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mercredi 1 août 2012

Un nouveau dictateur pour le Yémen : l’ambassadeur US

par Jamal Jubran جمال جبرا. Traduit par  Amal El Gharbi , édité par  Fausto Giudice Tlaxcala
Traductions disponibles : English  Português  
Les Yéménites se sont étonnés des déclarations de l’ambassadeur US en poste à Sanaa, Gérald Feierstein, selon lequel « l’Iran n’a pas à s’ingérer dans les affaires intérieures du Yémen ». A cela, un observateur rétorque: « Et que fait cet ambassadeur américain dans le pays alors ? S’entraîne-t-il à la course dans les rues de Sanaa ou s’occupe-t-il de la sélection des jeunes footballeurs yéménites, qui, il y a quelques jours se sont qualifiés aux demi-finales de la Coupe arabe de football ? ». Un autre observateur affirme pour sa part : « Cet ambassadeur fourre son nez partout, dans les petites affaires du Yémen, comme dans les grandes. C’est lui qui gouverne ce pays ».


Son Excellence, l’ambassadeur d’Amérique, Gérald Feierstein, entre dans la résidence de l’ambassadeur d’Italie à Sanaa, à l’occasion de la fête nationale italienne, marchant, les sourcils froncés, ignorant les autres invités. Il s’installe dans un coin reculé du jardin, un verre de vin rouge à la main. Quelques instants plus tard, les plus hauts responsables du gouvernement yéménite se précipitent vers lui, chacun tentant de lui soumettre un problème qu’il a rencontré dans l’administration  du département qu’il dirige. Cette scène n’est qu’une reproduction du Yémen tel qu’il est devenu sous la gouvernance imposée au pays, après un compromis qui a mené au départ de l’ancien président Ali Abdallah Saleh, selon les termes de l’Initiative du Golfe, qui a mis fin à la révolte des jeunes Yéménites.
D’autre part, l’ambassadeur apparait sur les chaînes télé officielles affirmant : « Nous ne permettrons  en aucun cas que la libération du journaliste Abdelilah Haidar Shaeh. Il représente un danger pour la sécurité nationale américaine, il a des liens avec Al Qaïda». Une fois encore, il a passé outre l’amnistie présidentielle qu’avait émis auparavant l’ancien président Ali Abdallah Saleh, avant le déclenchement de la révolte des jeunes, en faveur du journaliste qui s’est vu condamné à cinq ans d’emprisonnement. L’année passée, un simple coup de fil au président Barack Obama suffisait pour faire lever l’amnistie en faveur d’Abdelilah Haidar Shaeh et le garder en prison.


Dessin de Kamal Charaf : « Libérez le journaliste Abdallah Haidar Shaeh ! »

L’ambassadeur US et toute son équipe ne s’arrêtent pas là et persistent. Lorsque la marche protestataire des journalistes yéménites s’est dirigée vers l’ambassade US à Sanaa, pour dénoncer les propos de l’ambassadeur Feierstein à l’égard de leur confrère Shaeh, ils ont vu des véhicules de transport de prisonniers passer par l’entrée de l’ambassade. On a appris plus tard qu’il s’agissait de prisonniers yéménites de la prison centrale, amenés à l’ambassade afin d’être interrogés sur des affaires de terrorisme. On en sait davantage sur cette intervention grâce à des publications de sites web et de journalistes locaux montrant des photos et des lettres de l’ambassadeur US  s’adressant au ministre de l’Intérieur yéménite, Abdulkader Qahtan, le sommant d’exécuter certains « changements au niveau du personnel de la sécurité, afin de garantir la paix au sein du pays ».
Il n’y a pas l’ombre d’un doute sur le fait que Feierstein exerce un certain pouvoir au sein du gouvernement yéménite, visant un certain progrès, mais seulement à la manière que lui seul conçoit appropriée. Il ne s’oppose de plus, évidemment en aucun cas à la politique US au Yémen.
La semaine dernière, l’ambassadeur US n’a pas hésité à se rendre  dans la province d’Abyan, accompagné du président de l’Agence US pour le développement international  (USAID) pour évaluer l’état de la ville après que les forces armées yéménites eurent réussi à expulser le groupe « Ansar al Shariah », groupe lié au mouvement Al Qaïda qui a contrôlé la région une année entière, durant laquelle il a appliqué la charia et ses peines. Cette visite non diplomatique a soulevé des contestations parmi certains groupes politiques mais ils n’ont pas été jusqu’à la dénoncer ouvertement. Personne ne conteste. Toute la classe politique se contente de voir les ingérences de Feierstein comme un fait et le Yémen est incontestablement sous nouvelle dictature.
Dans un dialogue avec le quotidien « Al Akhbar », le chercheur Ahmad Qaderi a affirmé que le Yémen se trouvait sous autoritarisme américain et a déploré l’Initiative du Golfe qui a mené le Yémen à sa situation actuelle. « C’est une bien triste image que l’on a aujourd’hui du Yémen. Qui aurait pensé que la révolte saine des jeunes allait finir ainsi ? », ajoute-t-il.
De son côté, l’ambassadeur US multiplie les déclarations. Il apparaît constamment dans les médias s’exprimant, expliquant et décrivant les affaires de la vie courante au Yémen, comme s’il était « le Président », pas encore déclaré. Lors d’une apparition récente, il déclare : « Nous sommes actuellement à la deuxième étape de l’Initiative du Golfe… J’ai rencontré hier le président. Nous sommes d’avis que tout le monde participe au dialogue national… Le Président Obama a publié une ordonnance administrative qui nous permet la répression des individus ou groupes qui entravent la mise en application de la convention (l’Initiative du Golfe)… Nous œuvrons à la restructuration de l’armée et de la Sécurité… Nous sommes satisfaits de ce qui a été réalisé jusqu’ici. Nous sommes sur la bonne voie ».
« Lorsque l’ambassadeur US à Sanaa s’exprime au sujet du Yémen à la première personne », explique Muhammad Ayesh, directeur de la rédaction du journal indépendant « Al Oula »,  « il ne parait pas seulement comme celui qui gouverne, mais aussi comme « le Président », propulsé par la révolte à la première place du gouvernement yéménite ». Ayesh ajoute : « les classes politique et militaire ont laissé toutes les affaires du Yémen aux puissances internationales pour ne se préoccuper que de leurs rivalités internes ». Il met également l’accent sur le fait que sans l’ambassadeur US,  « les Yéménites ne seraient pas capables d’arriver à un accord sur l’évacuation des barricades et des forces armées des villes principales ».
De son côté, le journaliste et analyste politique, Mansour Hael, estime que c’est la fragilité de la situation interne du pays et des classes politiques qui a contribué à placer l’ambassadeur US  à la tête des opérations politiques et militaires et à faire parvenir entre ses mains les dossiers des affaires du Yémen.
Enfin, le rédacteur en chef du journal « Al Tajamou’ », dans un dialogue avec le journal « Al Akhbar », a, pour sa part, affirmé que les Yéménites « sont gouvernés désormais par un état de division, aussi bien verticale qu’horizontale, de division au niveau des accords gouvernementaux et de division entre les ONG et les partis politiques : c’est ce qui a permis à l’ambassadeur US de pouvoir tenir toutes les ficelles du jeu politique au Yémen ».
 

mardi 20 septembre 2011

La Libye, le chaos et nous

par Santiago Alba Rico, 20/9/2011. Traduit par Fausto Giudice
La dernière semaine d'août, après l'entrée des rebelles à Tripoli, un cri de soulagement et de joie a éclaté dans le monde arabe. Au Yémen et en  Syrie les manifestations populaire contre les dictatures d'Ali Saleh et Bachar Al Assad se sont multipliées et intensifiées à la lumière de cette victoire que tous les peuples de la région vivaient comme la  leur. En Tunisie,  les 22 et 23 août, des réfugiés libyens et des citoyens  tunisiens ont  célébré la chute de Kadhafi  dans les rues de la capitale, mais aussi à Sfax, Gabès et Djerba. Même les partis de gauche se sont joints à la célébration. Ainsi, le Parti communiste des ouvriers de Tunisie, d’ Hamma Hammami, un des opposants les plus persécutés par le régime de Ben Ali, a diffusé le 24 août une déclaration félicitant "le peuple frère de Libye pour sa victoire sur le régime despotique et corrompu de Kadhafi, en espérant que désormais le peuple libyen pourra décider de son propre destin, récupérer ses libertés et ses droits et construire un système politique fondé sur la souveraineté qui lui permet te de reconstruire son pays, de mobiliser ses richesses  au profit de tous les citoyens et d'établir des profondes relations fraternelles avec les peuples voisins. " Au cours des six derniers mois, dans toutes les capitales arabes où les gens protestaient contre les dictateurs locaux, souvent au péril de leur vie, on a organisé des manifestations de solidarité avec le peuple libyen ; que cela nous plaise ou non, alors qu’il s’agit de l'une des régions les plus anti-impérialistes du monde, il n'y a eu aucune protestation contre l'intervention de l'OTAN.

Ces derniers mois, j'ai parfois eu l'impression que tandis que la droite colonise et bombarde le monde arabe, la gauche (une partie de la gauche européenne et latino-américaine) lui explique quand, comment et de qui il doit se libérer. Je ne vais pas entrer dans la polémique très vive  qui a fracturé le camp anti-impérialiste ;  je veux juste remarquer que le seul endroit où cette polémique n’a pas eu lieu  a été curieusement celui où les événements sont survenus. Alors que la gauche occidentale échangeait des gnons à propos de d'intervention de l'OTAN, les peuples arabes, accompagnés par une gauche régionale que  ni l'Europe ou l'Amérique latine n’ont écoutée, se sont consacrés à lutter contre les dictatures avec des moyens et dans des conditions qu’aucune analyse marxiste n’aurait prévu ni même souhaité. Le fait est que les puissances occidentales ne s’étaient  pas non plus attendues à ce qui s’est passé ni ne l’avaient souhaité  et le résultat de leur improvisation bâclée, aussi hypocrite que diligente, est encore une inconnue.

Une des erreurs dans l'analyse schématique d'un secteur de la gauche occidentale (aussi occidentale en cela que le sont les bombes de l’Alliance atlantique) a consisté à attirer l'attention sur les intérêts euro-usaméricains en Libye, comme si ces intérêts n’avaient pas été assurés sous Kadhafi et comme si, de toute manière, une intervention était la conséquence nécessaire d’une énumération d’intérêts. On n’intervient pas où et quand on veut, mais où et quand on peut. Les intérêts motivent sans doute une intervention militaire, mais ne la rendent pas forcément possible. Dans le cas de la Libye, à mon avis, ce sont deux facteurs qui l’ont rendue possible.

La première est qu'il s’agissait, comme l'ont immédiatement  reconnu les peuples et les gauches  arabes, d’une cause juste. La révolte populaire qui a commencé à Benghazi et a avorté dans le quartier de Fachloum  à Tripoli le 17 Février, était le prolongement, avec une égale légitimité et spontanéité, des révolutions en Tunisie et en Égypte. Jean-Paul Sartre a écrit en 1972 que " le pouvoir utilise la vérité quand il n’y a  pas de meilleur mensonge." Dans ce cas, aucun mensonge n’était mieux que la vérité elle-même:  le "tyran monstrueux" était un monstrueux tyran et les "rebelles libyens" étaient réellement des rebelles libyens. L’Occident utilisant la vérité pour sa propagande, la gauche schématique - très loin ou avec peu de connaissance de la région -, est tombée  dans le piège et s’est mise à répéter candidement face à celle-ci, un tas de mensonges et de demi-vérités, offrant à ceux qui bombardaient une cause juste et assumant l’ignominie  de défendre une injustice.

Le deuxième facteur a trait à l'isolement du régime Kadhafi. Mis à part le Nicaragua et le Venezuela, très éloignés de la scène, les seuls amis qu’avait Kadhafi dans le monde étaient quelques dictateurs africains et quelques impérialistes occidentaux. Une fois qu’il eut été abandonnée par ces derniers, aucun État  ayant un poids géostratégique - ni la Ligue arabe, ni la Chine ni la Russie – n’allait opposer de résistance à l'intervention de l'OTAN. Contrairement à ce qui se passe pour la Syrie, un nœud d’équilibres très sensibles dans lequel Bachar Al Assad vend la «stabilité» tous azimuts tout en tuant impunément des milliers de révolutionnaires, Kadhafi et son régime ne représentaient rien dans la région. Au contraire, tous les intérêts, y compris politiques, le rendaient vulnérable: plus que le pétrole, il faut compter parmi les facteurs déclencheurs de l’ intervention de l'OTAN les pressions de l'Arabie Saoudite sur les USA, très réticents à une intervention, et l' occasion pour la France de retrouver du prestige dans son  " arrière-cour " naturelle, l'Afrique du Nord, après la claque prise en Tunisie et en Egypte, où le soutien à Ben Ali et Moubarak (avec le scandale des vacances payées de ses ministres) avait mis Sarkozy complètement hors jeu.

L'autre erreur commises par certains secteurs de la gauche a à voir précisément avec leur schématisme ou plutôt, leur monisme. Les peuples et les  gauches arabes, risquant leur vie sur le terrain, ont compris d’emblée l'impossibilité d'échapper à l'inconfort d'analyse s’ils voulaient renverser leurs dictateurs. Ils ont su qu’il fallait affirmer de nombreux faits en même temps, dont certains contradictoires entre eux.  Dans le cas de la Libye, ces cinq ou six faits sont les suivants: Kadhafi est un dictateur, la révolte libyenne  est populaire,  légitime et spontanée ; elle  est immédiatement infiltrée par des opportunistes, des libéraux pro-occidentaux et des islamistes ;  l'intervention de l’OTAN n’a jamais eu d’objectif humanitaire, l'intervention de l'OTAN a sauvé des vies ; l'intervention de l'OTAN a provoqué  la mort de civils ; l'intervention de l'OTAN menace de transformer la Libye en un protectorat occidental. Que faisons-nous de tout  ça? Nous pouvons laisser de côté la realpolitik pour  aller au réalisme et  tenter d'analyser les nouveaux rapports de forces dans le contexte d'un monde arabe en plein  processus de transformation. Ou bien nous pouvons affirmer Un Seul Fait – monisme - et soumettre tous les autres à la cravache négationniste.  Ainsi, si nous parlons seulement de l'intervention de l'OTAN, avec ses crimes et ses menaces, nous sommes immédiatement contraints par une logique symétrique qui nous éloigne toujours plus de la réalité, de nier le caractère dictatorial de Kadhafi et d’affirmer, au contraire, son potentiel émancipateur et anti-impérialiste ; à nier le droit et la spontanéité de la révolte libyenne et affirmer, par ailleurs, sa dépendance mercenaire d'une conspiration occidentale. L'inconvénient de cet exercice de monisme est qu’il  laisse de côté précisément les données qui comptent le plus pour les peuples et les gauches arabes et devraient être le plus importantes pour les  anti-impérialistes du monde : l'injustice d'un tyran et la revendication de  justice du peuple libyen.
Le  monisme simplifie les choses là où elles sont très-très-compliquées. L’OTAN elle-même est consciente de cette complexité, comme en témoigne le fait que, comme l’a rappelé Gilbert Achcar,  elle a bombardé très peu la Libye, en vue de prolonger la guerre et d’essayer de gérer une défaite du régime sans vraiment rompre avec lui ; c’est-à-dire le contraire de ce que demandait  le peuple libyen. Le conflit entre l'OTAN et une partie des rebelles est manifeste, comme il l’est entre les rebelles et le groupe dirigeant  du CNT. Nous avons entendu ces derniers jours les dénonciations très agressives, visant à la fois les USA et l’ Angleterre, Mustafa Abdoul-Jalil et Jibril Mahmoud, et émanant d’ Abdelhakim Belhaj et Ismaïl  Salabi, les commandants rebelles liés à l'islamisme militant. Comme en Tunisie et en Égypte, les islamistes sont bien organisés et ont une  force, mais ce ne sont pas eux qui ont initié les révoltes. Il est très triste de voir tout d'un coup certains secteurs de la gauche rejoindre le chœur de la «guerre contre le terrorisme» et de la «menace d'Al Qaïda », alors que les révolutions arabes ont révélé que ce courant avait une influence très faible  sur la jeunesse arabe. Quelles que soient ou qu’aient été les relation entre Al Qaïda et le Groupe combattant islamique libyen, les déclarations publiques de ses dirigeants en faveur d’ un "État civil" et d’une "véritable démocratie",  très peu crédibles,  démontrent une grande connaissance du courant principal à l’œuvre  dans la région aujourd'hui. Les gens de gauche devront peut-être se faire à l’idée  que le monde arabe va inévitablement être gouverné par l'Islamisme dans les années à venir  - si on l’avait laissé gouverner il y a 20 ans, aujourd’hui il s’en serait libéré - mais la visite triomphale d’ Erdogan en Égypte, Tunisie et Libye indique que l'Islamisme ne sera  plus celui du djihad et des attentats-suicide,  comme on le voulait dans l'UE et aux USA, mais un «islamisme démocratique», dont les  limite, de toute manière, se révéleront aussi rapidement aux yeux d'un population excédentaire de jeunes de plus en plus intégrée dans les  réseaux d'information mondiaux.

Quoiqu’il en soit, la gauche, qui n’a ni armes ni argent,  devrait oser parler seulement après avoir imaginé ce qu’elle en aurait fait, si elle en avait eu – des armes et de l’argent.  Les aurait-elles donnés à Kadhafi ? Ou bien aux rebelles, anticipant ce qu’a fait l'OTAN? Ce que la gauche occidentale doit savoir, c’est qu’en soutenant  Kadhafi, elle ne soutient pas Chávez (contrepoint démocratique du tyran  libyen, malgré ses déclarations absurdes), mais Aznar et Berlusconi, et, pire encore, Ben Ali et Moubarak. La gauche arabe, très réaliste, sait ce qu’aurait signifié une victoire de Kadhafi pour le printemps arabe toujours en cours. N'oublions pas que Kadhafi a soutenu le dictateur tunisien après son départ, a menacé son peuple et a cherché à déstabiliser ses  nouvelles institutions pour remettre la famille Trabelsi au pouvoir jusqu'à ce que, justement, la révolte  populaire libyenne du 17 Février fasse échouer tous ses plans. L'étouffement par le sang et le feu de la révolte libyenne aurait mis en péril les acquis révolutionnaires de la Tunisie et de l'Égypte,  encouragé une répression encore plus grande au Yémen et en Syrie et congelé toutes les protestations qui refleurissent  au Maroc, en Jordanie et à Bahreïn. On ne peut pas –vraiment pas – être en même temps en faveur des révolutions arabes et de Kadhafi. Paradoxalement, ceux qui soutiennent Kadhafi  appuient sans s’en rendre compte l’offensive contre-révolutionnaire de l'OTAN en Afrique du Nord.

Peut-être faut-il préférer un ordre mauvais, pourvu qu’il soit invincible, à un désordre ambigu dans lequel il existe une possibilité de vaincre, même si c’est à long terme ; peut-être eût-il été préférable que ce lourdaud de Mohamed Bouazizi  ne s’immole pas, mettant le feu à toute la région, nous qui étions si tranquilles ; peut-être aurions-nous préféré que les peuples arabes ne se soulèvent pas s’ils ne sont pas  capables d’être marxistes et si à la fin, cela ne sert à rien ou seulement à ce que l’Islam règne ou qu’une poignée d’humiliés et d’offensés respirent un peu. Mais ce n’est pas nous qui décidons. Ce qui est sûr, c’ est que les peuples arabes, y compris celui de Libye, ont décidé de se débarrasser des dictatures les plus longues sur la planète, "dégelant" une région du monde pétrifiée depuis la Première Guerre mondiale et condamnée encore et toujours à servir des intérêts étrangers ; et en  décidant cela, ils l’ont remise dans le « courant central de l’histoire ». Bien sûr, on peut se laisser aller à éprouver des nostalgies de la guerre froide ; on peut se rassurer en voyant des conspirations des méchants habituels de toujours,  en s’épargnant ainsi l’effort de se rapprocher de nos semblables sur le terrain et d’analyser soigneusement les nouveaux acteurs qui interviennent sur la scène du monde. On peut faire des discours au lieu de faire de la politique, et faire des remontrances aux Arabes au lieu d’apprendre d’eux.  Ou bien alors on peut essayer d’être solidaires des peuples qui en ce moment essaient d’en finir avec une histoire ou d’en commencer une nouvelle ; avec ceux qui, comme en Syrie, au Yémen, à Bahreïn, essaient de secouer le joug de leurs dictateurs et avec ceux qui, comme en Tunisie, en Égypte et en Libye, doivent tenter de se libérer, dès maintenant, de diverses formes d’intervention étrangère.

vendredi 25 mars 2011

Contre-révolution US dans le monde arabe


Par Atlasaltern, 23/3/2011
Tunisie : Le département d'État étatsunien annonce qu'il donnera 20 millions de dollars dans le cadre du programme "Middle East Partnership Initiative" créé par George W. Bush pour former et encadrer des ONG pro-occidentales en Tunisie. Cette aide représentera un tiers du budget total de ce programme destiné à 17 pays, et constitue le double de l'aide bilatérale versée cette année au gouvernement tunisien. L'Union européenne versera pour sa part 23 millions de dollars au titre du "renforcement de la démocratie" dans ce pays.

Égypte : Les États-Unis ont débloqué 150 millions de dollars d'aide à l'Égypte le mois dernier. Le 2 février le sénateur républicain Kirk de l'Illinois a dénoncé le Parti des frères musulmans comme une menace pour les intérêts nationaux des États-Unis et appelé à ce que Washington appuie les "partis nationalistes laïques". Dans un contexte où les fonds publics se font rares, un consensus existe pour maintenir l'aide de 3 milliards de dollars par an à Israël, mais des voix s'élèvent pour la diminuer aux pays arabes alliés. Concernant l'Egypte, la présidente républicaine de la commission des affaires étrangères de la chambre des représentants,Ileana Ros-Lehtinen (une américanocubaine ardemment anticastriste) a suggéré de couper toute aide à l'Egypte pour la prochaine année budgétaire si les Frères musulmans venaient à siéger au gouvernement. Le représentant démocrate proche de l'American Israel Public Affairs Committee Howard Berman continue lui de prôner un soutien financier aux partis égyptiens "modérés", et uen augmentation des crédits aux structures étatsuniennes comme le National Democratic Institute, l' International Republican Institute, le National Endowment for Democracy et le Bureau de la Démocratie, des droits de l'homme et du travail qui ont des programmes spécifiques sur l'Égypte.
Le 19 mars les Égyptiens ont approuvé par référendum un changement limité de la constitution (approuvé par le parti national démocratique et les Frères musulmans mais critiqué par les autres formations, notamment des organisations de masse qui ont pris une part active dans l'occupation de la place Tahrir) qui facilite les candidatures indépendantes aux élections et diminue le rôle des juridictions d'exception sans remettre en cause les pouvoirs du président. Mme Clinton était au Caire le 16 mars. Beaucoup accusent Washington de vouloir mettre en place un système manichéen où le peuple n'aurait d'autre choix que de voter pour des mouvements issus du Parti de Moubarak pour éviter le "péril islamiste".

Libye : Les forces occidentales sous la direction de l'Africom étatsunien basé à Stuttgart sont passées à l'action contre l'armée du colonel Kadhafi (et contre des civils à Tripoli). Des avions de combat du Qatar et des Émirats arabes unis vont participer à la mie en place de la "zone d'exclusion aérienne", alors que ni l'Égypte ni la Tunisie ne participent à cette opération , ce qui, comme le note le contributeur de l'Atlas alternatif Vijay Prashad, est un signe que cette guerre est désormais entre les mains des forces les plus conservatrices. Le Conseil national intérimaire basé à Benghazi, et devenu gouvernement par interim libyen dirigé par Mahmoud Jibril, était en contact avec le MI6 britannique depuis le début du mois de mars. Jibril, ancien ministre de la planification de Kadhafi, était selon un cable diplomatique de 2009 déjà identifié depuis longtemps par Washington comme un interlocuteur utile et s'était déclaré très favorable à une ouverture rapide de l'économie libyenne aux intérêts étatsuniens. Initialement hostile à une ingérence militaire occidentale, cette structure désormais armée par la CIA s'est laissée convaincre d'appeler les Etats-Unis et leurs alliés à instaurer une zone d'exclusion aérienne dans leur pays.Quels que soient les objectifs des Occidentaux (renversement de Kadhafi ou partition de la Libye), le "gouvernement" de Benghazi semble éloigné de l'élan initial qui inspirait la révolution libyenne.

Bahrein : Le 4 mars, les monarchies du Conseil de coopération du Golfe ont donné leur accord pour l’activation du « Bouclier de la péninsule », une force d’intervention commune instaurée depuis longtemps pour contenir la possible expansion de la Révolution khomeiniste. Le soir même, 1 000 soldats saoudiens et 500 policiers émiratis sont entrés à Bahreïn. Le 22 mars une force maritime koweïtienne est arrivée à Bahreïn pour se joindre à cette force. Comme en Libye le bilan humain de la répression de l'élan révolutionnaire ne fait l'objet que de spéculations et n'a pas pu être vérifié par une commission indépendante. Le 17 mars, la Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay s'est indignée de la prise de contrôle des hôpitaux par la police et de la répression violente qui y a été exercée. Les gouvernements occidentaux ont gardé un silence complice sur ce thème.

Yémen : Dans ce pays où l'opposition au président Ali Abdullah Saleh n'est pas unie, Washington appelle au dialogue (et non au départ du président qui est leur allié). Des dizaines de manifestants ont été tués à Sanaa le 18 mars dernier après avoir été délibérément visés à la tête. Le 11 mars le propos d'un opposant, Riadh Hussein al-Qadhi, accusant les services secrets saoudiens de contribuer à la répression à Sanaa a été repris par divers médias sur Internet, mais on ignore qui est cet opposant dont le nom ne figure par ailleurs dans aucun autre article relatif à la révolution yéménite. En tout cas ces derniers jours aussi bien la télévision saoudienne que le responsable de la commission des affaires étrangères de l'assemblée consultative à Riyad ont pris parti désormais pour le départ du président Saleh. Les monarchies du golfe qui depuis quelques semaines jouent un rôle de médiation au Yémen pourraient favoriser la mise en place d'un nouveau régime à la fois conforme aux attentes des tribus et favorable au maintien des intérêts occidentaux dans la zone.

dimanche 27 février 2011

Le tsunami s'étend dans le monde arabe

Tobrouk : "Libye libre ! Kadhafi dégage !". Photo Asmaa Waguih, Reuters
Les dernières 48 heures ont vu une extension des manifestations pour la liberté dans le monde arabe dans des pays où tout avait été apparemment calme jusqu'ici. En Libye, la ville de Zaouiyah, à 50 km à l'ouest de Tripoli a été libérée à son tour, tandis qu'à Benghazi libérée, un Conseil national libyen est en train de se mettre  en place.

La route arabe, par Mahjoob
Deux manifestants ont été tués et cinq blessés par des tirs de la police au cours d'un rassemblement de chômeurs à Sohar, dans le sultanat d'Oman.
Au Yémen, théâtre de véritables scènes de guerre dans la nuit de vendredi à samedi à Aden (sud), qui ont fait au moins trois morts, le président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, a dit son intention de défendre le "régime républicain" jusqu'à la "dernière goutte de (son) sang" et parlé de "complot".

À Bahreïn, le groupe chiite au parlement a confirmé dimanche sa démission en bloc, au lendemain de l'annonce d'un remaniement ministériel que l'opposition a jugé insuffisante. Les 18 députés du parti Wefaq avaient pris cette mesure à la suite des violences survenues aux premiers jours des manifestations populaires en faveur de la fin du régime monarchique.

Humour noir bahreïni : "Désolée, Israël, maintenant je te respecte. Au moins, toi, tu ne tues pas ton propre peuple. Bravo Bahreïn, tu as battu Israël"

Au Qatar voisin, un appel sur Facebook à l'éviction de l'émir Hamad ben Khalifa al-Thani a rassemblé samedi plus de 20 000 sympathisants, cependant qu'au Koweït, un groupe d'opposition nouvellement formé a demandé des réformes et l'émir cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah a annoncé des mesures sociales.

En Arabie Saoudite, une centaine d'intellectuels ont eux-aussi exhorté à des réformes politiques, économiques et sociales, notamment à l'instauration d'une "monarchie constitutionnelle".

En Irak, le Premier ministre Nouri al-Maliki a donné dimanche 100 jours à ses ministres pour faire leurs preuves, après des manifestations de colère contre le gouvernement. A Amara, à 305 km au sud de Bagdad, onze manifestants ont été blessés, dont un par balle, ainsi que neuf policiers, dans des échauffourées au cours d'une manifestation de jeunes réclamant du travail.

En Syrie, une page Facebook intitulée "la révolution syrienne contre Bachar al-Assad 2011" appelait à des manifestations à une date encore indéterminée, et en Jordanie, l'opposition accusait le gouvernement de "manque de sérieux" dans les réformes, après la plus grande manifestation vendredi dans la capitale depuis début janvier.

Au Liban, plusieurs centaines de personnes sont descendues dans la rue à Beyrouth pour protester contre le système confessionnel, à l'initiative de groupes de jeunes sur Facebook. "La révolution est partout... Liban, c'est à ton tour !", ont-elles scandé.

Au Maroc, près de mille personnes encadrées par d'importantes forces de sécurité avaient réclamé samedi à Casablanca des "réformes politiques et une nouvelle Constitution", pendant qu'à Alger, une centaine de contestataires avaient bravé un important dispositif policier pour tenter, en vain, leur troisième marche en un mois en faveur d'un changement de régime.

Enfin en Égypte près de 2000 manifestants s'étaient rassemblés samedi pour exiger un nouveau gouvernement. Le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa a annoncé dimanche sa candidature à la prochaine élection présidentielle.


Nous soutenons toutes les formes de résistances nées du cœur de notre pays
Déclaration du Mouvement de solidarité des femmes irakiennes pour l’indépendance et l’union de leur pays
par WSIUI, 22/2/2011
. Traduit par 
Michèle Mialane, Tlaxcala
A statement by Women Solidarity for an Independent Unified Iraq
Eine Erklärung der Frauensolidarität für ein unabhängiges, vereintes Irak

Depuis plusieurs semaines tout l’lrak est le théâtre de protestations et manifestations, même dans des villes et localités où il n’y en avait jamais eu auparavant.
Nous avons appris que des manifestations de masse se déroulaient à Bagdad, Basra, Kout, Samawah, Diwanijah, Falloujah, Kirkouk et Soulaïmanijah. Contre le non-respect de nos libertés, les arrestations arbitraires, la torture, la corruption, parce que nous sommes déçus et que les promesses électorales ne sont pas tenues, et - last but not least - contre le manque catastrophique de services de base, eau, électricité, soins de santé ainsi que de l’inefficience et de la corruption qui président au rationnement. On manifeste également contre le manque d’emplois et surtout d’aide sociale aux veuves, orphelins et retraités, qui ne peuvent mener la vie digne qu’ils méritent et connaissent la misère et l’humiliation.
D’une seule voix, les mots d’ordre des manifestants pacifiques expriment des revendications d’intérêt national. C’est la voix du peuple, qui en a assez de se contenter de promesses éternellement non tenues. Il en a assez des discours grandiloquents, méprisants et absurdes dont les fonctionnaires gouvernementaux les abreuvent à tour de rôle.
C’est tout le peuple irakien qui parle par la voix des manifestants pour exiger la reconnaissance de sa liberté et de sa dignité. C’est la voix des courageuses femmes irakiennes, qui essaient de recouvrer leur rôle moteur dans la lutte de leur peuple pour la liberté, l’égalité et l’indépendance.
C’est la voix d’un peuple qui ne sait que trop qu’on n’obtient rien par une patience surhumaine, et qu’il faut saisir l’occasion historique décisive qui s’offre en ce moment. Nous ne devons pas la manquer - il est temps de descendre dans la rue pour rendre leur dignité à tous les Irakiens et bâtir pour nos enfants un avenir meilleur.
Nous autres, membres du Mouvement solidaire des femmes irakiennes pour l’indépendance et l’union de leur pays, soutenons toutes les formes de résistance nées du cœur de notre pays. Les manifestations actuelles sont l’expression et le signe de l’unité de notre peuple. En organisant ces manifestations et en s’y rendant, il fait usage du droit que lui garantissent droits humains et international. Nous soutenons les manifestants et encourageons tout notre peuple à en faire autant.

jeudi 17 février 2011

Nouveaux martyrs de la liberté en Libye, au Yémen et en Irak

La journée du 17 février a été sanglante dans le monde arabe.

En Libye, alors que des appels ont été lancés sur Facebook pour faire de jeudi une "journée de la colère" contre le régime du colonel Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis près de 42 ans, six personnes ont été tuées à Benghazi, la deuxième ville du pays, selon des sites d'opposition basés à l'étranger.
Les "affrontements violents" entre forces de l'ordre et manifestants dans ce bastion de l'opposition situé à 1.000 km à l'est de Tripoli, ont fait également 35 blessés, selon les sites Al Youm et Al-Manara.
Le mouvement de contestation en Libye a débuté mardi à Benghazi où 38 personnes ont été blessées. La ville d'Al-Baïda, à 1.200 km à l'est de Tripoli, a été touchée par les protestations au cours desquelles deux personnes ont été tuées mercredi, selon le journal libyen Quryna.
Des manifestations violentes ont eu lieu à Zenten (145 km au sud-ouest de Tripoli) où plusieurs personnes ont été arrêtées et des postes de police et un bâtiment public incendiés, a indiqué Quryna sur son site internet sans faire état de victime.
Mais face à ces manifestations hostiles au pouvoir, des centaines de partisans du colonel Kadhafi ont défilé sur la Place verte au cœur de la capitale Tripoli, épargnée jusque-là par les rassemblements anti-régime.
Dans la région du Golfe, à Bahreïn, l'armée s'est déployée en force à Manama, se disant déterminée à rétablir l'ordre après la répression par la police d'une manifestation anti-régime qui a coûté la vie à quatre manifestants et suscité la colère de l'opposition.
C'est la première fois dans une monarchie arabe du Golfe que se déroule une manifestation de cette ampleur pour réclamer des réformes politiques.
Profondément inquiets, les alliés régionaux du petit royaume ont apporté leur "soutien total à Bahreïn". Et le ministre bahreïni des Affaires étrangères Khaled ben Ahmed Al-Thani a justifié l'intervention policière par la nécessité d'empêcher un "conflit confessionnel et une crise économique".
Au total, six manifestants ont péri depuis le début de la contestation lundi à l'initiative d'internautes pour réclamer des réformes politiques et sociales. Cet appel a été très suivi par la majorité chiite qui s'estime discriminée dans ce petit archipel du Golfe gouverné par une dynastie sunnite.
Au Yémen, pays pauvre et instable du sud de la péninsule arabique et un allié clé de Washington dans sa lutte contre Al-Qaïda, les manifestations se sont multipliées et étendues depuis dimanche faisant trois morts dans le Sud, selon des sources médicales.
A Aden, la capitale du Sud-Yémen, un manifestant a été tué et dix blessés par des tirs de la police qui ont dispersé des milliers de protestataires réclamant le départ du président Ali Abdallah Saleh. Les protestations ont continué malgré un déploiement en force de l'armée.
Les manifestants ont tenté de prendre d'assaut le poste de police et la prison centrale, attaqué trois hôtels et des commerces, et coupé la circulation en incendiant des pneus, selon un correspondant de l'AFP sur place.
Dans la capitale Sanaa, quelque 2.000 étudiants ont été attaqués dès leur sortie du campus de l'Université par des partisans du parti présidentiel armés de gourdins et de pierres. "Le peuple réclame la chute du régime", répétaient d'une seule voix les étudiants, certains ripostant à coups de pierres à leurs attaquants. Vingt-cinq personnes ont été blessées.
Les forces de sécurité ont tiré en l'air pour séparer les deux camps.
Les manifestants veulent toujours le départ de M. Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, même après avoir annoncé qu'il renonçait à briguer un nouveau mandat en 2013 et promis des réformes.
En Irak, le mouvement de contestation sociale lancé le 3 février s'est étendu au Kurdistan autonome (nord) où deux personnes ont été tuées et 47 blessées par balles à Souleimaniyeh.
Près de 3.000 personnes, en majorité des jeunes, ont manifesté en accusant de "corruption" les deux partis traditionnels kurdes. Des manifestants ont tenté de prendre d'assaut le siège d'un parti, mais des gardes ont tiré en l'air. La veille, au sud de Bagdad, un manifestant de 16 ans avait été tué et 27 autres blessés lors de violentes protestations.

vendredi 28 janvier 2011

Les Yéménites entrent à leur tour dans la danse

Les Yéménites, qui subissent le même despote depuis 32 ans (et qui rêve d'organiser une succession dynastique pour son fils) ne veulent pas être en reste par rapport à leurs frères tunisiens, algériens, égyptiens et jordaniens. Ils ont déferlé dans les rues de Sanaa pour dire leur ras-le-bol. Reportage vidéo d'Al Jazeera.

Quelques  slogans sur les banderoles et pancartes  :
Ensemble pour arrêter la farce  désastreuse (al mazala) du parti au pouvoir !
« Le Yémen est dans nos poches », Signé : L’Organisme National pour la Corruption » (El Haia El Watania Lil Fasad)
Non à la succession dynastique !
Non aux collabos (oumalah), non aux opportunistes (mortaziqah), non aux corrompus (mufsidin) !