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samedi 11 janvier 2014

Disparition du bulldozer le plus cher de l'histoire-Les trois vies d'Arik : tueur décoré, politicien culotté, légume assisté


par FG, 11/1/2014
Ariel Sharon est enfin officiellement mort, à 85 ans, ce samedi 11 janvier 2014. Depuis 8 ans, il était réduit à l'état de sous-légume, maintenu artificiellement en vie pour la modique somme de 296 000 Euros par an, en grande partie aux frais des contribuables d'Israël. Ses huit années de coma entretenu auront donc coûté 2 millions et demi d'Euros. Les Israéliens, à commencer par Bibi Nétanyahou, l'avaient déjà enterré. Oublié le "héros" de toutes les guerres d'agression et de conquête sionistes, celui qu'on avait surnommé "le Bulldozer". Il avait dit un jour à des journalistes britanniques :"Même les moutons ont peur de moi".
"Normalement", Ariel Sharon aurait du mourir à l'infirmerie de la prison néerlandaise où sont détenus les criminels de guerre condamnés par la Cour Pénale Internationale, ou bien mourir dans une infirmerie de prison israélienne après avoir été condamné, par exemple, pour les pots-de-vin touchés du businessman Martin Schlaff.
Mais il n'y a pas de normalité en ce qui concerne Israël, "seul-État-démocratique-du-Moyen-Orient" (avec guillemets) et seul État doté d'armes nucléaires du Moyen-Orient (sans guillemets).
Ariel Scheinermann était né le 26 février 1928 dans le moshav de Kfar Malal d'un père agronome polonais et d'une mère biélorusse. Donc un vrai Sabra. Il commence sa carrière de tueur sioniste très jeune et participe à la guerre de 1948 dans la Haganah. Ensuite il gravit les échelons dans la nouvelle armée israélienne, Tsahal, au fil des guerres et des campagnes de nettoyage. Les premiers crimes de guerre qu'il ordonne contre des civils palestiniens remontent à 1952, lorsqu'il est à la tête de l'Unité 101, première unité de forces spéciales sionistes, qui deviendra mondialement célèbre après le massacre de 70 habitants du village de Qibya (Cisjordanie) le 14 octobre 1953.
"Arik" s'illustrera en 1956, lors de l'expédition de Suez" par le massacre de plus de 200 prisonniers égyptiens et civils soudanais attribué au 890ème régiment de parachutistes qu'il commande. Devenu un "héros de guerre" au cours de l'occupation du Sinaï en 1967, il effectue le sale boulot dans la Bande de Gaza, où ses hommes, de 1971 à 1973, tuent plus de cent civils palestiniens et en capturent plusieurs centaines, au nom, bien sûr, de la lutte contre le "terrorisme".
Sacré de nouveau "héros" de la guerre d'octobre 1973, pour avoir provoqué la capitulation de la 3ème armée égyptienne, il entre alors en politique. Il utilisera sur ce terrain les méthodes développées dans ses guerres, pratiquant l'attaque-surprise et la ruse brutale propres au Blitzkrieg. Ministre de la Défense en 1982, il supervise l'invasion du Liban et le "nettoyage" de Beyrouth, au cours duquel les miliciens libanais de la droite chrétienne procèdent au massacre de civils dans les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila. Sharon suivra personnellement le massacre à la jumelle depuis une terrasse avec vue plongeant sur les camps.
En 2000, il monte une provocation – une visite sur l'Esplanade des Mosquées à Jérusalem, alors qu'il est ministre des Affaires étrangères – qui déclenchera la 2ème Intifada. Premier ministre à partir de 2001, il a une première attaque cérébrale en décembre 2005 et une seconde en janvier 2006, ce qui provoque sa destitution pour inaptitude à gouverner le 14 avril 2006. Il entre alors dans la dernière phase de sa vie, celle de légume.
Véritable figure gargantuesque – il commençait sa journée par une omelette de 24 œufs -, Ariel Sharon laissera le souvenir de tout ce qu'il y a de plus haïssable dans l'absurde projet sioniste. Il brûlera éternellement en enfer.

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- Sharon? Votez Sharon…
- Qu'est-ce qu'il y a qui va pas ? Vous n'avez jamais vu un politicien embrasser un bébé ?

Caricature de Dave Brown publiée par The Independent (R-U) en janvier 2003, et désignée Caricature de l’Année (2003) par la British Political Cartoon Society.

vendredi 28 décembre 2012

Discours de Roger Waters sur la Palestine à l'AG de l'ONU

Le 29 novembre, Roger Waters (Pink Floyd) s'est adressé à l'Assemblée générale des Nations Unies à New York pour exposer les conclusions du 4ème Tribunal Russell sur la Palestine

  
Monsieur le Président, vos Excellences, Mesdames et Messieurs
Je vous suis très reconnaissant de me recevoir en ce moment de solidarité et de crise. Je suis musicien, pas diplomate, aussi je ne vais pas gaspiller cette précieuse occasion avec des subtilités de protocoles. Cependant, j’ai pensé que vous deviez tous, dans une certaine mesure, être las à force d’écouter, aussi alors que j’étais là, assis à écouter, j’ai revu mon discours, assez long, pour en faire un discours plus court, toutefois je crois que le texte intégral sera disponible pour tous ceux qui seront intéressés, à la fin de cette réunion.
Je me présente devant vous en tant que représentant du quatrième Tribunal Russel sur la Palestine, et à ce titre, je représente la société civile du monde. En guise de préambule, je me dois de vous dire que mon intervention ici, aujourd’hui, n’est ni personnelle ni guidée par des préjugés ou la vindicte, je voudrais seulement jeter quelque lumière sur la situation difficile d’un peuple assiégé. Le Tribunal Russel sur la Palestine a été créé pour faire cette lumière, pour demander des comptes sur les violations du droit international et sur le manque de détermination des Nations Unies qui empêchent le peuple palestinien de réaliser ses droits inaliénables, particulièrement celui à son autodétermination. Ce qui surtout nous a poussés à nous réunir, c’est l’incapacité inquiétante de la communauté internationale à appliquer et faire respecter la décision de la Cour de Justice internationale de 2004, inscrite dans son avis consultatif sur le Mur israélien, et comme demandé par les Nations Unies.
Nous nous sommes réunis ici, à New York, il y a six semaines, les 6 et 7 octobre, après avoir envoyé des invitations à toutes les parties intéressées. Après avoir écouté le témoignage exhaustif de nombreux témoins experts, et après une délibération approfondie, nous sommes arrivés aux conclusions suivantes.
Nous avons constaté que l’État d’Israël est coupable d’un certain nombre de crimes internationaux.
1 – Celui d’apartheid. La Convention internationale de l’ONU sur l’élimination et la répression du crime d’apartheid définit ce crime comme les actes inhumains d’un gouvernement, « commis dans le but d’instituer ou d’entretenir la domination d’un groupe racial d’êtres humains sur n’importe quel autre groupe racial d’êtres humains et d’opprimer systématiquement celui-ci  ». Comme vous le savez tous, les actes prohibés incluent les arrestations arbitraires, les mesures législatives qui discriminent dans les domaines politiques, sociaux, économiques et culturels ; les mesures qui divisent la population sur des critères raciaux, et la persécution de ceux qui s’opposent au système d’apartheid. Comme vous le savez, cette conclusion du tribunal a été approuvée plus tôt cette année par le Comité de l’élimination de la discrimination raciale à Genève, à la suite de la soumission des propositions du Tribunal, tant orales qu’écrites.
2 – Celui de nettoyage ethnique. Dans ce cas, ce crime inclut l’éviction systématique, par la force, d’une grande partie de la population palestinienne native depuis 1947-48.
3 – Celui de punition collective d’une population civile, explicitement prohibée par la Quatrième Convention de Genève en son article 33. Israël a failli à son obligation, en tant que puissance occupante des Territoires palestiniens occupés, incluant la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-Est. Ses violations les plus graves ont lieu actuellement à Gaza avec le blocus et l’enfermement de fait de toute la population, elles ont eu lieu avec les massacres aveugles de Palestiniens durant l’offensive israélienne « Opération Plomb durci » en 2008/2009, et récemment, la dévastation par la plus récente des agressions, ironiquement baptisée, « Opération Pilier de la défense ».
Au moment où je vous parle, je peux percevoir la réprobation, dans les propos des gouvernements et des médias, débitant ce mantra bien connu des apologistes, mais « c’est le Hamas qui a commencé avec ses attaques à la roquette, Israël ne fait que se défendre  ».
Examinons cet argument. Est-ce le Hamas qui « l’ » a commencé ? Quand « l’ » a-t-il commencé ? La façon dont nous comprenons les faits dépend du moment où nous faisons partir le chrono. Si nous démarrons le chrono au moment où les roquettes sont tirées depuis Gaza sur Israël, un certain après-midi, c’est une version. Si nous démarrons le chrono, plus tôt le matin du même jour, quand un garçon palestinien de 13 ans, a été abattu par des soldats israéliens alors qu’il jouait au football sur un terrain à Gaza, alors l’histoire commence à paraitre un peu différente. Et si on remonte plus loin encore, nous voyons que depuis l’ « Opération Plomb durci », d’après l’organisation israélienne des droits de l’homme, B’Tselem, 271 Palestiniens ont été tués par les bombes, roquettes, drones et avions israéliens, et que dans la même période, pas un seul Israélien n’a été tué. On peut savoir « qui » a commencé, en 1967, avec l’occupation de Gaza et de la Cisjordanie. L’histoire nous enseigne que l’invasion et l’occupation d’une terre et l’asservissement de sa population provoquent presque toujours une résistance. Demandez aux Français ou aux Hollandais, ou aux Polonais, ou aux Tchèques, la liste est longue.
Cette crise à Gaza est une crise ancrée dans l’occupation.
Israël et ses alliés soutiennent que Gaza n’est plus occupée. Vraiment ? Le retrait des soldats et des colons en 2005 a changé la nature, pas l’existence, de l’occupation. Israël contrôle toujours l’espace aérien de Gaza, ses eaux côtières, ses frontières, son territoire, son économie et la vie de Gaza. Gaza est toujours occupée. La population de Gaza, un million six cent mille Palestiniens dont la moitié sont des enfants de moins de 16 ans, vit dans une prison à ciel ouvert. C’est la réalité qui sous-tend la crise actuelle. Et jusqu’à ce que nous, ce qui veut dire vous aussi, Excellences, vous les gouvernements, et vous l’Assemblée générale, jusqu’à ce que nous prenions la responsabilité de mettre fin à l’occupation, nous ne pouvons même pas espérer que la crise actuelle s’achève. En octobre, les jurés de la dernière séance du Tribunal Russel se sont adressés à ce Comité, il nous a été assuré que nos représentations et rapports seraient portés au niveau de l’Assemblée générale pour le débat général. Si tout se passe bien aujourd’hui, nous pouvons espérer que vous répondrez, Excellences, à cette assurance.
Je me suis écarté brièvement de mon propos, permettez-moi de revenir aux violations israéliennes, que le Tribunal Russel a relevées.
4 – De la violation de l’interdiction de colonies stipulée dans la Quatrième Convention de Genève, particulièrement en son article 49. Les colonies, TOUTES les colonies, ne sont pas simplement qu’un obstacle à la paix, elles sont illégales. Quelle que soit la période. Point. Toutes. Vous, à l’Assemblée générale, et même au Conseil de Sécurité, vous les avez tout au long des années qualifiées d’illégales. Et pourtant elles sont là, une réalité quotidienne où maintenant plus de 600 000 colons israéliens, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est occupée, violent le droit, tous les matins, simplement en se réveillant, parce que leurs maisons se trouvent sur une terre illégalement expropriée. Il ne suffit pas d’appeler, comme le font certains gouvernements, à mettre fin à l’expansion des colonies ; si nous voulons vivre dans le respect de la loi, c’est à l’entreprise coloniale tout entière qu’il doit être mis fin.
5 – Du crime d’utilisation d’armes illégales. Au cours de l’opération Plomb durci d’Israël il y a quatre ans, des organisations internationales des droits de l’homme ont documenté sur l’utilisation par Tel Aviv de phosphore blanc dans ses agressions contre Gaza. Human Rights Watch constate, et je cite, « Les tirs répétés d’Israël d’obus au phosphore blanc sur des zones densément habitées de Gaza durant sa récente campagne militaire étaient indiscriminés et constituent une preuve de crimes de guerre ». Le phosphore blanc dégage plus de 1500 degrés Fahrenheit. Imaginez ce qui se passe lorsqu’il entre en contact avec la peau d’un enfant. Humain Rights Watch a demandé que les «  commandants au plus haut niveau » d’Israël en soient tenus pour responsables. Mais jusqu’à présent, aucun n’en a été accusé. Aucun gouvernement, ni même vous, Assemblée générale des Nations Unies, n’a tenté de tenir ces commandants israéliens pour responsables. Nous entendons beaucoup dire que les Nations Unies sont engagées dans « la responsabilité à protéger » les populations vulnérables. Cette « responsabilité à protéger » des Nations Unies ne doit-elle pas s’étendre à cette population la plus vulnérable, les Palestiniens, emprisonnés dans une prison surpeuplée, assiégée, à ciel ouvert ?
Il y a bien d’autres violations, vos Excellences, mais vous le savez. Vos résolutions tracent l’histoire des violations israéliennes. Vous regrettez, vous déplorez, vous condamnez même ces violations. Mais quand vos résolutions ont-elles été mises en application ? Il ne suffit pas de déplorer et de condamner. Ce dont nous avons besoin, venant des Nations Unies – de vous, Excellences, de vos gouvernements et de l’Assemblée générale dans laquelle vous siégez – c’est que vous preniez sérieusement votre responsabilité à protéger les Palestiniens qui vivent sous l’occupation et qui sont confrontés chaque jour à la violation de leurs droits inaliénables à l’autodétermination et à l’égalité.
Notre volonté, à « nous, peuples de ces Nations Unies », c’est que tous nos frères et sœurs doivent être libres de vivre dans l’autodétermination, que les opprimés doivent être libérés de leur fardeau, qu’ils puissent avoir recours à la loi, et qu’il soit exigé des oppresseurs de rendre des compte de par cette même loi.
En 1981, j’ai écrit une chanson qui s’appelle The Gunner’s Dream et qui a été diffusée sur un album des Pink Floyd, The Final Cut , la chanson prétend exprimer le rêve mourant d’un mitrailleur de la RAF alors qu’il chute vers sa mort avec son avion endommagé sur un coin de terre étrangère. Il rêve d’un avenir pour lequel il est en train de donner sa vie. Je cite :
Un endroit où vivre
Suffisamment à manger
Quelque part où les vieux héros traînent sans danger dans les rues
Où tu peux clamer haut et fort
Tes doutes et tes peurs
Et encore mieux, personne ne disparaît jamais
Tu n’entends jamais leurs sujets bateaux frapper à ta porte.
Tu peux te détendre des deux côtés de la piste
Et les maniaques ne tuent pas les membres d’un groupe par télécommande
Et tout le monde a recours à la loi
Et plus personne ne tue d’enfants,
Et plus personne ne tue d’enfants.
En 1982, et encore en 1983, l’Assemblée générale a voté des résolutions tenant Israël pour responsable de ses violations. Ces résolutions appelaient à un embargo total sur les armes à Israël et à la cessation de l’aide militaire et du commerce avec Israël. Ces résolutions n’ont jamais été appliquées. Nous ne nous attendions pas à ce que les États-Unis, ou mon propre gouvernement, je suis du Royaume-Uni soit dit en passant, mettent en œuvre ces résolutions de l’AG ; les USA donnent à Israël 4,1 milliards de dollars chaque année pour renforcer une armée déjà pléthorique. Selon le FMI, Israël est le 26e pays le plus riche au monde, et Israël est le seul État doté d’armes nucléaires au Moyen-Orient ; pourquoi des gouvernements doivent-ils lui donner de l’argent pour d’autres d’armes. Ça me dépasse. Mais qu’ils le fassent ne libèrent pas les autres gouvernements de leurs obligations d’appliquer ces résolutions sur les embargos sur les armes.
Jamais un tel embargo n’a été imposé. Alors, c’est la société civile qui a pris les devants. Suite à l’appel de la société civile palestinienne de 2005, des mouvements sociaux, des militants, et de plus en plus d’institutions religieuses, et même certaines autorités gouvernementales locales à travers le monde, ont créé la Campagne pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions. Cette campagne vise, comme beaucoup d’entre vous le savent, à effectuer une pression économique non violente sur Israël pour l’obliger à mettre fin à ses violations, fin à l’occupation et à l’apartheid, fin à son déni du droit au retour des Palestiniens, et fin à la situation des Palestiniens d’Israël, obligés de vivre comme des citoyens de seconde zone, discriminés sur des critères raciaux et soumis à des lois différentes de celles de leurs compatriotes juifs. Le mouvement BDS gagne du terrain et à grands pas. Juste la semaine dernière, j’ai eu le plaisir d’adresser une lettre de soutien au gouvernement des étudiants de l’université de Californie, à Irvine, pour les féliciter d’avoir exigé de leur université qu’elle se désinvestisse des sociétés qui tirent profit de l’occupation israélienne. De plus, l’été dernier, je suis allé à Pittsburg pour assister à l’assemblée générale des Églises presbytériennes des États-Unis, laquelle assemblée a voté une résolution de désinvestissements de chez Motorola, Caterpillar et Hewlet Packard, ce qui aurait été impensable il y a dix ans. Pour citer le grand Bob Dylan, « les temps changent ».
Revenons à aujourd’hui.
Vous, les membres de l’Assemblée générale, vous allez avoir bientôt l’occasion de voter pour élever le statut de la Palestine à l’ONU à celui d’État non membre.
Bien que n’accordant pas une adhésion pleine et entière à l’ONU, cela permettra la reconnaissance par l’ONU de la Palestine en tant qu’État, qui aurait alors le droit de signer des traités ; et, fait décisif, notamment le Traité de Rome en tant que signataire de la Cour pénale internationale.
Il s’agit là d’une occasion capitale, qui s’est préparée ici depuis treize mois. C’est l’un des rares cas où vous, Excellences, pouvez changer le cours et l’image de l’histoire et, en même temps, conforter l’un des principes fondateurs des Nations Unies, le droit à l’autodétermination. La candidature inclut implicitement les frontières d’avant 1967, l’intégrité de Jérusalem-Est, une Gaza autonome et la diaspora des réfugiés.
Elle est capitale parce qu’il y a déjà plus de 132 membres qui ont reconnu la Palestine en tant qu’État et que d’autres membres se dévoilent de jour en jour. Et, maintenant, juste cette semaine, le Hamas lui apporte son soutien.
Je vous invite à considérer deux points. Tout d’abord, je vous prie de résister aux pressions que de puissants gouvernements exerceraient sur vous afin de faire échouer ou reporter cette question ; malheureusement, ce lieu vénéré où nous sommes a une histoire de coercition. Aucun gouvernement, riche ou puissant, ne devrait être autorisé à utiliser son poids financier ou militaire pour mettre de côté la politique des Nations Unies en achetant d’autres États, sur cette question comme sur toute autre question.
Deuxièmement, ne pas prendre le vote pour un statut d’État comme le dernier respect de vos obligations ; la responsabilité de l’Assemblée générale dépasse de loin les technicités des Nations Unies, elle doit inclure une protection véritable pour les Palestiniens sous occupation et une réelle responsabilisation pour les violations du droit. Vous avez des pouvoirs dont vous ne vous servez pas. Vous ne devez pas à vous en remettre au Conseil de Sécurité ou à l’attendre.
Dans quelques mois, nous allons commémorer le dixième anniversaire de la mort de Rachel Corrie, cette jeune militante tuée (le 16 mars 2003 - ndp) par un soldat israélien aux commandes d’un bulldozer blindé de chez Caterpillar, alors qu’elle essayait de protéger la maison d’un pharmacien palestinien et sa famille à Rafah, à la frontière de Gaza. Les militants internationaux comme Rachel Corrie, Tom Hurndall et James Miller ont pris des risques, ils l’ont fait, et eux, avec leurs familles, en ont payé et en paient le prix suprême, et ce, parce que la communauté internationale – vos gouvernements et les Nations Unies elles-mêmes – a failli dans la protection de la population palestinienne vulnérable vivant sous cette occupation prolongée. Nous sommes fiers, même si les larmes nous brûlent les yeux, de l’action de ces jeunes militants et profondément émus par leur sacrifice. Mais nous sommes en colère aussi, de voir nos gouvernements et nos institutions internationales, dont votre Assemblée générale, être incapables d’assurer une protection, ce qui rend nécessaires les sacrifices comme celui de Rachel Corrie. N’oublions pas non plus les milliers de courageux Palestiniens anonymes et leurs frères et sœurs d’armes israéliens (ceux du boycott de l’intérieur) qui manifestent dans la non-violence chaque semaine pour le simple droit à une vie humaine ordinaire. Le droit de vivre dans la dignité et la paix, d’élever leurs familles, de labourer leurs terres, de construire une société juste, de voyager à l’étranger, d’être libéré de toute occupation, d’aspirer aux buts de tout un chacun, tout comme nous tous.
En parlant de nous justement, je vis ici, dans la ville de New York. Nous formons un groupe quelque peu paroissial, nous les New-Yorkais, dans une large mesure coupés par la propagande et le privilège des réalités de la situation désespérée des Palestiniens. Peu d’entre nous comprennent que le gouvernement des États-Unis d’Amérique, en particulier avec son droit de veto au Conseil de Sécurité, protègent Israël de la condamnation de la société civile mondiale que j’ai l’honneur de représenter ici aujourd’hui.
Même pendant que les bombes pleuvaient sur les un million six cent mille personnes de la bande de Gaza, le Président des États-Unis d’Amérique réaffirmait sa position en disant, « Israël a le droit de se défendre ».
Nous connaissons tous la portée et la puissance de la capacité militaire d’Israël et les effets meurtriers de ses actions. Alors, qu’a donc voulu dire le Président Obama ? A-t-il voulu dire qu’Israël a le droit d’occuper indéfiniment toute la région, qu’Israël a le droit d’expulser par la force les populations des territoires qu’il occupe, maison par maison, village par village ? A-t-il voulu dire que dans ce cas précis, Israël a le droit de mener des campagnes de nettoyage ethnique et d’apartheid, et que les U.S.A. protégeront le droit d’Israël à faire ainsi ? A-t-il voulu dire qu’Israël a le droit de construire des routes en territoire occupé, protégées par des barbelés, des murs en béton, des caméras de vidéo-surveillance et des mitrailleuses pour protéger les résidents des colonies juives et eux seuls ? A-t-il voulu dire que les bombardements aveugles et meurtriers, utilisant notamment le phosphore blanc, sur la population civile de Gaza, par une force militaire d’une supériorité écrasante, se justifiaient par des motifs de défense ?
Les Palestiniens sont un peuple antique, intelligent, cultivé, hospitalier et généreux. Et naturellement, ils ont la fierté, et ils résisteront à l’occupation de leur terre et défendront leurs épouses et enfants, et leurs biens au mieux de leurs moyens. Qui ne le voudrait pas ? Vous le voudriez, vous ? Et moi, le voudrais-je ? Le Président Obama le voudrait-il ? On ose l’espérer. Ce serait son devoir. Imaginez le district de Washington, emmuré, devenu une prison et surtout un tas de décombres sous les attaques répétées. Nul n’est autorisé à y entrer ou à en sortir. Des coupures d’électricité incessantes, des canonnières étrangères sur le Potomac tuant les pêcheurs, des avions de combat lançant des frappes aériennes chirurgicales du haut de leur impunité, éliminant tout aussi bien des membres de la résistance que des femmes et des enfants.
Il y a plus d’une génération, l’Assemblée générale a voté la résolution 2625 qui traite du principe de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes. Elle reconnait que quand un peuple est confronté « à toute mesure coercitive » qui les prive de ces droits, ils ont le droit « d’agir contre et de résister  » à un tel usage de la force. Si la communauté internationale n’assume pas sa «  responsabilité à protéger  », les Palestiniens doivent endosser eux-mêmes cette responsabilité.
Cela ne veut pas dire que je soutiens les tirs de missiles sur Israël. Par droit légal internationalement reconnu à la résistance, on entend l’attaque sur toute cible militaire engagée dans l’occupation illégale. Mais soyons clairs, nous croyons dans Le Droit comme indispensable et rendu de façon juste. Le lancement de roquettes non guidées sur Israël, où la plupart des cibles probablement seront des civils, n’est pas une forme légale de résistance.
De nombreux militants de la société civile, dont beaucoup de Palestiniens et Israéliens, sont engagés dans la résistance non violente. Le mouvement BDS, qui s’est propagé depuis la société civile palestinienne à des militants du monde entier, fait partie de cette résistance non violente et je le soutiens de tout cœur, mais précisons bien que la disparité des forces, la réalité de l’occupation et la réaction de l’occupé, sont la réalité à laquelle nous sommes confrontés, à moins que de trouver un recours dans le droit international et d’y assujettir toutes les parties. En attendant, permettez-moi de rappeler un peu la rhétorique, et de répondre à « Israël a le droit de se défendre » d’un point de vue juridique et historique.
Ex injuria jus non oritur
« Un droit légal ou un titre légal ne peuvent résulter d’une injustice ».
Si nous voulons nous opposer à toutes les formes de violence, tant par l’occupant que par la résistance violente de l’occupé, nous devons chercher à mettre fin aux causes profondes de la violence. Dans ce conflit, cela signifie mettre un terme à l’occupation, à la colonisation, au nettoyage ethnique par Israël et à son déni du droit à l’autodétermination comme des autres droits inaliénables du peuple palestinien de par la Charte des Nations Unies et les autres principes du droit international.
Ainsi pour l’avenir
Le Hamas, après avoir abandonné son exigence initiale de démantèlement d’Israël dans la perspective des élections, a été élu démocratiquement en janvier 2006, dans des élections jugées libres et honnêtes par les observateurs internationaux présents, et parmi eux, l’ancien Président des U.S.A., Jimmy Carter. Les dirigeants du Hamas ont fait connaître leur position maintes et maintes fois. Elle est la suivante : le Hamas est ouvert à une paix permanente avec Israël s’il y a un retrait total sur les frontières de 1967 (22 % de la Palestine historique), accord à confirmer par un référendum auprès de tous les Palestiniens vivant sous l’occupation. Je sais bien que vous tous, vous savez cela, mais là où je vis, ils ne le savent pas, ils ne savent pas ce qu’est la position du Hamas. Alors, je suis en train de leur dire.
Monsieur le Président, Excellences, amis. Nous sommes tous ici pour la même raison. Nous sommes tous attachés aux droits humains, au droit international, au caractère central des Nations-Unis et à l’égalité pour tous, y compris pour les Palestiniens. Nous participons tous à cette réunion du 29 novembre qui marque la Journée internationale de la solidarité de l’ONU avec le peuple palestinien.
Mais il me semble à moi, que notre commémoration d’aujourd’hui ne peut suffire.
Alors que faire d’autre ? Le champ de bataille est ici, au siège des Nations Unies, et en même temps en plein milieu de New York, avec l’accès aux médias. La bataille est sur deux fronts :
1 – Continuer le travail d’information de la population américaine sur la réalité du conflit israélo-palestinien, et plus spécialement sur le rôle de son gouvernement, pays d’accueil des Nations Unies, qui utilise les impôts des contribuables pour financer et rendre possibles les violations d’Israël. Pour lui rappeler les milliards de dollars d’aides militaires annuelles, la protection absolue d’Israël aux Nations Unies, à la Cour pénale internationale et ailleurs pour assurer son impunité dans ses crimes de guerre et ses possibles crimes contre l’humanité, pour bien faire comprendre au « peuple des États-Unis d’Amérique » que ces attachements contestables restent la pièce centrale de la politique de son gouvernement au Moyen-Orient.
2 – Tout aussi important, nous devons traiter, au bout du compte, d’une sérieuse réforme des Nations Unies Les Nations Unies doivent s’engager dans une nouvelle démocratie. Le droit de veto doit être repensé, ou alors les Nations Unies vont disparaître. L’utilisation du veto comme outil stratégique par l’un ou l’autre des membres permanents du Conseil de Sécurité est maintenant dépassé. Le droit de veto détenu simplement par cinq nations tourne en dérision la prétention de démocratie, de l’idée que « la volonté des peuples » est représentée ici. Le système est trop ouvert aux abus. La protection générale accordée à Israël par l’utilisation états-unienne du droit de veto, est un cas de ce type d’abus. Par exemple, en 1973, cela a bloqué une résolution réaffirmant les droits de Palestiniens et exigeant le retrait des territoires occupés, et une autre en 1976, appelant au droit à l’autodétermination pour les Palestiniens et encore deux en 1997, appelant à la cessation des constructions dans les colonies de Jérusalem-Est et les autres territoires occupés. Et il y en a beaucoup d’autres.
Je vous exhorte, vous, Assemblée générale, à agir collectivement pour arracher le retour du pouvoir au peuple afin d’aider à progresser vers un organisme plus démocratique, à mieux être en mesure de répondre aux hautes aspirations de cette grande institution, à mieux représenter la volonté des peuples de ces grandes Nations Unies.
Vous, Assemblée générale, vous représentez la composante la plus large, la plus démocratique des Nations Unies. Ni les États-Unis, ni la Chine, ni la France, ni la Russie et ni le Royaume-Uni n’ont de droit de veto ici. Ce qu’il faut, c’est la volonté politique. Vous pouvez prendre les décisions, et décider des actions, celles que le Conseil de Sécurité ne peut pas, ou ne veut pas prendre et décider. La Charte des Nations Unies commence par ces mots, « Nous, peuples des nations unies ». Et non par, « Nous, gouvernements ». Je vous exhorte, au nom des peuples de vos pays, au nom des peuples de tous les pays, en fait au nom de tous les peuples de cette terre, de notre terre commune, je vous exhorte à agir.
Saisissez-vous de ce moment historique.
Soutenez le vote d’aujourd’hui pour le statut amélioré d’État observateur palestinien en tant qu’étape vers une adhésion pleine et entière. Et affirmez que le maintien d’Israël comme membre des Nations Unies dépend de la réforme de son régime illégal d’apartheid.
Je vous remercie
Traduction JPP, Info-Palestine

vendredi 2 novembre 2012

Tapis rouge pour un criminel de guerre

Tapis rouge pour un criminel de guerre

Par ISM-France, 1-11-2012


François Hollande a donc reçu le premier ministre de l'Etat sioniste mercredi 31 octobre à l'Elysée. Lors de la conférence de presse qui a suivi leur rencontre, les deux dirigeants ont fait assaut d'amabilités, exprimant leurs convergences de vues, entre autres sur l'Iran. Un Iran doté de l'arme nucléaire "est une menace qui ne peut pas être acceptée par la France", a déclaré F. Hollande. "Nous avons fait voter plusieurs sanctions et nous sommes prêts à en faire voter d'autres, autant qu'il sera nécessaire. Nous voulons avoir des actes et des gestes concrets" apportant "la preuve qu'il y abandon de cette recherche" d'une arme nucléaire, a-t-il ajouté. Faut-il rappeler à F. Hollande que la véritable menace, c'est l'arme nucléaire que détient l'Etat sioniste belliqueux, qui contrairement à l'Iran, refuse toute inspection de ses installations par l'AIEA et n'a pas signé le Traité sur la non-prolifération des armes atomiques ?
En prévision des prochaines élections législatives que l'Etat sioniste organisera le 22 janvier 2012, Netanyahu est venu sans vergogne faire son cirque sur la reprise du "processus de paix" et des négociations avec les Palestiniens, insistant sur sa détermination de les ouvrir "sans conditions", accusant ainsi implicitement les Palestiniens d'être les empêcheurs de faire la paix puisque le président de l'Autorité palestinienne Abbas refuse, depuis 2010, de les reprendre tant que l'expansion de la colonisation en Cisjordanie occupée ne sera pas gelée.
"Je n'ai aucune condition (...). Si vous voulez tester cela, le président Hollande peut inviter le président (de l'Autorité palestinienne Mahmoud) Abbas à l'Elysée, je le rencontrerai là,", a dit B. Netanyahu lors du point de presse.
"Voilà une belle proposition,", s'est empressé de répondre F. Hollande. Faut-il lui rappeler la colonisation acharnée de la terre palestinienne et les centaines de colonies illégales en pleine expansion qui hébergent plus de 500.000 envahisseurs proliférant et prospérant sur les terres volées aux Palestiniens indigènes ? Faut-il lui rappeler que les Palestiniens vivent quotidiennement sous le joug d'une occupation militaire impitoyable ? Faut-il lui rappeler qu'il ne pourra pas y avoir de "processus de paix" tant que justice ne sera pas rendue aux Palestiniens ?

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B. Netanyahu et F. Hollande, lors d'un point presse commun, le 31 octobre 2012 (CHAMUSSY/SIPA)
Toujours en symbiose touchante avec le criminel sioniste qui, il y a à peine deux semaines, autorisait une énième attaque de la Bande de Gaza qui a fait 15 martyrs et des dizaines de blessés, et qui en aurait fait sûrement beaucoup plus sans la riposte courageuse de la résistance palestinienne, Hollande a apporté son soutien à Netanyahu en conseillant aux Palestiniens de ne pas "aller chercher à l'ONU ce qu'ils ne peuvent pas obtenir par la négociation", faisant référence à la requête de l'autorité palestinienne d'un statut d'Etat non-membre à l'Assemblée générale des Nations-Unies, qui lui permettrait d'engager des procédures contre l'entité sioniste à la Cour pénale internationale, par exemple. Faut-il lui rappeler qu'un peuple occupé n'a pas à négocier avec son occupant, mais à s'en débarrasser par tous les moyens à sa disposition jusqu'à reconquérir son droit à l'auto-détermination et à vivre, dignement et librement, sur sa propre terre ?
Aujourd'hui à Toulouse, F. Hollande accompagne B. Netanyahu à une cérémonie d'hommage aux victimes juives de Mohammed Merah. Faut-il lui rappeler qu'en mars dernier, à Toulouse et à Montauban, ce ne sont pas uniquement un enseignant et trois enfants franco-israéliens qui ont été tués, mais aussi Imad Ibn-Ziaten, Abel Chennouf et Mohamed Legouad (photos ci-dessous), tous trois français d'origine maghrébine ?

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Que Netanyahu ne veuille se recueillir que devant des victimes juives, soit. Qu'attendre de plus du dirigeant d'une petite entité coloniale qui s'acharne depuis plus de 60 ans au nettoyage ethnique d'un peuple indigène ? Mais que le Président français se prête à une instrumentalisation islamophobe téléguidée par un chef d'Etat étranger, c'est inacceptable. Et c'est un signe de plus qu'une partie de la gauche française reste gangrénée par l'idéologie colonialiste.
Les militants pro-palestiniens ont réagi dignement devant ces parades écœurantes. Des centaines de manifestants se sont rassemblées à Paris, Toulouse et Montauban, pour protester contre la visite du chef de l'entité raciste, génocidaire et illégitime et lui crier haut et fort qu'il n'est pas le bienvenu.

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Paris, Place de l'Opéra, mercredi 31 octobre
A Paris, les manifestants brandissant des drapeaux palestiniens ont scandé : "Netanyahu casse-toi, la Palestine n'est pas à toi", "Nous sommes tous des Palestiniens" et exigé la fin du blocus de Gaza et de la colonisation.
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A Toulouse, Place du Capitole
A Toulouse et à Montpellier, c'est aux cris de "Etat d'Israël Etat criminel, Hollande complice", "Sionistes racistes, c'est vous les terroristes" ou "Il doit finir le temps des colonies, Israël hors de Palestine" que les manifestants ont protesté contre la politique de l'Etat d'apartheid
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Place de la Comédie, à Montpellier

mercredi 11 avril 2012

L’histoire et la culture selon Ali Abunimah, par Gilad Atzmon




Dans le clip ci-dessus je réfléchis sur l’attitude d’Ali Abunimah vis-à-vis de l’histoire et de la culture.
Je soutiens que si Israël se définit comme l’État des juifs et ses chars d’assaut sont décorés avec des symboles juifs, nous sommes en droit de nous demander qui sont les Juifs et que sont le judaïsme et la judéité. Dans mes écrits j’essaie de comprendre le rôle et l’impact de la culture juive dans la politique israélienne et la politique juive, car je le crois nécessaire pour atteindre la paix dans la région et au-delà.
Cependant Ali Abunimah n’est pas d’accord. En réponse à un exposé que j’ai fait en Décembre 2010 pendant la Conférence de Stuttgart pour un seul État, il a suggéré que l’histoire et la politique sont étrangères à la culture, laquelle est une position inhabituelle qui contredit tous les principes intellectuels et philosophiques de l’humanité, de l’histoire, de la politique et de la culture.
Abunimah dit : « Parler de la culture juive est une erreur, parce que ces mêmes arguments pourraient utilisés contre n’importe qui. Nous pourrions donner la faute à la culture allemande pour l’histoire de l’Allemagne... ».
Quelqu’un devrait dire à Abunimah que c’est exactement ce que font les intellectuels, les historiens et les politologues : ils enquêtent sur l’origine des pensées politiques dans la culture, l’idéologie, la religion et le patrimoine. Par exemple, ceux qui étudient l’époque nazie essaient de comprendre ce qu’elle devait à l’influence de Wagner, des symphonies allemandes, de la culture protestante, de la philosophie allemande, du traité Des Juifs et leurs mensonges de Martin Luther, d’Hegel et de l’esprit allemand, du pré romantisme allemand, de la Lebensphilosophie, de Heine, d’Athènes contre Jérusalem et ainsi de suite.
Pour moi il est évident qu’Abunimah n’a pas bien réfléchi sur ce qu’il a dit. Mais il n’est jamais trop tard pour admettre une erreur et la rectifier.

Collection Résistances, Editions Demi Lune
Traduit de l'anglais par Marcel CHARBONNIER
Traduction française de l’ouvrage de Gilad ATZMON The Wondering Who? également disponible dans la boutique en ligne du Réseau Voltaire.



dimanche 18 mars 2012

Granting No Quarter? Gilad Atzmon's Response To Ali Abunimah & Co.“Pas de quartier” ? La réponse de Gilad Atzmon à Ali Abunimah & Co. ¿Sin cuartel? La respuesta de Gilad Atzmon a Ali Abunimah y Cía.

Back in 2005, seven years ago, our friend Gilad Atzmon was indirectly linked to the birth of Tlaxcala. At that time one of the founding members of this group had interviewed him and the many translations that we made of that interview were the germ of what is today the international network of translators for linguistic diversity. This month Gilad has been the subject of a senseless attack in the U.S. – where he is on tour to present his book “The Wandering Who?” – through a petition of signatures entitled “Granting No Quarter.” Such a pamphlet is headed by the signature of Ali Abunimah, a Palestinian-born US-American citizen who lives in Chicago, from where he runs the website Electronic Intifada. It seems reasonable to wonder what are the objectives of such a a lynching and who is behind the writing of that letter, apart from Abunimah & Co. Below, readers will find both the declaration of war and the response by Gilad Atzmon.- Tlaxcala
Notre ami Gilad Atzmon, qui est indirectement à l’origine de la création de Tlaxcala en 2005 – c’est à l’occasion de traductions en diverses langues d’une interview de lui que le noyau fondateur de ce réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique s’était connu -, vient de faire l’objet d’une attaque insensée aux USA, où il se trouve en tournée pour présenter son livre The Wandering Who ? Cette attaque a la forme d’une pétition intitulée « sans quartier ». Cet appel calomnieux semble avoir été rédigé et lancé par Ali Abunimah, un citoyen usaméricain d ‘origine palestinienne résidant à Chicago qui dirige le site Electronic Intifada, dont est en droit de se demander quels buts il poursuit avec cet appel au lynchage et s’il est le seul auteur de ce texte. Nous publions la réponse de Gilad Atzmon, ainsi que l’appel de ceux qui lui déclarent la guerre.-Tlaxcala
Hace siete años, en 2005, nuestro amigo Gilad Atzmon participó de manera indirecta en el nacimiento de Tlaxcala. Por aquel entonces uno de los fundadores de este colectivo lo había entrevistado y las múltiples traducciones que hicimos de aquel encuentro fueron el germen de lo que hoy es la red internacional de traductores por la diversidad lingüística. Ahora, Gilad acaba de ser objeto de un ataque sin sentido en USA –donde se encuentra de gira para presentar su libro “The Wandering Who?– bajo la forma de una petición de firmas titulada “Sin cuartel”. Este libelo está encabezado por la firma de Ali Abunimah, un ciudadano usamericano de origen palestino que vive en Chicago, desde donde dirige el sitio web Electronic Intifada. Es lícito preguntarse qué objetivos persigue un linchamiento como éste y quién está detrás de la escritura de la carta, aparte de Abunimah y Cía. A continuación, los lectores encontrarán la declaración de guerra y la respuesta de Gilad Atzmon.- Tlaxcala

mercredi 8 février 2012

Vous êtes seuls, vous souffrez ? Alors, vous êtes français !

Dans un discours historique prononcé ce 8 février au dîner annuel du CRIF, en présence du héros Gilad Shalit, Nicolas  Sarkozy a a annoncé qu'il modifiait le Code français de la nationalité. Désormais, tout individu dans le monde remplissant deux conditions : 1- être seul, 2- souffrir, obtiendra automatiquement la nationalité française. Dès lundi prochain, des guichets spéciaux seront ouverts dans toutes les ambassades et tous les consulats de la République française pour accueillir les solitaires en souffrance. Qu'on se le dise !


jeudi 22 septembre 2011

Obama, l'État palestinien et la schizophrénie sioniste

par Gilad Atzmon, 20/9/2011. Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala


Ceux qui suivent la presse hébraïque et comprennent  l'État juif peuvent être quelque peu intrigués de découvrir que, alors que la presse en hébreu n’accorde que peu d'attention, lui donnant une place insignifiante, à la campagne actuelle des dirigeants actuels palestiniens en faveur de la reconnaissance de leur  État, les médias israéliens de langue anglaise sont saturés d’informations sur la perspective d'une résolution pro-palestinienne à l'ONU la semaine prochaine.
 
Si vous voulez comprendre ce décalage évident entre la presse juive en hébreu et en anglais prises, il reflète clairement une scission dans la psyché collective juive.
 
Je suppose que certains peuvent être surpris d'apprendre qu’ Israël et les Israéliens veulent réellement que l'initiative palestinienne aille de l'avant et soit couronnée de succès. Ils veulent un État palestinien, car c'est la seule solution qui permettrait de sauver “l'État  des seuls Juifs” d'un effondrement démographique.
 
De récents sondages en Israël prouvent que la majorité des Israéliens sont très excités au sujet de la «solution à deux États». Non seulement les Israéliens ne se sentent  pas menacée par l'idée d'un  État palestinien, mais ils l’aiment réellement, car cela permettrait d’installer leur réalité dans le cadre du droit international. Il faut aussi se rappeler que le parti Kadima, qui a remporté les deux dernières élections en Israël, a été et est encore attaché au «désengagement», une séparation claire entre les «Juifs» et les Palestiniens par le biais d’un retrait  unilatéral israélien. En d'autres termes, un  État palestinien atteint exactement le même  objectif :  il exonère les Israéliens de toute responsabilité quant aux territoires qu’ils ont autrefois occupés  et détruits. Il est évident que certains éléments en Israël s'opposent à l'initiative palestinienne à  l'ONU: Je suppose que le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman n'est pas trop heureux à ce sujet. Les colons de Cisjordanie peuvent également être très en colère, mais pour quelque raison, même eux sont relativement calmes ces jours-ci.
 
Et pourtant, le lobby juif dans le monde entier s'oppose totalement à l'initiative palestinienne à l'ONU: il s’en tient clairement à l’ image très simpliste d'un État juif expansionniste du «fleuve [le Jourdain, NdT] à la mer». Et à ce qu’ il semble, il ne va pas renoncer à son rêve de sitôt.
 
Ce que nous voyons ici en pratique, c’est une crise d'identité claire ou même un clivage schizophrénique entre les aspirations des sionistes israéliens et de  ceux de diaspora. Alors que les Israéliens sont en train de revenir à la vieille attitude du ghetto juif, préférant se serrer, rester ensemble et s'entourer de vastes et impénétrables murailles de béton, le discours de la diaspora juive sioniste récit est axé sur la confrontation, belliqueux, va-t-en guerre militant et expansionniste. Ils veulent  le tout, avec ou sans les Palestiniens.
 
Une fois encore, nous remarquons qu’Israël et le sionisme ont évolué en deux discours séparés et opposés. Alors qu'Israël cherche à maintenir son identité racialement orientée par une politique de ségrégation, le discours sioniste en diaspora continue d’insister sur une résolution de la question juive par les moyens d'un conflit sans fin.
 
Mais jetons un regard sur  l'Amérique; essayons de comprendre comment  l’ “unique superpuissance” mondiale traite ce dispositif judéocentrique schizophrène.
 
Le président Obama et son administration sont évidemment très confus. D'une part, ils sont soumis à certaines pressions incessantes infligées par le lobby juif. Le Lobby ne laisse pas une grande marge de manœuvre à l'administration US. Mais d'autre part, aussi bien l'administration US que le gouvernement israélien se rendent compte que, en ce qui concerne Israël et sa “sécurité”, l'initiative palestinienne à  l'ONU n'est pas une si mauvaise idée. De fait, Israël ne peut pas rêver mieux.
 
Il est clair maintenant que le président Obama ne va pas être sauvé par l'un des soi-disant "meilleurs amis de l'Amérique». Pour l'AIPAC [American Israel Public Affairs Committee] et le Lobby, Obama est un instrument. À ce jour le lobby a l’habitude de considérer les politiciens US comme des marionnettes serviles. Israël, d'autre part, ne va pas sauver l'Amérique non plus. Il est trop suspicieux vis-à-vis de l'administration US actuelle. Israël en a même carrément  assez de l'actuelle administration US. Il serait heureux de voir Obama battu.
 
En conséquence, l'administration US se dirige tout droit vers une humiliation inévitable à l'ONU. Elle aura à opposer son veto  à une décision votée par de nombreux alliés des USA. Ceci est clairement un désastre pour Obama. Et pourtant, un seul homme peut sauver l'Amérique de son destin funeste. Cet homme n'est autre que le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Seuls Abbas et l'Autorité palestinienne peuvent sauver la mise aux USA.
 
Mais le sens de tout cela est aussi très embarrassant. Cela signifie que le président palestinien Mahmoud Abbas (qui est une figure relativement faible dans la politique palestinienne tout comme dans la diplomatie internationale) est la seule personne qui peut sauver notre “unique superpuissance” mondiale d'un fiasco diplomatique.
 
Je n’arrive pas à décider si c'est drôle ou triste, mais laissez-moi vous dire que c’ est certainement volatile.
 
Le temps est sans aucun doute  venu pour les USA, la Grande-Bretagne et l’Occident de trouver la force de s'opposer au lobbying sioniste et au pouvoir de Jérusalem.