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lundi 26 décembre 2011

Palabres africaines, Montpellier, 21 janvier 2012 : Frantz Fanon toujours vivant

Survie Languedoc-Roussillon organise à nouveau, dès janvier 2012, les Palabres africaines à Montpellier, avec la collaboration du Collectif du 10 Mai.
 

A l'occasion du cinquantenaire de la mort de Frantz Fanon (6/12/1961), nous organisons, le 21 janvier 2012, à la Médiathèque Federico-Fellini (Polygone à Montpellier), de 14h à 18h30, une après-midi avec la Présidente de la Fondation Frantz-Fanon, Mireille Fanon-Mendès France.

Programme :
14h : projection du film Mémoires d'asile d’Abdenour Zahzah
Portrait du psychiatre et théoricien révolutionnaire Frantz Fanon.
Né en 1925 à la Martinique, il fut résistant au pétainisme colonial (il rallia les Forces Françaises Libres des Caraïbes), psychiatre noir chez les blancs de métropole, puis en Algérie, membre du FLN, poète, écrivain, puis ambassadeur de la République Algérienne auprès de l'Afrique Noire. Personnage emblématique des années 60 et 70, ce jeune homme noir auteur de nombreux ouvrages dénonçant avec passion le racisme et le colonialisme, fut admiré des Black Panthers, des jeunes révolutionnaires du Tiers-Monde et d'Europe.
Algérie/France, 2002, Documentaire, 52mn, Vidéo, Couleur, VOST

15h - 18h : conférence de Mireille Fanon Lire notre monde d'aujourd'hui avec Frantz Fanon, suivie d'un débat

Les livres de Fanon et ceux diffusés par Survie seront exposés

Plus d'infos

lundi 15 août 2011

La gauche française et le colonialisme : Une honte, un article de Robert Louzon de 1923

Lorsque le Parti communiste français (PCF) fut fondé à Tours en 1920, la France était encore une grande puissance coloniale, avec des territoires en Afrique, en Extrême-Orient et ailleurs. Pour adhérer à l’Internationale Communiste, le PCF dut accepter les fameuses 21 conditions, dont la huitième exigeait :
« Tout Parti appartenant à la IIIe Internationale a pour devoir de dévoiler impitoyablement les prouesses de "ses" impérialistes aux colonies, de soutenir, non en paroles mais en fait, tout mouvement d'émancipation dans les colonies, d'exiger l'expulsion des colonies des impérialistes de la métropole, de nourrir au cœur des travailleurs du pays des sentiments véritablement fraternels vis-à-vis de la population laborieuse des colonies et des nationalités opprimés et d'entretenir parmi les troupes de la métropole une agitation continue contre toute oppression des peuples coloniaux. »
En Algérie et en Tunisie, il existait des sections du Parti socialiste (SFIO), et après la scission de Tours des sections du PCF y furent formées. Les trois fédérations départementales d'Algérie se prononcèrent pour l'adhésion à la Troisième Internationale par 34 mandats sur 41. Mais, selon Jacob Moneta, en Afrique du Nord comme en d’autres pays coloniaux, « le mouvement communiste… n’était rien d’autre qu’un prolongement du PCF dans ces pays. Il était organisé par des Français qui vivaient sur place et le nombre des membres autochtones était peu important. Ils avaient dans l’organisation des fonctions de second ordre. »[1] Selon Charles-Robert Ageron, « les sections d'Algérie comprenaient surtout des petits fonctionnaires (employés de chemins de fer, des P.T.T. et de l'enseignement), mais aussi des ouvriers et employés ainsi que des dockers et des petits colons. »[2]
Les conditions votées à Tours ne suffisaient donc pas pour transformer les partis communistes du Maghreb. Le 24 septembre 1922, un rapport fut présenté au 2e Congrès Interfédéral Communiste de l’Afrique du Nord, et adopté à l’unanimité.[3]
Le rapport jugeait que le texte de la huitième condition était « trop général » et négligeait les « conditions particulières » des différents pays. En Algérie, il fallait reconnaître que « ce qui caractérise la masse indigène, c’est son ignorance. C’est, avant tout, le principal obstacle à son émancipation ». En particulier, « le fatalisme et le fanatisme religieux » chez le prolétariat musulman s’expliquait par « l’emprise des marabouts et des confréries religieuses sur une masse totalement ignorante et éprise du merveilleux ». D’autre part, les prolétaires musulmans ne reconnaissaient nullement l’égalité de la femme et « la femme arabe elle-même se refuse à comprendre l’humiliation de son état ». De plus, les syndicats indigènes étaient « à peu près inexistants ».
Dans cette situation lamentable, « l’émancipation des populations indigènes d’Algérie ne pourra être que la conséquence de la Révolution en France ». Par conséquent, le but des communistes en Algérie n’était pas de soutenir un mouvement révolutionnaire parmi la population indigène : « La propagande communiste directe auprès des indigènes algériens du bled est actuellement inutile et dangereuse. Elle est inutile parce que ces indigènes n’ont pas atteint encore un niveau intellectuel et moral qui leur permette d’accéder aux conceptions communistes. » La priorité était dès lors l’activité parmi les Européens syndiqués : « Le premier but à atteindre est donc l’éducation des Européens avant d’entreprendre directement l’éducation sociale du prolétariat indigène. »
 

mercredi 13 janvier 2010

A BRUXELLES : UN MONUMENT « PATRICE LUMUMBA » EN HOMMAGE AUX COMBATTANTS POUR L'INDEPENDANCE CONGOLAISE ET AFRICAINE


2010: IL EST TEMPS QUE LA BELGIQUE RECONNAISSE SES RESPONSABILITES HISTORIQUES ! EXCUSES ET REPARATIONS DE LA BELGIQUE POUR LE PEUPLE CONGOLAIS

A BRUXELLES : UN MONUMENT « PATRICE LUMUMBA » EN HOMMAGE AUX COMBATTANTS POUR L'INDEPENDANCE CONGOLAISE ET AFRICAINE

A l’occasion du cinquantième anniversaire de l'indépendance de la République démocratique du Congo, le COLLECTIF MEMOIRES COLONIALES et le CADTM (Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde) appellent à la relecture des faits historiques relatifs à l’époque coloniale visant une reconnaissance, à travers des excuses et des réparations, des crimes coloniaux commis par la Belgique à l'égard du peuple congolais.

CETTE ANNÉE 2010 OFFRE À LA BELGIQUE L’OPPORTUNITÉ DE RECONNAITRE ENFIN SES RESPONSABILITES HISTORIQUES RELATIVES A LA COLONISATION DU CONGO.

L’histoire coloniale et le rapport entre la Belgique et la République démocratique du Congo demeure tributaire de stéréotypes, de préjugés et d’assertions tronquées héritées d’une historiographie coloniale et post-coloniale complaisante à l’égard de Léopold II, des agents de la colonisation, des gros industriels et des financiers ayant tiré et tirant encore maintenant profit de l’exploitation du pays.
NOUS SOUHAITONS QUE CETTE COMMEMORATION DÉBOUCHE SUR UNE ANALYSE CRITIQUE ET LUCIDE DES FAITS COLONIAUX ET SUR DES ACTES FORTS, DEBARRASSES DU RACISME, DU PATERNALISME, DU COLONIALISME ET DU NÉO-COLONIALISME.

NOUS PROPOSONS :

- A LA DATE DU 30 JUIN 2010, L'INAUGURATION A BRUXELLES D'UN MONUMENT «  PATRICE LUMUMBA » EN HOMMAGE AUX COMBATTANTS POUR L'INDEPENDANCE CONGOLAISE ET AFRICAINE. Lumumba est un des symboles de la libération coloniale pour les Congolais et plus largement pour l'ensemble des peuples colonisés. Il est aussi le symbole de la lutte contre l’ingérence politique des pays occidentaux en Afrique, et plus particulièrement de la Belgique au Congo. Élu chef du gouvernement en 1960, Lumumba fut assassiné le 17 janvier 1961.

- DES EXCUSES ET DES REPARATIONS DE LA BELGIQUE AU PEUPLE CONGOLAIS, NOTAMMENT PAR LA MISE EN PLACE IMMEDIATE DE LA FONDATION PATRICE LUMUMBA EN TENANT COMPTE DES ARRIERES POUR LA CONSTITUTION DU FONDS. La commission parlementaire belge de 2001 a reconnu le rôle que le gouvernement et le roi belges ont joué dans l'assassinat de Lumumba. Dès lors, selon les recommandations de la commission, le gouvernement belge s'était engagé à financer une Fondation Patrice Lumumba à hauteur de 3,750 millions d'euros complétés par une dotation annuelle de minimum 500.000 euros dans le but d'aider au développement démocratique au Congo. Le gouvernement belge n'ayant toujours pas tenu son engagement, la fondation devrait aujourd'hui détenir une enveloppe d'au moins 4 millions d'euros.

- L'ANNULATION IMMEDIATE ET SANS CONDITION DE LA DETTE EXTERIEURE DU CONGO Malgré les effets d'annonce concernant l'aide au développement et de supposés effacements de dette, le service de la dette du Congo pour la seule année 2009 s'élève à 142 millions de dollars, privant ainsi les Congolais de ressources vitales pour la paix et le développement.

- L'ARRET DU PILLAGE DES RESSOURCES NATURELLES PAR LES MULTINATIONALES BELGES ET INTERNATIONALES. En 2008, l’Etat congolais touchait 5% des recettes tirées de l’exploitation minière et le budget 2009 s’élève à seulement 5 milliards de dollars alors que rien qu’avec ses réserves de cuivres, la République démocratique du Congo est au 2ème rang mondial. L’exploitation des minerais est profitable aux investisseurs étrangers en raison du Code minier adopté en 2002 sous la pression des institutions financières internationales. L'ONU dans un rapport sur le Kivu dénonce le rôle criminel des entreprises comme, la belge Traxys, qui exportent les minerais de cette région ainsi que celui des grandes banques européennes comme ING, KBC, ABN Amro.

- L'OUVERTURE DE L'INTEGRALITE DES ARCHIVES COLONIALES, à savoir celles de l'administration coloniale, de la Force publique, de la Sûreté congolaise, du Ministère des Colonies,notamment.
Ces archives doivent faire l'objet d'un recensement et être accessibles tant aux historiens qu'au public.
Le collectif propose que la gestion de ces archives soit assurée par un comité d'historiens

Le collectif Mémoires Coloniales et le CADTM

RENDEZ-VOUS:

- Le 17 janvier 2010 à Ostende pour un hommage à Patrice Lumumba, suivi d'une promenade anticoloniale guidée par Lucas Catherine

- Le 30 juin 2010 pour l'inauguration d'une statue de Lumumba et d'autres évènements anticoloniaux !

Infos: pauline@cadtm.org