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vendredi 15 janvier 2010

Moubarak, premier policier de l’impérialisme dans la région

Avec son mur d’acier, il fait mieux que les Israéliens
مركز الدراسات الاشتراكية
3/1/2010
Traduit par Omar Mouffok et Tafsut Aït Baamrane, Tlaxcala
Original : مبارك شرطي الإمبريالية الأول في المنطقة
Les pratiques du régime égyptien envers la cause palestinienne pendant l’année 2009 ont été le couronnement de ce qui a été appelé le processus de paix qu’avait commencé Sadate en signant les Accords de Camp David, et dont le but était de lever toute illusion et tout mensonge  sur le projet de paix arabo-israélien, dont le régime égyptien a joué le rôle de premier  parrain. Et voilà que nous nous retrouvons aujourd’hui avec un mur  de séparation construit par le gouvernement égyptien dans les profondeurs de la terre afin de renforcer encore plus le blocus  sur la Bande de Gaza. S’ajoutant aux fanfaronnades sans précédent du régime égyptien en réponse aux critiques concernant la construction du mur, l’interdiction jusqu’à ce jour faite à la caravanes de la Gaza Freedom March d’entrer dans la Bande de Gaza, au prétexte que les organisateurs de la caravane persistent à ne pas respecter les mesures obligatoires de passage à travers le territoire  égyptien, l’adhésion totale à la confrontation entre le Mouvement Fatah et l’Autorité Palestinienne d’une part et le Hamas d’autre part, lequel, malgré toutes les contradictions, représente toujours l’obstacle dressé sur le chemin du règlement défaitiste dans lequel marchait la cause palestinienne sous le commandement du Fatah.
Le processus de règlement pacifique entamé par le régime égyptien a conduit, en fin du compte, à une correspondance parfaite entre ce que veut le régime israélien et ce que fait le régime égyptien, qui contribue à son exécution sur le terrain. Il s’agit, en effet, de l’asphyxie du mouvement Hamas dans la Bande de Gaza après l’échec de la machine militaire israélienne dans sa tentative de destruction pendant l’agression de Décembre 2008-Janvier 2009. Cela fait, en effet, un an qu’Israël a lancé son attaque contre Gaza, tuant 1400 Palestiniens et faisant des milliers de blessés, essentiellement parmi les civils vivant dans la Bande. L’objectif de l’attaque n’était que la destruction du Hamas et son élimination de la Bande par la force militaire, vu que ce mouvement était devenu un obstacle à la liquidation de la cause avec la complicité des dirigeants du Fatah et de l’Autorité Palestinienne.
Mais malgré la destruction qui a affecté la Bande de Gaza, la guerre n’a pas éliminé le Hamas. C’est pourquoi le régime égyptien est intervenu avec une nouvelle campagne de pressions sur le mouvement, en profitant d’une situation où le Hamas a besoin d’argent pour la reconstruction. Argent que les gouvernements européens et arabes ont donné dans une tentative de se laver de la honte de leur participation à ce massacre que ce soit en actes, en paroles ou par leur silence. Les marchandages ont commencé en proposant au Hamas l’argent de la reconstruction en échange de son abandon du pouvoir dans la Bande de Gaza, de sa reconnaissance d’Israël et de son acceptation inconditionnelle de la feuille de route égyptienne. Ladite feuille de route vise au retour de la situation à son « juste cours juste », ce qui, selon le gouvernement égyptien – dont l’avis est partagé par l’Autorité Palestinienne et Israël, bien entendu – signifie le retour à la situation qui prévalait avant la victoire du Hamas aux  dernières élections législatives et avant sa prise de contrôle militaire sur la Bande de Gaza.
La question, ici, n’est pas de défendre le maintien au pouvoir du Hamas à Gaza, mais de montrer le point auquel le régime égyptien est arrivé avec ses pratiques qui concordent avec celles du régime israélien. En effet, le régime égyptien affame de facto les Palestiniens de la Bande et pas seulement le mouvement Hamas, et marchande sur tout, à commencer par l’argent de la reconstruction en passant par les aides humanitaires envoyées par les peuples.
Le régime égyptien fait pression avec une force tyrannique afin de liquider le mouvement Hamas, mouvement qui, malgré toutes ses contradictions qui ont contribué à son enfermement à l’intérieur de la Bande, a représenté, pendant toute la période écoulée, un obstacle à l’agenda de Mahmoud Abbas, qui prévoit un règlement désavantageux avec l’entité sioniste et qui abroge tous les droits du peuple palestinien, et désavantageux même du point de vue de la solution à deux États, car elle annule le droit au retour des réfugiés et légalise la situation des colonies sionistes qui dévorent de vastes terres en Cisjordanie. Solution qui annule, également, le droit du peuple palestinien à avoir Jérusalem comme capitale et rend la souveraineté du peuple palestinien presque inexistante sur sa terre à cause du contrôle israélien sur tous les points de sortie et à cause, également, du morcellement du territoire de la Cisjordanie par des centaines de passages, points de contrôles et barrages de sécurité.
Le régime égyptien, l’Autorité Palestinienne et ceux qui sont derrière eux, ceux qu’on appelle le « Camp des modérés », poussent de toutes leurs forces vers le chemin de ce règlement afin de se débarrasser de la question palestinienne dans son entièreté et afin qu’il soit possible d’ouvrir, par la suite, tous les canaux de la normalisation avec Israël, ouvertement et sans aucun embarras.
De plus, la bataille pour la liquidation du Hamas n’est qu’une partie de la bataille avec l’Iran, contre lequel ce qu’on appelle le « Camp des modérés » - avec à sa tête l’Egypte – mène une guerre par procuration pour le compte des USA.
Le régime égyptien a également ses propres équations, puisque depuis l’arrivée d’Obama à la Maison Blanche et après sa visite en Egypte, il est devenu clair que la nouvelle administration usaméricaine va avoir de plus en plus besoin des services du régime égyptien dans la région, étant donné qu’il y a une confrontation avec le régime iranien, un blocus contre le Hamas afin de le liquider et d’ouvrir la voie, par la suite, au processus du règlement et de la liquidation de la question palestinienne une fois pour toutes, tout cela sans oublier les autres foyers de résistance à l’hégémonie usaméricaine auxquels faire face. En échange de tout cela, les critiques virulentes de l’administration usaméricaine envers le régime égyptien en ce qui concerne la démocratie et les réformes ont totalement cessé, et c’est de cela dont a besoin le système actuellement, à savoir de se mettre totalement à l’abri de l’administration usaméricaine pendant qu’il prépare et exécute le projet de succession à Moubarak.
Ce à quoi nous assistons aujourd’hui représente le plus bas degré de régression qu’ait atteint Moubarak et sa bande au pouvoir face à un peuple affamé par le blocus qui lui est imposé, une cause juste sur le point d’être liquidée et des intérêts sionistes et impérialistes soutenus ouvertement et inconditionnellement. Ce que représente le régime au pouvoir en termes de mal et de corruption s’est étendu en dehors des frontières égyptiennes pour toucher les peuples voisins qui n’ont rien à voir avec la collaboration de Moubarak et de son régime et sa dépendance vis-à-vis l’impérialisme. Le rôle que jouent, aujourd’hui, Moubarak et son régime les mettent en première position dans le concours pour obtenir le titre de premier policier de l’impérialisme dans la région, rôle semblable à celui du régime du chah  Reza Pahlavi en Iran juste avant sa chute lors de la révolution populaire de 1979 ; mais le régime égyptien joue un rôle encore plus vil.

Alors, devrions-nous nous attendre à ce que Moubarak et son régime prennent fin suite à une révolution égyptienne qui puisse faire tomber le chah égyptien ? 

vendredi 8 janvier 2010

CONTRE LE MUR D'ACIER : Déclaration à l’occasion du premier anniversaire de la guerre d’agression contre la Bande de Gaza et de la poursuite du blocus israélien et arabe


par l'Union internationale des oulémas musulmans الاتحاد العالمي لعلماء المسلمين
29/12/2009. Traduit par IAY et édité par Tafsut Aït Baamrane, Tlaxcala
Doha, le 12 Muharram 1431, correspondant au 29 décembre 2009
Louanges à Allah, que les prières et le salut soient sur notre maître Mohamed l’envoyé d’Allah, ainsi qu’à sa famille, ses compagnons et tous ceux qui le suivent,
L’Union Internationale des Oulémas Musulmans vit encore sous le choc suite à la nouvelle diffusée dans les médias que les autorités égyptiennes avaient entrepris depuis quelques jours de construire un mur souterrain de séparation en acier, allant de 20 à 30 mètres en profondeur, pour en finir avec les tunnels clandestins entre la ville de Rafah côté palestinien et la ville de Rafah côté égyptien, ce qu’avaient confirmé les autorités égyptiennes sous prétexte que cela serait une nécessité pour la sécurité nationale de l’Egypte. Nous ne pouvons que nous demander qui sont ceux qui menacent la sécurité nationale de l’Egypte : est-ce les frères encerclés à Gaza ou bien les sionistes à l’affût ?
Il est à remarquer que, selon bon nombre d’informations, les autorités égyptiennes construisent ce mur avec le soutien direct, financier et en compétences humaines, des administrations usaméricaine et française. L’Organisation arabe pour les droits de l’homme basée en Grande-Bretagne a révélé, en présentant son rapport à ce sujet, que le gouvernement égyptien avait déjà achevé la construction de 5,4 km de ce mur d’une longueur totale de 10 km, que ce mur était composé de plaques d’acier de 18 m de longueur chacune et de 50 cm de largeur, qu’elles étaient équipées de capteurs qui pourraient alerter contre toute tentative de percement, et que la construction du mur se faisait sous supervision franco-usaméricaine.
Les autorités égyptiennes procèdent à ces travaux alors que nous vivons le premier anniversaire de l’agression ignoble contre Gaza qui a tout détruit, et dont les ravages sont encore là comme si cela s’était produit hier, et que la Bande de Gaza, dont les coûts de reconstruction ont été estimés à plus de 2 milliards de dollars, n’a vu arriver qu’une quarantaine de camions avec des matériaux de construction ! Et c’est à cause de ce blocus que les familles sinistrées, dans leur majorité, vivent encore sur les décombres de leurs maisons détruites ou sous des tentes qui ne protègent ni de la chaleur ni du froid.
Alors qu’on s’attendait à ce que l’Egypte de l’arabisme et de l’islam ouvrît son cœur et ses frontières à ses frères étouffés par l’ennemi, et qu’elle fît de son mieux pour lever ce blocus injuste au lieu de le renforcer et d’y participer en construisant ce mur de séparation.
Devant la gravité de la situation et la responsabilité religieuse, morale et politique qui nous incombe vis-à-vis de nos parents agressés et encerclés à Gaza, l’Union Internationale des Oulémas Musulmans déclare ce qui suit :
La continuation de la construction de ce mur d’acier est un acte interdit selon l’islam et contraire aux liens de fraternité et de voisinage, car l’objectif de sa construction est de fermer toutes les issues devant nos parents dans la Bande de Gaza afin de renforcer le blocus qu’ils subissent, de les affamer et les humilier davantage, et d’exercer plus de pression sur eux jusqu’à ce qu’ils s’inclinent et se rendent à l’ennemi occupant, le meurtrier haineux qui les guette.
Nous appelons les autorités égyptiennes avec insistance à se distancer de cet acte interdit et à arrêter immédiatement de construire ce mur qui ne sera d’aucun intérêt ni pour l’Egypte, ni pour le peuple d’Egypte ni non plus pour les autorités égyptiennes elles-mêmes. En fait le premier à gagner et le premier à profiter de ce mur, c’est Israël, et le premier à perdre et le premier à en souffrir c’est nous, les Arabes et les musulmans, dont l’Egypte en premier lieu, qui va perdre sa position remarquable aux niveaux arabe et musulman.
Nous demandons à toutes les institutions islamiques et toutes les autorités religieuses de référence dans les mondes arabe et musulman de rompre le silence et de montrer la gravité et l’illicéité de cet acte odieux, par lequel le musulman aide son ennemi aux dépens de son frère, où ce frère lui demande son soutien mais ne le se voit pas accorder, où ce frère le supplie de lui porter secours mais se voit livré à à son ennemi, alors qu’Allah, gloire à Lui, dit : « Les croyants et les croyantes sont solidaires les uns des autres » (at-Tawbah, s9, v71), et il dit : « Et s'ils vous demandent secours au nom de la religion, à vous alors de leur porter secours » (al-Anfâl, s8, v72). Le noble Messager dit : « Le musulman est le frère du musulman, il ne commet pas d’injustice à son égard et il ne le livre pas », c’està-dire qu’il ne l’abandonne pas, et il dit : « Apporte ton soutien à ton frère, qu’il soit oppresseur ou opprimé » (et le Prophète poursuit en expliquant que quand il s’agit d’un oppresseur, le soutien consiste à l’empêcher d’opprimer les autres, NdT), mais il n’a pas dit : encercle ton frère et étouffe-le afin que ton ennemi et son ennemi en tire profit. Nous demandons aux autorités égyptiennes d’arrêter ce projet dangereux et qu’elles refusent de jouer ce rôle indigne d’elles, et qui n’est qu’un service gratuit offert à l’ennemi sioniste qui encercle notre peuple en Palestine en général et à Gaza en particulier.
Nous lançons un appel au secrétariat général de la Ligue Arabe et à celui de l’Organisation de la Conférence Islamique de faire leur devoir de conseil et d’explication pour que le gouvernement égyptien arrête ce mur de mort et qu’il ouvre le passage de Rafah, le passage de la vie, devant les gens de Gaza qui subissent un blocus d’injustice et d’agression.
Nous exhortons les peuples arabes et musulmans et à leur tête le grand peuple d’Egypte, à déclarer, par des moyens pacifiques, leur refus de cet acte horrible en envoyant des messages écrits ou électroniques aux responsables égyptiens, en écrivant et condamnant cet acte dans les journaux et l’ensemble des médias, ainsi qu’en utilisant tous les moyens légaux pour exprimer la colère de l’Oumma, chacun à sa convenance.
Finalement, nous disons : Allah nous demandera de rendre compte, que nous soyons des gouvernants ou des gouvernés, et nous Le rencontrerons, chacun avec ses registres d’actions : « Lis ton livre ! Aujourd’hui, il suffit que tu sois ton propre comptable » (al-Isrâ’, s17, v14). Alors craignons Allah avant qu’il soit trop tard et gardons-nous de commettre de l’injustice, car l’injustice viendra comme des ténèbres le jour de jugement, et ses conséquences seront graves pour les pays et les gens. Et nous prions Allah qu’Il nous épargne les méfaits des épreuves : « Redoutez le Jour où vous serez tous amenés à comparaître devant Allah, et où chaque âme sera pleinement rétribuée selon ses œuvres, sans subir la moindre injustice » (al-Baqarah, s2, v281).
Le Secrétaire Général                                                                                  Le Président
Dr. Mohamed Salîm Al Aouwa                                                                  Dr. Youssouf Al Qardaoui

mercredi 6 janvier 2010

Le mur de la honte et la tour d’orgueil


par Ayman El Kayman, Coups de dent n°123, 5/1/2010
Tout monarque qui se respecte se doit de marquer son passage éphémère sur cette terre par au moins une construction monumentale digne de lui et qui laisse une empreinte durable sur les hommes et dans le paysage. Louis XIV nous a laissé Versailles, Shah Jahan nous a laissé le Taj Mahal, Mitterrand la Pyramide du Louvre, Hassan II la mosquée de Casablanca et le Mur du Sahara. Deux monarques régnants arabes n’ont pas voulu manquer à cette tradition.


Le Mur d’Acier de Moubarak

Hosni Moubarak, le pharaonicule, lèguera à la postérité un monument très particulier, Al Jidar Al Fouladhi, Le Mur d’acier, qu’on appellera Jidar Al Khazi Al Moubarakii (Le Mur de la honte de Moubarak).
Ce mur d’acier enterré à 35 mètres de profondeur, est en train d’être construit tout le long de la frontière entre la bande de Gaza et l’Égypte. Il sera doublé d’un canal souterrain amenant de l’eau de la Méditerranée, qui servira à noyer les tunnels creusés par les Gazaouis pour échapper à leur enfermement meurtrier. Le chantier bat son plein. Il est supervisé par des officiers des services de renseignements militaires US et français installés dans un QG à l’ambassade US du Caire et disposant d’un “poste de commandement avancé” à El Arish. À la mi-décembre, le général français Benoît Puga, chef de la DRM (Direction du renseignement militaire) a visité le chantier.
Cette affaire a éclaté fin décembre, suite à des indiscrétions israéliennes et le gouvernement égyptien, après des faibles dénégations, a finalement reconnu que le projet était en cours de réalisation. Les Palestiniens et leurs amis se sont alors sérieusement énervés et les critiques ont commencé à fuser.
Le 29 décembre, Cheih Yousouf Al Qardaoui, président de l’Union internationale des Oulémas musulmans, a émis une déclaration (improprement qualifiée par certains  commentateurs de “fatwa”) condamnant ce mur comme “un crime injustifiable” que l’Islam ne saurait tolérer et lançant un appel à la Ligue Arabe et à l’Organisation de la conférence islamique pour qu’elles interviennent auprès de l’Égypte afin qu’elle annule le chantier.
Le 1er janvier, réponse du berger à la bergère: Cheikh Mohammed Said Tantaoui et ses 25 collègues du Conseil de recherche scientifique islamique de l’Université Al-Azhar, qui sont des fonctionnaires religieux stipendiés par le gouvernement égyptien, ont émis rien moins que ce qu’ils présentent eux-mêmes comme une fatwa, déclarant que le mur d’acier est strictement halal (licite) et que ceux qui s’y opposent “violent les commandements de l’Islam”, autrement dit sont des apostats. En effet,  expliquent nos docteurs (ou)folislam*, les tunnels creusés par les Gazaouis sous la frontière,“sont utilisés pour des trafics de drogue et autres contrebandes qui menacent la stabilité de ‘Égypte”. Bref, de quoi s’arracher tous les poils de la barbe.

La Tour Infernale de Khalifa



À un autre bout du monde arabe, dans l’Émirat de Dubai (200 milliards de $ de dettes), a été inaugurée lundi 4 janvier la tour la plus haute du monde, Burj Al Khalifa (Château-Khalifa, du nom de l’émir régnant), qu’on pourrait appeler Burj Al Majd Al Abir Al Khalifa (Château de la Gloire éphémère de Khalifa) : haute de 828 mètres, elle compte 164 étages et a coûté la bagatelle de 1,5 miliard de dollars. Sa construction avait été quelque peu retardée par les grèves des esclaves asiatiques du chantier en 2007 (lire à ce sujet Révolte à Dubaibylone et L'intifada des travailleurs indiens)  mais finalement tout s’est bien terminé ("tout va bien jusqu'ici...").  "Vous vous demandez pourquoi on construit tout ça? Pour améliorer la qualité de vie et mettre un sourire sur les visages, et je crois que nous devons continuer à le faire. Les crises vont et viennent. Nous construisons pour l'avenir ", a expliqué Mohamed Alabbar, président de Emaar Properties, plus gros promoteur immobilier du monde arabe, à l’origine du projet. La tour (entourée d’un cercle sur notre photo satellite) constitue le fleuron d’un quartier qui a coûté 20 milliards. Elle devrait héberger 12 000 personnes, des bureaux et  un hôtel Armani.
De source généralement bien informée, on apprend que Cheikh Ben Laden n’attend plus que la livraison par Airbus d’un A 380 pour l’envoyer se crasher contre cette tour du diable.
À ma connaissance, Château-Khalifa n’a fait l‘objet d’aucune fatwa, ni pour ni contre. Pourtant, il ya aurait de quoi dire. Je livre quelques éléments de réflexon aux oulémas qui voudraient se pencher sur la question.
Parmi les signes de la fin des temps et de l’approche du Jugement dernier, le Prophète (صلى الله عليه و سلم), répondant à une question de Jibrîl (عليه السلم) indique celui-ci : "Quand tu verras (…) les va-nu-pieds, les gueux, les miséreux et les bergers rivaliser dans la construction de maisons de plus en plus hautes." (hadith rapporté par Al-Boukhâri et Mouslim)
« Bâtissez-vous par frivolité sur chaque colline un monument? Et édifiez-vous des châteaux comme si vous deviez demeurer éternellement? », demande le prophète Hûd (عليه السلم), descendant du prophète Noah  (عليه السلم), au peuple infidèle des Aad dans le Coran (Sourate 26, As Shuaraa, Les Poètes, 128-129) et il ajoute : « Je crains pour vous le châtiment d'un Jour terrible. » Et le châtiment viendra, sous forme d’une sécheresse, apportée par un « vent stérile », les Aad s’étant repentis trop tard de leur orgueil.

Le mot de la fin à un autre immortel, le grand Bertolt Brecht :
Questions que se pose un ouvrier qui lit

Qui a construit Thèbes aux sept portes ?
Dans les livres, on donne les noms des Rois.
Les Rois ont-ils traîné les blocs de pierre ?
Babylone, plusieurs fois détruite,
Qui tant de fois l’a reconstruite ? Dans quelles maisons
De Lima la dorée logèrent les ouvriers du bâtiment ?
Quand la Muraille de Chine fut terminée,
Où allèrent ce soir-là les maçons ?  Rome la grande
Est pleine d’arcs de triomphe. Qui les érigea ? De qui
Les Césars ont-ils triomphé ? Byzance la tant chantée.
N’avait-elle que des palais
Pour les habitants ? Même en la légendaire Atlantide
Hurlant dans cette nuit où la mer l’engloutit,
Ceux qui se noyaient voulaient leurs esclaves.

Le jeune Alexandre conquit les Indes.
Tout seul ?
César vainquit les Gaulois.
N’avait-il pas à ses côtés au moins un cuisinier ?

Quand sa flotte fut coulée, Philippe d’Espagne
Pleura. Personne d’autre ne pleurait ?
Frédéric II gagna la Guerre de sept ans.
Qui, à part lui, était gagnant ?

A chaque page une victoire.
Qui cuisinait les festins ?
Tous les dix ans un grand homme.
Les frais, qui les payait ?

Autant de récits,
Autant de questions.


Ayman El Kayman, délégué local de l’UMTA (Union mondiale des talib amateurs, Al Intihad Al Alami Li Talabati Al Houat)


* L’auteur fait ici un triple jeu de mots, dont il reconnaît être assez fier, entre Docteur Folamour, foul (fèves en arabe) et oufoul (la fin en arabe).

Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
...et à la semaine prochaine !

samedi 2 janvier 2010

Le « mur d’acier » égyptien, une idée US pour totalement étouffer la bande de Gaza



par le Centre palestinien d'information, complété et révisé par Basta !, 2/1/2010
Les foreuses ont commencé à mettre en exécution l’idée d’une barrière métallique sur les frontières égyptiennes avec la bande de Gaza. Cette nouvelle barrière est égyptienne, mais supervisée par les Américains et les Français.
Ce « mur d’acier » ne cesse de susciter une colère accrue, partout. Les Palestiniens le considèrent comme un nouvel outil pour étouffer encore plus les Gazaouis qui font héroïque face à l’injuste blocus sioniste, depuis plus de trois ans.
Les Américains et les Français !
Le site debkafile, proche du service israélien des renseignements militaires, rapporte que le directeur du service français des renseignements militaires (la DRM, Direction du renseignement militaire), le général  Benoît Puga a rendu visite le 15 décembre dernier à des officiers français supervisant l’installation de ce « mur d’acier », en collaboration avec les militaires égyptiens et américains.
Le site précise que le mur est le premier au monde, destiné à empêcher le creusement des tunnels sous terre, à empêcher l’arrivée de toute aide à Gaza.Il ajoute que la construction de ce mur est organisée depuis un QG installé à l'ambassade US du Caire et supervisée par un commandement avancé d'officiers US et français stationnés à El Arish, dans le Nord-ouest du Sinaï.

Le responsable français a regardé de près les travaux visant à installer des plaques métalliques d’une longueur de 18 mètres et d’une largeur de 50 centimètres.
Les forces égyptiennes, US et françaises supervisent également l’installation des détecteurs des mouvements et des caméras de surveillance travaillant dans tous les temps.
Les services américains et français tireront des leçons de ce « mur d’acier » destiné à encercler la bande de Gaza, pour la réalisation d’autres projets de « lutte contre le terrorisme partout dans le monde », toujours selon le site sioniste.
Qu’en pensent les Palestiniens ?
Le cabinet du gouvernement palestinien de Haniyeh a exprimé son inquiétude face à l’installation d’une telle barrière. Il établira des contacts officiels avec le gouvernement égyptien pour connaître la réalité, a dit Al-Nunu, porte-parole du gouvernement.
Autant nous confirmons la souveraineté de l’Egypte sur ses territoires, autant nous espérons qu’elle ne prendra pas des mesures renforçant le blocus sur notre peuple. Tout au contraire, nous espérons qu’elle œuvrera pour mettre fin à ce blocus.
Le peuple palestinien n’n'a jamais constitué un danger sur la sécurité nationale égyptienne. La sécurité de l’Egypte est la même pour la Palestine, dit Fathi Hamas, ministre palestinien de l’intérieur.
S’il y a des actes isolés sur les frontières, le gouvernement les traite avec force, dit Ihab Al-Ghossen, porte-parole du ministère de l’intérieur.
Pour sa part, le mouvement de la résistance islamique Hamas indique que l’installation du « mur d’acier » vient après l’échec américano-sioniste de recueillir les résultats de la guerre agressive israélienne menée contre Gaza. L’Egypte devra travailler pour mettre en échec ces conspirations et pour briser le blocus imposé sur Gaza. Le rapport Goldstone a considéré ce blocus comme un crime contre l’humanité.
Le menace contre l’Egypte ne vient pas de la bande de Gaza. Il vient de l’entité sioniste, de Lieberman, des extrémistes sionistes. Ils visent tous les Arabes, tous les Palestiniens, tous les Egyptiens.
Et sur le terrain, le Palestinien Adham Abou Hazine, habitant de la bande de Gaza, dit à notre Centre Palestinien d’Information (CPI) que les autorités égyptiennes se mettent dans une position difficile, semant le doute dans le cœur des Palestiniens. Je me demande, dit Abu Mustapha : « Pourquoi l’Egypte construit un tel mur ? Pourquoi avec une intention aussi ardente ?
Pour sa part, l’étudiant Marouan Nasserallah croit que par la construction de ce « mur d’acier », l’Egypte envoie un message aux habitants de la bande de Gaza. Elle veut leur dire qu’ils renforcent le blocus « parce que vous avez choisi la résistance ». Il a enfin appelé l’Egypte à ne pas jouer le jeu des Américains.