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mardi 18 août 2015

Tel-Aviv-sur-Seine ou l’esprit munichois : chronique d’un naufrage

par Sayed Hasan, 17/8/2015
« Entre la guerre et le déshonneur, vous avez choisi le déshonneur, vous aurez la guerre. » (Citation attribuée à Winston Churchill ; il l’aurait prononcée après les accords de Munich, pour dénoncer l’abandon de la Tchécoslovaquie par la France.) 
 


Le projet obscène de célébration de l’État terroriste d’Israël sur les rives de la Seine, tout juste un an après le dernier massacre à Gaza, a été conçu en mai 2015 par les maires de Paris et de Tel-Aviv, et fut préparé avec un soutien actif des gouvernements français et israélien. Révélé au public une semaine avant sa tenue, prévue le 13 août 2015, il a déchaîné une telle tempête d’indignation en France – politique, médiatique, sociétale, etc. – qu’il est rapidement apparu que l’ambiance de cet événement serait bien plutôt explosive que festive. Si bien que moins de 48 heures avant sa tenue, un collectif d’organisations de soutien au peuple palestinien[1] a été reçu par la Préfecture de police de Paris, et a obtenu un espace immédiatement adjacent à Tel-Aviv-sur-Seine et de longueur égale pour y organiser une contre-manifestation nommée Gaza-sur-Seine, en même temps que le projet soutenu par la ville de Paris.
Quelles sont les leçons à tirer de cette journée mémorable ?

mercredi 17 juin 2015

Le problème avec le mouvement BDS

17/6/2015
Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala
Le spectre du BDS hante Israël. Le ministre des Affaires stratégiques Gilad Erdan a été désigné pour coordonner les efforts contre le boycott d'Israël, et le quotidien populaire Yedioth Aharonoth a lancé une vaste campagne contre celui-ci.
Le Premier ministre répète ad nauseam qu'Israël est "prêt à négocier sans conditions préalables" et réitère son attachement au principe de deux États. Des organisations juives à travers le monde s'engagent dans la bataille et organisent des visites de journalistes distingués en Israël de pour les persuader que le boycott d'Israël est une erreur. Même Sheldon Adelson, le magnat US républicain, s'est joint au magnat démocrate Haim Saban pour conjurer ce que l'on commence à voir comme une menace stratégique pour Israël.

jeudi 7 août 2014

Samedi 9 août, Jour de rage 9 de agosto, Día de la Rabia Saturday 9 August Day of Rage

Palestinian Boycott, Divestment, Sanctions National Committee (BNC) اللجنة الوطنية الفلسطينية لمقاطعة إسرائيل وسحب الاستثمارات منها وفرض العقوبات
Gaza Calling: All out on Saturday 9 August Day of Rage
Join the BDS Movement today, Demand Sanctions on Israel Now
- As we face the full might of Israel’s military arsenal, funded and supplied by the United States and European Union, we call on civil society and people of conscience throughout the world to pressure governments to sanction Israel and implement ...Lire la suite
Appel de Gaza : Tou-tes dans la rue samedi 9 août, Jour de rage
Rejoignez aujourd’hui le mouvement pour le BDS, demandez maintenant des sanctions contre Israël
Alors que nous faisons face à la pleine puissance de l’arsenal militaire israélien, subventionné et fourni par les USA et l’Union européenne, nous appelons la société civile et les personnes de ... Lire la suite
Desde Gaza: ¡tod@s a la calle el sábado 9 de agosto, Día de la Rabia!
Únete hoy al Movimiento de BDS, exige ahora que se impongan sanciones a Israel

Mientras nos enfrentamos a toda la fuerza del arsenal militar de Israel, financiado y suministrado por Estados Unidos y la Unión Europea, perdimos a la sociedad civil y a las personas de conciencia de todo el mundo que presionen a sus gobiernos ...
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Iván Lira


mardi 4 février 2014

Un éditorial historique du New York Times en faveur du boycott d'Israël

Dans l'État de New York, un projet de loi anti-BDS menace la liberté d'expression
Éditorial du New York Times, 4/2/2014
Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala
 Original: A Chill on Speech
L'Assemblée législative de l'État de New York s'apprête à adopter une loi qui interdirait le financement par  l'État de groupes universitaires qui ont pris des mesures officielles de boycott des institutions d'enseignement supérieur en Israël. L'initiative, qui a été adoptée la semaine dernière par le Sénat de l'État, est actuellement en instance devant l'Assemblée. Elle devrait être rejetée par les législateurs, ou, si ceux-ci s'avèrent incapables de le faire, le gouverneur Andrew Cuomo devrait y opposer son veto.
 
Le projet de loi a été introduit après que l'American Studies Association, une organisation de chercheurs, a adopté en décembre une résolution en faveur de l'appel lancé par les Palestiniens à boycotter les institutions universitaires israéliennes . Le groupe a déclaré qu'il refuserait toute collaboration formelle avec les institutions universitaires israéliennes ou avec des chercheurs représentant ces institutions ou le gouvernement israélien jusqu'à ce que "Israël cesse de violer les droits humains et le droit international." Le boycott ne s'applique pas aux chercheurs israéliens individuels engagés dans des échanges ordinaires.
American Studies Association under attack over BDS campaign


La résolution a fait des vagues car elle reflète un soutien croissant pour le mouvement palestinien en faveur du boycott, du désinvestissement et des sanctions alors que les Palestiniens et les Israéliens abordent une phase cruciale dans les efforts de paix sous médiation US. Les USA devraient bientôt révéler le cadre d'un accord de paix qui a été l'objet de négociations depuis des mois.
 
Le projet de loi new-yorkais est une réponse malvenue à la résolution de l'American Studies Association et serait un empiètement  sur les libertés académiques et une atteinte à la liberté d'expression et au droit à la dissidence. Les universitaires sont préoccupés à juste titre par le fait qu'il imposera un critère politique aux membres du corps professoral qui cherchent un soutien universitaire pour les réunions et voyages de recherche. Pour l'Association américaine des professeurs d'université, qui s'oppose aussi bien au boycott par l'association qu'à une loi de rétorsion, il y a déjà des contrecoups, comme en Géorgie, où un groupe juif a dressé une "liste noire politique " des professeurs et des étudiants des cycles supérieurs soutenant le boycott.

Un réel soutien à Israël peut être manifesté  par la promotion d'un débat honnête sur le projet d'accord-cadre de paix et en encourageant les Israéliens et les Palestiniens à faire un effort sincère pour parvenir à un accord durable pour une solution à deux États.
 

samedi 11 février 2012

Veolia poursuit impunément son business illégal en Cisjjordanie

Veolia traite les eaux usées de la colonie juive de Modi’in Illit en Cisjordanie occupée
par
Adri Nieuwhof Άντρι Νιούχοφ آدری نیووٌف
Une recherché récente établit que Veolia est impliquée dans des projets israéliens « nouveaux » en Cisjordanie occupée. Veolia Waters Israel fournit des services à la colonie illégale de Modi’in Illit alors que Veolia Transportation Israel exploite sept lignes de transport par bus –au lieu de quatre- qui traversent les terres palestiniennes.
Who Profits? – un projet de recherche de la Coalition Israélienne des Femmes pour la Paix- a dévoilé des faits qui indiquent l’implication de Veolia dans les « nouveaux » projets d’occupation israéliens. Ces faits sont indiqués sur le site web de l’entreprise ainsi que sur les sites officiels israéliens et dans les rapports financiers.
Sur  son site web, Veolia Water Israel indique que son usine de traitement d’Ayalon traite les eaux usées de plusieurs communautés dont la colonie israélienne de Modi’in Illit. Celle-ci est située entre Jérusalem et Tel Aviv en Cisjordanie occupée. D’après «  Who Profits », Veolia Water Israel est une filiale à part entière de Veolia Environnement.

Veolia exploite trois autres lignes de bus qui traversent la Cisjordanie occupée
En août dernier, j’ai écrit que Veolia entretenait le silence à propos de deux lignes de bus desservant des colonies dans les Territoires palestiniens occupés (TPO). Veolia avait diffusé aux USA l’information qu’elle ne gérait aucun service de bus en Cisjordanie autre que les lignes  bus lines 109 and 110. Cependant, « Who Profits ?» a découvert que Veolia gérait deux autres lignes de bus vers les colonies illégales dans le TPO. La ligne 7 dessert les trajets de Modi’in vers les colonies de Hashmonaim et K’far Ha Oranim. Veolia opère aussi le bus 19 qui relie Modi’ in et la colonie de Mevo Horon.
Une recherché récente de Who Profits? révèle que Veolia gère aussi trois lignes de bus entre Bnei-Brak et Jérusalem qui traversent leS TPO et disposent d’arrêts destinés aux colons. Fin novembre 2011,Veolia a obtenu un contrat pour opérer des lignes de bus au service de la communauté ultra-orthodoxe Haredim. Who Profits? révèle ces faits   dans un a document diffusé par mail le 25 décembre. ( les arrêts de bus dans les TPO sont présentés dans la page web dans une liste qui comporte un lien pour chaque ligne de bus). 
La ligne 422 passe à travers les TPO par les nœuds routiers de Mahar Ofer, Givat Zeev, Sderot -Golda Meir, Shefa Haim et Ohel Yehoshua jusqu’à Jérusalem.
La ligne 425 traverse les TPO par les nœuds routiers de Mahane Ofer, Givat Zeev, Sderot-Golda Meir et Sderot-Vaitzman à Jérusalem.
La Line 427 traverse les TPO par l’échangeur de Harel et passe par Sderot Vaitzman à Jérusalem.
Veolia présente dans son site en hébreu les lignes de bus qu’elle opère: 422, 425 et 427.
En opérant ces lignes de bus, Veolia s’implique directement dans le maintien des colonies illégales dans les territoires palestiniens occupés.
Le tramway de Jérusalem
Le projet du  tramway de Jérusalem a été conçu par les autorités israéliennes en vue de servir les besoins des colons dans les territoires palestiniens occupés. Ce tramway permet un déplacement rapide vers Jérusalem-Ouest. Pourtant, les colonies dans les TPO ainsi que l’annexion de Jérusalem-Est sont illégales au regard du droit international. L’article 49 de la Quatrième Convention de Genève précise : « la puissance occupante ne pourra procéder à la déportation ou au transfert d’une partie de sa population civile dans le territoire occupé par elle. »

Cependant, le tramway a été utilisé comme  argument de vente dans une publicité du Fonds pour les Terres d’Israël (Israel Land Fund) pour un projet immobilier à Beit Hanina. ”Le projet est  situé sur l’autoroute 60, tout près du tramway et à 17 minutes à peine du centre-ville“, dit l’affiche publicitaire. Cette affiche souligne l’importance du tramway dans la colonisation de la Cisjordanie.
Le Fonds pour les Terres d’Israël vend des terres occupées afin que   « tout Juif, quel que soit le lieu où il réside, ait la possibilité d’obtenir une portion de la terre. Maison par maison, lot par lot, le Fonds pour les Terres d’Israël travaille afin de garantir que la terre d’Israël reste propriété du peuple juif pour toujours ». (italiques de l’auteure)

La campagne mondiale Derail Veolia et Alstom (Faisons dérailler Veolia et Alstom) appelle au boycott et au désinvestissement de Veolia pour sa complicité avec Israël dans ses violations du droit international. Veolia est engagée dans des contrats avec les autorités israéliennes qui l’impliquent dans le projet de tramway, dans l’enfouissement de déchets dans la décharge de Tovlan  dans la vallée du Jourdain , dans l’exploitation des lignes de bus israéliens en  Cisjordanie et dans le traitement des eaux usées de la colonie Modi’in Illit. Derail Veolia et Alstom va maintenir la pression sur ces deux entreprises jusqu’à ce qu’elles cessent de profiter de l’occupation et de la colonisation israélienne de la Palestine.




La décharge de Tovlan. A l'entrée, le logo d'Onyx, une filiale de Veolia


       


dimanche 6 septembre 2009

Naomi Klein montre qu’il est possible de boycotter Israël sans mettre fin au dialogue sur la Palestine

Dans cette interview à Cecilie Surasky, Naomi Klein, la célèbre écrivaine canadienne altermondialiste, et son éditrice israélienne expliquent quelle forme créative de boycott d'Israël elles ont trouvé. Lire ici




Naomi Klein avec l'édition en arabe de son dernier livre The Shock Doctrine

mercredi 14 janvier 2009

Assez : le temps du boycott est arrivé

par Naomi KLEIN, 10/1/2009. Traduit par Isabelle Rousselot, révisé par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original : Enough. It's time for a boycott


La meilleure façon d'en finir avec l'occupation sanglante est de viser Israël avec le même type d'action qui a mis fin à l'apartheid en Afrique du Sud.

Il est temps. Il est même largement temps. La meilleure stratégie pour mettre fin à l'occupation toujours plus sanglante perpétrée par Israël est de l'attaquer avec le même type de mouvement international qui a mis fin à l'apartheid en Afrique du Sud. En juillet 2005, une énorme coalition de groupes palestiniens avait établi des plans pour faire cela. Ils avaient fait appel aux « gens de conscience dans le monde entier, pour imposer de larges boycotts et mettre en place des initiatives de désinvestissement contre Israël, similaires à celles appliquées à l’Afrique du Sud durant la période de l'apartheid ». La campagne Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) était née.
Chaque nouveau jour de pilonnage d'Israël sur Gaza amène plus de convertis à la cause du BDS, même parmi les Juifs israéliens. Au beau milieu des assauts, environ 500 Israéliens, avec parmi eux des douzaines d'artistes et d’universitaires réputés, envoyèrent une lettre aux ambassadeurs étrangers en Israël. Ils appelaient à « l'adoption de mesures immédiates de restriction et de sanctions» et établissaient une claire comparaison avec la lutte contre l'apartheid. « Le boycott de l’Afrique du Sud a été efficace mais on prend des gants pour traiter avec Israël…Ce soutien international doit cesser. »


Cependant, même face à ces appels clairs, beaucoup d'entre nous ne peuvent pas s'y résoudre. Les raisons sont complexes, émotionnelles et compréhensibles. Seulement, elles ne suffisent pas. Des sanctions économiques sont l'outil le plus efficace dans l'arsenal de la non-violence :

Voici les quatre objections principales à la stratégie de la campagne BDS, suivies de leurs contre-arguments.

Des mesures punitives vont aliéner les Israéliens plutôt que les convaincre.

Le monde a essayé ce qu'on a appelé un « engagement constructif ». Il a échoué complètement. Depuis 2006, Israël a progressivement intensifié son action criminelle : élargissant ses territoires, lançant une guerre scandaleuse contre le Liban, et imposant une punition collective à Gaza à travers des blocus brutaux. Malgré cette escalade, Israël n'a pas eu à faire face à des mesures punitives, bien au contraire.

Les armes et les 3 milliards $ d'aide annuelle envoyés par les USA à Israël ne sont qu'un début. Durant cette période capitale, Israël a bénéficié d'une amélioration spectaculaire dans ses relations diplomatiques, culturelles et commerciales avec une variété d'autres alliés. Par exemple, Israël est devenu le premier pays en dehors d'Amérique Latine à signer un accord de libre-échange avec le bloc du Mercosur. Dans les neuf premiers mois de 2008, les exportations d'Israël au Canada ont augmenté de 45 %. Un nouvel accord a été signé avec l'Union Européenne afin de doubler les exportations d'aliments industriels venus d'Israël. Et en décembre, les ministres européens ont « revalorisé » l'association contractuelle entre l'UE et Israël, une récompense convoitée depuis longtemps par Jérusalem [elle voulait dire : Tel Aviv, NDR].

C'est dans ce contexte, assurés de ne payer aucun coût significatif, que les dirigeants israéliens ont commencé leur dernière guerre. D'ailleurs, il est assez remarquable de voir que pendant les sept premiers jours de commerce en temps de guerre, l'index phare du marché boursier de Tel Aviv a grimpé de 10,7 %. Quand la carotte ne marche pas, il faut utiliser le bâton.

Israël n'est pas l'Afrique du Sud.

Bien sûr que non. La pertinence du modèle sud-africain relève en ce qu'il démontre que les tactiques du BDS peuvent être efficaces lorsque des mesures moins fortes (manifestations, pétitions, lobbying en coulisses) ont échoué. Et, ce qui se passe dans les territoires occupés, fait écho de façon profondément consternante, à l'apartheid : cartes d'identité et laissez-passer avec des codes couleur, maisons détruites au bulldozer et déplacements forcés, routes réservées aux colons... Ronnie Kasrils, un éminent politicien sud-africain a déclaré que l’architecture de la ségrégation qu'il avait vu en Cisjordanie et à Gaza était « infiniment pire que l'apartheid ». C'était en 2007, avant qu'Israël ne commence sa guerre à grande échelle contre la prison à ciel ouvert qu'est Gaza.

Pourquoi cibler particulièrement Israël quand les USA, la Grande-Bretagne et les autres pays occidentaux font la même chose en Irak et en Afghanistan ?

Le boycottage n'est pas un dogme, c'est une tactique. Cette stratégie doit être essayée pour une raison pratique : dans un pays si petit et si dépendant de son commerce extérieur, cette solution pourrait vraiment marcher.

Le boycott rompt la communication ; nous avons besoin de plus de dialogue, pas de moins.

A ceci, je répondrais avec une histoire personnelle. Pendant huit ans, mes livres ont été publiés en Israël par éditeur commercial appelé Babel. Mais quand j'ai publié « La stratégie du choc », je voulais respecter le boycott. Sur le conseil des activistes du BDS, y compris le merveilleux écrivain John Berger, j'ai contacté un petit éditeur appelé Andalus. Andalus est un média activiste, profondément engagé dans le mouvement anti-occupation et c'est la seule maison d'édition israélienne dédiée exclusivement à la traduction de textes arabes en hébreu. Nous avons rédigé un contrat qui garantit que toutes les recettes vont au travail d'Andalus et rien pour moi. Je boycotte l'économie israélienne mais pas les Israéliens.

Notre modeste projet d'édition a nécessité des douzaines de coups de téléphone, d’emails, de messages instantanés, entre Tel Aviv, Ramallah, Paris, Toronto et la ville de Gaza. Le but de ce que je vous raconte est le suivant : lorsque vous vos engagez dans une stratégie de boycottage, le dialogue se développe de façon significative. L'argument comme quoi les boycotts vont nous isoler les uns des autres est particulièrement spécieux étant donné la gamme des technologies d'information bon marché que nous avons au bout des doigts. Nous nous noyons dans les canaux à notre disposition pour nous engueuler les uns les autres au-delà des frontières nationales. Aucun boycott ne peut nous arrêter.

Et c'est là que plus d'un de ces fiers sionistes se préparent à marquer un point important en me répliquant : est-ce que je ne sais pas que la plupart de ces mêmes jouets hi-tech viennent des centres de recherches israéliens, les leaders mondiaux en technologies de l’information ? C'est vrai mais pas tous. Plusieurs jours après le début de l'assaut israélien contre Gaza, Richard Ramsey, le gérant d'une entreprise de télécommunication britannique, spécialisée dans les services vocaux par internet, a envoyé un email à l MobileMax, une entreprise technologique israélienne : « en conséquence de l'action du gouvernement israélien de ces derniers jours, nous ne serons plus en mesure d'envisager de travailler avec vous ni avec aucune autre société israélienne. »

Ramsey a indiqué que sa décision n'était pas politique ; simplement il ne voulait pas perdre de clients. « Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre un seul de nos clients, » il a expliqué, « donc c'était une mesure purement commerciale ».

C'est ce genre d'action froidement calculatrice qui a conduit de nombreuses sociétés à se retirer d'Afrique du Sud, il y a deux décennies. Et c'est précisément ce genre de calcul qui est notre espoir le plus réaliste de rétablir la justice en Palestine, justice qu'on lui refuse depuis si longtemps.