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mardi 20 avril 2010

Hasbara ou Za'bara

par Salman ABU SITTA سلمان ابو ستة, Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala
Pour maintenir une façade de code moral, vous ne tuez pas un ami, vous tuez un ennemi. Vous ne dérobez pas la maison d'un autre homme, vous récupérez votre propriété oubliée depuis longtemps. Ce sont les principes adoptés dans toutes les guerres et tous les conflits. C'est pourquoi la mission de l'agresseur a toujours été de décrire la cible à tuer, c'est-à-dire l'ennemi, comme une personne ou un groupe mauvais, méchant, méritant d'être vaincu, et s'il est tué, cela sera une fin naturelle pour son mauvais comportement. De même, la mission de l'occupant a été de prétendre qu'il n'est pas en train de voler quelqu'un d'autre mais simplement en train de récupérer son  bien, ce qu’il avait négligé de faire depuis des siècles.
Personne n’a autant perfectionné cet art de la tromperie, ou du double langage, que les agents sionistes. Comment expliquer autrement le succès d'un Hongrois comme Herzl, assis dans un café de Vienne, et professant qu’un État  des Juifs serait établi dans 50 ans dans un pays lointain, où il n'avait jamais vécu ? Son succès, presque uniquement en Europe à l'époque, s’est manifesté par le fait qu’il a réussi à convaincre les puissances coloniales des avantages qu’il y aurait à soutenir son projet colonial et à convaincre leurs peuples, les Européens, que cette conquête, - par le meurtre, le pillage et la mise d'un peuple dans le dénuement – était le fait d’une volonté divine, un miracle et une victoire pour la civilisation occidentale.
Nul n'a eu à créer créer autant de mythes et de mensonges dans ses efforts que les sionistes. La raison est simple: ils n’avaient pas de faits crédibles pour étayer leur cause, ils ont donc dû inventer des alternatives douteuses, en s'appuyant sur la disposition à les croire de gens crédules et de politiciens opportunistes.
Prenez le slogan: “La Palestine est une terre sans peuple”. C’était une terra nullius, disent-ils. Bien entendu, les sionistes savaient que des gens y vivaient et avaient construit plus de 1000 villes et villages, la plupart vieux de 2000 ans, selon Eusèbe l'évêque de Césarée (313 ap. JC) qui les a enregistrés. Pourtant, les sionistes ont fourni une carte à la Conférrence de paix de Versailles en 1919, montrant la Palestine comme ”une terre de pâturage pour les nomades”. Ils ont présenté cette carte aux puissances coloniales, en particulier les Britanniques et les Français. L'ironie, bien sûr, c'est que les Britanniques avaient conclu leur enquête volumineuse sur la Palestine, 40 ans plus tôt , en 10 volumes, énumérant 12 000 sites historiques, dont des villes et des villages, et les Français avaient conclu leur enquête, menée par le savant Victor Guérin, en 1863, qui a produit 8 volumes sur son voyage dans presque tous les villages palestiniens. Pourtant, ils ont choisi de croire les sionistes et de tromper leur public pour soutenir cette “noble et morale " conquête, dans les églises, les journaux et les débats publics.
Quel est donc le sens de terra nullius? Cela ne veut pas dire (pour eux) une terre vide. Cela veut dire que ceux qui y vivent n'ont pas d'importance, ils ne valent rien. C'est comme nettoyer les bois de broussailles sèches et d’ insectes.
Voici les paroles exactes de Herzl :
    "Si nous entrons dans une région où il y a des animaux sauvages auxquels les Juifs ne sont pas habitués - grands serpents etc - je vais utiliser les indigènes, avant de leur donner un emploi dans les pays de transit [lire: expulsion], pour l'extermination de ces animaux. "
Bien sûr, il n’a pas écrit cela dans son livre publié, mais seulement dans son journal alors inédit.
Balfour l'a dit:
    "... En Palestine, nous ne proposons même pas de passer par la formalité de la consultation des souhaits des habitants actuels du pays. Le sionisme [a] un impact plus profond que les désirs et les préjugés [pas les droits] des 700.000 Arabes qui habitent actuellement cette terre ancienne. "
Comment ce projet colonial en Palestine était-il emballé dans le  langage diplomatique? Dans la Déclaration Balfour, on appelle cela un “foyer national” pour les Juifs - pas un État visant à l'exclusion des habitants du pays - en Palestine, et non pas de Palestine. Quid de ces habitants? Bien sûr, il y a une référence à eux: "sans préjudice pour les communautés non-juives existant en Palestine”, 92% de la population. Voilà une idée d’après-coup vraiment civilisée.
Si votre maison et votre famille sont menacées par une flot importun d’ immigrants  (juifs européens),  et que vous vous levez pour le combattre, vous êtes appelé un “bandit”. Votre maison est détruite, vos reserves sont brûlées, votre fils et votre père sont tués ou emprisonnés. C'est ce que les Britanniques ont fait en 1939.
Dix ans plus tard, quand les sionistes ont dépeuplé 675 villes et villages palestiniens et commis plus de 70 massacres, pendant le nettoyage ethniques de la Nakba, certaines personnes naturellement tenté de rentrer chez elles, au moins pour secourir un vieux père, pour arroser le jardin ou pour nourrir les animaux laissés sur place. Personne ne croyait que l'exil durerait plus de quelques semaines. Ces rapatriés ont été tués par les Israéliens sur place. Des plaintes ont été déposées au Comité mixte d'armistice disant que les victimes étaient des "infiltrés", par les mêmes personnes qui s’étaient “infiltrées” en Palestine à peine  quelques années plus tôt.
Ainsi, la sagesse conventionnelle veut que ceux qui ont abordé les cotes de Palestine à bord d'un bateau de contrebandiers dans l'obscurité de la nuit ne sont pas des “infiltrés”, ils sont les maîtres de la terre, et les propriétaires réels de la maison qui ont été expulsés de leurs foyer et ont essayé de rentrer chez eux sont “les infiltrés”.
Vingt mille cinq cents jours plus tard, cette ruse est toujours appliquée. Au moment de la rédaction de ce texte, Israël a émis l'ordonnance militaire n ° 1650 (Deuxième amendement) en vertu de laquelle soixante-dix mille Palestiniens résidant en Cisjordanie et originaires d'autres parties de la Palestine sont susceptibles d'être déportés comme “infiltrés”. Par analogie, un Italien de Naples trouvé à Rome, sous l'occupation nazie durant la Seconde Guerre mondiale aurait été susceptible d’être expulsé vers l'Albanie comme “infiltré”. Il faut admettre que le crime de nettoyage ethnique, régulièrement qualifié par la machine de propagande israélienne de "transfert de population”, a atteint de nouveaux sommets de sophistication. Il est maintenant appelé« prévention de l'infiltration ».
 
La hasbara - هاسباراه-הסברה – n’est que de la Za'bara- زعبرة


On raconte souvent l’histoire d’ Ain Haoud, un charmant petit village au sud de Haïfa, aux belles maisons de pierre. Sa population a été expulsée, mais elle a réussi à rester en Israël. Ils ont construit des cabanes sur la colline opposée, en regardant tous les jours leurs maisons, aujourd'hui occupées par des artistes en provenance de Roumanie qui ont transformé le village en “colonie d’artistes”. Leurs terres et leurs maisons ont été confisquées en vertu de la Loi de 1950 sur la Propriété des Absents. Les "Absents", ce sont les réfugiés expulsés.
La logique est que l'État d'Israël prend la propriété de ceux qui sont «absents», parce qu'ils «abandonné» leurs biens, sans doute pour passer un exil doré sur la Côte d'Azur, et pas dans un camp de réfugiés. Il est donc du devoir d'un État "démocratique" de prendre soin de leurs biens (les utiliser, les louer) pour le compte exclusif de Juifs. Cette logique exclut le fait qu'ils sont absents parce qu'ils ont été expulsés. S’ils revenaient, ils seraient abattus comme “infiltrateurs”.
L'ironie n'a pas de fin. Si d’une manière ou de l’autre les habitants du village sont restés dans la zone conquise par Israël, ils doivent être recensés et recevoir des cartes d'identité. Par conséquent, ils sont “presents”. Mais leurs biens doivent être confisqués parce qu'ils sont “absents”. Par conséquent, ils ont reçu l'appellation d’“absents-présents", un veritable oxymore.
On ne finit jamais de s’étonner. Un de ces "absents-présents" d’Ain Haoud n’en pouvait plus. Alors, un jour, il se dirigea vers la colline d’en face et frappa à la porte de sa maison. Un artiste roumain lui ouvrit. Le propriétaire lui demanda qui il était :
    - Je suis Ephraim
    - D’ùù êtes-vous, Ephraïm?
    - D’ici, bien sûr, d’Ain Haoud. Pourquoi posez-vous cette question? Et vous êtes qui, vous ?
    - Je suis Abou Ahmed, de Roumanie.
Le nettoyage ethnique massif de la Palestine, qui a eu lieu en 1948/49, l'année de la  Nakba (Catastrophe), sans précédent dans l'histoire moderne, doit avoir dans le lexique sioniste un nom approprié qui cache sa laideur. Ils ont appelé cela "Guerre d'Indépendance», qui est précisément ce dans quoi les Palestiniens ont été engagés depuis la Déclaration Balfour de 1917, c’est-à-dire depuis la trahison des Alliés et leur  collusion avec les sionistes pour les priver de leur patrie. Ce terme sioniste a été adopté, par des immigrants juifs qui ont infiltré la Palestine, pour décrire le nettoyage ethnique des premiers habitants de la Palestine. Il a été largement accepté par l'Occident. Heureusement, maintenant des  fissures ont commencé à apparaître dans cet édifice de tromperie. Maintenant, il est contraire à la loi en Israël de parler de Nakba. Le monopole reste exclusivement à la tromperie.
La ligne verte est le terme souvent utilisé pour décrire la ligne qui sépare Israël et le Territoire palestinien occupé (TPO) de Cisjordanie et Gaza. Qu'est-ce que cette ligne? Pourquoi est-elle verte ? Son vrai nom est “ligne d'armistice de 1949”. Il s'agit de la ligne sur laquelle les forces israéliennes d’invasion se sont arrêtées en 1949, ayant conquis 78% de la Palestine. Ce fut un grand bond par rapport aux 5,5% de terres appartenant à des Juifs sous le Mandat (britannique) et plus de 24% par rapport à la répartition proposée par le plan de partition (de l’ONU). Israël a signé 4 accords d'armistice avec des pays arabes. L’ article 2 de ces accords inidque clairement que cette ligne ne confère ni ne dénie aucun droit à l'une des parties et n'a pas de valeur juridique. Aucune force militaire n’est autorisée à la franchir, d'où l'armistice. C’ est tout simplement une ligne de séparation entre la Palestine qui a été occupée en 1948 de celle occupée en 1967. Israël l’a franchie en 1967, en violation du droit international. Pour occulter le sens juridique de la ligne et de son franchissement, elle a été surnommée par Israël la Ligne verte, la couleur du crayon utilisé par les Israéliens sur leurs cartes. Ce dispositif simple consistant à renommer la ligne permet à Israël d’impliquer dans sa machine médiatique qu'il n'a violé aucun droit et n'a conquis aucun territoire. Ainsi, Netanyahou peut annoncer froidement dans des interviews à CNN que les Juifs devraient être capables de vivre n'importe où (en Palestine) sans crainte de contradiction. Maintenant, Israël a carrément supprimé cette ligne de ses cartes.
Comment voler un gâteau tout entier et le manger ? Vous devez d'abord voler la moitié d'un gâteau. En l'absence de dissuasion, vous volez l'autre moitié. Vous mangez tout le gâteau dans le cadre du «principe» que les deux moitiés doivent être «unifiées» (dans votre estomac).
Israël a occupé Jérusalem-Ouest en 1948 et  Jérusalem-Est en 1967. Israël a affirmé que la ville doit rester “unifiée” sous son contrôle. Le mantra de “l'unification” est destiné à dissimuler le fait que les deux actes sont non seulement illégaux au regard du droit international, mais que, chose surprenante, ils sont contraires aux lois fondatrices d'Israël.
La Déclaration d’ «'indépendance» d’Israël mentionne que sa légitimité internationale, si faible qu'elle soit, repose sur les recommandations du Plan de partition. Mais ce plan n’a jamais placé Jérusalem en Israël. Israël a occupé Jérusalem-Ouest, Lydda, Ramleh, la Galilée et des parties du sud en violation du Plan de partition. L'admisssion d’Israël à l'ONU était subordonnée à la condition qu’il se conforme au Plan de partition et à la résolution sur le retour des réfugiés. Il ne s’y est jamais conformé. Inutile de dire que l'occupation de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, est une violation claire de “l'inadmissibilité de la conquête militaire”. Pourtant, “l'unification de Jérusalem” est claironnée par Israël et l'AIPAC comme la justification pour construire n'importe où (pour les juifs seulement) "dans la capitale éternelle d'Israël, qui n'est pas une colonie".
De même, l'occupation de la Cisjordanie est étiquetée “libération de la Judée et la Samarie”. Le Mur de l'Apartheid, condamné par la Cour internationale de Justice, est nommé “clôture de sécurité”. Le redéploiement des forces d'occupation est décrit comme " retrait ".
Rien n'est plus trompeur que le retrait de la bande de Gaza. Israël contrôle ce territoire, son ciel, son sous-sol et ses alentours. La famine organisée à Gaza a été décrite par des responsables israéliens comme une “mise au régime de la population", un nouveau genre de mort lente conçue pour ne pas  faire les manchettes des journaux du monde.
Le vrai nom de cette tragédie est “crimes de guerre” et “genocide” au sens des articles 6 et 8 du Statut de Rome de 1998 créant la Cour pénale internationale. Ces deux articles décrivent exactement la situation à Gaza.
Les Palestiniens de Gaza se sont vu promettre de l'eau, de la nourriture, des soins médicaux et une levee (partielle?) du blocus  s’ils se pliaient aux conditions du Quartet: reconnaître les occupants israéliens et cesser la résistance contre eux. Blair n'a pas épargné un microphone pour y bêler que  4,5 milliards $ sont en attente pour la reconstruction de Gaza détruite, à la seule condition que les Palestiniens acceptent les conditions du Quartet.
Blair est un menteur patenté. Les médias l'ont cru ou ont fait semblant. Aucun responsable, aucun journaliste, aucun “expert” avisé ne lui dit qu'il ment. Un seul homme. Alvaro de Soto, le médiateur de l'ONU, dans son rapport de fin de mission, en mai 2007, dit au paragraphe 79, que le Quartet n'a jamais imposé aucune condition. Ce sont des conditions usaméricaines et de l'Union européenne en fonction de leur propre politique, utilisant les Nations unies et la Russie comme bouclier de leurs exigences.
Un nom familier sur les écrans de télévision est Sderot, la colonie israélienne, victime de projectiles lancés par des tubes de cuisine qui ont brisé une fenêtre et tué une personne en 8 ans. Le maire de Sderot exprime sa crainte perpétuelle de l'incroyablement bondée bande de Gaza, berceau du terrorisme, et est visité par des dignitaires de capitales européennes et du Congrès usaméricain.
Aucun de ces dignitaires ne sait, ou ne  souhaite déclarer que Sderot est une colonie construite sur les terres du village de Najd, dont la population vit expulsée à seulement deux kilomètres de là, dans un camp de réfugiés. Ils lancent leurs projectiles maison sur leurs propres terres, sur leurs occupants, dans un geste symbolique pour faire valoir leur droit à leurs maisons dans le territoire occupé.
Les dignitaires se lamentent sur les conditions de surpeuplement dans la bande de Gaza, la misère, la pauvreté et le désespoir. Ils hochent tristement la tête. Les plus courageux se rendent à Gaza en visite-éclair de deux heures, sans contact avec les vrais gens, blottis derrière des fonctionnaires de l’agence de secours de l'ONU, pour leur éviter d'être dévorés par les habitants affamés.
Un seul de ces visiteurs de marque a-t-il jamais demandé pourquoi la bande de Gaza est bondée et misérable? Elle  est bondée car c'est là que la population de 247 villages palestiniens, victimes du nettoyage ethnique en 1948, a été entassée dans une prison à ciel ouvert sur une superficie de 1 % de la Palestine. Ils sont entassés à une densité de 6000 personnes par kilomètre carré tandis que le maire de Sderot & Co.. se baladent sur des terres ayant une densité de 6 personnes par kilomètre carré.
Laissez-les retourner sur leur terre et vous n'aurez pas de surpeuplement, pas de la pauvreté et pas de “terrorisme”. Si l’idée ne vous plait pas, donnez-leur ce que les Israéliens ont : des F16 et des chars Merkava. Le “terrorisme” s'arrêtera et une jolie petite guerre pourra commencer.
Israël se donne la licence de détruire tout village et tuer ses habitants sous la rubrique ”opérations préventives”, parfois appelées “représailles”. Selon ce principe, vous êtes autorisé à penser que votre voisin a l'air méchant et qu'il pourrait un jour décider de vous tuer. Vous décidez donc de prendre des mesures pour le prendre par surprise et le tuer. Vous n'avez pas besoin de voir des tanks avancer. Vous n'avez besoin d’aucune preuve. Votre état d'esprit est suffisant, surtout si vous êtes un raciste. C'est l'explication donnée par Israël pour les massacres dans le camp de Bureij, à Qibya, Samou et une douzaine d'autres endroits. Cette politique est entrée dans la langue de la diplomatie internationale comme un mot respectable. On peut la voir s’étaler aux manchettes des journaux, même si elle est en violation flagrante de l'esprit et de la lettre de la Charte des Nations Unies.
À partir des exemples ci-dessus, il est clair que la manipulation des médias et la terminologie chargée sont l'armée secrète des sionistes. Ce genre d'armée ne peut pas être épinglé par Goldstone, Dugard ou Falk. Mais elle commet des crimes tout comme l’autre armée.
La Hasbara, la fabrication de l'image d’un Israël à la blancheur de lys, est un art raffiné. Ses outils ont été exposés récemment dans le manuel secret de Hasbara d’ Israel Project:
http://www.richardsilverstein.com/tikun_olam/2009/07/10/the-israel-projects-secret-hasbara-handbook-exposed/    
Pas besoin de déveloper plus. Mais pour ceux qui sont désireux de connaître les faits, et ils sont heureusement de plus en plus nombreux, pour ces braves gens du monde entier qui sont guidés par leur sens moral et pour les Palestiniens, bien sûr, les porteurs de la charge de vérités indicibles, pour tous ceux-là, la Hasbara israélienne est le mieux décrite par un mot arabe homophone : Za'bara, qui signifie: des mots sonores vide de sens et alambiqués.
 
Le monde sera un meilleur endroit, et la justice aura une chance de l'emporter, quand la Hasbara sera reconnue pour ce qu’elle est vraiment: une pure Za'bara. Lorsque la vérité resplendit, elle dissipe les nuages des mythes.



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Source : Hasbara or Za’bara
Article original publié le 16/4/2010
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lundi 25 janvier 2010

Les USA et les régimes arabes menacent l'avenir des chaînes satellitaires d’opposition

par عبد الباري عطوان Abdelbari  ATWAN, 19/1/2010. Traduit par Tafsut Aït Baamrane, Tlaxcala
Source : US and Arab regimes threaten future of opposition satellite channels

Des experts des médias arabes se réunissent aujourd'hui  (19 janvier) au Caire pour discuter de la décision du  8 décembre du Congrès US  de sanctionner les satellites arabes qui autroisent la diffusion de chaînes que Washington considère comme hostiles. Les délégués arabes ne devraient toutefois pas s'opposer à la position US, car la majorité des gouvernements arabes ne sont pas en désaccord avec celle-ci, et même l'appuient, en particulier parce que les chaînes ciblées d'actions ciblées, comme «Al-Manar", "Al-Alam", "Al -Hiwar "," Al-Rafidayn »,« Al-Aqsa ", et dans une moindre mesure," Al-Jazira "sont inacceptables pour ces gouvernements.
Les experts de la Ligue arabe sont les derniers à avoir le droit de parler de la liberté de la presse arabe ou d’affronter une telle décision US injuste que musèle les libertés, car la Ligue arabe et le Conseil des ministres de l’information des pays qui y sont affiliés sont ceux-là même qui ont adopté en février 2008 le « document sur les chaînes satellitaires » connu sous le nom de « Charte d'honneur des médias arabes» [sic , NdT] dont la mise en application a conduit à la fermeture de plusieurs chaînes et en a empêché d’autres de transmettre sur les satellites  Nilesat  et ArabSat.
Les ministres arabes de l'Information a approuvé un certain nombre de mesures punitives pour les chaînes satellitaires qui critiquent les dirigeants et discutent de la corruption. Parmi ces mesures : la fermeture de leurs bureaux, leur retrait des satellites arabes et l’imposition de lourdes amendes. Seuls trois pays arabes ont exprimé des réserves sur ces mesures : ce sont le Liban, Qatar et l'Algérie.
Nous n’ exagérons peut-être pas quand nous disons que les «efforts»  des ministres arabes de l'Information  pour supprimer les libertés, clouer les becs, et imposer une politique d'exclusion et de listes noires a  encouragé le Congrès à prendre des mesures punitives contre les chaînes dont il dit qu’elles font de l’agitation anti-US.

L'administration et les institutions US et les gouvernements arabes ont un intérêt commun à "dompter" et à soumettre les médias arabes parce que la plupart des régimes arabes, en particulier les «modérés» parmi eux, sont totalement impliqué dans les guerres US en Irak et en Afghanistan et dans la soi-disant guerre contre le terrorisme.
Du point de vue usaméricain, le soutien à la résistance aux plans usaméricains d’hégémonie dans la région équivaut à une incitation à tuer et terroriser. Malheureusement, la majorité des régimes arabes sont également opposés à la culture de la résistance et aux mouvements qui l'adoptent, à commencer par les talibans en Afghanistan pour finir par le Hamas, le Jihad islamique, les Brigades des Martyrs d’Al-Aqsa et d'autres groupes de résistance en Palestine occupée.
Par une curieuse ironie, le Congrès US, qui s'oppose fermement à la censure chinoise et au filtrage de Google, soutient fermement le musellement des médias arabes et la confiscation des libertés d'expression en adoptant des mesures législatives qui confirment cette démarche honteuse, incompatible avec toutes les leçons faites par les Us américains et les Occidentaux des conférences sur la démocratie, des droits humains et la liberté en général.
Les gouvernements arabes amis des USA ont été engagés dans la fermeture et le blocage de milliers de sites Internet qui critiquent leur corruption et leur dictature mais nous n'avons pas entendu l'administration usaméricaine  protester contre ces mesures répressives.
Nous vivons des temps sombres pour les médias arabes et les choses pourraient même s'aggraver si les USA et Israël décidaient de régler certains dossiers en suspens - notamment au Liban (le Hezbollah) et dans la Bande de Gaza (Hamas) - par des moyens militaires. L'alliance arabe officielle avec le Congrès US contre l’ «autre opinion» est plus en plus forte et solide et se prépare à éteindre les voix qui restent pour dire encore  oui à la résistance et non aux murs d'acier, aux blocus étouffants et à  l'occupation usaméricaine et israélienne.

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vendredi 22 janvier 2010

Le choix de la résistance à l’occupant menace les régimes dictatoriaux arabes

par زهير أندراوس  Zuhair  ANDRAOS , 22/1/2010. Traduit par Tafsut Aït Baamrane, Tlaxcala
Il apparaît  que les USA, dans l’ère du Président Obama, n’ont pas changé de politique étrangère, et le lobby sioniste contrôle toujours le cercle des décisionnaires de Washington. Comment comprendre sinon la décision prise par le gouvernement US de punir les satellites qui diffusent les chaînes arabes hostiles à son égard, selon lui ?

La seconde question découlant de la première est : au nom de quoi les USA édictent-ils des lois qu’ils imposent à d’autres pays ?

Il est également important de rappeler aux Usaméricains que celui qui a une maison de verre n’a pas intérêt à jeter de pierres sur celles des autres : la résistance des peuples qui subissent l’occupation est un droit inscrit dans la législation internationale et personne n’a le droit de priver tout peuple avide de liberté d’utiliser tous les moyens à sa disposition pour se débarrasser de son occupant et de le renvoyer  là d’où il vient (« chez lui »).

Il n’y a en outre pas de mal à rappeler aux faucons et aux colombes de la Maison blanche qu’il existe un gouffre entre ce que  l’Occident qui se croit éclairé qualifie de terrorisme et le terrorisme structuré et organisé par des États, USA à leur tête, État qui s’est malheureusement transformé en gendarme du monde : il occupe l’Irak depuis 7 ans, et l’occupation n’est-elle pas le plus haut degré de terrorisme ?

Qu’en est-il du million d’Irakiens tués par la machine de guerre, de destruction, de famine US de 1990 à aujourd’hui ? Il est vrai que l’ancien président US George W. Bush a dit que « Dieu tout-puissant » lui a ordonné d’occuper l’Irak et, comme il est croyant, il a obéi à la lettre aux ordres de son Seigneur.

Ce même Bush a-t-il oublié les enseignements du christianisme –souillés par ce criminel – qui disent sans équivoque possible : « Tu ne tueras point » ?  Est-ce que les dix commandements auraient changé à notre insu ?

Jeff Koterba, Omaha World Herald
Une chose en rappelant une autre,  quand une fatwa délivrée par un religieux musulman passe inaperçue, aussitôt la machine médiatique occidentale lui donne une deuxième vie en l’interprétant pour accabler l’islam, les musulmans et les Arabes, évidemment, car elle se permet ce qu’elle ne permet pas autres. Et si quelqu’un a oublié ou fait semblant d ‘oublier, il faut lui rappeler  l’idiot de pasteur US Pat Robertson, qui a fait de la diabolisation de l’islam et des musulmans un objectif stratégique, crachant son venin et ses paroles infectes tous les jours à la télévision et sur les radios sans encourir aucune poursuite pénale : ce pasteur a déclaré que le tremblement de terre qui a frappé Haïti était le châtiment pour  son « pacte avec le diable » à l’époque de la domination coloniale française. Il a dit dans une émission télévision appelée « Le Club 700 », suivie par des millions de ses adeptes, que les Haïtiens avaient dit au Diable : « Nous serons tes serviteurs si tu nous débarrasses des Français » et que le Diable leur a dit : « OK. C’est un accord entre vous et moi. »



Dans une interview télévisée en 2005, le même Robertson avait appelé à assassiner le président vénézuélien Hugo Chávez, sous prétexte d’éviter que le Venezuela se transforme en bastion de l’extrémisme islamique et communiste, ajoutant qu’à son avis, un tel plan d’assassinat serait d’un faible coût financier et politique, car il permettrait au Trésor US de faire l’économie des 200 milliards de dollars que coûterait une guerre pour renverser Chávez.

Ce même Roberston a insulté l’islam et les musulmans, en dépassant les bornes, dans une émission de Fox TV du 18/9/2004, déclarant que l’islam était une immense escroquerie et que le Coran était un pillage minutieux de la tradition judaïque.

Demandez donc à ce pasteur ce que les soldats US ont commis à la prison irakienne d’Abou Ghraïb comme actes de torture et de mauvais traitements ? Et dans le camp de Guantánamo en inventant les méthodes de torture les plus perverses et en commettant les actes les plus immondes pour humilier les musulmans en souillant le Coran ?

Question à Obama : vous avez promis de fermer ce camp. Pourquoi ne l’avez-vous pas encore fait ?
Revenons à notre propos initial : les médias occidentaux ayant échoué lamentablement dans leur marketing de la vision usaméricaine à deux balles du monde, on est passé à une autre tactique, à savoir dompter et réduire au silence les médias arabes, déjà soumis. Le Congrès US a adopté la loi spéciale sur les médias arabes hostiles aux USA que les régimes arabes sont chargés d’appliquer, avant même les USA, car il est hors de doute qu’il y a des intérêts communs, au-delà des divergences, entre la tête de pont de l’impérialisme mondial, les USA, et les puissances signataires de l’Accord Sykes-Picot [France et Grande-Bretagne, NdT].

Il faut rappeler qu’en février 2008, les ministres de l’Information arabes –fonctionnaires de régimes de torture et de souffrance – ont signé la Charte sur les émissions satellitaires qui a été élaborée par la Ligue arabe et suite à cela, plusieurs chaînes arabes ont cessé leurs émissions. Ajoutons à cela que les ministres ont décidé de punir avec la plus grande sévérité toute chaîne satellitaire qui dénoncerait ou révèlerait la corruption d’un régime arabe. Le terreau arabe était donc déjà préparé à accepter la décision du Congrès, qui ferme les bouches  et fait de tout résistant arabe un terroriste.

Sans parler de la politique arabe officielle, qui a renoncé depuis des décennies à toute idée de libération par la résistance et a fait le choix de la négociation et de la discussion pour obtenir la paix. En outre, l’écrasante majorité des régimes arabes répriment toute tentative de résistance germant dans l’esprit des Arabes, car celui qui lutte contre l’occupant se retournera tôt ou tard contre ceux qui lui sont soumis,  le président, le roi, le sultan ou l’émir arabe, en d’autres termes  le choix de la résistance menace radicalement les régimes dictatoriaux et autoritaires soutenus par l’Usamérique.

La Résistance et les Arabes de l’Amérique
- L’Émir : J’ai peur que la victoire de la Résistance au Liban se répète à Gaza
- Moubarak : Je préfère la prédiction divine à la tienne


Enfin,  on aurait souhaité que les gouvernements arabes élèvent leur voix, non pas contre leur propre opinion et  aux côtés du Congrès US, dans cette alliance qui se consolide pour écraser ce qui reste de voix qui disent oui à la résistance et non aux murs d’acier, aux blocus qui affament, à l’occupation usaméricano-israélienne, pour dire non à la vente de sous-marins nucléaires (allemands) à Israël.

Pourquoi, ô Arabes, ne demandez-vous pas à l’Allemagne, qui a commis l’Holocauste durant la deuxième Guerre Mondiale, si elle veut vraiment retourner en arrière dans l’histoire et susciter un nouvel  Holocauste au Moyen-Orient ?

Le plus grave, c’est que ces sous-marins allemands traversent le Canal de Suez  - nationalisé par le martyr de l’arabisme Gamal Abdel Nasser en réponse à l’agression tripartite de 1956 -, par ordre officiel de Hosni Moubarak. Lequel, avec ses comparses bédouins, est complètement embabouiné par l’Oncle Sam et sa nièce, Israël.



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Zuhair Andraos
Journaliste palestinien né en 1958 et vivant dans la Palestine de 1948 (Israël) depuis 2002. Il a étudié le journalisme à Rome (Italie) de 1980 à1985. Rédacteur en chef de l’hebdomadaire local Maa Alhadath (Avec l’événement), correspondant du quotidien arabe de Londres Al Quds Al Arabi et collaborateur de plusieurs publications arabes et israéliennes, dont Yediot hAharonot  et Haaretz, dont il a dirigé une édition locale. Il a aussi dirigé des émissions de radio et de télévision. Il a été rédacteur en chef de Kul Al Arab, l’hedomadaire en arabe édité à Nazareth et le plus lu des périodiques arabes d’Israël.

mardi 19 janvier 2010

Quand j’entends parler de « liberté » et/ou de « démocratie », je sors mon rouleau à pâtisserie


par Michèle MIALANE, 19/1/2010
Selon le Petit Larousse illustré :
Démocratie : Régime politique dans lequel le peuple exerce sa       souveraineté lui-même, sans l’intermédiaire d’un organe représentatif (démocratie directe) ou par représentants interposés (démocratie représentative.)
Le « Tiers État » qui, avec l’aide de quelques nobles et curés divers, a introduit dans mon pays la « démocratie » (représentative car déjà alors il paraissait bien difficile aux millions de Français de délibérer et de trouver un consensus) l’a dotée de la fière devise qui orne le front de nos édifices publics : « Liberté, égalité, fraternité. »
Ce Tiers État qui était en fait la bourgeoisie montante- et d’aucuns en son sein souhaitaient sincèrement améliorer le sort d’un « peuple » quelque peu pressuré par une monarchie agonisante - n’avait pas été élu au suffrage universel. Il a fallu attendre 1848 pour que l’idée se fasse jour. Encore devait-on montrer patte blanche ou plutôt membre viril pour être électeur.  Et cela devait durer, dans le pays qui avait inventé le concept, jusqu’en 1944, où nous autres femmes dotées d’une intelligence inférieure et d’une affectivité surdéveloppée avons enfin eu le droit de mettre un bulletin dans les urnes de la République, ce qui à dire le vrai n’a pas été un facteur décisif de l’abolition du Code Napoléon.

À Versailles ! Paris, 5 octobre 1789

Le Tiers État de 1789 avait été élu par des citoyens payant l’impôt. Imagine-t-on que des pauvres absolus puissent avoir une pensée saine ? Cela explique sans doute que la propriété fut déclarée « droit inaliénable et sacré » par les Constituants alors que le droit à la nourriture n’existe encore de nos jours que dans la jurisprudence (cas de « l’état de nécessité » qui vous autorise, si vous n’avez pas un sou en poche et rien mangé depuis trois jours, à piquer un cassoulet  avec ou sans porc  dans un supermarché sans encourir les foudres de la Justice.) Notre cher Secrétaire d’État au logement l’a bien rappelé l’autre jour lorsqu’on lui a demandé (sur la Cinq) s’il était vraiment acceptable d’empêcher les gens de squatter un appartement vide depuis dix ans quand le moindre loyer à Paris excède la moitié du SMIC et qu’il fait moins dix degrés : la propriété, même laissée à l’abandon, c’est sacré, plus que le confort et même la vie d’un pauvre qui crève de froid, non mais !
La « démocratie » donc, c’est la démocratie « représentative », soit le pouvoir législatif délégué à des gens élus. Élus par qui ? Nous l’avons vu : par ceux que le système déjà en place juge bons. (Je précise que les États généraux étaient convoqués par le roi et que la noblesse et le clergé y disposaient de places réservées, la         moitié environ du total. En 1789, Louis XVI convoqua les États généraux en raison de la désastreuse situation financière du royaume). Il arrive que cela tourne au désavantage de ce système. C’est rare. Cela faillit être le cas en 1793. Mais l’on se reprit.
Alors : Qui représentent ces délégués ?
Inutile de rechercher, de nos jours, quelle est la proportion respective des professions libérales et des salariés du haut de l’échelle, bref du gratin, d’une part et des employés, ouvriers, petits paysans, bref de la piétaille, de l’autre dans l’Assemblée du peuple, et de la comparer à cette même proportion dans l’ensemble de la population. Je suis résolument contre la parité homme-femme car le système implique que de toute façon la plupart des petits, lorsqu’ils accèdent à des postes de pouvoir, ont trahi ou vont le faire. Voyez Fadela Amara. Comme dans un système patriarcal les femmes ne sauraient être que des femmes-alibis, dans un système où les riches sont maîtres les pauvres ne sauraient être que des pauvres-alibis. Pour Fadela Amara, les deux à la fois. Ça vaut une décoration !Femme du peuple
Comment voulez-vous dans de pareilles conditions que cette Assemblée prenne le parti de gens dont au mieux elle ignore tout, qu’au pire elle redoute, que presque toujours elle méprise ? La prétendue « démocratie athénienne » était moins faux-cul : elle n’était le fait que d’hommes (mâles) riches et ne prétendait pas agir dans l’intérêt des pauvres, des femmes, encore moins des esclaves. Car c’était une démocratie esclavagiste, comme plus tard la République romaine. Et bien plus tard encore les Etats-Unis d’Amérique. Du reste la France révolutionnaire n’a été qu’à peine troublée par l’esclavage dans ses colonies, et les diverses Républiques qui se sont ensuite succédées, avec quelques intermèdes, ont exalté le fait colonial ; comme chacun sait, quoi de plus démocratique que la colonisation ? Les colorés ont comme les femmes une intelligence inférieure et une affectivité surdéveloppée, c’est bien connu. Il leur faut des maîtres !
Venons-en au fait : dans ce prétendu « gouvernement du peuple », les conquêtes sociales ont été ... des conquêtes ; acquises de haute lutte par le mouvement ouvrier en général, la paysannerie n’étant devenue contestataire que très récemment dans les pays dits « démocratiques ». Je citerai en France les deux grands mouvements du Front populaire et de mai 1968. Les lois votées en faveur du peuple n’ont pas été décidées magnanimement par ses « représentants  », mais leur ont été arrachées. Les femmes, elles, ont livré au quotidien des combats longs et opiniâtres.
Mais ce cache-misère de l’absence de souci pour le peuple a volé en lambeaux depuis - je prie les anticommunistes de m’en excuser- la chute de l’Union soviétique. Car depuis longtemps cette invention antique, puis française, servait les intérêts des maîtres du monde, en particulier du monstre états-unien (et de son séide britannique), qui n’hésitait pas à qualifier de « démocratiquement  élus » ou de « démocrates » les dictateurs sanglants qu’elle soutenait un peu partout  après les avoir le plus souvent mis en place elle-même. De Suharto à Videla en passant par Trujillo, Marcos et le Chah d’Iran...le choix est vaste. Soyons juste, la France n’a pas été en reste, essentiellement en Afrique, encore que je ne puisse faire autrement, aujourd’hui précisément, que de mentionner la famille Duvalier, haïtienne comme chacun sait. C’était bien simple : quiconque était anticommuniste était démocrate, quiconque n’était pas anticommuniste était totalitaire, ou en grand danger de le devenir. (On ne savait pas au juste ce qu’était le communisme, mais c’était le Mal absolu puisqu’il était l’Ennemi de la Liberté et il était tapi dans son antre moscovite d’où il tentait d’étendre sur le monde ses malsains tentacules). Avec la disparition de la menace soviétique, le monstre a perdu toute vergogne et a invoqué la démocratie pour renverser tous les régimes qui n’étaient pas à sa botte, surtout s’ils avaient le mauvais goût de détenir trop de ressources énergétiques ou minières.
J’avais proposé il y  a quelques années les définitions suivantes :
 -Est démocratique tout régime en accord avec les Etats-Unis, y compris ceux qui se sont imposés par coup d’État militaire, pratiquent la détention et l’assassinat arbitraires, torturent , bâillonnent toute opposition et pressurent les pauvres.
 -Est totalitaire tout régime qui ne se plie pas aux diktats des USA, même s’il respecte tous les critères de la « démocratie » : liberté de conscience, d’expression, de circulation, etc., et même liberté des médias et élections « libres».
Et voilà : nous en arrivons au pire : la liberté, cette raison d’être de la « démocratie», est aussi la condition sine qua non de son établissement.
Sémantiquement c’est gênant.  Et pas seulement sémantiquement : si la démocratie ne peut s’établir sans liberté, c’est que la liberté lui a préexisté ? Et si elle lui a préexisté, elle peut exister sans elle ?

Les tricoteuses jacobines, an II, gouache, Pierre-Etienne Lesueur, 1793-1794, Paris, musée Carnavalet © RMN / Agence Bulloz
 
Revenons au Petit Larousse :
Liberté : État d’un être qui n’est pas soumis à la servitude (merci ! Comment définissez-vous la servitude ? Comme un « état où l’on est privé... d’indépendance. » Autrement dit : de liberté !) plus une petite dizaine de définitions, toutes relatives à un cas précis (liberté de conscience, de culte, d’expression, de circulation...). Bref, la liberté, dans l’absolu , c’est assez merdique à cerner.
Les Constituants mentionnés plus haut, et qui avaient promu la propriété au rang de « droit inaliénable et sacré », sans lui assigner aucune limite, avaient bien senti le problème :  la propriété, on sait bien ce que c’est. Essayez de vous installer dans le lit de votre voisin, ou seulement  de payer avec le porte-monnaie de la dame qui est devant vous, voire modestement de jouer avec le dernier Nintendo de votre petit frère, vous verrez  que vous êtes  à peu près seul contre tous. Mais la liberté ? La liberté, elle, c’est vous qui la définissez, alors elle est limitée ... par celle d’autrui. Dirent les Constituants.
Car le problème est que  dans le concret il  y a, tout au plus, la liberté de faire telle ou telle chose (Voir plus haut, le Petit Larousse). Et ça peut conduire à de sévères bagarres, quand deux libertés empiètent l’une sur l’autre, ce qui est à peu près toujours le cas. On l’a en partie résolu, ce problème, en admettant que tous les « autrui » ne se valent pas. Il y en a qui sont plus égaux que d’autres... Une autre de mes constatations c’est : notre système est parfaitement juste si on admet qu’un homme vaut deux femmes, un Blanc dix colorés (ces deux lois souffrent quelques exceptions) et un riche autant de pauvres que son compte en banque vaut celui du pauvre (Cette fois, aucune exception).
C’est ainsi que, dans notre système qui n’a que ce mot à la bouche, des actionnaires inutiles ont la liberté de mettre à la rue, pour empocher un peu plus d’argent dont déjà ils regorgent, des milliers d’êtres humains  qui aimeraient avoir la liberté de conserver leur emploi. Un propriétaire de dix immeubles a la liberté  de refuser d’en louer un, à un prix raisonnable, à dix familles en possession d’enfants qui aimeraient avoir la liberté de se  loger correctement. Un milliardaire a la liberté de priver d’eau et de nourriture cent mille êtres humains, en détournant à son profit, pour ses menus plaisirs, le cours d’eau qui les fait vivre et  au bord duquel ils aimeraient avoir la liberté de continuer à vivre. Ce que nous appelons « liberté », dans un monde marchandisé, c’est la loi de la jungle, dans une jungle où la force se nomme « l’argent ».
Alors, qu’on remplace notre devise par ces trois mots : esprit critique, égalité en droits (en droits ; j’y tiens ! l’égalité  tout court est un leurre) et solidarité. Au moins, ça voudra dire quelque chose.
Appendice :
Dans notre système français « démocratique » :
Un texte (le TCE) rejeté par 55% des votants, avec une forte participation électorale, a été imposé par le Parlement, y compris les « représentants » de deux Partis (P.S  et Verts) dont les électeurs avaient voté contre à plus de 60%.
Une loi contestée par une Chambre où l’exécutif dispose d’une très forte majorité va passer en force, si ce n’est déjà fait (Taxe professionnelle)
Une loi rejetée par le Conseil Constitutionnel, gardien d’une Constitution -adoptée (très largement) au suffrage universel - sera imposée sous peu  par l’exécutif (Taxe carbone).
Un débat qui n’intéresse absolument pas plus de  la moitié des Français, et fort modérément la majorité des autres (l’identité nationale) est lancé à grands frais, alors que le projet de statut de la Poste ne fait l’objet d’aucun référendum (il est déjà adopté) , bien qu’une consultation organisée de bric et de broc au coin des rues ait mobilisé deux millions de votants (et nombreux sont ceux qui comme moi y auraient participé s’ils en avaient eu la possibilité) qui  le rejettent à 90%.
Vous me fournirez bien d’autres exemples ?





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La Première guerre mondiale des mots est une initiative de Palestine Think Tank et Tlaxcala.

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Michèle Mialane est membre de Tlaxcala, le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique. Cet article est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteure et la source.

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mardi 24 novembre 2009

Hamas : « Ils ne sont pas mauvais, ils sont juste dessinés comme ça»

Un article dans la série La Première Guerre mondiale des mots
par Mary RIZZO, 19/10/2009. Traduit par MR pour ISM






Dans nombre de pays occidentaux, certains partis ou mouvements politiques sont traités comme s'ils provenaient de la Lune ou étaient étrangers à toute collectivité territoriale. Leur existence au sein de la population est toujours connotée comme négative, transitoire, quelque chose qui aurait été créé dans une salle de réunion ou en coulisses, imposé à un public rustre incapable de faire la différence entre un vrai programme politique et une rhétorique creuse et simpliste. Ces partis ou mouvement sont dépeints comme s'ils ne s'adressaient qu'aux marges de sociétés démunies de tout organe démocratique « normal », et seraient donc des groupes délabrés qui ne représenteraient qu’un électorat minoritaire. Étant donné leur opposition aux partis préexistants, ils sont marqués d'une étiquette qui servira à les maintenir isolés des structures déjà à l'œuvre, tout ceci visant à détruire le parti ou mouvement visé par un travail de propagande plutôt que par une analyse de la réalité.

Toute une mythologie a été construite autour du mouvement palestinien de résistance (qui s'est transformé en parti) Hamas. Cette construction a acquis de fait une plus grande légitimité comme interprétation du Hamas que les faits eux-mêmes. Dans la plupart des médias occidentaux, qu'ils soient de gauche ou de droite, et dans quelques médias « modérés » des pays arabes, le nom même du parti est couplé à des termes comme « fondamentaliste », « radical », « terroriste ». De toute évidence, cela sert à créer un réflexe de peur qui empêchera que le mot soit évalué de façon critique et objective. L'auditeur identifiera immédiatement le Hamas avec une connotation négative, ce qui l’exemptera de sa responsabilité de comprendre qu'il s'agit d'une manipulation de la réalité. L'auditeur est censé accepter les affirmations que le Hamas est « anti-démocratique » et « fanatique ». C'est ensuite un jeu d'enfant de convaincre l'auditeur que le-Hamas-est-mauvais, qu'il est l'ennemi-de-tout-ce-que-nous représentons (à nos propres yeux la tolérance, la démocratie, en un mot la Bonté). Il devient alors possible d'étendre cette lecture à la conviction que des actions doivent être entreprises contre eux, qu'ils sont un « cancer dont il faut se débarrasser », comme l'a dit Noa, la pacifiste institutionnelle de service.

Comment éradique-t-on un cancer, une fois qu'il a été diagnostiqué ? Par l’ablation ou le bombardement. Pour traiter un cancer, on « bombarde » même les parties saines du corps avec des produits chimiques, en attendant de voir si, après la bataille, le corps conserve encore suffisamment de parties saines pour permettre que l'organisme continue d'exister. Une fois que vous avez mis dans la tête de millions de gens l'idée que la destruction est une bonne chose parce que l'ennemi ferait énormément de dégâts et de mal  si on lui permettait de continuer à  exister, vous pouvez estimer  que le risque de pousser l'organisme tout entier à sa tombe en l'affaiblissant considérablement vaut la peine d’être couru.

C’est un moyen de justifier des actions qu’ils ne voient eux-mêmes pas comme thérapeutiques mais qui sont une pure horreur.

Comment en est-on arrivé à ce que le monde se laisse ainsi berner et permette qu'Israël détruise Gaza pour « se débarrasser du Hamas » ? C’est très simple, et c'est toujours la même réponse : Israël et ses alliés font dans la désinformation.

Ceux qui gratteront légèrement sous les manchettes grandiloquentes des journaux découvriront quelques faits enfouis qui contrediront le titre manipulatoire, mais il n'y a pas beaucoup de gens qui iront aussi loin, étant donné qu'ils sont confrontés à quelque chose qui comporte un élément de vérité profondément enfoui.

Comme si cela n'était déjà pas suffisamment problématique, même les « progressistes » n’ont pas démérité pour rendre le Hamas intouchable. Ils peuvent aller jusqu'à l'accepter comme un « mouvement de résistance », mais ils ne permettront pas à leur parti-pris idéologique personnel de voir le Hamas comme une force de progrès pour l'avancement de son propre peuple. Peut-être par conviction, convenance ou même manque de recherche, ou par un aveuglement qui ne permet aucune variante au thème de la lutte des classes, où tout est « international » et où le même type de règles et d'idéaux sont considérés comme applicables et nécessaires à tous, allant, dans certains cas, jusqu'à « importer la démocratie » sous diverses formes plus ou moins agressives.

Ces gens, dont beaucoup sont armés de bonnes intentions, ont mâché, avalé et recrachent quelques-uns des mensonges éhontés et des distorsions qui font partie de la mythologie créée en Israël et en Occident principalement par les adversaires du Hamas,.

Quels sont les éléments constitutifs de cette mythologie ?


1) Le Hamas a été créé par le Mossad israélien.
2) Le Hamas représente une portion marginale des Palestiniens.
3) Le Hamas est devenu juste assez démocratique pour pouvoir obtenir une certaine légitimité pour ensuite s'emparer des Territoires palestiniens et les transformer en un État islamique.
4) Sa victoire aux élections n’a été rien de plus qu'un vote de protestation contre la corruption du Fatah.
5) Le Hamas est composé d'un tas d'analphabètes et ses électeurs se sont laissés entraîner par leur propre ignorance.
6) Le Hamas est un groupe fondamentaliste et donc inflexible et incapable de toute modification ou évolution. La Charte souvent citée est utilisée contre lui pour souligner qu'il n’est qu'un groupe radical, destructif, programmé pour  la Guerre Sainte.
7) Le Hamas ne cherche à faire aucun compromis avec les autres partis politiques ou factions palestiniens et est donc l’élément diviseur qui empêche l'unité du peuple.
8) Le Hamas œuvre à endoctriner son peuple avec une propagande haineuse, pour l'utiliser comme chair à canon.
9) Le Hamas est un groupe terroriste qui n'existe que grâce au financement de « régimes fondamentalistes »


Que le Hamas ne soit qu’un mouvement de résistance a été clairement démenti par les élections, mais cela semble être le postulat sur lequel les activistes peuvent se regrouper pour se permettre de le tolérer, tout en souhaitant sa disparition rapide. Il n’est alors pas considéré comme ayant un véritable héritage en tant que parti politique qui pourrait être comparé à ceux des « nations démocratiques » de la « communauté internationale », et ainsi, l’analyse peut rester à un niveau élémentaire se prêtant à des généralisations hâtives.

Je prie mes lecteurs de bien vouloir me pardonner tous ces guillemets, mais ces mots deviennent vraiment ironiques et vides de sens réel lorsqu'ils sont appliqués aux objets désignés par les docteurs ès-manipulation d'information, dont la tâche consiste à faire le jeu des puissances hégémoniques. Comment une poignée minoritaire de nations qui s'opposent systématiquement à la volonté du reste de la communauté mondiale à l'ONU peut-elle être considérée comme la « communauté internationale » ? C'est un club de garçons qui exclut pratiquement tout le monde. Comment un pays qui met aux affaires le candidat qui a obtenu le plus petit nombre de votes peut-il être appelé une « démocratie » ? C'est lorsque nous commençons à nous poser des questions sur nos propres fondements que nous pouvons détecter qu'il y a beaucoup de connivence à présenter toute opposition comme un ennemi étranger aux paradigmes qui nous paraissent être au cœur de nos attentes sur la façon d'instaurer un monde juste et équitable.

Il est temps de déconstruire quelques-uns de ces mythes en leur opposant des faits.

1) Le Hamas n'a pas été créé par le Mossad. Bien qu'Israël aime s'attribuer le mérite de bien des choses, celle-ci n'est pas de leur fait. L'Islam politique est présent en Palestine depuis le début des années 40, dans la Palestine mandataire, et le Hamas est né au sein des Frères Musulmans (Ikhwan), auxquels était officiellement affilié nombre de ses premiers dirigeants. C'est l'expérience de la condition de réfugiés qui a transformé le Hamas en un élément plus autonome, avec une base nationaliste particulière, résultat naturel de la situation humaine urgente et réelle de déplacements et de perte d’identité culturelle et nationale.
Ce groupe a eu des relations étroites avec la base égyptienne, et les premiers bureaux des Ikhwan en Palestine furent ouverts à Gaza en 1945, dirigés par un membre de l'une des plus importantes familles de la région, Cheikh Safer Al Shawwa. Pendant la première guerre arabo-israélienne, des volontaires islamistes ont renforcé les rangs, venant principalement de Jordanie et de Syrie, et ce soutien a montré aux réfugiés que les Ikhwan avait le courage de se défendre, même pendant la « guerre d'indépendance d'Israël ». Le nombre croissant de réfugiés a donné une identité et une motivation plus fortes au mouvement islamiste en Palestine. Par conséquent, dans la société civile et dans la population en général, il n'était nul besoin d'une motivation venant d'une autre source pour pouvoir faire ce serment : « Je jure d'être un bon Musulman dans la défense de l'Islam et de la terre perdue de Palestine. Je jure d'être un bon exemple pour la communauté et pour les autres. » Telles étaient les paroles prononcées par ceux qui juraient loyauté aux Ikhwan en Palestine (source : Beverly Milton Edwards, Islamic Politics in Palestine, p. 43). Les Ikhwan locaux avaient leur propre programme, défendre sa terre perdue. Le fanatisme, l'influence extérieure ou même la propagande n'étaient pas nécessaires.

Les réfugiés eux-mêmes étaient la preuve vivante des horreurs et de la souffrance de la déportation. L'identification comme partie d'un mouvement international fut concomitante à la reconnaissance de la particularité de l'expérience palestinienne. La création officielle (du Hamas), le 9 Décembre 1987, ne fut que l'aboutissement d'une organisation à l’œuvre depuis des décennies. La résistance islamique organisée fut ensuite utilisée lorsque la situation s'est précipitée de façon spectaculaire en 1967 et une nouvelle génération de réfugiés est née. Pour cette génération, le retour à l'Islam fut considéré comme une nécessité pour l'avenir moral et politique d'un peuple qui avait été littéralement détruit. Beaucoup voyaient la Nakba comme le résultat de la distanciation d'une société normale, la société palestinienne, dont les valeurs éthiques, religieuses, culturelles et traditionnelles avaient été dévastées par l'occupation, et la descente vers davantage de dégradation, de pauvreté, de privation des droits civiques et d'instabilité sociale étaient considérées non seulement comme le résultat de l'occupation, mais comme une partie de sa cause.

La « communauté internationale » n'est pas venue au secours de ces gens, le reste de l’Oumma  n'a pas pris part à leur lutte nationale, en grande partie parce qu'il n'était pas directement concerné, ou même interdit d'y participer. La douleur extrême et la honte de perdre son pays furent à l'époque un élément nouveau dans une région où la colonisation précédente avait évité d'expulser les habitants autochtones, et jeter dehors les usurpateurs n'était pas compliqué par la perte totale de racines et d'un territoire.

La base de la dimension formelle du Hamas était ainsi présente depuis des décennies avant sa naissance officielle. Pour fonctionner sous le joug de l'occupation, ces groupes organisés existants ont créé pour leur population des associations caritatives et de bienfaisance. Israël a toléré ces institutions dans les Territoires Occupés et leur a concédé quelques marges de manœuvre en leur octroyant des autorisations. Comme l'a dit le Général Yitzhak Sager dans un entretien avec le International Herald Tribune en 1981, le gouvernement israélien « […] a donné de l'argent que le gouverneur militaire a alloué aux mosquées […], les fonds ont été utilisés tant par les mosquées que par les écoles religieuses, dans le but de renforcer un projet qui pourrait s’opposer à celui de la gauche qui était favorable à l'OLP. » Si Israël a trouvé quelques motivations à s'impliquer, ce fut réellement dans le sens de « diviser pour mieux régner » ; un peu de tolérance, un peu de soutien économique aux diverses associations religieuses pour voir si une opposition aux nationalistes de l'OLP se développerait. Israël ne cherchait en fait que le moyen d'affaiblir l'OLP, qui jouissait d’un soutien certain en Occident, et les Israéliens n'ont ni fondé ni financé de manière significative important, ni influencé en aucune façon un mouvement qu'ils pourraient d'une manière ou d'une autre infiltrer ou contrôler. C'est de la pure mythologie. Pourquoi donner à Israël un crédit qui ne lui revient pas ?


2) Que Hamas ne représente qu'une partie marginale des Palestiniens est un autre mythe à déboulonner.

Il est bien entendu exact que tous les Palestiniens ne sont pas des réfugiés, de même qu'il est exact que la quasi-totalité des dirigeants du Hamas sont nés en exil ou qu'ils ont été soumis, à un moment donné, à l'expérience de l'expulsion et de la perte de leurs maisons et de leurs biens. Il s'agit de l'expérience palestinienne centrale, et il est vrai que même les (quelques) Palestiniens qui n'ont pas été déracinés s'identifient à la perte de leur identité culturelle et nationale, et tous savent que leurs aspirations nationales et la cohésion en tant que groupe ont été détruites par Israël. Ainsi, même un mouvement ou un parti qui a sa propre identité dans les camps de réfugiés et en exil ou dans ses racines religieuses, est reconnu comme un représentant intrinsèque, légitime et naturel des Palestiniens dans leur ensemble. Ils ont même obtenu un vote majoritaire dans des secteurs de Cisjordanie qui n'étaient pas considérés comme des bastions du Hamas, comme ils ont eu les voix de nombreuses zones chrétiennes.


3) Que le Hamas se soit « juste suffisamment démocratisé » pour pouvoir mettre son pied dans la porte, première étape pour imposer un État islamique sur l'ensemble de la Palestine est un mythe très largement répandu, en particulier dans les cercles progressistes qui ne reconnaissent pas la popularité du mouvement, ou qui ont un préjugé idéologique contre tout mouvement religieux. Il y a beaucoup à dire en faveur de la séparation de l'Église et de l'État, mais ce n'est évidemment pas un postulat qui peut être imposé de loin, et de plus, de nombreux niveaux de séparation sont à prendre en considération. Ceux qui souscrivent à l'argument que le « Hamas gagne du temps avant d'introduire la Charia » ont tendance à nier qu'une démocratie a certaines caractéristiques, et que ce n'est pas nécessairement synonyme de « laïcité ». Lorsque le mot « démocratie » est appliqué correctement, il a certaines caractéristiques que le Hamas réunit. Il jouit d'un consensus populaire. Il a une structure interne autonome et reconnue comme légitime par ses électeurs.

Il suit les règles des élections, réunissant les conditions de participation. Une fois élu, il assume son rôle au sein du système existant, n'a pas renversé ou organisé des coups d'État contre les structures établies. C'est un mouvement politique avec plusieurs factions (certaines d'entre elles armées, comme c'est le cas de nombreux partis dans des pays sous occupation, le Fatah inclus), avec une histoire et une organisation. Un large débat existe parmi ses membres, y compris ceux qui sont des prisonniers politiques, avant de prendre des décisions, et la majorité décide des actions à mener. Ce qui le différencie des partis que les Occidentaux connaissent, c’est que les dirigeants au plus haut niveau n'assument généralement pas des rôles d'administration. Ce qui est compréhensible dans un parti où de nombreux dirigeants sont systématiquement assassinés par Israël. Que le directeur politique actuel, Khaled Mechaal, soit obligé de vivre en exil après avoir été victime d'une tentative d'assassinat en dit plus sur cette situation anormale que beaucoup de mots.
flags suhaib salem

4) Que la victoire du Hamas aux élections du Conseil Législatif ne fut rien d'autre qu'un vote de protestation (encore une autre théorie favorite de la gauche) fut brillamment contredite par Paola Caridi dans son très bon livre (en dépit du sous-titre sensationnaliste), Hamas  Che cos'è e cosa vuole il movimento radicale palestinese (Hamas. Ce qu’est et veut le mouvement radical palestinien) , publié par Feltrinelli et disponible seulement en italien pour le moment.
Ci-dessous la traduction d'un certain nombre de paragraphes qui traitent de cette question.

« Il y a une raison politique précise pour laquelle la majorité des Palestiniens a voté pour le Hamas. C'est une raison qui a trait à la décision officielle prise par le mouvement islamique le 23 janvier 2005 (un an avant les élections législatives, NdT) : une trêve unilatérale, décidée avec le Jihad Islamique (qui l'a rompue à plusieurs reprises), qui transformait les paroles en actes : que ce serait la fin d'une saison d'attaques suicides lancées par le Hamas à l'intérieur d'Israël, dans les limites de l'armistice de 1949, en d'autres termes l'Israël à l'intérieur de la Ligne Verte. La fin des attaques suicides dans les villes israéliennes, mettant substantiellement fin à l'Intifada aussi comme choix participatif (du Hamas) est interprétée par la population palestinienne comme une proposition politique précise : une alternative à ceux qui l’avaient gouvernée et contrôlée, ayant l'hégémonie jusqu'à ce moment-là. Une proposition qui pose en même temps de nouvelles limites de facto à la stratégie de résistance du Hamas. Le mouvement islamiste n'a donc pas été choisi seulement pour protester contre la corruption, le favoritisme et l'inefficacité du Fatah, qui, en tant que parti, est souvent confondu avec l'Autorité Palestinienne. La corruption, le favoritisme et l'inefficacité qui sont liés, au moins du point de vue temporel, à l'échec des Accords d'Oslo et aux 'faits accomplis' réalisés par les Israéliens.
Les gens du Hamas ont été considérés comme des gens sérieux, qui ne s'étaient pas enrichis aux dépens de la population, et de fait, ils continuaient à vivre dans des quartiers normaux et dans les camps de réfugiés. » (Caridi, p. 171).


5) Une calomnie extrêmement insultante, souvent répétée, est que les partisans du Hamas et ses dirigeants sont une « bande d'analphabètes » ou de « fanatiques religieux ». Le constat que pratiquement tous les dirigeants du Hamas sont (ou furent, le passé est de rigueur étant donné le nombre d'assassinats) des diplômés de l'université dans des domaines allant de la médecine à la physique et au droit, de l'économie à la théologie, témoigne en lui-même que cette calomnie ne vise qu'à les salir et à les peindre comme des gens qui n'ont lu que des textes religieux et qui sont donc « sous-développés », comparés à d'autres mouvements. L'enseignement a toujours été l'un des piliers du Hamas et de son travail caritatif. Nul besoin de le dire aux Palestiniens, pour qui c'est une réalité ; dans beaucoup de cas, sans ce fondement, ils auraient été laissés pour compte dans ce domaine.

6) L’inflexibilité du Hamas est un autre mythe, évoqué en particulier lorsqu'on parle de la Charte de 1988 (Mithaq). Le Cheikh Hamed Bitauri, « autorité religieuse de Naplouse », président de l’Association des oulémas palestiniens, connu pour ses positions radicales, n'a aucun problème à confirmer que « la Charte n'est pas le Coran. Nous pouvons la modifier. Elle n'est que la synthèse des positions du mouvement islamiste dans ses relations avec les autres factions, et de sa politique. »

Aziz Dweik, fondateur de l'Institut de Géographie à l'Université de Naplouse, qui deviendra plus tard Président du Conseil Législatif Palestinien après les élections de 2006, et qui fut emprisonné dans les geôles israéliennes dès l'été de la même année, a même été plus loin, déclarant la nécessité politique et pragmatique de se distancier de la Mithaq de 1988 à Khaled Amayreh, journaliste palestinien sensible aux positions islamistes, à qui il a dit que « le Hamas ne resterait pas l'otage des slogans rhétoriques du passé comme celui de la 'destruction d'Israël'. » (Khalid Amayreh, "Hamas Debates the Future: Palestine's Islamic Resistance Movement Attempts to Reconcile Ideological Purity and Political Realism", in Conflicts Forum, Nov. 2007, p.4) (Caridi p. 90).

Haniyeh a mentionné en maintes occasions que la Charte avait été dépassée dans sa substance par d'autres documents officiels, dont le plus important est le Programme Électoral de la Liste « Changement et Réforme » (la liste sous laquelle le Hamas a participé aux élections). Ce programme est structuré comme un document qui va bien au-delà des besoins d'une campagne politique, selon le dirigeant du Hamas, et il indique la politique du mouvement. Il n'a pas été écrit dans le feu évolutionnaire de l'Intifada, et il reflète l'évolution du parti. Les changements ne sont pas idéologiques, mais plutôt de nature stratégique et politique. Les positions ont été réitérées tellement de fois lors d'interviews ou d'interventions publiques qu'il semble incroyable que la complexité et la maturité du Hamas ne soient pas évidents pour tout le monde. Il est clair que les membres du Hamas se consacrent toujours à la libération de la Palestine, mais ils tentent d'y parvenir par la réaffirmation des droits du peuple, sachant parfaitement qu'en tant que parti, le Hamas n'est pas équipé pour renverser l'occupation de façon pratique, ni pour détruire ce qu'ils reconnaissent comme une réalité.

Beaucoup d'entre nous, qui suivent les événements du Moyen-Orient, espèrent qu'ils ne cèderont pas au pragmatisme au point de reconnaître Israël non seulement comme une réalité, mais comme un « État juif ». Cependant, nous devons observer depuis les coulisses et évaluer les faits. La population de Palestine sera vigilante sur les droits qui auront été abandonnés, si cela arrive, et beaucoup d'entre nous croient que le dos au mur, ils ne capituleront pas et ils ne perdront pas ce qu'ils savent être à eux pour des raisons d'opportunité politique. Le Hamas, lui aussi, est conscient de ce fait.


7) Le Hamas a été beaucoup moins scissionniste que son homologue de principe, le Fatah.
Le « coup d'Etat » de Gaza, qui a choqué et attristé le monde, fut en réalité une mesure préventive pour déjouer la prise de pouvoir planifiée par les forces du Fatah fidèles à Dahlan (en collaboration avec Israël). Le fait que le Hamas soit le parti qui a obtenu la victoire, par son propre peuple, n'a jamais été reconnu par la « communauté internationale » qui avait néanmoins poussé à des élections et insisté sur le fait que c'était une nécessité pour les Palestiniens, parce que cette reconnaissance aurait accordé une légitimité à la résistance et serait devenue la politique au sein de l'organe de gouvernement ; le rejet des négociations avec Israël, considérées comme subalternes, et qui étaient la politique du Fatah, avait été officiellement approuvé par le peuple et cela n’aurait été qu'une question de temps avant que ce programme devienne politique de gouvernement.

Ainsi, toute mesure des « forces de sécurité » du Fatah pour s'emparer de Gaza était de fait un coup d'État. Mais en regardant en arrière des événements qui ont été alimentés par la désinformation, on peut dire que le bain de sang tragique entre Palestiniens a empêché le véritable renversement de la démocratie qui aurait eu lieu si Dahlan en avait eu la possibilité. Encore et encore, le Hamas a cherché à travailler avec le parti d'opposition ; ce que ce dernier ne pouvait tolérer, dans le vain espoir que l’avantage économique et politique dont l’a gratifié le « club de garçons » ( voir plus haut) lui permettrait de rester au pouvoir, même en l'absence d'un mandat populaire.


8) Il n'est pas nécessaire de faire de la propagande pour montrer aux Palestiniens, dans les territoires occupés et en exil, et même pour nombre d'entre eux à l'intérieur d'Israël, la destruction continue de leur civilisation et de leur peuple.
Blocus, bombardements, assassinats, guerres, check points, humiliations, restrictions, séparations des familles, emprisonnements et abus ne sont pas des incidents isolés, mais le pain quotidien de la vie palestinienne. Nul besoin d'inventer une rage contre un ennemi fantasmagorique. Il y en a un, bien réel, qui soumet les gens de tous âges et de toutes conditions à l'humiliation, à la privation et à la mort. Montrer un homme en costume de souris pour insister sur le fait que des enfants sont endoctrinés dans la haine peut très bien marcher sur des masses non informées, mais il suffit d'un coup d'œil à la réalité pour se rendre compte que Farfour (1) est la manière la plus douce pour qu’un enfant assimile qu'il ou elle est un prisonnier condamné à vie à souffrir de la manière la plus atroce, pour être né comme un être inférieur aux yeux des oppresseurs.


9) Le pire des diffamations contre le Hamas est celle qui consiste à faire de lui le symbole du mal : qu'il est un groupe terroriste, financé par des « États voyous de l'Axe du Mal ».
Ayant à l'esprit que leur financement est colossalement inférieur à l'ensemble de l' « aide militaire » et économique fournie officiellement à Israël par les USA, le Canada et beaucoup d'autres pays de la « communauté internationale », pourquoi le constat d'un financement étranger serait-il considéré comme inacceptable, alors que c'est simplement la manière dont Israël est maintenu à flot par des milliards de dollars annuels officiels, et Dieu seul sait combien d’autres financements affluent par les milliers d' « associations de bienfaisance » qui sont à peine plus que des couvertures pour l'immigration de masse en Israël, pour contrer la croissance arabe ?

Si le sionisme et ses organisations caritatives sont considérées comme légitimes et nobles, pourquoi les organisations islamiques sont-elles mises sur liste noire, et leurs donateurs traités comme s'ils finançaient le terrorisme ? Il y a là deux poids - deux mesures.

Que le Hamas ait rejeté les opérations terroristes contre des civils et l’ait fait au service d'une amélioration réaliste des conditions de vie de son peuple est un fait authentifié, corroboré par rien moins que le Service de la Recherche du Congrès des Etats-Unis, groupe d'experts qui propose sa vision conservatrice et amie d'Israël au Congrès, pour qu'elle devienne une politique.

En fait, dans le document coordonné par Jim Zanotti, « Israel and Hamas, Conflict in Gaza (2008-2009) », nous voyons que la « raison » invoquée pour l’attaque contre la Bande de Gaza, à savoir « la nettoyer du Hamas » et les roquettes tirées sur le territoire israélien, n'était rien d'autre qu'une excuse que l'Occident a bu avec délectation comme si c'était du jus de cerise. Il a été admis que les roquettes extrêmement rudimentaires n'avaient PAS été tirées par le Hamas, et de plus, le Hamas était considéré comme étant capable et désireux de mettre fin aux attaques. Il est significatif que les premières victimes des attaques israéliennes contre Gaza furent les forces régulières de police, qui venaient juste d'être formées, peut-être aussi dans ce but. Zanotti écrit :

« Pendant les cinq premiers mois, le cessez-le-feu a relativement bien tenu. Quelques roquettes ont été tirées sur Israël, et, progressivement, le Hamas est apparu comme de plus en plus capable et désireux de mettre fin aussi à ces attaques. Aucun mort israélien n'a été signalé (bien qu'il y ait eu des blessés et des dégâts matériels) et Israël s'est abstenu de représailles.
« Néanmoins, chaque partie a estimé que l'autre violait les termes d'un cessez-le-feu tacite. Le Hamas a demandé - sans succès – qu’Israël lève son blocus économique de Gaza, tandis que ‘Israël demandait –également sans succès - l'arrêt total des tirs de roquettes et des progrès quant à la libération du caporal israélien Gilad Shalit détenu par le Hamas.
« Israël a cité des tirs de roquettes sporadiques comme prétexte pour maintenir la fermeture des passages frontaliers et du port de mer de Gaza à pratiquement tout sauf aux fournitures humanitaires de base.
« Le Hamas, et d'autres dirigeants arabes, ainsi que quelques organisations internationales et non gouvernementales impliquées dans l'aide aux civils de Gaza se sont plaints qu'Israël revenait sur ses promesses en vertu de l'accord tacite de cessez-le-feu. »
Comme si cela ne suffisait pas, l'auteur, qui n'a certainement aucune sympathie pour le Hamas, fait des déclarations sur les suites de la guerre où même Israël admet que le Hamas n'était pas responsable des tirs de roquettes :
« Depuis le début du cessez-le-feu unilatéral d'Israël, le 18 janvier 2009, il y a eu environ 40 lancers sporadiques de roquettes sur le sud d'Israël, beaucoup moins que la moyenne quotidienne avant l'Opération Cast Lead. De plus, des responsables israéliens pensent que des groupes militants palestiniens plus petits, comme le Jihad Islamique et les Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa, et non le Hamas, ont tiré les roquettes, comme ils l'ont fait pendant le cessez-le-feu (bien qu'il soit possible que le Hamas ait facilité ou donné son accord à ces tirs tout en préservant ses possibilités de le nier). »

Ainsi, les Israéliens se sont servis de l'excuse de tirs de roquettes par le Hamas pour justifier son élimination (en détruisant la totalité de Gaza) par ce qu'ils ont appelé « des opérations militaires », mais le reste de l'humanité sait que ce fut une guerre, tout en sachant pertinemment que le Hamas n'avait ni lancé ni facilité les tirs des roquettes ; toutes les excuses qu'ils sortent de leur chapeau pour justifier leurs actions devraient d'ailleurs tomber dans l'oreille de sourds.

Les plaintes sur la contrebande d'armes par les plus rudimentaires des tunnels devraient être prises avec des pincettes lorsque nous voyons les crédits du Budget de la Défense pour le programme US-israélien de défense anti-missiles dans ce même Rapport au Congrès. Le Dôme de Fer, la Fronde de David et autre « aide militaire », qui coûtent au citoyen usaméricain des milliards de dollars, sont brièvement décrits.

Pour chaque container de cinq roquettes inefficaces qui est passé en contrebande par un tunnel, les USA envoient une pleine cargaison d'armes et des caisses de devises qu'Israël dépensera pour ses « besoins » militaires. Là aussi, le deux poids-deux mesures fait couler le sang innocent, en violation du droit international et au détriment de votre argent durement gagné. Là encore, extrait du Rapport du Congrès :

« Israël pourrait avoir utilisé des plates-formes d'armes et de munitions achetés aux USA dans ses opérations militaires à Gaza, dont, parmi d'autres, des avions F-15 et F-16, des hélicoptères Apache, et, selon des articles de presse israéliens, des mini-bombes GBU-39 guidées par GPS dont le 110ème Congrès a approuvé la vente suite à une notification de septembre 2008. »

De plus, toutes les trêves unilatérales entre Israël et le Hamas (demandées par le Hamas, pas par Israël) ont été violées, chaque fois par Israël. Dans de nombreux cas, par des incursions dans les Territoires Occupés, que le droit international interdit puisque les populations civiles (même si les colons sont partis, Gaza est maintenue sous siège par Israël) doivent être protégées par l'occupant, et non attaquées. Israël, en utilisant des armes et des avions fournis par les bonnes grâces du peuple des USA, a bombardé des rues où des cibles (des hommes politiques et religieux qu'Israël qualifie de « militants », si ce n'est pire) avaient été localisées, tuant de manière indiscriminée quiconque se trouvait à portée, y compris des enfants. Si ce n'est pas du terrorisme, c'est que ce mot n'a aucun sens.


Ce ne sont que quelques-uns des mythes en circulation. Ils représentent seulement une partie des mensonges, de la désinformation et de la propagande qui circulent sur l'un des principaux partis palestiniens, né de l'intérieur, se développant comme tous les partis le font, de la base, et légitimé par des élections équitables et légales.

Déconstruire ces mensonges est un devoir. Il n'est pas nécessaire d'être d'accord avec l'ensemble du programme du Hamas, mais il faut reconnaître qu’il est complètement différent de l'image produite par le carcan médiatique dans lequel il a été enfermé. Ce que dit Jessica Rabbit dans le film Qui veut la peau de Roger Rabbit  pourrait tout à-fait s'appliquer au Hamas : « Je ne suis pas mauvaise, je  suis juste dessinée comme ça. »

Note

(1) Farfour  (فرفور — papillon en arabe) est le nom d'un personnage de fiction apparaissant dans cinq épisodes (avril à juin 2007) de l'émission Les Pionniers de demain sur la chaîne de télévision Al-Aqsa TV, affiliée au mouvement palestinien Hamas. Farfour a les traits physiques de Mickey Mouse.
Créé par Hazim Al-Sha'arawi, directeur de Al-Aqsa TV, les Pionniers de demain est une émission destinée au public enfantin mais qui n'en est pas moins extrêmement politisée. Chaque émission dure une heure, pendant laquelle Saraa, une petite fille voilée d'un hijab répond aux appels téléphoniques d'autres enfants, accompagnée d'un adulte qui porte le costume de Farfour et parle avec une voix aigüe. Les enfants et Farfour chantent des chants patriotiques ou guerriers et déclament des slogans politiques, appelant notamment (…) à la fin de l'occupation de l'Irak par les forces américaines. L'émission a aussi un contenu religieux, pédagogique.
Dans l'émission du 27 juin 2007, Farfour est battu à mort par un homme noir représentant Israël, qui lui extorque des titres de propriété. La souris est alors déclarée martyr par Saraa. (…) (wikipedia)
           




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Source : Palestine Think Tank- Hamas – They’re not bad, they’re just drawn that way
Source de cette traduction :
http://www.ism-france.org/news/article.php?id=13020&type=analyse&lesujet=R%E9sistances
et www.recogniseresistance.net
Sur l’auteure

Mary Rizzo est membre de
Tlaxcala
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