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mardi 24 janvier 2012

Cinq questions sur la crise à Andrea Fumagalli, Christian Marazzi et Carlo Vercellone

L’approfondissement de la crise, avec ses conséquences sociales dévastatrices, continue à prendre à contre-pied les paradigmes interprétatifs consolidés. En résultent non seulement la banqueroute de la science économique mainstream, mais aussi des défis inédits pour tous ceux qui ont continué, au long de toutes ces années, à pratiquer des formes originales de critique de l’économie politique., Ce qui semble être en question, et de manière toujours plus claire, c’est justement le rapport entre les catégories économiques et les catégories politiques. Pour ouvrir la discussion à l’intérieur du site d’UniNomade, nous avons posé cinq questions à Andrea Fumagalli, Christian Marazzi et Carlo Vercellone. Nous présentons ci-dessous les réponses d’Andrea et de Christian, sous forme de dialogue. Carlo a développé des réflexions sur l’ensemble des thèmes que nous avons proposés : on peut les lire en conclusion.
Pensez-vous vraiment que les marchés n’aient pas un leadership caché, quelqu’un qui suggère les opérations à faire ? Cela, en dehors de toute théorie du complot, mais simplement à l’intérieur de l’analyse de tout mécanisme décisionnel, qui prévoit des moments d’unification consciente et non pas simplement des condensations de spontanéité.
Andrea Fumagalli: les grandes sociétés financières ont un comportement que nous pouvons définir comme oligopole collusoire. Dans cette phase, les plusvalues plus élevées sont extraites de l’échange des dérivés CdS [Credit Default Swap = couverture de défaillances , NdE] , en particulier ceux qui assurent contre le  risque de défaut privé et public. La nature collusoire de l’oligopole financier est garantie par l’intermédiation exercée par les agences de notation. A partir de la crise des sub-primes (fin 2007), on a assisté à un processus de concentration ultérieure dans les marchés financiers. Voici quelques données.

Si, en 2010, le PIB du monde entier a été de 74. 000 milliards de dollars, la finance le surclasse : le marché mondial des obligations vaut 95.000 milliards de dollars, les bourses du monde entier 50.000 milliards, les dérivés 466.000 milliards. Tous ensemble, ces marchés déplacent une quantité de richesse huit fois plus grande que celle produite en termes réels : l'industrie, l'agriculture, les services. Tout cela est connu, mais ce que l’on oublie souvent est que ce processus, en plus de déplacer le centre de valorisation et d’accumulation capitaliste de la production matérielle à la production immatérielle et de l’exploitation du seul travail manuel au travail cognitif, a donné son origine a une nouvelle « accumulation originaire », caractérisée par un degré élevé de concentration. En ce qui concerne le secteur bancaire, les données de la Federal Reserve nous disent que de 1980 à 2005, environ 11.500 fusions ont eu lieu, soit en moyenne 440 par an, réduisant par là le nombre des banques à moins de 7.500. En 2011, cinq banques d’investissement (divisions d’intermédiation et bancaires : J.P Morgan, Bank of America, Citybank, Goldman Sachs, Hsbc Usa) et cinq banques d’origine commerciale (Deutsche Bank, Ubs, Credit Suisse, Citycorp-Merrill Lynch, BNP-Paribas) ont acquis le contrôle de plus de 90% du total des titres dérivés. Dans le marché boursier, les stratégies de fusion et d'acquisition ont considérablement réduit le nombre de sociétés cotées.

À ce jour, le top ten des sociétés à la capitalisation boursière représentant  0,12% des 7.800 entreprises enregistrées, détiennent 41% de la valeur totale, 47% des recettes totales et 55% des gains enregistrés.

Dans ce processus de concentration, le rôle principal est tenu par des investisseurs institutionnels (un terme qui indique toutes ces institutions financières - intermédiaires, banques, compagnies d'assurance – qui gèrent les placements financiers pour compte de tiers : ce sont eux que Keynes appelait, dans les années 1930, les « spéculateurs professionnels »).

Aujourd'hui, toujours selon les données de la Federal Reserve, les investisseurs institutionnels traitent des titres d'une valeur nominale égale à 39 milliards, 68,4% du total, soit une augmentation de 20 fois par rapport à il y a vingt ans. Par ailleurs, cette part a augmenté l'année dernière, grâce à la diffusion des titres de la dette souveraine.

Je ne pense pas qu'il y ait quelqu'un qui conseille les stratégies des dirigeants des grandes sociétés financières, encore moins quelqu'un de « politique ». Comme je l'expliquerai plus loin, le pouvoir politico-économique est dans leurs mains et ils peuvent l’exercer sans qu'il y ait un « souffleur ». Le ressort est, comme toujours dans le capitalisme, le profit et la richesse, sans aucun comportement sui generis. Le problème n'est pas la soif de profit des marchés financiers, mais plutôt ceux qui servent de vassaux et de sujets.

Christian Marazzi: Il y a un « leadership caché », et comment ! Comme Andrea Fumagalli et Carlo Vercellone le résument bien, le leadership du marché est réalisé dans la concentration phénoménale du capital industriel et financier qui s’est créé ces dernières années le long des lignes de stop-and-go de la  financiarisation.

Les banques d'investissement, les sociétés multinationales, les hedge funds, les fonds institutionnels et les fonds de pension en représentent le cœur : ce sont eux qui « font le marché », qui guident les mesures spéculatives en « normalisant » ce que Keynes appelait les « conventions », comme la convention latino-américaine, la convention d’Internet, la convention des subprimes et, ensuite, de la dette souveraine. L'attaque sur l'euro a été décidée en février 2010 à New York par un groupe de hedge funds, pour ne citer qu’un exemple récent. Luciano Gallino, dans son Finanzcapitalismo, a même quantifié « les gens qui comptent » dans le monde, je crois à 10 millions.

Du point de vue de la pyramide du pouvoir, ce sont les lobbies qui l’emportent, parce qu'ils agissent -  au-delà des niveaux élevés des G-20, FMI, UE et BCE - en statuant à l'intérieur des États-nations, articulant à l'échelle locale les lignes directrices du capitalisme financier. La chose qui me semble la plus importante, cependant, est la suivante : le « leadership caché » est là, mais pas toujours.
  

dimanche 30 octobre 2011

L’accord du sommet européen des 26-27 octobre 2011 est inacceptable The agreement of the 26/27 October 2011 European summit meeting is unacceptable Η συμφωνία της ευρωπαϊκής συνάντησης κορυφής στις 26-27 Οκτωβρίου είναι απαράδεκτη Es inaceptable el acuerdo de la cumbre europea de los días 26 y 27 de octubre de 2011 O acordo da cimeira europeia é inaceitável

par Pascal Franchet- Giorgos Mitralias Γιώργος Μητραλιάς-Griselda Piñero-Éric Toussaint, CADTM, 28/10/2011 


L’accord intervenu à l’aube du 27 octobre 2011 n’apporte pas de solution à la crise de la zone euro tant sur le plan de la crise bancaire que sur celui de la dette publique souveraine ou de l’euro. Les décisions qui sont intervenues reportent les échéances sans résoudre les problèmes de manière satisfaisante. Le CADTM considère que cet accord est inacceptable.
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The agreement made at dawn on the 27th October 2011 brings no solution to the eurozone crisis, neither to the banking crisis, the sovereign debt crisis or the euro crisis. The decisions taken do not solve any of the problems in an acceptable way, they only postpone them. CADTM considers this agreement unacceptable.
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Η συμφωνία που επιτεύχθηκε την αυγή της 27ης Οκτωβρίου 2011 δεν επιλύει τη κρίση του κυρίαρχου δημόσιου χρέους ή του ευρώ. Οι αποφάσεις που πάρθηκαν αναβάλουν για αργότερα την ώρα της αλήθειας χωρίς να λύνουν τα προβλήματα με ικανοποιητικό τρόπο. Η CADTM θεωρεί ότι αυτή η συμφωνία είναι απαράδεκτη.
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El acuerdo alcanzado en la madrugada del 27 de octubre de 2011 no aporta ninguna solución a la zona euro respecto a la cuestión de la crisis bancaria, de la deuda pública soberana o del euro. Las decisiones a las que se ha llegado postergan los problemas sin resolverlos satisfactoriamente. El CADTM considera que este acuerdo es inaceptable.
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O acordo concluído na madrugada de 27 de Outubro de 2011 não representa uma solução para a crise da zona Euro tanto no plano da crise bancária quanto no da dívida soberana ou do Euro. As decisões que foram tomadas adiam os problemas sem os resolver de forma satisfatória. O CADTM considera que este acordo é inaceitável. 
Mais informação
 


samedi 31 janvier 2009

La photo du jour

"Vous êtes la crise" : manifestation contre le Forum éconmique mondial, Davos, Suisse, 31/1/2009. Photo Michel Euler, AP

samedi 1 novembre 2008

Crise financière ou guerre secrète ?

par Mohammad Djamal ARAFAH محمد جمال عرفة

Le 14 octobre 2008, le gestionnaire de fonds et analyste financier Mostafa Belkhayate* a accordé une interview au site Capital.fr, qu’on retrouve également sur son site personnel.
Curieusement l’une des questions et l’analyse de
Mostafa Belkhayate sur des possibles causes profondes de cette crise, a complètement disparu sur le site de Capital ! Cependant, Capital a pris le soin de laisser un lien vers le site de Belkhayate (indiqué plus haut) où l’on peut lire ce qui suit :

Capital.fr : Qu’est ce qui vous fait penser que la chute n’est pas terminée ?

Mostafa Belkhayate : Lorsqu’il y a un crime, cherchons le coupable du côté de celui qui en profite. Washington a résolu en moins d’une semaine le grave problème des créances américaines : en faisant croire que Freddie Mac et Fannie Mae, deux organismes américains de financement, risquaient la faillite, les financiers yankee ont coupé l’herbe sous les pieds des Chinois, qui possèdent près de 400 milliards de dollars d’obligations émises par ces institutions. Ces dernières, aujourd’hui loin de leur valeur initiale, ne peuvent plus être revendues. Tous ceux qui pourraient en acheter en ont déjà ; les Japonais, les Européens, les Russes, les Arabes,… Voilà comment on peut dissoudre des milliers de milliards de dollars de dette. Pour moi, c’est la seule explication du sacrifice de Lehman Brothers. C’est ingénieux, d’autant plus que Washington a manipulé le prix du pétrole à la hausse à partir d’avril 2008 pour "offrir" sur un plateau venimeux un maximum d’obligations aux Arabes, qui leur ont toujours fait une confiance aveugle. Une fois le plein fait, on lâche le pétrole et les obligations. Le mécanisme a parfaitement marché puisque aujourd’hui les créanciers amis de l’Amérique n’ont que du papier sans valeur entre les mains. Voilà la vraie guerre ! Sauf qu’il me semble qu’on ait sous-estimé la réaction de "ces amis". Leur réaction sera violente, foudroyante…car ils ne vont pas se laisser faire. La crise boursière ne fait que commencer. On va assister à une attaque en règle sur le billet vert…

Qu’est-ce qui se passe vraiment ? Ce spectacle auquel on assiste, est-ce simplement une machinerie trop complexe devenue folle et qu’on ne contrôle plus ? Un gros machin qui échappe à la compréhension des contribuables heureux que nous sommes, et qui risque d’exploser et de faire beaucoup de dégâts ? Ou est-ce qu’il y a des malins qui appuient sur les boutons et appuient sur les manettes et tirent les ficelles, qui se croient trop rusés pour tout contrôler et qui se fichent de savoir si cela peut faire tomber le ciel sur nos têtes ?

Assistons-nous seulement à une crise financière, ou bien, comme certains commencent à le dire, à une guerre économique secrète, comme le montre l’article suivant ? – IA

* Trader et gestionnaire du Fonds islamique d’investissement dans l’or Mansa Moussa Gold Fund (1,2 milliard de dollars d'actifs en gestion), qui affiche une performance moyenne - étonnante par sa constance - de 3% par mois depuis sa création en avril 2005, Mostafa Belkhayate a eu le nez creux en affirmant que l'or allait rallier la barre psychologique des 1.000 dollars et que le CAC 40 (PX1) allait glisser sous les 4.000 points avant l'automne. Le gérant, qui compte désormais associer les investisseurs à son engagement dans l'humanitaire, nous donne ses prévisions sur le dollar, les matières premières et le CAC 40 (PX1).Voir son interview ici.

***

L’Arabie Saoudite : « La crise financière est une guerre secrète »

par Mohammad Djamal Arafah محمد جمال عرفة

Le souverain saoudien, le roi Abdullah Ben Abdelaziz a indiqué que la crise financière que subissent les marchés financiers internationaux aurait pu être planifiée afin de faire saigner les pays du Golfe, en la décrivant comme une « guerre secrète ».

Dans son discours lors d’une réception par le Ministre de la culture et de l’information, Iyad Ben Amîn Madani, d’un certain nombre de responsables ministériels du secteur de la presse, et des rédacteurs en chef des journaux et des magazines saoudiens, ce samedi 25 octobre 2008, le roi Abdullah a déclaré : « Je crois que le monde subit maintenant une guerre secrète, une guerre économique. Vous devez prendre cela en considération, ainsi que l’intérêt de la religion et de la patrie et non pas l’intérêt de quelques individus, car l’économie est la base de toute chose ».

Le souverain saoudien a aussi insisté, en recevant les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales des États du Conseil de Coopération du Golfe, sur le fait que le Golfe poursuivait sa marche en avant mais qu’il était visé.

Il a expliqué dans un discours transmis par l’agence officielle saoudienne : « Vos pays sont une cible visée pour ébranler ce bienfait (la richesse et la stabilité, NdT), que nous devons apprécier et respecter, nous devons entretenir, et nous devons protéger sans précipitation, sans faux nationalisme et sans ostentation inutile. Nous voulons que chacun ait ses yeux la crainte du Seigneur, la reconnaissance qui lui est due, et l’intérêt de la nation. C’est ce que nous voulons ».

Le souverain saoudien a dévoilé qu’il allait bientôt se rendre aux USA, mais il n’a pas précisé s’il allait aborder la crise financière pendant cette visite. Il a déclaré : « Je me rends aux USA pour y participer au dialogue interreligieux en cours actuellement ».

Crise ou complot ?

Les experts économiques sont d’accord que la cause principale qui a déclenché l’actuelle crise financière est le fait que plusieurs banques US ont vendu des produits d’emprunt obligataire garantis par les hypothèques des crédits immobiliers et des polices d’assurance, pour des centaines de millions de dollars, à différentes banques partout dans le monde, avant qu’on se rende compte que ces produits étaient sans valeur, ce qui a provoqué la crise des crédits hypothécaires.

Mais quelques hommes politiques arabes pensent qu’il se pourrait que la crise vise les investissements de quelques États, ce qu’on appelle les fonds souverains, dans les institutions financières US qui viennent de s’effondrer.

Ce groupe croit que la crise financière aux USA, et qui a entrainé la chute des bourses internationales, serait organisée dans le cadre d’un plan occidental pour frapper les fortunes arabes pétrolières, et pour mettre la main sur les profits réalisés par les Arabes aux dépens de l’Occident sous forme des recettes pétrolières, suite à la hausse importante des cours du pétrole récemment.

Les partisans de cet avis avancent pour preuve deux rapports stratégiques US publiés en juin 2008, soit avant la crise, qui mettent en garde contre l’influence des fonds souverains arabes, contrôlés principalement par l’argent du Golfe, le fruit du pétrole, sur l’économie US et occidentale.

Ces deux rapports mettent aussi en garde contre une future réorientation du cap de la politique internationale sous l’effet de cette influence économique au service des intérêts arabes, si ces États pétroliers le voulaient.

Le premier des deux rapports est celui de Richard Haass, l’ex directeur de la planification au Département d’État US, et qui a été publié dans le numéro de mai/juin du magazine Foreign Affairs The Age of Nonpolarity », NdT). Dans cet article, il parle de l’importance croissante de ces fonds et de leurs possessions, ce qui leur permet de contrôler le système financier US et de devenir des moyens de pression politique.

L’autre rapport signé Daniel Drezner, professeur assistant des politique internationale à l’école Fletcher de l’Université Tufts aux USA, a été publié dans le numéro de mai/juin du magazine The American sous le titre The Sovereigns Are Coming. Il y souligne que le temps de la domination de ces fonds souverains s’approche (un tableau fourni dans l’article donne un total de 1425 milliards de dollars rien que les Émirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite et le Koweït. D’autres avancent un chiffre entre 3000 et 4000 milliards de dollars pour les pays arabes du Moyen Orient, (voir Le nouvel âge d’or des fonds souverains au Moyen Orient, NdT).

Un article publié le 15 septembre 2008 par le journal International Herald Tribune (The rising danger of high oil prices, NdT), met en garde contre l’accumulation des milliards de pétrodollars dans le Golfe et contre les fonds souverains de ses pays, et il appelle à développer une « nouvelle stratégie » pour affronter ces fonds arabes fruits du pétrole.

L’article est signé Henri Kissinger, l’ex-secrétaire d’État US, et Martin Feldstein, professeur d’économie à l’université de Harvard et ex-conseiller économique en chef du président Ronald Reagan (voir à propos de leur article l’intéressante analyse : Henri Kissinger, l’ « israélisation » de la raison, les Fonds souverains, le Fond de Zakat et l’épouvantail « islamiste », NdT).

Mise en faillite « volontaire »

Après le déclenchement de la crise, différents rapports circulaient sur les sites web arabes à propos de l’existence d’un plan US bien organisé dont l’objectif est de mettre en « faillite volontaire » quelques banques et entreprises US, notamment celles avec beaucoup d’investissements d’argent arabe et asiatique, afin d’avaler ces fortunes.

Les partisans de cette thèse affirment que ce plan a été organisé pour mettre la main sur les fonds souverains arabes que les gouvernements investissent dans les banques, les institutions et autres entreprises industrielles US.

Ces rapports ajoutent que ces effondrements « provoquées » de quelques banques et entreprises, visent non seulement plus d’un trillion (mille milliards, NdT) de dollars – selon des estimations non officielles – des fonds souverains arabes, mais aussi environ deux trillions et demi supplémentaires des fonds souverains asiatique ou d’Amérique latine, pour des États comme la Chine, le Japon, la Singapour, la Corée du Sud et le Brésil.

Ces fonds sont investis dans les institutions financières US et représentent des dettes sur l’économie US. Les États investisseurs comptaient sur le retour de ces fonds et de leurs bénéfices astronomiques, mais les décideurs US ne le voyaient pas ainsi selon ces rapports.

Ces rapports expliquent le recours par les USA à ce plan en affirmant que « l’économie US ne pourrait pas supporter les risques du retrait de ces fonds, et ne pourrait pas payer les profits gigantesques pour l’étranger. Il y aurait aussi d’autres objectifs politiques visant à sauver l’empire capitaliste US de la faillite et de l’implosion économique et politique ».

Ces analystes soutiennent leur thèse en affirmant que les investisseurs étrangers ne pourront pas obtenir le moindre dédommagement des institutions US en faillite, en vertu du chapitre 11 de la loi sur les faillites aux USA. Ce chapitre protège les institutions en faillite contre leurs investisseurs, et n’accorde à ces investisseurs aucun droit sur ceux qui achètent ces institutions en faillite.

Il n’y a pas de rapports fiables sur les pertes des fonds souverains du Golfe dans cette crise financière US, mais on les estime à plusieurs milliards de dollars.

Traduit par IA, révisé par Fausto Giudice,
Tlaxcala

dimanche 19 octobre 2008

Les procès de Nuremberg et l’actuelle crise financière globale

par Jorge Aldao

Entre 1945 et 1949, à Nuremberg, ville allemande, une série de procès judiciaires s’étaient déroulés contre les leaders du nazisme et leurs subordonnés, responsables de toutes sortes de crimes durant la seconde guerre mondiale.

Lors de ces procès, les juges nommés par les puissances victorieuses avaient condamné à mort un grand nombre de ces hiérarques nazis et certains autres à de longues peines de prison dont quelques-unes à perpétuité.

Le plus remarquable, c’est que ces procès ont été faits en violation du principe de base du droit pénal, exprimé dans la locution latine « nullum crimen nulla poena sine praevia lege »[1], ce qui signifie que, quel que soit l’acte, s‘il n’a pas été auparavant défini comme crime ou délit par la loi, il ne peut être considéré comme tel et ne mérite pas de sanction.

Et, si personne ne discute de la justesse de ce principe du droit, les circonstances et l’énormité des sauvageries commises par le nazisme ont légitimé la violation de ce critère juridique raisonnable, connu également comme le « principe de non rétroactivité des règles pénales ».

Il est certain qu’ à l’époque des procès de Nuremberg, il existait un vide légal qui empêchait de juger les gouvernements des pays souverains qui, sans aucune justification, déclaraient une guerre au monde. C’est pour cela que théoriquement, les nazis auraient du être jugés seulement par des tribunaux allemands et uniquement pour des crimes et délits antérieurement reconnus comme tels légalement.

Mais il est tout aussi certain que le nazisme avaient exercé un contrôle absolu sur les législateurs et les juges allemands, ce qui rendait chimérique la moindre intention de poursuite pénale pour les crimes nazis, si l’on voulait respecter les principes traditionnels du droit.

Le comportement des autorités des organismes internationaux doit être considéré identiquement à celui des nazis, de même que celui des propriétaires, des dirigeants et des directions des entités bancaires et financières dont la soif de profit a fabriqué cette bulle spéculative qui aujourd’hui vient d’éclater à l’échelle mondiale.

À l’heure actuelle, ce séisme économique porte préjudice aux habitants des pays développés, bien qu’il ait provoqué, auparavant, des hausses insupportables des prix alimentaires, en condamnant à mort par asphyxie ou par maladies liées à la malnutrition, des millions d’habitants des pays les plus pauvres du monde et en provoquant des guerres dans tous les coins de la planète afin de s’approprier de leurs ressources naturelles.

On pourra dire, évidemment, que les comportements de ces capitaines de la finance mondiale ne sont sanctionnés par aucune norme pénale, qu’il pourrait tout au plus s’agir de non respect des règles bancaires ou, dans d’autre cas, de non respect des devoirs des fonctionnaires publics.

Cependant, le néolibéralisme et la finance en général, ont minutieusement organisé le dérèglement de la structure productive de la planète, en imposant à tout le monde – par l’intermédiaire du FMI, de la BM et de l’OMC
[2] – des lois pour promouvoir la spéculation financière incontrôlée. Ils ont ainsi détruit, légalement, la sécurité alimentaire des peuples.
Ceci a été réalisé d’une manière très semblable à celle du nazisme qui a organisé, y compris juridiquement, la dévastation de l’Europe.
C’est pour cette raison que, les morts et les graves maladies avec leurs conséquences irréversibles pour les pauvres de la planète, ajoutés à l’appauvrissement croissant dans les pays développés et la violence grandissante liée à ce phénomène, doivent être considérés comme un génocide au sens le plus strict du terme.

Bien qu’ils aient été anti-juridiques, le jugement et la condamnation des responsables des crimes nazis, furent légitimes.

Alors, il serait tout aussi légitime, bien que non légal, de juger et de condamner ceux qui se sont extraordinairement enrichis avec les politiques économiques néolibérales qui ont appauvri et affaibli des dizaines de millions d’êtres humains qu’elles sont en train de conduire à la mort.

Et comme dans le cas du nazisme, ces banquiers et ces financiers criminels contrôlent le pouvoir politique de la majorité des pays et avaient prudemment veillé, au travers de la dérégulation, à ce que leurs conduites criminelles ne soient pas reconnues comme des crimes.

Ils savaient mieux que quiconque que les lois « ex post facto » sont anti-juridiques.

C’est pour cette raison que comme dans les procès de Nuremeberg, le principe de « nullum crimen nulla poena sine praevia lege » ne doit pas s’appliquer aux responsables de cette crise financière globale.

Les auteurs intellectuels d’une règlementation qui a permis de livrer légalement la planète au saccage ainsi que ceux qui se sont enrichis sans vergogne avec ce pillage, doivent être jugés et condamnés.

[1] « nullum crimen nulla poena sine praevia lege » : « sans loi préexistante il n'y a ni crime, ni sanction ».

[2] FMI : Fond Monétaire International
BM : Banque Mondiale
OMC : Organisation Mondiale du Commerce




Source : Los juicios de Núremberg y la actual crisis financiera global

Article original publié le 16/10/2008

Sur l’auteur

Traduit par Esteban G. et révisé par Fausto Giudice, membres de Tlaxcala

samedi 18 octobre 2008

Notes sur la crise aux USA

Petit cours d'alphabétisation économique
par Augusto SENCIÓN

1. Les épisodes antérieurs

1. Lorsqu’en 2000, Georges Bush est arrivé à la présidence des usa, l’économie de ce pays était en crise de surproduction : la production nationale était supérieure au pouvoir d’achat des Usaméricains. Beaucoup d’entreprises ne pouvant écouler leurs produits ont souffert de pertes sévères. Cette perte s’était élevée en moyenne à 4% pour l’année 2000 et à 6% pour 2001.

2. En raison de la baisse des ventes et des pertes subies, beaucoup d’entreprises avaient réduit leur production et licencié du personnel. 70% des capacités productives des industries étaient utilisées provoquant la perte d’un million d’emplois. Le commerce et les autres secteurs de l’économie ont agi de même. Entre l’année 2000 et septembre 2001, ce sont sept millions de personnes qui ont perdu leur emploi.

3. Pour faire face à la crise de surproduction et à la chute des ventes des entreprises, le gouvernement US a entrepris 2 actions :

* L’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak, autrement dit la guerre. La vérité est que l’idée fondamentale de cette invasion était de contrôler le gaz et le pétrole que les USA ne possèdent pas et qu’ils consomment en grande quantité. Cependant, c’était également un moyen pour surmonter la crise économique intérieure ; et donc avec la guerre, le gouvernement augmenta ses dépenses en achetant les stocks accumulés dans les entrepôts des entreprises. Pour le besoin de ses troupes, le gouvernement activa la demande d’alimentation, de médicaments, d’uniformes militaires, d’artillerie, de munitions, etc. Cette demande de l’État, a été la solution pour les entreprises, de vendre leur production, augmenter leurs bénéficse et investir de nouveau. Les industrie alimentaires, textile et militaire étaient réactivées. En 2001 c’est l’invasion de l’Afghanistan, en 2002 le bénéfice des entreprises augmente en moyenne de 15,5% ; En 2003 c’est l’invasion de l’Irak, le bénéfice atteindra 24%. Si bien que ces deux crises ont tiré les entreprises de leur crise, puisque l’État a créé la demande nécessaire aux entreprises pour les sortir de leur crise en achetant leur production.

* Le taux d’intérêts des crédits descendit jusqu’à 1%. Ce faible taux d’intérêt incita des millions de familles à s’endetter en achetant des logements, des voitures, des téléviseurs et d’autres sortes de biens. La vente des produits des entreprises augmenta grâce à la possibilité d’accès aux crédits dont le volume contracté s’amplifia.

2. La crise à nouveau

1. La fête durera très peu de temps. Fin 2005, de nouveaux problèmes économiques surgiront.

2. Comme l’augmentation des crédits contractés avait généré une importante circulation d’argent, les prix ont commencé à monter, et l’inflation à s’élever. Pour contenir cette inflation, le gouvernement décidera de freiner le crédit des banques afin de réduire cette quantité d’argent en circulation.

3. À partir de 2005, les taux d’intérêts commencent à augmenter (jusqu’à 6,5%) et les familles ont des difficultés pour payer. La moyenne des paiements mensuels pour le logement était passée de 1200 à 2400 dollars, autrement dit elle a doublé. Le remboursement de la maison achetée à crédit absorbe 75% du remboursement du crédit, les 25% restant sont pour les voitures, les téléviseurs et les autres biens de consommation achetés à crédit. Des millions de familles ne pourront pas rembourser leurs dettes contractées auprès des banques.

4. Les banques commenceront, alors, à saisir les maisons des familles qui ne payent pas. 7000 familles perdront ainsi chaque jour leur logement hypothéqué. Un million de familles ont déjà perdu leur maison et huit millions ont des problèmes pour rembourser.

5. Mais une banque ne fonctionne pas avec des maisons, mais avec de l’argent. Le problème de récupération des crédits ne se résout pas par l’expropriation des maisons. C’est pour cette raison que beaucoup de banques ont fait faillite.

6. Pour sauver les banques, le gouvernement a utilisé l’argent de la Réserve Fédérale (sorte de Banque Centrale), autrement dit il leur a donné de l’argent pour les sauver de la faillite. En 2007, ce sont 300 milliards de dollars qui leur ont été donnés. Mais cette mesure ne permettra pas de contenir la crise, car le montant des prêts non récupérés étaient bien supérieur.

7. Le gouvernement a aussi réduit le taux d’intérêts à 5%, et à 2% pour cette année (2008). Mais cette mesure ne pouvait sauver la situation puisque des centaines de milliers de personnes avaient déjà perdu leur maison ou leur emploi et ne pouvaient rembourser leurs crédits.

8. L’autre mesure appliquée par le gouvernement avait consisté à dégager la somme de 150 milliards de dollars pour rembourser les entreprises et beaucoup de familles pour les impôts qu’elles avaient payés. L’ampleur de la crise était telle qu’une telle mesure ne put non plus résoudre la situation.

9. Du fait que les gens ne pouvaient pas rembourser leurs maisons, les entreprises arrêtèrent leurs projets et leurs travaux de construction, en laissant 5 millions d’habitations inachevées. Depuis 2005, la vente de logements a diminué de 65% et la production dans le secteur de la construction est tombée de 50%.

10. Le problème de récupération des crédits que les familles sont dans l’incapacité de rembourser, a affecté les banques des autres pays qui ont racheté les dettes aux banques usaméricaines. Et ainsi, la crise touche les banques anglaises, espagnoles, japonaises et d’autres pays encore. Pour éviter qu’à leur tour, celles-ci ne sombrent dans la faillite, les gouvernements respectifs ont injecté de l’argent dans leurs banques.

11. La faillite des banques, celle des entreprises de construction et la baisse d’activité de toute l’économie, ont fait grimper le taux de chômage de 4% à 6% pour la première période 2008.

12. La situation, depuis, s’est aggravée, la faillite des banques entraînant la baisse des crédits à d’autres secteurs de l’économie comme celui de l’industrie, du commerce, etc. Ne pouvant accéder aux crédits, ces secteurs d’activité ont ralenti leur activité et licencié du personnel. Pour le mois d’août 2008, la production industrielle a baissé de 1,1%, surtout à cause des 12% de chute des ventes de l’industrie automobile.

13. Le profit des entreprises avait commencé à diminuer depuis 2006. Depuis le premier trimestre 2007 qui avait enregistré une perte de 0,3%, la situation empire et la crise s’aggrave chaque jour. Ces derniers mois, pas moins de six banques ont fait faillite aux USA, et notamment la quatrième plus grande du pays, la Lehman Brothers, qui employait 25 000 personnes. AIG [American International Group], la plus importante société d’assurance s’est également déclarée en faillite, et l’Etat usaméricain a du injecter 85 milliards de dollars pour la sauver, devenant ainsi propriétaire à 80%.

14. En tout, depuis le début de la crise en 2006, le gouvernement US a utilisé 800 milliards de $ de la Réserve fédérale pour essayer de sauver des dizaines de banques. Et la crise continue.

15. Du fait de la faillite des entreprises et que d’autres centaines de milliers ont des problèmes de production, ont entrainé une chute des achats d’actions en bourse. Le risque d’acheter des actions d’entreprises, dans les moments de crise économique, est trop important. C’est pour cela que les indices des bourses des USA et d’autres pays ont baissé. Une telle baisse n’est pas la cause de la crise mais plutôt un reflet de celle-ci.

3. Jusqu’où ira la crise?

1. C’est difficile de prévoir une maîtrise du problème et aucune solution n’est en vue à court terme. Les affaires continueront à s’effondrer et le chômage d’augmenter.

2. Une grande partie des entreprises qui ferment seront absorbées par d’autres plus importantes. Une minorité concentrera de nouveau la richesse entre ses mains car c’est toujours ainsi durant les crises. Une bonne partie de la population finira dans la pauvreté et un petit groupe de multimillionnaires sera encore plus riche. Aux USA, 10% de la population contrôle 50% des revenus. À la sortie de cette crise, ce petit groupe contrôlera la plus grosse partie du gâteau. La pauvreté aura augmenté, alors qu’à la date d’aujourd’hui, elle frappe déjà 37 millions de personnes (12% de la population), un chiffre qui représente quasiment la totalité de la population de toute l’Amérique centrale. Si des luttes sont menées, il y aura plus de gens qui seront emprisonnées. Il ne faut pas oublier que les USA détiennent 25% de la population carcérale du monde.

3. Cependant, comme aux USA il n’y a pas de forces révolutionnaires capables de faire une révolution, la crise passera pour revenir trois ou quatre ans après.

4. Les USA reculent

1. Le pire pour l’économie US, ce n’est pas la crise actuelle, qui aura une fin, mais qu’elle en sortira avec moins de pouvoir mondial. Les USA perdent du terrain face à l’Europe, au Japon, à la Chine et à l’Amérique du Sud.

2. Il y a quatre ans les USA assuraient 28% de la production mondiale, à la sortie de la crise, ils ne pèseront plus que 20% peut-être, devancés par l’Union Européenne qui produit 33%, et treize pays d’Asie unis dans un bloc, avec à leur tête le Japon et la Chine, qui produisent un peu plus de 20%.

3. Les USA ne sont plus le pays plus grand exportateur au monde. L’Allemagne et la Chine les devancent. Les USA sont fondamentalement un pays importateur. Ils achètent plus qu’ils ne vendent à l’Europe, à l’Asie, à l’Océanie, à l’Amérique du Sud, au Mexique et au Canada. Leur commerce n’est excédentaire qu’ avec l’Afrique, l’Amérique centrale et les Caraïbes.

4. Pour acheter autant, le double de ce qu’ils vendent, dans le monde, le gouvernement et les entreprises des USA doivent lourdement s’endetter, à tel point, qu’aujourd’hui leur dette extérieure accumulée s’élève à 20% de la dette extérieure mondiale. Le gouvernement émet également des dollars qui ne reposent sur aucune production, qui leur servent aux achats extérieurs.

5. Ces dollars sont tombés entre les mains de leurs concurrents : la Chine, le Japon, le Brésil, l’Inde et d’autres pays qui détiennent maintenant plus de 4000 billions de dollars de réserves, ce chiffre équivaut à 30% de la production annuelle des USA. Lorsque la Chine, la Russie, le Brésil ou bien une autre grande économie n’acceptera plus les dollars US, ce sera la banqueroute de l’empire qui ne pourra plus rien acheter avec son argent émis sans couverture. Les USA se verront dans l’obligation de réduire leurs importations de pétrole, de machines et de produits de consommation. Des milliers d’entreprises importatrices et de banques feront faillite, la production s’effondrera et le chômage explosera. C’est cela la grande menace qui pèse à moyen terme sur les USA.

6. Le Brésil et l’Argentine ont décidé de ne plus commercer en dollars. On parle déjà d’une monnaie commune en Amérique du Sud. Beaucoup de pays adoptent l’Euro comme monnaie pour leurs échanges commerciaux. Le dollar est en baisse et avec lui toute l’économie des USA.

7. Le gouvernement US essaiera d’empêcher ce scénario. Il emploiera les armes ou tentera de déstabiliser les gouvernements latino-américains qui lui ont échappé. Il essaie d’implanter des missiles en Pologne afin d’intimider la Fédération de Russie, il menace l’Iran et il manœuvre en Bolivie pour renverser Evo Morales. Il fait de même au Venezuela et dans d’autres pays. Il est toujours embourbé dans un conflit et les choses tournent mal pour lui, mais il insistera.

8. Les USA se sont également endettés dans les guerres d’Irak et d’Afghanistan. Ils s’endetteront encore plus avec la crise dont souffre leur économie.

9. Les USA seront supplantés à la place de première puissance mondiale : c’est la tendance pour les années qui viennent. Dans le monde, Il y aura des conflits et ce pays impérialiste fera tout ce qui est en son pouvoir pour reconstituer l’échiquier, mais il pourra connaître une défaite.


"Accrochez-vous, Bush est en route!" - Housing Crisis (crise du logement), par Mike Lane, Cagle Cartoons, avril 2008

Source : Notas sobre la crisis en Estados Unidos

Article original publié le 12/10/2008

Sur l’auteur

Traduit par Esteban G., révisé par Fausto Giudice, Tlaxcala

mercredi 15 octobre 2008

Chroniques de la vie quotidienne dans la France sarkozyenne (Vol.II, N°4) - Ya kekchose que j’comprends pas…

Réflexions à propos du plan de sauvetage

En écoutant les quelques analyses savantes de nos journalistes à propos de ce plan censé sauver l'humanité, il y a quelque chose que je ne comprends pas et qui me rend perplexe. Si quelqu'un comprend mieux, je lui serais reconnaissant de m'éclairer.

On nous dit que l'Europe va injecter 1700 milliards d'euros pour sauver les banques, pour garantir les prêts interbancaires. De cette somme gigantesque, la France, elle, s'engage à débloquer 360 milliards d'euros, soit environ le sixième de son PNB.

Mais en France, on nous dit que le gouvernement n'a pas d'argent pour financer tel ou tel projet, come le RSA par exemple. Alors, où va-t-il trouver les 360 milliards d’Euro ? Excusez-moi, mais le modeste contribuable que je suis, ne peut que s'inquiéter.

Pas de panique ! On nous rassure tout de suite que le contribuable ne sera pas sollicité et que son argent ne sera pas touché, tout en signalant en petits caractères : « du moins pas dans l'immédiat ». Car en vérité ces 360 milliards d’Euro français sont de l'argent virtuel, ils n'existent pas. Ils sont juste destinés à donner confiance aux banquiers pour qu'ils acceptent de se prêter entre eux.

Par conséquent, si je comprends bien, les banques doivent avoir de l'argent dans leurs coffres, seulement en cette période, elles se méfient les unes des autres, comme des charognards se méfieraient entre eux en en cas de disette. C’est pour cela qu’elles ne veulent pas se prêter de l'argent entre elles, et à fortiori elles ne veulent pas prêter de l'argent aux entreprises, et l'économie est à l'arrêt.

Et voilà que notre gouvernement français intervient pour leur dire de ne pas s'inquiéter et de ne pas hésiter à se prêter de l'argent entre elles, car si jamais une banque ne parvient pas à rembourser, l'État va intervenir pour le faire. Chers banquiers, vous pouvez revenir devant vos écrans PC pour jouer à prêter de l’argent et faire du profit, et vous pouvez dormir sur vos deux oreilles. L'État est là pour vous garantir votre argent.

C'est là que je ne comprends pas ?! Notre gouvernement français n'a pas d'argent. Il dit clairement et les banques le savent, que les 360 milliards d’Euro sont de l'argent virtuel. Pourtant, les banques lui font confiance bien qu'il n'ait pas un sou, alors qu'elles ne se font pas confiance entre elles, bien qu'elles aient beaucoup de sous ?! Vous avez compris, vous ?

Je me dis alors que si les banquiers ont foi en notre pauvre gouvernement et n’ont pas foi en leurs richissimes institutions, c'est qu'ils doivent savoir qu'entre riches et puissants, il est très difficile de céder quoi que ce soit, en même temps ils doivent avoir la certitude que le gouvernement qu'ils ont aidé mettre en place, n'hésitera pas à se tourner vers ces contribuables heureux, qui ont voté pour lui, pour qu'ils passent à la caisse, de gré ou de force !

Mais non, vous vous trompez. Vous êtes même de mauvaise foi, me dit-on. Car ça ne se passera pas comme ça. Bien au contraire, ces 360 milliards d’Euro virtuels vont se transformer comme par enchantement en une poule aux œufs d’or au service des contribuables heureux. Ecoutez la démonstration.

Nous, gouvernement français, disons aux banquiers : voilà un grand coffre vide que nous mettons à votre disposition. Il vous suffit d’imaginer qu’il y a dedans 360 milliards d’Euro que vous pouvez utiliser en cas de besoin. Vous aurez alors un moral d’enfer pour prêter de l’argent et tout va redémarrer de plus belle, et vous n’aurez jamais besoin d’ouvrir le coffre vide.

En revanche, il y a à côté un autre coffre plus petit avec une petite fente, une sorte de tirelire quoi. Tous les ans, vous les banquiers, vous devez me payer un petit intérêt, bien vrai celui-là, pour l’argent virtuel que j’ai mis à votre disposition. Disons si vous me payez 3% sur les 360 milliards, ça me fera une petite somme de 10 milliards et 600 millions d’Euro, que j’utiliserai pour financer tous les projets dont ont besoins mes heureux contribuables ; RSA, plan Marshall pour les banlieues, prisons plus agréables à vivre etc. etc.

Vous voyez, ils ont raison. J’avais tout faux dans mon analyse ! L’idée de l’argent virtuel est vraiment géniale. On pourra même continuer comme ça pour résoudre les problèmes de famine, supprimer les dettes des pays pauvres, financer les recherches médicales pour venir au bout de toutes les maladies et plein d’autres projets humanitaires.

Et nous vivrons tous comme des contribuables heureux. C’est enfin le « Imagine » du feu John Lennon qui se réalisera. C’est beau ça, non ?

IA, un contribuable heureux

vendredi 3 octobre 2008

Lettre à Nicolas

Par Denis Robert, jeudi 2 octobre 2008
Le président français a demandé, lundi soir à New York, que les "responsables du désastre soient sanctionnés et rendent des comptes". La crise financière devrait être au centre des discussions de l’assemblée générale des Nations Unies qui se sont ouvertes ce mardi.

Cher Nicolas,
Toi et moi sommes empêtrés depuis bientôt trois ans dans cette sale affaire qui porte le nom d’un multinationale bien connue à Luxembourg. Tu es devenu Président de la République, je suis devenu mis en examen pour "*recel de vol de secret bancaire*". C’est une différence de taille entre nous.
À te lire ces jours-ci, je constate avec joie à quel point nous poursuivons le même but. Cette lutte implacable à mener contre les dérives du système financier. Tu as plus de pouvoir que moi dans ce combat, mais j’aimerais ici te rappeler quelques évidences.
Nous en avions déjà parlé, alors que tu n’étais que candidat à la présidentielle. C’était dans les coulisses d’une émission de télévision où je t’avais offert mon livre, "La Boîte noire". J’y faisais le parallèle entre les krachs boursiers et les accidents d’avions. Il existe des boîtes noires de la finance qui permettent d’observer et de retracer les parcours de l’argent.
Ce qu’il y a de compliqué à dénicher dans le marasme financier qui nous occupe, c’est la bonne information. Ce n’est pas en lisant les journaux, ni même en interrogeant les banquiers, fussent-ils centraux, que tu la trouveras. Il faut mettre en place des moyens de contrôle indépendant. Les autoroutes de la finance ressemblent au réseau autoroutier mondial. En plus simple car tout y est centralisé.
En particulier l’information. Je raisonne ici en terme de flux. Pour bien les observer, il faut trouver les bonnes places et inventer les bons radars. Les gens n’ont encore pas bien intégré l’idée que l’argent était devenu un bien immatériel se déplaçant à la vitesse du son. De grosses centrales sont chargées sur cette planète d’organiser ce trafic, de transformer l’argent en titres, de conserver ces titres. Elles ont leurs stations de péages, leurs tours de contrôle, leurs coffres-forts électroniques, leurs informaticiens, leurs secrets.
Rappelle-toi la crise argentine, en décembre 2001. Elle aurait pu être évitée si ces centrales avaient joué un rôle préventif au lieu de ne penser qu’au profit de leurs clients. Mais, je suis bête, tu sais tout cela, toi qui connais si bien Clearstream. Eh oui, cette foutue multinationale a vu passer en 2007 près de 300 trillions d’euros en flux financier sans son réseau autoroutier.
Et sa concurrente directe, Euroclear, encore davantage. C’est là que se concentre une partie des flux financiers planétaires. Par ces trous de souris de la finance, ces points de passage obligés. De Lehmann Brothers à Merrill Lynch en passant par Goldman Sachs ou Morgan Stanley, toutes ces banques qui plongent aujourd’hui ont bâti leur business grâce à ces boîtes noires de la finance.
L’information s’y cache. Là-bas ou chez Swift, l’agence de routing financier. En plaçant des gendarmes et des contrôleurs indépendants dans ces trois endroits, tu peux anticiper les crises, prévenir le trafic, visualiser les dérives. Ce n’est pas très loin de chez nous. Ces sociétés privées ont leurs sièges à Luxembourg et à Bruxelles. Je me demande ce que tu attends pour mettre en place les moyens qui permettent aux citoyens de connaître "avec franchise, la vérité dans la crise économique et financière que nous connaissons". Comme tu dis si bien.
Bien à toi,
Denis
Denis Robert pour Siné Hebdo
"Les vrais mafieux lisent le Financial Time ou le Wall Street Journal"
Voilà ce qu’écrivait Denis Robert dans « Une affaire personnelle » sorti en avril dernier :
Parmi les sociétés qui ont réalisé le plus de bénéfices en une trentaine d’années, on trouve d’abord des banques. Le magazine Forbes a établi en 2007 le Hit Parade des sociétés mondiales cotées en Bourse. Les critères du palmarès étaient les bénéfices. On mesure ici la rentabilité et non le chiffre d’affaires qui n’indique que la masse. Les banques américaines se partagent les premières places du classement, avec en tête Citygroup, qui était déjà premier l’an dernier. Il arrive devant Bank of America, qui a gagné une place. La banque britannique HSBC se place en troisième position. Ces banques sont toutes clientes de la multinationale qui me fait des procès et ont eu un représentant à son conseil d’administration. Les banques américaines occupent six des sept premières places. BNP Paribas est le premier groupe français et se place en quatorzième position, loin devant les pétroliers comme Total ou l’assureur Axa.

Les banques sont le fleuron du capitalisme. Elles sont aussi les sociétés les plus incontrôlables. L’un ne va pas sans l’autre. Toutes ces banques arrivées en tête du hit parade de Forbes ont ouvert des milliers de comptes dans tous les paradis fiscaux de la planète. D’un côté, on vente leur sérieux et leur stratégie. D’un autre, on les laisse défiscaliser à tout va. Les journaux n’évoquent jamais ce double jeu. Les journaux ne parlent jamais de leur pouvoir, mais se lamentent sur leur sort en cas de faillite ou de krach. Les banques sont de très gros annonceurs. La plupart des médias appartiennent ou sont gérés par des pools bancaires. Les banques sont à l’origine et à la conclusion de tout ce qui fait la vie économique et financière de nos sociétés. Elles sont intouchables. Elles sont la façade légale et la porte d’entrée du crime organisé dans nos sociétés. Je me suis intéressé à elles parce que j’ai compris qu’elles étaient une des clés du système de contrôle et d’appauvrissement de nos sociétés.

La banque, l’argent ne lui coûte rien.

Elle le fabrique et le revend. Le cash c’est pour la galerie ou les distributeurs automatiques. 99 % des masses monétaires qui circulent par le monde sont virtuelles. Cette fausse monnaie est investie en actions et en obligations. Puis, pour une part considérable, cachée dans des paradis lointains. Seules les banques savent y aller. Elles peuvent y libérer leurs rapacités. La seule différence entre une banque et une autre réside en sa communication. L’image qu’elle donne au monde. En vitrine, elles minaudent. Dans l’arrière-cuisine, elles sortent les griffes et les couteaux.

Les banquiers se sont partagé la planète. Mais à force de tirer sur les bénéfices, le marché se réduit. Alors les banques se bouffent entre elles. C’est leur côté mante religieuse. Les batailles sont terribles en coulisse. BNP a croqué Paribas. Citygroup a dévoré la banque d’investissement de Shroders. Deutsche Bank et Dresdner Bank ont muté. HSBC a englouti le Crédit commercial de France. L’espagnole Banco Bilbao a digéré la Banca Nazionale del Lavoro italienne. La hollandaise ABN Amro s’est farcie la Banque populaire de Vénitie. Fortis a mangé la Banque générale de Luxembourg. Après avoir roté un bon coup, elles continuent leur business qui consiste souvent à piller les États. Et donc à faire les poches des habitants de ces États.

Les banques vendent aux gogos leur capacité à faire gagner de l’argent. Elles sont la cheville essentielle du piège qui s’est refermé sur nous. Derrière la vitrine et l’apparence de sérieux, elles participent au dynamitage de nos démocraties. Elles nous attirent et nous entubent à coup de publicités hypnotisantes. Envoyez-vous en l’air avec un pass auto à 3 %, réalisez votre rêve de Home sweet home avec un crédit immobilier à 4 %, allongez-vous sur un matelas vacances à 5 %.

Pourtant à la seconde où un citoyen remet à son banquier ce qui lui appartient, ces dépôts deviennent, par une loi mécanique, un emprunt pour la banque. Qu’est-ce qu’il vient de déposer sinon le fruit de son travail ou de son héritage ? Qu’est-ce que la banque vient d’encaisser sinon de l’argent qui ne lui appartient pas ? Le premier succès des banques et le fait qu’elles soient les entreprises les plus florissantes de la planète repose sur ce hiatus. En créant le monopole de la circulation de l’argent, puis en inventant sa dématérialisation, elles font passer pour un service à leurs clients ce qui est un devoir très rémunérateur pour elles.

Les banquiers se servent de nos économies pour spéculer sur les marchés et inventer, avec la complicité des traders et autres dealers, de nouveaux produits de plus en plus pointus. Des fonds alternatifs qui donnent la possibilité de vendre du temps et du vent. Vous achetez des titres que vous ne payez qu’à 1 % de leur valeur. Vous les revendez dans la foulée en faisant une grosse marge. Et vous empochez le bénéfice. Si le marché plonge, ce n’est pas grave. La banque éponge avec l’argent de ses clients. Quand vous êtes à la tête d’une banque, vous êtes souvent à la fois acheteur et vendeur. Ce casino géant est toujours gagnant pour vous banquier, puisque vous spéculez avec l’argent des autres.

Les banques sont de belles putes maquillées avec distinction.

Leurs propriétaires sont des types souriants qui vous regardent les mains dans les poches de leur joli costume gris. Ils sourient tous de la même manière, le bridge éclatant. Ils vous fixent de leur regard clair. Ils sont debout devant leur banque, comme les tenanciers des bordels d’Amsterdam ou d’ailleurs. Vous passez en matant la vitrine. Vous entrez, choisissez votre pute, grimpez un escalier, suivez un couloir. Puis vous vous dirigez vers une suite de chambres qui sont communes à toutes les filles. Les chambres sont l’outil de travail collectif. Elles sont gérées par une hôtelière qui paie le personnel pour changer les draps, donner les clés, surveiller le bon déroulement des opérations. L’argent encaissé est reversé à l’hôtelière qui le refile au propriétaire en se gardant une commission. Le système fonctionne.

Chaque banque a un nom différent, une vitrine distincte, mais, à l’étage du dessus, les employés qui bossent pour les banquiers se retrouvent derrière les mêmes écrans et se partagent le même marché. En bas, le banquier peut continuer à vous montrer ses dents en faisant son baratin. En haut, les employés turbinent pour le collectif. Les organismes de compensation financière sont l’outil de travail commun à toutes les banques de la planète. On les appelle aussi des chambres. Elles paient des informaticiens, des chargés de clientèle, des programmeurs pour veiller au bon déroulement des transactions. Que vous achetiez à crédit une voiture, une maison ou une semaine de détente en Sicile, la banque vend un produit qu’elle a trouvé chez un grossiste commun. Libres à elles de le vendre plus ou moins cher, de vous l’envelopper de rose ou pas. C’est un travail d’image et de communication. Un travail de gagneuse. Les banques vous aguichent puis vous baisent.

(Les banques, chap. 19)

(…)
Les vrais mafieux lisent le Financial Time ou le Wall Street Journal et descendent à l’Hôtel Royal de Luxembourg ou au Beau Rivage à Genève. Ils ne mangent pas de pâtes à Little Italy, mais plutôt dans un Milanese food de Londres où on sert des spaghettis aux truffes dans des coupes à champagne. Ils se sont civilisés, policés, politisés. Ils achètent des clubs de football avec des copains traders ou des actions du CAC 40 parce que c’est plus clean.
(…)
Rien n’est nouveau dans cette fabrication d’une mythologie simpliste. Nous sommes dans la société du spectacle parachevé. En 1967, Guy Debord expliquait déjà que la mafia et l’Etat était associée : La mafia n’est pas étrangère dans ce monde, elle y est parfaitement chez elle. Elle règne en modèle de toutes les entreprises commerciales avancées.

En mettant dans le même panier organisation mafieuse et société commerciale avancée, Debord fait référence à un temps où les entreprises commerciales n’étaient pas avancées, où des limites plus claires existaient entre mafia et Etat. L’avancement des sociétés tient à leur modernisme, à leur adaptation à l’époque. Le système mafieux reposant sur une organisation secrète et militaire et sur la terreur ne peut plus fonctionner pour une raison simple : son manque de rentabilité. Le mafieux a dû s’adapter et se civiliser pour survivre puis prospérer.

Les criminels ont un besoin vital de points aveugles sur la planisphère pour pratiquer leurs substitutions et phagocyter les systèmes démocratiques. Ils ont besoin de trous noirs et de processus discrets. D’endroit où ils savent qu’on ne viendra pas les emmerder. Même si un risque minimum existe toujours de les importuner. Je représente, par mon travail et certains de mes livres, une quantité infinitésimale de dérangement pour eux.

J’ai mis les pieds dans l’arrière-cuisine du village financier. J’ai compris le fonctionnement de ce bordel très policé. La multinationale à laquelle je me suis intéressé loue son savoir-faire, son impunité et ses coffres-forts à toutes les banques de la planète. Elle offre, moyennant commissions, quantité de services. Elle prête de l’argent, investit, archive, cautionne. Au besoin, s’arrange pour qu’il soit très difficile d’en retrouver la trace.

Nous avons localisé des lieux sur la planète, où la délinquance financière - ses ramifications, sa diversité, son implantation, sa nature protéiforme - est repérable. Des techniciens de la finance ont créé un outil complexe, subtil et performant, dont les règles de fonctionnement ne sont connues que des initiés. L’outil subtil des banquiers a permis la mondialisation financière. Il est un point aveugle de la finance mondiale. Une maison close où l’argent peut entrer, tranquillement, sans frapper. Et ressortir sans prévenir. Seuls quelques banquiers ont la clé. Pour entrer, il faut payer. L’abonnement est cher. On peut s’abonner directement, ou s’abonner chez un abonné, ou chez l’abonné d’un abonné d’un abonné. Ça marche en cascade. Chacun sa commission. Chacun ses fusibles.

Les chambres de compensations internationales sont les clés de voûte du capitalisme clandestin.

De manière générale, une clé de voûte est un élément unique qui permet de maintenir la cohésion des multiples éléments l’entourant.

Le capitalisme clandestin a pris le pas sur l’autre qu’on pourrait appeler le capitalisme officiel. Ou la vitrine légale. Le but ultime du capitalisme, l’officiel comme le clandestin, reste la fabrication de profit destiné à une minorité de privilégiés. Il nous enchaîne et nous plie à son service. Refuser sa logique devient de plus en plus difficile. Surtout quand on est journaliste ou écrivain. Dès que vous résistez, le système vous marginalise puis, si vous résistez vraiment, cherche à vous briser.
(in Mafia, chap. 48)
(…)

Certains banquiers sont comme les barons de Cosa nostra. Ils démarrent soldati, montent en grade. Capodecina, consigliere. Pour finir : capo dei capi. Ils agissent, mais ne parlent pas. L’omertà est la règle. La discipline dans les deux cas est militaire. Je ne parle pas des chefs d’agence ou des petits banquiers. Eux ce sont des soldats. Je parle de leurs généraux. Je parle des types à la tête des banques.
Le crime est à l’intérieur de nos sociétés. À l’intérieur des banques.

(in "le long repas de l’apocalypse", chap. 59)

Du samedi 4 au dimanche 26 octobre 2008, Denis Robert expose des toiles qu’il décrit comme une confrontation entre le langage de l'informatique (des banquiers) et celui d’un texte jeté à la main.
Galerie W
44 rue Lepic Paris 18 de 10h30 à 20h00 7/7 jours
01 42 54 80 24