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lundi 15 décembre 2008

Quasi-interpellations à Ouagadougou

Les militants démocratiques burkinabès étaient sur pied de guerre ce lundi 15 décembre à la Bourse du Travail de Ouagadougou, suite à la nouvelle de l'nterpellation de 4 responsables. Voici ce qui s'est passé :

Collectif des Organisations Démocratiques de Masse et de Partis Politiques
(AJB -ACAT –Ass. Scolaires - Ass. KEBAYINA/FB - CIJ -TS – Collectif CGT-B - FANIDHO
- FONOZO – FTS – Groupe 14 Février –LDLP - MBDHP- MBEJUS - SEP - Col. Avocats – UGEB).

COMMUNIQUÉ

Le Bureau de la Coordination Nationale du Collectif des Organisations Démocratiques de Masse et des Partis Politiques informe les militantes et militants du Collectif, l’opinion publique nationale et internationale que quatre membres du Bureau de la Coordination nationale du Collectif ont été convoqués ce jour 15 décembre 2008 par la Gendarmerie Nationale. Il s’agit de Chrysogone ZOUGMORE, Président du Collectif, Tolé SAGNON, Vice-Président, Me Bénéwendé SANKARA et Jean Claude MEDA, tous deux rapporteurs.
Les responsables ont été auditionnés par le Chef d’État-Major (le Colonel Martin Zambo ZONGO) entouré de deux de ses collaborateurs de 9h à 10 h 30. Au bilan de cet entretien, il leur est reproché d’avoir, au cours de la grande marche du 13 décembre 2008 marquant le 10ème anniversaire des assassinats de Sapouy, rebaptisé l’Avenue de la Nation en y apposant un autocollant portant la mention « Avenue Norbert Zongo ».
A l’issue de l’audition, le Chef d’Etat-Major, en remerciant les responsables interpellés, a indiqué qu’il produira un rapport qui suivra son cours.
On se rappelle qu’en novembre 1999, à la suite de la publication d’une déclaration, les responsables du Collectif avaient été interpellés et auditionnés par la Direction Générale de la Police Nationale (DGPN) puis déférés devant la justice le 27 décembre 1999 pour « appel à la sédition et à la désobéissance », « atteinte à la sûreté de l’Etat » et « démoralisation de l’armée ». Il a fallu une forte mobilisation nationale et internationale afin qu’ils soient relaxés.
C’est pourquoi, le Bureau de la Coordination nationale du Collectif, tout en félicitant l’ensemble des militantes et militants du Collectif, le Pays réel, les démocrates et progressistes à travers le monde pour leur mobilisation spontanée, les invite à rester mobilisés et à se tenir prêts au cas où l’évolution de la situation le commanderait.
=En tout état de cause, la lutte doit se poursuivre et se poursuivra contre le non-lieu et pour la réouverture et l’instruction sérieuse du dossier Norbert ZONGO. La Coordination nationale vous fera parvenir dans les jours à venir des instructions précises dans ce sens.
Ouagadougou, le 15 décembre 2008.
Pour la Coordination Nationale, le Bureau :
Le Président du Collectif Chrysogone ZOUGMORE
M.B.D.H.P
Vice-Président
ToléSAGNON
Vice Président
Malick Y. SAWADOGO
Collectif CGT-B
Groupe du 14 Février
Rapporteurs :
Jean Claude MEDA
Adama BAGUIYA
Me Bénéwendé S. SANKARA
AJB
UGEB
Collectif / Avocats
Pour joindre les responsables du collectif
Chrysogone ZOUGMORE : (00 226) 70 72 90 65
Tolé SAGNON : (00 226) 70 20 53 56
Jean Claude MEDA : (00 226) 70 28 87 15
Me Bénéwendé S. SANKARA : (00 226) 70 20 34 78

vendredi 12 décembre 2008

Norbert Zongo : 10 ans d'impunité, c'est trop !


Signez la pétition internationale pour la réouverture du dossier Norbert Zongo




Appel à la manifestation contre l’impunité
dans l’Affaire Norbert ZONGO !


Forts du soutien que vient de leur renouveler la France à l’occasion de leurs récents séjours en France, Blaise Compaoré et son Premier Ministre sont répartis rassérénés et encore plus déterminés à poursuivre leur gestion liberticide du pouvoir au Burkina Faso. C’est pourquoi, nos Organisations, déterminées à amplifier leurs actions de solidarité avec le peuple burkinabé, appellent leurs militants et l’opinion démocratique à manifester dans l’unité :

  • leur dénonciation du soutien multiforme qu’apportent Nicolas Sarkozy et le réseau françafricain au régime criminel de Blaise Compaoré,
  • leur soutien aux démocrates Burkinabé, aujourd’hui engagés dans de grandes mobilisations populaires commémoratives de l’odieux assassinat du journaliste Norbert Zongo et ses compagnons d’infortune le 13 décembre 1998, mobilisations qui s’inscrivent dans un vaste front de luttes syndicales, sociales et politiques contre l’impunité, la vie chère et pour une véritable démocratie au Burkina ;
  • leur exigence de vérité et de justice pour tous les crimes économiques et de sang commis par le régime de Blaise Compaoré.

TOUTES ET TOUS AU RASSEMBLEMENT DU SAMEDI 13 DECEMBRE 2008 DEVANT L’AMBASSADE DU BURKINA FASO A PARIS !

Rendez-vous à la Place de l’Eglise à 15h . Métro : Saint Philippe du Roule.

Contacts : 06 29 46 44 37 / 06 63 97 46 90


Organisations signataires

Association des Etudiants Burkinabé en France - AEBF

Afrique sans Chaînes – CNT France

Centre d'Etudes et d'Iniatives de Solidarité Internationale - CEDETIM

Citoyennté Internationale Solidarité 35 – CIS 35 (Ille et Vilaine)

Collectif des Ivoiriens de France pour la Démocratie et les Droits Humains - CIFDDH

Collectif de France Affaire Norbert ZONGO – COFANZO

Confédération Nationale du Travail - CNT France

Confédération Générale du Travail de Côte d'Ivoire (CGT CI)

Coordination des Femmes Egalité - France

Fédération des Congolais de la Diaspora - France

Les Verts - France

Ligue Communiste Révolutionnaire – LCR France

Maison Internationale de Rennes ( Réseau de 100 associations rennaises de coopération internationale)

Mouvement Burkinabé des Droits de l'Homme et des Peuples - Section de France - MBDHP‐SF

Oser Inventer l'Avenir Thomas Sankara

Plate Forme Panafricaine (Réseau de 15 Organisations de la Diaspora Africaine de France)

Parti Communiste des Ouvriers de France - PCOF

Sud Education - France

Survie France

Union des Journalistes Ivoiriens de France- UJIF

Terre des Hommes (Ille et Vilaine)

Zone Libre (Aquitaine)

Norbert Zongo et les mercenaires à la Bob Denard

10ème anniversaire de l'assassinat du journaliste burkinabè
par Vincent OUATTARA
Le 13 décembre 2008, cela fera dix ans que le journaliste et écrivain Norbert Zongo a été assassiné sur la route de Sapouy. Après dix ans d’enquête, le seul inculpé a d’obtenu, le 16 août 2008, un non-lieu du Tribunal de grande instance de Ouagadougou.

« Combien de mercenaires, surtout français, envahissent chaque jour l’Afrique dite francophone ? Combien de Bob Denard nouveaux envahissent nos pays pour faire main basse sur tout ce qui brille ? Combien d’illustres mercenaires débarquent chez nous et dictent leurs lois à nos responsables qu’ils peuvent changer comme s’il s’agissait d’une roue de véhicule ? Combien sont-ils les mercenaires, les Bob Denard nouveaux qui débarquent chez nous en jets et qui nous font applaudir pendant qu’ils nous délestent de tous nos biens ? » écrivait Norbert Zongo sous son nom de plume Henri Sebgo.

Il sera assassiné avec ses trois compagnons, le 13 décembre 1998, parce qu’il suivait la voie de ces hommes qui luttent pour des valeurs de justice et de liberté. Il est parti il y a dix ans, mais sa plume n’est pas morte. On lui reconnaît les débuts des grands déballages sur les dossiers noirs du régime du président Blaise Compaoré : Dabo Boukari, Oumarou Clément Ouadraogo, Guillaume Sessouma, David Ouédraogo, et bien d’autres, vies de larmes qui n’auront de paix tant que justice ne leur sera pas rendue.

Norbert parle aussi des tragiques événements du 15 octobre 1987 qui ont porté les « rectificateurs » au pouvoir : « L’environnement de terreur a happé tout autour de lui : le président Thomas Sankara et ses compagnons pulvérisés au bazooka, Henri Zongo et Boukary Lingali exécutés sommairement par des bourreaux qui ont brûlé vivants leurs compagnons d’armes à Koudougou… » (L’indépendant n° 166, 15 octobre 1996).

Ainsi le Burkina Faso rentrera dans le rang de la Françafrique. Lors du sommet France-Afrique de Ouagadougou en 1998 qu’il appelait « France Colonies », il écrivait : « On a évacué les mendiants de la ville de Ouagadougou. On a nettoyé Ouagadougou, balayé. Nous avons honte de notre pauvreté, de notre misère » (L’indépendant n°228, 5 janvier 1998).

Il apparaît, sous sa plume, un type de citoyen qui n’est pas de la francophonie, qui ne le mérite pas : « ces pauvres, parias de la société, vivant une prison à ciel ouvert dans leur pays ». C’est donc à juste titre que Norbert Zongo écrivait : « Esclave, nous avons été, esclaves nous sommes. Des sommets France Colonies comme celui de Ouagadougou nous le prouvent… » (L’indépendant n°173, 3 décembre 1996). Mais le scribe interpellait ses concitoyens, alors que le pays plongeait dans la misère, avec son cortège de corruption, de népotisme et d’assassinats politiques. Et très proche de Paris, son principal bailleur de fonds, Blaise Compaoré sévit aussi chez ses voisins en soutenant le criminel de guerre Charles Taylor dans le dépeçage du Libéria.

Des crimes que ne pouvait laisser passer Zongo : « Calmons la tempête sous notre crâne, conseillait-il, en insistant : « Vivre auprès du sans-avenir, c’est ne plus avoir un avenir, (L’indépendant, 2 juin 1994). Le don de soi devient aussi une raison de vivre pour lui, auteur de deux œuvres importantes, « Parachutage » et « Rougbenga » où sa quête de liberté sonne comme un hymne de la vie. Il le savait et le disait avec certitude : « Je dénonce donc je suis ».

Il ne dénonçait pas seulement les crimes de sang de son pays, il s’attaquait à la politique française et à ses multinationales qui dépossèdent l’Afrique de ses biens, de ses fils et lui imposent la servilité. La privatisation de Air Afrique l’indigne, et il écrit : « Quand un Billecar s’approprie Air Afrique, affiche les tarifs les plus élevés au monde pour annihiler le tourisme africain, où s’engage la compagnie dans des rachats d’Airbus français pour la déclarer, quelques temps après, en faillite, il fait pire que Bob Denard : c’est un mercenaire des temps modernes. » (L’Indépendant n°114, 10 octobre 1995).

Le fait n’est pas seulement ce pillage des ressources mais l’arrogance qui l’accompagne que le journaliste essaie de mettre en évidence : « Quand un simple directeur de brasserie au Burkina (représentant des français au Burkina) viole, avec l’arrogance la plus insultante, les lois de notre pays, foule aux pieds les décisions judiciaires, c’est pire que du Bob Denard. Quand les Bouygues, les Saga, les Bolloré déferlent en Côte d’Ivoire, au Burkina, au Bénin (…), rachètent nos entreprises dites privatisées pour des bouchées de pain, après avoir arrosé nos responsables politiques tout en leur garantissant le soutien militaire de Paris, c’est pire qu’un mercenaire à la Bob Denard » (Ibid). Norbert Zongo appelle à la prise de conscience en avertissant que : « ces nouveaux mercenaires sont dangereux, plus dévastateurs (…) Si Bob Denard avait envahi notre pays, nous l’aurions combattu par tous les moyens. Mais voilà que nous restons impuissants devant Sitarail (groupe Bolloré), la pire des invasions coloniales et mercenaires que nous ayons subies. Le hold-up sur notre Cimat, c’est du Bob Denard supérieur ».

La France ne change pas…

« La France a beau nier les révélations de sa presse faisant état de la présence des troupes françaises au zaïre et de mercenaires issus de la garde présidentielle française, il n’y a pas d’illusions à se faire, Paris est en Afrique ce qu’il fut toujours : un maître incontesté qui déteste la contestation et la punit sévèrement. La France ne change pas et elle ne changera pas de sitôt sa politique africaine », écrivait Norbert Zongo. Et de se demander : « Sommes-nous capables de changer afin que Paris n’envoie plus ses troupes piétiner les récoltes comme au Tchad, envahir nos territoires comme pendant l’opération Turquoise au Rwanda, nous imposer des chefs d’Etat comme Mobutu, nous dicter notre comportement économique ? Il ne suffit pas de crier, de vitupérer l’impérialisme et le colonialisme français. Que cherchent les troupes françaises à Abidjan, Dakar, Ndjamena… ? Que cherchent les nombreux conseillers militaires français présents à Ouagadougou, Niamey, Lomé, Cotonou… ? »

La réponse à ces nombreuses questions, Norbert Zongo les aperçoit dans le changement qui naîtra grâce à une prise de conscience de la nécessité de bâtir des nations libres et démocratiques avec des institutions républicaines fortes. Pour y arriver, « chacun de nous doit se poser la question : suis-je un allié de cette France envahisseur, assassine des libertés de nos peuples ? » (L’Indépendant n°179, 14 janvier 1997).


Norbert condamnait la présence militaire française dans son pré carré et l’immixtion de la France dans les affaires intérieures des Etats africains favorisant les présidences à vies, les détournements, le pillage des ressources du continent etc. Il distinguait deux types de France : l’une des peuples libres et l’autre prédatrice des libertés. « Le pire est ailleurs, dit-il : la France coloniale et néocoloniale a distillé dans les veines des pouvoirs politiques africains et de la plupart de leurs hommes cet orgueil béat, cette suffisance idiote qui les empêchent de reconnaître leurs fautes… » (L’Indépendant n°107, 22 août 1995). Les Etats africains ne doivent plus être « une poubelle au sens propre et au sens figuré du monde entier dans cet enfer du protectionnisme le plus célèbre et le plus hypocrite, dans ce monde de racisme économique… ».

La voix de l’intellectuel est importante dans ce combat pour la liberté. C’est pourquoi, Norbert Zongo accusait « ces élites d’aujourd’hui qui se prélassent dans l’inconscience, l’insouciance et la paresse ». Une façon de dire que l’heure est à la lutte pour être pour ne pas succomber, à jamais.

Parmi les inculpés de l’assassinat de Norbert Zongo : Marcel Kafando, Edmond Koama et Ousseini Yaro, tous membres de la garde présidentielle du président Blaise Compaoré. Au final, le seul inculpé retenu dans ce dossier sera Marcel Kanfado, qui vient d’obtenir, le 16 août 2008, un non-lieu du Tribunal de grande instance de Ouagadougou, après dix ans d’enquête du juge Wenceslas Ilboudo. Le dossier Norbert est-il classé sans suite ? Non, affirme les juges, seules des charges nouvelles peuvent permettre de le rouvrir.

Le silence des hommes et des femmes réconforte les bourreaux dans leur rôle, leur donne le droit de continuer de tuer des citoyens honnêtes et de classer leurs dossiers sans suite, parce qu’ils ont le soutien des hommes politiques européens qui n’ont pas honte de dire qu’ils sont des amis de l’Afrique.

La fuite est terminée …
« Mon fils, je suis venue te dire une chose : de nombreuses personnes sont venues me dire que tu écris encore des choses sur le président. Elles m’ont dit que ta vie est en danger parce que le président qui est au pouvoir ne se contentera pas de t’emprisonner comme l’autre avant, mais celui-là va te tuer. Si ce qu’on dit est vrai, je viens te supplier de ne plus écrire. Si tu meurs… ». C’est par ces propos prémonitoires que débute la lettre de la mère de Norbert Zongo à son fils quelques jours avant l’assassinat.




Norbert Zongo



Source : http://billetsdafrique.survie.org/Norbert-Zongo-et-les-nouveaux, décembre 2008


Vincent Outtara est né le 25 août 1960 à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso.Il a fait ses études successivement au Burkina et en Côte-d'Ivoire, est titulaire d'un baccalauréat Lettres et Philosophie et a poursuivi ses études supérieures à l'université d'État de Saint-Pétersbourg en Russie où il a obtenu un Master of Arts en Sciences de l'information et de la Communication en 1991.En 1994, il rentre à l'Académie de la Culture de Saint-Pétersbourg et est titulaire d'un PHD en Sciences de la Culture.
Vincent Ouattara est romancier et essayiste, auteur de 6 ouvrages :
Aurore des accusés et des accusateurs (1994-Ed L'Harmattan)
Idéologie et Tradition en Afrique Noire, pour une nouvelle pensée africaine (2001-Ed L'Harmattan)
Procès des Puschistes à Ouagadougou (2004-Imprimerie du progrès)
L'Ere Compaoré : Crimes, politique, et gestion du pouvoir ( 2006-Ed Klamba)
Halidou Ouedraogo : une vie de lutte (2008-Sankofa et Gurli Editions),
La vie en rouge (2008-Soulieurs Editeur).
Actuellement, Vincent Ouattara enseigne les sciences de la communication et l'anthropologie sociale à l'Université de Koudougou, au Burkina Faso.

samedi 15 novembre 2008

Quand petit Nicolas accueille le Beau Blaise...

...cela mérite une petite manif!


Appel à Rassemblement contre
la visite officielle en France du dictateur burkinabé Blaise Compaoré
A Paris, lundi 17 novembre à 18 hParvis des Droits de l'Homme au TrocadéroM° Trocadéro (ligne 6 ou 9)
NON À LA CAUTION POLITIQUE
DU RÉGIME DICTATORIAL DE BLAISE COMPAORE PAR L'ÉTAT FRANCAIS


A la tête de l'État burkinabé depuis plus de vingt ans, à la suite d'une usurpation sanglante du pouvoir qui s'est soldée par l'assassinat du Président Thomas Sankara, le capitaine Blaise Compaoré est annoncé en France où il sera reçu le 18 Novembre à l'Élysée par Nicolas Sarkozy.
Le chef de l'État français s'apprête ainsi, une fois encore, à renier la promesse faite au soir de son élection en mai 2007, d'être un intrépide défenseur de la cause des droits de l'homme et de la démocratie dans le monde, et en particulier en Afrique.
En effet, son invité du 18 novembre prochain a bâti son pouvoir et une fortune colossale, qui se chiffre en milliards, à travers une longue série de crimes économiques et de sang, dont la plupart sont consignés dans des rapports de l'ONU et restés à ce jour impunis :
A la suite du crime fondateur de son régime du 15 octobre 1987, de dizaines d'assassinats d'opposants, d'anciens collaborateurs civils et militaires, d'étudiants et de journalistes jalonnent son règne.
Déclaré « bon élève » par le FMI et la Banque mondiale, le régime de Blaise Compaoré a en réalité conduit le Burkina Faso en l'espace de ses deux décennies de gestion dans une grave situation sociale et politique inédite : licenciements sauvages suite aux privatisations d'entreprises publiques au profit des copains du régime, développement à une grande échelle de la corruption, du banditisme dans les villes et les campagnes, famines et pandémies chroniques, fraudes massives du camp présidentiel lors des consultations électorales, etc. Faisant fi de ce bilan désastreux, le Secrétaire d'État Alain Joyandet a déclaré le 24 octobre dernier à Ouagadougou à l'issue d'une audience avec le président Burkinabé que les « relations sont au beau fixe » entre la France et le Burkina Faso.C'est pourquoi nos organisations :- dénoncent la caution politique qu'apporte Nicolas Sarkozy au régime de Blaise Compaoré qui doit aujourd'hui répondre devant le Tribunal Pénal International, aux côtés de l'ancien seigneur de guerre libérien Charles Taylor, de ses nombreux crimes économiques et de sang, - soutiennent le combat des démocrates burkinabé qui exigent la vérité et la justice pour Thomas Sankara (président du Burkina Faso assassiné en 1987), Norbert Zongo (journaliste assassiné en 1998), Dabo Boukari (membre de l’Association nationale des étudiants burkinabé – ANEB – torturé à mort en 1990) et toutes les autres victimes du régime Compaoré,- appellent leurs militants et tous les amis du peuple burkinabé à dénoncer l'accueil réservé par la France à Monsieur Blaise Compaoré, et à venir participer au rassemblement
Arrêtons le soutien aux dictateurs !
Soutenons les peuples africains !
Organisations signataires : AFASPA (Association française d'amitié et de solidarité avec les peuples d'Afrique), AFASPA Comed (Comité Méditerranée), Agir ensemble pour les droits de l’Homme, commission internationale d'Alternative Libertaire, ARDHD (Association pour le Respect des Droits de l’Homme à Djibouti), association Baraka, Bulletin Afriques en lutte, CADTM-France (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde), CEDETIM, CNT (Confédération Nationale du Travail), Collectif CAAC-Comores, Collectif de France Affaire Norbert Zongo (COFANZO), Cridev (Centre rennais d'information pour le développement et la solidarité entre les peuples / Ritimo), Droits devant !, FCD (Fédération des Congolais de la diaspora), association Ishtar, LCR, Les Verts, Mouvement des Indigènes de la République, Organisation de Femmes Égalité, Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF), Respaix Génération Conscience, Section France du Mouvement Burkinabé des Droits de l'Homme et des Peuples, Survie, Union Syndicale Solidaire.