Alliance zapatiste de libération sociale, fondée à Paris le 12 mars 1995 Liberté, justice, démocratie, partout et pour tous! التحالف الزباتي من أجل التحرر الاجتماعي تأسس بباريس في 12 مـــارس 1995. حرية، عدالة، ديمقراطية في كل مكان وللجميــــــع yekfibasta[at]gmail.com :للاتصال
samedi 12 mars 2016
El caudillismo es cultura de derecha
Le culte du chef appartient à la culture de droite
samedi 2 juin 2012
Le chapeau de Bolívar, ou les leçons d’économie de Chavez pour l’Europe
Traductions disponibles : Português Ελληνικά Español Italiano
Il y a quelques années, alors que je voyageais dans l’avion présidentiel de Hugo Chavez avec un ami français du Monde Diplomatique, on nous demanda notre avis sur la situation en Europe. Un mouvement vers la gauche était-il possible ? Nous répondîmes avec le ton déprimé et pessimiste qui caractérisait les premières années du 21ème siècle. Ni au Royaume-Uni ni en France, ni ailleurs dans l’eurozone, nous ne discernions la possibilité d’une percée politique.
« Dans ce cas, reprit Chávez avec un regard pétillant, nous pourrions peut-être vous venir en aide ». Il nous rappela l’époque de 1830 où les foules révolutionnaires arboraient dans les rues de Paris le chapeau de Simón Bolívar, le libérateur vénézuélien de l’Amérique du Sud qui allait mourir quelques mois plus tard. Le combat pour la liberté, dans le style de l’Amérique Latine, était vu comme le chemin à suivre pour l’Europe.
de la série Prosopa (Personnes)
de Giannis "Gigas" Thomas et Peggy Kouvari, exécutée en style traditionnel byzantin
2004
lundi 28 décembre 2009
Après l’échec du Sommet de Copenhague, le président Evo Morales appelle à une conférence mondiale en Bolivie contre le changement climatique
Culpina, Chuquisaca, 20 décembre- Le président Evo Morales a annoncé ce dimanche qu’il appellera toutes les nations de la planète à une « grande mobilisation » en défense de l’environnement et qu’il convoquera, pour avril prochain en Bolivie, une conférence mondiale des mouvements sociaux, à la suite de « l’échec » du sommet de Copenhague.
samedi 26 septembre 2009
Le discours de Leganés
Evo Morales referme une vieille blessure
Dans le chapitre XVII de l'Histoire Générale des Indes (1554), l'ecclésiastique Francisco López de Gomara décrit comment Christophe Colomb, de retour en Espagne après son premier voyage vers le continent qui, des années plus tard, recevrait le nom d'Amérique, s'est déplacé de Palos à Barcelone où se trouvaient alors les Rois Catholiques. « Bien que le chemin était long et parsemé d’obstacles, il fut très honoré et [devint] célèbre, car on allait le voir en chemin pour avoir découvert un autre monde et en avoir rapporté de grandes richesses et des hommes vêtus différemment, de nouvelle forme et couleur ». Seulement six de ces hommes, alors étranges pour la vieille Europe, avaient survécu à la traversée. « Les six Indiens ont été baptisés, les autres ne sont pas arrivés à la Cour ; et le Roi, la Reine et le Prince Jean, leur fils, furent les parrains pour avoir autorisé en personne le saint baptême du Christ sur ces premiers chrétiens des Indes et du Nouveau Monde ».
Ces faits se sont produits en mars 1493. Cela fait exactement 516 ans et 5 mois, les mêmes qui ont dû s'écouler pour qu'un descendant de ces êtres malheureux répète le même voyage à titre de réparation, non plus en qualité de prisonnier sans voix, mais comme bavard président d'une république qui, enfin, a cassé les derniers liens avec le colonialisme. Evo Morales, un indigène bolivien d'origine aymara, a renvoyé la balle à la marâtre patrie au nom de tous ses frères qui ont souffert et continuent à subir les dernières conséquences de cette entreprise. Il faut souligner qu'il l'a fait sans rancœur, les bras tendus, mais en énumérant ses vérités haut et fort devant cinq mille Latino-Américains de quasi toutes les républiques et une bonne poignée d'Espagnols enthousiastes. Le lieu choisi pour le discours possède un symbolisme clair : Leganés n'est pas la cour d'aristocrates qui héberge l'ancienne monarchie encore régnante sur le pays, mais une populeuse ville ouvrière de 200.000 habitants située dans la banlieue industrielle de Madrid. Le dimanche 13 septembre, la mairie de Leganés a mis à la disposition du dignitaire aymara ses modernes arènes - la Cubierta- pour qu'il y parle à sa guise. Et bien sûr qu'il l'a fait, avec un ton toujours respectueux mais ferme!
Les tribunes de la Cubierta ont commencé à se remplir dès cinq heures de l'après-midi. Il y avait des drapeaux de toutes les couleurs, des faucilles et des marteaux, des pancartes revendicatives, des salutations au compagnon Evo et des hommages à la révolution indigène, communautaire, interculturelle et plurinationale bolivienne. Il y eut, pour échauffer les esprits, un spectacle haut en couleurs de danses folkloriques andines du Pérou, de l'Équateur et de la Bolivie -qui conclurent dans une diablada des plus heureuses. Et, enfin, Evo Morales est arrivé sur la scène. L'hymne national de Bolivie a retenti, qu'il a écouté le poing gauche levé et la main droite sur le cœur. Le maire de Leganés Rafaël Gómez Montoya, l'écrivaine Rosé Regàs, l'ancien directeur de l'UNESCO Federico Mayor Zaragoza, et l'ambassadrice de Bolivie en Espagne Carmen Almendras, ont ensuite souhaité tour à tour la bienvenue au premier chef d'État d'Amérique de sang indien dans les veines. Et lorsqu'Evo Morales s'est avancé vers le micro pour prononcer son discours, l'atmosphère était déjà tellement festive qu'à partir de ce moment jusqu'à la fin les ovations et les applaudissements n’ont pas arrêté. Le public buvait littéralement ses paroles. Il était temps, en cette Europe à court d'idées, si correcte et domestiquée qu'aucun de ses dirigeants n'ose altérer le prêche de fausse supériorité morale appris pendant des siècles, qu'un indigène de l'ancienne colonie, aujourd'hui investi de responsabilités étatiques, appelle les choses par leur nom et dise ce qu'eux tous savent -mais ne disent jamais- du colonialisme, de l'exploitation, du pillage, du racisme, du capitalisme, de l'impérialisme et de la destruction environnementale.
Evo Morales a démontré être un chaud orateur, exubérant de charisme. Son espagnol exotique est un baume populaire et un révulsif pour puristes. Il se fait aimer, et combien ! Il parla et parla sans lire une seule feuille, par ses lèvres s'écoulait la sève de Cuauhtémoc, Atahualpa, Tupac Amaru, Camilo Torres et du Che que les racines de son peuple ont reçue de la Terre-Mère comme aliment spirituel. À ses mots de remerciement finaux à l'adresse d'un public extatique, les tribunes entrèrent en délire, les arènes de Leganés devinrent territoire improvisé de Bolivie. L'ancien syndicaliste cultivateur de coca, instruit à l'école de la pauvreté, avait fait mouche en plein cœur de l'ancienne métropole… sans épée ni croix, sans verser une seule goutte de sang -uniquement avec l'arme des mots. Il est venu, il a vu, il a vaincu.
Il consacra le restant de sa visite, le lundi et le mardi, à des affaires protocolaires, à des accords économiques et à la diplomatie -sans doute inéluctables dans le monde de la politique officielle, mais qui sont pourtant de l'ordre du quotidien. Par contre la soirée magique de Leganés fut, quant à elle, inoubliable. Elle mérite d'entrer avec tous les honneurs dans le panthéon de l'Histoire, car elle a refermé une vieille blessure infligée par l'Espagne cinq siècles auparavant à la dignité des femmes et des hommes d'Amérique –quand, dans un voyage depuis Palos jusqu'à Barcelone, elle a humilié six Indiens prisonniers et leur a nié le droit de dire ce qu'ils pensaient d'une violation si injuste.
Que le néocolonialisme espagnol et ses multinationales le sachent : ces Indiens muets ont maintenant, aujourd'hui, une voix rédemptrice, la voix du Discours de Leganés.
Manuel Talens, Tlaxcala
Paroles d'Evo Morales Ayma, Président constitutionnel de l'État Plurinational de Bolivie, à Leganés (Madrid) le 13 septembre 2009
Il est recommandé aux lecteurs d'écouter la voix d'Evo Morales et les réactions du public pendant le Discours de Leganés sur ce lien tandis qu'ils suivent en même temps, ci-après, la transcription fidèle de ses paroles : Honorable Maire Rafaël Gómez de la ville de Leganés, autorités de la commune, autorités du Gouvernement espagnol, chère Ambassadrice de Bolivie en Espagne, salutations à tous nos frères boliviens. Merci beaucoup pour votre présence et pour me recevoir sur cette terre de Leganés, d'Espagne. Je suis surpris par la présence de milliers et de milliers de Boliviens, Équatoriens, Uruguayens, Vénézuéliens, Colombiens, de frères péruviens, de frères cubains, tant de Latino-Américains réunis ce soir. Je vous remercie beaucoup pour votre grande mobilisation, cette grande intégration en Europe de tous les Latino-Américains. Mais je veux aussi exprimer notre respect au peuple espagnol. Un tout grand merci pour votre présence et pour avoir organisé cette grande rencontre de peuples du monde. Je suis surpris, à l'écoute de l'intervention de plusieurs sœurs et frères d'Espagne, par leur connaissance des processus de libération en Bolivie et en Amérique Latine, surpris par leur connaissance des transformations profondes en matière sociale, économique et politique. Certainement que beaucoup d’entre vous qui êtes ici savent comment nous nous sommes organisés, d'abord syndicalement, socialement, communautairement pour changer la Bolivie et, évidemment, pour changer l’Amérique Latine. Si nous parlons de changement, un des changements était justement la libération des peuples en Amérique Latine. En Bolivie, ensemble avec la Centrale Ouvrière Bolivienne et les différents mouvements sociaux, [ce fut] une lutte permanente contre des modèles économiques qui faisaient un mal fou aux Boliviens. Si nous nous rappelons de la situation des politiques mises en œuvre pendant la république, avant la république, les peuples indigènes originaires, quechua, aymaras, guaranis, [c’est] une lutte permanente contre le pillage de nos ressources naturelles, une lutte permanente pour l'égalité en ces temps entre indigènes, métis et créoles, pour un nouveau mode de vie, d'égalité dans la dignité, mais aussi une lutte permanente pour le respect de nos droits, le droit surtout des peuples indigènes, le secteur le plus vilipendé de l'histoire bolivienne et de l'histoire d'Amérique Latine. Une résistance dure, une rébellion face à un État colonial, une rébellion des peuples contre le pillage de nos ressources naturelles, une rébellion permanente contre les formes de soumission. Et ces luttes -je veux vous le dire, sœurs et des frères de Bolivie- n'ont pas été en vaines. D’une lutte syndicale, d'une lutte sociale, d'une lutte communale, nous sommes passés à une lutte électorale. Je me souviens parfaitement quand je suis arrivé en 1980 au Chapare , quand il y avait des négociations avec des gouvernements et que les dirigeants syndicaux, d'ex-dirigeants syndicaux émettaient des propositions de changements structurels. La réponse des gouvernements néolibéraux était que nous autres paysans, indigènes, n'avions pas le droit de faire de la politique, et nos propositions de modifications à l’ordre du jour ou au calendrier des négociations étaient controversées parce qu'elles étaient de caractère politique. Je me souviens qu’on nous disait -j'étais le délégué de base- qu’ils nous disaient : ce sont des propositions politiques et on ne s’occupe pas de ça, la politique du mouvement paysan indigène dans la zone tropicale de Cochabamba c’est la hache et la machette, c'est-à-dire le travail, et nous n'avions pas le droit de faire de la politique. Sur les hauts plateaux, c’était la pelle et la pioche, la pelle pour le travail, le pilori pour le travail aussi. Et peu à peu ce mouvement social va rompre la peur de la politique. Quelques-uns avaient le droit de faire de la politique et nous les majorités ouvrières et originaires n'avions pas le droit de faire de la politique. Quand quelque ouvrier, mineur, dans les décennies 60, 70, 80, faisait de la politique, il était accusé de communiste -nous saluons le Parti Communiste Espagnol, le Parti Socialiste, nous saluons les humanistes ici présents, merci beaucoup de m'avoir enseigné à défendre la vie, nous avons eu tant de rencontres- mais je veux que vous sachiez, sœurs et frères d'Amérique Latine, d’Europe, mouvements sociaux de ce continent, [que] nos dirigeants syndicaux, dans ces décennies 60, 70, étaient accusés de communistes et poursuivis. [On fomentait] des coups d'État, des putschs militaires pour terminer avec les dirigeants syndicaux du secteur minier. Par conséquent, la doctrine de l'impérialisme américain était de les accuser de communistes et, pour cette raison, des mineurs étaient massacrés dans des centres miniers et beaucoup de frères dirigeants miniers ont échappé en s’exilant, en Europe parfois. Je veux exprimer mon profond respect et mon admiration pour l’accueil reçu par beaucoup de frères miniers et paysans en fuite en Europe pour pouvoir survivre. Les gouvernements humanistes, communistes, socialistes leur ont sûrement accordé l’asile politique. Est venue ensuite l'autre doctrine, qui était la lutte contre le trafic de drogues. Je me rappelle parfaitement que, dans les décennies 80 et 90, les dirigeants syndicaux étaient des narcotrafiquants, autre persécution de l'Empire et [que], à partir du 11 septembre 2001, les dirigeants syndicaux [étaient] accusés de terroristes. Quelques frères doivent sûrement se souvenir qu’on appelait Evo Morales le Bin Laden andin, les producteurs de coca les talibans, et avec ce prétexte, [est venue] la doctrine politique de coca zéro, comme moyen d’expulser le mouvement paysan de la zone productrice de coca. Tout ça pour dire -je veux qu'on me comprenne-, que nous avons supporté des interventions permanentes, parfois de caractère même militaire pour attaquer cette rébellion de nos peuples en Amérique Latine. Ces luttes, qu’elles soient ouvrières ou indigènes, ces luttes de métis, ces luttes d'intellectuels comme Marcelo Quiroga Santa Cruz, ces luttes de pères révolutionnaires comme Luis Espinal, un Espagnol qui a donné sa vie par les pauvres de Bolivie et, comme Luis Espinal, ces luttes de militaires patriotes comme Germán Busch, comme le Lieutenant-colonel Gualberto Villarroel - je vous le dis, sœurs et frères- n'ont pas été vaines. Une lutte évidemment pacifique, démocratique, pour arriver au gouvernement, au Palacio Quemado , pour changer, de là, les politiques économiques, les politiques sociales. Et avec un résultat ! Je voudrais que vous écoutiez, sœurs et frères boliviens : depuis l'année 1940, la Bolivie n'avait jamais d’excédent fiscal, et ce jusqu'en 2005 -avant que je sois président. Après que nous ayons nationalisé en 2006 et récupéré les hydrocarbures, [il y a eu] en Bolivie en 2006, la première année de notre gouvernement, un excédent fiscal. On a fini avec cet État mendiant qui empruntait même de l’argent pour payer les étrennes en Bolivie. L'année 2005, les réserves internationales de la Bolivie étaient de 1.700 millions de dollars. Nous sommes allés avant-hier à la Banque Centrale de la Bolivie signer un prêt interne, et le président de la Banque Centrale de la Bolivie m'a informé que nous avons maintenant 8.500 millions de réserves internationales. De 1.700 à 8.500 millions de dollars de réserves internationales ! Imaginez, sœurs et frères, combien d’argent s’en est allé pendant les vingt années de gouvernement néolibéral, et où il est allé, sûrement dans la poche d’économistes, d’experts financiers en Europe, en Espagne et en Amérique Latine. Je voudrais que vous m’aidiez à enquêter sur le pillage de nos ressources naturelles. Combien d’argent ont perdu la Bolivie ou l’Amérique Latine, durant les dernières années combien argent avons-nous perdu, au détriment d'un nombre d’avantages sociaux ? Même si ce n'est pas beaucoup, ce serait un soulagement pour beaucoup de familles boliviennes. Maintenant nous avons des réserves, maintenant nous avons un excédent. On nous a dit, depuis l'année passée, qu'il y avait une crise économique du capitalisme, une crise financière. On nous a effrayés, on nous a induit la peur pour voir comment nous allions y faire face. J'ai vraiment pensé, sœurs et frères, que cette crise allait fort nous affecter. J'ai pensé qu'il n’y aurait pas d’excédent commercial. Je voudrais vous dire, sœurs et frères boliviens, qu’au 30 juillet de cette année la balance commerciale [était] positive de trois cent millions de dollars ! Il n'y avait jamais de balance commerciale positive en Bolivie ! Et c'est pourquoi, sœurs et frères, je suis acquis aux changements structurels en démocratie et, quand il y a un certain secteur qui s'oppose, [je suis d'avis qu']il vaut mieux les soumettre au peuple bolivien par le referendum. Maintenant les Boliviens et Boliviennes ont non seulement le droit d’élire leurs autorités nationales ou départementales, ainsi que leurs autorités municipales. Maintenant le peuple bolivien a le droit de décider par tout referendum des politiques économiques pour le peuple bolivien. Ce sont des referendums qu'il n'y avait jamais avant. Mais aussi, grâce à la nouvelle Constitution politique de l'État bolivien, les Boliviens et Boliviennes non seulement ont le droit d’élire leurs autorités nationales, départementales, municipales ou parlementaires. Maintenant avec le vote du même peuple, ils ont le droit de révoquer tout président, vice-président, parlementaire, préfet ou maire qui agit mal en son domaine, ils ont le droit de les révoquer par le vote. C’est une démocratie profonde qui non seulement est représentative, mais aussi participative -là où se prennent les décisions avec le vote en conscience du peuple bolivien. Mais je voudrais vous dire, sœurs et frères, qu’il est aussi possible de changer en Bolivie les normes, les procédures pour administrer un État. Pour la première fois en 183 années de vie républicaine, le peuple bolivien approuve une nouvelle Constitution. Il n’y a jamais eu cela auparavant. Seuls la classe politique, les partis ou finalement le parti qui avait la représentation parlementaire avaient le droit de réformer la Constitution. Maintenant, le peuple approuve avec son vote une nouvelle Constitution de l'État bolivien. C'est-à-dire que nous avons même changé des constitutions. Je voudrais vous dire, sœurs et frères, nous avons une grande faiblesse, qui est le changement de la mentalité des fonctionnaires publics. Quelques-uns ne comprennent pas encore ce qu'est être fonctionnaire public. Je l’ai déjà dit, je n'ai pas besoin de simples fonctionnaires publics, j'ai besoin de révolutionnaires au service du peuple bolivien. On a du mal à trouver des personnes qui sont au service du peuple. Il y a une mentalité, une mentalité coloniale –dirais-je-, un héritage paternaliste, du patron, du pillard, de l'exploitant, cette mentalité ne peut être changée facilement, elle est une des faiblesses présentes encore en Bolivie. Nous commençons toutefois à changer, malgré ces faiblesses. Ce n’est pas suffisant, la participation des mouvements sociaux dans ces transformations profondes sera sûrement encore importante. Il y a un moment, notre Ministre des Affaires Étrangères me disait : « En Bolivie il y a beaucoup de mobilisation, élections après élections, des campagnes pour des referendums, parfois révocatoires, parfois pour approuver la nouvelle Constitution ». Je lui ai répondu qu’auparavant c’était putsch après putsch, que maintenant c’étaient élections après élections. Je suis très content, même s'il y a chaque année des élections et des referendums -mais pas de coups d'État. Mais je voudrais vous dire aussi que, dans notre nouvelle Constitution politique de l'État bolivien approuvé par le peuple bolivien, il ne sera pas permis, il n’est autorisé aucune base militaire étrangère, encore moins des Etats-Unis. Et je voudrais que les frères d'Europe, d'Espagne me comprennent. En Amérique Latine, là où il y a une base militaire des Etats-Unis, il y a des putschs militaires ; la paix n’est pas garantie, la démocratie n’est pas garantie. Et je parle d'expérience, puisque j'ai été continuellement victime, dans la décennie 90 -de mi-80 à mi-2000-, de la présence de militaires étrangers en armes, spécialement des Etats-Unis. C’est heureusement terminé, grâce à la conscience du peuple bolivien. Je dois demander aux mouvements sociaux d'Europe et du monde : aidez-nous à mettre un terme aux bases militaires en Amérique Latine ! Tout pour la vie, tout pour la démocratie, et tout pour une paix et une justice sociale ! [Applaudissements nombreux] Merci beaucoup, sœurs et frères, je crois que vous m’aimez plus en Espagne qu’en Bolivie, merci beaucoup. Je suis sûr, sœurs et frères, que le processus de libération, le processus de transformation profonde, non seulement en Bolivie mais en Amérique Latine, est engagé dans une voie à sens unique. Les processus de transformation de la démocratie ne peuvent être arrêtés en Bolivie. Pourquoi dis-je ceci ? Vous les frères qui vivez ici, vous devez être informés : plusieurs fois des groupes néolibéraux de la droite fasciste, raciste, ont essayé de me sortir du gouvernement -et je m’en souviens parfaitement. La première année de mon gouvernement, qu'ont-ils dit ? « Pauvre petit indien, il restera trois, quatre, cinq, six mois, il ne va pas pouvoir gouverner, et après il va s’en aller, ils vont le sortir ». C’était en 2006. Arrive 2007, qu'ont dit ces groupes ? « Je crois que cet Indien va rester longtemps, il faut faire quelque chose ». 2008, en 2008 ils ont fait quelque chose. Et qu’est-ce que c’était ? D’abord essayer de me sortir par le vote révocatoire du peuple bolivien. J'ai accepté : allons au révocatoire ! Vous savez que nous avons gagné les élections avec 54 %. Dans ce vote révocatoire, le peuple bolivien nous a ratifiés avec 67 %. Comme ils ont raté leur coup par le vote révocatoire, qu’ils n’ont pas réussi à me faire révoquer avec la conscience du peuple, ils ont tenté l'année passée un coup d'État civil -pas militaire. Et ici je voudrais remercier les pays d’Europe, des défenseurs de la démocratie, UNASUR, les Nations Unies pour leur défense de la démocratie. Ils ont raté leur coup d’État civil préfectoral. Et voilà le grand triomphe du peuple bolivien dans le domaine politique et constitutionnel ! Et cette année, grâce à la force et à la conscience du peuple, nous avons approuvé la nouvelle Constitution. Nous avons maintenant l'obligation d'appliquer et de mettre en œuvre cette nouvelle Constitution politique de l'État bolivien, dont quelques pays européens me disent honnêtement qu’elle est plus avancée, dans le domaine social, au niveau des droits sociaux, que dans n’importe quel pays d'Europe. Sœurs et frères, je peux vous en raconter pas mal de cette nouvelle Constitution de l'État bolivien, mais je suis aussi sûr qu'il y a quelques requêtes que nous n'avons encore pu résoudre -spécialement du service extérieur. Je n'ai trouvé l'État bolivien -maintenant reconnu mondialement comme l'État plurinational, où existe une diversité d'êtres humains qui habitent sur cette terre de patrie qu'est la Bolivie-, je ne l'ai trouvé par exemple que deux [fois] en Espagne -à Madrid et Barcelone. Nous créons maintenant un autre consulat à Murcie -je sais, ce n'est pas suffisant. Nous sommes en train de discuter pour étendre les consulats dans quatre ou cinq villes espagnoles -inclus les Iles Canaries, Tenerife ou même Majorque et Menorca que j'ai déjà pu visiter, sœurs et frères-, pour nous occuper d'un problème nôtre, celui des migrations et des papiers y relatifs. Mais je voudrais aussi vous parler, sœurs et frères, au nom de l'Ambassade en Espagne -où tous les consulats donnent des informations grâce à la compréhension du gouvernement espagnol- de quelques thèmes importants. Le sujet par exemple des permis de conduire est très avancé, de même que celui d’une convention de vote réciproque -c'est-à-dire les résidents boliviens en Espagne auront le droit de voter aux élections municipales. Nous espérons concrétiser cela, ce vote en Espagne, lors de cette visite. Le thème du vote à l'étranger a été une préoccupation permanente. Je veux que vous sachiez, sœurs et frères, qu’en 2006 nous avons envoyé, depuis le palais, un projet de loi au Congrès National. La Chambre des Députés a heureusement approuvé sans aucune limitation le vote à l’étranger. Mais de 2006 à 2009 il n'a pas été approuvé au Sénat, et vous savez d’ailleurs pourquoi ils ne l'ont pas approuvé au Sénat : les sénateurs néolibéraux ont très peur des frères qui ont abandonné la Bolivie à la recherche de meilleures conditions de vie. On l'a enfin approuvé pour la première fois -mais pas autant que je l’aurais voulu-, sous la forte pression en Bolivie et en Argentine. Je sais qu’ici aussi on s’est mobilisé pour faire pression sur le Congrès national en vue de l'approbation d'une loi sur le vote extérieur. Il a été approuvé jusqu’à une certaine limite, mais c'est clair, sœurs et frères, [viendra] un moment où des congressistes partageront les sentiments de beaucoup de frères vivant à l’étranger. Nous ferons alors en sorte que le vote à l'étranger ne soit pas limité. Je ne suis pas d'accord de limiter, c’est une forme d’atteinte aux droits de l’homme, le droit des citoyens boliviens vivant à l’étranger. Mais nous commencerons cette année, cette année avec le vote extérieur -bien que limité. Sœurs et frères, il y a un moment je parlais du thème de la migration. Je voudrais dire aux pays d’Europe et du monde, spécialement d'Europe, aux gouvernements, que ce sera aussi un débat. Par le passé des Européens, des Espagnols sont arrivés en Bolivie, et nos grands-pères n'ont jamais dit qu'ils étaient illégaux. Maintenant que les Latino-Américains viennent en Europe, ils ne peuvent pas être déclarés illégaux, parce que tous, nous avons tous le droit d'habiter dans n’importe quelle partie du monde -nous avons tous le droit d'habiter dans n’importe quelle partie du monde- en respectant les lois de chaque pays. Mais nous déclarer illégaux est une grande erreur, c’est là où je diverge des Nations Unies. Heureusement beaucoup de pays se joignent à nos propositions. Nous espérons que les Nations Unies établiront bientôt des normes permettant à ces soi-disant immigrants d’être reconnus comme personnes légales -je répète, en respectant la législation de chaque pays -, qu’ils investissent ou qu’ils viennent chercher des meilleures conditions de vie. Soyez-en sûrs, sœurs et frères, ce sera une autre bataille, une autre bataille pour nos sœurs et frères -que ce soient des Européens en Bolivie ou en Amérique latine, ou d’autres Latino-Américains en Europe. Ils doivent être déclarés comme des personnes légales qui vivent de leur travail, qui, par leurs efforts, vivent pour améliorer leur situation économique et sociale. Il y a un autre sujet central, sœurs et frères : le sujet de l'environnement. Il y a sûrement beaucoup de paceños ici. Imaginez-vous : le Chacaltaya , notre Chacaltaya n'a plus de neige ! A Potosí, le Chorolque n'a plus de neige -il y a sûrement quelques potosinos ici. Chaque jour qui passe voit se réduire le poncho blanc de ces montagnes des hauts plateaux boliviens et du haut-plateau paceño. Nous devons en établir la responsabilité : [ce sont] les modèles de développement capitaliste, l'industrialisation exagérée et illimitée de quelques pays occidentaux. Ce problème affecte toutefois [toute] l'humanité. C'est pourquoi je voudrais vous dire que je suis arrivé à la conclusion, à la conclusion suivante : à l'heure actuelle, dans ce nouveau millénaire, il est plus important de défendre le droit de la Terre Mère que le droit de l'être humain. Si nous ne défendons pas le droit de la Terre Mère, il ne servira à rien de défendre seulement le droit humain. Je voudrais dire aux frères humanistes, au grand nombre de mouvements sociaux, aux groupements, intellectuels et personnalités qui se consacrent à la défense de l'environnement, et donc de la Terre Mère, je voudrais vous dire : unissons-nous, rejoignez-nous, aidez-nous, présidents et gouvernements qui défendons le droit de la Terre Mère. Défendons tous l'environnement, par conséquent le droit à la terre, défendons la planète terre pour sauver l'humanité. Si nous ne nous unissons pas, si nous ne nous engageons pas dans une direction, si nous ne travaillons pas ensemble, quelle sera la situation de tout être humain d’ici 20, 30, 50 ans? Je veux dire, qu’il s’agisse d’un indigène, d’un ouvrier, d’un chef d'entreprise ou d'un dirigeant de transnationale : leur vie n'est pas sûre ! La seule façon de garantir, de garantir notre vie d'êtres humains qui vivons sur cette planète terre est de défendre la Terre Mère. Il est temps d'assumer cette énorme responsabilité, et tous nous avons cette obligation noble et sacrée de défendre l'environnement. J’appelle les pays qualifiés d’industrialisés à commencer à penser sérieusement à l’annulation de la dette climatique, une dette historique qui aura fait beaucoup de tort à l'environnement. Je pressens que nous devrons assumer, en ce millénaire, cette responsabilité pour défendre l'humanité. Sœurs et frères, je sais que vous venez de beaucoup de secteurs, par différents chemins. Salutations aux frères qui viennent nous voir de différentes villes, qui viennent nous saluer, qui viennent tous applaudir, aux frères des îles, aux compagnons latino-américains qui viennent partager ce moment, et aux organisateurs. Je remercie le maire de Leganés pour nous avoir permis ce rassemblement. En ce qui me concerne, je voudrais vous dire, frères, un grand merci à tous. A bientôt ! Nous continuerons à travailler pour l'égalité, pour la dignité et le bien des Boliviens et de tous les Latino-Américains, pour leur libération qui se prépare depuis l'Amérique du Sud. Un grand merci ! [1] La diablada est une danse traditionnelle des hauts plateaux des Andes en Bolivie et à Puno au Pérou représentant l’affrontement entre les forces infernales et celles des anges et créée dans un but d’évangélisation. Cette danse offre une série de costumes et de masques impressionnants (des capes cousues au fil d’or) –le costume du diable pèse plus de 30 kg. C’est pourquoi les danseurs doivent être capables de porter ce poids et de danser plusieurs minutes. (Wikipedia) [2] La province de Chapare est une des 16 provinces du département de Cochambaba, en Bolivie. [3] Palais présidentiel [4] Les paceños sont les habitants de La Paz. [5] Le Cerro Chacaltaya ou Chacaltaya (« chemin froid » en aymara) est une montagne culminant à 5.395 mètres d’altitude, située en Bolivie dans la Cordillère des Andes. Son glacier abritait une station de ski possédant la plus haute piste du monde, mais son retrait rapide et sa quasi disparition ont provoqué sa fermeture. Il reste une destination pour les randonneurs et abrite un laboratoire de recherche sur les particules. (Wikipedia) [6] Le Cerro Chorolque ou Chorolque culmine à 5552m. Manuel Talens est auteur et traducteur espagnol. Il appartient aux collectifs de Rébelión et de Tlaxcala, auquel Thierry Pignolet appartient.
Y de quels droits parlons-nous ? Nous parlons non seulement des droits individuels, nous parlons non seulement des droits politiques : dans cette nouvelle Constitution Politique de l'État bolivien, on respecte autant les droits collectifs que privés. Par exemple, tous les services de base constituent des droits de l'homme ; s'il s'agit d'un droit de l'homme, il ne peut être de négoce privé -mais de service public.
Source : http://www.tlaxcala.es/detail_artistes.asp?lg=de&reference=357
dimanche 26 avril 2009
Sommet des Amériques: "un succès"(Chávez)
Sommet des Amériques : Obama rejette les tentatives de renverser le gouvernement bolivien, mais il ne renonce pas à l’ingérence
Evo Morales : « Que ce soit le dernier sommet des Chefs d'État sans Cuba »
Rafael Correa : « Le document final est sans importance, le sommet l'a largement dépassé »
par Luigino BRACCI ROA, 18-19/4/2009
mercredi 14 janvier 2009
La Bolivie rompt ses relations diplomatiques avec Israël
lundi 3 novembre 2008
Déclaration finale et plan d’action de la Rencontre Internationale de Solidarité avec la Bolivie
Convoqués par l’appel « Ceux qui se lèvent aux côtés de la Bolivie et d’Evo le font pour tous les peuples et tous les temps !», nous sommes, 1584 délégués et déléguées de 18 pays, représentant 111 organisations, réunis à Santa Cruz de la Sierra pour célébrer la première Rencontre Internationale de Solidarité avec la Bolivie, car la révolution et la solidarité ne sont le patrimoine de personne mais celui des peuples.
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Santa Cruz, 25/10/2008. Meeting final de la rencontre au Stade Montero. Photo Pato Zhingri T.
Nous reconnaissons que nous vivons et que nous luttons dans les temps du nouveau PACHAKUTIK[1] (1), aspirant à la paix.
Dans cette conjoncture historique où s’ouvre le chemin vers l’émancipation, nous continuons d’être menacés par une offensive contre-révolutionnaire de l’impérialisme, des gouvernements néolibéraux vendus, des fascistes et des secteurs réactionnaires intérieurs à son service. Cette offensive inclut une grave escalade de militarisation, d’installation de nouvelles bases militaires, de tentatives de coup d’État, de plans de magnicide[2] politique, d’interventionnisme et d’ingérence dans les affaires intérieures, d’appui au divisionnisme et au séparatisme, pour affaiblir les gouvernements révolutionnaires et progressistes qui aujourd’hui se développent en Amérique latine et dans les Caraïbes.
Cette offensive réactionnaire a aussi comme objectif central l’anéantissement des peuples indigènes et des nations originaires, nous qui avons résisté héroïquement durant cinq siècles. Au contraire nous sommes pour la culture de la vie et nous rejetons la discrimination, le sexisme, le racisme, le colonialisme, le fascisme et tout ce qui relève de la culture de mort.
Peuples indigènes et mouvements sociaux et populaires réunis ici, nous nous levons pour la Bolivie et pour Evo Morales, nous exigeons la justice pour nos frères et sœurs et nous célébrons la refondation de la Bolivie qui se réalisera par l’approbation du nouveau texte constitutionnel. D’ici, en Bolivie, nous nous solidarisons avec tous les peuples qui luttent pour leur libération.
Le Plan Colombie, le Plan Puebla Panamá, entre-autres, l’activation de la IVe Flotte des USA, l’augmentation de ses effectifs militaires sous le couvert de projets humanitaires, les exercices militaires réalisés conjointement avec des armées alliées, le financement de groupes réactionnaires intérieurs de manière directe et sous la forme de programmes d’ONG, la criminalisation de la légitime protestation sociale et populaire, se réalisent sous les prétextes fallacieux de combattre le terrorisme et le narcotrafic.
Nos peuples sont toujours plus conscients que les véritables terroristes sont l’impérialisme et ses gouvernements alliés, et que l’escalade de militarisation qu’ils imposent à notre continent vise au contrôle et à la poursuite de l’appropriation par les transnationales de nos principaux éléments de vie et autres ressources naturelles: eau, biodiversité, feuille de coca, combustibles fossiles, connaissances ancestrales des peuples indigènes, germoplasmes[3].
L’offensive réactionnaire de l’empire menace et tente de défaire les processus révolutionnaires en marche en Bolivie, à Cuba, au Venezuela, en Équateur, au Paraguay et d’autres pays avec des gouvernements progressistes ; et de freiner l’essor irrépressible de nos peuples originaires et des mouvements sociaux et populaires qui luttent pour la défense de la liberté et la justice dans les pays gouvernés par des néolibéraux.
Nous déclarons donc le président US, George Bush coupable de génocide et ennemi de l’humanité, et lançons un appel pour qu’il soi jugé par la Cour Pénale Internationale. Nous saluons et jugeons positive la décision d’expulser de Bolivie l’ambassadeur usaméricain qui a activé la division, le terrorisme et financé l’oligarchie locale.
Dans le cas de la Bolivie, cette politique réactionnaire a eu un impact particulier car elle reçoit l’appui des groupes oligarchiques racistes qui recourent à l’illégalité et au crime ; ils ont déchaîné une véritable guerre contre le peuple avec l’objectif de détruire un projet révolutionnaire exemplaire, véritablement démocratique avec une justice sociale, incluant le caractère plurinational, dirigé par le premier président indigène des Amériques, le frère Evo Morales Ayma.
Nous dénonçons l’attaque et la mise à sac d’institutions et organisations des peuples indigènes de Santa Cruz et d’organisations de défense des droits humains ; nous lançons un appel à toute la communauté internationale à condamner ces actes de racisme qui attentent la vie et la dignité de nos frères de Santa Cruz, Tarija, Beni, Sucre et Pando.
Nous sommes solidaires avec nos frères boliviens du Département de Pando et nous appuyons les mesures que le gouvernement a prises, en instaurant l’état de siège comme moyen de protection et de garantie de la vie des dirigeants et paysans de ce département victimes du massacre des grands propriétaires terriens. Nous dénonçons le système de justice bolivien qui bloque toute punition aux violeurs des droits humains et développe l’impunité. Nous interpelons le Sénat bolivien pour exiger l’approbation de la loi qui reconnaît le vote des Boliviens vivants à l’étranger, et nous nous solidarisons avec les frères qui sont en grève de la faim pour la ratification de cette loi.
Nous savons, en tant que peuples indigènes et mouvements sociaux et populaires – que dans les domaines politique, économique et social - est nécessaire une intégration génératrice d’égalité, qui respecte la vie, qui nous permette, avec la force que nous apporte l’unité, de faire face à l’impact de la crise et de toutes les caractéristiques du « libre échange » impérialiste et de la globalisation néolibérale. Pour cela nous disons NON à l’usage de matières premières et des aliments pour produire des agrocarburants qui attentent à la souveraineté alimentaire et à l’équilibre de la planète, la Pachamama ; NON aux engrais chimiques et à la mine prédatrice et polluante pour sa retombée négative sur la vie et la santé des peuples.
Nous revendiquons la révolution agraire comme possibilité unique d’une juste redistribution de la terre sous le principe que « la terre est à celui qui l’aime et la travaille » ; la protection de la diversité biologique ; une économie réciproque, complémentaire et équilibrée. En ce qui concerne les alternatives d’intégration, nous sommes partie prenante de la création de la Banque du Sud et de la monnaie unique pour le développement autonome des peuples.
Nous défendons la nécessité d’une Réforme Universitaire latinoaméricaine qui dise NON à l’OMC sur l’éducation, à la marchandisation de l’enseignement, et OUI à l’enrichissement des peuples par une éducation productive pour l’intégration, l’alphabétisation et la transformation ; au développement technologique et à la recherche scientifique qui nous soient appropriés, à la défense de nos propres connaissances. L’intégration à la communication et à la connaissance est vitale pour nos peuples.
En cette ère de lumière, à l’aube du Bien Vivre pour les peuples d’Abya Yala, renforcés par l’énergie qui croît et se nourrit de l’échange de nos savoirs, de nos luttes et nos résistances millénaires partagées à l’occasion de cette Rencontre historique, NOUS CONVENONS DE :
1. Nous constituer en Comité International de Solidarité avec la Bolivie et le Président Evo Morales, en incluant toutes les organisations et les mouvements qui ont participé à cette rencontre, et d’encourager à y adhérer tous ceux qui s’identifient à cette juste cause dans tous les pays du monde.
2. Former le Tribunal des Peuples pour examiner et punir les actes de violence dans les Départements de Santa Cruz, Beni, Tarija et Sucre et spécialement le crime de génocide commis à Pando par le préfet Leopoldo Fernández. Nous appelons les peuples à refuser la visite de nos pays par les préfets génocidaires et leurs séides politiques qui sont les promoteurs de la haine, du racisme et de la violence.
3. Nommer le Président Evo Morales comme Ambassadeur des peuples indigènes et des pauvres du monde, et comme notre porte-parole pour la promotion et la défense des droits de tous les peuples.
4. Proclamer la candidature du frère Evo Morales au Prix Nobel de la Paix.
5. Travailler systématiquement à diffuser la vérité et contrer la désinformation que font l’oligarchie et les grands médias de communication de droite sur le processus révolutionnaire en Bolivie.
6. Articuler un réseau continental informatique d’organisation, information et communication qui permette de nous mobiliser et d’agir en réponse à n’importe quelle agression ou tentative de l’empire de nuire au projet révolutionnaire bolivien ou d’un pays frère.
7. Construire un Réseau d’Information des peuples indigènes et des mouvements sociaux du continent.
8. Nous engager à défendre le processus révolutionnaire bolivien, lequel constitue une priorité de notre lutte contre l’impérialisme et celle de la défense de la vie.
9. Réaliser un travail systématique d’éducation populaire lié à la militarisation et aux dangers qu’elle représente pour les vies de nos peuples, depuis le niveau communautaire jusqu’aux niveaux nationaux et continentaux.
10. Nous mobiliser activement, à l’échelle nationale et continentale, pour le retrait des bases militaires et autres actions de militarisation et pénétration impérialistes.
11. Exiger l’application de la Convention pour la Prévention du Délit de Crime de Génocide, commis en Bolivie, au Pérou et en Colombie.
12. Aider les peuples frères du continente à la construction de leurs propres États plurinationaux.
13. Créer un espace pour débattre de la constitution de l’UNASUR[4] (4) des peuples.
14. Pousser les gouvernements de l’UNASUR à accorder un Document Régional Unique, qui nous permette la libre circulation dans le continent au-delà des frontières ; d’assurer l’intangibilité des ressources naturelles vitales : eau, terre, feuille de coca et la biodiversité ; de créer un cercle ou une instance pour la résolution des conflits entre Latino-américains pour qu’ils évitent la guerre ; d’élargir et d’appuyer les traités de commerce des peuples et de l’ALBA[5] ; et d’élever au rang de la loi la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Indigènes, en suivant l’exemple du Président Evo Morales.
15. Appuyer les audits sur la dette publique extérieure des peuples, exiger la reconnaissance par l’Europe de la dette historique, écologique et culturelle contractée depuis son invasion de nos territoires, et rejeter la « directive retour » approuvée par le Parlement européen.
16. Promouvoir l’expulsion de nos pays de l’agence usaméricaine USAID[6] ainsi que d’autres qui attentent à la souveraineté des peuples.
17. Engager la construction du Tribunal International des Peuples pour le jugement des entreprises multinationales.
18. Construire la Charte Ouverte de Notre Amérique - Abya Yala, une manifestation collective des intellectuels, savants de nos peuples, artistes, scientifiques, penseurs et académiciens.
19. Réaliser des rencontres de solidarité périodiques dans des lieux où les groupes pro-impérialistes et oligarchiques prétendent freiner le changement vers la récupération définitive du Bien Vivre (Sumak Kawsay).
20. Développer une campagne de solidarité avec la Bolivie pour un accès souverain à la mer.
Santa Cruz de la Sierra, Bolivie
25 octobre 2008
[1] Pachakuti est un mot quechua qui signifie changement, renaissance, transformation et la venue d’une nouvelle ère. Sepulveda le définit ainsi : “Une sorte de renaissance des personnes qui se produit à partir d’un phénomène climatique ou d’un grand mouvement social qui débouche sur une transformation totale des consciences”. Pachakutik signifie « celui qui retourne tout », autrement dit "le révolutionnaire" au sens étymologique. Cusi Yupanqui (1438-1471) prit ce nom quand il devint empereur Inca, après la bataille historique de Yahuar Pampa contre les Chancas. C’est désomrmais le surnom donné à Evo Morales.
[2] Un magnicide est le meurtre d’une personnalité importante de l’Etat.
[3] Les germoplasmes sont les semences indigènes sur lesquelles l’agrobusiness transnational tente de faire main basse par le biais du brevetage du vivant, constituant ainsi ce qu’on appelle un biopouvoir..
[4] UNASUR : Union des Nations Sud-américaines
[5] ALBA : Alternative Bolivarienne pour les Amériques
[6] (6) USAID : Agence US pour le Développement International. Lire à ce sujet Un journaliste usaméricain démontre l’intervention des USA en Bolivie
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Source : Declaración final y plan de acción
Article original publié le 31/10/2008
Traduit par Gérard Jugant et Esteban G., révisé par Fausto Giudice, Tlaxcala
Dichiarazione finale e piano di azione dell'Inncontro internazionale di solidarietà con la Bolivia
mardi 14 octobre 2008
Vents de guerre civile en Bolivie - Pistes pour s’orienter dans un conflit à quatre bandes
Pendant la première quinzaine de septembre, les régions nord, est et sud de la Bolivie ont vécu dans le chaos. Même maintenant que l’ouragan de violence, confusion et mort déclenché dans les regions « autonomes » semble s’être calmé et que le gouvernement central et les préfets des départements factieux ont commencé une negociation difficile accompagnée par des médiateurs et des observateurs nationaux et étrangers –parmi lesquels des représentants de diverses églises installées en Bolivie et des fonctionnaires de l’OEA– la tension interne n’est pas finie.
Comme c’est habituellement le cas dans les conflits internes récents dans divers pays, la compréhension des événements s’avère très difficile à cause de l'accumulation des disputes anciennes et nouvelles que s’entremêlent et produisent des scénarios inédits. Le but des pages qui suivent est, essentiellement de relater schématiquement le déroulement des derniers événements qui ont connu leur apogée avec le massacre d’El Porvenir dans le Pando, en présentant simultanément des éléments pour identifier les divers composants du conflit.
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jeudi 25 septembre 2008
Ceux qui se lèvent aux côtés de la Bolivie et d’Evo le font pour tous les peuples et tous les temps !
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English version
1. Nous, habitants dignes de ce continent, Abya Yala1, luttons depuis des siècles pour restaurer le Sumak Kawsay 2 (le bien vivre), dont nous avons été dépossédés par les envahisseurs et les colonisateurs qui se sont succédés. À chaque époque, ils ont assassiné les dirigeants dignes et dépouillé les peuples de leurs richesses. Possédés par leur cupidité, ils ont violé tous les droits des hommes et ceux de la Pachamama3 avec la complicité et l’aval des membres des hiérarchies religieuses, qui ont pactisé avec le pouvoir politique et économique à chaque époque de l’histoire.
2. 516 ans après le début de la conquête de notre continent, les nouveaux envahisseurs et conquistadors cherchent à faire avorter le nouveau mouvement de libération en Amérique latine. Nus assistons au retour des descendants des assassins et pillards, dont la politique néolibérale provoque de nouveaux massacres et pillages.
3. L’impérialisme usaméricain et ses alliés des secteurs oligarchiques d’Amérique latine cherchent à stopper les processus de libération, entre autres à Cuba, au Venezuela, en Bolivia, en Équateur, au Paraguay et au Nicaragua. Les oppresseurs laissent ainsi tomber leur toison de brebis, laissant apparaître pleinement leurs gueules de loups rapaces, prêts à tout pour sauver leur système politique, économique, social et culturel, devenu caduc. La Bolivie est aujourd’hui la cible de la plus grande offensive de ces secteurs qui croient être les maîtres du monde et ont l’intention de s’approprier de manière permanente l’eau, le gaz, le pétrole et la terre qui appartiennent a peuple bolivien.
4. En Bolivia, les groupes qui forment la "media luna"4 sont des groupes fascistes civiques et préfectoraux, héritiers des hommes qui avaient servir Hitler dans son projet de mort et s’étaient enfuis après la défaite de 1945 dans divers pays dont la Bolivie. Ces groupes ne peuvent pas comprendre que l’heure a sonné : ce qui a été volé doit éter restituté à ses propriétaires légitimes.
Ils ne supportent pas qu’en Bolivie, pour la première fois dans l’histoire de l’Amérique latine, le peuple ait élu comme président, avec plus de 53% des voix, le frère aymara Evo Morales Ayma,héritier des rébellions de Tupac Katari, Bartolina Sisa, Tupak Amaru et du Che Guevara; un homme enfanté par la Pachamama, qui s’est forgé dans l’insurrectioon sociale à la lumière du feu millénaire de la feuilel sacrée de coca; un homme qui a convoqué la nouvelle Assemblée constituante et a gagné proprement et dignement toues les batailles; qui lutte pour une authentique réforme agraire dans un pays dont plus de 80% des habitants sont pauvres et qui a été confirmé comme président par par 67,4 % des voix au référendum du 10 Août ; qui a nationalisé les ressources stratégiques comme le pétrole et le gaz naturel ; qui a mis en oeuvres des mesures de solidarité sociale en faveur des déshérités ; qui par un geste digne, a expulsé l’ambassadeur US à La Paz Philip Goldberg, qui conspirait contre la souveraineté de la Bolivie et ne respectait pas le droit à l’autodétermination des peuples. Toutes ces mesures et d’autres illustrent l’engagement irrévocable d’Evo à servir le peuple qui l’a élu et confirmé à son poste..
5. Ces secteurs antidémocratiques qui n’acceptent pas leur défaite et désespéré à l’idée de perdre leurs privilèges, ont lancé le plan de division du pays pour l’autonomie des États de Santa Cruz, Tarija, Beni et Pando, et ils ont mis en oeuvre une nouvelle phase de leur plan putschiste, en utilisant le groupe terroriste baptisé "juventud cruceñista" (« jeunesse de Santa Cruz »), en s’emparant des sièges d’institutions publiques. Guidés par leur désir frénétique de déstabiliser le gouvernement légitime du président Evo Morales, ils massacrent et assassinent des dizaines d’indigènes et de paysans désarmés à Porvenir (Pando), lesquels rejoignent par leur sacrifice les milliers de héros et martyrs qui ont offert leur vie pour la récupértaion défintive Sumak Kawsay sur notre continent.
6. Face à cette situation, au nom du cri aimant et rebelle de la Pachamama pour la justice, au nom des femmes et hommes dignes que nous sommes, désireux de laisser à nos fils et filles une planète où la fraternité universelle puisse être vécue, de par l’exercice du droit à une vie digne, à l’autodétermination des peuples et dans le respect de la coexistence interculturelle et plurculturelle, pour un monde juste et fraternal, nous appelons toutes les organisations indgènes, afroaméricaines, paysannes, ouvrières, féminines, les mouvements sociaux et étudiants, les réseaux, intellectuels,personnalités, amis et amis des causes révolutionnaires, à participer à la Reencontré internationale de solidarité avec la Bolivia, qui aura lieu à Santa Cruz de Bolivia du 23 au 25 Octobre 2008, pour unir nos forces et nos coeurs et témoIgner ensemble à la face du monde que LA BOLIVIE N’EST PAS SEULE À LUTTER.
Pour cela nous faisons notres ces mots du président Evo Morales :
"Je me tromperai souvent – qui ne se trompe jamais -, mais dans la lutte contre la colonisation néolibérale, jamais je ne me tromperai, jamais je ne vous trahirai. "
(Evo Morales, Umala 3 Mai 2008)
Appel lancé par :
* Confederación de Pueblos de la Nacionalidad Kichwa del Ecuador/Confédération des peuples de nationalité kichwa de l’Équateur (ECUARUNARI) – Ecuador
* Confederación de Nacionalidades Indígenas del Ecuador/Confédération des nationalités indigènes d’Équateur (CONAIE) - Ecuador
* Organización Nacional Indígena de Colombia/Organisation nationale indigène de Colombie (ONIC) - Colombia
* Consejo de Todas las Tierras/Conseil de toutes le terres - Chile
* Movimiento Sin Tierra/Mouvement des Sans Terre (MST) - Brasil
* Vía Campesina - Brasil
* Tlaxcala, le réseau des traducteurs pour la diversité linguistique
Pour signer l'appel et plus d'informations :
agenciaplurinacional@yahoo.com - todosconbolivia@yahoo.es
Notes du traducteur
1 - Abya Yala est le nom choisi en 1992 par les nations indigènes d'"Amérique" pour désigner le continent au lieu de le nommer d'après Amerigo Vespucci.
L'expression « Abya Yala » vient de la langue des Kunas, un peuple indigène de Panama et de Colombie qui utilise cette expression pour nommer l'Amérique. Les mots signifient « terre dans sa pleine maturité ». Le leader indigène aymara de Bolivie Takir Mamani a proposé que tous les peuples indigènes des Amériques nomment ainsi leurs terres d'origine, et utilisent cette dénomination dans leurs documents et leurs déclarations orales, arguant que « placer des noms étrangers sur nos villes, nos cités et nos continents équivaut à assujettir notre identité à la volonté de nos envahisseurs et de leurs héritiers. » La proposition de Takir Mamani a reçu un accueil favorable dans divers secteurs. La première rencontre continentale des peuples et groupes ethniques d’Abya Yala a eu lieu à La Paz en Octobre 2006.
2 - Sumak Kawsay : « bien vivre », expression d’ un concept ancestral des indigènes d’Équateur, du Pérou et de Bolivie, sur la manière d’être au monde, dans le respect des hommes et de la nature, dont l’introduction dans la nouvelle Constitution est actuellement débattue en Équateur, pour marquer une rupture avec la conception capitaliste de la société, de la croissance et du développement.
3 - Pachamama : Terre-Mère dans la civilisation Tiwanaku (Ve-XIe siècle) puis dans la civilisation inca, à laquelle les Quechuas et Aymaras continuent de faire des offrandes (challa ou pago) le 1er Août de chaque année. Elle est associée à la fécondité, donc à une femme et une mère qui prodigue bienfaits et soins, et nourrit ses enfants. Le terme vient des mots quechua pacha, qui signifie à la fois " terre " et " temps ", et mama, "mère".
4 - Media Luna : litt. le croissant, terme désignant les 4 départements de l’est de la Bolivie dont les préfets ont pris la tête de la subversion « sécessionniste » contre le gouvernement central.
Une Bolivienne agite un drapeau aymara, la wipala, à La Paz, le 12 Octobre 2006, lors de la clôture de la première rencontre continentale des peuples et groupes ethniques d’Abya Yala . Photo AIZAR RALDES/AFP/Getty Images
Source : Tlaxcala, Traduit par Fausto Giudice
Article original publié le 24 Septembre 2008