de nos autorités sanitaires, et sans permis, ni immatriculation pour conduire leurs véhicules dans notre pays. Elles ont échappé à la justice après avoir commis des meurtres, des tentatives de meurtre, des viols, des harcèlements de nos femmes, des mauvais traitements de nos compatriotes et la destruction de notre environnement. Un document appelé l’Accord sur les forces en visite (VFA) leur a donné le droit de faire tout cela.


Plus de 40.000 soldats usaméricains sont ainsi entrés en territoire philippin dans plus de 25 provinces depuis l’entrée en vigueur du VFA en 1999. Ils sont arrivés dans plus de 78 vaisseaux et flotilles de la marine usaméricaine, comptant des porte-avions avec des armes nucléaires, des croiseurs, des sous-marins –tout cela en violation flagrante de la Constitution des Philippines qui interdit l’entrée d’armes nucléaires dans une partie quelconque du pays.


Le VFA est la plus grave anomalie dont souffrent nos relations étrangères aujourd’hui, 17 ans après le démantèlement historique des bases militaires usaméricaines en 1992. C’est un document éhonté à sens unique, puisqu’il n’est pas réciproque. Il va à l’encontre de la disposition constitutionnelle des Philippines qui prévoit « une égalité de la protection légale» par le simple fait qu’il assure des droits et privilèges spéciaux à des forces armées étrangères sur le territoire des Philippines. Le VFA a été une indignité envers notre peuple, un travestissement pour nos droits et notre État de droit. C’est pourquoi les Philippins de tous les milieux, partout dans le pays, continuent à manifester contre le soi-disant traité. Il nous rappelle que nous ne sommes pas encore vraiment souverains sur notre propre territoire en tant que nation.


Le VFA est par conséquent un mauvais exemple pour les autres accords militaires proposés ou en instance avec les autres pays tel que le Statut philippino-australien de l’Accord des forces en visite qui est toujours en examen au Sénat, ou les projets d’accord avec Singapour et la Nouvelle-Zélande. Ces derniers utilisent ostensiblement le VFA avec les USA comme modèle.


Le VFA est-il légal et constitutionnel ?


Il est clair que les décisions de la Cour Suprême en 2000 et 2009 sur le VFA ne permettent que des exercices militaires conjoints comme Balikatan (épaule contre épaule), ainsi que des exercices d’entraînement de petites unités mixtes. Elle n’accorde pas de droits pour la construction de bases ou d’installations pour des forces US de passage en visite aux Philippines. Elle n’autorise pas non plus les forces US à prendre part à des opérations de contre-insurrection dans le pays.


Protestation contre le VFA, 2008

Lire la suite


Original : Bulatlat-Ten Years of the VFA: An Assessment

TAMAZIGHT Filippin: Iγallen imarikaniyen "inebgawen"

DEUTSCH Die Militärbesatzung der Philippinen durch die US-Armee: eine unendliche Geschichte?


vendredi 11 septembre 2009

Les USA envahissent et occupent le Pakistan

Un point de vue pakistanais
par Talha MUJADDIDI, 30/8/2009

Nous le voyons se produire dans nos rues. Le cauchemar récurrent est aujourd'hui devenu une dure réalité pour le peuple du Pakistan. Après avoir suivi les horreurs des invasions et des occupations usaméricaines en Irak et chez notre voisin, l'Afghanistan pendant 8 ans, la « guerre contre le terrorisme » est finalement arrivée dans « Le Pays des Purs* ». Obama tient sa promesse de campagne au Pakistan. La brutale arrivée des marines US, des Hummers militaires US, des tueurs stipendiés de la société militaire privée Blackwater, les maisons barricadées pour le personnel US à Islamabad et la construction de la plus grande « ambassade » US du monde, terrorisent cette nation de 180 millions d'habitants. Le massacre et la destruction US de l'Irak et de l'Afghanistan voisin pendant les 8 dernières années leur ont donné un avant-goût ce qui peut arriver, à eux, à leurs familles et à leur pays.

Les marines usaméricains




Le 21 septembre 2008, une bombe a explosé à l'hôtel Marriott à Islamabad, tuant un grand nombre de personnes et en blessant des centaines. Avant l’attentat, des marines US ont déchargé des caisses métalliquesl d'un camion, ont franchi la sécurité et les ont transportées au 4ème étage du bâtiment. Les responsables US refusent de coopérer avec le gouvernement qui tente d'enquêter sur leurs activités. Un an plus tard, ce sont les mêmes marines US qui mènent l'occupation du Pakistan.

Jusqu'au débarquement des forces usaméricaines, le porte-parole US pour les Affaires étrangères a démenti que 1000 marines US étaient en route pour Islamabad. Les mille marines se trouvent désormais dans la capitale.. Certains d'entre eux doivent être en train de s’infiltrer tranquillement au Baloutchistan où la présence du Joint Special Operations Command (l'état-major conjoint des opérations spécial) a été signalée par des journalistes étrangers. Mais la majorité d'entre eux sont là pour défendre ce que sera la plus grande ambassade/forteresse usaméricaine du monde, pour l'instant en cours de construction, et pour servir de tête de pont à l'invasion et à l'occupation.

Le coût pour le contribuable usaméricain




L'ambassadrice usaméricaine au Pakistan, Anne W. Patterson



Le coût total pour l'hébergement et le soutien général sur place des seuls marines sera de 112.5 million $. L'ambassadrice Anne W. Patterson, a indiqué que l'argent est réparti de la façon suivante : « 5 millions $ pour les quartiers des marines, 53,5 millions $ pour les infrastructures d'hébergement, 18 millions $ pour l'amélioration de la zone de bureaux des services généraux et 36 millions $ pour les quartiers de temporaire et les équipements collectifs. »

Dans ses explications concernant l'expansion massive de l'ambassade usaméricaine, Patterson a mentionné le chiffre de 4 milliards de dollars :

« L'expansion de l'ambassade, a -t-elle déclaré, reflète l'engagement à long terme que les USA ont l'intention de prendre au Pakistan. De plus, a t'-elle indiqué, quadrupler l'aide sociale, économique et militaire qui engagera 4 milliards $ par an pendant les 18 prochains mois, nécessite un accroissement du personnel. »



L'ambassadrice Patterson n'a pas clarifié si les 4 milliards $ couvraient la construction qui fera de cette ambassade la plus grande du monde. Quand on replace cette construction dans le contexte et compte tenu du nouveau degré de l'occupation US au Pakistan, cela ressemble plus à une base militaire permanente, pas seulement pour le Pakistan mais aussi pour toute la région, qu'à une ambassade pour les opérations militaires courantes et secrètes.



Des armes et des Hummers

Des témoins et des journalistes informés ont signalé avoir observé depuis quelques semaines, du personnel usaméricain à Islamabad mais il se déplace maintenant librement à travers la capitale. La loi (section 144) stipule que des Pakistanais en possession d'armes à feu ne sont pas autorisés à les porter sur eux, dans Islamabad. Mais le personnel usaméricain montre aux Pakistanais qu'il est au-dessus de la loi en brandissant ouvertement ses armes. Il a également été confirmé que 3 000 Hummers militaires, verrouillés et chargés, attendent d’ être débarqués et déployés, à Port Qasim (Karachi). Pour des millions de Pakistanais l’évocation de ces Hummers rappelle des images de troupes usaméricaines, armées jusqu'aux dents, chargeant dans les rues des villes irakiennes, terrifiant et tuant souvent des civils sans défense.


Le 23 février 2009, le Pentagone a révélé que plus de 70 conseillers militaires usaméricains travaillaient secrètement au Pakistan.



Blackwater et la CIA

Les Pakistanais étaient au courant qu'environ 300 "conseillers" militaires US logeaient à Tarbela. Mais la nouvelle de l'arrivée des célèbres mercenaires de Blackwater, en plus des mille marines US, concentre toute leur attention. Au Pakistan, la société Blackwater a remplacé son nom entaché par un nom plus parlant, "Xe Worldwide", nom derrière lequel ces tueurs à gage se cachent

La semaine dernière également, Creative Associates International Inc (CAII), une couverture de la CIA, opérait à Peshawar. Ils ont maintenant bouclé une route et ouvert boutique près des maisons de hauts responsables pakistanais à Islamabad, juste en face d'une école.




Le Dr. Shireen Mazari

Le Dr. Shireen M. Mazari est une chercheuse et commentatrice en Études Stratégiques et Sciences Politiques du Pakistan. Elle possède un doctorat de l'Université Colombia et était Directrice Générale de l'Institut d'Etudes Stratégiques à Islamabad, au Pakistan et est ancienne présidente du Département de la Défense et des Etudes Stratégiques à l'Université Quaid-i-Azam, à Islamabad. Elle est critique des relations que le gouvernement du Pakistan entretient avec les USA et l'Inde. Intervenant pour un parti politique de l'opposition (Tehreek-e-Insaaf), le Dr. Shireen Mazari parle de la récente arrivée des forces US au Pakistan :


"Vont-ils se joindre aux brigades d'assassins du Pentagone, qui pourraient élire domicile dans les maisons barricadées d'Islamabad et avec lesquels le présent commandant US en Afghanistan était directement associé ? Des employés des aéroports pakistanais ont parlé de leurs inquiétudes au sujet de vols charters qui transportent des Américains et dont l'entrée dans le pays n'est pas enregistrée, ni même les visas des membres de l'équipage des vols qui ne sont pas non plus vérifiés, ainsi il n'existe aucun registre du nombre exact d'Usaméricains qui entrent ou sortent du Pakistan. D'ailleurs, Craig Davis du CAII (CIA/Blackwater) qui a été expulsé, est maintenant revenu à Peshawar ! Et ne nous laissons pas avoir par l'argument comme quoi le nombre est le reflet de l'amitié car nous savons ce que le nombre signifiait pour les satellites soviétiques."




Le Pearl Continental, un hôtel de luxe à Peshawar a été soufflé par une bombe le 9 juin 2009. Les USA attribuent d'habitude ce genre d’attentats aux terroristes musulmans. Les USA ont aussi, comme d'habitude, saboté les accords de paix entre le gouvernement pakistanais et divers groupes de résistance au Pakistan. Des attentats comme celui-ci permettent de justifier l'invasion et l'occupation actuelles par les USA.

L'hôtel Pearl Continental à Peshawar a été bombardé le 9 juin 2009, ce qui n'a attiré que très peu d'attention de la part des médias dominants. Au moment de l'attentat, les médias pakistanais ont déclaré officiellement que l'hôtel était occupé par du personnel U.S. mais ils n'ont pas mentionné Blackwater. Cependant, le nom de Blackwater a commencé à apparaître suite à des rumeurs et des rapports officieux, après l’attentat à Peshawar.




Ahmed Quraishi



Le 5 août 2009, Ahmed Quraishi, analyste politique, chroniqueur et propriétaire indépendant d'un site Internet d'actualités, a rendu compte de l'introduction des marines U.S., de Blackwater, de la CIA et d'équipement militaire au Pakistan :

“Les Pakistanais se demandent : « Qui gouverne nos rues, le gouvernement pakistanais ou les Américains ? Et qui les a autorisés à venir ? »


« Il y a trois semaines, un groupe de citoyens pakistanais de Peshawar, inquiets, a écrit au ministère fédéral de l’Intérieur au sujet des activités suspectes d'un groupe d'Américains fantomatiques dans une maison louée dans leur voisinage, le quartier chic de l'University Town à Peshawar. Une ONG se désignant sous le nom de Creative Associates International Inc. louait la maison”. Selon son site Internet, la CAII se décrit comme « une organisation privée non gouvernementale qui s'occupe des défis urgents auxquels se trouvent confrontées les sociétés d'aujourd'hui … Les objectifs de Creative sont d'offrir l'opportunité d'améliorer, de transformer et de renouveler… » La description n'a aucun sens. C'est plus ou moins une parfaite couverture pour le véritable travail de cette « ONG » US : l'espionnage…

“A Peshawar, la CAII a ouvert un bureau pour travailler sur des projets dans les zones tribales proches. Il est intéressant de voir que tous ces projets sont liés au gouvernement US. Les autres projets de la CAII, à l'extérieur du Pakistan, sont aussi liés au gouvernement US. En résumé, cette ONG n'en est pas une. Elle est étroitement liée au gouvernement usaméricain. »

Entre-temps, lorsqu'on l'a interrogée sur l'agrandissement de l'ambassade, l'ambassadrice U.S., Anne W. Patterson, a été « manifestement secouée » et a répondu : “Je suis sans voix. Pour espionner le Pakistan, nous n'avons pas besoin d'une grande ambassade.” Puis se ressaisissant rapidement, elle a ajouté :“ Et nous n'avons pas non plus besoin d'espionner.” Patterson a continué en disant que le Pakistan pourrait devenir une “station familiale” – on se demande ce que ça veut dire pour un bureaucrate colonial US.

Au sujet de la couverture de la CIA pour les mercenaires de Blackwater, Ahmed précise :

« À Peshawar, la CAII a indiqué aux autorités pakistanaise qu'elle avait besoin d'engager des gardes pour sa protection. Il s'est avéré que les gardes n'étaient autres que des tueurs à gage professionnels de Blackwater. Ils utilisaient la couverture de la CAII pour mener une série d'activités secrètes dans la province de la Frontière nord-ouest du Pakistan. La tristement célèbre société de sécurité privée Blackwater opère en tant que branche de l'armée US et de la CIA, s'occupant, dans des zones stratégiques éloignées, du sale boulot auquel le gouvernement US ne peut pas ouvertement s'associer. Blackwater n'est rien d'autre qu'une société de sécurité. C'est une armée mercenaire de plusieurs milliers de soldats.

« Les responsables de la sécurité pakistanaise ont été alertés par des rapports qui indiquaient que Blackwater opérait depuis le bureau de la CAII sur Chinar Road, dans le quartier de l'University Town à Peshawar. La personne responsable du bureau, un Américain du nom de Craig Davis selon un article du journal Jang, un des plus grands quotidiens en langue urdu du Pakistan, a été arrêté et accusé d'établir des contacts avec « les ennemis du Pakistan » dans des régions attenantes à l'Afghanistan. Son visa a été annulé, le bureau fermé et d'après certaines informations, M. Davis aurait été expulsé aux USA.

« On ne sait pas exactement quand M. Davis aurait été expulsé ni s'il y a eu d'autres membres du personnel expulsés en même temps que lui. Quand j'ai contacté l'ambassade US durant le week-end, la première réaction du porte-parole, Richard Snelsire a été la suivante : « Aucun employé de l'ambassade n'a été expulsé. »



Souvenez-vous que Dr. Shireen Mazari qui est en position de savoir, a indiqué catégoriquement : « Craig Davis de la CAII qui a été expulsé, est maintenant revenu à Peshawar. »


Offres d'emploi pour le Pakistan de l'ONG qui n'est pas une ONG



Mais Ahmed Quraishi explique ainsi ce démenti de l’ambassade US :

« Cette réponse défensive est similaire aux réactions causées par la culpabilité des employés de l'ambassade US à Bagdad et à Kaboul face à la présence de mercenaires travaillant pour l'armée US et la CIA. J'ai dit à M. Snelsire que ma question ne concernait pas un employé de l'ambassade ayant été expulsé. Il a déclaré qu'il avait entendu ces rapports et qu'il avait « vérifié »de son côté avec les employés de l'ambassade mais personne n'en avait entendu parler. « C'est sans fondement » (a-t-il dit). Alors je lui ai demandé : « Est-ce que Blackwater opère au Pakistan, à Peshawar ? » réponse : « Pas à ma connaissance ».

« Admettons. Les ambassades US à Bagdad et à Kaboul n'ont jamais reconnu, non plus, aucune des opérations de Blackwater en Irak et en Afghanistan. Cela fait partie des conflits de bas niveau entre les diplomates du Département d'Etat des USA et ceux du Pentagone et de la CIA. Les gens des Affaires étrangères ont, selon certaines informations, indiqué clairement qu'ils ne reconnaîtraient pas, ni n'accepteraient des responsabilités pour les activités d’ opérations spéciales des agents opérant dans des pays amis, à l'insu de ces pays et en violation de leur souveraineté. Des rapports ont suggéré que parfois, même l'ambassadeur US n'était pas au courant des actions des mercenaires de son gouvernement dans un pays cible. »

Finalement, Ahmed parle d'un diplomate US qui a rencontré secrètement un diplomate indien à l'intérieur du Pakistan, en sachant parfaitement que l'Inde est considérée comme un État ennemi du Pakistan :

« En mai, une femme diplomate US fut surprise en train d'arranger une réunion discrète (lire « secrète») entre un diplomate indien de bas niveau et plusieurs responsables de haut niveau du gouvernement pakistanais. Une adresse à Islamabad (152 Margalla Road) fut identifiée comme le lieu où la réunion secrète aurait lieu. La diplomate usaméricaine en question savait qu'il n'y avait aucune chance pour que l'Indien rencontre les Pakistanais dans des circonstances habituelles. Il n'était pas non plus possible de le faire durant un événement de grande visibilité. Après l'incident, le ministère des Affaires étrangères du Pakistan publia un court communiqué avertissant tous les officiels du gouvernement de s'abstenir de tels contacts directs avec des diplomates étrangers dans des cadres officieux, sans en référer auparavant à leurs départements. »

Des ONG qui ne sont pas des ONG

De plus, de nombreuses ONG sponsorisées par les USA œuvrent à la production de bulletins d'information dans les médias dominants qui sont pro-Usaméricain. Pour ce faire, beaucoup d'analystes, de généraux à la retraite, d'hommes d'affaires, de journalistes et d'universitaires pakistanais sont recrutés. Comme Ahmed Quraishi l'a dit : « cette ONG n'est pas une ONG » ; par exemple des organisations non gouvernementales fonctionnent sous le contrôle et la direction des gouvernements qui les utilisent pour des opérations de couverture dans des pays étrangers et les financent discrètement.

Conclusion

Il est évident que le gouvernement actuel a donné tous les privilèges aux USA. Ils ne savent pas comment, ni ils ne veulent, contenir l’ingérence US dans les affaires pakistanaises. Pour le dire franchement, ils sont en train de céder la souveraineté du Pakistan à un pouvoir étranger. Dr. Shireen Mazari a déclaré : « Tout ce qui émane de l'ambassade US... est repris par la direction pakistanaise, terrifiée. » Les objectifs des USA sont clairs : une plus grande pénétration des USA entraînera la déstabilisation du Pakistan, qui mènera à la déstabilisation de toute la région. Ces installations militaires US renforcent également l’encerclement de Iran. Les partis d'opposition politique pakistanais gardent bouche close face à tous ces développements. La raison principale de leur silence est qu'ils sont aussi corrompus que le Parti du peuple Pakistanais (le PPP) au pouvoir. Aucun parti politique au Pakistan n'est d'humeur à résister à l'hégémonie des USA. L'armée pakistanaise ne montre plus aucun intérêt à s’ingérer directement dans les décisions politiques. Après les huit années désastreuses sous la dictature militaire de Musharraf, le peuple n'est lui non plus, pas prêt à ce que l'armée du Pakistan intervienne dans la vie politique du pays. Les terroristes du TTP (Tehreek-e-Taliban Pakistan), le Mouvement des talibans pakistanais, viennent, à peine, d'être maîtrisés. Aujourd'hui, des millions de Pakistanais sont terrifiés par leurs nouveaux et importuns invités venus d’Occident, les terroristes US. Il va maintenant nous falloir apprendre à supporter et survivre sous la colonisation croissante et de plus en plus dangereuse du Pakistan par les USA.

* L'inventeur du mot PAKISTAN, Chowdhry Rehmat Ali, l'a ainsi expliqué : " 'Pakistan' est à la fois un mot persan et urdu. Il est composé des lettres prises des noms de nos terres - "indiennes" et "asiatiques" - , c'est-à-dire : Punjab, Afghania (Province de la Frontière nord-oues), Kashmir, Iran, Sindh (y compris Kachch et Kathiawar), Tukharistan, Afghanistan et BaluchistaN. Cela veut dire le pays des Paks - les spirituellement purs et propres. Il symbolise les croyances religieuses et les souches ethniques de notre peuple; et il représente les composants territoriaux de notre Patrie originelle. Il n'a pas d'autre origine ni d'autre signification; et il n'admet aucune autre interprétation." (NdE Tlaxcala)

Source : Pak Alert Press-The U.S. Invades and Occupies Pakistan

Article original publié le 30/8/2009

Sur l’auteur

Traduit par Isabelle Rousselot et édité par Fausto Giudice,
Tlaxcala