Lorsque
les dures conditions d'un nouveau plan de sauvetage pour la Grèce ont
été connues le 12 juillet dernier, beaucoup se sont demandé si le pays
pouvait encore être considéré comme un État souverain. Le terme "Colonie
de la dette", utilisé depuis longtemps par Syriza et ses partisans,
s'est soudain retrouvé partout dans la presse. Même le Financial Times a
utilisé une terminologie impériale: "Un plan de sauvetage aux
conditions énoncées à Bruxelles", pouvait-on lire dans son éditorial du
13 juillet, "risque d'apparenter la relation avec la Grèce à celle d'un
seigneur colonial avec son vassal.".
De telles suggestions ont entraîné des comparaisons historiques. On a
fait entre autres un parallèle avec l'Égypte de la fin du XIXème
siècle. En 1876, alors que l'Égypte, lourdement endettée, frôlait la
faillite, le khédive Ismaïl Pacha accepta la création d'une commission
internationale, composée d'Européens, pour superviser le budget égyptien
et contrôler certaines sources de recettes publiques. Cette
disposition, destinée à assurer le service de la dette étrangère dans
les délais fixés, a ouvert une nouvelle période d'intervention
européenne, longue et intensive en Égypte : la Caisse de la Dette
Publique n'a été abolie qu'en 1940.